Je ne me dompte pas... je suis toujours aussi longue à poster. DSL
Je remercie tous ceux et celles qui prennent le temps de me reviewer.
Bonne Lecture!


Fourbe fleuri

La course pour rejoindre les grilles du château avait été folle. Zigzaguant dans les couloirs pour éviter les élèves en congé qui marchaient dans tous les sens était plutôt ardus sous une cape d'invisibilité. Surtout quand les trajectoires de certains petits sorciers étaient assez hasardeuses. Ils changeaient de direction sur une noise sans crier gare ce qui faillit être la cause d'un carambolage devant la salle de métamorphose, mais heureusement, les deux invisibles avaient de bons réflexes et une certaine agilité. En bref, la traverser du château, de la salle commune des Gryffondor au grand escalier de marbre avait été un périple amusant pour un maraudeur et son filleul.

Harry avait proposé d'utiliser la carte qu'il avait emportée, mais son parrain avait prétexté qu'ils ne fuyaient pas une personne en particulier, mais bien tout le monde, donc ce n'était pas vraiment nécessaire. La cape suffisait amplement pour empêcher tous yeux indiscrets de les voir s'évader de la protection du château. Mais pourquoi donc se cacher? La réponse du maraudeur fut que même si Dumbledore avait donné son accord pour qu'ils quittent le château quelques heures, cela ne voulait pas dire toute l'école devait être au courant, et Sirius Black ne passait plus inaperçu dans cet établissement. Seulement son aller et retour au bureau directorial, avait fait énormément jaser, s'ils le voyaient disparaître avec le Survivant, il y aurait des murmures, des interrogations, des commérages qui pourraient, sans qu'il ne le sache, quitter Poudlard par la voie ailé et arriver, par inadvertance, aux oreilles d'un certain Mage Noir. Car ce dernier, c'est tout ce qu'il attendait… que le jeune Potter quitte la protection bienveillante de Dumbledore… Tout cela était dans les cas extrêmes bien sûr, mais il ne fallait plus prendre aucun risque…

Arrivés au grillage de l'enceinte de l'école, la protection anti-transplanage traversés, Harry s'accrocha au bras que lui tendit son parrain et ils tranplanèrent dans un crac sonore.

Le premier transplanage du jeune Potter l'avait délibérément secoué. Cette sensation horrible… il préférait nettement les voyages en balai!

Remis de son transplanage, Harry enleva la cape qui les couvrait tous les deux, regarda devant lui et resta bouche-bée.

Devant eux se dressait un magnifique grillage en fer forgé de plus de trois mètres de haut. Il était suspendu à un mur de même hauteur édifié avec de grosses pierres grises où la végétation avait pris domicile. Quelques brins d'herbes ou fleurs tardives s'exhibaient dans les craquelures entre les pierres causées par le froid, les intempéries et le temps. De la mousse courrait le long de la muraille, glissant de temps à autre pour faire couler son tapis sur les côtés. La verdure avait également empiété sur les portes. Des grimpantes se faufilaient à leur aise entre les tiges de fer par endroit rouillées, imitaient les courbes gracieuses que l'artisan forgeron avait créées avec ce métal cendré dans la chaleur de sa forge. Deux délicats bouquets de fleurs centraient chacune des portes, entouré d'un cercle doré. Ses fleurs paressaient si réel que l'odeur titillait presque les narines, mais en réalité, ses fleurs étaient de métal. C'était une vision alléchante que de voir cette matière si dure et si froide, qui ne s'écorche pas aux vents ou aux intempéries, qui parcoure les siècles sans toutefois succomber au charme de la défaite contre le temps, de prendre les aspects d'un végétal si fragile, noble, mais surtout éphémère qu'est une fleur. La délicatesse de la plante n'en avait pas moins perdu son éclat, elle l'avait gagné pour plus longtemps. Grâce à ce savant mariage d'imagination et de talent, l'artisan avait réussit à forger ses fleurs dans l'immortalité.

Harry en était que plus émerveillé. Rien dans cette muraille n'émanait la mort. La vie et la liberté envahissaient chaque particule de ce mur à l'entré du cimetière. La délivrance du monde physique vers le meilleur...

