Et voilà ! La fin ! Enfin, c'est le cas de le dire ! Bonne lecture... J'espère que vous avez aimé cette histoire ! En tous les cas merci d'être resté avec moi tout ce temps ! A bientôt... LVEB
CHAPITRE... DENOUEMENT
Quelque jours plus tard, assise sur les marches de pierre qui menaient du château au parc, Mary Elliott songeait,les yeux fixés sur Remus Lupin et Laura Benett. Bras dessus, bras dessous tous deux étaient en train de parler et de rire, insensibles au froid hivernal. Mary se pelotonna dans sa cape. Ils étaient mignons tous les deux. Bêtes mais mignons. Un toussotement léger retentit. Elle se retourna brusquement. Derrière elle se tenait le directeur de poudlard.
-"Miss Elliott...", demanda -t-il d'une voix tranquille, "puis-je m'asseoir à côté de vous ?"
Abasourdie, Mary se décala pour lui laisser de la place. Derrière ses lunettes en demi lune, les yeux bleus de Dumbledore pétillaient comme jamais. Un peu inquiète la serdaigle se demanda ce qu'il lui voulait.
-"Un joli couple, n'est ce pas?", reprit le directeur en regardant Laura et Lupin.
-"Heu oui...", parvint à articuler Mary de plus en plus surprise... L'un des sorciers les plus puissant au monde n'était quand même venu ici pour lui parler de l'amourette de sa meilleure amie !
Le sourire du vieux sorcier s'élargit comme s'il devinait ses pensées.
- "Qui aurait cru que Miss Bennett aurait pu tomber amoureuse de Mr Lupin ?"
Mary haussa les épaules.
-"Le tiers des filles de cette école sont amoureuses de lui...", grommela-t-elle...
Le directeur eut un petit rire amusé.
-"Mais le tiers des filles de cette école, ne savent pas ce que Miss Benett et vous même savez à propos de Mr Lupin "
Mary sursauta. Nom d'une gargouille volante ! Comment était il au courant de ça? Il savait donc vraiment tout ? Elle s'apprêtait à ouvrir la bouche pour le lui demander, lorsqu'il la coupa:
-"Mais à vrai dire je n'étais pas venu pour vous parler de ça..."
Mary le regarda, l'air interrogateur.
-" Je voulais vous montrer ceci."
Et il tendit un journal à Mary :
-"L'édition de demain de la gazette du sorcier."
-"Comment ?...", demanda Mary interloquée
-"La gazette travaille en collaboration avec le ministère", Le sourire du directeur se fit légèrement ironique..."Certains articles sont préparés... comment dire... sont préparés en avance... Mais regardez plutôt..."
La serdaigle baissa les yeux.
"LE MINISTRE RENONCE A L'AMENDEMENT AU CODE DE CONDUITE DES LOUPS-GAROUS
Le ministre a déclaré hier que l'amendement était une menace pour les droits inaliénables de la part humaine et sorcière des loups-garous... "
-"Qu'est ce que ?"
-"Allez à la page trois... Lisez, lisez..."
" DEBAT HOULEUX A POUDARD: LA JEUNESSE PREND PARTI"
Sous le choc Mary releva la tête.
-" Vous savez cet amendement n'était pas gagné d'avance", déclara Dumbledore." Il y a eu de nombreuses protestations. Notamment de la part de sorciers d'origine moldue. J'ai cru comprendre que le marquage des loups garous leur rappelait de mauvais souvenirs."
Il y eut un silence . Le directeur semblait plongé dans ses pensées.
-"Néanmoins la pétition de Mlles Middleton et Evans a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Notre cher ministre eu peur d'un mouvement d'opinion plus vaste et plus prosaiquement de pas être réélu aux prochaines élections..."
Dumbledore émit un petit rire comme si cette constatation accablante sur les buts de la politique était la chose la plus amusante du monde. Mary le regarda avec intensité.
-" Pourquoi n'a-t-il pas étouffé l'affaire ?", demanda-t-elle.
-" Parce que Mlles Middleton ont pris leurs précautions et ont également envoyé leur pétition à des journaux indépendants comme Le Chicaneur... Le ministre et la gazette tentent simplement de sauver les meubles", répondit le vieil homme sur un ton désinvolte.
