Titre : Rozamova
Auteur
: Nandra-chan

Disclaimer : Rien n'est à moi, sauf quelques heures de boulot.


Note : Bon mais qu'est-ce qu'il se passe, hein ? Il y a du relâchement dans les rangs là. Elle vous plait pas cette fic ? Eh ben, qu'elle vous plaise ou pas, dites-le ! Allez les reviewteuses et les reviewteurs, au travail :) Sinon je vais faire le complexe du « personne ne m'aime ». Pire ! Je vais faire grève ! Pire ! Je vais manger un Nours ! Eh oui, le Grand Mal en fait, c'est moi ! Mouahahahah !
La review des reviews :

Hachi : Aucun problème hein, si tu veux dessiner, ça me ferait très plaisir.
Tin-chan : Ne t'inquiète pas, le Grand Mal ne supporte pas le café. J'ai trop besoin de ma dose quotidienne, et aussi que tu aies ta dose quotidienne, puisque sans toi pour me fouetter, je ne suis rien.
Shini : oui, t'as vu, il est pas poli Kuro… tss ; et là, première réplique, encore un gros mot. Il va falloir le punir de nouveau.
Soren : Je ne sais pas si ce chapitre va te ressusciter, mais au moins j'aurai essayé. Et il vaut mieux être bleue que marron, par les temps qui courent…

Pour me donner des coups de bâton, c'est en bas à gauche !


Chapitre 8 – Echange

Rahzi se posa sur un rocher en forme de pic et resta immobile. Kurogane, dans un mélange d'horreur et de perplexité, regardait le spectacle désolant de la plaine en contrebas.

- Qu'est-ce que c'est que cette… saloperie ?

- Le Grand Mal, répondit le naigle. Il s'étend, jour après jour. Il dévore tout sur son passage et il ne laisse que des terres mortes, pourries, où plus rien ne peut vivre.

- Mais… qu'est-ce qu'il est ?

- Personne ne le sait. On ignore d'où il vient. Il est simplement apparu, et il a commencé à se nourrir de toutes les formes de vie qu'il trouvait sur sa route, et à grandir. Et maintenant, il est partout, il progresse de plus en plus vite. Rozamova vit ses derniers jours. Une fois que le Grand Mal aura passé les montagnes et envahi la vallée où vivent les nours, ce sera terminé.

- Combien de temps ?

- Une lune, peut-être moins, et ce monde sera perdu.

Les paroles de Pao revinrent dans la mémoire du ninja. Il est important que vous soyez de retour dans autant de jours qu'il y a de doigts dans trois de vos mains. Sinon, il sera trop tard.

Qu'allaient devenir la tribu des nours et celle des nabeils, les narmottes, et les naigles, si le Grand Mal franchissait les montagnes ? Grand Mal tout dévorer. Papyehalu simplement choisir son moment de dévoration, avait dit Piri. Ce monde si beau, féerique, rempli d'être simples et attachants, allait être entièrement détruit. Et chaque créature qui le peuplait en était consciente. Ils continuaient à mener l'existence qui avait toujours été la leur, en sachant très bien que dans un jour, dix jours, ou quelques semaines, ils seraient tous morts.

Le vent forcit, rabattant vers les trois observateurs une odeur écoeurante de décomposition, mais aussi autre chose. Une chose qui glaça les entrailles du guerrier, distillant en lui une atroce sensation de terreur. C'était un bruit. Un son qu'il avait déjà entendu, comme le bruissement de feuilles mortes que l'on écrase dans la paume de sa main. Son cœur rata un battement et sa bouche s'assécha, tandis qu'il revivait le moment de leur arrivée à Rozamova.

- Bon sang, grogna-t-il avec un frisson de peur rétrospective, on a failli atterrir en plein dans ce truc….

Car il savait, désormais, ce qu'était la chose immonde qui les avait poursuivis dans les bois. Comme ils avaient bien fait de prendre la fuite, à ce moment-là ! Leurs vies n'avaient été sauves que grâce à leur instinct.

