Chapitre 6 : Une ombre au coeur

Eva parcourut le grand hall du regard, cherchant une tête connue ; encore partie en vadrouille, car Zaïe n'était toujours pas revenue et Mune et Neko allaient commencer leur service, la jeune fille commençait à peine à se repérer dans l'énorme château qui lui faisait parfois penser à un très chic labyrinthe orange, blanc et bleu (elle était même parvenue à descendre involontairement jusqu'aux cachots, se faisant d'ailleurs bien vite rabrouer par des gardes aux mines austères).

A cet instant, la grande entrée était bondée de monde pour une raison qu'ignorait Eva ; ça criait, ça riait, c'était plein d'agitation et de remous, cela sentait la vie et l'agitation .

Malgré tout ce remue ménage la jeune terrienne parvint à repérer Ichirin qui était assise dans un coin , seule en train de lire, ses compatriotes l'ignorant complètement, trop occuper à discutailler et à vaquer à leurs petites affaires. Seuls quelques petits regards curieux ou dédaigneux coulaient sur la silhouette de l'ancienne prostituée qui ne semblait pourtant ne pas en faire cas : la terrienne fit la moue et se décida brusquement de la rejoindre, se frayant un passage parmi les nourasiens, poussant tout en s'excusant dans leur langue comme Ellie le lui avait appris .

- Gomen nasai ! Go..Gomen... EH OH TU VAS TE BOUGER OUI ?

Esquivant finalement la jeune prétentieux trop occuper à montrer ses armes à des jeunes filles pleine d'admiration, Eva parvint jusqu'à Ichirin qui leva la tête et lui sourit faiblement, comme mue d'une grande fatigue :

- Bonjour Eva, comment te portes tu ?

- Bien bien et vous ? répondit la terrienne en s'asseyant auprès de l'amie de Zaïe sous les regards étonnés de la foule toujours aussi compacte, vous avez finis de travailler ?

Elle hocha la tête, expliquant en quelques mots qu'elle était ici afin d'attendre Hana qui était sur le chemin du retour de l'école.

- C'est son premier jour dans cette ville, j'aimerais que ça se passe le mieux possible

- Je pense qu'avec une tutrice comme toi il n'y a aucun soucis ! affirma Eva

Ichirin eut un drôle de regard ; la terrienne se demanda si le fait de la tutoyer l'avait vexé ou si c'était à propos de Hana qu'elle paraissait si sceptique. Elle allait excuser quand soudainement elle se rendit compte que quelqu'un était arrivé sans bruit devant elles : penchée comme elle était, Eva n'apercevait que ses pieds, ou plutôt son pantalon de toile blanche qui les cachait presque complètement. La terrienne entendit la propriétaire de ce vêtements échanger quelques mots en nourasien à Ichirin : elle releva la tête, découvrant le visage de la visiteuse, à présent le regard fixé sur la terrienne.

- Excusez moi mademoiselle, pourriez vous m'indiquer à quelle heure commence la permanence de la Reine ?

- Après le déjeuner ma Dame, exactement lorsque les cloches aux insectes sonnent . répondit la domestique dans sa langue natale

Elle avait les yeux en amande bleus qui exprimait une certaine dureté, le nez droit et la bouche fine ; ses courts cheveux roux étaient en bataille, elle portait une longue tunique blanche qui recouvrait son buste maigre et quasi-plat, son pantalon large laissait entrevoir un bout de hanche . Eva remarqua qu'elle portait une chaîne à son cou, dont le pendentif était enfoui en dessous de la tunique, caché des regards ; la nourasienne dut se rendre compte de l'attention soutenue d'Eva car elle se releva brusquement, mettant une main sur sa maigre poitrine pour s'assurer que le pendentif était bien masqué.

- Euh... O-ha-yo ! se risqua Eva tout en se relevant à son tour, s'essayant au nourasien grâce aux leçons expresses d'Ellie

- Jeune fille, je vous prie de ne pas essayer de me parler Nourasien avec votre piètre accent terrien, cette langue ne mérite pas qu'on la massacre ainsi. Repliqua elle séchement

Eva tressaillit et avala difficilement sa salive ; le ton si dur de la femme ne souffrait aucune réplique. Pourtant elle restait les yeux fixés sur elle, comme si les paroles qu'elle lui avaient adressée n'étaient nullement blessants : elle ne semblait ni hostile, ni amicale, simplement froide.

