- Titre : Les yeux du coeur

- Auteur : Shinigami's Bride

- Genre : Romance, yaoï

- Couple : 2x1, 4x3, 2+5, 5x?

- Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne m'appartiennent pas, l'histoire appartient à l'auteur Shinigami's Bride.

- Petit mot de l'auteur : Et un chapitre 8, un ! Je n'aurais jamais cru aller aussi loin dans cette fic. Je remercie Catirella, Iroko, Yaone-kami, Shini-cat, x-shinigami-x, C Elise et tous les autres pour leur soutien et j'espère que ce nouveau chapitre vous satisfera.

Bonne lecture !


Chapitre 8

Palais Peacecraft, royaume de Sank, 4 mois plus tard :

Ça y est. La guerre avait enfin trouvé sa conclusion avec la mort du général Treize Kushrenada. Oz avait capitulé et les troupes furent démobilisées. En cette occasion, une grande cérémonie avait été organiser par une Réléna plus que pompeuse aux dires d'un certain natté américain. Les cinq pilotes héroïques furent remercier de leur participation au moyen d'une médaille et de grand merci de la part de la nation de Sank. Ce soir-là, une grande fête allait avoir lieu au palais Peacecraft. Les g-boys, après avoir été joyeusement glorifiés pour leur bravoure au combat, vivaient actuellement dans le palais de Réléna, celle-ci leur ayant offert l'hospitalité. En ce jour de fête, tout le monde s'activait pour achever les derniers préparatifs. A peine une heure avant le début des festivités, tout était prêt. Il ne manquait plus que les invités.

- Chambre de Duo Maxwell, heure H -

Alors qu'il venait de finir de nouer sa cravate, Duo se regarda dans le miroir de sa chambre. Il avait revêtu pour l'occasion un magnifique costume trois pièces noir avec des broderies dorées sur le gilet, une chemise blanche et une cravate noire assortie. Il avait coiffé ses cheveux en une tresse haute qui lui partait du haut du cuir chevelu jusqu'au milieu du dos. Pour faire court, il avait vraiment la classe. Malheureusement, il ne pouvait parfaitement jouir de son reflet, sa silhouette lui apparaissait terriblement sombre à présent. La maladie avait bien avancé et, selon les dires de Kévin, c'était bientôt la fin. Il posa sa main sur la surface froide du miroir et soupira. Devait-il mettre ses équipiers au courant maintenant que la guerre était fini ? Devait-il se déclarer à Heero même si celui-ci s'était montré très froid envers lui ces derniers jours ? Il était en proie à de sérieux doutes lorsqu'il entendit quelqu'un frapper à sa porte et une voix qu'il connaissait très bien :

- W : Duo ? Tu es prêt ?

Duo sourit en reconnaissant la voix de son ami. Ce cher Wufei ! Il lui devait tellement. Il ne l'avait pas abandonné pendant ces quatre mois qui avaient suivis la découverte de son secret. Un flot de souvenir lui revint en mémoire. Les petits moments complices qu'ils avaient eu rien que tous les deux, les petites chamailleries afin de détourner l'attention des autres pilotes quand il allait faire une crise, les grandes discussions qu'ils avaient eu entre deux missions et enfin les entraînements "spéciaux" du chinois. Wufei avait beaucoup insisté pour l'aider à contrôler les effets secondaires de sa maladie. Il lui avait pour cela enseigner ses techniques de combat, transmise uniquement dans son clan, l'art de la méditation afin de canaliser son énergie et enfin s'habituer à l'obscurité avec un bandeau sur les yeux pour mieux amplifier ses autres sens ainsi qu'obtenir les premiers réflexes. Sans lui, tout le monde se serait vite aperçu qu'il ne voyait presque plus rien. Maintenant, même s'il ne pouvait plus se reposer entièrement sur ses yeux, ses autres dons l'aidaient beaucoup à ne pas trébucher ou à éviter les obstacles. Il arrivait à se créer une image de son environnement dans sa tête au point de ne plus avoir besoin de ses yeux. Il lui arrivait même de prévoir certains mouvements avant qu'ils n'arrivent, très utile pour les combats au corps à corps. Il sourit d'avantage au souvenir d'un combat face à son "maître" dont il était sorti victorieux et ce, les yeux bandés. Il avait puisé dans toutes ses ressources pour gagner et sa victoire était la preuve que cet entraînement avait porté ses fruits. Wufei l'avait beaucoup félicité et, depuis, il n'avait plus jamais perdu un combat contre lui se dit-il malicieusement. Mais cela n'empêchait pas le fait qu'il risquait dangereusement sa vie lorsqu'il pilotait son Deathscythe, ses dons n'étant utiles qu'au combat à mains nues. Il en avait vu du pays lorsqu'il avait piloté son gundam pendant la bataille finale alors que tous, c'est-à-dire Papy G, Kévin et Wufei, le lui avaient interdit. Il avait eu droit à un regard sévère de son mentor, des sermons de son médecin et une sacrée engueulade avec son ami. Il ricana un peu en revoyant le visage rouge de colère de Wufei le menaçant de son sabre et courant après lui dans tout l'hôpital. Que de bons souvenirs. Un autre coup à la porte le ramena à la réalité et il s'empressa de répondre à son équipier :

- D : C'est bon, Wufei. Tu peux entrer !

A ces mots, la porte s'ouvrit et le chinois apparut dans un magnifique costume de cérémonie de son pays natal, rouge avec un dragon blanc brodé sur le torse. Pour le peu qu'il pouvait voir, Duo fut agréablement surpris de le voir habiller d'une autre couleur et de façon aussi élégante.

- D : Et bien, tu t'es enfin décidé à changer ta garde de robe ! ricana-t-il gentiment. Tu es superbe dans cette tenue, mon ami.

- W : Merci. Mais tu n'es pas mal non plus dans ton genre, répondit-il avec un sourire mi-séducteur, mi-provocateur.

Duo lui sourit tendrement et reporta son attention sur son reflet. Il remit une mèche qui s'était échappée de sa natte derrière son oreille et poussa un soupir à fendre l'âme.

- W : Qu'est-ce qu'il y a Duo ? Quelque chose ne va pas ?

- D : Non, rien. C'est juste que j'ai encore un peu de mal à réaliser que cette guerre est enfin finie et que je n'aurais plus à me battre. J'ai un peu peur que le manque d'action me fasse regretter de ne pas être tomber au combat comme beaucoup de soldats.

- W : Je vois ce que tu veux dire, approuva-t-il. Moi aussi, j'ai un peu de mal à m'y faire.

- D : Oui mais nous avons atteint notre but. J'ai vu Oz tomber sous mes yeux et, toi, tu as eu ta revanche sur Kushrénada. Nous avons fait ce que l'on attendait de nous, nous sommes libres à présent. Mais...

- W : Mais tu te demandes si tu es enfin libre de tout avouer aux autres, continua-t-il à sa place.

- D : On ne peut rien te cacher ! fit-il d'un ton légèrement amusé.

