CHAPITRE 13
L'histoire de la pétition s'était répandue comme une traînée de poudre dans l'école. Et déchaînait les passions... Ceux qui étaient pour et ceux qui étaient contre s'affrontaient sans répit. Il en devenait dangereux de circuler dans le château si l'on ne voulait pas recevoir le sortilège perdu que l'un des groupes envoyait à l'autre. Des alliances se créaient dépassant les clivages des maisons. De mémoire de professeur on n'avait jamais vu ça. Des gryffondors venaient au secours de serpentards attaqués par des serdaigles. Des serpentards discutaient aimablement avec des poufsouffles... La confusion la plus totale régnait... Au milieu de tout cela Ann Middleton, Lily Evans, Louisa Potter et Arthur Thomas allaient et venaient semant la tempête et secouant les esprits. Car il semblait y avoir du progrès. Et chaque soir toute fière, Ann venait montrer à Mary la liste des signatures qui s'allongeait.
La pauvre Mary était d'ailleurs beaucoup sollicité. Les élèves se souvenaient de son discours à la controverse et venaient lui demander des précisions sur l'amendement et sur ses propres arguments. Ce qui faisait que la jeune fille n'avait plus une minute à elle. Pourtant Merlin savait si elle avait d'autres elfes de maison à fouetter. Et son premier pôle de préoccupations s'appelait Laura. Cependant il s'agissait d'une Laura qui était différente de celle qu'elle connaissait. Une Laura qui se maquillait. Qui ne faisait plus très attention à ce qui se passait en cours. Qui était venu lui demander sans la moindre once de remord les notes d'histoire de la magie qu'elle avait omis de prendre. Qui au lieu de travailler manifestait une fâcheuse tendance à dessiner des petits coeur dans les marges de ses parchemins.
Son second pôle de préoccupation concernait également Laura bien qu'indirectement. Mary était en train de faire une overdose de Remus Lupin. Elle en avait plus qu'assez de le voir débarquer à l'improviste lorsqu'elle discutait avec son amie. Elle n'en pouvait plus des regards hésitants que se lançaient les deux tourtereaux à la bibliothèque. D'ailleurs, en y réfléchissant bien, le taux de fréquentation de la bibliothèque de Lupin était devenu anormalement élevé pour un gryffondor. Il était toujours après Laura. Et Laura était toujours après lui. Et lorsque enfin les deux amies avaient regagné leur salle commune où elles n'avait plus aucune chance de le croiser... Lorsque enfin Mary s'apprêtait à souffler et à remercier Merlin de ce répit bien mérité... Laura... Laura se mettait à parler. Et si autrefois ses sujets de conversations étaient variés, désormais ils ne tournaient plus qu'autour d'une seule personne: Remus John Lupin. Ce qu'il avait fait, ce qu'il pensait, combien il était gentil, intéressant, merveilleux, aimable et sympathique. Mary en aurait pleuré d'ennui. Le pire fut sans doute atteint lorsque Laura lui déclara qu'ils parlaient juste comme ça. Et qu'ils ne s'étaient rien dit d'important. Et que en bref, non, ils ne sortaient pas ensemble. Mary crut cauchemarder. Tout ça... pour rien! Toutes les excuses qu'elle avait du inventer pour disparaître avec discrétion et permettre des tête à têtes qu'elle avait cru fructueux... Et rien ! Et elle envisagea le temps nécessaire à ce rythme pour que l'un ou l'autre des amoureux transis ne se déclare. Devant le chiffre obtenu, elle frissonna. Les semaines à venir ne lui promettaient rien de très réjouissant. Elle ignorait simplement que le même frisson d'horreur avait secoué Black, Potter et Pettigrew à l'énoncé d'une constatation semblable.
