Je sais ça faisait très très très longtemps que je n'avais pas mis à jour... Et je n'ai pas d'excuses (d'autant plus que sur mon ordinateur ça fait un bail que cette histoire est quasiment finie)... Pardon chers lecteurs pardon... Je bas ma coulpe et espère que vous ne m'en voudrez pas trop. Par ailleurs je tiens à vous signaler une petite erreur : dans ce chapitre Bellatrix Black est blonde. C'est comme ça que je me l'imaginais et je n'ai pas eu le coeur de corriger quand quelqu'un m'a signalé qu'elle avait des cheveux sombres et brillants ! Bonne lecture LVEB
CHAPITRE 7: OU L'ON DECOUVRE CERAINES CONSEQUENCES DU DISCOURS DE MARY
Enfin, Mary arriva à sa salle commune. Elle s'effondra dans l'un des fauteuils bleus. Il lui restait au moins une heure de répit avant que le débat ne se termine. Au moins une heure avant d'affronter sa maison, avant de s'entendre reprocher d'avoir parlé sans autorisation, d'avoir presque gâché ce si attendu, ce si merveilleux débat. Elle les voyait déjà, les Price, les Grant fondre sur elle comme des charognards sur leur proie. Elle entendait leurs remarques acerbes, leurs critiques et leur haine rentrée. Elle savait combien ils pouvaient être impitoyables lorsqu'un autre serdaigle déviait de leur conception du droit chemin. Ils allaient lui faire payer son comportement. Après tout, elle avait défié la coutume et la tradition, si pesantes à serdaigle. Ils n'iraient pas trop loin évidemment. Ils avaient des principes. Mais toute la maison des érudits serait contre elle. La maison des érudits... Tu parles... La maison des imbéciles surtout. Elle n'avait jamais vu une telle concentration de gens bornés. La façon dont Price la regardait, les commentaires offusqués des autres... Et nerveusement Mary se remit à pleurer. Il fallait qu'elle reprenne le contrôle d'elle-même ou elle ne s'en sortirait pas. Elle releva la tête et tenta de ralentir sa respiration. Sa vision était brouillée par les larmes qu'elle essayait de retenir. Au fond de la salle, au dessus de la cheminée, elle distinguait à peine le portrait de Rowena Serdaigle.
Elle devait penser à autre chose qu'à la controverse. Elle se concentra sur le portrait de Serdaigle. L'une des curiosités de Poudlard. Le seul portrait connu d'un fondateur, le seul portrait inanimé du château. On disait qu'il avait été peint par un moldu. Intérieurement, Mary avait toujours été convaincue que ce moldu était amoureux de la dame en bleue qu'il avait si habilement représentée. Son imagination romanesque avait inventé les histoires les plus folles. Sur ses joues les dernières larmes de Mary séchaient. Sans qu'elle s'en aperçoive elle avait cessé de pleurer. Elle avait toujours été fascinée par cette peinture. On aurait dit une miniature agrandie pour constituer un véritable tableau. La perspective était inexistante et souvent les traits maladroits. Mais les coloris s'organisaient avec art autour d'une gamme de bleus délicats subtilement rehaussés par de petites touches d'argent. Le drapé de la robe quoique rigoureusement schématisé par un assemblage de lignes et d'arabesques était à lui seul une petite merveille. Il renforçait la majesté qui se dégageait de l'ensemble. Car, Rowena Serdaigle avait une pose très hiératique. Elle se tenait debout tenant des parchemins dans ses mains aux longs doigts effilés. Elle regardait le spectateur droit dans les yeux, l'air sérieux et sans sourire .
Et soudain Mary eut peur. Cette impassibilité, elle l'avait déjà vu, elle la reconnaissait. Laura avait ce même sérieux durant la controverse. Elle non plus ne souriait pas. Alors la colère revint. Avec d'autant plus de force que Mary ne s'était jamais sentit aussi éloignée de la maison où l'avait envoyée le choipeau.
