Disclaimer : Les persos ne sont pas à moi, et je ne touche pas d'argent avec cette fic

NDA : Par contre, forcément, il y aura des spoilers mélangés à des situations purement inventées, comme je reprends légèrement la trame de la saison en changeant un peu beaucoup de choses lol, puisque je n'avais vu que le premier épisode d'heroes lorsque j'ai commencé cette fic. Alors désolée d'avance, car il y aura forcément des incohérences, mais je vais m'efforcer d'être à peu près crédible ; même si ça ne reprendra pas le déroulement de la saison…

NDA 2 : Ce chapitre sera un peu court, désolée, mais dès le prochain, beaucoup d'action en perspective !!! Alors ne manquez pas le chapitre 4, surtout, explosions en tout genre, trahison, hémoglobine, ça va décaper, hihi !!!

(ouh là, vais aller me recoucher moi ;; )

Chapitre 4

Dans la gueule du loup

Un hurlement de bête sauvage faillit le faire tomber de son arbre. Après un voyage crevant, il avait enfin réussi à retrouver cette fichue base, non sans mal. Il s'était posté sur un vieil arbre noueux et attendait une occasion propice pour s'infiltrer là-dedans, ni vu, ni connu.

Ce ne serait pas une mince affaire, mais il était bien décidé à tout affronter pour ne pas mourir. Déjà, ses pouvoirs s'amenuisaient. Mais, coûte que coûte, il devait faire de son mieux. Sa vie en dépendait après tout, et surtout sa vengeance.

Se venger. C'était la seule chose à laquelle il pouvait encore s'accrocher. Alors, il s'y complaisait de toutes ses forces.

Et il était très content comme ça.

Enfin… peut-être bien que c'était stupide, mais il ne lui restait que ça après tout.

Un mouvement se fit près de l'entrée, cachée par un amas d'espèces de lianes entrelacées. Il sauta sur le sol, souple malgré la fatigue, et s'approcha sans un bruit. Un homme finit par apparaître, traînant une grosse caisse après lui. Il attendit que l'homme s'éloigne, puis fondit sur lui comme un oiseau de proie.

Cet homme n'avait pas de pouvoir. C'était juste un garde. Il l'assomma proprement, l'examina en détail, et fouilla ses vêtements à la recherche d'une carte d'identité. Puis il chercha dans les souvenirs de l'homme tous les mots de passe qu'il y avait à connaître pour entrer dans cet endroit infernal.

Bingo.

Le gars avait tout ce qu'il fallait.

Avant de s'approcher de l'entrée, il grilla les petites caméras qu'il avait eu le temps de débusquer, puis enfourna la carte magnétique dans la fente prévue cet effet. Il eut à peine le temps de poser un pied à l'intérieur que des pas se firent entendre. Il attendit que les types arrivent pour projeter dans leur esprit l'image de leur collègue.

- Hey, le chef t'attends, t'en as mis du temps à sortir ce truc !

Sylar acquiesça en silence, puis suivit l'autre. Il observa le couloir. Il savait quelle bouche d'aération il emprunterait pour retrouver le généticien. S'ils n'avaient pas changé les emplacements de tous les bureaux.

Il se concentra un instant, quelque chose le perturbait toutefois. Il n'aurait su dire quoi exactement.

Ils entrèrent dans une petite pièce mal éclairée.

Un grand barbu le dévisageait avec insistance.

- Je ne sais pas ce que tu as fait, mais le boss veut que ce soit toi qui l'accompagnes à la nouvelle base. Il pense que tu es le plus à même de bien les protéger. Je te félicite, continue comme ça, et tu monteras vite les échelons.

Devant son manque de réaction, le type haussa un sourcil.

- Bien, c'est tout. Tu pars dans 1h. Va manger un morceau. Le voyage sera long.

Sylar piocha dans les souvenirs du soldat.

- Bien, Chef Gordon.

Il suivit son collègue dans une espèce de cantine, puis tout s'éclaira soudain.

