CHAPITRE 6 La controverse de serdaigle
Et voilà enfin cette controverse surmédiatisée. J'espère que ça vous plaira ! Bonne lecture LVEB
Et les intervenants entrèrent. Laura marchait en tête. Elle portait la ceinture argentée des présidents et Mary ne put s'empêcher de la trouver très jolie. Jane Mansfield qui tenait le gros registre des controverses, la suivait de près. Puis venait la défense conduite par John Grant et l'accusation menée par Fanny Price. Le couple du siècle, ceux là , songea Mary. Laura tapota sa gorge de sa baguette magique. "Le sortilège de sonorus", murmura Mary à Lily Evans.
"Bonjour à tous et bienvenu à la mille deux cent troisième controverse de Serdaigle." Intérieurement Mary admira le calme de son amie. Sa voix ne tremblait même pas. Elle, elle aurait flanché devant un auditoire pareil. Laura était vraiment une fille surprenante: seule, elle avait d'horribles crises d'anxiété mais dès qu'elle était en présence d'autrui, elle savait se maîtriser . "Aujourd'hui, pour cette première controverse publique, nous aborderons un sujet particulièrement polémique. Nous étudierons la lycanthropie au regard du nouvel amendement du code de conduite des loups garous proposé par le ministre de la magie." Mary eut l'impression qu'elle venait de recevoir un coup de pioche dans l' thème s'afficha en grand sur le cadre du fond ainsi que le texte du projet de loi. Paralysée sur son siège,elle se mit à lire tandis que la voix tranquille de Laura continuait de résonner à ses oreilles." Comme vous l'avez peut-être entendu dire ce texte est extrêmement contesté." Soudain la serdaigle eut l'espoir absurde et fou que Laura allait proposer un sujet qui permettrait d'éviter le lynchage en règle des lycanthropes. Laura était une gentille fille, elle en était persuadée. Les nerfs aussi tendus que des cordes à violon elle était suspendue aux lèvres de la petite blonde." Nous nous poserons donc la question de savoir si effectivement ce texte doit être conservé tel quel..."
"-Ou s'il doit être supprimé, chuchota Mary avec appréhension". Laura devait dire cela. Il le fallait. Il le fallait. La jeune fille serra les poings si fort que ses jointures en blanchirent.
-... Ou s'il doit être renforcé."
A cette seconde , Mary sut que tout ce qu'elle avait patiemment bâti avec son amie,que tout ce qu'elles avaient partagé, venait de s'effondrer. Laura l'avait fait. Elle sentit des larmes de rage lui emplir les yeux. Elle l'avait fait. Les illusions de la serdaigle s'étaient envolées en un instant. Cette controverse, toute cette publicité c'était son oeuvre. Laura était la responsable. Mary avait toujours su qu'elle était butée. Mais aujourd'hui elle découvrait avec horreur jusqu'où pouvait aller l'implacable volonté de celle qui n'était plus son amie. Elle ne s'était même pas donné la peine d'attendre la pleine lune. Elle avait voulu lui montrer son point de vue. Elle avait aussi voulut blesser Lupin. Ce faisant elle avait trahi la confiance que Mary avait mis en elle. La jeune fille se dit qu'elle ne pourrait jamais lui pardonner cela. Elle entendit Grant prendre la parole. Et elle sut que ce qui allait se passer serait un sanglant massacre. Paniquée,elle tourna la tête vers le garçon à côté d'elle. Il était livide. Les yeux fixés droit devant lui, il ne perdait pas une miette de ce qui se disait. Et Mary était bien placée pour savoir que chaque mot prononcé lui faisait l'effet d'un coup de poignard en plein coeur. Un massacre...
" Le bien fondé de cette loi ne peut être discuté. Les loups garous sont classés dans la section créatures magiques dangereuses..." Le gros John Grant parlait en faisant des effets de manches. C'était un orateur né. La salle était captivée. On aurait entendu une mouche voler. Mary voulait lui hurler de se taire. Mais son cri restait bloqué dans sa gorge. Elle n'avait pas le droit de participer au débat. " Songez à vos petits frères et soeurs... Voulez vous les voir côtoyer de tels monstres dans les jardins publics, dans les squares, dans les écoles primaires ? Songez à vos proches, à tous ceux que vous aimez... Voulez-vous qu'ils vivent dans la perpétuelle crainte de découvrir que leur voisin est une abomination naturelle ?"