Mais il y avait plus important. Le Grand Mal progressait vite, et eux, il ne leur avait pas fallu une journée pour atteindre le village des nours après leur arrivée alors… qui savait si les prédictions de Pao n'étaient pas trop optimistes ? Pendant le vol qu'il avait effectué avec Rahzi, il n'avait pas eu le temps de chercher la petite communauté des yeux, mais peut-être ne l'avait-il pas vue parce qu'il n'y avait tout simplement plus rien. Qui savait si, en ce moment même, il n'était pas déjà trop tard pour les amis de Mokona ?

Et en parlant du manjuu, celui-ci n'en menait pas large. Blotti dans la tunique du ninja, il geignait faiblement.

- Kuro-myu, il faut les aider…

Les aider, je voudrais bien… Mais que faire ? Comment combattre un tel ennemi ? Pas avec un sabre en tout cas. Par la magie, peut-être, mais laquelle ? Existait-il une magie capable de vaincre cette vague destructrice, d'arrêter sa progression alors qu'elle avait déjà envahi pratiquement tout le pays ?

- Rentrons, dit le naigle. Ce spectacle me rend malade, et il va bientôt faire nuit.

Il reprit son vol et les ramena à la caverne, où Rahdna attendait leur retour.

- Alors, Kurogane-qui-vient-du-Japon, tes yeux ont-il vu l'ennemi du peuple des naigles ? Te crois-tu toujours capable de nous aider ?

Le brun ne répondit pas. Il se laissa tomber sur un rocher, posa ses coudes sur ses genoux, sa tête entre ses mains, et se massa le cuir chevelu, comme si cela pouvait faire naître une idée sous son épaisse tignasse noire.

Il se sentait abattu. Il était effrayé, et impuissant face à l'ampleur de la tâche. C'était tout simplement impossible, irréalisable. Restez ferme et déterminé. Ne vous laissez pas décourager. C'était bien ce que lui avait dit Shokola avant de se séparer, mais quel cœur pouvait résister devant un spectacle comme celui auquel il venait d'assister ?

Il ne manquait pas de bravoure, de détermination, de force, mais il n'était qu'un humain. Ce dont Rozamova avait besoin, c'était d'un dieu… d'une plume, ou d'un mage. Et encore… Qu'est-ce que tu en penserais, Fye, si tu voyais ça ? Qu'est-ce que tu ferais ?

- Vous ne pourrez pas sauver ce monde, dit le chef naigle, comme s'il lisait dans ses pensées. Pas plus que votre ami le sorcier ne le pourrait. Et nous ne vous demanderons pas une telle chose.

- Alors qu'est-ce que vous voulez ?

- Nous voulons un autre monde où mon peuple pourra s'installer et continuer à vivre. Nous voulons quitter Rozamova.

- Et ? Je ne vois pas en quoi je peux vous aider.

- Votre compagnon le peut, dit le naigle en se tournant vers Mokona.

- Mokona ne peut pas faire ça tout seul, répondit la boule de poils. Mokona n'a pas le droit. Il faut demander à Yûko.

- Si vous nous mettez en rapport avec la Sorcière des Dimensions, nous vous remettrons le Bâton-Parole du peuple nours.

- Vous connaissez la Sorcière ? s'étonna le ninja.

- Tout le monde la connaît. Quelle est votre décision ?

- Vas-y, Blanche Neige, appelle-la.

Quelques secondes plus tard, l'habituel halo de lumière apparaissait et la silhouette de la Sorcière des Dimensions s'y inscrivait. Cette fois-ci, elle portait un yukata rouge. Ses longs cheveux sombres étaient relevés à la mode traditionnelle japonaise et elle était parée d'innombrables bijoux qui cliquetaient quand elle bougeait.

- Bonsoir, Kurogane, Mokona.

- Bonsoir, Yûko. Tu vas bien ?

- Très bien, répondit la femme en laissant son regard insondable dériver sur les deux oiseaux. Des naigles ?

- Je suis Rahdna, roi du peuple des naigles. Et voici Rahzi. Nous sommes infiniment honorés de faire votre connaissance, Vénérable Sorcière.