De son côté, Laura se désespérait. Certes les mots coulaient plus facilement avec Remus. Mais il lui semblait que beaucoup de non dits les séparait. Et cela la rendait triste. Une semaine après sa première discussion avec le préfet, il lui semblait qu'ils en étaient toujours au même point. Elle soupira, posa sa plume et oublia momentanément le devoir sur les sortilèges d'allégresse que leur avait donné le professeur Flitwick. Son regard vagabondait négligemment sur le décor bien connu de sa salle commune. Elle observa Mary qui travaillait en face d'elle, écrivant frénétiquement, tout en remuant les mains de temps à autre, comme pour s'adresser à un interlocuteur imaginaire. Ses nattes brunes étaient plus décoiffées que jamais. Le sourire monta aux lèvres de la serdaigle. Depuis la controverse Mary mettait beaucoup plus de coeur à son travail. Comme si elle avait inconsciemment découvert que celui-ci pouvait parfois avoir un sens et une utilité...Bon il ne fallait pas exagérer non plus ... Son ami ne méritait pas encore l'appellation de "bourreau de travail". Mais il y avait du mieux. Comme si Mary avait décidé de faire une trêve avec sa maison. Laura jeta un coup d'oeil à sa propre dissertation. Elle n'avait guère avancée. Et la jeune fille ne se sentait pas d'humeur à finir son devoir maintenant. Elle releva la tête... Remus... Elle se demandait ce qu'il était en train de faire à cette heure-ci. Travailler? Discuter ? Peut-être se trouvait il encore à la grande salle. Elle aurait pu aller le retrouver. Oui c'était une bonne idée. En tous cas c'était mieux que de rester là à sécher sur un devoir dont elle se contre fichait. La préfète ricana intérieurement. Il n'y avait pas que Mary à avoir changé ! Elle se leva avec entrain et quasiment euphorique elle sortit de la salle commune, jetant un bref regard au portrait de Serdaigle. Elle eut un soupir de compassion. Cette pauvre Rowena avait l'air si sérieux ! Elle descendit les escaliers quatre à quatre. Et soudain elle aperçut une silhouette sombre. Elle accéléra tandis que son coeur battait la chamade. Elle avait reconnu Remus. Lentement il se retourna. Il était très pâle. La joie de Laura se brisa comme un verre jeté à terre. Il était trop pâle.
-"Je vais à l'infirmerie" murmura-t-il avant qu'elle ai put dire quoi que ce soit. "Tu sais sans doute pourquoi", ajouta-t-il avec tristesse. "Après tout tu étais avec Mary à la cabane hurlante..."
La serdaigle sentit sa gorge se serrer au point de lui faire mal. Elle ne songea pas à lui demander comment il savait cela. Elle était encore sous le choc. La pleine lune était ce soir. Et toute à son bonheur elle avait oublié. Elle était égoïste. Sans rien dire Remus reprit sa marche. Elle lui courut après. Ni l'un ni l'autre ne parlait. De temps en temps ils se regardaient furtivement, à la dérobade, comme si ils espéraient ainsi percer leurs secrets réciproques. Ils marchèrent de cette façon jusqu'à l'infirmerie. A la porte Laura s'arrêta. On entendait Mrs Pomfrey rouspéter contre un élève. Remus lui fit un pauvre petit sourire d'excuse et posa sa main sur la clenche de la porte. Prise d'une impulsion Laura s'approcha et lui déposa un léger baiser sur la joue. Un baiser plus éloquent que toutes les paroles du monde. Un baiser qui disait à la fois qu'elle savait, qu'elle comprenait, qu'elle était avec lui. Le sourire de Remus se fit soudain plus confiant. Un nouveau cri de Mrs Pomfrey retentit. Il poussa un soupir exagéré. Laura éclata de rire et il entra dans l'infirmerie. Lorsque la porte se referma, son rire s'éteint comme une chandelle sur laquelle on aurait soufflé. Le coeur lourd elle retourna à sa salle commune. Elle se planta devant la verrière et regarda la nuit tomber. Puis elle vit la lune se lever. Les élèves se dirigeaient peu à peu vers leurs dortoirs. Elle sentit un bras encercler ses épaules. C'était Mary. Toutes deux contemplaient pleine lune, ronde et brillante. Mais les yeux de Laura étaient embués de larmes. Elles restèrent là longtemps. Et puis Mary entraîna Laura au dortoir. Toutefois celle-ci ne parvint pas à trouver le sommeil avant plusieurs heures.
Le lendemain, tout lui semblait terne et gris. Les cours lui passaient au dessus de la tête, les élèves l'énervaient. Elle haïssait Poudlard et ne songeait qu'à Remus. Elle voyait Mary qui l'observait d'un regard inquisiteur. Mais elle s'en fichait. D'un air morne elle regardait le minuscule Flitwick, s'agiter sur son estrade. Soudain, une voix caverneuse jaillit à côté d'elle.
-"Professeur..."
Flitwick se retourna.
Mary se tenait là, à moitié courbée, le regard éteint.
-" Je peux aller à l'infirmerie s'il vous plait ?"
Le petit bonhomme s'empressa d'acquiescer, l'air sincèrement inquiet. La serdaigle se leva, vacilla sur ses jambes et manqua de s'effondrer.
-"Miss Elliott ! Quelqu'un va vous accompagner !"
Immédiatement Laura se leva. Son amie semblait au bord de l'évanouissement. Elle l'attrapa par le bras.
-"J'y vais professeur..."
-"Merci Miss Bennett... Mais Miss Elliott vous ne pensez pas qu'il vaut mieux appeler Mrs Pomfrey ici"
De plus en plus courbée Mary fit signe que non.
-" Allez-y alors", leur enjoint Flitwick désolé.
Mary et Laura sortirent de la classe. Au bout de quelques mètres Mary semblait beaucoup mieux.