Wufei s'approcha de lui et mit sa main sur son épaule pour montrer son soutien.

- W : Tout se passera bien.

- D : Oui... souffla-t-il. Tu as sans doute raison. Et il est vrai que je ne suis pas le seul à devoir faire des révélations ce soir. Pas vrai, mon ami ? lui dit-il en le fixant dans les yeux avec malice.

- W : Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit le chinois en se détournant.

- D : Je parle du fait que tu m'avais promis haut et fort que si je me confessais ce soir, tu irais déclarer ta flamme à un certain "Baron de la Foudre".

Wufei frissonna à l'évocation de ce nom et sentit le rouge lui monter aux joues. Duo jubilait de voir son ami si émotif dés qu'on osait parler de Zechs Merquise, nouvellement renommé Milliardo Peacecraft. Voilà encore une chose qu'ils avaient en commun. C'était pendant l'une de leur discussion que Duo avait avoué à Wufei être amoureux de Heero, un peu à contre coeur. Et comme pour le rassurer, son ami lui avait confessé son penchant pour Zechs. Cette révélation les avait encore plus rapproché. Voyant le fier dragon complètement perdu, il se rapprocha de son ami et passa un bras autour de ses épaules.

- D : Ne t'en fais pas Wufei ! Zechs est un homme très ouvert. Je suis sûre que même s'il ne ressent pas la même chose pour toi, il ne te repoussera pas comme tu semble le craindre.

- W : Tu en as de bonnes, toi, railla-t-il. Je te ferai remarquer que ce n'est pas moi qui suis amoureux de mon coéquipier depuis plus d'un an et qui n'a jamais osé le lui dire.

- D : Sauf que moi, j'ai déjà la certitude qu'il ne ressent pas la même chose pour moi alors que toi, tu n'en sais rien. Votre argument tombe à l'eau, maître Chang !

- W : Mouais, dit-il peu convaincu.

- D : Ça me fait penser qu'il serait temps de passer à l'offensive en ce qui concerne nos petits tourtereaux pas fichus de se déclarer.

- W : Toi, tu as déjà un plan en tête. Je me trompe ?

- D : Pas du tout ! D'ailleurs, je vais avoir besoin de ton aide dans mon entreprise. Tu es avec moi ?

- W : Et plutôt deux fois qu'une !

A ce moment-là, ils entendirent quelqu'un frapper à la porte de la chambre et la voix bien connue de leur coéquipier.

- Q : Duo ! Wufei ! Vous venez, on vous attend !

- D : Oui, Quat-chan ! On arrive !

Et c'est sur un sourire entendu que les deux amis quittèrent la chambre de l'américain et entreprirent de rejoindre la salle de bal. Lorsqu'ils arrivèrent à destination, une grande foule était déjà réuni aux quatre coins de la pièce. Beaucoup de politiciens, de riches hypocrites, comme dirait Duo, débattaient sur la marche à suivre pour remettre le monde dans la bonne voie pendant que quelques couples valsaient au rythme de la musique. Une soirée ennuyeuse en perspective se dit le natté. Après un dernier regard sur son partenaire, il prit son courage à deux mains et tous deux se jetèrent dans la fosse aux serpents. Ils évoluèrent dignement au milieu de la foule, recevant sans broncher félicitations et éloges de la part des principaux dirigeants du monde libre. Ce qu'ils ignoraient, c'était le regard insistant d'un certain japonais aux yeux cobalt qui les fixait depuis l'autre bout de la salle. En effet, vêtu d'un costume japonais bleu sombre, Heero ne les avait pas quitté des yeux depuis leur apparition. Comme à son habitude, il ne put réprimer ce sentiment d'amertume et de rage qu'il avait chaque fois qu'ils les voyaient ensemble. Auparavant, les voir proches ne lui procurait pas autant de sensations. Mais tout ça avait changé le jour où en rentrant de mission, il les avait trouvé tous les deux dans les bras l'un de l'autre dans la chambre du chinois. A partir de ce jour, il lui était apparu que ses deux équipiers entretenaient une relation plus qu'amicale et un sentiment proche de l'aversion s'était développé en lui. Il en était à ruminer toute sa colère contre les deux "amants" lorsque Trowa, habillé d'un costume d'un vert identique à celui de ses yeux, vint le sortir de ses sombres pensées.

- T : Tu t'amuses ?

- H : Mortellement, comme tu le vois, maugréa-t-il en prenant un verre de champagne qu'un serveur lui tendait.

- T : Il y a Réléna qui te cherche partout.

- H : Et bien, elle continuera de me chercher, répondit-il en buvant son verre d'une seule traite. Je suis vraiment pas d'humeur à supporter ses niaiseries ce soir.

- T : Je vois ça. Qu'est-ce qui te mine à ce point ?

- H : Rien.

- T : Oh ! Et est-ce que ce "rien" n'aurait pas une longue natte châtain et des yeux améthystes par le plus grand des hasards ?

Heero ne répondit rien et préféra reprendre un verre de champagne. Trowa s'exaspéra de l'attitude de son ami. Pourquoi fallait-il qu'il soit aussi aveugle à ses propres sentiments ? Il est vrai que son entraînement ne l'avait pas habitué à ressentir, mais aujourd'hui, s'il faisait fi de ses émotions, ce n'était pas par incompréhension mais plutôt parce qu'il s'obstinait à ne pas vouloir les voir. Il ne put tenter d'insister auprès du pilote 01 car Quatre vint les rejoindre en compagnie de Hilde. Le jeune arabe avait revêtu un magnifique smoking blanc, un noeud papillon noir qui mettait en valeur la pureté de sa tenue et des chaussures du même blanc. Hilde était vêtue d'une belle robe bleu ciel dont le décolleté en V dessinait à la perfection ses frêles épaules.

- Q : Belle soirée !

- T : Oui, magnifique, dit-il d'une voix suave qui fit frissonner l'ange blond.

- Hil : Bah alors Heero ! Réléna te cherche partout depuis au moins une heure. Tu devrais aller la voir avant qu'elle n'envoie un commando à ta recherche ! ricana l'allemande.

- H : Hn !

- Hil : Désolé, moi pas comprendre. C'est un Hn "oui" ou un Hn "non" ?

Heero se tendit en entendant cette question qu'il avait l'habitude d'entendre dans la bouche du pilote 02. Pourquoi pensait-il à lui aussi facilement ? Il n'eut pas le temps de trouver une réponse que le concerné vint se joindre à eux.

- D : Bon sang ! Ce qu'ils peuvent m'énerver tous ces hommes politiques à parler comme si c'était eux qui avaient gagnés la guerre. Je sais pas si je vais réussir à me contrôler longtemps face à autant de sourires hypocrites.

- Q : Fais un effort, Duo. C'est désormais à eux de s'arranger pour que la paix perdure. Un éclat de ta part pourrait mettre à mal les relations diplomatiques du royaume de Sank avec les autres pays.