« Alors toi aussi tu serais d'accord avec eux ? Toi aussi tu détruirais des gens pour le simple plaisir de savoir que tu es en accord avec tes livres ?» La rage aveugle était toujours là. Les larmes de Mary se remirent à couler. « Dans ce cas il va falloir que tu m'expliques une chose. Qu'est ce que je fiche ici, dans ta maison ? Qu'est ce que je fiche avec des imbéciles qui laisserait tomber leur petit frère pour ramasser un livre. Je n'aime pas les livres, je préfère les gens. Je n'aime pas aller à la bibliothèque, je n'aime pas travailler, je n'aime pas rédiger des dissertations, je n'aime pas faire des fiches, je n'aime rien de tout ça alors pourquoi je suis là ? Regarde les, les élèves de ta maison, ils ne vivent que pour ce que je déteste. Et ils ne savent même pas penser. Ils passent leur vie à apprendre sans jamais se poser la moindre question. Mais moi qu'est ce que je fais là ? Je n'ai pas la vocation à être un érudit ou un dictionnaire. Et je les déteste tous, tu m'entends tous !A cause de ce qu'ils ont fait cet après midi. Parce qu'ils ont bêtement suivi Laura, la parfaite petite serdaigle. D'ailleurs je déteste Serdaigle tout court !Et toi aussi ! Parce que tu as fondé une maison de crétins adorateurs des livres et du savoir qui ne savent même pas regarder le monde autour d'eux et s'interroger sur ce qu'il signifie ! Ils sont comme toi... toujours sérieux... et ils ne sont même pas capables de sourire quand ils parlent.»
Épuisée, Mary se tut. Voilà qu'elle criait sur un tableau maintenant. Un stupide tableau qui ne bougeait pas. Un maudit tableau qui ressemblait presque à Laura. Non rester ici ne lui réussissait pas. Et puis les abrutis qui composaient sa maison finiraient bien par revenir. Elle se leva. Elle irait dans le parc. Et elle rentrerait très tard de façon à ne voir personne. Elle n'avait pas la force de les affronter ce soir. De toutes façons ce moment viendrait de lui même et bien assez tôt à son goût.
Dans la grande salle la controverse était maintenant finie. Et rien ne s'était déroulé comme Laura l'avait prévu. Autour d'elle quelques élèves discutaient encore avec animation. Ils semblaient s'être pris au jeu du débat. Peu à peu la pièce se vidait. Elle avait vu de nombreuse personnes. Tous l'avaient félicité pour sa parfaite maîtrise des discussions. Dumbledore était également venu. Il avait un sourire malicieux sur les lèvres et lui avait dit qu'elle avait très bien réagi. Même devant les évènements inattendus. C'était vraiment une bonne chose d'avoir finalement accepté de laisser parler Miss Elliott. Elle avait dit des choses très intelligentes. Elle devait avoir lu d'excellents livres. A cet instant précis, Laura se demanda s'il n'était pas en train de se moquer très gentiment d'elle. On aurait presque dit qu'il était au courant de ce que signifiait ce débat pour elle et pour Mary. Elle avait chassé cette idée de sa tête. C'était complètement absurde. Le directeur était certes un immense sorcier, mais il avait aussi ses limites. Elle vit ensuite passer un groupe de gryffondors vers la sortie. Une préfète rousse parlait avec excitation. D'après ce que Laura saisit de son discours elle avait un projet. Un projet ? Refaire une controverse peut-être ? Laura grimaça. Grand bien lui fasse. Pour sa part, son seul projet était de dormir. Elle était épuisée, vidée. Un autre groupe passa. Des poufsouffles. Eux discutait sur l'intervention de Mary.
Mary... La jeune fille ne se serait jamais attendue à ce qu'elle réagisse ainsi. Elle qui avait horreur de parler en public. Mais le directeur avait raison; elle avait dit des choses tout à fait intelligentes. Cependant, elle plaçait mal sa confiance. Qui aurait pu jurer que les méthodes moldues étaient efficaces quand il s'agissait de questions sorcières ? D'un autre côté qui aurait pu jurer l'inverse ? Tout ça était compliqué... Si compliqué... Beaucoup trop compliqué pour sa petite tête fatiguée... Elle ne savait plus où elle en était... Ce qui était vrai, ce qui était faux... Tout se mélangeait. Pour la première fois de sa vie elle n'arrivait pas à distinguer clairement le blanc du noir, l'ombre de la lumière. Ce qui était sûr c'est qu'elle venait de perdre sa seule véritable amie. Et curieusement cela la laissait de marbre. Comme si toute la tension de ces derniers jours l'avait anesthésiée. Elle ne ressentait plus rien.