Il écoutait attentivement. Et il n'y avait pas grand-chose. Pas tous ces bruits infernaux de machines et de cœurs qui battaient par centaines…

Non plus de ça ici.

Il retint un gémissement de frustration. La base avait été déplacée. Forcément, avec un gars comme lui qui s'était échappé, ils ne pouvaient pas rester où ils étaient.

Il se rappela soudain que le soldat lui avait dit qu'il accompagnait quelqu'un à la nouvelle base. Tout à sa concentration, il n'avait écouté qu'à moitié.

Il sourit dans le vide. Si c'était de la chance, elle était phénoménale ! Il mangea avec appétit, n'ayant rien avalé depuis deux jours, devant l'air surpris de ses collègues.

Puis il partit attendre cette fameuse personne.

Un homme grand, aux lunettes noires, arriva, entouré de cinq individus. Sylar faillit le griller sur place. C'était le fameux Bishop. Ce type…

- Bien, Andrew, nous pouvons y aller. Vous monterez avec ma fille, il faut veiller sur elle avec précaution.

Une jeune femme blonde le jaugea d'un air méprisant.

- Pfff, Papa, tu sais très bien que je n'ai pas besoin de gardes du corps. Je sais me défendre seule, c'est ridicule !

- ça suffit, Elle, ne discute pas mes ordres. Allons-y !

Une moue colérique apparut sur son visage. Pourrie gâtée, pensa immédiatement Sylar. Il leur emboîta le pas sans un mot. Ils furent répartis dans deux jeeps couvertes et s'enfoncèrent aussitôt dans la jungle.

Gabriel jetait des coups d'œil autour de lui sans relâchement. Il finit par se tourner vers la sale gamine.

- Dans combien de temps on arrive ?

Elle haussa les épaules avec dédain.

- Deux heures ? Peut-être trois… Mais si tu ne sais pas où se trouve la base, quel intérêt de t'emmener ? S'il nous arrivait quelque chose, tu ne saurais même pas nous y emmener !

Il eut un gloussement dédaigneux :

- C'est bien pourquoi je vous accompagne aujourd'hui, pour connaître le chemin ! Sans quoi, je serais tranquillement avec mes collègues, à jouer aux cartes.

Elle fronça les sourcils, mais ne répondit pas et tourna la tête.

Son pouvoir… manier l'électricité. Pas aussi impressionnant que les siens, mais pas mal quand même… en plus elle avait l'air d'une pure idiote. Dès qu'il en aurait l'occasion, il se ferait un plaisir de lui analyser le cerveau.

Des cris fusèrent au loin, il tendit l'oreille, mais rien. Fausse alerte.

Il rejeta un rapide coup d'œil à Elle.

S'il n'avait été qu'avec cette fille dans la camionnette, comme il lui aurait aimé découper lentement la peau du crâne pour la décoller de l'os…

Il aurait extrait le cerveau avec délicatesse, plongé ses doigts à l'intérieur, ressenti chaque terminaison nerveuse avec un délice incomparable… Senti la chair molle et chaude palpiter sous ses doigts experts…

Il se donna mentalement une baffe, il devait se reprendre. S'il n'arrivait même pas à contrôler ses émotions si près du but !

Mais il n'y pouvait pas grand-chose si le fait d'accomplir cet acte lui donnait encore l'illusion d'être vivant… De ressentir des choses, comme n'importe quel être humain…

Il s'en repaissait, d'une part, pour la simple et bonne raison qu'il était tout de même bien mieux de récupérer les pouvoirs d'une pauvre bande d'incapable afin de s'en servir intelligemment, et d'autre part parce que tout un tas d'émotions le traversait de part en part lorsqu'il accomplissait son petit rituel… Et ça, c'était le pied… Comme atteindre un orgasme. Sentir qu'il était unique et en harmonie avec lui-même…

Il soupira. Cela faisait trop longtemps maintenant qu'il n'avait pas pratiqué son art. Il devait se contrôler avant tout pourtant.

