Voici la suite. Comme d'habitude tout m'appartient... Non je plaisante... Oui mes blagues ne sont pas drôles, mais avouez que c'est un peu lassant de toujours de dire que la grande, merveilleuse et inneffable JKR est la propriétaire de l'univers de Harry Potter ;) ! Un peu de fantaisie que diable ! Sinon j'ai eu quelques problèmes de mise en page au milieu du chapitre; j'espère que vous me pardonnerez la présentation bizarre à cet endroit ! Enfin, je remercie encore une fois les lecteurs et particulièrement ceux qui laissent leurs impressions ! Cela me fait vraiment très plaisir de voir que des gens s'intéressent à cette histoire ! Sur ce, j'arrête mes beaux discours et vous laisse avec l'essentiel, à savoir la suite ! Bonne lecture ! LVEB

CHAPITRE 8: OU LAURA FAIT UN PEU DE LECTURE

Elle avait pris le carnet. Néanmoins, elle n'était pas sûre que cette lecture serve à grand-chose. Mary était toujours trop optimiste. Tout était fichu . Ce qu'elles avaient de mieux à faire c'était d'oublier Lupin, la controverse, les lycanthropes et tous les instants qu'elles avaient partagés .

La journée se passa. Lentement. Tristement. Chaque seconde avait le goût de l'ennui et de la solitude. Et rien ne parvenait à alléger le poids qui pesait sur la poitrine de Laura. Tout ce qu'elle entreprenait virait à l'échec. Elle voulut aller se promener: il se mit à pleuvoir. Elle tenta de dessiner: les lignes se rebellaient sous son crayon. Elle essaya de lire: les mots la laissaient de glace. Alors en fin d'après midi, elle se résigna. Elle allait lire ce carnet qui ne voulait pas laisser son esprit en paix. Elle l'ouvrit avec un soupir désabusé.

Ce qu'elle vit la pétrifia sur place. Sur la page de garde une main avait simplement inscrit: "Remus Lupin". Hâtivement elle feuilleta l'agenda. Les pages étaient couvertes d'une écriture penchée et toute en angle. Des dates, des écrits, des dessins... Cela ressemblait fort à un journal intime. Comment Mary avait elle put se le procurer ? Elle n'était quand même pas allée cambrioler le dortoir des gryffondors ? Quoique... En fait, cela n'aurait pas été si surprenant que cela... Après tout Mary pouvait parfois se conduire de manière assez... farfelue... Cependant elle avait raison, cela constituait une preuve acceptable sur le caractère de Lupin. Les journaux intimes sont par essence privés. Le préfet ne jouerait pas la comédie. Aussi, le coeur battant elle commença sa lecture.

"26 Août: Jour de mon anniversaire. Jour de commencer un nouvel exemplaire de ce journal. Sirius, James et Peter sont en ce moment à la maison. Maman les avait invités. Pour me faire une surprise. Je dois dire que là, c'était réussi ! Quand je suis revenu ce matin,après être allé cherché du pain, ces crétins m'attendaient dans le jardin avec des pétards du Dr Flibuste et des bombes à eau ensorcelées. A trois contre un, je me suis vite retrouvé trempé. Maman, elle, n'a compris sa douleur qu'au moment où ils ont entamé un joyeux anniversaire assez ...discordant. On aurait dit un choeur de sirènes de police éraillées. Il faut dire que Peter est le seul qui sache chanter convenablement. Il nous a expliqué qu'il avait pris des cours de musique quand il était petit. Depuis Sirius n'arrête pas de le chambrer en le traitant de mini Mozart. Je suis surpris qu'il connaisse un compositeur moldu. Aurait il finalement de la culture ? Ce type m'étonnera toujours...

27 Août: Il est trois heures du matin et je ne dors toujours pas. Alors j'écoute les ronflements de Peter. Et James qui n'arrive pas à s'empêcher de parler en dormant. D'ailleurs, Sirius qui profite éhontément de mes crises d'insomnie m'a demandé hier ce qu'il racontait. Je suppose qu'il s'attendait à une révélation croustillante au sujet de l'amour unilatéral que notre capitaine de quidditch porte à une certaine préfète rousse... J'ai été navré de le décevoir. Le dernier discours nocturne de James ne concernait qu'une sombre affaire de (je cite !) petits cochons blancs. Franchement je me demande parfois à quoi il rêve...

4 heures du matin: toujours pas endormi. J'envie les trois zouaves qui passent tranquillement leur nuit dans ma chambre. Je me suis toujours demandé pourquoi l'approche de la pleine lune me rendait insomniaque."

Ça y était. Les choses intéressantes commençaient. Le loup-garou parlait de lui même... Laura se demandait comment Lupin percevait sa condition. Son père lui avait dit que les lycanthropes aimaient leur état. Qu'ils aimaient le meurtre. Qu'ils réclamaient leur ration de sang et de carnage. Un "naturel cruel et perverti". Voilà quels avaient été ses mots exacts. La serdaigle s'en souvenait comme si cela s'était passé la veille. Une discussion animée et hargneuse pendant un des rares dîners où toute sa famille était au complet. Pour la première fois, la jeune fille avait entendu parler de Fenrir Greyback . Et elle avait été frappée par la haine qui faisait étinceler les yeux de ses parents. Pour susciter autant de colère, il fallait que le sujet fût grave. Il fallait que les lycanthropes fussent des monstres. Après tout ses parents étaient des gens modérés et bienveillants, des sorciers ouverts d'esprit qui allaient jusqu'à fréquenter des moldus. Des gens bien, vraiment. Des gens normaux. Et les hommes normaux ne haïssent pas quelqu'un sans bonne raison. Laura reprit sa lecture.

