Eeeh! Rien à dire!
Bonne Lecture!


Introuvable

Les nuages avaient envahit le ciel de leur épaisseur ténébreuse rendant cet après-midi de début novembre terriblement sombre. Le plafond nuageux était lourd et la pluie n'allait tarder à déferler sa tristesse sur le pays. Un vent glacial secouait les arbres de tous côtés et frigorifiait les braves qui s'aventuraient à l'extérieur de leur demeure chaleureuse. Pourtant, un vieil homme au dos voûté marchait en travers les rangées de pierres tombales. Les pans de son vieux manteau battaient sous les brusques bourrasques de vent, ses longs cheveux épars sur son crâne lui fouettaient le visage, mais il continuait à avancer.

Que le soleil brille ou qu'une tempête gronde, chaque jour, depuis 30 ans, il vient dans ce cimetière où il se sent un peu plus chez lui. Il parcourt ses chemins qu'il connaît par cœur, rend visite au sien et enlève les bouquets flétris des pierres. Au village on l'appel « Le Gardien Sorcier ». Ce n'est toutefois pas si loin de la vérité! Il n'est pas tout à fait « gardien », puisque son poste n'est pas reconnu, mais il veille pourtant sur les lieux en empêchant les jeunes délinquants de venir flâner et faire du grabuge à l'intérieur de ces grilles. Il n'est pas tout à fait « sorcier », puisque ses pouvoirs ne s'étaient jamais réellement développés, il avait réussit une fois à faire jaillir des étincelles au bout d'une baguette, mais pas plus. Tout de même, il aime bien ce nom qui éloigne les vilains garnements…

C'est ainsi que dans cette froideur hivernalel'homme déambulait dans le cimetière quand deux détonations se fit entendre un peu plus loin. Il avait bien reconnu ce son distinctif d'un transplanage, bien qu'il ne soit pas sorcier, son père avait si souvent disparut et apparut ainsi… Deux hommes avaient apparut dans la rangé 43, l'un avait les vêtements apparemment trop petits pour lui et les cheveux noirs d'une saleté effroyable, l'autre, il l'avait vu le matin même venir porter un lys sur la tombe de Dame Lily. Les deux sorciers paressaient chercher quelque chose, ils regardaient autour d'eux, le visage alerte. Ce fut le grand gaillard aux cheveux noirs qui l'aperçut le premier.

" Toi! s'écria le sorcier en le pointant du doigt. Il y a longtemps que tu es là?

" Assez, oui! répondit-il.

" Avez-vous vu deux personnes venir sur cette tombe, il y a peu de temps? entreprit plus calmement Remus Lupin. Un homme au visage pâle et aux cheveux noirs avec un jeune homme aux cheveux noirs également portant des lunettes et une robe noir avec un insigne rouge et or sur le devant.

" Non, répondit le vieil homme. Il n'y a que vous qui soyez venu porter une fleur ce matin. Il y a eut une femme également, grande et squelettique. Elle n'est pas restée longtemps.

" Pétunia... souffla Remus.

" Vous êtes sûr? s'empressa de dire Sirius Black.

Le vieux gardien sorcier hocha la tête. Il voyait bien que les deux hommes étaient inquiets, mais il ne pouvait les aider d'avantage, alors il s'éclipsa, reprenant sa marche entre les pierres. Il fut bientôt qu'un point mouvant à l'horizon…

Sirius et Remus étaient tous les deux faces à la tombe de Lily et étaient complètement accablés. Le seul indice sur le lieu où pouvait être Harry, était cette destination. Et il n'y était pas. Et il était avec Rogue. Cette ordure de maître de potion qui avait prit l'apparence de l'animagus pour s'emparer du Survivant. Du Polynectard dissimulé dans des Dragées, voilà sa tactique!

Après la rencontre avec Merlin, Sirius s'était retourné et était tombé nez à nez avec Rogue. Black était désarmé et déboussolé par les derniers évènements alors il n'avait pas pu parer le sort de transformation que Rogue lui lança. Il avait été transformé en souris… Le Mangemort avait quitté l'enceinte de Poudlard pour transplaner auprès de son maître. Son accueil fut loin d'être chaleureuse, mais avec de multiples arguments entrecoupés par les cris de martyr qu'il poussait sous les nombreux Doloris, le Seigneur des Ténèbres avait bien voulu lui donner une dernière chance et il adhéra à son plan. Lui amener Harry Potter en se faisant passer pour Sirius Black.