La voiture fit une embardée qui projeta la jeune fille contre lui. Il dût user d'une force mentale phénoménale pour ne pas déchirer en lambeaux la tête qui s'était cognée contre son torse.

Merde, pourvu qu'ils arrivent enfin !!!

Elle se redressa en pestant contre la route, et s'excusa d'une voix contrariée. Il essaya de ne plus faire attention à elle. A tout ce pouvoir qui pulsait à l'intérieur de ce corps frêle…

La jeep s'arrêta brutalement. Il se redressa avec espoir. Ils étaient donc enfin arrivés !

Bishop ouvrit la portière, attrapa la main de sa fille, et le jaugea d'un air sérieux.

- Andrew, vous êtes quelqu'un d'efficace. Je vous veux en permanence près de moi. Aujourd'hui, nous restons ici. Quant à demain, l'autre base s'ouvrira à vous. Et je vous présenterai mon bijou le plus précieux.

Sylar ressentit la haine de Elle grandir et tout envelopper d'un seul coup. La jalousie… Un poison qui pouvait s'avérer fort utile.

Ils entrèrent dans la base. Gabriel savait qu'il devrait agir tôt. Donner aux autres cette apparence le fatiguait énormément et il risquait de ne pas être opérationnel.

Bien. Il savait que les deux Jeep étaient équipées d'assez de bidons d'essence pour rouler pendant plus de trois semaines… C'était le principal. En outre, l'endroit où il avait disposé son paquetage disposait d'assez de nourriture à emporter. Il remplirait les Jeep incognito, puis ferait tout péter. La dernière chose… Et bien, si la chance continuait de le suivre, Mohinder et ses amis seraient ici… Pas dans cette autre base. Combien allaient-ils donc lui en sortir de leurs chapeaux ?

Il ne savait pas vraiment comment s'y prendre pour savoir si le généticien se trouvait ici…

Essayer de soudoyer cette idiote ? Mais ce ne serait pas aussi simple. Non, il devait attendre un peu…

Il s'éloigna des autres, prétextant une envie pressante, et se dirigea vers des toilettes se trouvant à l'entrée. Un rapide coup d'œil lui fit comprendre qu'il pourrait utiliser les grilles d'aération des lieux.

Il se passa de l'eau sur le visage… Pas de caméra en ces lieux, il pouvait arrêter un peu son pouvoir. Cela lui fit du bien. Et ce n'était pas bon. Il était de plus en plus fatigué.

« Je sais que vous êtes là, Molly me l'a dit. Nous sommes dans la salle B15, au 3ème sous-sol… et Mohinder… »

Sylar écarquilla les yeux. Il se concentra à nouveau, essayant de capter le policier.

« Je sens qu'ils arrivent, B15, 3ème sous-sol, vite !!! »

Il sortit en trombe des toilettes, et faillit oublier de déployer son pouvoir. Il devait à tout prix se rendre là-bas… Comment faire ? D'abord, trouver un plan de cet endroit !

Il se rendit dans le bureau où il avait laissé ses compagnons de voyage. Il n'y avait plus que deux gardes.

- Le patron et sa fille sont partis mener de petites interrogations. Tu peux attendre un peu ici.

Il soutint le regard du grand homme qui lui avait parlé :

- Je préférerais faire le tour des lieux… Vous avez un plan ?

L'autre eut un rictus dédaigneux :

- Hey t'es pas en camp de vacances, qu'est-ce que tu crois ?

Gabriel se concentra. Des caméras dans la salle l'empêchaient de faire ce qu'il voulait. Il devait atteindre psychiquement le garde.

- Si il se passe quelque chose, John, il faut que je sois opérationnel… là tout de suite, je saurais juste sauver mon propre cul en sortant d'ici, alors…

Le gorille haussa les épaules, puis répondit d'un ton moins goguenard :

- bah, non, pas de plan. Mais tu peux aller faire un tour sur la surface. On peut pas descendre dans les sous-sols sans un membre spécial pour nous accompagner.

