- Titre : Les yeux du coeur

- Auteur : Shinigami's Bride

- Genre : Romance, yaoï

- Couple : 2x1, 4x3, 2+5, 5x?

- Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne m'appartiennent pas, l'histoire appartient à l'auteur Shinigami's Bride.


Chapitre 6

Une nuit dans un vaste désert, la lune dissimulée derrière de gros nuages noirs, deux hommes avançaient lentement, l'un soutenant l'autre. Cela faisait un long moment qu'ils marchaient sans s'arrêter, la fatigue commençant ses premiers affres. Au bout d'un moment, ils arrivèrent en vue d'une cabane. Le porteur soupira de soulagement tandis que l'assisté gémit. Le nuage qui couvrait la lune fit place à l'astre de la nuit, révélant à la lumière que l'assisté possédait une longue natte châtain et un regard améthyste perdu dans le vide. Duo, car c'était bien lui, agrippa la veste de son partenaire qui le soutint tout le reste du chemin. Une fois à l'intérieur de la maisonnette, le natté fut déposé sur un fauteuil pendant que l'autre s'affairait à allumer un feu dans la cheminée. Quand sa tâche fut accompli, il se tourna vers son compagnon qui fixait toujours le vide devant lui, ne sachant où porter son regard. Son coeur battait la chamade et il appréhendait ce qui allait bientôt se passer. Le porteur s'agenouilla face à lui et lui prit le menton pour porter son regard dans ses yeux vide d'expression :

- Maintenant tu vas tout m'expliquer et je ne supporterai aucun mensonge de ta part, dit-il sur un ton catégorique.

Le natté déglutit péniblement en sentant le regard brûlant de son équipier sur lui. Comment allait-il lui expliquer la situation ? Et surtout comment allait-il le prendre ? Il y a deux jours tout allait pourtant très bien pour lui...

/Flashback/

- Pfiou ! Quelle journée !

Duo venait de rentrer d'une nouvelle mission lorsqu'il dit ces mots en poussant la porte de l'appartement qu'il partageait avec Heero et Trowa. Deux mois qu'il travaillait désormais seul et qu'il voyait ses compagnons en coup de vent. Ça le rendait triste mais il savait que c'était la meilleure chose à faire pour préserver son secret. Jusque là, il était parvenu à cacher les premiers effets de sa maladie. Il avait remarqué que sa vue commençait à devenir plus sombre. Rien de grave, seulement 1 ou 2 degrés de luminosité en moins. Pour un spécialiste des attaques de nuit tel que lui, cela n'avait pour l'instant rien de contraignant. Sa bonne étoile voulut qu'il ne fasse pas de crise ni en mission, ni devant ses camarades lorsque ceux-ci étaient présents, parvenant toujours à les anticiper. Il avait réussi à éviter le pire même si aujourd'hui cela avait bien faillit arriver. Alors qu'il venait d'accomplir avec succès sa mission qui consistait à s'introduire dans une base militaire appartenant à Oz pour y dérober les plans d'un canon laser, sur le chemin du retour, une douleur fulgurante le prit alors qu'il était entrain de fuir aux commandes de son gundam. La souffrance fut tellement forte qu'il dut se poser en catastrophe dans un ravin pour dissimuler son gundam. Une fois l'armure atterri, il put se soigner sans craindre d'être détecter et repartit dés que son traitement fit effet. Si cette crise était survenue quelques minutes plus tôt, il aurait sans doute été dans l'impossibilité de réussir sa mission et peut-être même se serait-il fait capturer sans pouvoir se défendre. Il avait vraiment eu chaud sur ce coup. A présent, il serait en sécurité dans ce petit appartement qu'il habitait avec ses deux compagnons au milieu de la banlieue parisienne. Lorsqu'il passa la porte, il trouva les deux pilotes au salon. Ils étaient assis sur le canapé dos à lui, la table basse était recouverte de plans de bâtiments, et sûrement étaient-ils entrain de revoir les derniers détails de leur prochaine mission. Trop absorber dans leur travail, ils ne firent pas attention à lui et le natté s'empressa de réparer cette injustice.

