- Titre : Les yeux du coeur

- Auteur : Shinigami's Bride

- Genre : Romance, yaoï

- Couple : 2x1, 4x3, 2+5, 5x?

- Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne m'appartiennent pas, l'histoire appartient à l'auteur Shinigami's Bride.


Chapitre 5

Nouvelle planque des G-Boys :

Trois semaines. Cela faisait trois semaines que Duo était partit pour une mission secrète. L'ambiance au sein du groupe était incroyablement calme, trop calme et les premiers symptômes de manque commençaient à se faire sentir. Quatre se faisait énormément de soucis pour son ami. Il n'avait reçu aucune nouvelle de lui depuis son départ et craignait qu'il ne lui soit arrivé quelque chose. Trowa gardait son attitude impassible mais au fond de lui, il s'inquiétait aussi pour l'américain. Wufei s'était un peu plus renfermé que d'habitude. Bien que cela lui coûtait beaucoup de l'admettre, la présence du natté lui manquait. Quand à Heero, il passait encore plus de temps ( si c'est possible ) sur son laptop. Bien qu'il n'en montrait rien, lui aussi s'inquiétait pour ce baka. Lorsque ce dernier est partit, il avait effectivement reçu son ordre de mission mais le caractère secret et l'absence de délai sur celui-ci l'intrigua beaucoup. Il avait fait des recherches pendant plusieurs jours, avait fouillé dans les fichiers d'Oz à l'affût d'une preuve qu'une action avait été mener contre eux ces derniers jours mais rien. Le calme plat. Il avait ensuite tenté de demander aux Mads des précisions sur la mission du pilote 02 à titre informatif, mais ces derniers n'ont rien voulu lui dire, J lui avait seulement répondu que la mission avait été commanditer par le professeur G et que lui seul avait les réponses à ses questions. Mais celui-ci demeurait injoignable. Tout cela était vraiment étrange.

Donc cela faisait maintenant trois semaines qu'ils n'avaient plus de nouvelles du pilote 02 et cinq jours qu'ils avaient investi une nouvelle planque, cette fois-ci en Allemagne, un petit cottage sobre et classique au milieu de la campagne. Comme tous les matins, Quatre se trouvait dans la cuisine entrain de préparer le petit déjeuner. Trowa et Wufei étaient dans le salon, l'un complètement absorber dans sa lecture et l'autre entrain d'astiquer son sabre. Heero se trouvait toujours dans sa chambre entrain de travailler sur un nouveau virus. Tout était calme. Mais alors que Quatre était entrain de terminer de faire le café, il ressentit de petits picotements au niveau de la nuque, comme si un regard brûlant était posé sur lui. N'y tenant plus, il se retourna pour savoir qui osait le fixer aussi intensément et manqua de faire tomber la cafetière qu'il avait entre les mains à la vue de cette personne. Là devant lui se tenait Duo, assis à la table de la cuisine, le visage souriant et les bras croisés derrière la tête.

- D : Salut Quatre ! Ça va la forme ?

Quatre n'arrivait pas à le croire. Par où était-il entré ? Heero avait pourtant créer un système de sécurité très perfectionné qui aurait du se déclencher à l'approche d'une personne extérieure. Comment avait-il fait ?

- Q : C'est toi Duo ?

- D : Non, c'est le Pape ! Bien sûr que c'est moi patate !!!

Alors se laissant déborder par la joie et l'inquiétude qui ne l'avait pas quitté pendant plus de trois semaines, Quatre se jeta sur son ami, les faisant tomber au sol, et l'étreignit avec force comme pour l'empêcher de s'enfuir.

- Q : Duo ! Tu es enfin revenu ! Si tu savais comme je me suis inquiété pour toi !

- D : Doucement Quat-chan... Tu m'étouffes et Trowa risque de le prendre mal si tu lui fais des infidélités.