"Comme si je n'étais pas déjà assez fatigué après mes métamorphoses! Le guérisseur Brandon dit que ça n'a rien à voir avec ma condition... Il m'a expliqué que suis trop stressé. Tu parles... Je crois que j'ai des raisons, non ? Ce n'est pas Brandon qui se transforme en monstre infréquentable une fois par mois... En tous cas, cette fois c'est la rentrée que je vais passer dans la cabane hurlante et à l'infirmerie.

A l'infirmerie ? Laura sursauta. Donc Dumbledore savait. Cet homme était fou ! Lupin était dangereux: d'ailleurs, il avait failli blesser quelqu'un... Elle serra les poings. Comment le Directeur osait-il les mettre tous en danger ? Comment pouvait-il les forcer à côtoyer une telle abomination ? Elle se retint pour ne pas jeter au feu le carnet. Une vague de haine brûlante et irraisonnée lui déchira la poitrine. Elle ferma les yeux, tentant de se calmer. Le visage de Mary vint danser dans son esprit. Mary et son perpétuel demi sourire, qui semblait la regarder, ironique et amusée, comme si elle n'avait rien compris. Comme si elle lui demandait la raison de la colère qui venait de s'emparer d'elle. Comme si elle savait que la préfète ne pouvait rien lui répondre. Laura ouvrit les yeux. Elle ne voulait pas penser à Mary. Alors avec un soupir fatigué elle tourna la page.

"Une grande première... Que du bonheur en perspective... Peter m'a promis qu'il me rapporterait des gâteaux et des bonbons. Venant de lui c'est un vrai sacrifice. Je l'ai remercié tout en évitant de lui rappeler que manger après ma transformation me soulève le coeur. Quant à Sirius et James, il m'ont promis de me chanter in extenso la chanson du Choipeau ! J'en frémis d'avance ! Avec leur sens musical inné... et mon ouie... Ces gars n'ont vraiment aucune pitié...

30 Août: Demain est le jour tant attendu... La pleine lune? Certes... Mais aussi la rentrée... Je dois dire que j'ai passé de merveilleuses vacances et que je manque un peu d'enthousiasme à l'idée de retrouver Poudlard, les profs et les cours. Le seul qui est heureux de retourner au château c'est James. Il bave à l'idée de retrouver Lily. Décidément ce pauvre Prongs est complètement mordu... Même si cette expression fait un peu bizarre sous ma plume. Comme Sirius me l'a aimablement fait remarquer je suis le seul de notre groupe à avoir été "mordu" !"

La jeune fille grinça des dents. Comment Lupin pouvait il plaisanter sur un sujet pareil ! Il y avait des vies brisées à cause de ces morsures. Il y avait des gens qui mouraient. Et d'autres qui méritaient de mourir. Les livres avaient raison et Mary avait été stupide. Les loups garous étaient sans coeur. Lupin ne valait pas mieux que les autres. Un goût amer emplit la bouche de Laura. Elle avala péniblement tandis que dans un coin de sa tête le demi sourire de Mary s'accentuait. Elle secoua la tête, agacée par sa propre distraction. Il fallait qu'elle se concentre. Elle se focalisa à nouveau sur l'étrange écriture du gryffondor et se remit à déchiffrer.

"Je lui ai répondu qu'il était un imbécile fini. Malheureusement pour moi, Peter et James ont surenchéri. Mal en a pris à ce dernier! Après tout mon coeur à moi est intact ! Du moins c'est ce que je leur ai fait savoir... Et comme l'adjectif "observateur" ne leur va pas vraiment..."

"1er septembre: Nous voilà dans le Poudlard express. Padfoot, Prongs, et Wormtail sont en train de jouer à la bataille explosive. Moi je m'abstiens .Les "émotions fortes " ne me valent rien à cette période du mois. A la place j'écris. Sirius me traite de femmelette écrivain. Je lui réponds que je n'aurais rien d'une femmelette ce soir et qu'il ferait mieux de se la fermer s'il ne tient pas à découvrir un loup garou déchaîné dans son lit ce soir. Non, Sirius, je ne te trouve pas irrésistible et tu n'es pas "l'homme de ma vie", loin de là ! Je préfère les filles ! Ce type a vraiment la maturité d'un troll des montagnes en pleine crise d'adolescence !