- D : Coucou ! Papa est à la maison ! s'écria le natté.

- H : Baka.

- T : Bonjour Duo, répondit-il d'un ton détaché.

- D : J'espère que vous n'avez pas fait trop de bêtise en mon absence.

- H : Tu es en retard, grogna le japonais.

- D : Sorry Hee-chan, dit-il en lui mettant une main sur l'épaule, mais j'ai eu un petit ennui sur le chemin du retour. Rien de grave mais j'ai quand même dû m'arrêter deux-trois heures pour pallier le problème. Bon si vous permettez, je vais aller prendre possession de ma chambre et faire un brin de toilette. A plus tard !

Et avant même que Heero ait eu le temps de lui demander quel genre de problème il avait rencontré, Duo avait disparu dans le couloir menant aux chambres. Dés qu'il eut claqué la porte, le japonais poussa un profond soupir qui ne passa pas inaperçu pour son ami à la mèche.

- T : Il te manque, pas vrai ?

- H : Mêles-toi de tes affaires, Trowa. De toute façon, tu as tord. Ce baka ne me manque pas du tout. Plus il est loin de moi, mieux je me porte.

- T : Heero. Tu peux faire croire ça à qui tu veux mais pas à moi. Je te connais mieux que tu ne le penses et chacune de tes réactions chaque fois que tu le vois ou que tu entends son nom dans une conversation me dit qu'il te manque. Il y a quelques temps encore, vous étiez inséparables, toujours fourrés ensemble pour les missions en duo et vous vous êtes retrouvés séparer sans préavis, te poussant inconsciemment à rechercher sa présence à chacun de ses retours de mission.

- H : Qu'est-ce qui te permets d'affirmer cela ? Je n'ai pas conscience d'avoir considérer autrement cet hurluberlu que comme un baka. Je pense l'avoir souvent dit.

- T : Il y a une grande différence entre ce que tu dis et les réactions de ton corps en sa présence. Dés qu'il est là, j'ai remarqué que tes épaules se décrispaient, que tes yeux d'habitude si froid s'illuminaient d'une petite lueur, qu'il t'arrivait de sourire en le voyant plaisanter avec Quatre ou enquiquiner Wufei. Là, je te parle seulement de ce que j'ai vu pendant ces deux derniers mois et si tu doutes encore de ce que j'avance, j'ai vu que tu n'arrêtais pas de fixer la porte avant qu'il n'arrive y a pas deux minutes, que tu as été pris d'un frisson lorsqu'il a mis la main sur toi et enfin le soupir que tu as poussé à l'instant. Alors convaincu ? ajouta-t-il avec un sourire satisfait.

Heero n'en revint pas. Réagissait-il réellement comme ça sans qu'il ne s'en rende compte ? C'était vraiment incroyable. Mais il ne montra rien de son trouble et attaqua de plus bel :

- H : Qu'est-ce que tu insinues par là ?

- T : Je n'insinue rien, j'affirme. Il te manque.

- H : C'est ridicule, conclut-il avant de se tourner vers ses plans.

- T : Comme tu veux. Mais je tiens à te dire que ton obstination à nier est complètement absurde.

Heero n'eut pas le temps de rétorquer que le téléphone sonna. Trowa se leva et alla répondre :

- T : Allo ?

- Allo ! Est-ce que je pourrais parler à Duo, s'il vous plaît ?

- T : Euh... Oui, hésita-t-il à répondre, surpris de parler à une autre personne que l'un des profs. Qui le demande ?

- Kévin, un ami.

- T : D'accord, patientez un instant. Curieux...

Puis il posa le combiné prés du téléphone et alla toquer à la porte de l'américain.

- T : Duo ! Un certain Kévin pour toi au téléphone !

- D : J'arrive ! répondit-il à travers la porte.