Et ils éclatèrent de rire ensemble. Heero, Trowa et Wufei qui avaient entendus le bruit de la chute, arrivèrent en trombe dans la cuisine et quelle ne fut pas leur surprise de trouver l'arabe au sol allongé de tout son long sur un américain aux yeux améthystes avec une longue natte, complètement hilares. Reprenant leur souffle, les deux amis finirent par s'apercevoir de leur présence. Quatre, tout gêné, se releva aussitôt et aida son ami à faire de même. Le natté se tourna ensuite vers ses compagnons et leur fit un signe de la main en guise de bonjour accompagné d'un :

- D : Salut les gars ! Je vous ai manqué ?

- T : Bonjour. Si tu savais à quel point...

- H : Baka. Il est enfin rentré...

- W : Shazi ! Même pas en rêve ! Et puis quoi encore ! C'est déjà dur d'admettre qu'il m'a manqué, je vais pas le lui avouer. Ça lui ferait trop plaisir...

- D : Quelle douce musique à mes oreilles ! On est vraiment mieux nulle part ailleurs que chez soi !

- Q : Pourquoi n'as-tu pas prévenu de ton retour ? Tu nous as fait une belle frayeur !

- D : Je viens seulement de terminer ma mission alors j'ai pas eu le temps de vous prévenir. J'étais déjà en route pour vous rejoindre quand j'ai reçu les coordonnées de la nouvelle planque. Et puis j'avais envie de vous faire la surprise.

- T : Ça pour une surprise, tu as bien réussi ton coup.

- D : Merci Tro-man, ton compliment me touche beaucoup !

- H : Comment as-tu fait ?

Comme par le passé, Duo regarda Heero avec ce même sourire énigmatique que le jour de son petit concert improvisé. Apparemment son Hee-chan se demandait toujours comment il s'était introduit dans la planque sans se faire remarquer et semblait vouloir à tout prix son secret. Il jubila intérieurement puis fit mine de ne pas avoir compris la question.

- D : Comment j'ai fait quoi ?

Heero fronça les sourcils d'exaspération. Il se doutait qu'il avait parfaitement compris où il voulait en venir mais l'américain feignait l'ignorance. Il semblait avoir décider de jouer avec ses nerfs et ça ne lui plaisait pas du tout.

- H : Tu le sais très bien alors dis-le moi : comment as-tu fait ? dit-il en élevant la voix plus qu'il ne fallait.

- D : Ah ! fit-il en mimant d'avoir enfin compris. Tu veux savoir comment j'ai fait pour arriver jusqu'ici sans être détecter.

- H : Hn !

- D : Ah mais pour que je te le dise, il va falloir me dire les mots magiques mon petit Hee-chan ! s'amusa-t-il à répondre. Vas-y, répètes après moi : s'il te plaît.

Heero, n'étant vraiment pas d'humeur à supporter les facéties de l'américain, se contenta de braquer son arme sur lui en ayant pris soin de retirer la sécurité et de le pointer juste entre les deux yeux du Shinigami. Il voulait qu'il lui réponde et surtout effacer ce sourire qu'il ne supportait plus de son visage. Duo, qui s'attendait à cette réaction de la part de son japonais, ne réagit même pas lorsque le canon de l'arme se trouva à quelques millimètres de son visage, son sourire intact. Quatre tenta d'intervenir :

- Q : Heero, baisse ton arme ! Ce n'est pas comme ça que tu arriveras à...

- D : Laisse Quatre, le coupa le natté.

- Q : Mais...

- D : Laisse. Venant de lui, je vais faire comme si il me les avait dit. Je veux bien te dire comment j'ai fait mais ma réponse risque de ne pas te plaire.

- H : Dis toujours, dit-il en appuyant davantage son geste.

