C'était une matinée fébrile au château royal de Nourasie, habituellement si paisible en début de journée ; la nouvelle de l'arrivée de la délégation terrienne s'était répandue comme une traînée de poudre, et tous attendaient à présent avec plus ou moins d'appréhension la première rencontre entre le roi et ces visiteurs venus d'ailleurs. Ce traité de paix était définitivement leur dernière chance, et ils ne devaient en aucun cas la manquer.
Le soleil, indifférent à l'agitation des domestiques et de la populace de nourasie qui se massait devant le portail du chateau, se levait paresseusement, balayant de lumière les grands couloirs des appartements royaux ; là bas, un jeune homme marchait silencieusement d'un pas rapide claquant sèchement contre les dalles froides, le souffle court.
Comment avait il pu se rendormir ? Aujourd'hui était une journée capitale pour son peuple, une journée qui pouvait changer du tout au tout et voilà que le prince nourasien lui même était en retard pour ce fichu traité alors que le plus simple des paysans s'était levé à l'aurore pour tenter d'assister à cette journée historique !
On avait vraiment pas idée...
- Aikka ? Qu'est ce que tu fous là bon sang ? Ils t'attendent tous !
Le jeune prince fit volte face brusquement et se retrouva nez à nez avec Zaïe qui se curait les ongles à l'aide d'un poignard, avachie dans l'encadrement d'une fenêtre, l'air visiblement ennuyé : il était si stressé à l'idée d'affronter le regard réprobateur de son père et de tous les nobles de la cour qu'il était passé devant elle sans même la voir .
- C'est plutôt moi qui devrait te poser la question, répliqua il du tac au tac pour se donner un peu plus de contenance, je te signale que tu n'as pas le droit d'être dans les appartements des hommes, et encore moi de m'appeler par mon prénom !
Mais pour toute réponse la jeune fille lui rit au nez à gorge déployée, ce qui fit soupirer Aikka : il avait beau faire semblant pour sauver les apparences, l'amitié qu'ils entretenaient tous deux avait abolie dès le début le rapport de supériorité que le jeune homme avait naturellement sur elle par sa position de prince. A quoi bon lutter, la terro-nourasienne ne semblait vraiment pas enclin à lui montrer un quelconque respect, et c'était à grand peine qu'elle l'appelait prince, même en public ...
- Allons mon petit Aikka, je suis là par ordre de ton cher père ! Je suis censé être la garde rapprochée de ta princesse, tu te souviens ?
- Je ne vois absolument à quoi tu fais allusion si tu parles de M...Eva. répondit Aikka sur un ton qui ne souffrait aucune réplique, retrouvant sa dignité princière
- Meuuuh oui, bien sûr, ne te la joue pas coeur de glace Aikka, j'ai bien vu hier comment tu l'as prise dans tes bras ! s'exclama la jeune fille en s'étirant paresseusement, Je dois avouer que je penserais pas que tu aurais le cran de dépasser la morale poussiéreuse qu'on t'a inculqué, je suis fière de toi !
La dessus Zaïe pouffa entre ses mains, tandis que Aikka tournait brusquement sa tête vers la fenêtre, trouvant subitement le paysage d'un intérêt fulgurant. La jeune fille était bien la seule à savoir ses faiblesses et à avoir le pouvoir de le rendre mal à l'aise au plus haut point : elle le connaissait très bien, trop bien selon son maître d'armes qui ne semblait pas apprécier grandement cette amitié entre le prince et une roturière turbulente, bien qu'il la tienne en grande estime.
- Bon, reprit Zaïe quand son fou rire se fut calmé, en attendant ça ne me dit pas ou se trouve Eva !
- Elle est...
- Oui ?
- Dans ma chambre. Acheva Aikka, n'arrivant finalement plus à contrôler le flot de sang qui s'amassait sur ses joues, le faisant rougir furieusement.
Un silence lourd de propos s'abattit sur les deux adolescents, Zaïe ouvrant d'énormes yeux, la main se crispant convulsivement sur sa dague, entourée d'une aura soudainement meurtrière. Aikka jugea bon d'assurer sa survie avant que son amie ne le décapite sur place :
- On a discuté toute la nuit, nous avions beaucoup de choses à nous raconter tu sais ! Seulement discuté, je te l'assure ! D'ailleurs j'ai dormi sur le futon, elle a dormi seule sur mon lit.