Trowa repartit dans le salon et reprit le combiné en attendant l'arrivée du natté. Celui-ci ne tarda pas à faire son apparition, fraîchement lavé et habillé d'un jean noir moulant et d'une chemise noire ouverte de trois quarts qui lui collait à la peau encore humide, laissant entrevoir un torse blanc finement musclé où pendait une croix en argent. Heero écarquilla les yeux en le voyant vêtu ainsi. Jamais il ne l'avait vu habillé de cette façon. Les rares fois où il l'avait vu autrement habillé de son éternelle tenue de prêtre, il portait un t-shirt large et un jean délavé. Là Duo était terriblement sexy dans ce jean qui moulait à la perfection ses fesses, cette chemise qui faisait ressortir son teint d'albâtre et la couleur de ses yeux et sa natte qui se balançait sensuellement dans son dos. Duo était indéniablement beau et il se demanda comment il ne l'avait pas remarqué plus tôt. Sur cette dernière pensée, Heero se gifla mentalement. Il ne pouvait pas le trouver beau, c'était l'un de ses coéquipiers, un compagnon d'arme et de plus un garçon. Il ne pouvait définitivement pas le trouver beau.

Duo passa devant le japonais toujours sur le canapé, ignorant le conflit intérieur qui habitait ce dernier et prit le combiné des mains de Trowa. Celui-ci repartit s'installer aux côtés de Heero pendant que l'américain entamait la conversation.

- D : Duo Maxwell, j'écoute...

- Salut, Duo. C'est Kévin, comment ça va ?

- D : Ça va bien, merci. Et toi, qu'est-ce que tu deviens ? répondit-il d'un ton jovial.

- Je suis actuellement à Paris pour un séminaire qui vient juste de se terminer.

- D : Non, sans déc' ! T'es en ville ?

- Oui, je séjourne au Grand Hôtel et je repars en fin d'après-midi. J'aimerai beaucoup te voir afin de te remettre ton traitement et éventuellement un peu discuter avec toi avant mon départ.

- D : Tu peux pas savoir à quel point ça me ferait plaisir.

Interpellé par ces dernières paroles, Heero se tourna vers Trowa. Le français ayant comprit la question muette de son ami articula ses quelques mots :

- T : Il s'appelle Kévin, c'est apparemment un ami de Duo.

Heero tiqua au mot "ami". En dehors de leur groupe, des Sweepers et d'Hilde, il ne connaissait aucun autre ami au natté. Qui pouvait-il bien être ? Un éclat de voix plus fort que les autres ramena son attention sur le natté.

- D : Okey ! Sans problème ! Dis-moi où et quand ?

- Disons dans trente minutes au café de la Gare.

- D : Compris ! A toute à l'heure, Kév' !

- A tout de suite !

Et il raccrocha, un sourire heureux peint sur son visage. C'était vraiment incroyable que Kévin le contacte au moment où il arrivait à court de sérum et en plus il allait le revoir. Il était enchanté. Sa soudaine euphorie ne passa pas inaperçu aux yeux d'un certain pilote qui s'empressa de le ramener sur Terre.

- H : Qui était-ce ? demanda-t-il d'un ton froid et le fixant d'un regard glacial.

- D : C'était Kévin, un bon ami à moi. Apparemment the Perfect Soldier fait sa petite enquête, que c'est cocasse ! se dit-il tout sourire.

- T : Et qu'est-ce qu'il te voulait ? demanda-t-il, lui aussi pris de curiosité.

- D : Il est en ville pour la journée et m'a demandé de le retrouver quelque part pour discuter, répondit-il du tac au tac.

- H : Et tu comptes y aller ?

- D : Bien sûr ! Je ne vois pas pourquoi je n'irai pas. J'ai fini ma mission donc je suis libre de sortir si j'en ai envie.

Devant cette réponse à la limite de l'impertinence, Heero s'emporta :

- H : Mais tu es vraiment inconscient ! Comment peux-tu perdre ton temps à de pareilles futilités et donner notre numéro à n'importe qui ?