- D : Je sais, râla le natté. Inutile de me le rappeler, Papy G m'a déjà fait la leçon.

- T : Où est Wufei ? Il n'était pas avec toi ?

- D : Si mais Lady Une a tenu à lui parler seul à seul. Je suis prêt à parier qu'elle compte tout faire pour qu'il accepte d'entrer chez les Preventers. Je lui souhaite bien du courage.

- Hil : Pourquoi ? Wufei n'a pas envie de rentrer dans la Police Préventive ?

- D : Je ne sais pas. A vrai dire, il ne m'a jamais dit ce qu'il comptait faire une fois la guerre terminée. Vous non plus d'ailleurs, dit-il en fixant un à un ses équipiers.

- Q : En ce qui me concerne, j'ai l'intention de reprendre la direction de l'entreprise familiale. Je me doute que ce n'est une surprise pour personne.

- T : Moi, je ne sais pas encore. J'hésite entre rentrer chez les Preventers et rejoindre Catherine au cirque.

La simple évocation du nom de la jeune fille et la possibilité d'être séparer de Trowa eurent l'effet d'un coup de poignard dans le coeur de l'empathe. Il ne voulait pas que le français parte loin de lui mais il ne pouvait pas non plus le retenir sans une bonne raison. Duo devina le désarroi de son ami suite à la réponse du français et s'empressa de changer d'interlocuteur.

- D : Et toi, Hilde baby ! Que vas-tu faire ?

- Hil : J'ai déjà reçu une offre de la part du Colonel Une pour faire partie de l'équipe technique. Je crois que je vais accepter.

- D : C'est merveilleux ! Félicitations ! J'en suis ravi pour toi !

- Hil : Danke ! répondit-elle tout sourire.

- D : Et toi Hee-chan ! Qu'est-ce que tu vas faire ? Te connaissant, les offres ont dû fuser pour toi.

Heero, qui n'avait pas vraiment suivi la discussion, trop occupé à boire verre sur verre, sursauta en entendant le natté l'appeler par son surnom. N'ayant pas entendu la question, il voulut lui demander de répéter mais il fut interrompu dans son élan par l'arrivée de Wufei. Aussitôt, Duo porta son attention sur lui.

- D : Alors Wufei ! Lady Une a fini par te lâcher ?!

- W : Par pitié, dit-il sur un ton suppliant. Ne me parle pas d'elle ! Cette onna me tenait comme une araignée emprisonnant sa proie dans sa toile. J'ai eu de la chance de m'en sortir avec un "j'ai besoin de temps pour réfléchir" sinon elle ne m'aurait pas laissé partir.

- D : Ça veut dire que tu n'as pas accepté son offre ?

- W : Très franchement, je n'en sais rien. Mais comme je lui ai dit, je vais y réfléchir et si vraiment je n'ai aucune autre option, peut-être j'accepterai.

- D : Pauvre Wufei !

Profitant de l'inattention générale, Heero se retira sans se faire remarquer. Il ne pouvait vraiment plus supporter cette situation. Cependant, quelqu'un s'aperçut de son manège. Quatre, qui avait senti les émotions se bousculer chez le japonais à l'arrivée du chinois, le regarda s'éloigner et ressentit comme un étau se resserrer sur son coeur à cause de la violence des sentiments du pilote aux yeux cobalt. Ayant un peu de mal à retrouver son souffle, il décida de prendre congé de ses amis.

- Q : Veuillez m'excuser ! J'ai besoin d'aller prendre l'air.

Et sans plus attendre, il partit et se dirigea vers l'un des balcons donnant sur le jardin. Trowa le regarda partir avec une pointe d'inquiétude dans le regard. Profitant de l'occasion qui lui était donné, Duo se jeta sur le français, au sens littéral bien sûr, et mit en marche les hostilités.

- D : Trowa, maintenant que nous sommes entre nous, il y a quelque chose que j'aimerai te demander et je voudrai que tu me réponde avec toute l'honnêteté dont tu te sais capable.

- T : Vas-y, je t'écoute, répondit-il, un peu surpris de l'action du natté.

- D : Je n'irai pas par quatre chemins, je vais être bref. Quand vas-tu enfin te décider à te déclarer à notre petit prince du désert ?

Trowa écarquilla aussitôt les yeux de surprise, ne s'attendant pas à une pareille demande de la part de l'américain.

- T : Comment as-tu...

- D : Comment je sais que tu es raide dingue de Quatre ? le coupa le natté. C'est pourtant évident que tu en pinces pour lui. Franchement, je ne vous comprends pas tous les deux. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure que vous êtes fait l'un pour l'autre mais vous êtes tellement timides tous les deux que vous ne vous rendez même pas compte que vos sentiments sont partagés. Un peu d'audace, que diable ! Vas te déclarer et mettez-vous ensemble une bonne fois pour toute, ça nous fera des vacances !

Trowa ne suivit pas vraiment ce que le natté tentait de lui faire comprendre, tout ce qu'il avait réussi à saisir c'était que Quatre éprouvait également des sentiments pour lui. Il n'osait le croire, ce serait trop beau pour être vrai.

- T : Quatre... est amoureux... de moi, fit-il hésitant.

- D : Bravo, Einstein ! T'as trouvé ça tout seul ? ironisa-t-il.

- W : Je suis de l'avis de Duo, intervint le chinois. Moi même qui ne suis pas au fait de ces choses-là, je l'ai aussi remarqué. Si tu veux un conseil avisé de ma part, Barton, je te dirai ceci : fonces !

Mais le français semblait incapable de réagir. Duo et Wufei allait en remettre une couche mais ce fut Hilde qui attaqua à son tour.

- Hil : Qu'est-ce que tu attends ? Notre permission ? Tu l'as alors maintenant tu vas bouger ton cul et allait faire la déclaration du siècle à l'homme de ta vie ! lui dit-elle en le poussant vers le balcon.

Trowa sortit aussitôt de sa transe et, après un sourire de remerciement, se dirigea vers l'endroit où se trouvait son ange blond, sous le regard amusé des trois amis.

- Sur le balcon -

Quatre observait la voûte céleste, un sourire serein peint sur son visage. Les battements chaotiques de son coeur s'étaient calmés et il respirait à nouveau normalement. Il avait vraiment été surpris par la virulence des sentiments du japonais. A tel point qu'il n'avait su dire avec certitude quels étaient leur nature. Retrouvant enfin le contrôle, Quatre ne sentit pas le jeune homme aux yeux émeraudes s'approcher de lui et venir à ses côtés avant que celui-ci ne lui parle :

- T : Est-ce que ça va ?

Quatre sursauta et, par réflexe, posa sa main sur son coeur battant la chamade.

- Q : Trowa ! Tu m'as fait peur.

- T : Excuse-moi, ce n'était pas mon intention.

- Q : Ce n'est pas grave, lui dit-il avec un sourire radieux.

