Non, rien de rien, non je ne possède rien... Tout est à la merveilleuse JKR qui a bercé mon enfance, mon adolescence, et les débuts de ma (très) jeune vie d'adulte !

Alléluia ! J'ai enfin réussi à poster ce chapitre ! Ce n'était pas gagné ! Mais grâce aux conseils judicieux du site d'Alixe (le guide non officiel de j'ai résolu "à contourner le bug" (sic !) qui faisait que je ne pouvait pas mettre en ligne les chapitres. A aller consulter de toute urgence pour les nuls en anglais et les ignares en informatique (oui, je parle bien de moi...). Cette petite page de pub' passée je vous souhaite une excellente lecture et espère que ce chapitre vous plaira

CHAPITRE 8: OU L'ON ASSISTE A UNE PETITE DISCUSSION ENTRE AMIES

Le lendemain de la controverse était un samedi. Pour tous les étudiants de Poudlard le mot samedi recouvrait une multiplicité de délices qu'on pouvait résumer à l'expression "début du week-end" . Néanmoins Laura ne devait pas avoir les mêmes références que ses camarades, car lorsqu'elle ouvrit les yeux ce jour-là, elle ne se sentait guère d'humeur à batifoler. Les événements de la veille lui laissaient un arrière-goût amer dans la bouche.

Elle tira brusquement les rideaux de son lit à baldaquin. C'était encore le petit jour. Un des inconvénients de se lever matin toute la semaine, c'était qu'il en devenait par la suite impossible de réaliser une grasse matinée convenable. Elle savait qu'il était parfaitement illusoire de chercher à retrouver le sommeil. Aussi, elle se leva de mauvaise grâce, enfila son uniforme et descendit dans la salle commune.

Dehors, il faisait gris. Un temps parfaitement en accord avec ses sentiments. Sans raison clairement établie, elle se sentait parfaitement lamentable. L'état d'esprit rêvé pour bien commencer une journée. Comble de malheur, elle n'avait rien à faire. Pas de dissertations à rédiger, pas de livre à lire, rien qui put lui remplir l'esprit jusqu'à l'heure du petit déjeuner. Elle soupira. La perspective d'un tête à tête avec sa conscience n'avait rien de très réjouissant. La mort dans l'âme, elle se dirigea vers l'une des petites bibliothèques du fond de la salle dans l'espoir d'y trouver une occupation; elle pourrait peut-être classer les usuels par exemple... Dans sa marche précipitée, elle heurta un guéridon couvert de grimoires hors d'usage. Celui-ci se renversa dans un épouvantable fracas. Consternée par sa maladresse, elle se pencha pour réparer les dégâts. C'est alors qu'un grognement fort peu élégant attira son attention. Apparemment un autre insomniaque avait trouvé refuge dans la salle commune et le bruit l'avait dérangé.

Elle s'approcha donc du fauteuil dont l'occupant avait émis ce son incongru. Si elle était chanceuse, elle trouverait peut-être quelqu'un avec qui discuter ou, pourquoi pas, avec qui travailler... Toutefois elle ne s'attendait pas du tout à ce qu'elle vit: c'était Mary qui se pelotonnait dans le fauteuil. Mais la brunette était dans un état pitoyable. Sa robe, déchirée par endroits, était maculée de boue et de sang. Sur l'une de ses joues s'étalait une large coupure. Pourtant elle semblait dormir comme une bienheureuse. Merlin ! Comment se faisait il qu'elle soit dans cet état ? Oubliant la controverse, leurs désaccords, et le fait que Mary allait probablement lui faire payer son comportement de la veille, Laura se précipita vers elle et la secoua brusquement: "Au nom des quatre fondateurs Mary, comment t'es tu fait ça ? Pourquoi n'es tu pas à l'infirmerie ?" Et avant que son interlocutrice n'ait eu le temps de réagir, elle se mit en devoir de nettoyer ses blessures. Mary, à moitié endormie, observait avec stupéfaction celle que , la veille au soir, elle avait encore juré d'assassiner sur place." Qu'est ce que tu as fichu ? Il n'y a que toi qu'on peut retrouver à sept heures du matin au fond d'un fauteuil, aussi amochée que si tu avais passé ta nuit à te battre..."