Un sourire fin étira les lèvres de la magicienne, mais ne monta pas jusqu'à ses yeux, qui observaient l'environnement avec une expression indéchiffrable, sérieuse.

- Si tu m'as contactée, Roi Rahdna, je suppose que cela signifie que tu as un souhait à formuler.

- En effet. Un grand mal ronge notre monde. Rozamova sera bientôt anéanti. C'est pourquoi le peuple des naigles sollicite votre aide.

- Je ne peux rien faire contre ce mal, répondit Yûko, en échangeant un regard prolongé avec Kurogane. Il est des choses dans lesquelles je ne peux interférer. Et ce qui se passe à Rozamova en fait partie.

Le ninja tiqua. Avait-il bien compris l'allusion de la Sorcière ? Essayait-elle de lui dire que ce Grand Mal avait un rapport avec leurs ennemis, à lui et à Fye ?

- De toute façon, dit-elle, il est trop tard. Le Mal progresse très vite, je ne sais pas comment l'arrêter, et trop de dommages ont déjà été causés à cette dimension. Elle est condamnée.

- Nous le soupçonnions, répondit Rahdna. Nous nous doutions que même vous, vous ne pourriez rien pour sauver nos terres.

- Dans ce cas, quel est ton souhait ?

- Ce nid comporte vingt-cinq naigles. Notre souhait est de pouvoir quitter Rozamova ensemble, et de nous installer dans une autre dimension. Pouvez-vous nous permettre ce voyage, Vénérable Sorcière ?

- Je le peux, oui. Mais chacun de vous devra payer le prix pour voir son vœu se réaliser.

- Le peuple des naigles n'a pas d'objets de valeur. Que pouvons-nous vous donner qui soit équivalent à ce que nous vous demandons ?

Yûko réfléchit quelques secondes avant de répondre.

- Vos ailes, dit-elle d'un ton décidé. Si j'accède à votre requête, vous serez emmenés dans un nouveau monde, mais vous ne pourrez plus jamais voler.

Rahdna accusa le coup, même s'il était difficile de discerner une expression sur sa figure couverte de plumes.

Kurogane était sous le choc. Il avait volé avec Rahzi, goûté à l'ivresse de glisser sur les courants d'air, délivré des contraintes terrestres, et il avait admiré la grâce et la puissance du grand naigle, partagé la joie féroce, immense, que lui procurait cette liberté. Comment cette femme pouvait-elle leur demander de renier ce qu'ils étaient, leur propre nature ? C'était affreusement cruel.

- Hé, la Sorcière…

- Je sais ce que tu vas dire, Kurogane. Je croyais pourtant que tu avais compris, depuis le temps, que l'importance du sacrifice varie en fonction de la valeur de ce qui est demandé.

- Je le sais, mais quand même, je trouve que tu y vas un peu fort. Tu ne peux pas leur demander ça.

Ses protestations lui attirèrent un regard de sympathie de la part du roi.

- Tu as décidément un cœur généreux, Kurogane-qui-vient-du-Japon, mais il est inutile de discuter. On ne marchande pas avec la Sorcière des Dimensions. En outre, ma décision est prise. Je ne peux pas accepter. Le fier peuple des naigles ne partira pas pour un nouveau monde si, une fois arrivé, il est obligé de ramper sur le sol comme la volaille d'une basse-cour. Les naigles mourront donc avec leur territoire, le monde de Rozamova. Mais jusqu'au bout, ils demeureront les seigneurs du ciel qu'ils ont toujours été.

- C'est un choix courageux, dit la Sorcière. Je dois me retirer. A bientôt, Kurogane, Mokona. Adieu, fier Rahdna. J'ai été honorée de faire ta connaissance.

Un long silence suivit le départ de Yûko. Ce fut le ninja qui le rompit finalement, en se levant pour s'adresser au roi.

- Je suis désolé, dit-il. Je pensais pouvoir vous aider, mais j'ai échoué, je n'ai pas pu remplir ma part du marché. Je vais rentrer au campement, retrouver mes compagnons.