« Ah oui, murmura sa petite voix intérieure, plus rien vraiment ? »
Oui, plus rien, excepté une immense confusion et un profond malaise. Cette controverse avait été un véritable calvaire. Et pourtant elle avait dû faire bonne figure. Porter une fois de plus le masque de la fille sérieuse et compétente malgré son envie de tout arrêter. Elle décida de remonter au dortoir. Ce faisant, elle croisa Fanny Price au bras de John Grant. Tous deux arboraient une mine dépitée. Leurs espérances à eux non plus ne s'étaient pas réalisées. Après le départ de Mary, les débats étaient devenus houleux. La préfète rousse avait harcelé Grant et Price de questions. Elle avait même réussi à mettre en lumière certaines failles de leur raisonnement. Puis Black et Potter l'avait rejointe. Tous trois avait mené un train d'enfer à l'accusation et à la défense. Et si la rousse ne faisait qu'interroger, les deux autres gryffondors avaient l'air d'en connaître un rayon question lycanthropie. Mais Laura n'avait pas vraiment écouté. Elle n'avait fait que regarder Lupin et penser à Mary. Pourtant elle ne pouvait pas s'être trompée. D'ailleurs il y avait tant de gens qui pensait comme elle, tant de gens intelligents... Elle poussa les lourdes portes de la grande salle et sortit. Mais Mary aussi était intelligente. Et Lupin... Il avait l'air de se sentir si affreusement mal... Elle aurait cru qu'il resterait impassible... Tout le monde disait que les loups garous avaient une sensibilité atrophiée... Et qu'ils étaient passés maîtres dans l'art de la dissimulation. Décidément Lupin était un piètre lycanthrope. Il ne correspondait pas vraiment à l'idée qu'elle se faisait de ces monstres. Elle se rappelait son teint pâle, sa contenance raidie. Un sentiment qui ressemblait presque à de la compassion l'envahit. Elle le chassa. Elle n'allait pas avoir pitié d'un loup garou ! "Les lycanthropes sont des humains comme vous et moi !". Mary était une incurable optimiste.
"Mais elle a raison, tu le sais et tu refuses de le voir"
Toujours la petite voix.
"Je ne sais rien du tout; J'estime que les travaux de Caspius ne sont pas recevables
-Cela n'a rien à voir avec ce qu'à dit Mary.
-Ah oui ?
-Tu le sais depuis que tu as vu Lupin sur le terrain de quidditch
- Il m'a juste fait horreur...
- Alors pourquoi tu te poses encore toutes ces questions ?
- A cause de Mary.
- Ce n'était pas Mary que tu regardais durant toute la controverse
-J'ai regardé Lupin parce que je voulais savoir comment les lycanthropes réagissent une fois qu'ils sont acculés. C'était purement ethnologique !
- Le fait que tu te sentes mal depuis le début de toute cette histoire c'est également le résultat d'une étude ethnologique?
- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué je me suis disputée avec ma meilleure amie: il y a de quoi être triste, non ?
- La seule chose que je remarque c'est que tu refuses d'écouter ton coeur et ta conscience pour faire confiance aux livres... Mais je te rappelle que les livres ont été écrit par des hommes, et que ces hommes sont par essence faillibles. La vérité absolue personne ne la détient. Tu devrais apprendre à te poser des questions
- Pourquoi tu parles comme Mary ?
-Je te l'ai dit. Au fond de toi tu sais qu'elle a raison...
- Je ne sais pas... je suis fatiguée et j'ai mal à la tête...