- Mais bien sûr...
- Zaïe je suis prince de Nourasie et je...
- Tu en restes un homme.
- Zaïe...
Finalement, au lieu de l'envoyer en quatrième vitesse vers l'autre monde comme il le craignait, la jeune fille se tourna vers le prince, un sourire narquois aux lèvres, rangeant sa dague dans son fourreau pendu à une ceinture, près de hanche :
- Bon, j'accepte ton explication, aussi tordue soit elle ! déclara elle d'un ton mielleux, mais à charge de revanche...
- Mais enfin je n'ai rien à te devoir puisque...
Aikka n'eut pas eu le temps de terminer sa phrase que Zaïe avait disparue, laissant derrière elle flotter son rire enfantin et une délicate odeur d'orange, dont le jeune homme trouva mystérieusement les pelures dans sa main gauche. Il haussa les épaules avant de reprendre son chemin de bon pas, bien décidé à minimiser son retard et de conserver sa dignité aux yeux de tous.
Il était le prince de Nourasie.
Il n'avait pas le droit à la moindre erreur.
- Peux tu me répéter ou est ce que tu m'emmènes ?
- Pour la trentième fois Eva, tu le sauras lorsque tu devras le savoir !
Eva soupira, avant de bailler à s'en décrocher la mâchoire, omettant de mettre sa main devant la bouche, ce qui provoqua un murmure indigné de la part de la suivante qui les accompagnait elle et Zaïe ; le trio déambulait dans un couloir interminable entrecoupé de très grandes fenêtres qui laissaient entrer l'air frais de ce début de matinée ensoleillée .
Au souvenir de la nuit précédente, ou elle n'avait dormi qu'un très court laps de temps, le visage auparavant morose de la jeune terrienne s'éclaira d'un beau sourire: après leur étreinte si soudaine et visiblement déplacée aux yeux des Nourasiens, Eva s'était fait à moitié réprimandé par une Zaïe tout sauf sérieuse, lui expliquant au passage qu'aucun contact phyisique entre un homme et une femme de famille différente n'était ici tolérée en public
Néanmoins quelques instants plus tard, et bien loin du regard des suivantes outrées, Aikka l'invitait discrètement à le rejoindre dans ses appartements. De la part de tout autre garçon Eva aurait trouvé cela plutôt douteux , mais pas venant du prince, en qui sa confiance n'avait pas de bornes : et en effet ils n'avaient fait que discuter, de la course, de leurs vies respectives, durant des heures et des heures, avant que la jeune fille ne s'endorme, le nez enfoui dans l'oreiller du propre lit de son ami , la tête dans les étoiles du ciel Nourasien.
Le réveil avait en revanche été nettement moins agréable, avec en guise de sonnerie un splendide jet d'eau que la jeune terrienne avait reçu en pleine face de la part de Zaïe, qui s'était contentée pour toute explication de retirer de forçe une Eva trempée et hurlante du lit, riant si fort qu'elle en avait fait fuir les oiseaux intrigués qui observaient la scène du rebords de la fenêtre royale.
Après dix minutes de marche sous les yeux curieux de la populace du château qui observaient discrètement la Terrienne rêveuse, la suivante pila net devant une grande porte de bois roux, toisant pour la première fois Zaïe dans les yeux , et lui lâcha ces quelques mots en pinçant les lèvres de son air perpétuellement méprisant:
- Je vais prévenir sa majesté que vous êtes ici.
- C'est ça, sonne nous quand la reine est prête, on t'attend répondit d'un grognement Zaïe en jetant à la servante qui partait un regard profondément ennuyé savamment travaillé
Quand la terro-nourasienne se retourna vers Eva, elle s'aperçut que celle ci venait de se reconnecter avec la vie réelle, affichant sur son visage une expression de grande surprise :
- La... La reine ?
- Oui oui, c'est ça qu'on est venu faire, comme les hommes sont partis discutailler entre eux a propos du traité, la reine a exprimé son désir de te voir... J'espère que cela ne te dérange pas.
Eva ne plissa son nez, pas vraiment certaine de tout comprendre.