Duo ne comprenait pas la réaction virulente du japonais. Mais il n'admit pas qu'il se permette de le juger ainsi et surtout pas qu'il insulte ses amis. Il se planta devant lui, le saisit par son t-shirt, amenant son visage à 1 centimètre du sien et lui dit sur un ton qu'il s'efforça de garder calme mais tout en lui adressant un regard menaçant :

- D : Primo : Kévin n'est pas n'importe qui pour moi. C'est un ami qui m'est très cher et je t'interdis de l'insulter. Et secundo : sache que si je veux "perdre mon temps", comme tu dis si bien, à discuter avec un ami autour d'un verre, je le ferai avec ou sans ton accord car je suis seul maître de moi-même et que j'occupe mon temps libre comme je l'entends. Et ne me sort pas tes arguments bidons comme quoi tu es celui qui a tout autorité sur nous en l'absence des profs, je ne dépends que du professeur G. Lui seul a droit au chapitre sinon je suis totalement libre de mes actes. Autrement dit Heero Yuy : je t'emmerde !

Et sur ce, il libéra le japonais de sa prise et retourna dans sa chambre pour finir de se préparer. Heero resta complètement figé après son départ, une main crispé sur son torse. Sans le vouloir, son coeur s'était mis à battre furieusement lorsqu'il avait senti le souffle chaud du natté sur son visage. Il ne comprenait pas une telle réaction de la part de son muscle cardiaque et il tentait de le calmer quand il fut sorti de sa transe par son partenaire :

- T : Bravo Heero, ironisa-t-il en applaudissant faiblement. Tu as réussi à te mettre à dos la seule personne qui te considérait autrement que comme un soldat.

- H : Urusei ! gronda le nippon ( tais-toi)

- T : A ton aise mais sache que ce n'est pas bien d'être jaloux.

- H : Jaloux ? Mais je ne suis pas jaloux ! Duo n'est qu'un équipier comme les autres. Il n'y a aucune raison pour que je sois jaloux.

Après cette réflexion Ô combien profonde, Duo ressortit de sa chambre, sa chemise correctement fermée qui désormais le moulait au niveau de la taille, puis il enfila un long manteau de cuir noir (1) et se dirigea vers la porte sans un regard pour ses équipiers. Lorsqu'il fut partit, Heero fixa la porte quelques instants puis n'y tenant plus, attrapa son blouson dans le but de suivre le natté. Trowa tenta de l'en dissuader :

- T : Heero ne fait pas ça, tu sais que Duo risque de ne pas apprécier que tu le suives à son insu.

- H : Je me moque bien de ce qu'il peut ressentir. J'ai besoin de vérifier quelque chose.

Et sur ces mots, il quitta l'appartement, laissant le français seul. Il se hâta de descendre les étages, se doutant que l'américain avait dû opter pour l'ascenseur. Lorsqu'il arriva au rez-de-chaussé de leur immeuble, il eut juste le temps de se glisser derrière un pan de mur au moment même où les portes de métal s'ouvrirent pour libérer le natté. Une fois qu'il fut sorti de l'immeuble, Heero le suivit à bonne distance à travers les rues de la capitale. Au bout de quinze minutes de marche, il le vit se diriger vers un petit café et y entrer. Il s'approcha et se mit à observer l'intérieur par la baie vitrée donnant sur la rue. Là ce qu'il vit lui fit l'effet d'une bombe. A quelques tables de lui, Duo était avec un homme d'environ 30 ans, il devait mesurer dans les 1,85 m, était de carrure à la fois sportive et svelte. Le teint de sa peau et ses caractéristiques faciales lui donnèrent à penser qu'il devait être d'origine européenne, anglais certainement. Il avait les cheveux courts, bruns aux reflets bleutés, plaqués dont quelques mèches lui retombaient sur le front. Il avait également les yeux noirs dissimulés derrière une petite paire de lunettes à monture en acier. Il était vêtu d'un élégant costume marron de grande marque, signe qu'il devait faire parti d'une riche famille ou qu'il devait exercer un métier influant. En voyant Duo arriver, l'homme se leva de sa chaise et étreignit le jeune homme chaleureusement. Duo répondit à l'étreinte avec la même ferveur, un sourire rayonnant sur son visage. Rien d'extraordinaire pour deux amis qui viennent de se retrouver se dit-il. Mais alors pourquoi avait-il subitement cet étrange déchirement au niveau du coeur en les voyant s'étreindre. Après leur embrassade, les deux amis s'installèrent à leur table, une serveuse vint aussitôt prendre leur commande. Il resta là à les observer pendant presque deux heures, de sa cachette il ne pouvait pas clairement lire sur leurs lèvres, la visibilité étant très réduite. Tout à coup, Duo se leva et invita son ami à en faire de même. Heero se cacha derrière un panneau publicitaire et les vit sortir du café côte à côte. Il les suivit sur quelques mètres jusqu'à ce que l'homme hèle un taxi et s'y engouffre avec le natté. Le japonais ragea de ne plus pouvoir continuer sa filature avant de décider de retourner à l'appartement. Lorsqu'il rentra, Trowa était toujours au salon entrain de lire un livre et à sa vue il l'interrogea du regard. Il lui raconta ce qu'il avait vu et ce dernier ne fronça même pas un sourcil tout le temps que dura le récit du nippon. Le français soupira intérieurement. Son ami ne s'apercevait même pas que c'était la jalousie qui l'avait conduit à agir de la sorte et il se demanda qui était vraiment le baka dans cette histoire.

