Titre : Vivre

Chapitre : Mourir

Disclamer : tous les persos sont à J.K Rowling et à l'univers d'Harry Potter.

Avertissement : Cette fanfiction contiendra la mention d'un couple homosexuel, avec, pour ce chapitre, menton d'actes plus ou moins explicites donc, homophobes, s'abstenir. Je n'accepte pas les reviews du style : ce couple est improbable, mais j'aime pas le yaoi etc… Vous êtes prévenus, donc, si vous lisez cette histoire, ne venez pas vous plaindre après ! Regardez bien les ratings, merci !

Couple : Remus x Lucius

Rating : T. ( lemon soft.)

Genre : Yaoi / drame / angst

Spoiler : Spoiler sur le tome 6. L'histoire se place après le tome 6 et un hypothétique tome 7.

Mot de l'auteur : Bonne lecture !!!! Enfin terminée ! Le tout dernier chapitre ! ce n'était pas trop tôt, hein ? Et merci à tous les reviewers! j'espère avoir répondu à tous, si ce n'est pas le cas, signalez le moi surtout, mais normalement, je n'ai fait aucun oubli. Merci encore!


Mourir…

Les mains pâles parcouraient les courbes délicates de sa peau blême et striée des marques sauvages que les crocs et les griffes d'un loup avaient laissé. Malgré leurs douceurs, ces doigts qui couraient sur lui n'affligeaient pas un traitement plus délicat au lycan : lorsqu'ils ne s'enfonçaient pas en lui, pour le torturer à leur tour, ils caressaient les galbes de son corps, retouchant doucement ces hanches mouvantes et fines, pareilles à des montagnes que précédait la vallée de ses flancs. Ils se perdait au creux de ses reins, gouffre secret de l'érotisme et d'une passion déchaînée, et « décharnée », battant et se cambrant à un rythme muet, celui des soupirs, aussi brûlants que ces innombrables volcans qui soufflent avant de se libérer de leur feux, que leurs entrailles ne peuvent plus contenir. Ce corps était un véritable paysage à explorer, que ces mains avides parcouraient, caressantes comme des poignards : ces gestes délicats blessaient au plus profond son âme, son être, ces ongles s'enfonçaient non plus dans sa chair, mais en lui-même, venant le torturer d'humiliation, de peine et de désespoir.

Mais au moins, il se sentait vivant.

Par la haine et la honte qu'on lui apportait, il existait. Encore un tout petit peu.

Les cheveux blonds de son « amant » vinrent effleurer son dos, comme des milliers de serpents dansants. Ils avaient perdu leur souplesse, leur grâce, le toucher soyeux de leur belles années. Ils semblaient le darder de leurs langues multiples, cherchant à pénétrer en lui sous ces caresses répugnantes.

Il gémit, pareil au souffle du vent. Ce n'était pas du plaisir. Ce n'était même plus de la douleur. Il n'y avait ni passion, ni amour dans cette étreinte. Seulement le désir de l'un d'anéantir l'autre, et le désire de l'autre d'être anéanti par l'un… Lucius venait déchirer une fois de plus ses chairs, ôtant ses dernières barrières de fierté au lycan, qui ne fit rien pour protester. Sa main se serra sur les draps salle de leur cellule. Ses lèvres se pincèrent pour retenir un cri. Ses yeux se fermèrent pour rêver à autre chose… mais on ne rêve pas, à azkaban. Alors, il les entrouvrit rapidement en frissonnant. Il n'y avait que le vide derrière un regard clos. Le vide et la mort. Ce contre quoi il luttait. Il n'acceptait cela, que pour les combattre. Il n'avait aucune joie à ce simulacre d'amour : seulement l'indicible et lâche courage de vivre. L'instinct de survie : la pire des tortures, et la torture la plus mortelle. Celle qui l'entraînait lentement vers la mort même de ce qu'il avait été… il y a combien de temps, déjà ?… quelques jours, quelques mois, ou années peut-être ?

Un sifflement retentit contre son oreille. Une brise vint s'y infiltrer. Il mit un temps à comprendre que ce chant de serpent lui parlait. La voix de Lucius. Il eut une pensée pour lui. Il savait qu'il ressentait la même chose : l'humiliation de se rabaisser à venir en ce corps si marqué, si différent, souillé déjà par une condition contagieuse répugnante. Lucius lui avait un jour dit, la première fois qu'il avait posé ses lèvres sur les siennes, avec dégoût, pour le briser… Sans succès. « T'embrasser, c'est comme embrasser un chien… »

Lupin avait été vexé, mais il avait sourit. Lucius n'en était devenu que plus fou de rage. Il voulait être hait : il ne s'attirait que les sourires de Remus. Depuis, la situation n'avait cessé d'empirer. Jusqu'à être arrivé à cela, régulièrement. A ce désir commun de se prouver qu'on existe… au moins pour une personne. Lucius pour sa victime, Remus par son bourreau…