Sous la lueur de la lune, Trowa trouva le jeune arabe encore plus beau. Ses yeux semblaient briller de mille éclats et sa peau satinée était lumineuse, presque fantomatique, lui donnant un aspect féerique, magique. Il était tellement perdu dans sa contemplation qu'il ne se rendit pas compte du regard inquiet que posait sur lui son ange. Ce dernier, voyant son partenaire le regarder de façon étrange, lui demanda :

- Q : Quelque chose ne va pas, Trowa ?

Celui-ci reprit aussitôt ses esprits à l'entente de cette voix qui hantait ses rêves et afficha un sourire ravi.

- T : Non, tout va bien, répondit-il en s'approchant de lui. Je crois même que je ne me suis jamais senti aussi bien depuis très longtemps.

Il s'approcha encore d'un pas, réduisant la distance déjà minime entre eux. Quatre ne bougea pas, complètement hypnotisé par le regard brûlant du français où se bousculaient divers émotions qu'il ne parvenait pas à déchiffrer, son propre émoi l'en empêchant. Lorsqu'il ne fut plus qu'à dix centimètres de lui, Trowa plongea son regard dans celui de son aimé puis le descendit sur ses lèvres identiques à deux pétales de rose dont il devinait la douceur. Mû d'une volonté propre, sa main se leva et vint se poser sur la joue du jeune homme, la paume épousant à la perfection la courbe du visage. Le contact de leurs peaux les électrisa. Trowa se mit à caresser tendrement le visage de son ange qui ferma les yeux en soupirant d'aise. Puis son pouce vint redessiner les courbes de ses lèvres avant de se saisir de son menton pour remonter son visage vers le sien. Quatre rouvrit les yeux et le fait de voir le français si prés conféra à ses joues une jolie teinte carmine, achevant de le rendre encore plus irrésistible aux yeux de Trowa.

- T : Oui, tout va trés bien puisque tu es prés de moi, lui susurra-t-il.

N'y tenant plus, il descendit lentement son visage, laissant le temps au blond de refuser ce qui allait suivre. Mais ne le voyant pas s'écarter, Trowa combla la distance et effleura les lèvres de son ange. Ce fut un contact des plus chastes mais qui apporta son lot de sensations dans les coeurs des deux pilotes. Enhardi par ce premier contact, Trowa renouvela l'expérience, approfondissant le baiser et prit le petit blond dans ses bras. Ce dernier, resté passif jusque là, leva timidement ses bras, les passa autour du cou du français et se mit à répondre au baiser avec la même intensité. Ravi de la réaction de son ange, Trowa caressa ses lèvres de sa langue, celles-ci s'ouvrirent aussitôt et lui laissèrent le passage. Le simple lèvres contre lèvres se transforma alors en baiser de plus en plus passionné, chacun s'agrippant à l'autre de toutes ses forces pour prolonger l'échange. Lorsqu'ils se séparèrent, ils étaient à bout de souffle. Redescendant lentement de son nuage, Quatre continua de fixer son amour dans les yeux et chuchota contre ses lèvres :

- Q : Trowa...

Mais celui-ci ne lui laissa pas le temps de finir, il s'empara de nouveau de ses lèvres dans un baiser langoureux. Puis il posa son front contre le sien et lui murmura d'une voix emplie de désir :

- T : Je t'aime...

Des larmes vinrent alors perler sur les joues de l'arabe. Combien de fois avait-il rêvé d'entendre ses mots dans la bouche de son amour ? Et maintenant, ce n'était plus un rêve. Il lui fit son plus beau sourire puis se lova dans les bras de son petit ami et ferma les yeux en soupirant d'aise.

- Q : Je t'aime aussi, dit-il sur le même ton.

En réponse à cela, le français serra son ange contre son coeur battant au même rythme que le sien et lui caressa tendrement les cheveux, son visage affichait un sourire heureux. Il se dit qu'il avait été stupide de ne pas l'avoir fait plus tôt et se promit de remercier Duo de l'avoir secouer.

- Salle de bal -

Lorsque le nouveau couple rejoignit la salle de réception, ils remarquèrent Duo et Hilde entrain de discuter gaiement aux côtés d'un chinois faisant mine de les écouter. Quand Duo les vit main dans la main, il leur fit signe de venir et quand ils furent à leur côtés, il leur tendit deux coupes de champagnes.

- D : Je propose un toast !

Chacun prit son verre.

- D : Je porte un toast à la Paix si durement gagnée, à la Terre et les colonies enfin réconciliées et à notre nouveau couple ! dit-il en faisant un clin d'oeil à son meilleur ami.

Quatre rosit légèrement à l'annonce de sa mise en couple. Trowa eut un sourire en coin en le voyant si émotif. Les trois autres eurent un regard attendri. Wufei leva son verre.

- W : A la Paix !

- Hil : Aux colonies ! renchérit l'allemande.

- T : A l'Amour, ajouta le français.

Et les verres s'entrechoquèrent. Trowa et Quatre croisèrent leurs bras afin de boire dans le verre de l'autre sans se quitter du regard. Puis le français passa un bras autour de la taille de son petit ami qui resplendissait de joie. Duo posa sur eux un regard empli de tendresse mais aussi d'envie. Comme il aimerait goûter à ce bonheur d'être aimé par la personne chère à son coeur. Ne supportant plus de tenir la chandelle, Hilde interrompit ce petit moment d'amour :

- Hil : Au fait, Duo ! Tu ne nous as toujours pas dit ce que tu comptais faire maintenant !

Tous les regards se posèrent sur le natté qui ne savait plus où se mettre. Le moment était-il venu pour lui de tout leur avouer ? Mais s'il devait le faire, il fallait que tous soit présent. Hors l'un des principaux concernés était absent. Il le chercha du regard mais ne le trouva pas. N'ayant toujours pas eu de réponse, Hilde insista, obligeant Duo à lui répondre.

- D : Il se trouve que je voulais justement vous en parler mais avant je dois trouver Heero. Quelqu'un l'a vu ?

Ses amis se regardèrent, attendant que quelqu'un parle mais ce fut quelqu'un d'autre qui prit la parole :

" Il est dans la serre avec Réléna."

Tous se retournèrent et reconnurent Zechs, vêtu d'un uniforme blanc avec des broderies de couleur parme, avec à son bras le lieutenant Lucrézia Noin, vêtue d'une longue robe jaune sable. Duo porta aussitôt son regard sur Wufei et vit que celui-ci tentait de rester impassible. Il eut de la peine pour lui. Mais ce n'était pas le moment pour lui de s'épencher sur le cas de son camarade.

- D : Tu es sûr de ça ? demanda-t-il en reportant son attention sur l'ex-commandant d'Oz.

- Z : Je les ai vu, il y a environ une dizaine de minutes. Réléna voulait lui parler seul à seul.

- D : Trés bien, je vais aller le chercher. A plus tard !

Et sur ce, il quitta le groupe et se dirigea vers le lieu indiqué, gardant toutefois une pensée pour son ami chinois.