La serdaigle n'était pas tout à fait sûre. Qu'avait elle à voir dans cette affaire. Certes elle avait signé la pétition mais...
-"Pourquoi me montrez vous cela à moi ? C'est Ann et Lily qui ont fait tout le travail..."
Le directeur eut un bon sourire...
-" Il faut toujours quelqu'un pour éveiller les consciences Miss Elliott. Quelqu'un qui trouve le courage de parler. Il me semble que c'est vous qui avez joué ce rôle pour Mlles Evans, Middleton et pour tous ceux qui ont signé cette pétition."
Mary sentit ses joues s'empourprer.
-" Je ne comprends pas vraiment..."
Il y eut un silence. Dumbledore regardait la jeune fille intensément. Comme s'il évaluait ce qu'elle pouvait savoir et ce qu'elle devait ignorer. Puis sa voix s'éleva, grave et pensive.
-"Je vais vous raconter une petite histore Miss Elliott. A propos de la fondatrice de votre maison... "
Il s'interrompit un instant. La serdaigle se demanda de quoi il voulait parler. Elle connaissait à peu près tout ce qui avait été écrit sur Rowena Serdaigle. D'ailleurs sa maison entretenait largement le culte de la fondatrice. Le Directeur reprit la parole.
-"C'est un fait très mal connu. Le premier registre des controverses de Serdaigle a été malencontreusement... perdu. Du moins c'est ce qui se dit. Je suppose que la réalité est encore moins glorieuse. Un de mes prédécesseurs a du ... l'égarer... plus ou moins consciemment"
Le vieux sorcier eut un léger sourire.
-"Que savez vous des histoires de pureté du sang, Miss Elliott ?"
Mary hésita. Elle n'était pas au courant de grand chose. L'histoire de Poudlard ne s'étendait guère là dessus. A juste titre d'ailleurs.
-"On raconte que ça a commencé peu de temps après la fondation de l'école. C'est Serpentard qui en serait à l'origine. Les gens disent qu'il ne voulait accepter que des élèves de sang pur et pas ceux d'origine moldue. Ce à quoi se seraient opposés les autres fondateurs. Serpentard aurait alors quitté Poudlard, laissant les autres agir comme bon leur semblaient..."
Dumbledore caressait négligemment sa longue barbe blanche. Il regarda Mary d'un air amusé.
-" C'est la version officielle, oui."
Il se tut. D'une voix rauque Mary demanda:
-" Et la vérité, monsieur ? "
-"A dire vrai Miss Elliot, la vérité n'est pas très agréable à entendre. Du moins pour trois quart d'entre nous. Serpentard n'était absolument pas le seul à ne pas vouloir des enfants de moldus. Gryffondor et Poufsouffle étaient également d'accord avec lui. Même si leur motivations n'étaient pas les mêmes. Serpentard considérait les moldus comme des inférieurs. Gryffondor et poufsouffle étaient plus modérés. A dire vrai je crois qu'ils avaient peur. Et on peut les comprendre. Les moldus n'aimaient guère les sorciers. Les premières chasses aux sorcières datent de cette époque. Evidemment ils étaient eux mêmes effrayés par nos pouvoirs. Pour Gryffondor et pour Poufsouffle apprendre la magie aux petits moldus c'était introduire le dragon dans la volière. Les sorciers étaient de taille à affronter les moldus, mais seraient ils capables de se battre contre des fils de moldus experts en charmes, métamorphoses et autres sorts ?"
-" Mais ce n'est pas... logique", murmura Mary consternée,"les enfants de moldus en question étaient des sorciers. Pourquoi auraient ils voulu détruire le monde magique ?"
-"Comme vous l'avez sans doute découvert ces dernières semaines, Miss Elliott nos peurs font rarement de nous des êtres raisonnables...", soupira le directeur
La serdaigle hocha la tête, abattue. Elle en avait assez fait l'expérience . Puis une question lui traversa l'esprit.