- L'entrevue va se dérouler dans le cadre de l'heure d'écoute du peuple dispensée par la reine, continua Zaïe en dodelinant de la tête, c'est une heure hebdomadaire que la reine donne à quiconque désir lui faire part de ses questions, ses suggestions... Sa majesté adore donner dans le social, tu le remarqueras assez vite, elle est très appréciée par les gens hors du château. Il se peut que tu rencontres également la princesse Ellie.
- Mais... Mais je...
La terrienne sembla soudainement honteuse de son pantalon kaki baggy laissant dévoiler légèrement sa culotte blanche et son nombril pâle, de son débardeur court orange, tenue a son goût si peu décente pour une visite royale.
- Ne t'inquiètes pas pour tes vêtements, l'interrompit Zaïe en secouant sa main d'un geste négligent, tu paraîtras d'autant plus exotique aux suivantes !
- C'est que c'est un peu rapi...
Mais la jeune fille fut de nouveau interrompu, cette fois ci par la lourde porte orangée qui s'ouvrit dans un grand fracas par deux jeunes femmes , le dos courbé. Zaïe se raidit soudainement et pris vivement le poignet de Eva, lui faisant comprendre par une pression de la main qu'à présent c'était elle qui menait la danse et qu'elle devait suivre chacun de ses mouvements, ce que s'empressa de faire la terrienne, trop intimidée parce ce qu'elle apercevait pour faire le moindre geste consciemment .
Après avoir retiré leurs chaussures comme le voulait la coutume nourasienne, les deux jeunes filles s'engagèrent à petits pas dans une sale de taille moyenne à l'ambiance chaude et douce, légèrement enfumée par les multiples bâtons d'encens disposés ici et là ; au sol étaient posés de gros coussins aux tons pourpres ou se discutaient à voix basse quelques femmes qu'Eva jugea d'origine aisée au vu de leurs beaux habits, bien différents à ceux que portaient les villageois qu'elle avait rencontrée la veille. Au centre se trouvait un grand tapis orange brodé de blanc qui s'étirait tout de la longueur de la salle jusqu'à une sorte de grand canapé de velours violet ou se tenaient droites une jeune fille d'une vingtaine d'années à l'air doux et ce qui semblait être sa petite sœur qui la dévora instantanément avec ses grands yeux bleus pleins de malice. La terrienne lui sourit maladroitement et tourna la tête, n'apercevant pas ce qui devait être la mère d'Aikka.
A mis chemin Zaïe ralentit son allure, forçant Eva à suivre le mouvement : le fait de ralentir le pas était une manière de montrer son respect au gratin de la noblesse qui se trouvait ici. Et la terro-nourasienne avait beau ne pas pouvoir supporter la majorité des comtesses et autres dames très imbues de leur personne qui se prélassaient ici, sa condition ne lui permettait sûrement pas d'échapper à cette règle de politesse. Arrivée devant le canapé de velours elle s'inclina profondément, laissant son amie pantoise, ne sachant que faire : devait elle s'incliner devant la jeune fille qui s'était redressée à sa vue, l'air vivement intéressé, bien qu'elle ne soit pas la reine ? Celle ci se releva et posa sa main sur l 'épaule courbée de Zaïe d'un air maternelle, l'incitant à se redresser.
- Mademoiselle, vous savez bien que vous n'avez pas besoin de vous incliner devant moi, dit elle d'une voix paisible
- Zaïe-chan, tu salues comme un garçon ! s'exclama la petite fille sur la canapé
- Bonjour Yume-Hime , je suis ravie de vous revoir, sourit la terro-nourasienne en relevant la tête
A ces mots elle fit signe à Eva de s'approcher, sous les murmures des jeunes femmes de la cour qui se tordaient gracieusement le cou afin de mieux apercevoir cette terrienne .
- Ma reine, je vous présente Eva Wei, la jeune terrienne dont Aik... le Prince vous avez parlé. Eva voici notre reine, et la princesse Yume ! déclara la terro-nourasienne
- La...La reine ?