- Dans la serre -

Une fois entré dans la serre, Duo ne vit personne. Tout ce qui s'offrait à sa vue était une jungle luxuriante regroupant divers spécimens de plantes tropicales et de fleurs exotiques aux couleurs pimpantes. Il s'avança et parcourut le dédale verdoyant, se laissant étourdir par le parfum enivrant des fleurs. Soudain, des éclats de voix lui parvinrent. Reconnaissant la voix de Réléna, il se laissa guider jusqu'à un petit kiosque où il aperçut la princesse, vêtue d'une magnifique robe rose fushia, en grande conversation avec le pilote du Wing. Sans vraiment comprendre pourquoi, son instinct lui dicta de ne pas se montrer et il se retrouva à les épier à l'ombre d'un arbre centenaire. Ses sens hypersensibles lui permirent d'entendre distinctement leur conversation.

- R : S'il te plaît, Heero ! dit-elle d'une voix supliante. Accepte ! Fais-le pour moi !

- H : Je ne sais pas, répondit-il faiblement.

- R : Je t'en prie ! Tu es le seul en qui j'ai assez confiance pour ça.

- H : Pourquoi ne demandes-tu pas à ton frère ? Zehs serait plus indiqué pour remplir ce rôle.

- R : Tout simplement parce que tu as toujours été là pour me protéger. J'aime beaucoup mon frère, mais ce n'est pas lui que je veux pour assurer ma protection.

- H : Je ne comprends pas. Pourquoi moi ?

Réléna s'avança jusqu'à n'être qu'à quelques centimètres de lui puis lui prit les mains. Heero était trop engourdi par les brumes de l'alcool pour réagir. Duo sentit son rythme cardiaque s'accélérer à mesure qu'il comprenait ce qui allait se passer. Ce fut sans grande surprise qu'il entendit la jeune fille prononcer ces mots :

- R : Parce que je t'aime, Heero.

Duo appréhenda la réponse de son coéquipier. Celui-ci regardait la jeune fille de façon étrange. Ce qui était compréhensible puisque personne ne lui avait dit cela avant.

- H : Réléna... murmura-t-il, indécis. Je ne sais pas ce que c'est d''aimer".

- R : Alors, dit-elle en posant sa main sur la joue du jeune homme, laisse-moi te l'apprendre.

Et à ces mots, la princesse se mit sur la pointe des pieds et posa ses lèvres sur celles du japonais. Le coeur de Duo cessa de battre à la vue de l'homme qu'il aime entrain d'embrasser une autre personne que lui. Celui-ci ne fit aucun geste pour repousser la jeune fille et finit par fermer les yeux. Ne supportant plus ce spectacle qui achevait de lui briser le coeur, Duo revint sur ses pas et s'efforça de retenir les larmes qui se bousculaient dans ses prunelles améthystes. Il continua son chemin, repassant dans son esprit la scène qui était gravée dans ses pupilles. Trop occuper à refouler son désespoir, il ne s'aperçut pas que ses pas l'avaient machinalement conduit à la salle de réception. Il ne s'en rendit compte que lorsqu'il entendit la voix de son amie, Hilde, et la vit venir à sa rencontre. Ne voulant pas l'inquiéter, il s'efforça alors en hâte à recouvrir une attitude plus habituelle, une attitude qui ne laisserai rien deviner de ses états d'âme. Quand la jeune fille arriva à sa hauteur, elle ne vit que du feu.

- Hil : Bah alors Duo ! Où est Heero ? Tu étais censé le ramener.

- D : Désolé, je... Je ne l'ai pas trouvé, mentit-il.

La jeune fille se mit alors à déblatérer sur l'irresponsabilité du japonais et son manque de sociabilité, ce qui arracha un sourire amer au natté.

- D : Qu'est-ce que j'espérais ? Je savais qu'il ne ressentait rien pour moi, je l'avais compris depuis longtemps. Mais je ne peux m'empêcher de sentir mon coeur saigner rien qu'en les revoyant tous les deux. Oh my God, pourquoi faut-il que ça fasse si mal...

Perdu dans les déchirements de son coeur, il ne vit pas les trois autres pilotes venir vers lui. Quatre qui avait senti que quelque chose n'allait pas en le voyant revenir aussi blême qu'un mort, ressentit de plein fouet le désespoir de son ami. Wufei n'avait pas besoin d'empathie pour lire la tristesse dans les yeux de l'américain. Que s'était-il passer pour qu'il revienne dans cet état ? Mais alors qu'il allait lui demander ce qui n'allait pas, Réléna arriva par le même chemin que le natté, toute souriante, suivie de prés par Heero.

- R : Ah Duo ! Justement c'est toi que je cherchais !

Duo se tourna vers elle, affichant un sourire faux.

- D : Et bien maintenant tu m'as trouvé ! Que puis-je faire pour toi, Miss ?

- R : J'ai entendu dire que tu jouais du piano à la perfection et je me demandais si tu nous ferais l'honneur de nous jouer quelque chose.

Duo écarquilla les yeux sous la surprise. Qui avait bien pu lui dire ? Son regard dériva alors vers Heero qui avait baissé les yeux. Il ne lui en fallut pas plus pour comprendre.

- D : Je suis désolé, princesse, mais je ne me sens pas d'humeur à jouer.

- R : S'il te plaît, Duo ! Je meurs d'envie de t'écouter et aujourd'hui est un jour exceptionnel ! Rends-moi ce service, je t'en prie !

- D : Je... Je ne sas pas, hésita-t-il.

- Hil : Allez Duo ! insista son amie. Vas-y ! J'aimerai beaucoup t'entendre jouer et aussi t'entendre chanter ! J'ai encore un bon souvenir de la soirée karaoké qu'on s'est faite sur L2.

- R : Et tu chantes en plus ?! s'exclama la princesse. Mais c'est merveilleux ! Allez Duo, ne nous fait pas languir !

Duo était coincé. Il regarda autour de lui et vit une grande foule se réunir autour d'eux, attendant une réponse de sa part. Dans cette situation, comment refuser ? Il savait que si il le faisait, cela risquerait d'être mal vu et la phrase que Quatre lui avait dit plus tôt lui revint en mémoire : "Un éclat de ta part pourrait mettre à mal les relations diplomatiques du royaume de Sank avec les autres pays." Plus loin il vit ses amis qui observait la scène, Quatre avait l'air désolé pour lui, Trowa paraissait le plaindre et Wufei ne cachait en rien son inquiétude et semblait prêt à intervenir s'il lui demandait. Il lui fit un signe de tête pour lui signifier que tout va bien. Puis il tourna son regard vers Heero qui semblait lui aussi attendre sa réaction. Il ne m'aimera jamais... pensa-t-il en core une fois. Il ferma les yeux et soupira. Il devait se résigner. Il reporta son regard sur la princesse de Sank et et s'inclina devant elle.

- D : S'il plaît à la princessse de Sank de m'entendre jouer, ce sera un honneur pour moi d'accéder à sa requête.