A propos de filles, je tiens à lancer un appel de détresse au monde entier! Je suis en proie à une interrogation existentielle... Répondez à ma question par pitié ! Pourquoi faut il qu'elles soient TOUJOURS accompagnées ? Pourquoi est ce qu'on ne peut jamais les aborder sans que leurs amies vous regardent avec un demi-sourire qui vous rappelle que vous êtes un idiot ? Je déteste les amies des filles qui m'intéressent. Spécialement celles qui n'ont pas le bon goût de s'absenter quand il faut et qui par conséquent ruinent toute tentative de prise de contact... Je ne me suis jamais senti aussi lamentable... Enfin... Je crois que je ferais mieux d'enfiler mon uniforme plutôt que de ruminer sur la stupide empêcheuse de tourner en rond de cet après midi...

3 septembre: Je commence enfin à émerger du brouillard où m'a laissé ma métamorphose du mois. Et je suis déprimé. La faute à Peter. "Dis Remus, j'ai toujours voulu te demander... Enfin tu n'es pas obligé... C'est un peu indiscret... Mais je m'interrogeais..." Après cette laborieuse entrée en matière est venue la question qui tue: "tu te sens comment pendant tes métamorphoses ?" J'ai répondu un peu abruptement "mal" et je suis parti. Mais qu'est ce qu'il voulait que je lui raconte ... Aaaah tu sais Peter mes métamorphoses sont absolument horribles ! C'est teeelllement douloureux ! "

"Rigole Lupin, rigole... tu n'as pas de coeur et tes amis sont fous de te faire confiance ! Rigole et profites-en, ça ne sera pas toujours ainsi ! songea la serdaigle. " Elle était là, la preuve. Là, juste sous ses yeux. La preuve que Lupin était une bête, qu'il jouait la comédie à Dumbledore et à ses camarades. Laura se demanda comment cela avait pu échapper à Mary. C'était si évident. C'était la confirmation de tout ce qu'elle avait toujours entendu dire. Est-ce qu'un être humain normal se serait montré aussi désinvolte avec de tels sujets ? Lupin n'avait pas de sentiments. Être ce qu'il était ne lui faisait ni chaud ni froid . Et il se moquait de ceux qui tentaient d'avoir de la compassion pour lui. Mary était totalement aveugle et aveuglée. Rageusement elle tourna une autre page.

"Quel idiot... Oui, j'aurais pu lui dire que ça fait mal. Que c'est comme si on me déversait du plomb fondu dans les veines. Que ça fait tellement mal même, qu'au début je me cognais la tête contre les murs pour penser à une autre douleur plus supportable. J'aurais pu lui dire que le pire c'est la haine qui m'emplit et qui n'est pas la mienne. Que je n'ai que l'envie de tuer pour me tenir compagnie pendant douze heure et que je me sens seul, affreusement seul. Malgré ce que mes amis font pour moi... Que pourtant ma vraie personnalité n'est pas encore tout à fait morte. Et qu'elle déteste le loup d'éprouver toute cette colère et toute cette hargne. J'aurais pu lui dire à quoi ressemble les matins après la pleine lune. Le dégoût de soi, la nausée, la souffrance des coups et des morsures que je me suis infligés à moi-même pendant la nuit. Le vertige d'être encore vie et la détente des muscles qui ont retrouvé leur véritable forme. Et l'amertume, l'amertume constante de se voir prouver encore une fois qu'on est qu'un monstre. Je me hais d'être ce que je suis. Pauvre Peter, si il savait combien je me dégoûte . Et combien je suis fatigué de tout contrôler. Et de sentir que tout m'échappe. Car quoi que je fasse, quoi que je pense, le loup demeure en moi, et c'est finalement lui qui prend le pouvoir. Je suis tellement fatigué. Mais je ne suis pas bien sûr que Wormail puisse saisir tout ça. Je ne suis pas sûr que quelqu'un d'autre qu'un lycanthrope puisse mesurer ce que cela veut dire. Oui, nous sommes seuls, désespérément seuls. Et parfois j'ai si mal..."

NON ! Ca ne pouvait pas être vrai ! Il était encore en train de mentir ! Ca ne pouvait pas être comme ça ! Les livres... La respiration haletante, Laura relut le passage. C'était impossible... Sa famille... Ils disaient que les lycanthropes aimaient leurs métamorphoses, que tout le reste... tout le reste ce n'était que comédie de leur part... Elle le relut encore... Et encore... Et encore... Et elle ferma le carnet. Elle restait là les yeux grands ouverts et la tête vidée, sous le choc. Comme si elle venait de se prendre un sort très violent en pleine figure. Le dortoir s'obscurcissait peu à peu. Les jours raccourcissaient et il allait bientôt faire nuit. Mécaniquement elle se leva et s'approcha de la fenêtre. Le paysage était triste et dépenaillé. Son front heurta la vitre froide. Elle se concentra sur la sensation que lui procurait ce contact étranger dans l'espoir de calmer ses nerfs et de mettre son coeur et ses idées au clair. Mais rien n'y faisait. Un tourbillon de souvenirs des derniers jours, de sentiments éprouvés emportait son bon sens et la plongeait dans la plus grande confusion. Elle avait l'impression d'être jetée à la mer sans bouée. Et elle se noyait. Merlin, elle se noyait dans sa propre et conflictuelle intériorité ! Elle regarda le petit carnet noir qui gisait par terre. Elle s'en approcha, le ramassa et à nouveau l'ouvrit. Et à nouveau elle relut l'incroyable. Ce qu'elle n'avait pas voulut admettre. Dans sa tête Mary souriait de plus belle et son visage se mêlait à l'écriture heurté de Lupin. Une écriture plus pressée, plus hâtive... Comme si Remus voulait dire trop de choses à la fois. Chaque lettre s'imprimait dans le coeur de la serdaigle de la même manière que si elle avait été chauffée à blanc. Sans qu'elle s'en rende compte les larmes lui montèrent aux yeux. Il fallait qu'elle arrête. Elle préférait le moment où Lupin plaisantait. Et puis elle comprit: Quand la douleur est trop forte, on ne peut plus que rire, ou mourir. Elle tourna la page.