-...Et si tu refuses de m'écouter, c'est parce que tu as peur. Peur de voir que tu t'es trompée et que tu as perdu ton amie pour rien. Peur d'avoir fait souffrir quelqu'un qui ne le méritait pas. Peur de te retrouver dans le rôle de la méchante sans avoir rien vu venir
Laura ne répondit pas. Rien ne servait de discuter à l'infini avec elle même. Elle deviendrait folle si elle continuait ainsi à parler toute seule. Son unique désir était désormais de fermer les yeux pour ne plus les rouvrir et de rêver à l'époque bénie où elle ne se posait pas encore de questions, où tout était plus simple. Quand elle savait où étaient les bons et les méchants; quand elle n'avait pas de décision impossible à prendre. Certes aujourd'hui elle avait choisi une voie opposée à celle de Mary. Cependant, si elle avait pris le chemin inverse, si elle était restée fidèle à son amie, ç'aurait été contre les opinions de sa famille et de ses livres, contre tout ce qui l'avait aidé à grandir, qu'elle se serait dressée . Vivre était une action compliquée; il fallait sans cesse choisir et perdre des choses auxquelles on tenait. Est ce que l'existence ne consistait qu'en une longue suite de deuils ? Est ce qu'on ne pouvait jamais vraiment être sûr de l'endroit où se trouvait la vérité ?
Au rythme de ses réflexions, elle était arrivée devant la porte du dortoir. Elle entra et se jeta sur son lit. Les yeux fermés elle revit les évènements de la journée. Lentement une étrange torpeur s'empara d'elle. Elle laissa le bienfaisant engourdissement gagner ses membres et la détendre. Elle allait enfin dormir. Et elle sombra dans les bras de Morphée.
Mary marchait au hasard dans le parc. Elle ne savait pas où elle allait et à vrai dire elle s'en fichait. Tout ce qu'elle voulait c'était de l'air pur et avoir la tête vide. La controverse devait être terminée maintenant. Le ciel s'obscurcissait peu à peu. Il ferait bientôt nuit. Soudain elle entendit des voix qui se rapprochaient. Elle voulut changer de direction. Mais elle ne put réaliser son projet car en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, elle se retrouva nez à nez avec une bande de six serpentards de sixième année.
Ils ne lui semblaient guère sympathiques; mais elle n'avait aucune raison de s'en faire. Certes les serpentards n'étaient pas des tendres mais en général ils fichaient la paix au serdaigles. D'habitude ils préféraient attaquer les gryffondors. La rivalité entre les deux maisons était immémoriale. « Encore une autre tradition stupide !», songea Mary. Elle tenta de poursuivre son chemin mais les serpentards ne daignèrent pas s'écarter pour la laisser passer. L'inquiétude s'empara d'elle. Pourtant ils n'avaient rien à lui reprocher. Elle s'était toujours maintenue à distance respectueuse de cette maison. Autour d'elle la pénombre s'épaississait. Elle essaya de faire demi tour. Mais à nouveau les serpentards la bloquèrent silencieusement. Merlin qu'est ce qui se passait ?
« Excusez moi, mais je voudrais rentrer au château. Vous pourriez me laissez y aller ? »
Personne ne lui répondit. Cependant, une fille brune éclata de rire. D'un rire perçant et aigu. D'un rire de petite fille devenue folle. Mary recula, le coeur battant. Ils voulaient simplement lui faire peur rien de plus. Et elle qui avait laissé sa baguette au dortoir. Non, elle ne devait pas paniquer. Il ne lui arriverait rien. Elle se trouvait dans l'enceinte de l'école. Elle était en sûreté. Enfin l'un des serpentards parla. Il avait des cheveux graisseux, un nez crochu et des yeux aussi froid que le cachot humide où ils avaient cours de potion: « Tu voudrais déjà nous quitter ? Dommage... nous qui venions justement pour te féliciter... »Il parlait d'un ton doucereux. « Absolument merveilleux ton petit discours de cet après-midi... Un grand pas a été fait pour la cause lycanthrope... » A nouveau le rire enfantin et fou résonna. Alors c'était ça...
« Écoutez, je me doute que vous n'êtes pas d'accord avec moi, mais si vous voulez on pourrait en discuter au château. Là il fait noir, il fait froid et ce n'est vraiment pas le lieu idéal pour discuter...
« Qui t'as dit qu'on voulait... discuter... , la coupa le garçon au teint cireux."
Mary avala avec difficulté. Elle était dans une très mauvaise passe.