Des murmures d'approbations s'élevèrent. Et puis quelqu'un applaudit. Les autres élèves suivirent. Mary regarda à nouveau Lupin. Il semblait tétanisé. La serdaigle tourna ensuite ses yeux vers Laura. Celle ci observait également le gryffondor. Elle paraissait impassible quoiqu'un peu plus pâle. Mary sentit une haine froide l'envahir. Elle comprenait le petit manège de la présidente. La garce. Laura voulait anéantir le jeune garçon à tout prix.
Fanny Price prit la parole. Elle aussi passait extrêmement bien à l'oral:" Mais Mr Grant si les lycanthropes sont si dangereux pourquoi ne pas renforcer le projet de loi ? Les enfermer ? Les euthanasier ? Ils sont une menace pour la société ? Et ils n'ont plus rien d'humain... Vous l'avez dit, ils sont rangés dans la section des créatures magiques dangereuses. On procède bien à l'abattage des hippogriffes qu'on ne peut dresser et ils sont pourtant moins nuisibles"Il y eut de nouveaux applaudissements
" Ces mesures sont prises dans le cas de l'attaque d'une créature sur un sorcier, Miss Price..."
Mary avala péniblement. Ils parlait de bêtes à abattre, de monstres. Cependant le garçon à côté d'elle souffrait autant que n'importe quel être humain. Elle entendait la respiration de Lupin qui s'était faite plus forte, plus courte et plus saccadée. Pourquoi personne ne réagissait ? Pourquoi personne ne disait que ce débat était faussé dès le début ? Même Dumbledore se taisait. Pourtant il savait, Mary en était convaincue. Et puis il avait fait sa thèse sur les loups-garous... Comment pouvait il laisser parler cette bande de fanatiques sans protester ?
Laura repassa la parole à Fanny Price.
"Cependant les loups garous devraient avoir un statut plus contraignant que les autres créatures nuisibles. Eux consacrent leur vie entière à tuer. Ils sont en permanence sous l'influence de leurs instincts meurtriers et...
-NON !"
Il y eut un silence de mort. Lentement tout le monde se tourna vers Mary qui s'était brusquement levée.
"Miss Elliott puis-je savoir qui vous a autorisé à parler ! demanda Laura d'une voix sèche."
Mary sentit son coeur tomber dans sa poitrine. Au nom des quatre fondateurs, mais qu'est ce qui lui avait pris ? Le cri avait jailli de ses lèvres sans même qu'elle en aie conscience. Qu'elle était stupide. La jeune fille baissa les yeux, rouge de honte. Elle était pitoyable dès qu'elle parlait devant plus de cinq personnes. Il fallait qu'elle s'excuse, qu'elle se calme et se rassoie. Mais, alors qu'elle s'apprêtait à s'exécuter, elle aperçut soudain le visage de marbre de Lupin. Il n'avait toujours pas bougé. Son serment de l'avant-veille lui revint en mémoire: elle avait dit qu'elle changerait les choses. Qu'elle ne serait pas une serdaigle perdue dans ses grimoires. Le moment était venu de le prouver. Surmontant son angoisse, elle releva la tête.
-" Personne présidente." Décidément,elle était complètement folle. " Mais je conteste ce que dit Miss Price tout comme l'ensemble de ce débat que j'estime truqué."
Des chuchotements furieux emplirent la salle.
" Vous n'avez pas droit à la parole Miss Elliott, seuls les intervenants...
-Je prends ce droit... présidente... Aucun règlement... écrit... n'interdit de contester vos décisions." Sa voix était chevrotante.
"Aucun règlement écrit certes mais la coutume et la tradition..."
Une nouvelle fois la rage envahit Mary. La coutume et la tradition... Elle haïssait Laura de leur faire aveuglément confiance. D'un ton plus assuré, elle reprit:" Comme vous semblez l'ignorer, le propre de la coutume et de la tradition est d'être remis en cause et d'évoluer. Je parlerai donc
- Alors vous serez expulsée..."