"Je viens de me relire... Je crois que le guérisseur Brandon serait ravi. Après tout c'est lui qui m'a conseillé de tenir ce journal. Me purger de mes émotions négatives, qu'il dit ! Tu parles... Loup Garou mais pas fou ! Limitons la casse... Vive la catharsis ! Purge-toi mon vieux Remus, purge-toi et peut être qu'on ne t'enverra pas à Ste Mangouste."

Mais l'humour dans certaines circonstances devient grinçant. Les larmes de la jeune fille jaillirent. Elle pleura... à gros bouillons... Comme si sa vie était en train de s'achever. Son monde s'effondrait. Ses préjugés, ses illusions, ses certitudes... Tout disparaissait. Plus aucun repères. Elle n'était plus sûre que d'une chose: une chose que sa conscience n'avait cessé de lui crier et qu'elle avait refusé d'écouter. Parce que ça lui faisait peur. Une vérité assourdissante qui lui vrillait les oreilles: elle s'était trompée. Trompée! Par les fondateurs, qu'est-ce qu'elle avait fait ?... Elle tenta de se reprendre mais échoua. Alors elle reprit sa lecture, malgré les sanglots qui la secouaient et les larmes qui lui brouillaient la vue

"6 septembre: Je l'ai revu... Je lui ai parlé... A la bibliothèque... J'étais à deux tables d'elle. Et pour une fois elle était toute seule. Alors j'ai pris mon courage à deux mains. J'avais imaginé des tas de trucs à lui dire. Mais je n'ai été capable que d'émettre qu'un vague "Prraispaspasserboutmin". Elle m'a demandé de répéter. J'ai repris plus clairement: "Tu ne pourrais pas me passer un bout de parchemin". Elle m'a regardé bizarrement et m'a donné ce que je voulais. Et je suis parti en murmurant des remerciements. Plus nul tu meurs ! C'est officiel je suis un boulet avec les filles... enfin avec cette fille en particulier... Je donnerais tout pour avoir l'aisance de Sirius. Mais elle est tellement jolie... Moi ça me bloque... Résultat, j'ai passé le reste de mon heure de permission à l'observer, dissimulé derrière un bouquin inintéressant. Faudrait peut-être que je me calme. Ou je vais finir par ressembler à James..."

Malgré sa tristesse, Laura ne put réprimer un petit rire. Il lui était arrivée la même chose quand elle aimait bien Lupin. Exactement la même chose. Sauf qu'elle, elle n'avait pu articuler un mot. Elle s'était empressée d'aller chercher de quoi écrire au fond de son sac, mais elle était resté muette comme une carpe. Elle s'était sentie si bête... Enfin... La conclusion à tirer c'était que le préfet n'avait jamais de parchemin. Il semblait un peu taxeur sur les bords... Quoique en l'occurrence, c'était plutôt une tentative d'approche. Elle se demanda comment la fille aurait réagi si elle avait su qui était vraiment Remus. Aurait elle prit sa route ou celle de Mary ?

"7 septembre: Je HAIS les cours de DCFM. J'adore la matière mais Bertram me sort par les yeux. Je ne supporte plus ses petites allusions:" Mais vous avez l'air fatigué Mr Lupin. Qu'avez vous fait de votre nuit ? Une petite ballade au clair de lune peut-être..." Je le déteste! Comme si je ne préférerais pas moi aussi mener une vie normale ! Et la façon qu'il a de m'enlever des points juste pour le plaisir. On dit que les loups garous sont cruels... Et bien c'est son petit jeu avec moi qui est cruel. Je n'ai rien demandé à personne ! Ce n'est pas de ma faute si je me transforme tous les mois ! Je voudrais juste vivre en paix. C'est déjà bien assez dur comme ça. S'il croit que se métamorphoser en monstre sanguinaire est une partie de plaisir et que ça me plait, il se fourre le doigt dans l'oeil... Jusqu'à l'omoplate..."

Laura se remit à pleurer. Bêtement. Stupidement. Elle savait comment Bertram était décidé. Elle connaissait son histoire. Elle imaginait ce que Lupin devait subir au moins une fois par semaine. Et la culpabilité l'emplit. Elle avait fait pareil. Elle avait fait pire... Elle se détestait. Elle détestait la controverse. Elle détestait ce qui l'avait conduite à faire autant de mal à un innocent.