« Qu'elle est mignonne cette petite serdaigle... » La fille brune s'était rapprochée d'elle. Pour ce que Mary en voyait, elle avait un visage fin et racé. Néanmoins ses paupières lourdes lui donnait un air inquiétant. « ...Mais bien mal coiffée, n'est ce pas Severus... »
Une main très blanche se posa sur la tête de la Serdaigle. Elle descendit doucement comme pour une caresse. La jeune fille frissonna à ce contact. Soudain un coup bref la força à renverser sa tête en arrière. La douleur était aigue. La blonde maintenait sa prise. Elle gloussait. Elle accentua la pression. Mary se débattait mais ne parvenait pas à se dégager. Et le rire hystérique lui vrillait les oreilles. Un instant plus tard elle était par terre. La fille la lâcha enfin. Les autres serpentards formaient maintenant un cercle autour d'elle. Mary avait peur. Il fallait qu'elle parle. Elle parviendrait peut-être à les calmer.
« Je suis désolée de vous avoir offensée mais j'ai dit ce que je pensais et je...
- SILENCE ! , rugit un garçon qui ressemblait à un gorille."
Mauvaise pioche, pensa Mary.
« Voyons Avery, soit poli avec cette charmante demoiselle ! Sera-t-il un jour possible de faire entrer un semblant d'éducation sous ton crâne épais ? Vois-tu il faut commencer par se présenter, regarde : Bonjour je m'appelle Severus Snape ! » Et le dénommé Snape s'inclina rapidement sous les ricanement de ses comparses. Mary étouffa un gémissement. Sur toute une tripotée de serpentard, il avait fallu qu'elle tombe sur le type que Lupin avait attaqué. Il était clair que son petit laïus à la controverse n'avait pas dû lui plaire.
« Ecoute je comprends que...
- En revanche Elliott, Avery avait raison sur un point. Il vaudrait mieux pour toi que tu apprennes à fermer ta jolie petite bouche
- Et il se trouve que justement tu l'as un peu trop ouverte pendant cette controverse. Mais contrairement à Severus je n'irai pas jusqu'à dire qu'elle est jolie. Je ne n'aime pas mentir. » Et la fille brune éclata à nouveau d'un rire glacé.
« Par conséquent nous estimons que tu as besoin d'une petite leçon. Pour apprendre à te taire. " Snape sortit sa baguette. Mary ferma les yeux. Elle préférait ignorer ce qu'il préparait.
« Ooooh! Regarde Severus, elle ferme les yeux. Elle a peur. Tu lui fait peur. Severus méchant garçon ! Tu n'as pas honte ?» La fille parlait d'une voix pointue qui rappelait à Mary celle de Mansfield.
D'un ton tranquille le garçon articula lentement: « Sectumsempra! »
Une douleur fulgurante lui traversa le bras gauche. Elle ne bougea pas et se mordit les lèvres pour ne pas crier. Mieux valait ne pas donner de raison de s'énerver à ses agresseurs.
« Sectumsempra ! »
Cette fois c'était son épaule qui était touchée.
« Sectumsempra ! »
Puis sa joue.
« Mais tu sais que c'est un merveilleux maléfice que tu as inventé là, Severus », déclara une voix traînante. Mary ne put se retenir d'ouvrir les yeux pour voir celui qui parlait. C'était un garçon aux cheveux noirs et à l'air hautain.
« Merci Rodolphus ... »
- Mais regardez qui a ouvert les yeux... Tu n'as plus peur petite Serdaigle ? ». La jeune blonde s'était accroupie pour pouvoir lui parler en face. Mary s'abstint de répondre. « Elle est devenue muette la petite serdaigle... Muette de peur... Tu crois qu'elle va le rester , Rodolphus ?
- Je crains qu'elle n'aie pas le choix. » Le garçon agita sa baguette en direction de Mary. Le sort la frappa en pleine poitrine.
- Maintenant j'ai bien peur que tu ne puisses parler de notre petite conversation à personne, Elliott, murmura la voix mielleuse de Snape, Vois-tu Rodolphus est également un spécialiste des sortilèges de secret et certaines de ses créations sont extrêmement intéressantes... A présent, laisse-moi te dire que tu as des opinions détestables. Si tu es une fille intelligente, à l'avenir tu te tairas. Sinon... Je pense que nous continuerons à nous rencontrer dans le parc. Et ce pourrait être beaucoup plus douloureux... Tu m'as compris ? »
Mary hocha la tête. Elle n'était absolument pas d'accord mais les contredire ici serait de la pure folie.
« Bien... Je crois qu'elle a compris... On va y aller.