Mary était certainement en train de cauchemarder. La seule personne qui n'avait rien à lui dire au sujet de son comportement, se trouvait là, devant elle, à lui faire un sermon. Ce n'était pas du tout la scène de règlements de comptes qu'elle avait imaginée. Elle, elle aurait vu plus de cris... Peut-être des larmes... Voire, dans le pire des cas, du sang... En tous les cas, au moins une bonne dose de pleurs et de grincements de dents. Mais certainement pas ça. La fille qu'elle voulait agonir d'injures n'avait pas à se tenir là, à la soigner comme une bonne et consciencieuse petite infirmière ! C'était tout simplement inconvenant ! Elle lui gâchait tous les reproches qu'elle avait préparé ! Cependant, toujours imperturbable, Laura continuait ses remontrances: "Et tu as complètement massacré ta robe. Mais qu'est ce que j'ai fait aux fondateurs pour avoir une amie comme toi..." La jeune fille avait prononcé le mot de trop.

" Amie ? Depuis quand est on encore "amies"?"

Laura s'arrêta net. Elle avait pâli. Un silence pesant s'établit.

"Tu... tu veux parler d'hier, c'est ça... chuchota Laura, embarrassée.

- De quoi veux tu que je te parle d'autre ! répliqua Mary avec énervement. C'est toi qui avais tout manigancé, n'est ce pas ?

La petite blonde rougit. Elle se sentait affreusement mal à l'aise. A bien y réfléchir cette controverse avait été un échec complet. Elle n'aurait jamais dû l'organiser...

- Je ne pensais pas que ça prendrait cette ampleur. Je voulais juste faire comprendre à Lupin qu'il valait mieux pour lui qu'il prenne ses distances... d'avec les serdaigles..." Mary se taisait et Laura savait que son calme ne présageait rien de bon pour elle. L'explosion n'en serait que plus terrible. Avec appréhension elle tenta d'arrêter la tempête qui se préparait . "Je pensais qu'il était dangereux...".

Au moment même où elle prononçait ces mots, elle comprit qu'elle était en train de commettre une grave erreur

"Parce que tu penses toute seule maintenant ? sussurra Mary dont les joues se colorèrent vivement."

Paniquée par l'air mauvais de son amie, la préfète essaya de calmer le jeu: "Comprends-moi, je ne partage pas tes opinions..."

Mary eut un sursaut de rage. Comment osait elle...

" MES OPINIONS ? QU'EST CE QUE TU SAIS DE MES OPINIONS ?

- Je...

- TU NE M'AS MEME PAS DONNE LE TEMPS DE LES EXPRIMER, MES OPINIONS ! ON AVAIT DIT A LA PLEINE LUNE! LA PLEINE LUNE ! HIER CE N'ETAIT PAS ENCORE LA PLEINE LUNE QUE JE SACHE !

- J'ai eu peur...

- PEUR ? TU AS VRAIMENT LE SENS DE L'ORGANISATION POUR QUELQU'UN DE TERRIFIE ! LES AFFICHES, LES PARTICIPANTS, TOUT LE GRAND TRALALA ! D'AILLEURS CE N'EST MEME PAS UN DEBAT QUE TU AS FAIT, C'EST UN LYNCHAGE !"

Pitoyable, Laura balbutia une réponse hésitante: "Je ne te mens pas... J'avais vraiment peur...

Mary éclata de rire. D'un rire désenchanté, désabusé. Le rire sans joie de quelqu'un qui a perdu toutes ses illusions en l'espace d'une journée.

"Peur de quoi ? Que le grand méchant loup vienne te dévorer dans la nuit ?

Non, non, Mary ne comprenait pas. Ce n'était pas que ça:

-... je voulais surtout que toute cette histoire s'arrête et qu'on soit de nouveau comme avant...

Il y eut un silence lourd, pesant. Puis, à nouveau, la voix dangereusement calme de Mary...

-Et bien laisse moi te dire que tu n'as pas choisi le bon moyen... Tu sais j'aurais pu tout accepter de toi... Tout... Parce que justement tu étais mon amie!," le ton de la serdaigle montait," J'aurais même pu admettre ton point de vue sur les lycanthropes... Après tout tu as déjà une pathologie du travail, et une famille exécrable. Alors pourquoi pas des opinions détestables, hein ? Pourquoi pas ?" Laura était atterrée. Si seulement elle avait su ça... "On serait restées amies... Mais,toi, Mlle Préfète-parfaite, tu n'as pas pu t'empêcher de passer de la théorie à la pratique. Tu médisais des loups garous . Maintenant tu en as blessé un . Tu es heureuse ? Tu es contente ?Tu as atteint le but de ta vie ?" Mary martelait ses mots avec amertume.