- D : Tu l'auras voulu. En faite, ce fut très simple : je me suis contenté de me déplacer dans l'angle mort des détecteurs de mouvements, d'enjamber un à un ceux à rayon laser qui soit dit en passant étaient visibles à 1 km et je suis entré en passant par la trappe qui mène à la cave. Franchement les mecs, je voudrais pas abuser mais y a du relâchement. Ça doit bien faire une demi heure que je suis là à vous observer et aucun d'entre vous n'a senti ma présence. Si j'avais été un soldat d'Oz, j'aurais eu tout le temps nécessaire pour poser une ou deux bombes et faire sauter la baraque.

A ces mots, les quatre pilotes ouvrirent de grands yeux, stupéfaits des révélations de l'américain. Heero lui ne voulait pas le croire. Le fait que le natté ait déjoué le système de sécurité qu'il avait lui-même posé était très dur à accepter mais que celui-ci en vienne à dire qu'il était là depuis aussi longtemps qu'il le dit, non CA, ça ne pouvait pas être vrai.

- H : Tu bluffes !

- D : Tu crois ça, pourtant c'est la vérité. Tu devrais le savoir maintenant : I run, I hide but I never lie ! et c'est pas aujourd'hui que ça va changer.

Et d'un geste vif, il désarma le japonais puis d'un rapide coup de pied, lui faucha les jambes. Le japonais, trop surpris, ne put esquiver le coup de l'américain et se retrouva allongé au sol, le natté au dessus de lui pointant sa propre arme sur lui. Celui-ci, après lui avoir adresser un sourire victorieux, déchargea l'arme et la lui rendit puis il voulut l'aider à se relever mais le nippon le repoussa et se leva avant de filer prestement dans sa chambre devant les trois autres qui n'avaient pas bouger d'un pouce, tout aussi surpris par la manoeuvre du natté que par la fuite de leur leader. Devant cette attitude qu'il qualifiait de puérile, Duo soupira en passant une main sur sa nuque.

- D : Je lui avais pourtant dit que ça n'allait pas lui plaire. Et après on dit que c'est moi le gamin.

- Q : Tu ne crois pas que tu y es allé un peu fort ? demanda le petit blond ayant repris ses esprits.

- D : Je ne voulais pas lui faire de mal mais il ne m'a pas laissé le choix. Presqu'un an que nous faisons équipe tous les cinq et il continue de me sous-estimer. Il sait que je suis un professionnel de l'intrusion et il s'étonne encore de me voir déjouer ses jouets sans problème. Je me devais de le mettre face à son erreur non pas pour le blesser mais pour qu'il le réalise et surtout qu'il ne recommence pas.

- T : C'est surtout son orgueil que tu as blessé, tu sais à quel point il est susceptible.

- D : Je préfère que ce soit son orgueil plutôt que lui et sa susceptibilité le perdra un jour. Pour l'instant, je suis beaucoup trop fatigué pour supporter sa mauvaise humeur. Je vais aller me reposer dans ma chambre un moment et j'aimerai ne pas être déranger. Merci d'avance !

Et sur ces entrefaites, il prit la même direction que Heero. Il ramassa son sac qu'il avait laissé derrière la porte de la cave et se dirigea vers ses quartiers. Une fois dans sa chambre, il rangea vite fait ses affaires dans son armoire puis sortit sa précieuse mallette de son sac. Il s'assit sur son lit et l'ouvrit délicatement. A l'intérieur, il lui restait encore quatre fioles de sérum. Il prit l'une d'elle et l'inséra dans le pistolet. Puis il le garda dans ses mains et se mit à réfléchir.

- D : Il ne me reste plus beaucoup de sérum, j'enverrai un mail à G pour l'avertir. Il va falloir la jouer serrer si je ne veux pas que les autres s'aperçoivent de mon état. Quatre ne sera pas trop difficile à éviter si je parviens à lui occuper l'esprit avec autre chose, ou plutôt quelqu'un d'autre. Wufei ne fera pas de problème, les seules fois où nous sommes ensembles, ça vire en dispute et ça se termine en course-poursuite. Rien à craindre de ce côté. Le plus gros problème viendra de Heero. Pourvu que G soit parvenu à convaincre Cyber-Papy, ça n'avait pas l'air en bonne voie quand je suis partit. Il doit réussir, il le faut.