C'est ainsi que Rogue repris la route du collège dans le corps et les habits de son ennemi juré. Une souris endormis dans sa poche. Il avait insisté pour garder Black avec lui afin de le faire souffrir autrement. Puis le maître des potions avait rencontré les quatre Gryffondor dans les couloirs du château et joua son rôle de Sirius Black à la perfection. Raconter le plus précisément ce que Dumbledore leur avait dit à propos des mois d'absence de Sirius avait été désagréable, mais le résultat avait été satisfaisant. Il était Sirius Black à leurs yeux! Seulement, son enthousiasme avait fondu quand le vrai Sirius avait été arraché à ses griffes par les griffes du chat orange. Pattenrond avait sentit le mensonge et avait attaqué le prétendu Sirius pour repartir avec le vrai entre les dents. La réplique avait donc du entreprendre son plan plus rapidement et avait capturé Potter. Dans ce temps, le chat avait immédiatement amené la souris à Lupin. Ce dernier, l'apercevant la poser sur son bureau, avait été quelque peu surpris, mais voyant cette souris bondir sur l'encrier pour y plonger la patte et ainsi tracer les lettres « S.B. », le lycanthrope n'avait pas attendu une seconde de plus pour redonner corps humain à son ami. Ils étaient arrivés à la Salle Commune trop tard, maintenant, ils étaient arrivés au cimetière trop tard…

" Que fait-on maintenant? demanda Sirius.

" Les retrouver et quand ce sera fait, répondit Remus, je vais arracher la tête à ce sale fils de pute.

Si la situation n'avait pas été aussi grave, Sirius aurait été choqué par le langage de son ami venait d'employer car il n'employait jamais ce langage, mais dans le fait actuel, ceci était parfaitement toléré.

Plusieurs craquements retentirent autour d'eux et ils furent soulager de constater les membres de l'Ordre. Chacun arborait une mine inquiète, mais aucune ne surpassait celle de Dumbledore. Il était inquiet, décomposé, apeuré… des facettes que nul ne voyait régulièrement sur son visage. Mais il prit toutefois les choses en mains.

" Sirius, Remus et Alastor, commença Dumbledore. Allez aux endroits propices à trouver des Mangemorts. Interrogez-les de la manière qui vous conviendra. Mais trouvez-moi le refuge de Voldemort.

" Parfait!

Les trois hommes disparurent aussitôt.

" Kingsley, poursuivit-il, voyez à ce que vos hommes trouve la trace de Rogue au plus vite. Qu'ils retournent à sa maison, qu'ils fouillent, qu'ils dénichent des indices, n'importe quoi qui pourrait nous aider à le localiser.

" Très bien!

L'homme noir s'évapora.

" Professeurs, retournons à Poudlard. Nous devons faire en sorte que cette histoire ne s'ébruite pas. Les autres retournez travailler, mais rester alerte à tout ce qui peut vous paraître suspect.

Dans un crac commun, ils transplanèrent tous à leur poste.

L'échiquier était en place, ils attendaient maintenant que les blancs face leur prochain mouvement…


Deux semaines plus tard…

Les recherches avaient été entamées de front, tous les membres de l'ordre ayant un endroit spécifique à fouiller, des personnes à interroger… mais malgré ces pourchasses, le jeune Potter restait introuvable. Plutôt chercher une aiguille dans une botte de foin! Même là, si ses assaillants avaient décidé qu'il ne serait pas retrouvé, il ne serait pas retrouvé…

Une semaine après la disparition de Harry, le Ministre en avait été informé de la situation. Pourquoi sept jours plus tard? Pour ne pas ébruiter l'affaire, ne pas rendre la population plus anxieuse qu'elle ne l'était déjà, ne pas faire croire que le Seigneur des Ténèbres était dans la voie de la victoire… Ce qui se fit dès la nouvelle sortit. La Gazette avait été très sommaire, ne relatant que le professeur Rogue avait kidnappé Harry Potter et l'avait amené au Seigneur des Ténèbres. Seulement, les gens peuvent prendre cette information claire et la transformer à leur guise, imaginant les détails et les raisons. Et encore une fois, Dumbledore avait été pointé du doigt…