"Qui te dis que Lupin souffre autant que ça de ce qui s'est passé ? rétorqua Laura tout en mesurant l'étendue de sa propre mauvaise foi

-Qui me dit..." C'en était trop pour Mary. A nouveau elle explosa: "COMMENT OSES TU DIRE CA ! J'ETAIS A COTE DE LUI HIER ! ET JE PEUX T'ASSURER QUE GRÂCE A TES MERVEILLEUX AMIS, GRÂCE A LEURS FABULEUX DISCOURS,IL N'EN MENAIT PAS LARGE !" Laura détourna le regard, affreusement gênée. Ça elle en était consciente mieux que quiconque. Elle détestait quand Mary la perçait à jour ainsi. Impitoyable celle-ci poursuivit "DE QUEL DROIT TU AS PU FAIRE CA A UN ETRE HUMAIN...

- Lupin n'est plus un être humain...

La brunette manqua de s'étrangler. Elle se demanda comment Laura pouvait être aussi bornée . Soufflée, elle murmura:

- Est ce qu'au moins tu m'as écouté hier ?

La préfète opina avec un soupir. Dans le discours de son amie les choses étaient tellement plus simples que dans la réalité...

- Ton Dr Caspius ne me convainc pas. Les techniques moldues sont trop imprécises pour être appliquées à quelque chose d'aussi fluctuant et imprévisible que la magie..." Il y eut un silence. Mary se dit que tout ce qu'elle avait fait avait été en vain. Qu'elle s'était contentée de hurler dans l'oreille d'une sourde" ...Mais si tu as d'autres preuves à m'apporter, je veux bien les entendre..."Laura avait hésité avant de prononcer cette phrase. Mais si il y avait un risque qu'elle se soit trompée, mieux valait le connaître maintenant. Au moins ses doutes seraient dissipés. Quel qu'en soit le prix...Elle continua:" Prouve moi que Lupin est un être humain. Prouve moi qu'il est comme nous, qu'il passe pas son temps à jouer la comédie, qu'il a des sentiments autre que l'envie de meurtre qui le guide à toute les pleines lunes, et je ferai amende honorable.

-Son comportement de tous les jours, ça ne te suffit pas ?

- Non. Les livres disent que le loup-garou est pervers par nature, qu'il ment et triche comme il respire...

Ce fut le coup de grâce. Les livres... Tout d'un coup, Mary n'eut plus du tout envie de discuter. Elle avait espéré pouvoir cracher toute sa hargne et sa déception à la face de Laura. Elle avait espéré que ça la soulagerait. Et peut-être y aurait-il eu un espoir de faire changer Laura d'avis. Mais cette fille n'entendait rien. Elle vivait abritée derrière un épais bouclier de grimores,d'auteurs et de citations apprises par coeur. Derrière des phrases toutes faites qui la sauvaient du danger de la réflexion, de la pensée indépendante. Et Mary, elle avait déjà épuisé tout son stock d'arguments. Elle se sentait vidée, épuisée... Les dents serrés, une boule de chagrin dans la gorge, elle articula péniblement:

- Va-t-en ... Je ne suis pas sûre qu'on ai encore grand-chose à se dire...

Laura soupira. Pendant un instant elle avait cru que Mary lui apporterait la preuve irréfutable à laquelle elle aspirait depuis la veille. Pour une fois elle aurait presque eu du plaisir à s'avouer vaincue. Toutefois, rien n'allait jamais comme elle le voulait. Et maintenant Mary la détestait. D'une certaine manière elle comprenait son point de vue: si on estimait que les lycanthropes étaient humains, la controverse devait sembler absolument monstrueuse... Et elle, Laura, n'était qu'une fanatique sans coeur. Sans coeur. Elle avait presque envie de pleurer

- Je suis désolée... J'ai tout gâché...

- Ça tu l'as dit.

Le ton morne de son amie fit frissonner Laura. Elle se ressaisit. Elles n'allaient tout de même pas en arriver là ! Cinq ans ensemble et puis le lendemain plus rien ! Tout ça parce qu'elles avaient eu la bêtise d'aller écouter une conversation qui ne les regardait pas...Avec un serrement de coeur elle se rendit compte qu'elle ne voulait pas que leur amitié s'achève ainsi.

- Il n'y a pas un moyen de me rattraper ?

Mary la regarda, avec presqu'une lueur d'espoir au fond des yeux.