Sur ce, il apposa la seringue sur son bras marqué par ses précédentes injections et appuya sur la détente, libérant le liquide dans ses veines. Après il remit le tout dans la mallette qu'il dissimula sous son matelas avant de s'allonger sur son lit et de sombrer dans l'inconscience.

Il fut réveillé presque trois heures plus tard par Quatre venant le prévenir que le repas était prêt. Après s'être asperger la figure d'eau fraîche pour se réveiller, Duo rejoignit ses camarades dans la cuisine déjà attablés. Le repas se passa tout à fait normalement : Duo et Quatre discutaient, Trowa les écoutait en les observant discrètement sous sa mèche qui lui cachait la moitié du visage, Wufei les ignorait et se concentrait sur son assiette tout comme Heero. Bien qu'ils voulaient savoir ce que le natté avait fait pendant ces trois semaines, les quatre pilotes ne lui posèrent pas la question, sachant qu'à cause du caractère secret de celle-ci, il ne pourrait pas leur répondre. Duo remercia le ciel qu'aucun ne le lui demande, il n'aurait pas voulu devoir leur mentir. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. Lorsque le repas fut fini, Duo se proposa d'aider Quatre à faire la vaisselle, au grand étonnement de ses coéquipiers qui connaissaient son aversion pour les tâches ménagères. Pendant que les deux pilotes entamaient leur besogne, les trois autres retournèrent dans le salon. Trowa et Wufei décidèrent de débuter une partie d'échec pendant que Heero, assis au sol, pianotait sur son laptop posé sur la table basse. Malgré lui, son regard s'égarait de temps à autre en direction de la cuisine où il voyait les deux amis, dos à lui, accomplir leur tâche tout en discutant. Plus particulièrement sur l'américain dont la natte se balançait le long de son dos. Il le trouvait changer et il ne savait pas pourquoi. Pourtant physiquement il était toujours le même mais quelque chose dans son regard, dans sa façon de parler ou dans son attitude avait changé et il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Alors des mots sortant d'un souvenir lui revinrent en mémoire : "Tu es quelqu'un de très mystérieux Heero mais je le suis tout autant que toi. Je pense que malgré tout ton savoir faire tu ne puisse jamais percer à jour l'énigme que je suis". Il devait bien admettre qu'il n'avait pas tord : Duo Maxwell était une énigme pour lui. Bientôt un an qu'ils travaillaient ensemble et chaque fois qu'il pensait avoir cerner le personnage, ce baka trouvait toujours le moyen de le surprendre. Il prit pour exemple le talent pour le piano qu'il leur avait involontairement révélé alors qu'il ne lui connaissait qu'une passion pour la musique rock, l'écoutant souvent quand ils faisaient chambre commune. Puis le fait qu'il savait pour son intrusion dans son dossier alors qu'il admettait n'avoir que peu de connaissance en informatique. Il ne soupçonnait pas une telle clairvoyance de sa part qui ne collait pas avec l'image de joyeux lurons insouciant qu'il donnait de lui. Et chose étrange, ce dossier ne faisait aucune mention de son passé, seuls ses aptitudes au combat et le fait qu'il venait de L2 étaient clairement établis. Il trouvait cela très frustrant de ne rien pouvoir savoir de lui, lui qui aimait tout contrôler. Et aujourd'hui, ce dernier était parvenu en quelques secondes à le désarmer facilement malgré les aptitudes surhumaines qu'on lui attribuait dû à son entraînement de Soldat Parfait. Un épais voile de mystère entourait le pilote 02, un voile qui, à ses yeux, le rendait incroyablement fascinant, presque attirant. Il voulut reprendre son travail quand il fut interrompu par le rire cristallin du natté qui s'amusait à éclabousser le jeune empathe et ce dernier lui rendait coup pour coup. Il eut un petit rictus devant cette scène qui, si quelqu'un l'avait vu, aurait pu passer pour une ébauche de sourire.