Estomaquée, Laura voulut lui demander ce que cela signifiait. Mais sa camarade ne lui laissa pas le temps de s'exprimer.
-"Je pensais que le pire était arrivé en t'entendant monter toute l'école contre Lupin. Et après j'ai cru que le pire consistait à t'écouter parler de lui toute la journée. Ton romantisme me tuait aussi sûrement qu'une avalanche de lokoums.", grommela-t-elle. "Mais je me trompais... Le pire c'est quand tu n'en parles pas du tout et que tu ne fais que penser à lui parce que tu t'inquiètes."
La serdaigle regarda son amie bouche bée.
-"Je peux occuper Mrs Pomfrey vingt minutes... Quant à toi fait ce qu'il te plait. Mais je suppose qu'elle l'a mit dans un lit avec des rideaux dans la salle de repos..."
-"Mais...", s'apprêtait à la contredire Laura
-"Ne joue pas à la préfète parfaite... Je sais ce que je fais", la coupa la jeune fille.
Elles étaient arrivées à l'infirmerie. Mary avait repris son air malade et Laura songea qu'elle dissimulait des talents d'actrice insoupçonnés. Talents qui semblèrent s'intensifier devant Mrs Pomfrey. L'infirmière elle même paraissait anxieuse de la voir dans cet état. Elle congédia Laura, tandis qu'elle emmenait Mary dans son bureau pour l'interroger sur ses prétendus symptômes. La serdaigle eut un instant d'hésitation. Remus ne le prendrait il pas mal si elle venait le voir ? Mais le désir de le retrouver balaya ses objections. Elle entra dans la salle de repos. Comme Mary l'avait dit il y avait effectivement un grand lit dont les rideaux étaient tirés. Elle inspira un grand coup. Et se faufila derrière les rideaux.
C'était bien Remus qui se trouvait là. Mais il était méconnaissable. Des cicatrices rougeâtres striaient son visage livide et tuméfié. Sa bouche était pincée et ses mâchoires contractées. Sa lèvre inférieure était fendue. Il respirait avec difficulté et par saccade comme si chaque inspiration lui demandait un effort. Il dormait. Et Laura sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle ne s'attendait pas à ça. La réalité était encore plus douloureuse que ce qu'elle avait imaginé... Son coeur s'emplit de compassion. La compassion si différente de la pitié... Compatir... Souffrir avec. Oui elle souffrait avec lui. De toutes les horreurs qu'elle avait dit ou pensé à la controverse. De sa solitude en cette nuit de pleine lune. De la douleur de sa transformation. Elle n'avait jamais ressenti quelque chose d'aussi fort. C'était comme une vague puissante qui l'emportait elle ne savait où. C'était même plus fort que ce début d'amour qui les liait tous les deux. Et son coeur débordait d'une émotion qu'elle ne connaissait pas. Et elle se sentait devenir plus forte de seconde en seconde. A cet instant elle aurait pu tout affronter: sa famille réunie, les serdaigles, Fanny Price. Toutes ses peurs si terrifiantes autrefois lui semblaient maintenant dérisoires et ridicules Ce qui était en elle s'intensifia encore. Et elle sut que la vérité qu'elle avait désespérément cherchée, se trouvait là. Dans ce qui l'unissait à ce garçon à la respiration heurtée. Dans ce qui lui faisait toucher à la souffrance d'autrui. Dans ce qui la forçait à écouter et lui interdisait de condamner ou de blesser son semblable. C'était comme si elle venait de découvrir une sagesse très ancienne qui la dépassait. Elle n'avait lu cela dans aucun livre. Et elle comprit que ce qui se trouvait dans les grimoires n'était que poussière dérisoire face au visage d'autrui. Remus ouvrit les yeux. Un éclair de surprise traversa son regard. Il y avait de la peur aussi. Laura posa une main apaisante sur sa joue. Et brusquement une pensée incongrue traversa son esprit. Elle ne l'avait jamais trouvé si beau. En dépit de la fatigue et des marques sur son visage. Elle lui sourit. il sembla se détendre. Et doucement, comme si c'était l'aboutissement de ce tout ce qu'elle venait de découvrir elle murmura:
-"Je t'aime."
Les yeux dorés qui lui faisaient face s'agrandirent sous le choc et les joues pâles de Remus se colorèrent vivement. Et puis doucement un sourire naquit sur les lèvres du préfet.
-"Moi aussi..."
Sa voix était rauque et Laura ignorait s'il s'agissait d'un effet secondaire de sa transformation ou de la conséquence d'un trop plein d'émotion. Ils se turent. La main de Remus agrippa celle de la jeune fille et ils restèrent là à se regarder. Laura ne sut jamais combien de temps cela avait duré exactement. Ce fut la voix de Mrs Pomfrey qui les tira de leur état second. Dissimulée derrière les rideaux Laura retint son souffle sous le regard anxieux de remus. Il semblait parfaitement conscient qu'elle n'aurait pas du se trouver là.