Eva se mit brusquement la main sur la bouche, consciente de l'impolitesse de ses propos ; elle esquissa une courbette maladroite et se sentit soudainement comme sur un grill . La jeune fille qu'elle avait prise pour la grande soeur de la princesse était en fait sa mère, et celle d'Aikka ! Celle ci avait agrandi son sourire et était à présent tout près de la terrienne, suivie de près par la petite Ellie qui s'aggripait au short de Zaïe, à la fois timide et curieuse :
- Mademoiselle Eva, je suis ravie de faire votre connaissance ! Aikka m'a tant parlé de vous... Mais je vous en prie, asseyez vous auprès de nous, nous converserons plus tard, les premières visites ne vont pas tarder !
- Je... Excusez moi, vous paraissez si...euh...enfin...
- Allez viens Eva-chan , viens t'asseoir à côté de moi ! la coupa la jeune princesse qui avait abandonné sa timidité pour de la franche camaraderie
Sans attendre sa réponse, la petite prit vivement la main de la jeune fille qui se laissa entraînée telle une enfant jusqu'à un coussin tout prêt du sofa royal, ou elle se fit installée fermement en compagnie de Zaïe qui se posa à genoux contre le sol et de la princesse qui se lova bien vite entre les deux jeunes filles, sous le regard attendrie de sa mère et nettement plus réprobateur de sa vieille préceptrice, installée quelques pas plus loin.
Bientôt le murmure des conversations reprit, et les deux femmes qui avaient ouvert à Eva et Zaïe retournèrent à la lourde porte afin de laisser passer de nouveaux visiteurs ; une dame d'une quarantaine d'années d'une corpulence forte s'avança, accompagnée d'une fillette sale qui s'agrippait à sa jupe blanche qui la boudinait horriblement. A sa vue les comtesses et duchesses plissèrent toutes leur nez, un air de dégoût flottant sur leur visage poudré, et la rumeur enfla, effrayant la petite fille qui se tassa encore plus dans sa robe grisatre dans laquelle elle semblait flotter. Ses cheveux étaient courts, choses que Eva n'avait encore jamais vu sur un nourasien, ses yeux bandés d'une large bande de gaze, sa petite bouche bleuie se tordant dans une grimace de nervosité que trahissaient également ses petites menottes qui tremblaient, crispées sur sa robe, tandis que la femme qui l'accompagnait se grattait à présent sans vergogne les aisselles, d'une façon que jugèrent les grandes dames présentes fort peu gracieuse. Seule la reine gardait aux lèvres son sourire apaisant, contrastant par sa bonté avec la malveillance évidente que dégageaient la crème de la noblesse nourasienne ; Eva comprit alors pourquoi Zaïe lui avait parlé d'une reine particulièrement appréciée du peuple, cette femme semblait être en effet l'incarnation même de la gentillesse, et malgré l'apparence piteuse de ses hôtes elle restait rayonnante et fière de son peuple.
- Bien l'bonjour mesdames ! commença la mégère qui s'avança vivement sans même se courber, entrainant avec elle la petite fille qui émit un couinement de surprise, ma Reine j'me présente, j 'me prénomme Torako. Et elle... c'est Hana.
- Bonjour madame, salua poliment Ellie qui ne récolta qu'un regard dédaigneux de la grosse femme qui essayait à présent de dégager la petite fille craintive de sa jupe en tirant violemment sur son bras, MAIS TU VAS DEGAGER TOI OUI ?
Sans attendre de réponse, elle la poussa brusquement à terre devant la reine ; Eva eut une exclamation indignée alors que Zaïe se crispa brusquement. A présent le silence était des plus complets et toutes attendaient la réaction de la reine devant cet acte de violence envers la petite qui s'était recroquevillée à terre, la respiration sifflante, l'air plus misérable que jamais ; le beau visage de la souveraine avait perdu son sourire, pourtant elle ne montrait aucun signe de colère, ses traits exprimant une grande impassibilité teintée d'une curiosité polie envers les raisons de ce geste . La paysanne sembla soudainement mal à l'aise, consentit enfin à se courber gauchement et entreprit de raconter son histoire, tout en jetant des regards haineux à Hana qui s'était légèrement relevée, attendant la suite des événements :
- Scuzez mon geste ma Dame, mais c'est à cause d'elle que je suis venue . .. Comme je vous l'ai dit elle s'apelle Hana, mais ne croyez surtout pas qu'elle est ma fille ! En fait je suis sa tutrice, assez involontaire pour tout vous dire , et je viens vous demander l'autorisation de résilier mon contrat... Ou un truc dans le genre. Je refuse de garder cette...fille sous mon toit au coté de mes propres enfants ! Vous comprenez, après tout le monde se gausse et parle dans mon dos, ça nous fait une de ses réputations ...