Au même moment, dans la cuisine, Duo et Quatre avançaient lentement dans leur tâche, l'un lavant pendant que l'autre essuyait. Quatre avait été étonné de l'attitude de son ami depuis son retour. Jamais depuis qu'il le connaissait il ne l'avait vu prendre un air aussi sérieux que celui qu'il avait montré ce matin. Et maintenant, le voilà qui se proposait de l'aider à faire la vaisselle alors que d'ordinaire, le natté disparaissait de table une fois le repas fini dans le but d'échapper à la corvée. Quelque chose n'allait pas mais il ne put se poser plus de question car il entendit son ami l'interpeller :

- D : Hey Quat-chan !

- Q : Oui Duo ?

- D : Maintenant qu'on est entre nous, racontes-moi comment ça avance entre toi et Tro !

A ces mots, un déclic se fit dans l'esprit du petit blond.

- Q : C'est pour ça que tu t'es proposé de m'aider ?

- D : Bah bien sûr ! J'allais pas te le demander devant le principal intéressé ! Tu imagines la scène ! ricana-t-il.

- Q : Vu comme ça, c'est assez logique. Mais je ne vois pas ce que tu veux savoir, il ne s'est rien passé.

- D : Attends ! Tu étais seul avec le gars sur qui tu fantasmes depuis des mois et tu me dis qu'il ne s'est rien passé !

Le pilote 04 nia d'un simple mouvement de tête et Duo ne put s'empêchait de soupirer d'exaspération.

- D : Quatre, Quatre, Quatre...dit-il tout en hochant la tête de gauche à droite. Franchement, là tu me déçois. Si j'avais été à ta place, y aurait longtemps que j'aurais fait du rentre-dedans à notre dresseur de fauve.

- Q : Oui mais tu n'es pas à ma place, Duo. Le rentre-dedans, ce n'est pas mon genre et j'aurais trop peur qu'il me rejette.

- D : Tu devrais quand même essayer Quatre. Regardes-moi ! Moi, j'ai bougé mon cul et j'ai tenté ma chance. Même si je n'ai pas obtenu les résultats que je voulais, j'ai au moins la satisfaction d'avoir essayer. Je n'aurais aucun regret.

- Q : Ça veut dire que tu ne comptes plus retenter le coup avec Heero ? demanda-t-il, stoppant ses gestes pour le regarder dans les yeux.

- D : Heero ne me considérera jamais comme je le voudrais, c'est un fait. Je l'ai compris et je pense qu'il serait inutile que j'insiste. Je préfère arrêter de me voiler la face et me contenter de cette pseudo-amitié qui s'est tissée entre nous plutôt que de le voir s'éloigner de moi, répondit-il, les yeux voilés de tristesse.

- Q : Duo... murmura le blond.

- D : Don't worry, Quat-chan ! dit-il en reprenant son éternel sourire. Cette situation me satisfait telle quelle est. Mais toi, tu ne dois pas baisser les bras avant d'avoir essayer. Arrête de t'inquiéter pour moi et concentres tes forces sur ton objectif. Toi, tu as une chance de voir tes sentiments être réciproques, ne la laisse pas passer à cause de ta peur.

- Q : Mais Duo...

- D : Il n'y a pas de mais qui tienne, le coupa-t-il d'une voix qui ne supportait aucun refus. Tu dois d'abord penser à toi et je ne veux plus que tu te soucies de moi à l'avenir, ni que tu tentes de revenir sur ce sujet. Le dossier est clos, point final ! Est-ce que c'est clair ?

Quatre n'arrivait pas à comprendre. Il savait les sentiments de son ami pour leur leader depuis le début, il connaissait leur profondeur et savait son camarade très obstiner dans ses choix. Alors l'entendre lui dire qu'il abandonnait et lui demandait de ne plus y faire allusion lui était incompréhensible.

- D : Alors ? dit-il attendant une réponse.