-"Vous allez rester allongée ici au moins jusqu'à demain...", gronda la voix menaçante
-"Et si je me sens mieux cet après midi je pourrais...", tenta une autre voix que Laura identifia être celle de Mary.
-"Certainement pas... Ah je vous connais vous les serdaigles... Aucun sens de la mesure... Toujours à tout faire parfaitement... Et après évidemment... Et vous avez de la chance que je ne vous garde pas jusqu'à la fin de la semaine"
-"Oui Mrs Pomfrey...", répondit Mary d'un ton piteux.
-"Au lit maintenant... et plus vite que ça"
Il y eut des bruits de draps qu'on froissait et des pas qui s'éloignaient.
Laura jeta un coup d'oeil dehors. Mrs Pomfrey était partie. Elle tourna la tête vers Remus.
-"Il faut que j'y aille... Si elle me trouve ici..."
Le jeune garçon acquiesça. Laura se pencha et comme la veille lui donna un baiser sur la joue. Cependant cette fois-ci le préfet l'embrassa à son tour. Le frôlement sur sa joue lui procura une étrange et agréable sensation au creux du ventre. Après un dernier regard envoyé à un Remus souriant, elle sortit du lit pour se trouver nez à nez avec une Mary de fort méchante humeur.
-"Alors qu'est ce que tu as finalement ?", demanda-t-elle une nuance d'ironie dans la voix
-"Surmenage...", grinça Mary avec une grimace comique, "il parait que je travaille trop..."
Laura émit un petit rire. Elle s'approcha du lit et dans accès soudain d'affection elle ébouriffa la tête de son amie. Ce qui bien évidemment ne fut pas du goût de celle-ci .
-"Je t'adore", chuchota la serdaigle en guise d'excuse..."Comme ça je ne serai plus la seule à avoir une pathologie du travail !"
Et elle tourna les talons, laissant derrière elle une Mary particulièrement frustrée de devoir rester à l'infirmerie pour une maladie inventée.
La journée de Laura s'acheva beaucoup mieux qu'elle n'avait commencée. Et le soir elle réussit enfin à achever la dissertation de Flitwick. Au moment où elle posait avec soin et fierté son point final, elle fut interrompue par Ann Middleton qui lui demanda où se trouvait Mary. Laura expliqua qu'elle dormait à l'infirmerie. La grande fille aux cheveux en bataille esquissa une moue de dépit.
-"Je voulais lui montrer ça", expliqua-t-elle en brandissant un parchemin que Laura reconnut comme la pétition qui scindait l'école en deux.
-" On l'envoie demain matin... Tu te rends compte... On est arrivé à quatre cent quarante-neuf signatures... Plus des trois quart de l'école ! Il n'y a que les irréductibles qui ont refusé de signer. Quand je pense que tout cela est parti grâce à elle ! C'est dommage... Je suis sûre que ça lui aurait fait plaisir de voir le papier..."
Et Ann Middleton émit un soupir.
Laura se sentit soudain très fière de son amie. Et ce qu'elle devait faire s'imposa à elle comme une évidence. D'un geste vif elle s'empara du parchemin.
-"C'est une signature magique qu'il vous faut ?"
Après tout elle avait d'excellentes raisons de signer.
Ann Middleton la regarda, ébahie.
-"Tu veux signer ?! Toi... Je ne pensais pas... Mais tu as participé à la controverse...",bredouilla-t-elle
- "Et alors... Tu n'as pas entendu mes excuses dans la grande salle ?"
-"Euh... Non.."
-"Tu es bien la seule. "
Et Laura donna un coup sec au bas du parchemin. Middleton tenta de se justifier.
-"Tu sais... On a mis du temps à mettre au point tout ça; à faire signer à tout le monde... On n'est pas souvent descendus manger... On allait plutôt aux cuisines... En catimini... Les elfes de maison sont adorables : Ils te donneraient de quoi remplir trois garde mangers si tu leur demandais"
-"Ceci explique cela", murmura Laura avec un sourire. Et elle rendit la pétition à la septième année.
Celle-ci fut tout d'un coup prise d'une grande crise d'enthousiasme.
-"Quatre cent cinquante ! Nom d'une gargouille ! Quatre cent cinquante ! On en est à quatre cent cinquante ! Quand les autres vont savoir ça ! Et quand on va pouvoir l'annoncer à Price... Ooooh... Je rêve déjà de voir sa tête ! Elle ne va plus oser faire sa fière..." Elle s'interrompit un moment."Non... Je crois que je vais aller lui dire dès maintenant...", ajouta-t-elle sur un ton extatique. Et elle partit en courant.
Laura eut un rire léger. Elle était en train de découvrir une délicieuse sensation. Pour la première fois de sa vie elle était complètement en paix avec elle même.