Ichirin se leva brusquement, son livre toujours dans la main gauche ; elle venait d'apercevoir Ellie en compagnie d'Hana qui essayaient tant bien que mal d'avancer dans cette marée humaine, tâche ardue à cause de leur petite taille . Pourtant, quelques secondes plus tard un chemin sembla se dessiner dans la foule : tous regardaient en chuchotant la jeune aveugle, discourant probablement de son histoire improbable . La petite soeur de Zaïe repéra Eva, et inconsciente à l'intérêt soutenu que tous portait sur son amie aveugle elle secoua la main joyeusement ; à côté d'elle, la Nourasienne sembla soudainement palir.

- Bonjour Eva ! s'écria Ellie en se jetant dans les bras de celle-ci, comment vas tu ?

- Au poil, et toi ?

Ichirin se tourna vers Hana et se pencha vers elle, hésitant à lui prendre la main. Ce fut finalement la petite qui avança sa menotte tremblante vers celle de sa nouvelle tutrice, ses lèvres blanches lui offrant un sourire timide ;

- Ichirin-san... Je me demandais...Je...Ellie-chan m'a dit que ça ne te...te gênerais pas mais... Je...En fait...Est ce que je peux t'appeler ... maman ?

L'expression de la nourasienne aux yeux noirs fut à ce moment là indéchiffrable ; un long frisson la parcourut alors que la petite fille aux yeux bandés attendait anxieusement la réponse, sa main serrant avec plus de détermination celle de Ichirin.

La vie de Ichirin avait été marquée par bien des poignées de mains ; celle que la directrice de l'orphelinat avait donné à son père alors qu'elle n'était qu'un bébé, celle du premier homme duquel elle était tombé amoureuse adolescente et le premier également à l'avoir trompé, qui lui avait trouvé son premier « boulot » en ville, afin de fuir cet horrible établissement. Puis cette multitude de poignées de mains de ses nombreux clients, pleines de promesses sans lendemain et de billets qui se retrouvaient dans sa paume... Et enfin la poignée de main que lui avait adressée Zaïe, le jour de leur rencontre, et celle quelques temps plus tard de Neko et Mune, marquant l'aube de sa nouvelle vie.

Mais rien ne ressemblait à cette petite main tremblante d'affection que lui tendait Hana, ni à son sourire hésitant, ni à cette émotion soudaine et vive que ressentit l'ex-prostituée.

Son visage fin s'éclaira ,et elle pressa le corps frêle d'Hana contre sa poitrine, leur coeur battant frénétiquement à l'unisson.

- Bien sûr Hana-chan... J'en serais très heureuse.

Eva et Ellie, restées en retrait afin de laisser un minimum d'intimité à leurs amies, sourirent ; il semblait bien qu'Ichirin ait enfin trouvé quelqu'un avec qui allait chasser sa solitude, et réciproquement ...

Mais ni l'une ni l'autre dans leur attendrissement n'avait remarqué que la froide Nourasienne s'en était allée, les personnes, même ceux portant de clinquants uniformes militaires, s'écartant à son passage respectueusement.

Et ni l'une ni l'autre n'avait remarqué la lueur de désespoir et de rancune qui brillait à présent dans son regard...


- Je ne suis pas sûre de tout comprendre...

- J'ai déja renoncé à une quelconque compréhension de la situation tu sais, soupira Stan

Le mécanicien se fit assassiner du regard par Don Wei, pourtant également assez mécontent. Tous étaient estomaqués de l'apparition soudaine de l'avatar, notamment la délégation terrienne qui l'avait connu en tant que tireur officiel de leur équipe, et non comme maître de la galaxie.

Aikka, conscient de la gravité de la situation s'était ressaisit bien vite, et la surprise avait été chassé de son visage, à présent impassible. Il alla s'agenouiller auprès de son père ; seule Zaïe ne savait trop que faire, n'ayant aucune envie de prendre place au milieu de l'aristocratie Nourasienne. Jordan lui épargna ce supplice et plongea ses pupilles dorées dans les siennes, sans ciller.

Le nouveau Jordan n'était pas fondamentalement différent de l'ancien ; son visage était resté carré, ses cheveux bicolores toujours en bataille, et sa carrure également imposante. Néanmoins, son statut lui imposait de porter la tenue des avatars, grande robe pourpre brodée d'or, ce qui changeait radicalement de son uniforme militaire râpé.