Bien... On en était maintenant à prendre des mesures dictatoriales. La serdaigle serra les poings. Elle était tendue à l'extrême. Son esprit se perdait dans un tourbillon de sentiments qui allaient de la peur panique à la colère la plus noire: Elle n'était pas sûre d'avoir la force de continuer ce qu'elle avait commencé. Ses mains tremblaient. Pourtant elle le devait. Il fallait qu'elle réagisse; qu'elle contre Laura. Par honnêteté intellectuelle. Pour le respect d'autrui. Pour tous ceux qui souffraient de cette intolérance acharnée. Pour Lupin aussi.
Une petite voix interrompit ses réflexions. Flitwick s'était avancé au centre de la salle, devant l'estrade de Laura:"Je crois que Miss Elliott peut bénéficier du droit à la parole. Comme elle l'a dit elle-même, il n'y a pas de règlement écrit." Le minuscule professeur se tourna vers Mary: "Venez Miss Elliott, venez..."
Celle-ci eut un sursaut de répulsion. Elle ne voulait pas parler au milieu de la salle. Tout le monde la verrait. Cependant elle savait qu'elle n'avait pas d'autre choix possible. Lentement, Mary avança. Elle avait l'impression de marcher dans du coton. Elle trébucha dans sa robe et s'étala par terre. Il y eut des rires. C'était l'hallali. Elle allait se faire laminer. La jeune fille ne s'était jamais sentie aussi mal de sa vie. Elle se releva péniblement et reprit son trajet.. Au bout de quelques interminables secondes elle arriva à son but. Tout le monde la fixait. Toutes ces paires d'yeux la terrifiaient. Elle croisa même le regard haineux de Bertram.
Et puis soudain, elle le vit. Dumbledore était là, assis paisiblement dans son vaste siège de velours rouge . Il souriait, le regard pétillant derrière ses lunettes en demi-lune. Comme s'il avait confiance en elle. Comme s'il savait d'avance qu'elle allait y arriver. Mary sentit son courage revenir. Elle ne le décevrait pas. Elle montrerait au brillant auteur de L'Histoire démythifiée des loups garous qu'elle était d'accord avec lui. Et à ces petits imbéciles de serdaigles que leur prétendue controverse ne valait rien . Quant à Laura... La chance de la faire changer d'avis était presque inexistante. Néanmoins, pour Mary tout l'espoir du monde était désormais concentré dans cet adverbe insignifiant, "presque".
Elle s'éclaircit la gorge. De nouveaux ricanements retentirent.
"Vous avez 15 minutes Miss Elliott"
C'était suffisant. Mary prit une grande inspiration et se lança:" Miss Price a dit que les loups garous sont en permanence soumis à leurs instincts meurtriers...
-Plus fort, lança quelqu'un dans la salle."
Le sortilège de sonorus. La jeune fille l'avait oublié. Elle saisit sa baguette. Ses doigts étaient glissants et le mince bout de bois lui échappa. Elle se pencha pour le ramasser. A nouveau des rires retentirent. Troublée, la serdaigle dû s'y reprendre par deux fois avant de jeter un sort convenable. Les ricanements s'intensifièrent encore.
"Vous disiez Miss Elliott ?" Fanny Price regardait Mary d'un air excédé. Le mépris de la serdaigle était si flagrant que Mary sentit tous ses beaux raisonnements s'envoler.
" Je disais que vos arguments sont... heu... faux". Merlin pourquoi fallait il qu'elle fut si nulle à l'oral !
- Mais encore ?, reprit impitoyablement Price.
Mary tenta d'ignorer le sourire goguenard de sa condisciple et tourna son regard vers Laura. La jeune fille arborait un air froid et détaché qui la fit frissonner. Elle voulut parler. Après tout, c'était surtout Laura qu'elle voulait convaincre. Aucun son ne sortit de sa gorge. Comme un poisson hors de l'eau, elle ouvrait et fermait successivement la bouche. L'hilarité devint générale.