- Excusez moi ma chère, répondit doucement la mère d'Aikka, mais pourriez vous nous expliquer les raisons de ce rejet ? J'avoue avoir du mal à comprendre...
Eva se tourna vers Zaïe ; elle la trouva soudainement triste, tendue, les yeux rivés sur la petite forme de tissus gris tremblante, dardant des éclairs lorsque qu'elle se tournait vers la grosse femme qui les ignorait royalement . Ses poings se serraient convulsivement contre ses genoux, et elle ne semblait déjà ne plus écouter la tutrice qui à présent expliquait sa situation à la Reine attentive.
- En fait c'est très simple : cette petite est une traîtresse. Ses parents étaient des rebelles aux Crogs lors de l'occupation, et ils sont mort sous leurs tridents, après avoir refusé de livrer le nom du lieu ou se cachaient leurs compères ! Il paraîtrait qu'ils aient beaucoup souffert...Leur maison reste inhabitée depuis, on raconte qu'elle est hantée.
Il y eut une pause dans le récit, pendant laquelle la mégère inspecta les visages à présent effrayés et mal à l'aise des comtesses et duchesses, visiblement satisfaite de son petit effet. L'expression de la Reine s'était quant à elle durcie, et la princesse Ellie serrait fortement la main de Zaïe qui grimaçait. Hana avait arrêté de trembler et retenait sa respiration afin de ne pas troubler le silence ; Eva toussa.
- Après s'être occupé de ses parents ces enflures de Crogs ont décidé d'en finir avec leur fille, continua d'une voix tonitruante sa tutrice en jetant de longs regards farouches à Hana et carrément haineux à Eva dont elle venait de remarquer la présence, et ils lui ont retiré les yeux ! Oui mesdames, ils lui ont arraché les yeux à main nue !
- Madame, il n'est pas nécessaire de raconter le calvaire de cette petite fille devant elle, intervint la préceptrice de Yume qui venait d'apercevoir que son élève était au bord des larmes, cela doit raviver de nombreux souvenirs douloureux et...
- Pardonnez moi, mais c'est encore à moi de décider !la coupa violemment la narratrice, Je reste encore sa tutrice, jusqu'à nouvel ordre ! Car si son passé fait d'elle une martyr à vos yeux, sachez que ses actions nous ont démontré à nous les villageois que cette gamine est une alliée des Crogs !
- C'EST FAUX !
Tous sursautèrent à ces mots, hurlés avant tant de hargne par la petite Hana qui s'était relevée, droite et tremblante, devant son accusatrice . Zaïe et la reine se redressèrent d'un même mouvement ;
- Ce n'est pas de ma faute si les Crogs sont arrivés au village ! continua la jeune aveugle de sa voix enfantine brisée de sanglots , je ne les avais pas prévenu !
- Tu le savais ! Tu nous l'avais dis ! Tu une de leurs alliées, c'est pour cela qu'ils t'ont laissé la vie sauve ! vociféra sa tutrice en s'approchant d'elle d'un ton menaçant, comment l'aurais tu su si ils ne te l'avaient pas dit ?
- Je... balbutia la petite dont l'assurance fondait à vue d'œil, je l'avais ... je l'avais vu dans mon esprit, la lune me l'avait dit et...
- MENTEUSE ! TU VAS VOIR CE QUE JE VAIS TE M...
Tout se passa alors très vite ; avant même qu'Eva eut le temps de le réaliser Zaïe avait quitté sa place et pointait un poignard sur le coup de la grosse femme qui avait levé haut son bras, prête à frapper sa filleule qui trembla de plus belle ; les plus jeunes des femmes présentes poussèrent de hauts cris.