-Dis en public que cette controverse était une erreur. Dis que tu regrette de t'être montrée intolérante et fanatique. Dis...

- Je ne peux pas...

-Tu as peur à nouveau ? interrogea la jeune fille avec sarcasme.

-Non. Mais je ne regrette pas d'avoir éloigné Lupin de notre maison." Ce n'était pas tout à fait vrai. Si le préfet était un être humain... Mais Laura ne voulait pas envisager cette perspective. Comme pour couper court à ses propres pensées, elle reprit: "La seule chose qui me peine c'est d'avoir ruiné notre amitié

- L'un n'allait pas sans l'autre,tu sais

-Je n'avais pas vu les choses comme ça

-Et dire que j'ai un jour cru que tu étais intelligente... rétorqua Mary d'un ton amer."

Elle détourna la tê eut un faible sourire. Il fallait arrêter cette conversation. Là, tout de suite, maintenant... C'était trop pénible...

"Je descend à la grande salle. Je suppose que cela ne servira plus jamais à rien de t'inviter à prendre le petit déjeuner avec moi...

-Bien deviné; si seulement tu avais été aussi perspicace avant la controverse...

-Que veux tu... Ce qui est fait est fait

Et Laura tourna les talons. Tout était fini. Définitivement fini.

Mary demeura stupidement debout, incapable de se donner une contenance. Cinq ans anéantis en cinq minutes. Sous le choc, elle ne prêta même pas attention aux élèves encore ensommeillés qui arrivaient paresseusement dans la salle commune.

Tout d'un coup une voix lança:"Eh, Elliott ! il était vraiment bien ton discours hier !"Mary se retourna surprise. Elle devait faire une drôle de tête car celle qui l'avait interpellée reprit:" Non je ne plaisante pas. Tu les as trouvé où tes arguments ? Tu n'aurais pas une petite bibliographie à nous passer ?" Devant elle, se tenait une fille de sixième année qui souriait de toute ses dents... Tant et si bien que ses yeux se réduisaient à une mince fente. On aurait presque dit une asiatique. Son nom échappait à Mary. A côté d'elle un garçon à la peau noire et aux joues rebondies opinait du bonnet avec conviction. "On est intéressé par le sujet mais pas trop convaincus par Price et compagnie, alors..."

Mary était abasourdie. Ce n'était pas vraiment le type de réactions auquel elle s'était préparée. Ce fut au tour du garçon de parler: "On a Price dans notre classe et je peux te dire que ce n'est pas de la tarte. Plus réactionnaire et bornée qu'elle tu meurs. Je ne comprends pas comment elle fait pour avoir ses notes avec le petit cerveau qu'elle a. Donc tu vois, son réquisitoire, c'est pas vraiment notre tasse de thé." Et il éclata de brunette fit un effort pour enregistrer toutes ces informations. Elle se demanda si elle n'était pas en train de rêver. Néanmoins la salle commune lui semblait on ne peut plus réelle. Aussi elle se résigna à demander un papier sans pousser plus avant ses interrogations sur ses interlocuteurs. La fille souriante se mit à farfouiller dans son sac à la recherche d'un morceau de parchemin. Mais avant qu'elle ne trouve quoi que ce soit, un cri retentit et une espèce de furie échevelée jaillit de l'escalier.

"LOUISA !

-Ann...Tu as un problème ?"Mary identifia la jeune fille aux cheveux emmêlés comme étant Ann Middleton, une sixième année particulièrement douée, mais également particulièrement excentrique."Mon journal, tu ne l'aurais pas vu par hasard ?"

- Non, et c'est le cadet de mes soucis. Allez vas te coiffer sinon on sera en retard au rendez vous de Lily.

-Mais je l'ai perdu, Louisa ! Je l'ai perdu ! N'importe qui peut le lire...

Le garçon étouffa un ricanement amusé.

-Merlin ! N'importe qui pourrait découvrir ta nature véritable de cinglée et t'envoyer illico presto à Ste Mangouste! Pauvre, pauvre chérie !

Devant le regard assassin que lui jeta Middleton, il jugea bon de changer de sujet.

- Non, sérieusement, regarde sous ton lit. Avec ton sens naturel de l'ordre...

Les yeux noirs de la sixième année étincelaient dangereusement.

-Arthur, tu es un sombre crétin, j'ai regardé trois fois...

- Et en soulevant la pile de vêtement qui ne doit pas manquer de déjà s'y trouver ?

