Disclaimer : Les persos ne sont pas à moi, et je ne touche pas d'argent avec cette fic
Par contre, forcément, il y aura des spoilers mélangés à des situations purement inventées, comme je reprends légèrement la trame de la saison en changeant un peu beaucoup de choses lol, puisque je n'avais vu que le premier épisode d'heroes lorsque j'ai commencé cette fic. Alors désolée d'avance, car il y aura forcément des incohérences, mais je vais m'efforcer d'être à peu près crédible ; même si ça ne reprendra pas le déroulement de la saison…
Chapitre deux
Lueur de vérité
C'était fait.
Il rangea la seringue, essayant de cacher les tremblements qui parcouraient ses mains. Sylar, les yeux fermés, respirait avec difficulté. Au bout de quelques minutes, les cernes sous ses yeux disparurent, et son souffle se fit plus régulier.
Son regard se posa sur Mohinder, et il lui offrit un sourire satisfait.
- Merci, Professeur, tu as fait le bon choix.
L'indien haussa les épaules, lèvres pincées. Il préférait autant ne pas parler. Le plus important était de garder son sang-froid le plus longtemps possible.
- Je peux te montrer un petit quelque chose à présent. Preuve de ma bonne foi…
Il se leva et alla farfouiller dans une armoire. Il revint avec un bout de papier glacé. Une photo ? Mohinder leva un sourcil intrigué. Il s'approcha, le cœur battant, et regarda la photographie.
Une très belle femme était allongée sur un lit, vêtue d'une blouse et d'un pantalon blanc, une perfusion au bras gauche. De longs cheveux noirs encadraient un visage fin, aux yeux bruns ornés de longs cils noirs. Elle avait l'air paisible. Le cœur de Mohinder manqua un battement. Si c'était elle, vraiment elle… Il ne pouvait pas s'en rappeler, n'étant pas né lorsqu'elle était censée être décédée, mais ce visage ressemblait sans doute possible à celui de l'enfant qu'il avait vue aux côtés de ses parents, sur la seule photographie qu'il avait gardée…
- C'est bien elle, répondit Sylar, en réponse à son interrogation muette, et je pourrais t'en fournir les preuves en temps voulu. Seulement, je vais devoir retourner là-bas. Il me faut absolument les plans de ce bâtiment, et je suis persuadé que ton ami aux lunettes d'écailles saura comment se les procurer… N'est-ce pas ?
- Peut-être, je n'en sais rien. Je… C'est fou, c'est impossible… Elle est morte de maladie, comment pourrait-elle être en vie ? Il n'y avait aucun autre moyen, à part mon sang ! Tu as dû te tromper, tu…
- Non, le coupa-t-il, tu as découvert sans doute bien des secrets depuis que tu as décidé de continuer les recherches de ton père. Découvert bien des mensonges, que sais-je d'autre ? Tu ne devrais donc pas être si étonné… Quant à sa maladie, je ne sais absolument pas comment elle a pu être guérie, en tout cas, je ne l'ai approchée qu'une fois. Avant de me sortir de cet endroit. Je ne connais même pas son pouvoir. C'était… bizarre. Je lui ai dit que je te connaissais, et elle m'a fait promettre de te dire une chose.
- Laquelle ?
- « Quand tout sera fini, nous serons enfin réunis ».
- Quand tout quoi ? demanda le professeur d'un ton impatient.
Sylar haussa les épaules, et se tourna vers la fenêtre.
- Je ne fais que te rapporter ceci, je n'en sais pas plus. J'ai dû fuir peu après…
Mohinder serrait la photo entre ses doigts fébriles. Son pouls lui bourdonnait aux tempes. Et si Noah savait quelque chose ? S'il l'avait toujours su sans rien lui dire ? Il secoua la tête, il en avait assez de voir des traîtres partout.
L'autre s'approcha à nouveau de lui.
- Tu as raison de te méfier… cet homme n'est pas aussi bon que tu sembles le croire, il…
- Et qui t'as permis de lire mes pensées ? Le coupa sèchement l'indien.
Le visage de Sylar se fendit d'un sourire ironique cette fois.
- En réalité, je n'en avais pas vraiment besoin, on lit en toi comme dans un livre… Mais voilà, on a accompli chacun notre part du marché. Je ne resterais pas ici longtemps, mais je sais où tu vis. Je passerais quelques fois pour savoir si tu as de plus amples informations à me fournir.