Dans les couloirs de Poudlard plusieurs rumeurs parcouraient les murs, élogieuse ou non pour le Survivant et son directeur. Les parents de certains élèves avaient retiré leurs enfants de Poudlard prétextant que le directeur n'était plus à la hauteur de la tâche, ils avaient peur que leurs enfants ne se fassent eux aussi enlever par un mangemort déguisé en professeur.

La tension était palpable dans tout Poudlard. Plusieurs aurors avait rejoint les rangs de Dumbledore, sans son approbation. Pour le surveiller peut-être… Le Ministère avait remis son nez dans les affaires de Poudlard, ce qui contrariait fortement le directeur. Le nouveau ministre était comme l'ancien… Les élèves ne pouvaient faire trois pas sans tomber sur un Aurors en garde, le regard froid et accusateur, ils ne pouvaient sortir des murs de l'école sans être bombardé de questions et d'être fouillé, y entrer était encore pire…

Deux semaines que le Lord se tenait à l'écart de tout. Il n'avait envoyé aucun message distinctif au camp adverse depuis la capture, il n'avait proclamé aucun échange possible, aucune revendication, il n'avait pas crié victoire… Il était silencieux et calme, gardant ses plus fidèles près de lui, laissant les plus bas de la hiérarchie répandre son venin dans l'ombre, derrière les œillères du ministère.

De son côté, le directeur avait donné ses dernières instructions dans le cimetière. Depuis, il s'était isolé dans son bureau, ne parlait à pratiquement personne. La trahison de Rogue l'avait terriblement blessé et complètement anéanti, mais la capture de son élève était cent fois pire. Tous les espoirs résidaient dans ce jeune garçon, mais maintenant qu'il était sous l'emprise du Lord, sans défense, l'espoir d'en sortir vainqueur s'amenuisait. Malgré ses doutes et ses peurs, une touche de lumière apparaissait encore au bout du tunnel, une fleur qui était encore sous leur protection. C'est sur cette espérance qu'il travaillait sans relâche, nuit et jour, pour n'en ressortir que pour les réunions secrètes et quotidiennes avec l'Ordre.

C'est de l'une de ses réunions que le grand rouquin de préfet revenait, les pieds traînants, la tête baissé. A chaque jour, les réunions l'accablaient de plus en plus. L'année précédente, il faisait tout pour découvrir le contenue de ses réunions, mais maintenant qu'il avait les deux pieds dedans, il préfèrerait ne rien savoir du tout. Entendre tous ces comptes rendus d'enquête lui donnaient mal à la tête et lui donnaient parfois mal au cœur. Les autres membres étaient habituer d'entendre ses choses horribles que les mangemorts faisaient, lui ses oreilles étaient encore chastes à ce sujet. Bien sur qu'il avait une idée de ce qu'ils faisaient, mais ce qu'il avait jadis entendu avait toujours été très minimisé à la réalité. Maintenant, les habituer ne ce gênaient pas pour employer les termes justes en passant par les détails les plus… détaillés et imagés.

La dernière réunion avait été une des pires pour son niveau de tolérance. Maugrey n'y allait pas de mains mortes. Ce dernier, Sirius et un autre du nom de Grannda avaient fait la découverte d'une planque de Mangemort de basse-cour potentiellement mise à jour des faits et gestes de quelques Mangemorts plus hauts placé. Les fidèles du Lord tenaient captif un Cracmol et deux Moldus décapités... La liste des tortures que les génuflecteurs avaient fait subir aux malheureux lui avaient retourné l'estomac et il entendait encore le vieux Fol-Œil lui dire : A la longue, on s'habitue! Lui, il ne voyait pas vraiment comment il pourrait s'habituer à entendre de pareille immondice. Évidemment, suite à un interrogatoire digne des cachots du Lord, les canailles s'étaient retrouvées sous un bataillon d'Auror, mais malheureusement, l'Ordre n'avait pu recueillir des indices prometteurs pour retrouver Potter.