Il se sentait mal. Il comprenait la décision de Rahdna et il la respectait d'autant plus que, placé face à un tel choix, il n'aurait sans doute pas réagi différemment. Mais il aurait voulu être en mesure de faire quelque chose pour ce peuple fier et courageux.

- Nous allons te ramener. Mais auparavant, nous allons te remettre ce que tu es venu chercher.

- Pourquoi ? Je n'ai pas…

- Tu as fait ce que nous t'avons demandé, Kurogane-qui-vient-du-Japon. Tu n'as pas à assumer les conséquences de mes choix. Je t'ai demandé de me laisser parler à la Sorcière des Dimensions et tu l'as fait. C'est à moi de tenir ma promesse. Cependant, il y a tout de même un petit problème. Viens.

Le naigle entraîna le ninja dans les profondeurs de la caverne, jusqu'à une petite salle plongée dans l'obscurité. Le brun sortit la boule magique de sa poche et la frotta contre son manteau pour avoir un peu de lumière. Quand il découvrit le spectacle qui l'attendait, il en resta bouche bée.

Rahdna se tenait devant une véritable montagne d'objets hétéroclites, entassés pêle-mêle dans le désordre le plus absolu. Il y en avait jusqu'au plafond.

- Je veux bien te donner ce que tu m'as demandé, dit-il en réussissant à afficher un air embarrassé sous son plumage, seulement, j'ignore totalement ce qu'est un Bâton-Parole. Ici sont rassemblés tous les objets que les naigles ont ramenés de leurs expéditions à travers Rozamova. Nous ne nous intéressons pas aux biens matériels, et nous ne les avons pris qu'accidentellement. Emporte celui que tu voudras.

- Euh… merci, fit le brun, un peu déstabilisé par l'ampleur du travail qui l'attendait pour trouver le fameux bâton.

D'autant plus que lui non plus n'avait pas moindre idée de l'aspect que pouvait avoir l'objet en question. Il était sûrement… petit ? Oui, voilà. Il était petit. Et il était en bois. En bois d'arbre, même. Avec un soupir, il déposa Mokona sur le sol.

- Allez, le haricot, au travail !

Il leur fallut plusieurs heures de fouilles intenses pour mettre enfin la main sur ce qui leur parut correspondre le mieux à l'idée qu'il se faisaient d'un Bâton-Parole, au milieu des chaudrons, soupières, arcs, lances, louches, chaussures, coffres, chapeaux, colliers, luges, et autres ustensiles qui composaient l'amoncellement des prises de guerre du peuple naigle.

C'était un objet long, fait d'un bois couleur acajou, sculpté en forme d'une suite de runes. Ce furent ces dernières qui motivèrent leur choix. Ils tombèrent tous deux d'accord sur le fait que ces motifs ressemblaient aux représentations de la magie peintes sur les tentes des nours, et également aux sorts que traçait Fye.

Quand ils ressortirent de la salle, ils étaient fatigués, crasseux, couverts d'une poussière noire et grasse, mais contents et animés d'un peu d'espoir. Si c'était bien là le bâton que recherchait la tribu de Pao, ce serait au moins une petite consolation, au milieu du grand malheur que vivait Rozamova. Les peuples nours et nabeils pourraient se réconcilier, Paolya et Zayan pourraient se marier, et l'union des noursabeils se reformerait.

Kurogane y avait longuement réfléchi pendant qu'il fouillait dans le tas d'objets, et il avait compris l'importance que cette réunification pouvait avoir pour Pao et les siens, à l'heure où le monde dans lequel ils avaient toujours vécu était sur le point de disparaître. Leur avenir était incertain, et, s'ils devaient être, à leur tour, dévorés par le Grand Mal, ils ne voulaient pas partir en laissant des remords et des choses inaccomplies derrière eux.

Le ninja aurait voulu faire plus pour eux, les aider, mais comment s'y prendre ? Les conduire dans une autre dimension, avec l'aide du mage ? Pourrait-il accomplir une telle chose ? Etait-il assez puissant pour emmener tout un peuple avec lui sans l'aide de la boule de poil et de la Sorcière ?