Au travers les arabesques du grillage, se dessinait un champ à perte de vue. Des monuments de pierre, de granite ou de marbre s'alignaient en rangé parcouru par des sentiers de terre battue. Ils étaient petits et banals, gigantesques et somptueux. Rares sont les pierres qui peignent réellement l'identité de la personne qu'ils représentent. Un malhonnête riche à un tombeau de marbre blanc, un honnête pauvre n'a qu'une simple plaque de pierre. Heureusement, certain avait une effigie à leur valeur.

Harry se sentit soudainement mal à l'aise devant toutes ces pierres tombales. L'émerveillement de son arrivé avait laissé place à une certaine angoisse. Une peur refoulée de l'inconnu face à tous ces morts. L'entourage lui paressait beaucoup moins accueillante et vivante. Certes il avait déjà vu la mort de près, mais d'entreprendre une marche sur cette terre qui la symbolisait celle de ses parents, il ne savait s'il en était capable. L'idée de venir souhaiter un joyeux anniversaire à sa mère l'avait ému quand Sirius le lui avait demandé, mais maintenant qu'il y était, il n'était plus certain de vouloir le faire. Techniquement, il aurait pu le faire n'importe où, car sa mère se trouvait dans son cœur, mais cette symbolique de venir sur les lieux où reposait son corps l'effrayait. Il allait demander à Sirius de rebrousser chemin et de retourner à Poudlard, mais le maraudeur avait déjà commencé à ciseler les rameaux qui s'enroulaient autour des deux montants centraux du grillage. C'est alors que Harry remarqua l'état des mains de son parrain, plusieurs grafignes rouges et boursouflés les cisaillaient et le bout de manche de sa robe était déchiré par endroit. Seulement, quand Sirius souleva le bras de la serrure et poussa avec son épaule la lourde porte et que les pentures crièrent une plainte funèbre, Harry oublia rapidement ces blessures et grimaça à l'idée de devoir entré dans le cimetière.

Vraiment, il n'avait plus envie d'y aller. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine et son sang fracassait ses tympans douloureusement. Il avait peur, peur de ce qu'il allait ressentir, peur de sa réaction en voyant les pierres de ses parents, peur des émotions qui allaient ressurgir en lui et en Sirius. Il le trouvait terriblement silencieux et nerveux. Quand il avait défait les liens des plantes, Harry avait pu constater ses mains blessées trembler. C'était pour lui aussi la première fois qu'il venait voir Lily et James. Il devait ressentir à quelques choses près la même chose que lui. D'un sens, ça le rassurait puisqu'ils étaient deux pour affronter cette épreuve et Sirius avait beaucoup plus d'expérience que lui dans le domaine de la mort, alors s'il réagissait de cette façon c'était probablement normal. Il se sentit plus léger à cette pensé.

Patmol avait franchit les grilles et d'un mouvement de tête, il encouragea Harry a en faire pareille. Il s'exécuta, après avoir prit une grande et profonde inspiration. L'air qui l'entourait était humide et froid, et le vent ne se gênait pas pour s'engouffrer sous sa cape le faisant frissonner.

Un pas…

Deux pas…

Ce n'était pas si terrible en fin de compte.

Ils longèrent les allées pendant quelques minutes avant que Sirius ne bifurque dans une allée précise. La quarante-troisième rangée de pierre. Harry n'avait pas pu s'empêcher de les compter, au cas où l'envie lui prendrait de revenir. Outre de compter les rangés, il avait lu des noms d'inscrits sur les pierres, il avait remarqué des années, 1979, 1980 et 1981 revenaient régulièrement comme étant les années de décès. Les trois dernières années de pouvoirs du Lord Noir, avant qu'il ne ressuscite.

Devant lui, Sirius s'était arrêté.

Ils étaient arrivés.

La pelouse paressait plus duveteuse à cet endroit précis, plus verdoyante qu'autour des autres tombes. L'air ambiant était moins froid et le soleil avait même décidé d'étirer un bras pour venir caresser la joue du jeune homme pour ensuite éclairer une pierre tombale d'un blanc pur comme la porcelaine, fleuri par un unique lys blanc.

C'est à ce moment qu'il vit, gravé précautionneusement dans la pierre, les quelques lettres qu'il redoutât.