- Q : D'accord Duo, se résigna-t-il.

- D : Bien ! s'exclama-t-il retrouvant son entrain habituel.

Ils reprirent leur tâche dans le silence. Duo observa son compagnon de temps à autre et vit qu'il continuait malgré tout à se torturer l'esprit. Alors décidant de prendre les choses en main, il plongea la main dans l'eau et envoya une lame d'eau sur son partenaire qui la reçut en plein visage. Quatre n'avait rien vu venir et il sursauta en poussant un petit cri au contact du liquide. Puis il vit l'américain qui le regardait tout en refoulant un rire et comprit que celui-ci se moquait de lui. Piqué au vif, sa réaction ne se fit pas attendre et il riposta en envoyant une lame sur le natté. Ce dernier, en voyant le petit sourire de défi de son ami après son acte, ne se le fit pas dire deux fois et une bataille d'eau débuta sous les éclats de rire des deux pilotes.

Trowa et Wufei relevèrent leurs nez de l'échiquier à l'entente des rires et observèrent leurs camarades dans leur joute aquatique. Trowa ne put réprimer un sourire à la vue de l'arabe riant aux éclats. Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas entendu rire et son visage débordant de joie le rendait rayonnant, pareil à un ange. Son ange. Depuis quand le considérait-il ainsi ? Il l'ignorait mais pendant leur dernière mission, il s'était surpris à l'observer à son insu et à le contempler pendant son sommeil, ne pouvant plus se passer de la vision de son visage angélique, de ses cheveux dorés qui lui rappelait un soleil brûlant par une belle journée d'été, de ses yeux turquoises semblable à deux joyaux. Ses nuits n'étaient plus hantées que par la voix douce de son ami qui sonnait comme la plus belle des mélodies et son sourire qui remplissait son coeur d'une douce chaleur, le plongeant dans une sublime sensation de bien-être. Il avait alors prit conscience que ses sentiments pour le blond dépassaient le stade de l'amitié. Il avait compris qu'il l'aimait et ce depuis le premier jour de leur rencontre. Il n'oublierait jamais ce jour béni où suite à sa rédition, le blond s'était adressé à lui en terme de paix et lui avait souri comme jamais personne ne l'avait fait devant lui. Il sut désormais qu'il ne pourrait plus se passer de lui. Depuis leur retour, le jour du départ de Duo, il s'était montré plus présent auprés de lui, sachant qu'il s'inquiéterait pour le natté en son absence. Combien de fois s'était-il retenu de lui prendre la main et de sentir sa peau qu'il imaginait aussi douce que la soie lorsqu'ils étaient côte à côte ? Combien de fois avait-il failli le prendre dans ses bras pour le rassurer quand il le voyait se torturer l'esprit pour son ami et sentir la chaleur de ce corp si fragile et tellement désirable ? Il ne les comptait plus. Cependant, un énorme doute l'obsédait : Quatre avait-il des sentiments pour lui ? Jusque là, Quatre n'avait agi envers lui que comme un ami, jamais il n'avait eu de geste qui trahissait une quelconque attirance à son égard. La perspective que ses sentiments ne soient pas réciproques l'effrayait plus que tout, lui qui était capable de mettre la main dans la cage aux fauves, et il n'osait rien tenté avant d'avoir au moins l'ombre d'un espoir d'être aimer de lui. Donc il se contentait de pouvoir être à ses côtés en attendant le moment propice pour se déclarer et il était prêt à attendre le temps qu'il faudra.

Une fois leur petite bataille terminée, sur une victoire écrasante de l'américain, les deux complices terminèrent la vaisselle puis c'est trempé de la tête aux pieds qu'ils retournèrent dans leurs chambres pour enfiler des vêtements secs. Quand ils revinrent dans le salon, le bip reconnaissable du laptop du japonais se fit entendre dans la pièce. Aprés avoir regarder de quoi il retournait, Heero referma son ordinateur et se leva avant d'annoncer à ses équipiers :

- H : Réunion avec les Mads en salle de visio, maintenant.