"10 septembre: Sirius et James ont encore eut des problèmes avec Snape. J'ai beau leur dire que cette guéguerre continue ne les avance à rien, ils n'en font qu'à leur têtes. Je suis d'accord avec eux sur le fait que Snape n'est pas des plus sympathiques, qu'il s'y connaît beaucoup trop en magie noire et que ses opinions sur les moldus sont détestables. Mais ce n'est pas une raison pour le harceler comme ils font. Ils se comportent parfois comme des arrogants et des imbéciles. Je devrais peut-être leur exprimer le fond de ma pensée. Mais je n'ose pas... S'ils me laissaient tomber ... En fait je suis vraiment... lâche... Qui l'eut cru ? Le féroce loup garou, n'est qu'une lavette effrayée de perdre les seuls amis qu'il a ! On devrait dire ça au ministère... Peut-être qu'ils seraient plus tolérants envers les gens comme moi."

La culpabilité de la jeune fille s'intensifia. Elle s'était trompée sur toute la ligne. Mary avait tout deviné depuis le début. Le préfet n'avait pas volontairement attaqué Snape. C'était Black, Black l'imbécile. Lupin ne voulait pas. La jeune fille aurait aimé se donner des gifles. Comment avait elle put être aussi aveugle... Comment avait elle put faire ça... "Les gens comme moi", la périphrase de Lupin lui faisait affreusement mal au coeur. Les gens comme lui... C'était une expression qu'elle avait employée. Mary avait raison: c'est nous qui faisons les monstres avec nos propres peur et nos velléités classificatrices. C'était elle qui n'avait pas de coeur. Remus Lupin. était... un type bien... Contrairement à elle...

"12 septembre: Je suis dans la panade la plus noire. Mais aussi qu'est ce qui m'a pris de faire ça ! J'aurais mieux fait de me taire... Hier on avait cours de métamorphose commun avec les serdaigles. McGo qui n'est pas née de la dernière pluie, nous a comme d'habitude séparés. Sirius s'est donc retrouvé à côté d'Arthur Thomas, James à côté de sa cousine, Peter était seul (et au premier rang, le pauvre !), et moi j'étais en binôme avec Ann Middleton. Je me suis dit que je pouvais peut-être l'interroger sur l'identité de la charmante demoiselle qui me tourne dans la tête ces temps-ci. Après tout Ann et elle sont dans la même maison. Mal m'en a pris. Certes je connais maintenant son nom, mais après le cours Ann a involontairement craché le morceau devant Sirius, James et Peter. Heureusement je l'ai arrêtée avant qu'elle ne prononce le nom de la concernée. Elle m'a regardé, complètement désolée, avec de grands yeux écarquillés et évidemment elle a refusé de répondre aux interrogations goguenardes de Prongs et Padfoot. Mais le mal était fait. Ils savent que je suis... enfin... que je ne suis pas... insensible aux charmes d'une fille de serdaigle. Et comme c'est une grande première ils me harcèlent sans arrêt pour savoir de qui il s'agit ! On ne peut plus croiser un groupe de serdaigle sans qu'ils ne se mettent à ricaner bêtement ! Je ne peux plus dire bonjour à une fille sans qu'ils ne me regardent avec un sourire narquois ! C'en est fini de ma tranquillité! D'autant plus que James est ravi que l'attention se détourne sa romance malheureuse avec Lily ! Qu'est ce que j'ai fait à Merlin pour mériter ça ! La lycanthropie, ce n'était pas suffisant ! Ils faut vraiment que mes trois crétins d'amis me pourrissent la vie ? Je les adore mais franchement leur humour douteux est parfois pesant ! J'espère seulement que cela ne reviendra pas oreilles de la concernée... Là je crois que je n'aurais plus qu'à aller me pendre. "Ci-gît Remus John Lupin, 16 ans, lycanthropes à ses heures, malheureux en amour, et doté des meilleurs amis les plus idiots que la terre aie jamais portée !". Le seul avantage à tout ça,c'est que je crois que Sirius a enfin renoncé à me caser avec une de ces gourdes qui ne veulent sortir avec moi que pour attirer son attention à lui !"

Laura étouffa un cri de surprise. Le préfet était amoureux d'une fille de serdaigle. Apparemment elle n'était pas en sixième année... Le plus probable c'était qu'elle soit en septième ou en cinquième année. Sans s'interroger plus avant sur les motifs de sa curiosité, Laura passa en revue les filles disponibles qu'elle connaissait. Ruth Midgen, Lucy Johnson, Helene Lucas, Amelia Steele... Une litanie de noms défilait dans sa tête. Une litanie de défauts également; l'acné de Ruth, la discrétion de Johnson, le nez de Lucas, l'air pincé de Steele. Tout d'un coup Laura se sentit un peu mesquine. Sans vraiment comprendre pourquoi. Chassant cette pensée de sa tête, elle continua sa liste. En cinquième année il y avait Heloise Watson, Kathleen Mirren et... Mary. Il y avait Mary. Mary qui n'était pas vraiment jolie mais qui avait du charme. Et un si joli sourire. Etait-il possible que... Après tout elle était intelligente et drôle. Et elle valait mille fois mieux que Ruth Midgen et compagnie. Et cela expliquerait des choses sur son comportement. Si elle avait eu vent de l'admiration que lui portait le préfet... Cela l'avait peut-être aidée à faire confiance à Remus, non ? Et vu sa réaction à elle quant à la lycanthropie, Mary ne lui avait rien dit. C'était impitoyablement logique. Mary et Remus ensemble. Ça ferait un beau couple... "Un très beau couple", murmura-t-elle avec une pointe d'amertume dont elle n'était pas tout à fait consciente.