Le visage d'Ann Middleton se vida pendant un instant de toute expression. Elle poussa un nouveau cri et regagna les escaliers à toute allure. Non sans avoir renversé un ou deux fauteuils au passage. Mary regardait la scène avec un certain étonnement. Décidément Middleton ressemblait parfaitement au portrait qu'on lui en avait dressé.

-Désolé pour l'interruption mais elle est un peu folle, s'excusa la dénommée Louisa.

-Elle est complètement timbrée tu veux dire ! la corrigea Arthur. Bah... C'est aussi pour ça qu'on l'aime... Pour sa "nature véritable de cinglée"... Ou pour sa nature de véritable cinglée... Comme on veut...

Et Louisa éclata de rire.

-Tu as vu ! J'ai de la répartie ... la coupa le garçon en prenant un air outrageusement suffisant.

-Et de la modestie surtout.. répliqua la jeune fille avec toujours le même sourire éclatant accroché aux lèvres. Arrête de te tenir comme ça on dirait mon cousin !

-Comment oses tu !Je n'ai rien de commun avec James Potter, déclara-t-il d'un ton faussement offensé.

Au nom de Potter, Mary se réveilla :" Vous pouvez répéter ce que vous venez de dire ?

-Sur mon cousin ?

-Non!

-Qu'Arthur avait de la modestie ?

- Non plus. Attendez... C'était quoi? "N'importe qui pourra découvrir ta nature véritable", c'est ça ?

-Heu... Oui... "et t'envoyer illico presto à Ste Mangouste"...Pourquoi ?

La lumière venait brusquement de se faire dans l'esprit de Mary. Il y avait peut-être un moyen. "Prouve moi qu'il ne joue pas la comédie" avait dit Laura...

- C'est un journal intime qu'elle avait perdu votre amie ?

- C'est ça...

Les deux serdaigles la regardaient, interloqués. Mary demeura un instant silencieuse.

-Heu... Tu l'as trouvé ? tenta le dénommé Arthur.

Il y eut un autre blanc. Et puis, lentement, très lentement, pesant chacun de ses mots elle déclara: "Non ... Mais vous... vous venez de m'aider... à un point..."Tout d'un coup elle se sentit brutalement surexcitée. Comme si des flots d'adrénaline s'étaient brutalement mis à se déverser dans son système sanguin. -" A un point que vous n'imaginez même pas... articula-t-elle rapidement, Oh merci! Merci beaucoup !" Ignorant les regards abasourdis de ses interlocuteurs, elle se précipita vers la porte." Et je vous donnerais mes références plus tard. Vous n'avez qu'à venir me les demander ce soir ! Merci encore !"

La serdaigle dévala les marches qui menaient à la grande salle. Quoi de mieux qu'un journal pour comprendre quelqu'un! Au moins, Laura ne pourrait pas dire que Lupin cherchait à manipuler qui que ce soit! Après tout personne n'était censé lire ce carnet! Une fois arrivée, elle se dirigea droit vers la table des Serdaigles et se planta devant Laura. Celle-ci manqua de s'étrangler dans son jus de citrouille:"Qu'est ce que tu veux ?

- Te montrer quelque chose. Je l'ai ta maudite preuve. Tu as fini ?

- Quasiment...

- Alors presse toi ! Je n'ai pas que ça à faire !

Elle n'avait aucune envie d'être aimable. Elle regarda Laura avaler précipitamment sa dernière tartine et se lever. Sans ménagements elle la prit par le bras.

- On va où ?

- Au dortoir

- Je te préviens, si c'est un bouquin de ton Dr Caspius ou de la ligue de défense des droits des loups garous, je...

- Ce n'est pas ça du tout. Contrairement à toi je ne suis pas encore tout à fait stupide et entêtée !" Laura émit un petit rire. "Pour ta gouverne ma dernière phrase n'était absolument pas un compliment !"

-Je sais... Mais c'est tellement toi de dire les choses comme ça..."

Mary négligea de répondre. Les tentatives de Laura pour établir un contact étaient lamentables. De toutes façons, la jeune fille lui en voulait toujours. Elles croisèrent le groupe de serdaigles de sixième année auquel la brunette avait parlé. Cependant cette dernière ne s'arrêta pas. Elle montait très vite et Laura avait du mal à suivre.

"Attends...Je n'en peux plus...

- Tu n'as qu'à faire du sport, lança Mary, impitoyable, sans ralentir sa marche.