- ok… répondit le jeune homme en sortant de la pièce.

Il se rendit à nouveau dans les toilettes. Tant pis, il se débrouillerait. Il se glissa dans la cage d'aération, refermant bien la grille derrière lui. Il devrait passer par ici pour le retour. Il n'y avait pas d'autre sortie plus proche des voitures. Au fur et à mesure de sa progression, il sentait de plus en plus de souffle, de plus en plus de battements de cœur…

Il allait devoir être extrêmement prudent…

S'échapper une fois avait été une chose. Mais là… Il ne serait même pas seul… il avait réfléchi à tout ceci avant de partir, mais n'avait pas de solution particulière. Il n'allait pas non plus faire péter entièrement cette base. Il ne voulait pas tuer des gens innocents… enfin, du moins, des gens qui ne méritaient pas de mourir pour lui…

Il s'appliqua à descendre tout doucement le long des gros tuyaux dès qu'il le pouvait. Il devait logiquement être au bon endroit à présent… Il lui fallait trouver la salle…

« Vous y êtes presque, Molly dit que vous êtes à quelque mètres de nous… »

Il stoppa net. Se concentra. Battements de cœur d'enfant. Par contre, il devait débouler dans un couloir avant d'accéder à la salle. Des caméras scrutaient les lieux. Pour maintenant, il devait tenter le tout pour le tout. Il fit explosa les objectifs, sauta sur le sol, et projeta une des lourdes portes de métal hors de ses gonds.

Le policier se tenait derrière, serrant la fillette dans ses bras.

- J'ai pu lire dans vos pensées que vous veniez nous sortir de là, je ne sais pas pourquoi, mais…

- trêve de bavardage, le coupa Sylar, passez par où je suis venu, à l'intérieur, allez tout droit, remontez un étage, puis vous irez à gauche, et remonterez ainsi de suite deux fois, vous atterrirez dans des toilettes. Vous en sortez, la sortie sera à droite, tenez.

Il leur tendit sa carte magnétique.

- prenez ça, une Jeep vous attends dehors, partez immédiatement.

La petite fille lui jeta un regard implorant :

- Sauvez Mohinder, je vous prie ! Il n'est pas loin d'ici, il y cette fille méchante avec lui, et le gros homme…

Des bruits de pas se firent entendre au bout du couloir. Sylar provoqua une explosion, aidant Matt et Molly à s'échapper. Le policier lui jeta un dernier regard.

- Nous partons, protégez Mohinder, on se retrouvera sous peu, n'est-ce pas ?

- Dès que possible, allez !!!! De toute façon, cette petite saura où nous sommes, n'est-ce pas ?

- Oui, merci encore !

Ils s'enfuirent par les conduits. Sylar haussa les épaules. Merci de quoi ? Si cet empoté croyait vraiment qu'il avait fait ça pour les aider, il était encore plus idiot qu'il ne croyait !

Une balle siffla à son oreille. Il se reprit et d'un geste de la main, fit exploser la main du type qui le maintenait en joue. L'homme hurla en s'effondrant sur le sol. Une alarme retentit.

Un autre soldat voulut tirer sur lui et réussit à frôler son épaule. Il étouffa un gémissement de douleur sous la brûlure de la balle, et lui explosa la tête sans ménagement. Mais un nombre plus important arrivait. Sylar se concentra de toutes ses forces, donnant l'illusion aux hommes qu'il s'enfuyait de l'autre côté. Ils partirent en hurlant dans leurs talkies-walkies, et il pût s'élancer vers le bruit qui le taraudait depuis le début…

Oui, il connaissait bien ce bruit… Même très bien…

Un bruit qu'il avait pu goûter sous toutes ses formes. Un battement qui était passé par tous les stades en sa présence… excitation, haine, rage, bonheur, peur…

Un battement qui le rendait fou, quoi qu'il puisse en dire…

Le cœur de Mohinder… Là… si proche… si près…

Il y était presque…