"15 septembre: Aujourd'hui est un jour faste. J'ai reçu deux lettres. Une de ma mère et une du guérisseur Brandon. Maman est toujours adorable. Elle m'a envoyé des confiseries moldues. Et Peter s'est jeté dessus comme si il n'avait pas mangé depuis trois jours! Brandon, lui s'informait de ma santé... physique et mentale. Il m'énerve un peu parfois. Avec lui j'ai toujours l'impression que je suis un futur dépressif suicidaire. Mais bon... Il faut lui pardonner. L'âge le rend un peu gâteux. Et il s'inquiète. Pire que ma mère ! Ce qui n'est pas peu dire ! Et les guérisseurs qui acceptent de suivre les loups garous sont rares. Et ceux qui le font avec gentillesse et respect, comme Brandon, sont encore plus rares... Enfin bref, il m'a demandé si maintenant je me rappelais du soir de... l'accident. J'ai renvoyé une courte missive qui expliquait que non je n'avais fait aucun progrès de ce côté là. C'est toujours le black-out total. Il paraît que ça peut faire ça pour les souvenirs trop douloureux ou traumatisants... Je suis un traumatisé de la vie, quel drame! J'ai essayé d'expliquer ça à Sirius alors qu'il essayait de me tirer les vers du nez au sujet de celle qu'il surnomme ma "petite fiancée" mais ça ne lui a fait aucun effet. Il a prétendu que je n'ai aucun traumatisme, que je suis juste un loup garou en manque d'affection. Je n'ai rien répondu. Il n'y a jamais rien à répondre à ses plaisanteries à trois mornilles !"

Suivait un dessin qui s'étalait sur deux pages: un loup garou montrait les crocs, mais son cou était ceint d'un gros noeud rose. La légende mentionnait "Loup garou en manque d'affection". Si Mary avait lu ça, et elle avait certainement déjà parcouru ce texte, elle avait dû aller se précipiter dans les bras de Lupin. Enfin... c'est ce que Laura, elle, aurait fait... si les circonstances avaient été différentes: si elle avait été la fille dont parlait le carnet et si elle n'avait pas organisé cette pseudo controverse, ce lynchage comme disait Mary

20 septembre: On n'arrête pas de se croiser mais hélas pour moi elle est toujours accompagnée. J'aurais dû demander à Ann le nom de celle qui la suit comme son ombre. Je dois dire qu'elle m'énerve prodigieusement: elle a toujours ce petit sourire en coin... Comme si elle savait tout ce que les autres ignorent... Comme si le monde n'était qu'une vaste plaisanterie qui ne mérite pas d'être prise au sérieux. Merlin qu'elle peut m'agacer! Enfin... je suis mauvais joueur... Cette fille est certainement fantastique... et probablement très intelligente... Mais pourquoi faut-il qu'elle et Laura ne se quittent jamais !

QUOI ? Au nom des fondateurs qu'est ce qu'il voulait dire par "elle et Laura" ? Ce n'était pas vrai ! Ce n'était pas de Mary qu'il... La jeune fille avait l'impression qu'on venait de lui tirer dans le dos. Elle était la seule Laura de Serdaigle... Enfin presque... L'autre n'était qu'en première année! Et l'incident de la bibliothèque... En y réfléchissant, cela concordait. Elle avala péniblement. C'était elle qui lui plaisait; elle, Laura Bennet, l'organisatrice de cette maudite controverse. Et soudain Laura imagina l'effet que cela avait dû faire au préfet de la voir présider les débats. Elle avait envie de hurler. De retourner le temps. D'ouvrir les yeux et de s'apercevoir que tout ça n'avait été qu'un mauvais rêve. Elle s'était conduite comme la dernière des dernières. Elle n'avait été qu'une stupide garce. Comme tout cela était ironique. Mary énervait le préfet et pourtant c'était elle qui l'avait défendue. Et celle qui lui plaisait avait tout fait pour le détruire. Laura sentit que les larmes recommençaient à affluer. Elle avait le don pour toujours tout gâcher.

21 septembre: Sirius, James et Peter n'ont toujours pas renoncé à savoir qui est "l'objet de ma flamme". Ça tient plus du harcèlement qu'autre chose ! Néanmoins, cette fois la palme du tact du doigté et de la délicatesse revient à James! Il a surclassé Peter... C'est dire... Il m'a expliqué avec un sourire réjoui qu'il était ravi que je sois amoureux. Qu'il pensait que ça n'arriverait jamais. Quand je lui ai demandé pourquoi il m'a répondu que c'était à cause de mon "petit problème de fourrure"( j'adore les euphémismes de James ! On dirait que j'ai hérité d'un lapin doté d'un sale tempérament ! Ce pauvre Prongs est tellement drôle dans sa volonté de m'épargner... c'est presque attendrissant ! Si seulement Lily pouvait le voir comme ça... je suis sûre qu'elle fondrait !). Il pensait que je m'interdirais les sentiments envers une fille à cause de ma condition... Que selon lui j'étais tellementprévenant que j'aurais tendance à penser qu'elle mérite mieux que moi. Qu'il était heureux de voir qu'il s'était trompé et que j'assumais ma lycanthropie mieux qu'il ne le pensait. Sacré James ! L'art de mettre le doigt là où ça fait mal... Je croyais avoir réglé cette question mais l'intervention de mon capitaine de quidditch favori remet en cause mes conclusions: est-ce qu'un loup garou peut avoir des relations amoureuses normales avec une personne normale ?"