L'espoir de le retrouver vivant s'amincissait de jour en jour, ce qui rendait ces réunions plus que douloureuse. Savoir ce que les Mangemorts faisaient, signifiait savoir ce que Harry subissait… et Ron en avait vraiment marre.

Il s'était assit dans le fauteuil près du foyer de la Salle Commune, inspirant et expirant profondément essayant tant bien que mal de faire sortir les images entraperçut entre deux hauts le cœur. Il s'était précipité vers la tour, s'éloignant le plus possible de la Grande Salle où les vapeurs du dîner fumant lui donnait encore plus la nausée.

Perdu dans ses efforts d'oublis, il sursauta en sentant une main se déposer sur son épaule. Il retourna vivement la tête, faisant craquer son cou au passage et aperçu le regard inquiet de sa copine.

" Des nouvelles? demanda-t-elle en s'asseyant à ses côtés.

Il secoua la tête négativement et détourna son regard pour fixer une nouvelle fois les flammes. C'est à ce moment qu'il remarqua le brouhaha qui envahissait la salle. Le nombre de Gryffondor était nettement inférieur à la normale dut au départ précipité des élèves, mais le vacarme que les gens restant faisaient était aussi élevé qu'une soirée festive après une victoire de Quidditch. Ron se retourna une seconde fois et contempla la pièce. Les gens discutaient énergiquement en petit groupe et le tumulte s'intensifia quand une jeune fille entra dans la pièce. Les exclamations étaient tellement imposantes que le préfet ne comprenait aucun sens de cette frénésie.

" Tu peux m'expliquer, dit-il en regardant Hermione collé à lui.

Elle laissa échapper un petit rire et s'élança.

" C'est Parvati. Elle et sa sœur Padma ont fait une scène dans le hall quand leurs parents sont venus les chercher. Je ne les avais jamais vus aussi en colère et déchaînées. Elles m'ont admirablement surprise. D'autres parents étaient également présents et ont subit le même sort.

" Bien.

C'est tout ce qui lui vint à l'esprit de répondre à ça. Regardant de plus près l'assemblé, il constata une absence. Aucune tête rousse n'apparaissait dans ce tourbillon.

" Où est Ginny, s'exclama-t-il alarmé.

Dumbledore lui avait bien dit de garder un œil sur elle…

" Dans sa chambre, répondit Hermione, elle dort.

" Elle dort? Reprit-il, il n'est que 19 heures.

" Je dis qu'elle dort puisque c'est ce qu'elle veut que je dise, expliqua-t-elle, mais je sais qu'elle ne dort pas. Elle ne dort pas beaucoup depuis… l'enlèvement.

Sa voix s'était brisé à l'évocation de l'incident. Elle aussi, elle trouvait cela très dur.

" Elle s'efforce de tenir une conversation, de sourire ou de manger. Hier, elle a même demandé une potion de sommeil sans rêves à Pomfresh pour pouvoir dormir un peu car elle est épuisée. Ta sœur est rongée par l'inquiétude Ron, et je ne sais plus quoi faire.

C'est en pleurs qu'elle termina son discours. Depuis le début des évènements, elle avait essayé de rester forte pour Ginny, de ne pas pleurer, de l'épauler, de la rassurer… mais comment redonner espoir et courage à quelqu'un quand on en n'a plus nous-même?

Ron l'attira vers elle et lui enfouit le visage dans le creux de son épaule pour ainsi masquer ses pleurs aux autres Gryffondor. Elle expulsait ses larmes qui trempaient sa chemise, mais il s'en moquait royalement. Il n'était pas très fort pour les mots et les discours encouragent, mais ce geste, il savait le maîtriser et ainsi réduire les sanglots de sa bien-aimée.

Certains de leurs camarades virent la scène et calmèrent l'ivresse due à la scène de Parvati. La jeune Patil avait bien usé de courage pour défier ses parents mais il ne fallait pas oublier les derniers évènements. Il était certain que les proches de Potter vivaient mal les derniers jours et cette frénésie n'était pas du tout approprier. Ils compatissaient à leurs inquiétudes et leurs peurs, eux même craignaient le dénouement de toute cette histoire. Harry était, même pour les plus jeunes, le monument où tous prenait appuis.