Lily Potter, née Evans
1959-1981

Harry eut à ce moment un pincement au cœur et ne put empêcher les larmes d'inonder ses yeux. Il voulut bien détourner le regard, mais ses yeux tombèrent sur une pierre identique à quelques centimètres de celle de sa mère. Les lettres prirent immédiatement la forme du nom de son père sans qu'il n'ait à les lire. Incapable de supporté cette vu plus longtemps, ses yeux se posèrent alors sur les nuages gris clair qui se déplaçaient lentement laissant ainsi libre cour au soleil pour allonger ses rayons bienfaiteurs.

Ravalant ses sombres émotions, il décida de prendre une grande inspiration et de savourer ce moment qu'il pouvait pour la première fois, partager avec son parrain. Il devait voir cette occasion spéciale d'une autre vision. Il ne venait pas pleurer ces morts, il venait honorer leur mémoire, l'attitude qu'il se devait d'abordé devait être autre que des pleurs et des regrets. Même si lui ne les avait pas connu, l'homme silencieux à ses côtés avait passé près d'une dizaine d'année en leur compagnie. L'occasion était peut-être venue de posé les questions qu'il n'avait jamais osées, d'entendre des anecdotes joyeusement racontées, mais surtout d'apprendre à les connaître.

Ce fut cependant Sirius qui brisa le silence gênant qui c'était installé entre eux.

" Remus est venu ce matin, dit-il dans un quasi murmure. C'était ses fleurs favorites.

Harry suivit le regard de son parrain et contempla le lys quelques instants et laissa le parfum envahir son nez. C'est vrai que cette fleur était particulièrement magnifique. D'un blanc pur, cette fleur en trompette dégageait une odeur délectable et si douce que Harry ne put qu'imaginer que sa mère avait la même odeur.

" Parles-moi d'elle, dit-il sans vraiment sans rendre compte.

Sirius le regarda quelques instants, surprit mais finit par laisser échapper un léger sourire. Il alla s'asseoir sur la pelouse et s'adossa à la pierre de Lily en faisant signe à Harry de l'y rejoindre. Ce qu'il fit.

" Qu'est-ce que tu veux savoir?

" Euh!… Tout!

" Ton père connaissait tout d'elle, pas moi, grommela-t-il presque avec mépris. Mais je peux tout de même te dire ce que je sais.

Quoiqu'un peu confus par le ton employé par son parrain, Harry s'adossa le plus confortablement qu'il le pouvait et se laissa bercé par la voix de Sirius qui avait prit une toute autre intonation pour son récit. L'animagus croqua dans une dragée au goût particulier et fit un plongeon de vingt ans dans sa mémoire.

Il exposa à son filleul les traits de caractère de Lily. Il commença par sa fougue, car ce fut probablement cet attribut qu'il fut le plus souvent témoin. Que ce soit lors d'une de ses colères contre le petit groupe dont il faisait partie après l'une de leurs nombreuses plaisanteries ou lorsqu'elle rembarrait James suite à une énième demande pour sortir! En fait, elle avait ce comportement fervent que lorsque les Maraudeurs étaient dans les parages. Autrement, Sirius lui expliqua qu'elle était un rayon de soleil qui séduisait élèves et professeurs et ses aptitudes intellectuelles étaient grandement apprécier par ces derniers et jalouser par certains de ses camarades de classe. Patmol assura que Lily Evans était une femme extrêmement bonne, elle était juste et sans préjugé, comme exemple, il lui parla que même après avoir découvert la lycanthropie de Remus, elle avait continué à être son amie, parce qu'il faut avouer, qu'avant qu'elle ne soit l'amoureuse de James, Remus était le seul des maraudeurs avec qui elle s'entendait. James était trop arrogant, lui trop prétentieux et Peter ne parlait presque jamais, alors elle avait créé des liens avec Remus qui était préfet avec elle. Avec toutes ses qualités que Sirius avait citées, aucun défaut n'avait été élevé. De son point de vue, elle était tout simplement parfaite que ce soit physiquement qu'intérieurement, parce qu'évidemment, Sirius avait complimenté sa beauté angélique.

Harry avait écouté attentivement le récit de son parrain et avait pu y déceler un sentiment qu'il n'aurait probablement pas entrevu si cette démonstration avait été faite par Remus ou Hagrid. Il se sentit drôlement inconfortable devant cet éloge. Que ce soit par le sourire apaisé que Sirius avait tenu tout au long ou par la lueur passionnée dans ses yeux! Harry n'a pas cet air quand il parle d'Hermione, mais il là assurément en parlant de Ginny. Alors même si la question qu'il allait poser allait mettre un mal-aise entre eux, il ne pouvait pas ne pas l'exposer.