-"Et Rowena ? Je veux dire Serdaigle ? Qu'est ce qu'elle en pensait de tout cela ? "
-" C'est là que nous en arrivons aux choses intéressantes, miss Elliot. Rowena connaissait bien les moldus et les enfants de moldus. Et elle n'était pas vraiment satisfaite. Ni des idées de Serpentard , ni des arguments de Gryffondor et de Poufsouffle. Elle fut la première à quitter l'école. Elle confia ses élèves aux autres et partit sans que personne ne sache où elle allait. Certains disent qu'elle allait chercher la vérité. Elle revint au bout de cinq ans. Elle amenait des enfants de moldu avec elle. Evidemment cela fit scandale. Les fondateurs se réunirent pour la faire changer d'avis. La discussion dura trois jours entiers. Ce fut très animés, très virulent. Elle était seule contre tous. Mais elle ne renonça pas. Et le troisième jour, Poufsouffle et Gryffondor étaient de son côté. C'est pour cela que Serpentard a quitté l'école."
Pendant une minute interminable Mary tenta d'assimiler les informations qui venaient de lui être données . Pauvre Rowena. Cela n'avait pas dû être facile. Elle ne le savait que trop bien. La voix de Dumbledore la tira de ses pensées.
-" Je suis sûr que vous serez interessée d'apprendre que c'est dans cette discussion que s'origine la tradition des controverses de serdaigle."
Tout d'un coup Mary se sentit très émue. Elle était en train de découvrir sa maison sous un autre jour. Elle était en train de trouver des raisons d'en être fière. Comme s'il devinait ses pensées le Directeur ajouta:
-" Vous savez, je me suis toujours demandée pourquoi on appelait serdaigle la maison des érudits..."
Mary leva la tête vers lui
-"Ce n'est pas un surnom très approprié à mon avis. Accumuler des connaissances est une chose. Savoir les utiliser en est une autre. "
-" Vous voulez dire que Serdaigle n'est pas la maison des travailleurs acharnés ?", demanda Mary , une légère ironie pointant dans sa voix.
La vieil homme émit un petit rire
-" Si. Dans la mesure où l'acquisition de connaissances passe par le travail. Mais Serdaigle est au delà de cela. Il ne s'agit pas tant de connaissance que d'intelligence. Et l'intelligence remet en question ce qu'elle sait, l'intelligence ne repose pas sur des acquis immuables, l'intelligence cherche."
-"Et que cherche-t-elle ce qu'elle cherche ?", coupa la jeune fille d'une voix un peu étranglée.
-" Ce qu'au fond nous cherchons tous : la sagesse, Miss Elliott la sagesse."
Mary inspira profondément. Tant de choses s'éclairaient désormais.Le voile d'incompréhension se déchirait peu à peu. Et finalement elle avait peut-être sa place quelque part...
-" Vous savez professeur, je... je n'étais pas heureuse à Serdaigle. Je ne voyais que des livres, des tas de papiers idiots qui n'avaient aucun sens et... je me demandais pourquoi le Choipeaux m'avait envoyée là. Je préfère les gens aux livres."
-" Peut-être que vous comprenez un peu mieux les raisons de votre répartition maintenant ?"
Mary opina.
-" Je crois que je n'avais pas compris. Les livres ne sont qu'un moyen n'est ce pas ? C'est nous qui devons donner un sens à ce que nous faisons ?"
Les yeux du directeur pétillaient.
-" La vraie connaissance elle est tournée vers autrui, n'est ce pas?", continua la jeune fille d'un ton hésitant.
Tout était si clair maintenant.
-" Je crois que oui Miss Elliott. La sagesse ne nait que d'un juste équilibre entre notre esprit et notre coeur. Notre esprit analyse, ordonne et synthétise mais c'est notre compassion, notre sens humain, notre amour de l'autre qui doit nous guider.
Il y eut un long silence. Les questions se bousculaient dans la tête de la jeune fille.
-"Pourquoi est ce que personne ne connait cette histoire ?", interrogea-t-elle
-" Comme je vous l'ai dit ce n'est pas un fait que les gryffondors et les poufsouffles peuvent se rappeler avec plaisir. Ce n'est pas très politiquement correct,non plus. Au fil des siècles on a préféré étouffer l'affaire."
Dumbledore soupira, l'air désabusé. Il semblait brutalement fatigué. Comme quelqu'un qui en a trop vu au cours d'une trop longue vie.