« Dis moi combien tu me hais… Remus. »

Des paroles crachées, plus que sifflées. Envoyées à sa figure avec des mots qui font mal. Remus aurait pu croire en avoir eu un hématome sur la joue. Il plissa ses yeux, alors que, malgré lui, un gémissement dénué de plaisir s'échappait de ses lèvres. Une réaction naturelle de son corps aux vues des assauts du blond. Remus tenta de se concentrer. Il chassa les nuages de son esprit embrumé, mais sans succès. Soudain, une main de fer vint saisir ses cheveux, ses beaux cheveux couleur d'orge sèche, relevant sans ménagement son visage alors qu'il grimaçait de douleur. Il pouvait presque voir Lucius se pencher, avec cette folie dans ses yeux, cet air dément, si fou qu'il vous glace le sang… il pouvait voir son rictus dénué de toute raison, et de toute joie. Simplement teinté de ce désir de victoire. Ce désir d'être haï… Par Merlin ! Il le connaissait si bien à présent. Cela l'effrayait…

« Dis-le ! »

Remus réfléchit encore, malgré la douleur, et l'état second dans lequel son long séjour à azkaban l'avait plongé. Mais il avait beau y songé, il ne haïssait pas Lucius. Il n'y arrivait pas. Malgré tout ce qu'il lui faisait subir, les coups, les humiliations, Lupin ne pouvait haïr un fou. Il avait peut-être de la colère, il ressentait sans doute du mépris… Mais plus que tout, il avait de la compassion. Il ne pouvait pas haïr Lucius, car il n'était plus lui-même. Le désespoir l'avait rongé. En partie par sa faute. C'était lui qui avait ôté son dernier souffle à son fils. C'était sa baguette qu'il avait pointée sur la poitrine d'un adolescent. C'était ces lèvres que le dernier des malefoy mordait et déchirait avec hargne, qui avaient prononcé ces terribles paroles. Remus avait pris une vie. Il ne craignait plus qu'on lui souille la sienne.

« J'ai autant pitié de toi que ce que j'ai pitié de moi… je te ne hais pas… »

Remus ferma les yeux, attendant cette pluie terrible qui s'abattait toujours sur lui. Les coups de reins s'interrompirent. Et une main frappa sa joue avec une force et une violence qui n'avait d'égales que la haine de celui qui infligeait pareil coup. Lupin rouvrit les yeux, alors que les assauts de Lucius devinrent plus répétés et plus fougueux, jusqu'à ce qu'il assouvisse ce désir comme on assouvit son corps dans les latrines. Cette image fit grimacer Lupin. Il se redressa doucement, son corps endolori et courbaturé, comme un paysage après un tremblement de terre : tout aussi marqué, tout aussi ravagé, tout aussi à reconstruire. Il n'avait aucune fierté. Il s'assit sur son lit, se rendant compte que lui aussi avait libéré cette chaleur qui dévorait le creux de son dos et son désir. Mais il frissonna. Il avait bien froid. Il renfila sa chemise, et repassa son pantalon. Le froid ne partait pas : c'était une hiver qui se rependait dans le fond de son âme. Il ne croyait plus au soleil à cet instant. Il ne croyait plus que rien ne pourrait le réchauffer…

N'était-il pas cruel de vivre, finalement ?

Il n'adressa pas un regard à Lucius. Il le sentait, s'agitant dans son coin. Un silence pesant était retombé sur la cellule. Comme à chaque fois que cela se produisait. Ce rituel avait débuté en des temps immémoriaux…. Il n'aurait su le dire. Azkaban faisait perdre toute notions du temps. Lucius voulait qu'il le haïsse. Lupin s'y était toujours refusé. Un défi. Une raison de vivre… Une raison de vivre ce cauchemar et cette aliénation de leurs deux personnes. Mais qui les poussait encore à respirer, à ne pas tomber totalement dans le désespoir et dans la déchéance de cette prison. Quelque chose que les détraqueurs ne pourraient leurs voler.

Depuis ce jour du défi, Lucius avait cherché à se faire haïr. Par tout les moyens. Jusqu'au plus abject. Jusqu'à ces instants obscènes, ou il le plaquait contre le sol, un mur, ou leur misérable paillasse, dans l'espoir de le voir crier sa haine sous ses coups de reins. Cette pureté qu'il croyait lui prendre, mais que Remus lui offrait volontiers. Pour vivre aussi. Pour ne pas disparaître. C'était devenu un pacte muet entre eux : faire croire à l'autre qu'il n'avait toujours pas gagner, et qu'il ne gagnerait jamais. Un équilibre fragile… Mais qui ne pouvait demeurer. Tout cela devait se briser. Pourquoi ? Parce que ce soir, Remus Lupin était fatigué.