L'indien baissa la tête, contemplant encore la photo sans répondre. Ses mains se crispèrent dessus et il la fourra brutalement au fond de sa poche.
- Très bien, mais pas plus que nécessaire, c'est bien compris ?
Un sourire suffisant lui répondit.
Il jeta l'aiguille, rangea la seringue et les deux autres fioles de sérum dans sa mallette, puis enfila sa veste. Il n'avait qu'une envie, se trouver le plus loin possible de cet homme.
Alors qu'il s'éloignait de l'appartement, il ne put s'empêcher de composer le numéro de Noah. Il devait vérifier…
- Oui ? Lui répondit la voix chaude de son associé.
- C'est fait. Je l'ai guéri. J'espère que nous n'avons pas commis une erreur regrettable…
- S'il arrivait un problème, je réparerais. C'est moi qui en prends la responsabilité, pas toi. Tu en assez fait, Mohinder, ne t'inquiètes plus pour ça.
Mohinder prit une profonde inspiration. Il avait tout raconté à Noah. Tout sauf ceci. Comme une sorte de pressentiment. Mais il ne voulait pas cacher cette information éternellement.
- Autre chose, Noah… Sylar, lorsqu'il était là-bas, emprisonné, a approché une personne dont il a pu récupérer la photo. Cette personne, on dirait que… enfin, non, j'en suis certain, cette personne, c'est ma sœur.
Il y eut un silence au bout du fil, puis :
- Il doit y avoir une erreur.
- J'ai la photo, c'est bien elle, j'en suis sûr. Elle avait un message pour moi. Je me disais que peut-être…
- Non, répondit l'homme d'une voix sèche, si j'avais été au courant de ce genre de chose, pense bien que je t'en aurai parlé. Ce doit être un leurre, il a voulu t'apitoyer, enfin… Mohinder… Tu sais mieux que moi comment est cet homme.
Le professeur ravala un soupir.
- Excuse-moi Noah, je… tu as raison, c'était stupide de ma part d'y croire. Je te laisse, je suis arrivé devant chez moi.
Il glissa le cellulaire dans sa poche de jean, et se précipita à l'intérieur de leur appart.
Matt et Molly eurent un sursaut lorsqu'il ouvrit la porte.
- Molly, ma chérie, j'ai besoin de toi.
Il lui tendit la photographie avec appréhension.
- Tu… Tu peux localiser cette femme ?
La petite fille hocha la tête, jeta un œil à la photo, puis releva un visage intrigué vers lui.
- Cette dame… Elle te ressemble…
Matt regarda par-dessus l'épaule de la fillette, puis son regard s'ancra à celui du généticien.
- Ne me dis pas que…
- Si, c'est elle. Enfin, je le saurais si Molly arrive à la localiser distinctement, bien sûr, sinon… Je saurais que c'est un trucage.
L'enfant alla chercher son plan, puis se concentra sur la photo, punaise en main.
Mohinder sentit une goutte de sueur glisser le long de sa tempe. Il ne voulait pas se réjouir trop vite. Mais dans tous les cas, Sylar connaissait le pouvoir de Molly, et il savait qu'il aurait été inutile de le bluffer avec une photo. Le plus dur serait de savoir, si cette femme existait réellement, s'il s'agissait bien de sa sœur.
- Là !
Molly avait piqué la punaise en plein cœur de la forêt de Los Tuxtlas au Mexique.
Mohinder en resta sans voix. Si loin… Et comment Sylar avait-il réussi à s'échapper de cet endroit pour revenir par ici ? Bien sûr, il avait ses pouvoirs, mais ils avaient dû être fortement amenuisés par la maladie. Malgré lui, cela l'impressionna. Et le mit en colère par la même occasion. Mais le jeune homme ne lui avait pas menti. Pas cette fois en tout cas… Il devait au moins lui reconnaître ça.
Une main se posa sur son épaule.
- Ecoute, Mohinder, je crois qu'il est temps, malgré tout, que tu nous en dises un peu plus. Aujourd'hui, des gens ont surveillé la rue. Molly a senti quelque chose d'anormal cette nuit. Dans tous les cas, nous devons partir d'ici. Nous ne sommes plus en sécurité. J'attendais ton retour pour t'en parler.