Les autres pilotes ne se firent pas prier et suivirent le pilote 01 dans la salle prévue. Lorsqu'ils furent dans la pièce, Heero enclencha la procédure de visio-conférence et les professeur J et G apparurent à l'écran.

- J : Bonjour à vous messieurs. Nous vous avons demandé de vous réunir afin de vous annoncer les quelques changements que vous allez devoir effectuer dans votre équipe.

- Q : Quel genre de changement ?

- J : Nous avons décidé d'un commun accord que pour le développement de votre potentiel et le bon déroulement de l'opération, des modifications seront apportées à vos tandems. Les pilotes 01 et 03 feront désormais équipe ainsi que les pilotes 04 et 05. Le pilote 02 restera en stand by en attendant ses missions personnelles. Si les résultats sont concluants, des roulements pourront être envisager mais le pilote 02 continuera seul et ce jusqu'à nouvelle ordre.

Les regards des quatre pilotes se fixèrent sur le professeur, empli de stupeur. Resté en retrait, le dos appuyé sur le mur à côté de la porte et les bras croisés sur sa poitrine, Duo sourit aux derniers mots prononcés par le vieil homme. Son mentor avait finalement réussi à le convaincre de le laisser travailler seul. Il espérait seulement qu'il n'avait pas été obliger de lui révéler la vérité pour cela. Il fut interrompu dans ses pensées par les protestations de ses coéquipiers.

- Q : C'est insensé ! Pourquoi vouloir changer les équipes et laisser Duo travailler seul ? Ce n'est pas logique !

- W : C'est absurde ! Pourquoi Maxwell aurait-il le droit d'être seul pendant que nous, nous serions obliger d'être en duo ?

- G : Nous n'avons pas à nous justifier devant vous, pilote 05. Sachez que nous avons d'excellents motifs pour en avoir décider ainsi.

- H : Et quels sont ces motifs ? demanda-t-il, voulant comprendre les agissements de son mentor.

- J : Les résultats du pilote 02 lors de ses missions en solitaire étant trés satisfaisants, bien meilleurs que ses missions en équipe sont des motifs plus que suffisants. Tu n'as pas besoin d'en savoir plus, Heero.

Heero fronça les sourcils, signe de son incompréhension.

- G : Mais si cette réponse ne vous satisfait pas, laissons donc le choix au principal intéressé. Duo !

A l'entente de son nom, Duo se redressa et fixa l'écran.

- J : Pilote 02, acceptez-vous ces nouvelles conditions ?

Le natté regarda tour à tour ses coéquipiers, lisant dans leurs yeux l'attente d'un refus de sa part, puis encra son regard sur le visage de son mentor qui lui fit un signe de tête approbatif avant de le reporter sur le professeur J. Il répondit d'un ton machinal, concurrençant celui du japonais :

- D : Conditions acceptées.

Là ce fut la stupéfaction générale au milieu des pilotes. Même Heero qui s'attendait à un non catégorique accompagné d'une réplique cinglante de la part de son équipier, fut surpris de le voir accepter aussi docilement les décisions des Mads.

- J : Trés bien. Dans ce cas, vous pouvez disposer, nous vous contacterons d'ici peu pour votre prochaine mission.

- D : Bien reçu.

Sur ce la communication fut interrompue et l'écran devint noir. Il ne restait plus à Duo qu'à affronter ses compagnons afin que son plan fonctionne. Il n'eut même pas le temps de faire un geste que Quatre était déjà sur lui suivi de prés par les autres pilotes. La lutte allait être dure.

- Q : Qu'est-ce qui t'as prit, Duo ? Comment as-tu pu accepter de te sacrifier aussi facilement ? s'indigna-t-il.

- D : Quatre, tu ne crois pas que tu exagères un peu. Ca n'a rien de dramatique que je sois seul, faudra juste que je fasse plus attention à ma natte à l'avenir. Aprés tout, je suis le Shinigami, je ne mourrai pas facilement alors n'est crainte.