" Si vous n'avez rien d'autre à dire..."
La voix de Laura. Son ton était glacial. La colère revint dans le coeur de Mary. Et elle retrouva les mots qui la fuyaient:"Au contraire j'ai beaucoup de choses à dire!"
Les serdaigles murmuraient. Cette idiote contestait l'autorité de la présidente et maintenant elle l'interrompait !
" La première de ces choses est que le thème de votre débat n'est qu'une vaste blague ! Présidente, accusateurs, défenseurs vous ne vous posez pas les bonnes questions. Vous évitez le vrai problème !"
Mary avait parlé d'une traite. Elle ne voyait plus personne. Elle ne faisait que suivre le rythme des vagues de rage qui la secouaient. La jeune fille reprit son souffle et poursuivit: "Le point névralgique de cet amendement est le statut juridique et social des loups garous . Mais la vraie question, celle qui sous-tend toutes ces discussions parlementaires, est celle-ci: les lycanthropes sont ils humains ? Ont-ils les mêmes droits que les autres sorciers ? Aussi, peut on accepter cet amendement ou doit on le refuser ? Voilà la question que vous évitez depuis tout à l'heure!"
Des cris s'élevèrent dans la salle. La majorité des élèves était contre elle. Mary fit volte face . Elle était toute seule devant une horde déchaînée. Presque tous la huaient. Il y en avait même qui frappaient le sol en signe de désapprobation. Toutefois certains écoutaient. Lily Evans, Potter, Black et Pettigrow étaient de ceux qui ne participaient pas à la cabale. Mary sentit une bouffée de chaleur l'envahir. Ils l'écoutaient... Elle parlerait pour eux... Et pour Lupin dont elle fuyait le regard scrutateur.
" SILENCE ! hurla-t-elle, la baguette brandie."Le sortilège qui amplifiait sa voix la fit retentir de manière presque inhumaine. Effrayés, les perturbateurs se turent."Je disais, reprit elle sur un ton saccadé, Peut on accepter cet amendement ou doit on le refuser ? A cette interrogation ma réponse est claire, nous avons le devoir de le refuser !"Les clameurs reprirent. Mary sentit sa détermination augmenter. Elle était désormais animée d'une force qu'elle n'aurait jamais soupçonnée. Elle se moquait de ces imbéciles et de leurs préjugés. Sa peur l'avait quitté. " Vous vous demandez pourquoi ? Parce que selon toutes les preuves les lycanthropes sont des êtres humains comme vous et moi."Les cris s'intensifièrent. Mary augmenta la puissance de son sortilège de sonorus. Ils l'entendraient qu'ils le veuillent ou non. Elle reprit en criant presque:" Avez-vous entendu parler du Médicomage Caspius ? Toutes ses expériences ont prouvés que la lycanthropie n'a pas d'incidence sur le comportement des personnes atteintes hors transformation et...
"C'est un vendu ! lança un garçon fluet au quatrième rang."
L'imbécile ! Il n'avait même pas le courage de se lever pour parler.
"C'est un homme respectable qui siège aujourd'hui à l'académie des sciences sorcières, qui est titulaire de l'ordre de Merlin première classe et qui a trouvé le remède contre la maladie de la sclérose magique !"Brusquement le silence se fit. La sclérose magique était un mal terrible dont la dernière épidémie avait fait beaucoup de morts. Tous savaient que le remède sauvait des vies chaque jour. Celui qui l'avait inventé ne pouvait être qu'un saint ou un génie. " Mais si c'est cela que tu suggérais, reprit Mary plus calmement, alors oui, il est inscrit à la ligue de défense des droits des loups garous et oui, il milite pour que les lycanthropes soient retirés de la classification "créature magique dangereuses"."
Les murmures reprirent. Mary sentit un sourire lui venir aux lèvres. Ses camarades venaient soudain de voir tout leur monde de valeurs renversé. Un monde manichéen où la lumière et l'ombre étaient deux zones incompatibles, bien séparées par des limites infranchissables. D'un ton narquois, elle poursuivit son argumentation: " Vous savez, l'univers n'est pas tout blanc ou tout noir. Un homme intègre a prouvé que les lycanthropes ne souffrent pas de troubles du comportement et qu'ils sont des humains et non pas, comme aime à le dire Miss Price, des créatures nuisibles ou des mutants.