C'est ainsi que le tumulte s'estompa et que le calme repris dans la salle commune. Dean et Neville s'installèrent dans le fauteuil près de celui où le couple était assit. Parvati monta à son dortoir en compagnie de Lavande qui jeta un dernier coup d'œil jaloux en direction de Ron et Hermione… Des camarades de classe à Ginny disposèrent leur dissertation de métamorphose sur le tapis et en discutèrent à voix basse, d'autres plus jeunes entamèrent une partie de cartes explosives dans un coin de la salle, caché par un fauteuil miteux. Voilà maintenant une soirée normale dans la salle commune!

Ron soupira un bon coup, pas mécontent de cette quasi-tranquillité. Il caressa la chevelure broussailleuse d'Hermione et lui embrassa le front. Elle s'était calmé, du moins, pour le moment, car il commis l'erreur d'affirmer que tout allait bien…

Elle se dégagea vivement de lui, les yeux rougis et remplis de colère. Il sut immédiatement qu'elle allait exploser et qu'il allait y goûter…

Debout en face de lui, elle le foudroya du regard et lui régurgita en plein visage ce qui lui serraient le cœur depuis deux semaines.

" Tout va bien? s'écria-t-elle en attirant l'attention de tout le monde. Tu oses dire que tout va bien? Tu sais très bien que ce n'est pas le cas. Tout ne va pas bien! Harry est captif de Voldemort depuis deux semaines, il est introuvable et personne ne sait dans quel état il est où s'il est toujours vivant et tout ce que tu trouves à dire c'est que tout va bien! Toi, tu sais ce qui se passe là-bas, tu entends les comptes rendus et les vérités que les adultes nous cachent, tu sais tout ça et tu oses dire que tout va bien! Ta sœur se morfond et dépérit un peu plus chaque jour depuis que Harry est parti, le croyant mort, et tu oses dire que tout va bien! Dumbledore n'est plus qu'une loque humaine et tu oses dire que tout va bien! Tu veux savoir? Tu n'es qu'un menteur Ronald Weasley.

Piqué à vif, il répliqua de la même façon en reprenant son statut de plus grand…

" Un menteur? S'exclama-t-il. Bien sur que je suis un menteur! Je ne suis pas sincère en disant que tout va bien, mais qu'est-ce que tu veux que je te dise d'autre? La vérité? Tu veux vraiment l'entendre? Et bien je vais te le dire! Harry est incarcéré dans les prisons de Voldemort avec Voldemort en personne comme bourreau. Ce matin, ils ont trouvé trois cadavres dans une planque de Mangemorts, j'ai encore l'estomac dans la gorge rien à y penser. Trois victimes sans grande importance et ils sont morts décapités. Imagine une seconde ce que Voldemort peut faire à Harry. Tu crois que je trouve ça amusant d'entendre Fol-Œil décrire la décapitation pour qu'elle soit la plus douloureuse possible et qu'à chaque fois je ne vois que Harry subir ses atrocités? Moi aussi j'ai peur de le retrouver mort ou en morceaux, moi aussi je suis triste, moi aussi je m'inquiète pour l'avenir du monde magique car si tout continu comme ça, Voldemort continuera à monter, parce que nous, nous ne faisons que descendre depuis deux semaines. À l'heure actuelle, il y a cinq familles qui étaient de notre côté et qui ont rejoint ses rangs… Tout ne va pas bien Hermione, mais je m'efforce de dire que « Oui, tout va bien » pour ne pas perdre espoir, parce que c'est tout ce qu'il nous reste.

Il n'attendit pas de répliques ni d'excuses. Il traversa la salle avec de grandes enjambés furieuses et quitta la salle commune sans regarder en arrière. Hermione, elle, resta clouée sur place un instant avant de courir se réfugier dans son dortoir.