Le brun haussa les épaules en se giflant intérieurement. Fye était malade, tellement faible qu'il tenait à peine sur ses jambes, et lui, il voulait lui demander de sauver une dimension entière, rien de moins…. Mais à quoi pensait-il donc ? Et depuis quand se mêlait-il des affaires des autres comme ça ?

Depuis le début du voyage, pensa-t-il. Depuis que je les ai rencontrés, lui, le gamin et la princesse. Mais surtout lui. Depuis que je l'ai vu se remettre en question, et briser son serment pour venir en aide aux petits. Quand il apprendra ce qui se passe ici, s'il ne le sait pas déjà, il ne voudra sûrement pas rester sans rien faire. Tu essaieras, n'est-ce pas, Fye ? Même si c'est au-dessus de tes forces. Je sais que tu le feras.

Et tout à coup, il ressentit une violente envie de revenir au campement où il l'avait laissé. Il se remémora sa pâleur, ses traits tirés, cette tache horrible sur son flanc, qui paraissait si douloureuse, mais aussi sa propre colère, et il voulut retourner auprès de lui. Il ne s'excuserait pas, ça non. Mais il voulait être à ses côtés, le soutenir, lui tenir chaud.

Comment avait-il pu réagir de cette façon ? Il s'était fâché contre le mage parce qu'il avait peur, que la peur était une faiblesse, et qu'il ne supportait pas l'idée que lui, le plus puissant guerrier du Japon, puisse être faible. Il n'acceptait pas non plus l'idée qu'une personne puisse lui inspirer un tel sentiment. Mais il fallait être réaliste. Il s'était attaché à lui, il ne voulait pas le perdre.

Seulement, il ne savait pas comment réagir, il se sentait démuni face aux émotions qui l'assaillaient en voyant la souffrance du blond, en devinant sa détresse muette, face à sa propre impuissance. Que devait-il faire ? Que devait-il dire ? Pourtant, réalisa-t-il, quelqu'un, à peine deux jours plus tôt, lui avait donné la solution. Restez ferme et déterminé. Ne vous laissez pas décourager.

Les paroles de Shokola prenaient tout leur sens, à présent. La narmotte savait, pour le magicien. Il s'était passé quelque chose entre ces deux-là, le matin, avant le départ. Fye lui avait peut-être parlé ? Mais pourquoi à lui ? Pourquoi à lui et pas à moi ? Pourquoi tu ne veux rien me dire, alors que je sais que tu as confiance en moi ? Qu'est-ce qu'il se passe ? J'aimerais t'aider… mais je ne peux rien faire si tu ne me dis rien, et tu le sais. Pourquoi refuses-tu mon aide ?

Il était très tard, mais il ne pouvait plus attendre. Il voulait rentrer tout de suite, retrouver ses compagnons et discuter sérieusement avec le mage, mettre les choses au clair, parler de cette tache brune… Il venait d'avoir une idée à ce sujet, une idée qui ne lui plaisait pas du tout, qui lui faisait froid dans le dos. Il fit ses adieux au roi des naigles, ils se souhaitèrent mutuellement bonne chance pour la suite et se séparèrent en amis.

Rahzi l'attendait sur la plateforme, prêt à décoller. La nuit était glaciale et très claire. Le ciel sans nuages était constellé de milliers d'étoiles, qui scintillaient joyeusement, indifférentes aux noirceurs du monde de Rozamova. C'était magnifique, et pourtant, Kurogane ne jouissait en rien du spectacle. Il ne pouvait se départir d'un affreux sentiment de malaise. Le vent soufflait de l'ouest, portant à ses narines une odeur légère mais reconnaissable. Une odeur de putréfaction.

Et en tendant l'oreille, il pouvait distinguer au loin ce bruit atroce, ce craquement qu'il n'oublierait plus jusqu'au jour de son trépas. Le bruit de la Mort, qui s'avançait, inexorablement.