-Si c'est le cas, pourquoi personne ne reconnaît ses travaux ? Comment le ministère ose-t-il il proposer cet amendement ?", interrogea Evans, ébahie.
- Parce qu' il ne fait aucun usage de la scientimagie et que ses conclusions sont hautement fantaisistes, répondit sèchement Price avant que Mary aie eu le temps d'ouvrir la bouche. Elle émit un reniflement offusqué qui s'accommodait à merveille avec son air orgueilleux et sûr d'elle. Mary soupira. Les sorciers étaient vraiment les rois en matière de préjugés stupides.
-Ce que Miss Price essaie d'expliquer à sa manière, c'est que le docteur Caspius a employé des techniques d'analyses moldues et qu'il s'est aperçu que la lycanthropie est en réalité une sorte de virus qui n'entre en action qu'à la pleine lune. Ses analyses sont étayées et fiables mais la plupart de ses confrères partagent une caractéristique commune avec notre première accusatrice: ils professent le plus grand mépris pour tous les instrument et les protocoles de recherche de type moldu."
Mary vit la rousse froncer les sourcils avec énervement. Elle se demanda si elle avait perdu une de ses auditrices. Après tout Evans était peut-être l'une de ces sorcières si fière de sa condition qu'elle se méfiait de tout ce qui était non magique. Peut-être... Peut-être pas... Elle détourna les yeux et continua: " Même si nombre d'entre eux sont théoriquement d'accord avec lui, ils attendent que sa thèse soit prouvée de manière orthodoxe à l'aide de méthodes sorcières. "Elle jeta un coup d'oeil à Laura et ajouta avec amertume:"En cela, ils se conforment eux aussi à la coutume et aux traditions...
-Et les groupes Pleine Lune alors ? Et le massacre des orphelins de Ber-Edan ? demanda une voix apeurée.
-Le docteur Caspius ne nie pas qu'il y aie de mauvais loups-garous, tout comme il y a de mauvais sorciers"
Les élèves regardaient désormais Mary avec un air choqué. La comparaison heurtait leurs sentiments. Cependant, Evans, elle, semblait de plus en plus intéressée.
"Savez vous qu'au moment du massacre de l'orphelinat de Ber-Edan par les troupes de Greyback, une colonie de vacances moldue a été ravagée ? Non, la gazette du sorcier n'en a pas parlé; l'affaire a été étouffée. Et pourtant tous les coupables étaient des sorciers. Des sorciers qui n'étaient pas des loups garous. Des sorciers de sang purs. La quasi-totalité des enfants moldus sont morts ou ont subi des doloris"La salle frissonna. Mary savait que son argument était frappant. Elle remercia le ciel d'avoir une mère qui travaillait au département des catastrophes magiques du ministère."Et vous attribuez aux loups-garous l'exclusivité du mal sans voir les horreurs que notre communauté commet ? Oui, Il y a des mauvais lycanthropes. Mais il y en a aussi de bons. Le sortilège d'allégresse a été inventé par un loup garou."Des chuchotements étonnés parcoururent la salle. " C'est la même chose que chez les sorciers. Il y en a des bons comme des mauvais. Le sorcier qui a assassiné les enfants de moldus se nomme Voldemort et ainsi que Greyback il est toujours en liberté."La salle l'écoutait maintenant. Mary observait avec plaisir l'efficacité de son parallèle sorcier/lycanthrope." Les loups garous sont dangereux lors des nuits de pleine lune. Toutefois, la plupart s'enferment pour ne blesser personne. Et pourtant ils sont humiliés et montrés du doigt depuis des siècles. De même, un sorcier peut être aussi cruel qu'un loup garou transformé. Par exemple, qui vous dit que je ne vais pas vous envoyer un sortilège impardonnable là maintenant ?"Mary leva sa baguette. Les élèves du premier rang se tassèrent sur leurs sièges."Potentiellement, je suis aussi dangereuse qu'un loup garou. Mais vous ne vous méfiez pas de moi. Je ne vous fait pas peur. Vous croyez que je suis comme