Se levant de son siège improvisé, il se plaça devant son parrain, les mains dans les poches et le regard quelque part au-dessus de la tête du maraudeur et demanda d'une voix incertaine :

" Étais-tu amoureux d'elle?

Sirius laissa échapper un ricanement et se leva à son tour. Mais Harry pu voir son expression faciale changer radicalement. Un voile de tristesse s'y était installé et même en regardant un peu plus près, de l'amertume avait envahit ses yeux noir profond.

" Il était difficile de ne pas tomber amoureux de Lily Evans, avoua-t-il sans le regarder. Je ne connais pas un homme de notre génération qui n'est jamais eut de sentiments pour elle. Elle a brisé plusieurs cœur en choisissant James Potter.

La dernière phrase fut prononcé avec tellement de haine que Harry ne reconnut pas son parrain. Il fit même un pas en arrière, s'écartant, se protégeant, peut-être. Quelque chose clochait dans le comportement de Sirius, Ginny avait peut-être raison après tout! C'est alors que Patmol reprit une autre dragée et en la portant d'un geste désinvolte à sa bouche, Harry revit les blessures du maraudeur.

" Qu'est-il arrivé à tes mains?

" Ça? s'exclama-t-il en montrant ses mains à Harry. Un horrible et stupide chat orange m'a attaqué alors que je revenais du bureau de Dumbledore.

Harry fronça les sourcils, le seul chat orange qui habite Poudlard est Pattenrond, le chat d'Hermione, et Sirius le connaît bien, et il sait très bien qu'il n'est pas stupide. Alors Harry fit un autre pas vers l'arrière, commençant à douter de quelque chose.

" Rogue est toujours dans ta poche? reprit-il.

" Non! fit Sirius en haussant les épaules. Je crois bien que le chat l'a dévoré.

Ce manque flagrant de compassion le fit se sentit plus du tout en sécurité en compagnie de Sirius. Si c'était bien lui… Il glissa sa main dans sa poche pour avoir sa baguette sous la main au moindre mouvement suspect, mais il fut choqué de constater son absence. L'homme devant lui voyant son air déconcerté, la main dans la poche, ne put retenir un rictus malveillant qui avait l'habitude de lui accorder.

" C'est ça que tu cherches? Ricana le corps de Sirius en désignant la baguette de Harry qu'il avait maintenant entre les doigts.

Le jeune Potter le regarda attentivement et reconnu sur le coup le sourire horrible que le maître des potions se plaisait de lui adresser.

" Rogue, siffla Harry qui sentit la colère mais aussi la panique l'envahir.

Il était pris au piège, désarmé et loin des personnes qui pourrait l'aider. La seule solution qu'il voyait envisageable était la fuite, mais le professeur aurait tout le temps nécessaire de le pétrifier ou de le tuer durant sa course… de toute manière où irait-il, il ne savait pas dans quelle région du pays il se trouvait.

Que pouvait-il arriver de pire en ce moment, il se croyait vraiment au plus bas, mais quand il sentit, un picotement au niveau de sa cicatrice, il sut qu'il pouvait tomber plus bas encore. Ça ne servait à rien de courir, de crier, de supplier, il ne restait plus qu'à attendre le coup final. La douleur à sa cicatrice augmenta et Harry sut que Voldemort était en route. La main sur le front, il s'agenouilla dans l'herbe fraîche pour essayait de contrôler cette brûlure insupportable. Il cria de rage quand Sirius, en fait lorsque Rogue, se baissa près de lui en ricanant.

" Je ne t'avais pas dit que l'on attendait de la compagnie?

Harry voulu saisir cette opportunité de rapprochement pour récupérer sa baguette, mais Rogue fut plus rapide et esquiva le coup rapidement, s'éloignant du jeune Potter qui criait de douleur et de rage en boule sur le sol.

" Un peu de Polynectar, des souvenirs remémorés et une illusion… il n'en faut pas plus pour t'amadouer.

Tandis que le champ de pierre tombale s'évaporait pour laisser place à un autre plus sombre et que plusieurs crac distinctifs de transplanage se faisait entendre dans la contré, des larmes de défaite coulèrent sur les joues du jeune Harry James Potter…


Ça sent la fin...
Dans un maximum de trois chapitres, cette aventure ce terminera...
À la prochaine
Emily