- W : Ces vieux fous préparent quelque chose de louche si vous voulez mon avis. Il n'y a aucune raison pour qu'un seul d'entre nous se voit confier des missions solo. Il y a anguille sous roche.

- D : Arrête de voir tout en noir, Wu-wu, intervint le natté. Ce n'est pas comme si il y avait un complot derrière chacune de leurs décisions.

- T : C'est étrange que ce soit toi qui dise ça alors qu'il y a peu c'est toi-même qui tenais ce genre de discours à leur propos.

- D : Et bien , les gens changent mon cher Trowa.

- H : Est-ce que ce brusque revirement a un rapport avec ta dernière mission ?

- D : En quelque sorte, hésita-t-il à répondre.

- H : Ce n'est pas logique. Dis-nous tout de suite les vraies raisons qui t'ont conduit à un tel changement d'attitude.

Duo était acculé de tous les côtés. Ses amis n'allaient pas le lâcher si il ne trouvait pas tout de suite un argument en béton pour justifier son attitude. La providence voulut qu'il en trouve justement un d'imparable en la personne du Soldat Parfait.

- D : Il n'existe pas d'autres raisons. Même si j'avais refusé comme vous l'attendiez, j'aurais de toute façon été obliger de me plier à leurs exigences. Et si je l'avais fait, tu m'aurais encore une fois reproché mon insubordination et moi ton manque de dissernement. En acceptant d'entrer de jeu, je t'évitais d'avoir à jouer au petit soldat avec moi ainsi nous aurions gagné du temps. Mais voilà que maintenant c'est toi qui me reproches d'obéir aux ordres. Pardonnes-moi mais c'est toi qui n'est pas logique, Heero.

Heero ne trouva rien à répondre. Si Duo avait effectivement refusé, il aurait sûrement agi de cette façon. Alors pourquoi maintenant qu'il faisait ce qu'on attendait de lui, il le lui reprochait. Il fallait croire que l'idée que le pilote 02 risque sa vie dans des missions où personne ne pourrait lui venir en aide l'avait fait réagir plus qu'il ne croyait. Il s'inquiétait de son sort alors qu'avant il n'aurait représenté qu'une perte acceptable pour le bon déroulement de l'opération. Choqué par sa propre réaction, Heero se tut et une fois de plus préféra quitter la pièce de peur de dire une bêtise.

- D : Décidément, il n'est jamais content celui-là, grogna-t-il.

- Q : Je crois plutôt que si il a réagi comme ça c'est parce qu'il s'inquiète pour toi, dit l'empathe qui avait ressenti le trouble du japonais.

- D : Quatre, je te rappelle que nous parlons de Mr Heero-je-n'ai-aucun-sentiment-Yuy. Si il s'inquiète de quelque chose c'est sûrement qu'il a peur que je fasse tout foirer et que lui en bon Soldat Parfait qu'il est soit obliger de réparer les dégâts.

- Q : Non, tu te trompes. Il s'inquiète vraiment pour toi à présent.

Duo espérait que ce soit vrai. D'un côté, ce n'était pas bon pour son plan si le japonais se mettait à faire des difficultés mais de l'autre, le fait de le voir s'inquiéter pour lui le rendait heureux. C'était la preuve que finalement, le Soldat Parfait était capable de sentiment envers une personne et que justement ce soit lui qui en soit l'objet lui faisait vraiment plaisir. Avec un peu de chance, ils finiraient par devenir ami et il avait hâte que cette guerre se termine pour pouvoir le vérifier. Ce fut donc le coeur rempli d'un nouvel espoir que Duo allait se consacrer à l'accomplissement de son plan.

Tsuzuku...


Duo mets en place son plan mais parviendra-t-il à donner le change longtemps sous le regard soupçonneux de son coéquipier ? Finira-t-il par être découvert et par qui ? Réponse au prochain chapitre. Please reviews !!!