Mohinder se tourna vers le policier d'un air effaré. Partir si tôt ? Alors qu'il avait encore besoin de temps ? C'était impossible, le seul moyen de démanteler la Compagnie était de rester sur place, avec Bob !
- Peut-être qu'elle a juste senti Sylar, on ne peut partir, tu sais, je…
- Quoi ?
L'indien se mordit la lèvre.
Matt le regardait d'un air furieux :
- Tu as bien dit Sylar ? Ce qui signifie ?
Molly attrapa la manche de son père adoptif, lui jetant un regard suppliant :
- Matt, ne t'énerves pas. Ce n'était pas lui qui nous surveillait de toute façon. Lui, je… J'avais senti sa présence, mais elle ne nous était pas hostile, alors… je n'ai rien dit pour ne pas t'inquiéter, puisque Mohinder n'avait rien dit non plus…
- Matt, je suis désolé.
- Non, Mohinder, tu es devenu fou ? Ce meurtrier est dans les parages et tu ne m'as rien dit. Ne m'interrompe pas ! Je ne devais me mêler de rien, pour l'instant, juste m'occuper de Molly. Mais nous sommes en danger, elle est en danger ! Je ne peux pas croire que tu n'aies rien dit ! C'est dingue !
- Je t'en supplie, Matt, écoute-moi ! J'ai rencontré Sylar hier, c'est lui qui m'a protégé. Il voulait l'antidote au virus Shanti. Je ne voulais pas lui donner, mais… mais Noah m'a dit de le faire. Je reviens de chez lui. Il ne nous fera pas de mal.
- Tiens, c'est ton copain maintenant ?
Mohinder se tut, estomaqué.
- Vraiment, continua Matt, si j'avais su, nos bagages auraient été prêts dès hier. Je vais partir avec Molly, fais ce que tu veux. Viens avec nous, ou reste ici. Mais je ne laisserai pas ce tueur approcher ma fille !
Molly se précipita entre Mohinder et lui.
- Arrêtez, s'il vous plaît ! Vous ne pouvez pas vous disputer comme ça ! Matt je t'en supplie, laisse le au moins s'expliquer…
Le policier tiqua, puis un air confus se plaqua sur son visage. Il s'accroupit à la hauteur de la fillette.
- Excuse-moi, je suis idiot. Mais j'ai tellement peur pour toi, et puis, dit-il en se tournant vers le généticien, je ne comprends pas ton attitude…
Mohinder laissa tomber sa besace sur le sol. Il se passa une main sur le front, puis ravala sa salive.
- J'ai agi inconsidérément, je m'en rends compte. Je vais appeler Noah, il saura quoi faire.
- Vous n'appellerez personne, docteur Suresh.
Ils se tournèrent derechef vers la porte.
M. Bishop se tenait devant eux, entouré d'une jeune fille blonde que Mohinder ne connaissait pas, et suivi de près par trois colosses.
- Inutile de faire usage de votre pouvoir, M. Parkman, nous ne vous voulons pas de mal, au contraire… En tant qu'ancien associé de votre très cher père, je suis ravi de vous rencontrer. Et toi, tu nous es très précieuse, également, conclut-il en souriant à Molly.
La fillette se précipita derrière Matt. Mohinder se plaça devant eux.
- Que faites-vous ici ?
- Docteur, vous n'avez pas été très perspicace. Vous pensiez réellement pouvoir vous jouer de nous de la sorte ? Mais nous serons cléments, car vous êtes irremplaçable, malheureusement pour vous. Actuellement, nous recherchons activement ce cher Bennet. Et nous partons tous ensemble, dès à présent, pour votre nouvelle demeure.
Mohinder sortit le revolver de sa poche, et le pointa sur Bob.
- Vous ne nous emmènerez nulle part !
L'alchimiste sourit d'un air joyeux. Il se tourna vers la jeune femme.
- Elle, ma chérie, montre au professeur ce que tu sais faire.
- Oui papa, répondit-elle en pointant une main rapide sur le généticien.
Un éclair en jaillit et toucha la main de Mohinder qui poussa un cri.
Les hommes de main de Bob les entourèrent aussitôt, indifférents aux cris de Molly.
Un des hommes murmura quelques mots, et le visage d'incompréhension de Matt fut la dernière chose qu'il vit avant de sombrer dans les ténèbres.