- Pas assez rapide la grosse, grogna Zaïe en appuyant sa lame contre le cou basané de sa victime, faisant perler quelques gouttes de sang qui coulèrent dans son décolleté volumineux
- Zaïe lâche la s'il te plaît, interrompit la Reine
Eva se leva à son tour et se précipita vers l'aveugle qui tressaillit et se tendit tout d'abords au contact de son étreinte mais qui finalement se laissa aller sur elle, pleurant de tout son saoul, bientôt rejointe par Yume qui lui parla en Nourasien d'un ton apaisant, tout en lui prenant sa main maigre entre ses menottes rondes. Hana leva son regard rougi vers Eva et se plongea dans son regard intensément, faisant vaciller la jeune terrienne, murmura quelques mots en japonais avant de retomber quasi inconsciente dans ses bras, les joues creuses baignées de larmes.
- Eva, elle a dit qu'elle te connaissait, signala la princesse
- Ah bon ?
- Il paraît que c'est un monsieur Jordan qui lui a dit...
- Jordan ? s'étrangla la terrienne
Etait il possible ?..
Torako était à présent à terre, reprenant son souffle après l'attaque rapide et terriblement précise de Zaïe ; elle releva lentement la tête, ses yeux plein de haine rencontrant ceux de la souveraine qui s'était approchée d'elle, l'intimant à se relever , emplis d'une expression mystérieuse et puissante qui lui fit baisser précipitamment le regard.
- Relevez vous ma chère, je vous prie. Vous avez bien fait de venir à ma porte et de me rapporter votre problème : qu'il en soit fait ainsi, la garde de cette fillette vous sera retirée dans la lune prochaine ! Cela ne sera pas un mal au vu des traitements que vous lui avez visiblement infligés... Maintenant partez .
- M...Mais, et Hana ? Je la reprend pour l'instant ?
Il y eut un silence à peine troublé par les reniflements d'Hana toujours enfouie contre la poitrine d'Eva qui à présent la berçait doucement ; la Reine eut un regard pour sa fille avant de se retourner vivement une dernière fois vers Torako, lui assénant un regard glacial : elle était magnifique, droite, fière, si bien que Zaïe réprima difficilement un grand frisson qui lui parcourut l'échine :
- Et depuis quand vous souciez vous d'elle ?
Et c'était fini .La grande Reine des Nourasiens avait parlé.
Il se jeta dans les bras de son amant, soudainement, lâchant le livre qu'il était en train de parcourir soucieusement : il avait besoin de se confier.
- Stan, j'ai peur.
- Peur ?
- De tout ce que le roi nous a dit. Tu te rends compte ! Les Crogs, ils...
- Je sais Koji, je sais. Mais nous ne serons pas seuls n'est ce pas ?
- C'est pas comme si on avait le choix...
- J'admire ton optimiste.
- Il ne faut surtout pas qu'Eva l'apprenne ; elle risque de culpabiliser un max.
- Quelque chose me dit que ni Don ni le roi ne sont au courant du pacte qu'elle et Aikka ont passé. On doit être les seuls au courant, même Rick n'a pas eu l'air de se sentir concerné.
- C'est peut être mieux non ?
- J'en sais rien. Quoi qu'il en soit on obéit à son père ; personne ne doit savoir ce qu'il s'est dit lors de cette réunion.
- En réalité ce traité c'est notre dernière chance n'est ce pas ?
- J'en ai bien l'impression...
- J'ai vraiment très peur Stan.
Ils s'embrassèrent.
Nouveau chapiiiitre up ! Il m'a pris un peu plus de temps que d'habitude, mais il est aussi un peu plus long, vous le remarquerez !
Peut être le 5e chapitre bientot, car je suis 'enfin) en vacances, j'ai donc bien le temps d'écrire !
Je commence à etoffer le personnage de Zaïe, avec quelques indices sur sa véritable fonction au chateau, et enfin j'intègre un personnage que j'aime beaucoup ; Hana ! - Et evidemment la reine et Ellie, petite princesse kawai au possible ... je l'admet, c'est très cliché, mais j'aime bien ce genre de personnage :3
J'espère avoir réussi à installer un simulacre de suspens ou de mystère à propos des Crogs grâce à la dernière scène... je suis pas vraiment habituée à ce genre d'écriture, vous m'en voyez désolé --"
AU passage je remercie ma Minkounette qui m'a aidé à rectifier les nombreuses fautes de frappe et d'ortographes "
dernière chose http://img225.imageshack.us/img225/5248/fleurbleuevy0.jpg
Des suggestions ? Critiques ? Je suis ouverte !