Deux heures plus tard, le natté refit son apparition dans l'appartement, très détendu. Le japonais fit semblant de l'ignorer, feignant de lire le journal quand celui-ci s'assit à côté de lui en soupirant d'aise. Trowa, qui à ce moment-là était dans la cuisine, rejoignit les deux pilotes au salon avec une cafetière et trois tasses à café.

- D : Thanks ! dit-il en prenant sa tasse.

- T : De rien. Alors comment s'est passé ton rendez-vous ?

- D : Très bien, répondit-il puis il but une gorgée. On a bu un verre, on a discuté puis on s'est un peu baladé. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas offert un petit moment de détente, je l'ai donc grandement savouré.

- H : Épargnes-nous les détails, intervint le nippon. Ça n'intéresse personne ce que toi et ton ami avez pu faire de votre temps.

- D : Vraiment ?! ironisa-t-il. J'aurai pourtant juré que toi ça t'intéressait.

- H : Et bien tu t'es trompé.

- D : Soit, dit-il en finissant sa tasse.

Puis le natté se leva et se dirigea vers sa chambre mais arrivé dans le couloir il se stoppa juste le temps de dire à son équipier sur un ton aussi froid que le sien :

- D : Au fait, Hee-chan. La prochaine fois que tu me suis, je t'en colle une.

Et il reprit sa marche sans se retourner. Heero faillit faire tomber sa tasse sous la surprise et Trowa eut un sourire en coin en le voyant. Duo et Heero ne s'adressèrent plus la parole jusqu'au départ de ce dernier pour sa mission. Quand il fut enfin seul, Duo sortit la mallette, donnée par son médecin avant son départ pour l'aéroport, qu'il avait dissimulé sous son manteau et la rangea dans ses affaires. Il se remémora sa sortie avec le Dr Evrett qui lui avait vraiment fait un bien fou. Depuis le début de son traitement, ce dernier lui demandait souvent de ses nouvelles par mail, ils avaient fini par sympathiser et le médecin se conduisait maintenant envers lui comme un grand frère. Kévin, comme il l'appelait maintenant par son prénom, était vraiment quelqu'un de fantastique, il était sérieux, attentionné, très protecteur avec les personnes qu'il aime et toujours prêt à aider son prochain. Il avait appris depuis quelques temps qu'il faisait du bénévolat dans une clinique pour les gens qui n'ont pas les moyens de se payer un médecin. En y pensant, Duo se dit que si tous les médecins étaient comme lui, Solo serait sûrement encore en vie aujourd'hui. Il s'était même surprit à parler de lui à Kévin dans le café, alors qu'il n'en avait jamais parler à personne auparavant. Seule ombre au tableau de cette journée, ce fut lorsqu'il s'était aperçu que le japonais l'avait suivi au hasard d'un reflet. Ça l'avait à la fois beaucoup peiné mais aussi mis très en colère car il comprenait à présent qu'il ne lui faisait pas confiance et il avait dû user de tout son self-control pour ne pas le frapper comme il l'avait menacé de le faire.

