Chapitre 4: Où Mary comprends beaucoup de choses
Merci aux reviewers (Pottera et J. Brandebouc). Merci aussi aux lecteurs silencieux avec l'espoir que ce chapitre leur plaise tant qu'ils laissent une petite review ! Juste pour se sentir un peu moins seul au monde ; ) !
Lorsqu'elle sortit du cours de métamorphose, Mary se sentait gênée... Gênée de s'être ainsi exposée sur un bout de papier. Mais elle était aussi heureuse. Laura avait dû comprendre. Leurs opinions divergeaient mais elles pourraient faire avec. Il y aurait des sujets qu'elles n'aborderaient plus ensemble, mais leur amitié demeurait. Ce que pensait Laura... était-ce vraiment si important ? Tant qu'elle n'allait pas agresser Lupin... Tant qu'elle n'assassinerait pas un loup garou en pleine rue. Mary sourit. Laura était butée. Elle avait des préjugés détestable et une famille imbuvable. Cependant elle ne se résumait pas à ça. Et Mary aurait juré qu'elle était incapable de faire du mal à une mouche. De plus, elle pouvait toujours évoluer, comprendre, changer... La jeune fille se rappela les sages paroles de sa grand-mère: un ami ne condamne jamais, il espère. Elle devait accepter Laura comme elle était. Même avec ses idées stupides. Personne n'est parfait après tout.
Elle était arrivée devant la bibliothèque. Merlin, qu'elle y allait souvent maintenant ! Elle s'étonnait elle-même. Toutefois, il lui fallait conclure ses recherches et trouver le livre de Potter. Avec un peu de chance il ne s'était pas payé sa tête et elle aurait enfin du neuf. Quoique... Elle était devant les rayonnages qu'il lui avait indiqué et elle ne voyait rien d'autre qu'un amas de dictionnaire poussiéreux. Elle farfouilla un instant et étouffa un cri de surprise. Il y avait des livres sur deux rangées. Ce n'était pas normal... Elle ôta un à un tous les volumes de la première ligne. Derrière se trouvaient des ouvrages fatigués aux titres étranges:"La société sorcière: une société inégalitaire ?", "Comment faire accepter à votre elfe de maison l'idée d'être payé", "Crimes et magie noire, l'héritage des sangs-purs de Grande Bretagne"... Mary n'en croyait pas ses yeux. Elle se trouvait devant le rayon des ouvrages subversifs de Poudlard. Pas étonnant qu'ils ne soient pas répertoriés. Ça n'avait pas dû plaire à Pince tout ça. Mais la vieille dame n'avait pas osé les jeter. Les bouquins étaient sûrement munis de sorts de protection qui empêchaient de s'en débarrasser. Mary continua à parcourir rapidement les titres. Et elle trouva ce qu'elle cherchait: "L'histoire démythifiée des loups garous". Elle s'en empara. C'était une thèse universitaire. L'auteur était... Sa respiration s'arrêta... Albus Dumbledore... Leur directeur avait fait sa thèse sur les loups garous ! Pourtant son domaine c'était la métamorphose... D'un certain côté les lycanthropes se transformaient une fois par mois... Les méninges de la Serdaigle fonctionnait à toute vitesse. Dumbledore devait donc savoir pour Lupin. C'était peut-être même lui qui lui avait proposé de venir. Aussi, il y avait probablement des mesures de protection pour le lycanthrope. Où se transformait il ? Le château ? L'infirmerie ? Trop peu discret. La forêt interdite ? Le parc ? Trop dangereux. A moins que... Elle se souvenait du saule cogneur. Les élèves disaient qu'il avait été planté 6 ans auparavant... Lors de la première année de Lupin. Le coeur de Mary battait à tout rompre. Elle touchait au but et elle le savait . Où avait elle lu qu'autrefois cette espèce d'arbre permettait de garder les passages secrets ? Passage secret oui, mais vers où ? Il fallait que ce soit éloigné du château... Les loups garous faisaient du bruit lors des nuits de pleine lune. On disait que leurs hurlements étaient à vous glacer le sang. Leurs hurlements... hurler... Merlin! La cabane hurlante ! Lupin devait aller là. Mary parvenait presque à reconstituer le protocole. Le préfet s'absentait de sa salle commune avec une excuse idiote. Il se rendait au saule cogneur. Certainement pas tout seul. Trop risqué. Il était sûrement accompagné par un adulte qui éloignait les importuns. Par Dumbledore ? Non il avait d'autres chats à fouetter. Peut-être par Pomfresh... Elle était infirmière, elle connaissait les symptômes de la lycanthropie et elle devait s'occuper de Lupin après sa métamorphose. Elle ne devait pas être la seule à être au courant. Tous leurs professeurs ? Pourquoi pas ? Tout était donc parfaitement organisé. Qu'est ce qui avait cloché pour que Lupin attaque ce serpentard... Snape... Elle se rappela de Black. Il disait que c'était sa faute... il haïssait les serpentards... Une blague,une sale blague avait il expliqué... l'imbécile ! Il n'avait quand même pas fait ça ! Mary était aussi essoufflée que si elle avait couru un marathon. Elle avait compris. Elle avait tout saisit. Maintenant il fallait qu'elle saisisse le reste. Qui étaient vraiment les lycanthropes ? Elle se dirigea vers la zone de prêt. Madame Pince eut un sursaut lorsqu'elle vit le grimoire.
"Il n'est pas empruntable, souffla-t-elle d'un ton offusqué.
- Vous voulez que j'aille demander une autorisation à son auteur ? répliqua Mary avec colère."
Alors pour la première et la dernière fois de son existence la bibliothécaire obéit à une élève.