vous. Vous le présupposez. En revanche vous avez peur des lycanthropes;Mais c'est votre peur qui en fait des monstres . Votre peur et vos préjugés. Car, malgré nos classifications archaïques, de nombreux scientimages reconnaissent que la lycanthropie n'est pas un déterminisme qui oriente définitivement un homme vers la barbarie . "Un lourd silence régnait dans la salle."Les statistiques disent que sur les deux cents cinquante trois mille loups garous de grande Bretagne, seule une cinquante ont déjà mordu quelqu'un d'autre. Et pour trente trois d'entre eux c'est du à un malheureux accident. Une porte mal fermée, un enfant qui se promène là où on lui a interdit d'aller..."Mary regarda l'assemblée. Lupin était blême mais il avait l'air d'aller un peu mieux. Lui et les autres la regardaient avec attention. Elle ne savait pas si c'était le calme avant la tempête ou si elle était en train de les convaincre. "Il ne nous reste donc que dix-sept véritables criminels. Dix-sept sur deux cents cinquante trois milles... C'est peu et vous le savez. La délinquance sorcière atteint un taux autrement alarmant "La serdaigle sentit qu'on s'agitait derrière elle. Son temps de parole était presque écoulé. Il fallait qu'elle pense à conclure."C'est pourquoi je prends le risque d'affirmer que ce qui rend un individu dangereux et nuisible, ce n'est pas le fait qu'il se transforme en bête sauvage tous les soirs de pleine lune. Ce sont les choix qu'il fait. Le choix d'un loup garou d'aller tuer et mordre des orphelins roumains ou le choix d'un sorcier de torturer des petits moldus. Et tout comme il y a des sorciers qui ont fait le bon choix, il y a des lycanthropes qui veulent mener une vie honnête et décente malgré leur handicap et nos préjugés . C'est à eux que le ministère va interdire les lieux publics et les emplois. C'est ceux qui essaient de s'en sortir que le nouvel amendement va marginaliser. Les Greyback, eux continueront de mordre aveuglément, de la même façon que les Voldemort continueront de tuer. Car Greyback et Voldemort ne se soucieront jamais des lois"Le silence était palpable. Mary n'avait plus vraiment conscience d'elle même. Elle n'entendait que sa voix qui résonnait à l'unisson des mots dans s tête. Comme si elle rédigeait une dissertation à l'oral. Et puis les yeux fascinés de Lupin la ramenèrent à terre." Maintenant je vous demande de faire vous aussi un choix afin de répondre à la vraie question de ce débat. Un choix personnel et réfléchi.. Faut-il accepter cet amendement ou doit le supprimer ? Faut-il vivre selon nos peurs ou au contraire prendre la décision de rejeter nos idées reçues et de faire confiance à des hommes dont la condition est plus un fardeau pour eux que pour nous ? Moi j'ai déjà choisi. J'espère que vous ferez de même et que vous accepterez de faire confiance"
La jeune fille avait fini. Personne n'applaudit. Le silence la glaça. Elle sentit un poids lui tomber sur le coeur. Il fallait qu'elle parte. Elle ne voulait pas assister à la fin de ce stupide débat. Elle ne voulait pas voir Price démonter ses arguments pour rester fidèle à ses préjugés. Elle ne voulait pas voir Laura cautionner cela. Les élèves la regardait passer médusés. Après tout elle ne s'en était pas trop mal tirée. La serdaigle pressa le pas. La tension était retombée et les larmes lui montaient aux yeux. Elle franchit la porte et eut le temps d'entendre une dernière fois la voix de Price:
"Après cette intervention non autorisée, revenons à des arguments plus sérieux." Quelques applaudissements retentirent. Mary sentit un goût amer dans sa bouche. Les convaincre ? Changer les choses ? Elle se dit qu'elle avait été ridicule d'avoir cru cela un seul instant. Et en montant les escaliers de sa salle commune elle éclata en sanglots.