Quelques temps plus tard, alors que Duo était entrain de battre son record sur son dernier jeu vidéo, un grand fracas retentit dans l'appartement. Il eut juste le temps de sortir son arme et de faire face à la porte d'entrée quand il vit la cause du bruit. Wufei venait d'entrer d'un coup de pied dans la porte et soutenait Quatre inconscient, une main sur sa hanche et le bras du blond autour de ses épaules. Aussitôt, Duo se trouva auprès d'eux et aida Wufei à conduire l'arabe dans sa chambre.

- D : Que lui est-il arrivé ?

- W : On venait de finir notre mission quand Winner a été pris d'excès de fièvre. J'ai fait ce que j'ai pu pour le soigner mais la fièvre n'a pas baissé.

- D : Allongeons-le.

Le chinois obéit et ils allongèrent le blond sur son lit. Duo prit sa température. Celle-ci frôlait les 41°C. Il fallait absolument la faire baisser. Il demanda au chinois d'aller lui préparer un bain froid pendant qu'il le déshabillait. Puis le chinois revint dans la chambre et ensemble ils transportèrent le malade dans la salle de bain. Après l'avoir immerger dans l'eau froide un petit moment, ils le séchèrent puis Duo l'habilla de l'un de ses pyjamas pendant que Wufei était parti appeler Sally. L'appel terminé, il revint dans la chambre avec une bassine d'eau et un linge. Duo rallongea Quatre sur le lit et le recouvrit d'une couverture. Ensuite il prit le linge qu'il plongea dans l'eau avant de le déposer sur le front brûlant de son ami. Wufei le regarda faire, étonné de voir l'américain si concentrer dans sa tâche.

- D : Que t'a dit Sally ? demanda le natté, coupant le chinois dans sa contemplation.

- W : Elle sera là dans deux heures, répondit-il aprés avoir repris ses esprits.

- D : Racontes-moi tout, Wufei. Comment cela a-t-il pu se produire alors que tu étais tout le temps avec lui ?

Le chinois tiqua à l'emploi de son prénom. Maxwell ne l'avait jamais appelé par son vrai patronyme et s'en était troublant. Wufei s'assit à côté de lui sur le lit.

- W : A vrai dire, je ne sais pas moi-même comment c'est arrivé. Tout se passait normalement, la mission était facile d'exécution et nous n'avons rencontré aucun problème. Puis sur le chemin du retour, j'ai remarqué qu'il transpirait beaucoup et je lui ai demandé si il allait bien. Il m'a répondu que oui et je n'y ai plus fait attention avant qu'il ne me tombe dans les bras dix minutes plus tard.

- D : Et tu n'avais rien remarqué avant ça ?

- W : Non, soit c'est survenu assez rapidement, soit Winner est un trés bon comédien.

A ces mots, Duo reporta son regard sur son ami. Celui-ci était toujours inconscient, les joues rougies par la fièvre, et transpirait à grosse goutte. Il ne pouvait pas être tomber malade aussi brusquement, il devait ressentir les premiers symptômes depuis un moment déjà. Il se maudit de ne pas s'en être aperçu avant mais comme ils étaient rarement ensemble à présent, il n'avait rien vu. Cette situation le ramena des années en arrière, à la nuit tragique où Solo est mort dans ses bras vaincu par la maladie. Il sentit son coeur se tendre tellement il était angoissé à l'idée que son ami subisse le même sort. Wufei sembla remarquer le regard empli de tristesse du natté et posa une main réconfortante sur son épaule.

- W : Ce n'est pas ta faute.

Duo fut trés étonné de ce geste. Jamais le chinois n'avait eu ce genre d'attitude envers lui, ni avec aucun autre d'ailleurs. Finalement il n'était pas aussi insensible qu'il voulait le faire croire. Les deux pilotes restèrent au chevet du blond jusqu'à ce que leur médecin arrive. Pendant que Sally l'auscultait, Duo et Wufei attendaient au salon, assis l'un à côté de l'autre. L'américain avait le front posé sur ses deux mains jointes comme pour faire une prière et fermait les yeux, ne les ouvrant que pour regarder la porte close. Wufei s'était adossé au fauteuil, les bras croisés sur sa poitrine et regardait son voisin d'un air compatissant. Lorsqu'ils entendirent la porte de la chambre s'ouvrir, ils se levèrent en même temps, se frôlant légèrement, et Duo se précipita sur Sally pour demander des nouvelles.