La jeune fille afficha un sourire satisfait, ignorant que part ce geste, Duo venait de s'avouer vaincu. Les quatres pilotes avaient tous été surpris du ton solonel que leur ami avait pris pour répondre à Réléna. Ce n'était pas normal. Sans autre forme de procés, Duo partit en direction de l'orchestre à l'autre bout de la salle, suivi de prés par Réléna, elle-même suivie par les autres g-boys. Duo monta sur la petite scène et s'adressa au chef d'orchestre. Aprés lui avoir dit quelques mots, il se dirigea vers le piano qui faisait face à la piste de danse et s'y installa. Il contempla quelques secondes l'instrument qui allait bientôt résonner dans toute la salle et caressa ses touches. Puis son regard se porta sur la foule qui s'était rassemblée devant lui, ses amis étaient au premier rang accompagnés de la princesse, de son frère et du lieutenant Noin. Enfin, il fit signe au chef de commencer. Celui-ci hocha la tête et secoua sa baguette. Les violons commencèrent l'introduction, puis quand vint son tour, il prit une profonde inspiration, ferma les yeux et les notes de piano s'élevèrent dans la salle suivies de sa voix :

Crucify my love - ( Crucifie mon amour )

If my love is blind - ( Si mon amour est aveugle )

Crucify my love - ( Crucifie mon amour )

If it sets me free - ( Si cela me rend libre )

Never know, never trust - ( Jamais connu, jamais fiable )

"That love should see a color" - ( "Cet amour ne devrait jamais voir une couleur" )

Crucify my love - ( Crucifie mon amour )

If I should be that way - ( Si cela doit être la voie )

Swing the heartache - ( Entraînes le chagrin )

Feel it inside out - ( Chasses le hors de toi )

When the wind cries - ( Quand le vent pleure )

I'll say good bye - ( Je dirai au revoir )

Tried to learn, tried to find - ( J'essayais d'apprendre, j'essayais de trouver )

To reach out for eternity - ( Etre hors de portée pour l'éternité )

Where's answer ? - ( Où est la réponse ? )

Is this forever ? - ( Est-ce pour toujours ? )

A mesure qu'il jouait, Duo sentit son chagrin redoubler d'intensité. Chaque note sonnait à ses oreilles comme un sanglot qu'il s'évertuait de refouler. Son public retenait son souffle et semblait boire chacune de ses paroles.

Like a river flowing to the sea - ( Comme une rivière coulant dans la mer )

You'll be miles away, and I will know - ( Tu seras à des kilomètres, et je saurais )

I know I can deal with the pain - ( Je sais que je ne peux pas traiter avec la peine )

No reasons to cry - ( Pas de raison de pleurer )

Crucify my love - ( Crucifie mon amour )

If my love is blind - ( Si mon amour est aveugle )

Crucify my love - ( Crucifie mon amour )

If it sets me free - ( Si cela me rend libre )

Never know, never trust - ( Jamais connu, jamais fiable )

"That love should see a color" - ( Cet amour ne devrait jamais voir de couleur )

Crucify my love - ( Crucifie mon amour )

If I should be that way - ( Si cela doit être la voie )

Duo débuta un petit solo de piano puis fut vite rejoint par les violons dont les notes accortes épousèrent à la perfection la mélodie de l'américain. Quatre ressentait le flot de sentiments de son ami. Bientôt, il ne put réprimer les larmes qui lui venait tant leur intensité était forte. Wufei n'était pas en reste. A travers cette chanson, il savait que le natté était entrain de hurler son désespoir à la personne qu'il aimait. Il risqua un coup d'oeil vers le japonais se trouvant à sa droite et chercha la trace d'une émotion quelconque sur son visage mais ne vit rien. Celui-ci demeurait impassible. Mais même s'il ne montrait rien, Heero était trés secoué par les paroles de cette chanson. Malgré le degré important d'alcool qui coulait dans ses veines, il sentit son coeur se serrer imperceptiblement, comme si la tristesse de cette chanson le lui étreignait. Que lui arrivait-il ?

'til the loneliness shadow the sky - ( Encore la solitude des ténèbres dans le ciel )

I'll be sailing down and I will know - ( Je navigue et je saurais )

I know I can clear clouds away - ( Je sais que je peux chasser loin les nuages )

Oh is it a crime to love ? - ( Oh est-ce un crime d'aimer ? )

Tout la foule frissonna quand le natté prononça cette phrase dans un cri de désespoir. Petit moment de silence avant qu'il ne reprenne sur un ton plus doux.

Swing the heartache - ( Entraînes le chagrin )

Feel it inside out - ( Chasses le hors de toi )

When the wind cries - ( Quand le vent pleure )

I'll say good bye - ( Je dirai au revoir )

Tried to learn, tried to find - ( J'essayais d'apprendre, j'essayais de trouver )

To reach out for eternity - ( Etre hors de portée pour l'éternité )

Where's answer ? - ( Où est la réponse ? )

Is this forever ? - ( Est-ce pour toujours ? )

If my love is blind - ( Si mon amour est aveugle )

Crucify my love - ( Crucifie mon amour )

If it sets me free - ( Si cela me rend libre )

Never know, never trust - ( Jamais connu, jamais fiable )

"That love should see a color" - ( Cet amour ne devrait jamais voir de couleur )

Crucify my love - ( Crucifie mon amour )

If I should be that way - ( Si cela doit être la voie )

Duo continua encore de jouer, les notes devenant de plus en plus faibles et espacées. Lorsque la dernière note résonna, un grand silence se fit. L'américain reposa ses mains sur ses genoux et attendit. Il n'osait toujours pas ouvir les yeux, de peur de fondre en larmes dés qu'il verrait le visage de son amour. Les personnes présentes n'étaient toujours pas redescendues de leur nuage, tous ébranlés par l'émotion que le pianiste à la natte leur avait fait ressentir. Soudain, on entendit un applaudissement, trés vite suivi d'un deuxième puis d'un troisième. Et comme s'ils venaient de se réveiller d'un long sommeil, ce fut une grande salve d'applaudissement qui retentit dans la salle. La foule acclama le jeune homme avec beaucoup d'enthousiasme. Duo se leva et se plaça face au public. Il s'inclina dignement comme un musicien à la fin d'un récital. En se relevant, il ouvrit lentement les yeux et croisa les regards de ses compagnons. Il vit Quatre les larmes aux yeux, Trowa qui le serrait contre lui pour le consoler, Wufei qui le fixait tristement et enfin Heero qui le regardait fixement. Ses yeux descendirent sur son bras droit lié à celui de Réléna entrain de l'applaudir. A cette vision, toute sa volonté se brisa. Il n'avait plus la force de leur avouer son secret. Il n'avait pas le droit de les blesser plus que ce qu'il avait déjà fait. Il sourit tristement. Sans un mot, il descendit de la scène et se dirigea vers la sortie de la salle, la foule s'écartant devant lui. En passant à côté de Wufei, il lui souffla ces quelques mots que lui seul pouvait entendre :

- D : Désolé mais je ne pourrais pas tenir ma promesse.