Cette histoire prendrait bientôt fin. Remus sentait que son rôle n'avait plus lieu d'être…

Il ne su pas combien de temps il resta sans bouger. Combien de fois tout cela se reproduisit. Il ne savait même pas s'il s'était écoulé quelques secondes, quelques minutes, ou des jours entre ce moment et sa décision. Ces quelques mots, à peine soufflés, que Lucius attendait tellement :

« Je te hais… »

Des mots durs, prononcés avec un sourire mélancolique. Le regard de Remus était déjà lointain, perdu dans le vide, contemplant des frontières inexistantes, au delà de ces murs. Il était recroquevillé sur son lit, assit, ses bras entourant ses genoux repliés contre sa poitrine. Il n'avait pas l'air triste. Il était tout simplement heureux.

Mais le ton de ses mots, la délicate nuance de sa voix… il n'y avait aucune haine en eux. Seulement de la lassitude. Un « je te hais », comme un « j'abandonne »… Un goût de défaite… Il y avait presque un sourire, dans ces mots, presque un élan de tendresse, de sympathie, et de pitié. Un peu la même voix que celle d'un parent à son enfant malade, pour le réconforter. Demain, tout irait mieux… Mais pour l'heure, Remus haïssait. Mais qui aurait pu le croire ? Il y avait tant de douceur sur ses traits, tant de compassion… Il n'était décidément qu'un idiot. C'était la pensée qui effleura un instant l'esprit de Lucius Malefoy, alors qu'il s'approchait de lui.

« Qu'as-tu dit ? »

Lupin releva son regard profond et vide vers lui.

« Je te hais…Lucius »

Que de simplicité et de candeur ans cette petite phrase. Il disait « je te hais » comme on dit « je t'aime… » Bien qu'il n'aimait pas plus Lucius qu'il le haïssait… Mais il voulait s'en convaincre. Il le haïssait… Pour toutes ces humiliations, il le haïssait… Il voulait haïr, pour ressentir quelque chose. Pour se sentir une dernière fois encore vivant, autrement que par la souffrance.

Le visage de Lucius se tendit imperceptiblement. Il se rapprocha du calme loup-garou, qui semblait plus las que jamais. La suite, il la connaissait déjà. Depuis le début il avait su que tout se passerait ainsi. Il soupira légèrement. L'un de ses derniers souffles, sans doute.

Tout se passa si vite. En une éternelle fraction de seconde. Les lèvres de Lucius se tordirent un horrible rictus déformé par la haine et la colère, alors que ces doigts, qui avaient tant frôlé la peau du loup, vinrent s'enrouler tels des serpents autour de son cou. Cinq serpents, aussi forts que les serres d'un griffon, venant serrer et serrer encore la gorge offerte.

Remus ne broncha pas. Ce fut à peine s'il se recula de quelques centimètres, sous le coup. Il sentait les doigts l'agripper, mais il n'en avait cure. Il cherchait seulement à rencontrer le regard de Lucius. Aussi fou, aussi cruel, aussi teinté de haine qu'il soit. Juste un regard… Juste la chance de se refléter une dernière fois dans les yeux de quelqu'un… D'exister. De ne pas mourir seul. De ne pas sombrer trop vite dans l'oubli.

L'air commença à manquer. Il se sentait suffoqué, et fut tenté un moment d'écarter cette main si forte, en comparaison de l'être désormais frêle à qui elle appartenait. Il amorça un geste pour s'en défaire, mais se résigna. Ses propres bras restèrent le long de son corps, comme déjà raidis pas la mort. Lupin attendait. Il attendait sa délivrance. Il allait enfin sortir d'ici. Lucius avait gagné, le lycan se désespérait. Personne ne viendrait plus le chercher désormais dans la noirceur de sa cellule. On l'attendait peut-être… à moins qu'on ne l'ait tout simplement oublié. Pourquoi se battre à nouveau ? Ses amis avaient tant soufferts, ils avaient bien le droit de se reposer… Et lui aussi, il avait souffert. Il ne désirait désormais que s'endormir.

C'était ce qui se passait…

Il croisa le regard de Lucius… Un regard bleu magnifique, où il aimait à se contempler, une dernière fois. Aussi longtemps qu'il le pourrait. Mais déjà, ce n'était plus la main de Lucius qui l'empêchait de vivre : la mort elle-même semblait affermir son étreinte sur son cou. Remus ferma les yeux quelques secondes.