- S : Ce n'est pas trop grave mais il va devoir garder le lit pendant au moins une semaine.

- D : Merci mon Dieu... soupira le natté, rassuré.

A ce moment le téléphone sonna et Wufei alla répondre.

- W : Chang... Oui... Hum hum... Oui... Non, Winner est allité pour une semaine... Hum hum...Bien reçu.

Et il raccrocha.

- D : Qui c'était ?

- W : C'était les Mads. Il était prévu que Winner et moi allions détruire une base ennemie au sud du Montana. Je leur ai expliqué la situation et ils ont décidé que tu le remplacerais.

- D : QUOI ??? Mais quand ?

- W : Nous devons partir dés demain.

- D : Mais c'est impossible ! Heero et Trowa sont partis pour trois jours et quelqu'un doit rester auprés de Quatre, ajouta-t-il, essayant de trouver une excuse pour refuser.

- S : Moi je peux rester, dit-elle ce qui attira l'attention des pilotes sur elle. Ca ne me pose aucun problème, il faut juste que je récupère quelques affaires.

A ces mots, le natté se tendit et commença à angoisser. Deux mois qu'il n'avait plus fait équipe avec quelqu'un, sa peur d'être découvert revint au triple galop et il craignait de ne pas réussir à gérer. Si jamais il faisait une crise pendant la mission, comment ferait-il avec Wufei à ses côtés ? C'était un gros risque à prendre. Mais si il refusait cette mission, cela pourrait mettre la puce à l'oreille du chinois et celui-ci ne le lâcherait sûrement pas avant d'avoir la raison de son refus. En conclusion, il n'avait donc pas le choix.

- D : Dans ce cas...La mission est acceptée, hésita-t-il à répondre.

C'est comme ça qu'il se retrouva au beau milieu du désert du Montana, une terre aride presque vierge de végétation, si on omet les quelques cactus disséminés un peu partout, et truffée de plate-formes rocheuses. Wufei et lui avait établi leur planque dans une petite cabane situé à bonne distance de la base. Une fois la nuit tombée, tous deux s'infiltrèrent à l'intérieur des locaux sans se faire remarquer. Le chinois surveillait les alentours pendant que l'américain disposait quelques charges explosives qui leur promettaient un beau feu d'artifice. Lorsque la dernière charge fut posée, Duo se dirigea vers la sortie, progressant à pas feutré dans les couloirs obscurs. Alors qu'il se retrouvait dans un énième couloir, il entendit les pas d'une patrouille se diriger vers lui. Shit !!! furent les mots qu'il pensa à ce moment-là mais bon, puisque la base allait sauter, autant abréger leurs vies tout de suite. Jouant sur son sens aiguë de la discrétion à la Maxwell, il se calfeutra dans un coin sombre et attendit le passage des deux soldats, son poignard à la main. Ceux-ci passèrent tranquillement devant lui sans le voir, et au moment où ils commençaient à s'éloigner, Duo se glissa furtivement derrière eux et d'un geste vif, il trancha la gorge du premier soldat qui s'écroula, répandant une mare de sang sur le sol. Le deuxième eut à peine le temps de se rendre compte de ce qui venait de se produire qu'il se retrouva avec le poignard du natté planté en plein coeur. Il eut un hoquet de douleur avant de rejoindre son collègue au sol. Duo ne voulut pas perdre plus de temps, Wufei devait l'attendre et il le savait difficilement patient. Il détourna les yeux du spectacle des deux cadavres et s'apprêta à rejoindre l'extérieur, quand tout à coup, tout devint noir. Sur le coup, Duo ne comprit pas ce qu'il se passait mais la douleur qui commençait à naître à l'intérieur de sa tête lui enleva tous ses doutes. Il faisait une crise.