Et sans laisser le temps à celui-ci de réagir, il se précipita hors de la salle de réception. Il monta quatre à quatre les escaliers menant à l'étage, courut jusqu'à sa chambre, ouvrit la porte en coup de vent et la referma aussi vite avant de se laisser glisser contre elle et de laisser ses larmes couler. Il ramena ses genoux contre son torse et se laissa aller au chagrin.

Dans la salle, le départ précipité du natté avait beaucoup intrigué ses amis. Quatre voulut lui courir aprés, lui demander les raisons de tant de désespoir, mais il fut retenu par Wufei. Celui-ci lui dit qu'il valait mieux le laisser seul. Non loin d'eux, Heero était tout aussi choqué. Réléna était accrochée à son bras et lui vantait les talents de son équipier mais il ne l'écoutait pas. Alors que son esprit tentait d'analyser les émotions qu'il avait ressenties, il sentit quelque chose glisser le ong de sa joue. Il porta la main jusqu'à celle-ci et y recueillit une larme. Il ne pouvait pas avoir pleurer, ce n'était pas possible. Il ne comprenait plus rien. Sans savoir pourquoi, il attrappa le premier verre à sa portée et le vida. Il ne voulait pas ressentir, il ne devait pas.

Quelques heures plus tard, la fête toucha à sa fin. Personne ne revit Duo de toute la soirée. Celui-ci était resté prostrer dans sa chambre. Il s'était allongé sur son lit en position foetal et essayait de calmer ses sanglots. Quand il retrouva un semblant de calme, il entendit des voix dans le couloir.

" Bon sang Heero ! Combien de verre tu as bu pour être dans cet état ?"

" Pas la peine de lui parler, il t'écoute pas. Cet imbécile s'est envoyé une demi-caisse de champagne. C'est un miracle qu'il soit encore debout."

Il reconnut aussitôt les voix de Trowa et Quatre. Il se leva de son lit et alla à sa porte. Il l'entrebailla légèrement pour regarder à l'extérieur. Ce qu'il vit le laissa sans voix. Ses amis marchaient en s'efforçant de soutenir un japonais dans l'évape, sa chemise entrouverte et sa cravate dénouée. Il n'avait pas l'air en grande forme le Soldat Parfait. Il referma sa porte et attendit. Quelques minutes plus tard, il entendit les pas de ses coéquipiers qui se dirigeaient vers la chambre de l'arabe. Dés qu'il fut sûr qu'ils y étaient entrés, il sortit de sa chambre et se dirigea à pas feutré vers la chambre du japonais. Lorsqu'il arriva devant celle-ci, il se tendit quelque peu. Lentement, il tourna la poignée et pénétra dans la chambre. Celle-ci, identique à la sienne, était plongée dans les ténèbres. Seul un mince filet de lumière s'échappant des rideaux de la fenêtre lui permirent de voir distinctement. Il referma doucement la porte et s'avança vers l'emplacement du lit. Là, il trouva le japonais emitouflé dans sa couverture, le visage calme et serein. Duo resta là à le regarder dormir, complètement hypnotisé. Heero avait une expression tellement douce quand il dormait. Sans s'en rendre compte, il s'assit sur le bord du lit et se mit à caresser le visage du jeune homme. Il ne se contrôlait plus et dû bien passer une heure à glisser sa main sur la peau satinée de l'endormi, faisant le tour de ses yeux clos, chatouillant son nez, sursautant d'effroi lorsqu'il émettait un léger grognement, posant son index sur ses lèvres douces. Le baiser qu'il l'avait vu échanger avec la princesse lui revint en mémoire et une irrépressible envie d'y poser les siennes le prit. Il s'abaissa lentement, souffla légèrement sur les lèvres tant désirées avant de les lier aux siennes en un doux baiser. Duo sentit alors son coeur se remplir d'une douce chaleur. Il les caressa longuement, s'attardant sur la lèvre inférieure puis sur l'autre. Soudain, il sentit le japonais remuer et il mit fin au baiser. Cela ne dura qu'une seconde mais Duo aurait juré avoir senti le pilote du Wing répondre à son baiser. Mais dans son état, c'était impossible où alors celui-ci devait penser que c'était Réléna qui l'embrassait. Cette constatation le ramena à la dure réalité. Quand il fut sûre que le japonais n'était pas conscient, il prit sa main et la porta à sa joue. Elle était chaude et douce. Comme il aurait voulu que cet instant dure pour toujours. Mais il dut se rendre à l'évidence, rien n'est éternelle dans la vie. Maintenant qu'il avait goûté au bonheur de sentir les lèvres de son amour contre les siennes, il savait qu'il ne pourrait plus rester auprés de lui sans se sentir anéanti. Il prit une grande décision. Puisque son amour ne serait jamais réciproque, il valait mieux pour lui qu'il parte loin de lui, loin de toute cette souffrance. Il caressa une dernière fois la joue de l'endormi puis il s'abaissa jusqu'à son oreille et lui chuchota dans les limbes du sommeil des paroles qu'il n'aurait sûrement jamais plus l'occasion de lui dire :

- D : I love you Heero... Forever and ever...

Et doucement, il s'éloigna du lit et sortit de la chambre. Lorsqu'il ferma la porte, le japonais remua et, entre deux grognement, il dit dans un souffle :

- H : Duo...

Une demi-heure plus tard, habillé de sa tenue de prêtre, Duo quitta le palais Peacecraft. Un sac sur le dos, il prit sa moto et roula un moment jusqu'à ce qu'il arrive devant le hangar à gundam. En trafiquant la serrure numérique de la porte, il put entrer dans le hangar et se dirigea vers son Deathscythe. Quand il arriva à ses pieds, il posa son sac à terre et le regarda avec un sourire triste.

- D : Salut l'ami ! dit-il à l'intention de l'armure. Je suis venu te dire au revoir. Je sais que le gouvernement à décider de te détruire, toi et les autres, alors je tenais à te faire mes adieux. Comme tu le vois, moi aussi je pars. Je ne sais pas encore où je vais aller mais je sais que je ne peux plus rester auprés d'eux. Ne m'en veux pas de partir sans leur dire au revoir, je me sens déjà assez coupable comme ça. Je n'aurai pas eu la force de leur dire adieu, je ne suis qu'un lâche. J'espère seulement que Wufei ne m'en voudra pas trop, je tiens tellement à lui. Il est le seul à m'avoir vraiment vu tel que je suis. Il me manquera beaucoup.

" Et j'espère bien !" dit une voix dans les ténèbres.

Duo se figea en entendant ces mots et regarda autour de lui qui les avait prononcé. Un mouvement à sa gauche attira son attention et il vit une silhouette s'approcher de lui. Son coeur manqua un battement lorsqu'il la reconnut.

- D : Wufei ? Mais qu'est-ce que tu fais ici ?

Le chinois, dans sa tenue blanche, vint se poster devant lui et croisa les bras en le regardant sévèrement.