-"Et vous comment le savez vous ?", insista Mary
-" Avez vous déjà regardé le portrait qui est dans votre salle commune Miss Elliot ?".
Mary sursauta et hocha négativement la tête.
-" Vous devriez. On dit qu'il a été peint par un des enfant de moldus que Rowena avait amenée avec elle lors de son retour à Poudlard. C'était une sorte de remerciement." Le sorcier souriait à nouveau
-" Le seul tableau non magique de tout Poudlard", chuchota Mary pour elle-même.
Le directeur gloussa.C'était une chose étrange de voir ce vieil homme rire comme un enfant, songea Mary. Et elle en admira d'autant plus Albus Dumbledore.
-"Non magique ? Vous croyez vraiment ? Il ne bouge peut-être pas comme les autres mais...Je crois que pour qui sait voir... Les choses sont toutes différentes." Le sourire de Dumbledore s'élargit.
-" Il faut parfois aller au delà des apparences, n'est ce pas Miss Elliott?" Derrière les lunettes en demi-lune, l'habituelle étincelle de joie malicieuse semblait s'être changée en feu d'artifice.
La jeune fille leva les yeux se demandant ce que signifiait les paroles énigmatiques du directeur. Elle allait lui demander des explications quand il se leva et lui lança d'un ton taquin d'aller regarder elle-même si cela l'interessait.
Elle ne se le fit pas répéter deux fois. D'un pas pressé elle rentra au château, monta les marches, se rua dans la salle commune déserte et s'approcha du portait de Serdaigle. Durant une demi heure elle l'inspecta sous toutes les coutures, cherchant une inscription quelconque. Les paroles du directeur résonnaient dans sa tête. Savoir regarder.Aller au delà des apparences. Tout d'un coup son attention fut attirée par les parchemins que tenait Rowena. Rien n'était écrit. Pourtant de minuscules dessins s'étalaient sur les feuilles peintes. Si petits, qu'il était difficile de les distinguer. Là se trouvait sans doute la raison du fait qu'ils n'attiraient l'attention de personne. Mary s'empara de sa baguette et leur jeta un sortilège d'amplification. Et soudain les dessins furent devant ses yeux dans toute leur clarté. De petites miniatiures qui illustraient l'histoire de la première controverse de Serdaigle. Des miniatures animées comme les autres tableaux du château. C'était remarquable. Mary resta là un long moment fascinée par le mouvement des petites images. Puis elle s'arracha de sa contemplation et annula le sort. Elle resta un instant songeuse. Des larmes lui piquaient les yeux. Elle leva la tête vers le visage du tableau, plus émue qu'elle ne voulait se l'avouer.
Dans le parc le vieux Directeur regardait Remus Lupin et Laura Benett, inconscients du monde qui les entourait. Un sourire naquit sur ses lèvres. La jeunesse... Il observa Remus s'approcher lentement de Laura; il regarda celle-ci rougir un peu. Son sourire s'accentua et il détourna les yeux. Il avait du travail: il fallait qu'il envoit une lettre à ce cher ministre. Pour le féliciter de sa sage décision concernant les loups garous. Et reprimant un petit rire il se dirigea vers son burau.
Dans la salle commune de serdaigle, Mary Elliott s'interrogeait, perplexe. Elle trouvait le portrait de Serdaigle changé. Mais elle ne savait pas pourquoi. La petite Elinor Vance entra. Mary se tourna vers elle et lui demanda son avis sur la question. La petite s'immobilisa et contempla le tableau d'un regard scrutateur.
Pas très loin du saule Cogneur, Remus Lupin embrassait pour la première fois Laura Benett. C'était un baiser très maladroit avec des nez qui se cognent, des mains qui tremblent et des joues qui rougissent. Mais ni l'un ni l'autre ne semblait s'en plaindre. Et à son tour Laura Benett embrassa Remus Lupin.
Un petit cri résonna chez les serdaigles. Surexcitée, Elinor Vance désigna à Mary Elliott le visage de Rowena Serdaigle. Mary le regarda abasourdie.
Tout en haut de son cadre doré Rowena Serdaigle souriait.