- Et mon petit cadeau d'adieu, Severus ?
- Vas-y Bellatrix, on te regarde...
La fille blonde se releva et saisit sa baguette. Il y eut une détonation, un éclair rouge et Mary eut l'impression que sa tête allait exploser. Au bout de quelques secondes, elle perdit 'elle se réveilla, il faisait tout à fait nuit. Il pleuvait. A grosses gouttes. Le nez dans la boue, Mary tenta de rassembler ses esprits. Elle était trempée, elle avait froid, sa tête la lançait douloureusement et son bras, son épaule et sa joue étaient encore brûlants. Elle se leva péniblement. La première chose à faire était de retourner au château. Après elle aviserait pour le sort de secret. Les serpentards n'étaient jamais très fins: elle n'aurait probablement à faire qu'à un dérivé du sortilège de Fidélitas combiné à un banal sort de chemin vers le château fut difficile. Elle ne savait pas l'heure qu'il était mais elle se sentait particulièrement fatiguée.
Une fois dans sa salle commune, elle soupira d'aise. Enfin. Et il n'y avait personne... Ou presque. Dans l'encoignure de la porte se découpait une petite silhouette. La lueur rougeoyante des dernières braises ne lui permettait pas de distinguer clairement de qui il s'agissait. Mais Mary n'en avait cure. Elle s'affala dans le premier fauteuil qui se présenta devant elle, et émit un gémissement de satisfaction. Sans qu'elle le remarque la frêle silhouette s'était approchée.
« Je voulais te remercier ...» Mary tourna brusquement la tête. Merlin ça n'allait pas encore recommencer ! Cependant lorsqu'elle découvrit le visage inquiet de celle qui lui parlait, ses doutes se dissipèrent.« Ça va ? »Mary opina, fatiguée de parler. "Tu es sûre? Tu as du sang, partout ! »
La jeune fille aurait bien voulu conter sa mésaventure mais quelque chose l'en empêchait. « Beau travail, Rodolphus ! », songea-t-elle.
« Non je n'ai rien. Je suis juste tombée un peu violemment. J'irai à l'infirmerie demain. Ce n'est pas grave et il est trop tard pour déranger Pomfresh »
La petite qui l'avait interpellée parut rassurée. C'était sans aucun doute une première année. Elle avait l'air incroyablement jeune. Ou alors c'était Mary qui avait terriblement grandi. On aurait dit une délicate petite poupée de porcelaine aux grands yeux bleus: « Que me voulais-tu ? »
La gamine rougit:« Je voulais juste te dire merci. » Mary haussa les sourcils. « Pour ce que tu as fait cet après-midi. Moi j'aurais bien voulu... Mais je n'ai pas osé... Ils étaient si nombreux... je ne suis pas courageuse... » Une larme perla sur la joue ronde de la petite fille. Mary ne savait pas quoi faire. Elle n'était pas très douée pour consoler les gens. « Les autres disent toujours la même chose sur les loups garous. Ils ne veulent pas comprendre qu'ils peuvent être gentil. Mon père, il est gentil, lui. » Et avec ce demi aveu Mary comprit que Lupin n'était pas le seul à avoir passé un après midi infernal
« Je suis sûre que ton père est quelqu'un de fantastique. Pour avoir une aussi jolie fille, il ne peut pas être méchant. »
L'enfant sourit: « Il n'est méchant qu'à la pleine lune mais ce n'est pas sa faute.
-Je sais.
- Je crois que je vais aller me coucher maintenant. Il est très tard et demain je commence à huit heures. »
Et la petite s'échappa avec la rapidité d'un moineau.
« Attends ! » Elle s'immobilisa, l'air interrogateur. « Comment t'appelles tu ? »
- Elinor. Alors bonne nuit Elinor !
- Bonne nuit à toi aussi !»
Et elle disparut dans les escaliers. Mary resta seule à regarder le feu mourir. Tant de choses avaient eu lieu aujourd'hui. Au point qu'elle en avait l'esprit confus. Toutefois, dans la chaude pénombre de la pièce, son coeur se réchauffait peu à peu. Elle revit le petit visage d'Elinor. Et elle se dit que quelqu'en soit les risques on avait toujours raison d'agir selon sa conscience. Malgré les Laura, les Snape et leurs comparses.