Mary sortit de la bibliothèque. Elle devait aussi vérifier ses théories. Elle se rendit donc au saule cogneur. L'arbre était immense. Ses branches énormes se terminaient par des protubérances qui devaient faire extrêmement mal, lorsqu'elle vous frappaient. Le saule trembla de manière inquiétante. Mary frissonna. Le livre dont elle avait oublié le titre disait que ce type de végétal avait toujours un point faible. Qu'on pouvait les immobiliser si l'on savait où regarder. Une demi-heure durant elle scruta l'arbre. Et elle comprit. A l'extrémité gauche d'une des racines, le bois formait un noeud. Presque comme un interrupteur. Mais c'était trop loin d'elle. Peut être qu'avec un bâton assez long... Cinq minutes plus tard elle revint avec l'objet désiré. Elle regarda autour d'elle. Il n'y avait personne. Le crachin avait découragé tout le monde excepté les sportifs. Des cris retentissaient sur le terrain de quidditch. Elle prit son courage à deux mains, inspira et appuya sur le noeud de bois. Le saule se figea. Un passage s'ouvrit. Elle avait eu raison.
Elle entra. Un étroit corridor sombre se poursuivait sur quelques mètres. Il débouchait sur une vaste pièce. Tout était très abîmé comme si l'on s'était battu. Les murs étaient rageusement griffés, les meubles étaient renversés et cassés. Au sol des tâches brunâtres. Mary devina que c'était du sang. Peu à peu les larmes lui montaient aux yeux. Celui qui venait là tous les mois devait souffrir. Atrocement. Elle s'assit sur le lit branlant. Elle percevait des voix qui venaient du dehors. Des voix qui parlaient de Zonko et d'Honeyduke. Elle se trouvait à pré au lard. Dans la cabane hurlante... Qui n'avait jamais été hantée... Pas de fantômes ici. Juste de la souffrance. Mary prit sa tête dans ses mains les yeux fixés sur les traces de sang. Puis un amas noirâtre attira son regard.
"Accio !"
La petite chose lui fila dans les mains. C'était une sorte d'agenda. Elle l'ouvrit. Il y avait des écrits, des dessins. La première page portait le nom de Remus Lupin. Le coeur de mary se serra. Il était tellement seul là dedans qu'il y emmenait son journal. Elle commença à le feuilleter et sourit. Les dessins de Lupin lui rappelait ceux de Laura. Tous deux avaient un excellent coup de crayon. Mais Laura dessinait des sujets gentillets: des fleurs, des chevaux. Les croquis de Lupin étaient beaucoup plus sombres. Il y avait surtout des caricatures acides et des natures mortes. Elle tourna une nouvelle page. Elle présentait un loup garou effrayant, les crocs tranchants, le poil hérissé, l'oeil cruel. Mais au cou de l'affreuse bête, Lupin avait dessiné un énorme noeud rose. Le garçon ne manquait pas d'humour, pensa Mary. Et de courage. Elle comprenait pourquoi il était à gryffondor. La jeune fille se prit à songer qu'elle l'estimait beaucoup. Elle se leva. Il fallait qu'elle parte. Elle mit le carnet dans sa poche. Elle continuerait de le feuilleter plus tard. Puis elle le remettrait à la même place. Maintenant elle avait une thèse à lire. Elle refit le chemin inverse. Dehors il faisait nuit. Elle se hâta de rentrer.
La Serdaigle n'alla pas manger. Elle passa sa soirée puis sa nuit à lire la thèse de Dumbledore. Le travail du sorcier était impressionnant. Brillant, bien rédigé, il s'appuyait sur des faits précis, des chiffres, des dates, des expériences menées par de grands scientimages. Elle comprenait pourquoi Potter l'avait qualifié de révolutionnaire. Dumbledore démontait toutes les thèses des anti-loups garous avec brio. Il démontrait que les effets négatifs et les tendances meurtrières de la lycanthropie se limitaient aux seules nuits de pleine lune. Après celles-ci ne persistaient qu' une force, un odorat, une vue et une ouie surdéveloppée. Mary ricana. Pauvre Lupin. Il avait dû entendre tous les chuchotements plus ou moins discrets et plus ou moins intelligents qu'émettaient les filles sur son passage. Elle le plaignait sincèrement. Dumbledore détaillait aussi les abus dont avait été victimes les loups garous au cours des siècle. Enfermés, spoliés, exécutés, marqués, interdits de relation avec les gens "normaux", la liste des exactions commises à leur encontre était longue. Mary se recroquevilla dans son lit et attaqua le chapitre vingtième siècle. La nausée la prit. Rien ou presque n'avait changé. Mais certains lycanthropes avait décidé de résister. Et cela allait du meilleur au pire: à la pacifique ligue de défense des droits des loups garous s'opposaient les terrifiants groupes " Pleine Lune". Menés par un certain Greyback ceux-ci avaient pour but d'enlever et de mordre le plus d'enfants possibles pour renforcer leurs troupes. Des enfants comme celui que Lupin avait un jour dû être. Mary avait fini. Elle avait la gorge serrée. Elle venait de comprendre à quel point le monde pouvait être affreux. Elle referma le livre et éteint la lumière de sa baguette. Le soleil se levait. Lentement elle sortit de son lit et descendit dans sa salle commune. Les lueurs rosées de l'aube illuminaient la verrière. Le monde pouvait aussi être très beau. Mary se jura qu'elle le rendrait encore plus beau. Qu'un jour elle changerait les choses. Qu'elle ne serait pas qu'une de ces stupides serdaigle le nez perdu dans ses grimoires. Le jour était enfin là. Mary tournée vers la fenêtre, ne vit pas l'affiche clignotante accrochée au mur