Et à sa grande surprise Laura s'entendit murmurer une réponse qu'elle n'aurait jamais cru pouvoir donner un jour : "oui". C'était sorti de sa bouche sans qu'elle y songe, avant même qu'elle y réfléchisse. Une sorte d'élan qu'elle ne saisissait pas bien et dont elle n'était pas sûre de mesurer toute l'étendue

"Est ce qu'il en a le droit ?"

Elle hocha la tête, abasourdie par sa propre audace. Par la façon dont les choses devenaient simples à partir du moment où elle choisissait d'écouter sa propre conscience et de ne plus se fier uniquement aux parchemins poussiéreux de la bibliothèque.

"Et spécialement quand la fille n'est pas au courant ?"

"Alors,dis-lui, chuchota-t-elle."

Et puis elle se reprit. Merlin qu'elle était stupide.. Tout était beaucoup plus complexe. Rectification: tout était devenu beaucoup plus complexe. Par sa faute. A cause de ses propres préjugés. A cause de cette haïssable controverse. Si Remus avait tenté de lui dire quoi que ce soit... Elle l'aurait jeté... Avec du mépris et de la haine dans la voix. La jeune fille se sentait misérable.

"Pardon, murmura-t-elle à destination du carnet, Pardon, j'étais idiote... Butée...Je ne savais pas... Pardon..."

"La lycanthropie... Je ne crois pas que ça se partage vraiment... Et dans un couple... Ça doit être pesant: l'autre doit s'adapter au rythme des pleines lunes, supporter les sautes d'humeur et les particularités de son compagnon, ne plus porter d'argent... Ça fait beaucoup de contraintes... Et un jour, inévitablement il sera confronté aux préjugés et à la haine qui empêchent mes semblables de vivre normalement. James ne mesure pas tout ça. Est-ce qu'on a le droit, est-ce qu'on peut supporter de faire vivre ces choses-là à quelqu'un qu'on aime ? Je ne sais pas.Je me sens un peu perdu parfois... Mais aujourd'hui j'ai presque envie de prendre le risque. Miss Laura Benett vous pouvez vous vanter d'avoir fait du beau travail ! D'un autre côté, il vaut certainement mieux que je me contrôle. Imaginons un peu: dans le meilleur des cas elle et moi sortons ensemble. Confetti, bonheur, paillette.Mais au bout d'un certain temps je lui avoue tout. Parce que je le dois: le premier cas de figure possible est qu'elle m'accepte comme je suis. A nouveau confetti, bonheur, paillettes. Applaudissez bonnes gens. Néanmoins je sais déjà que personne n'applaudira à part mes parents, James, Sirius et Peter. Les autres se demanderont ce qu'une fille si jolie, si intelligente, si prometteuse fiche avec moi, le monstre de service. Je sûr que même l'amie au sourire en coin viendra la voir pour lui dire qu'elle fiche sa vie en l'air avec une créature qui n'est même pas humaine. Et ce qui me tuera c'est qu'au fond, ils auront raison. Je ne suis pas humain et je suis dangereux... Deuxième cas de figure, je lui avoue tout et elle me jette. Ça me fera encore plus mal. Mais elle... Tout le monde lui dira qu'elle a bien agit. Elle continuera sa vie avec des hommes qui la méritent plus que moi. Et je saurais, malgré ce que ça me coûtera de l'avouer qu'elle a fait le bon choix. Il n'y a pas d'alternative. Je ferais mieux de faire une croix sur elle et sur les filles en général. Désolé James. Toi et les autres vous m'auriez presque fait croire que j'étais normal alors que chaque pleine lune devrait me rappeler que je ne suis qu'une"créature magique dangereuse". Je ne pourrais jamais assez vous remercier, mais il faut aussi que j'apprenne à vivre avec mes pairs. Et le premierprincipe de cette existence est de vivre seul. Toujours. Fin des illusions.

Laura pleurait à chaudes larmes maintenant. Un immense désir de rattraper ses erreurs l'emplit. Elle voulait prouver à Remus que tout n'était pas si noir. Mais elle s'en sentait profondément indigne.

26 septembre: j'essaie de ne plus penser à Laura. Ce n'est pas facile. La pleine lune qui approche ne m'aide guère. Alors je me concentre sur d'autres choses. La carte du Maraudeur par exemple. J'ai découvert un sort de localisation beaucoup plus efficace que le précédent. Maintenant on voit les gens bouger ! De temps en temps, je regarde où est Laura. Cette fille passe sa vie à la bibliothèque ! C'est un bourreau de travail ! Si je n'étais pas très mal placé pour employer ce genre de termes je dirais que c'en devient inhumain ! Enfin... Mieux vaut penser à autre chose. Sirius a trouvé les mots de passe: "Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises" et "méfait accompli"... Du Padfoot tout craché ! Je lui ai dit que si il continuait ainsi, il finirait à Azkaban ! d'un certain côté je suis sûr qu'il serait capable de faire du charme aux détraqueurs pour sortir ...