Cette remarque était parfaitement déloyale, et elle en était pleinement consciente. Toutefois elle s'en moquait. Elle avait bien le droit de se venger un peu, non ? C'est donc en nage et complètement hors d'haleine qu'elles échouèrent au dortoir. Cependant, Mary trouva encore la force de se ruer sur sa table de nuit pour en tirer un petit agenda noir. Laura la regarda, consternée.

- Ne me dis pas que c'est pour ce truc que tu m'as forcé à faire la course jusqu'ici ?

-Leçon no 1: ne jamais juger sur les apparences." Avec un brin de malveillance Mary ajouta :"Je sais tu n'as pas l'habitude. Leçon no 2 Tu vas le lire et me le rendre avant la pleine lune. Leçon no 3 Tu vas me jurer de ne parler de ça à personne.

- Par la barbe de Merlin, qu'est ce qu'un stupide carnet a à voir avec Lupin ?

-Tout ! Jure !

-Parce que tu me fais confiance maintenant ?

-Non. Mais si tu fais mine de divulguer quoi que ce soit à qui que ce soit, je t'assure que je le saurai et que tu me le paieras

Fatiguée, Laura murmura

-Tu n'as qu'à me jeter un sort de secret...

Mary haussa les sourcils: depuis quand Laura donnait-elle elle même les bâtons pour se faire battre ?

-Je n'en connais pas exactement le fonctionnement

La jeune fille blonde n'avait qu'un désir: couper court à la conversation. C'était trop dur d'être avec Mary et de savoir en même temps que leur amitié était détruite... Par sa faute.

- Tu devrais demander aux serpentards, il paraît qu'ils sont très bons à ce petit jeu...

- Qu'est ce que tu en sais ?, demanda Mary plus brutalement qu'elle ne l'aurait voulu.

-S'il te plait arrête de me parler comme si j'étais une moins que rien. C'est peut-être ce que tu penses, mais évite de me le faire sentir toutes les trente secondes. Et pour ton information, j'ai aidée une première année de gryffondor à annuler le fichu maléfice qu'un de ces crétins en vert lui avait lancé. Alors, ce sort de secret...

Devant l'air amer de Laura, Mary décida de ne pas insister

-"On l'oublie. On va dire que je te fais confiance... En revanche je te préviens que si jamais tu dis quelque chose...

-Je sais... Tu mettras ma tête à prix en moins de temps qu'il ne faut pour le dire... Rassure toi. J'essaierai de ne pas te décevoir... cette fois.

Et Laura se saisit du carnet que lui tendait Mary. Elle rebroussa chemin. Mary, elle, se sentait complètement désemparée. Elle aurait voulu pouvoir haïr Laura intégralement mais elle n'y parvenait pas. Il fallait croire que la haine était un sentiment particulièrement difficile à atteindre. Puis une idée lui traversa l'esprit.

-Eh! Laura !

La jeune fille blonde se retourna.

-C'était quoi le contre sort que tu as lancé sur la gryffondore ?"

-Oh! Un truc très simple. Si simple qu'il était par là même difficile d'y songer. On a passé des heures a essayer des formules compliquées, alors qu'en trente seconde un bête Finite Incantatem avait suffit à dissiper le maléfice. Pourquoi ?

-Pour rien. Juste comme ça. Au cas où...

Et Laura se faufila dans les escaliers. Mary s'assit sur son lit. Elle se demanda si elle avait bien fait de faire confiance à son ancienne amie. D'un certain côté tout le monde avait le droit à une seconde chance. De l'autre, elle espérait qu'elle n'aurait pas à s'en mordre les doigts. Après tout, elle s'était déjà fait berner... Elle chassa ces pensées de sa tête. Les dernières paroles de Laura lui revinrent à l'esprit. Finite Incantatem. Vraiment idiot mais vraiment retors. Du très beau travail Rodolphus !

"Je crois que toi et moi nous allons avoir deux ou trois petites choses à régler. Avec Slughorn et Flitwick par exemple", murmura Mary juste pour elle même. Elle décida qu'elle irait voir les directeurs de maison après le petit déjeuner. Ce que les serpentards avaient fait leur vaudrait certainement quelques heures de retenue. Évidemment pour elle cela signifierait aussi des ennemis acharnés. Mais à l'avenir elle n'oublierait plus sa baguette. "l'échec est le père du succès ,non ?" pensa-t-elle avec un ricanement tout intérieur. Et sur ses sages considérations elle partit petit déjeuner. Sa douche passerait après. Car on a beau être à serdaigle, on n'en a pas moins un estomac...