C'est alors qu'il réalisa, pour la première fois, combien ces doigts squelettiques pouvaient être sensuels… Combien le toucher de cette peau froide était agréable… Jamais il n'avait éprouvé cette sensation, auparavant. Ces mains qui l'étranglaient, broyaient son cou, ne lui avaient jamais paru plus tendres et plus belles. Car elles le libéraient. Pour la première fois, elles lui faisaient du bien. Leurs caresses étaient humiliantes et vulgaires. Elles étaient alors blessantes. Mais alors qu'elles lui ôtaient son dernier souffle, elles avaient une douceur inespérée. Et déjà, Remus rouvrait ses yeux vitreux, alors que les ténèbres obscurcissaient sa vue.

Le visage de Lucius disparaissait peu à peu. Il ne semblait plus rester que l'éclat de ses yeux. La désespérante force de vivre de Lupin eut un sursaut de volonté. Il tenta de se raccrocher à son regard, et de se servir de ses dernières forces pour poser sa main sur le poignet de l'ancien mangemort afin de le repousser, en vain. Lucius serrait toujours, et Lupin se mourrait…

Mais au fond, c'était ce qu'il avait voulu. Lucius, pour une fois, aurait la victoire. Il saurait rendre une dernière personne heureuse. Le suicide de Lupin serait un dernier cadeau à son bourreau.

Il ne pouvait plus respirer. Sa main retomba mollement contre son corps, alors que ses lèvres entrouvertes laissaient échapper un dernier soupir. Il lança un dernier regard à Lucius…

Et Lupin songea une dernière fois. Il pensa à Lucius, victorieux, mais seul, dans cette immense prison. A son espoir, si vite volée, à cette victoire, si coûteuse. Comment aurait-il pu le haïr ? Ne serait qu'une seconde ? C'est alors qu'il comprit, et se rendit compte que non, il ne le haïssait pas. Même là, il n'y parvenait pas. A croire qu'il n'était pas fait pour haïr, seulement pour aimer, espérer et croire. A présent qu'il n'avait plus personne en qui croire, plus rien à espérer, et qu'il ne savait plus aimer, il préférait se laisser aller… Comment aurait-il pu haïr cet homme, qui se raccrochait à sa mort, à cette stupide victoire, comme un marin perdu en mer se raccroche à la seule étoile qu'il voit, avant que la tempête ne l'engloutisse ? Comment haïr quelqu'un qui vous demande le haïr ? C'était là le pire des souhaits… Ce n'était pas Lucius qu'il haïssait… c'était lui-même… c'était cette absence de fierté, cette indifférence à son sort, cette « habitude », qui l'avait toujours empêcher de se révolter. Il était trop sage… ce « je te hais »… c'était des paroles qu'il s'adressait… Tout simplement.

Il fixait à présent Lucius. Ses cheveux décoiffés, son visage plein de hargne… Et Lupin, devant tant de désespoir… sourit.

Un sourire pur et sincère, alors que sa tête roulait sur le côté, la vie abandonnant son corps usé depuis bien trop longtemps. Lupin s'endormait… Et dans sa toute dernière pensée, son tout dernier soubresaut de conscience, lupin eut la sensation qu'il n'y avait jamais eu de victoire plus triste…


Et ce sourire… ce sourire si pur, jamais Lucius ne pourrait l'oublier. Jamais il n'avait été haï de Lupin. Le loup s'était joué de lui. Il venait de trouver le moyen de s'enfuir d'Azkaban. Et lui était toujours dans sa cellule, seul. Fou de rage, il jeta le corps inerte contre le mur. Mais cela ne pu effacer le sourire à jamais peint sur les lèvres de Lupin.

Il venait de perdre ce à quoi il avait fini par se raccrocher. Il ne lui restait plus que la folie.

Doucement, rampant, il s'approcha du corps. Il caressa les cheveux châtains, qui n'avaient rien perdu de sa douceur. Les yeux de Lupin, bien que vidés de toute vie, étaient encore entrouverts, comme si, jusqu'à la fin, ils avaient voulu contempler la vie qu'ils abandonnaient. Lucius prit le corps dans ses bras, presque avec tendresse…

« Je te hais… »

Cracha t-il en caressant le visage pâle qui se refroidirait si vite…

« je te hais… »

Dit-il encore une fois… alors qu'il fixait les paupières à demi closes, qui ne se rouvriraient jamais.

« Je te hais… »

Murmura t-il cette fois, en enfouissant son propre visage dans le cou de Lupin…

Oui, désormais, il ne lui restait plus que la folie… la folie, et le désespoir d'azkaban : cette solitude, qui vous ronge, jusqu'à vous rendre fou…


Fic terminée ! Bon, c'est glauque, je sais… Rangez les tomates pourries ! C'est pas ma faute, c'est à cause de Lucius, il est glauque par nature… Bon, je sors… Mais un petit commentaire s'il vous plait ? ( s'enfuit en slalomant entre les œufs pourris pour cette fin atroce… gniark !)