30 septembre: La pleine lune était avant-hier. Ca a été particulièrement affreux. Je n'ai jamais eu aussi mal. D'ailleurs Pomfresh a fait une drôle de tête en voyant mes blessures. Je devais être particulièrement amoché... J'aurais dû m'y attendre... Trop de choses me tournent dans la tête en ce moment. Je suppose que le fait de croiser Laura avant de partir pour la Cabane Hurlante n'a rien arrangé. Je ne devrais pas me mettre dans des états pareils pour une fille à laquelle j'ai à peine parlé. Il faut que je me contrôle plus efficacement que ça. Cette fille vaut mieux qu'un loup garou."

La jeune fille se mordit les lèvres. Les seuls véritables illusions que le préfet se faisaient étaient à son sujet. Mais après la controverse il ne devait plus en rester grand chose.

"Si tu savais à quel point tu te trompe, songea-t-elle"

" N'importe qu'elle fille vaut mieux que ça d'ailleurs. Peut-être pas la cousine de Sirius ,Bellatrix Black... Mais celle-là elle est complètement givrée, méchante et cruelle. On l'a vu qui s'attaquait à une première année de gryffondor. Mais la gamine n' a rien voulu nous dire. Ou rien pu. Je suppose que cette folle lui avait lancé un sort de silence. Non, honnêtement, le loup et elle iraient très bien ensemble. Ils ont la même façon de voir la vie... Le couple idéal quoi... Sauf que je ne me coltinerais pas une telle cinglée. Même en échange d'une guérison... Chacun garde son méchant et les hippogriffes seront bien gardés !

4 octobre: Les profs nous assomment de travail. J'ai de moins en moins de temps pour ce journal... Pourtant les BUSE c'est fini ! Je crois qu'ils pensent déjà aux ASPIC. Je passe ma vie à la bibliothèque avec Peter. Les deux autres ne suivent pas. Ils n'ont jamais vraiment compris le sens du mot travail ! Mais la bibliothèque ne me réussit pas. J'y vois trop souvent Laura et Miss Sourire-en-coin pour ma paix intérieure. Mais comme Sirius aime à le rappeler je suis plutôt condamné à la folie intérieure. Mon royaume pour une pleine lune sans loup garou...

7 octobre: Merlin que Ann Middleton peut-être maladroite ! Elle est venue me demander dans le parc, en grande confidence, où en étaient mes amours. ( Je crois qu'elle est fière que j'en pince pour une fille de sa maison. On met sa fierté où l'on peut! Et puis il me semble qu'elle est un peu commère; adorable mais commère !) Le problème c'est qu'elle n' a pas vu James et Sirius qui, étant prêts pour un mauvais coup, se dissimulaient sous la cape d'invisibilité de James. Je l'ai poliment éconduite mais ça a remis toute l'histoire dans la tête de mes amis: ils veulent que j'écrive à Laura ! Non mais ça ne va pas la tête ! Je n'ai pas la vocation d'un misérable poétaillon ! Et je risquerais de faire pire que les vers de James pour Lily... J'en ris encore !

11 octobre: Sirius Black est un crétin ! Ce n'est pas une grande nouvelle mais son immaturité prend des proportions inquiétantes ! Ne voilà-t-il pas que ce maudit labrador, voulant découvrir l'identité de Laura, s'est mis en tête de lire mon journal. Et comme je sais à quel point sa connaissance du mot "privé" est approximative, je préfère mettre ce carnet en sécurité. La cabane Hurlante est l'option la plus séduisante. Il n'ira pas le chercher là et d'ailleurs il a besoin de Peter pour entrer. A quelles extrémités j'en suis réduit... Ça donne envie d'avoir des amis unilatéralement décidés à faire votre bonheur ! J'espère au moins que je n'abîmerais pas l'agenda pendant la pleine lune du vingt-trois. De toutes façons je reviendrai le chercher quand toutes cette histoire sera tassée. Quand Laura sera sortie de la tête de Padfoot et accessoirement de la mienne... "

C'était fini. Le reste des pages était désormais vierge. Sonnée par ce qu'elle venait de découvrir, Laura le garda longtemps dans ses mains. Sur ses joues les larmes avaient laissé des sillons poisseux. Dehors la nuit était tombée. Laura resta longtemps immobile. Puis son regard tomba sur le portrait de l'impassible Rowena Serdaigle. La culpabilité céda la place à une détermination farouche. Sa résolution était prise. Elle avait beaucoup à se faire pardonner. Par Mary et par Remus. Elle se leva. Elle voulait que le reste du journal contienne des souvenirs beaucoup plus heureux que ceux que le préfet y avait déjà consignés. L'heure du dîner approchait. C'était juste ce dont elle avait besoin. Et elle descendit dans la grande salle.