- W : Je te retourne la question, répondit-il d'un ton sec. Que fais-tu ici ?

Duo baissa la tête.

- D : Je suis venu faire mes adieux à mon Deathscythe, confessa-t-il.

- W : Tu comptais partir comme un voleur, sans une explication ? Pourquoi ?

- D : Je suis trop lâche, Wufei. Je n'ai plus la force de faire comme si de rien n'était. Je ne peux plus maintenant que mon coeur est à jamais brisé. Je dois m'éloigner si je veux avoir une chance de me reconstruire et d'oublier ce mal qui me ronge le coeur. Je n'ai pas le choix. J'espère que tu me comprends.

- W : Et où comptes-tu aller ?

- D : Je ne sais pas. Peut-être irai-je rejoindre mon mentor sur L2 et rester sous le couvert de mon médecin. Ils m'aideront sûrement à recommencer une nouvelle vie même si ce sera en étant prisonnier d'une chambre capitonnée, sans pouvoir sortir sans escorte.

- W : Duo... Est-ce vraiment ce que tu veux ?

- D : C'est la décision la plus raisonnable. Je n'aurais qu'un seul regret, celui de ne pas avoir pu profiter des derniers jours qu'il me reste en tant que voyant pour découvrir tous ces paysages qui ont bercé mon enfance. Mais aprés tout, comment regretter quelque chose que l'on a pas vu ?

- W : Et si il existait une autre solution, opterais-tu pour celle-ci ?

- D : Je ne sais pas. Peut-être... Oui, sûrement. Mais je sais déjà qu'il n'y a pas d'autres alternatives.

- W : Et si je te disais qu'il existe une autre solution à ton problème.

- D : Que veux-tu dire ? dit-il, relevant enfin la tête et le regardant trés surpris.

Wufei se rapprocha de lui et lui prit les épaules. Duo sentit son coeur s'accélérer, appréhendant ce que son ami allait lui dire.

- W : Pars avec moi !

- D : QUOI ? s'écria le natté, pas sûre d'avoir compris.

- W : Pars avec moi, Duo, répéta-t-il. Viens avec moi, je te montrerai ces paysages qui te font tant envie. Laisse-moi te faire découvrir le monde.

Duo se mit à trembler. Pourquoi son ami lui faisait-il une telle proposition ? Il sentit les larmes lui venir.

- D : Pourquoi ? demanda-t-il, la voix étranglée par l'émotion. Pourquoi fais-tu tout ça pour moi ? Je ne le mérite pas.

- W : Tu es celui qui mérite le plus de connaître le bonheur à mes yeux et je tiens à t'offrir ce cadeau avant qu'il ne soit trop tard. Tu es la personne qui compte le plus pour moi, Duo. Et j'aimerai que tu me laisse partager ta vie.

- D : Qu'essaie-tu de me dire Wufei ? dit-il, ayant de plus en plus de mal à refouler ses larmes.

- W : Ce que je veux dire, c'est que je ne veux pas être séparer de toi. Tu es le premier à avoir fait l'effort d'essayer de me connaître, le seul qui ait réussi à percer ma carapace et aussi celui qui a su me délivrer de ma solitude. Je... Il fit une pause avant de reprendre. Si tu le veux bien, j'aimerai que tu me laisse t'aimer, Duo.

Le coeur de Duo fit un bon dans sa poitrine en entendant ces mots. Son ami venait de lui dire qu'il l'aimait. Il n'arrivait pas à le croire.

- D : Mais... Mais et Zechs ? Je croyais que c'était lui que tu aimais.

- W : C'est vrai, avoua-t-il. Mais Zechs aime le lieutenant Noin. Et en les voyant ce soir, j'ai compris que jamais je ne pourrais me faire aimer de lui. Puis quand tu as joué, j'ai ressenti des choses que je n'avais jamais ressenti auparavant. Je voyais ton désespoir, je te voyais souffrir à chacune des notes que tu jouais et tout ce que je voulais à cet instant, c'était te prendre dans mes bras et effacer cette douleur de ton regard. Je tiens énormement à toi, plus que ma propre vie. Cet amour que Heero n'a pas su te donner, laisse-moi te l'offrir. Je ne te demande pas de me répondre tout de suite, je peux attendre que tu soit prêt. Mais je t'en prie, laisse-moi t'aimer Duo, laisse-moi te rendre heureux.

Duo ne sut quoi dire. Il n'aurait jamais cru ça venant de lui. Que devait-il faire ? Les souvenirs se bousculaient dans son esprit : ceux où il se voyait avec Heero se mêlèrent à ceux avec Wufei. Son chagrin face à l'indifférence du japonais se heurta au bonheur qu'il avat ressenti depuis que le chinois partageait son secret. Wufei l'aimait et ne lui demandait rien en échange. Il sentit une vague de bonheur se propager dans tout son être à cette constatation. Que risquait-il à accepter ? Si le destin le voulait, peut-être pourrait-il lui faire oublier Heero ? Il voulut y croire de toutes ses forces. C'est avec un espoir retrouvé qu'il lui dit, la voix redevenue assurée :

- D : Oui, Wufei. J'accepte.

Un sourire parcourut le visage du chinois à cette nouvelle. Débordant de joie, il leva la main et caressa tendrement la joue du natté. Lorsque son pouce frôla la commissure des lèvres de l'américain, il lui demanda :

- W : Est-ce que je peux t'embrasser ?

D'abord surpris, Duo ne dit rien. Puis il lui adressa un sourire tendre et hocha positivement de la tête. Alors doucement, le chinois frôla les lèvres de cet être qui avait su ravir son coeur et l'embrassa tendrement. Duo crut perdre pied à la sensation des lèvres de Wufei sur les siennes, il ressentit tout l'amour que celui-ci exprimait par ce baiser. Aussi lorsqu'il sentit la langue du chinois lui demander le passage, il n'offrit aucune résistence et entrouvrit les lèvres. Ils s'embrassèrent longuement, savourant l'échange au delà de toute espérance, buvant le souffle de l'autre comme deux affamés. Quand ils se séparèrent, Wufei prit Duo dans ses bras et celui-ci se laissa aller contre le torse du chinois, laissant couler des larmes non plus de tristesse, mais de bonheur.

Quelques minutes plus tard, ce sont deux silhouettes étroitement liées qui quittèrent le hangar pour une destination inconnue. Alors qu'au loin le jour commençait à se lever, une faible lueur transperça les rideaux de la chambre d'un américain natté et se posa sur une note délicatement posée sur un oreiller où était inscrit en tout lettre :

Sorry

Tsuzuku...


Voilà pour ce chapitre. J'espère que ça vous a plu. Je sais que vous vous attendiez pas à ce que Heero se montre aussi con et que Duo décide de partir avec Wufei. Me taper pas, c'est pas encore fini !!! Au programme du prochain chapitre, la vie des g-boys depuis le départ de Duo et Wufei, un heureux évenement et d'autres surprises. A bientôt !

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