- D : Oh non... Pas maintenant !

Il essaya de rester calme, la panique ne lui servirait à rien dans sa situation. Tentant de canaliser son attention sur autre chose que sa douleur, il rechercha de sa main le mur prés de lui. A son contact, il commença à avancer, lentement mais sûrement. Lorsqu'il arriva à une intersection, il essaya de se remémorer le chemin à suivre et s'engoufra dans le couloir à sa gauche. Ce petit manège se renouvela pendant deux bonnes minutes mais au bout d'un moment, la douleur se fit trop forte et il se laissa glisser contre le mur, les mains encerclant son crâne.

- D : Oh my God ! J'ai trop mal... Par pitié, que quelqu'un me délivre de cette souffrance, je ne peux plus le supporter.

Soudain il entendit des bruits de pas dans le couloir voisin. Pensant sa dernière heure arrivée, Duo se releva péniblement et serra son poignard, prêt à se battre jusqu'au bout. Lorsque son inconnu arriva prés de lui, il brandit son poignard dans sa direction mais son poignet fut intercepté par une main ferme et il entendit la voix de son assaillant :

- W : Maxwell ! Je peux savoir ce que tu fous et pourquoi tu essayes de me tuer ?

Wufei... C'était Wufei. Si il avait pu exprimer sa joie à ce moment-là, il aurait volontier hurler tant il était heureux. Mais sa maladie tint à se rappeler à lui, ses jambes ne parvinrent plus à le porter et il sentit sa tête rejoindre dangereusement le sol. Mais sa chute fut stoppé par les deux bras puissants de son partenaire qui avait réagi au quart de tour.

- W : Maxwell !!! Qu'est-ce qui t'arrive ? Réponds-moi, bon sang ! Duo !!!

Le natté réagit à l'emploi de son prénom. Il tenta de se relever mais il tituba en essayant de retrouver son équilibre et il s'agrippa aux épaules du chinois pour ne pas tomber. Il se serra contre lui et lui souffla à l'oreille :

- D : Sorry, Wufei... Mais tu vas devoir encore une fois jouer les gardes-malades... Je suis complètement aveugle et je n'ai plus la force de me déplacer... Help me, please...

Wufei ne comprenait pas ce qu'il arrivait à l'américain et voulut qu'il le lui explique mais des éclats de voix venant dans leur direction l'en dissuadèrent. Il passa le bras droit de l'américain autour de ses épaules, agrippa fermement sa hanche gauche et se mit à courir aussi vite qu'il le pouvait vers la sortie. Une fois à l'extérieur, il sentit le natté chercher quelque chose dans sa poche. Il entendit un petit bip suivi de plusieurs explosions. La base était en feu et les soldats rescapés couraient dans tous les sens, complètement paniqués. C'était un incroyable spectacle, encore une sortie explosive à la Duo Maxwell se dit le chinois. Profitant de la panique générale, ils quittèrent la base et s'engouffrèrent dans la nuit noire.

Aprés deux heures de marche, ils étaient enfin revenus à leur planque. Wufei reposa l'américain sur le canapé et s'activa d'allumer un feu dans la cheminée. Quand il eut fini, il se tourna vers son coéquipier. Celui-ci avait les yeux rivés sur lui mais ne semblait pas le voir. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer dans la base pour qu'il soit dans cet état ? Décidé d'avoir les réponses à ses questions, il s'avança vers lui, il s'agenouilla pour être à son niveau et prit son menton entre ses doigts pour diriger son regard vers lui.

- W : Maintenant tu vas tout m'expliquer et je ne supporterai aucun mensonge de ta part.

/Fin du flashback/

A présent, l'heure de vérité était venu pour le natté. Il prit une profonde inspiration et débuta ce qui allait sûrement être le plus long récit qu'il ait jamais eu à faire.

- D : Trés bien, Wufei. Je vais tout te dire. Et bien voilà...

Tsuzuku...


Voilà, l'heure des confidences est arrivée. Comment Wufei va prendre les révélations de Duo ? Réponse au prochain chapitre. Please, reviews !!!