Le départ précipité des deux préfets aux yeux larmoyants glaça l'ambiance chaleureuse de la tour. Chacun resta immobile, la bouche grande ouverte, laissant l'encre dégouliner sur un parchemin ou ne s'inquiétant pas des brûlures des sourcils causées par les cartes explosives… Ils avaient tout été attentifs aux propos abordés par les proches de Potter. Ils en furent tous choqués et bouleversés. Les rumeurs entendues dans les couloirs et les ragots dans les journaux n'envisageaient pas de telles révélations. Ronald était apparemment plus dans le feu de l'action qu'il n'avait voulu faire entendre quelques temps auparavant à ses camarades de classe. Savoir que l'espoir diminuait en lui, ne le rendait certainement pas aux autres.

Ron déambula dans les couloirs un bon moment pour se calmer. Depuis le début des évènements, il s'était promis de ne pas craqué… mais c'est ce qu'il venait de faire. Il s'était promis de caché la vérité à Ginny et Hermione… mais il venait de la révéler à cette dernière. Il voulait les protéger, pourtant il venait de montrer qu'il n'était pas aussi fort qu'il ne voulait le faire entendre et que lui aussi pouvait pleurer. Dire que Seamus et Neville venaient de le voir pleurer, il aura de la difficulté à les regarder en face à présent. Simple fierté masculine!

Sécha les dernières traces d'humidité sur ses joues, il se prit les pieds contre deux longs bâtons à même le sol qui exprimèrent leur mécontentement en grommelant des insultes salées, fit quelques pas chancelant et il s'étala comme une crêpe sur la pierre froide.

" Outch! Grogna-t-il sans pour autant se relever.

Un genou et un coude étaient endolorit, mais la volonté de se relever l'avait fuit. La pierre frigorifiée collée sur sa joue lui rafraîchissait les idées, éclaircissant quelques détails, replaçant sa journée dans un ordre plus franc.

Un bruit d'étoffe et deux pieds se placèrent devant son nez.

" Ça y est! T'es mort, Weasley? Railla une voix.

" Non! marmonna-t-il sans bouger de sa position couchée.

" Dommage, soupira la voix.

" Qu'est-ce que tu faisais coucher dans le couloir, ils t'ont mis dehors des donjons?

" Non!

Draco Malfoy fit un pas en avant s'adossa au mur et s'y laissa glisser pour reprendre la position qu'il avait avant que Ron ne trébuche dans ses jambes.

" Ce sol te rappel-t-il ton lit chez toi? ricana-t-il sans répondre à la question du rouquin.

" Tu sauras Malfoy que ce sol est très confortable.

" Assurément, surtout quand tu es au centre d'une route d'un bataillon d'araignée.

Ça n'en prit pas plus à Ron pour se relever précipitamment, s'épousant frénétiquement regardant autour de lui l'œil alerte. Devant l'hilarité du blond, Ron comprit qu'il n'y avait aucune araignée alors il se renfrogna en décidant tout de même de rester debout. Au cas ou…

" Tu ne m'as pas répondu, reprit Ron, qu'est-ce que tu fais là?

Draco ne répondit pas tout de suite. Il passa sa main dans ses cheveux en bataille, qui étaient habituellement si bien peignés, puis d'un geste lent, il sortit de sa poche une enveloppe fripée.

" J'allais voir Dumbledore, prononça-t-il enfin.

C'est à ce moment que Ron réalisa qu'il se trouvait à quelques pas de l'affreuse statut masquant l'entré du bureau directorial.

" Je m'apprête à faire quelque chose de bien, continua le Serpentard. Pour la première fois de ma vie… Seulement, j'ignore le mot de passe pour entrer dans ce fichu bureau.

" Je connais le mot de passe, intervient Ron. Tu me dis ce que tu lui veux et je te fais entrer.

Draco se leva et lui fit face. Pourquoi ne pas y avoir pensé auparavant? Bien sûr que la belette connaît le mot de passe! il avait eut du mal à ce convaincre de le faire, depuis trois jours il ne dort pas, tourne en rond… mais au fond de lui, il sait que l'avenir de tout le monde magique se joue sur ce bout de papier…

" Ma mère m'a écrit cette lettre il y a trois jour, expliqua-t-il. Elle sait où se trouve Potter. Il est toujours vivant.


Plus que deux...
Au revoir!
Emily