Mais la métamorphose la plus impressionnante était certainement dans le regard du jeune homme ; il était empli d'une aura de calme et de sagesse, impressionnant et imposant le respect. Jordan n'était plus le jeune bleu maladroit qu'on avait connu, c'était à présent et définitivement le grand avatar.

- J'ai beaucoup entendu parler de toi Zaïe. murmura il d'une voix douce et grave, comme pour lui même, après l'avoir longuement observé dans un silence quasi-religieux

- Euh, enchanté... Monsieur...Avatar je présume ? répondit maladroitement la terro-nourasienne, de plus en plus mal à l'aise face à tous ces regards pesants sur elle, loin d'être amicaux

- Jeune fille, je vous prierais d'être plus polie avec l'Avatar ! gronda le duc des contrées de l'est, vous avez beau faire partie de l'armée cadette, cela ne vous autorise pas à montrer votre effronterie et votre bêtise à tous !

Zaïe se retourna brusquement vers le vieillard et cligna vivement plusieurs fois des yeux, signe qu'Aikka lui connaissait en tant qu'annonciateur de sa colère ; il crut bon de désamorcer tout échauffement et se leva brusquement, invitant son amie à prendre place près de lui.

- Toi et tes réunions à la con, grommela tout bas la jeune fille à l'encontre du prince tandis qu'elle s'agenouillait rageusement sous le regard outragé du Duc, quelle idée de m'emmener dans un nid à nobles narcissiques, tu sais très bien qu'on peut pas se piffer !

- Je ne sais pas plus que toi la raison de cette réunion, lui répondit si faiblement Aikka que Zaïe dut se pencher légerement afin de le comprendre, et je ne tiens pas particulièrement en affection ces...

- Vieux croûtons grabataire et seniles ?

Le chef de l'unité magique du château se leva, et frappa une fois dans ses mains ; une aura de lumière bleue parcouru les murs de la pièce sous le regard médusé de Koji qui ne s'était toujours pas habitué à ces manifestations magiques. Il y eut un nouveau silence tandis que le vieux magicien à la barbe blanche reprenait sa place.

- Bien, maintenant que la salle est protégée par cet ensorcellement, majesté, messieurs, si nous voyez pas d'inconvénients je pense qu'il serait judicieux d'informer à ces jeunes gens la raison de cette réunion et...

- Il est hors de question qu'un sercret militaire d'une telle envergure soit révélée à une femme, domestique qui plus est ! s'emporta à nouveau le duc sous l'approbation de quelques hochements de tête

- Duc, je vous rappelle que Zaïe fait à présent partie de l'armée royale, la plus prestigieuse qu'il soit, trancha le roi d'un ton glacé, et j'apprécierais grandement que vous lui témoignez le respect que vous lui devez.

En outre, Zaïe a la particularité d'être Terro-Nourasienne, il est donc primordial qu'elle assiste à cette réunion afin d'éviter tout quiproquos culturels entre vos deux peuples, estima Jordan d'un ton jovial, Elle est également la garde du corps de Eva, qui est tout de même une des responsables de la mort du général Kross ! Je pense donc qu'elle a tout à fait sa place parmis nous.

A l'évocation du général Crog Aikka se raidit soudainement et croisa le regard de l'Avatar ; ils savaient tous deux très bien qui étaient les autres responsables de ce tragique événement...

- Bien, bien, autant en finir vite messieurs !

- Je suis de votre avis monsieur Wei, répondit le roi nourasien en se redressant légèrement. Il était convenu que nous mettrions au courant de cette situation mon fils et cette jeune guerrière, mais ils ne sauront que ce qu'ils doivent savoir, bien évidemment. Cela vous convient il tous ?

Les nobles nourasiens hochèrent la tête, plus à regret pour certains, mais pouvait on contredit son roi impunément ? Rick étouffa discrètement un bâillement d'ennui ; ces réunions officielles le barbait royalement (c'est le cas de le dire), et il avait hâte que celle ci prenne fin afin qu'il puisse rejoindre son lit et piquer un bon somme.

- Très bien. Mademoiselle, Fils,je n'irais pas par quatre chemins, commença solennellement le père d'Aikka en se tournant vers les deux amis qui baissèrent brièvement la tête respectueusement, nous sommes en guerre.

Si les mouches avaient existé sur Nourasie, on les aurait certainement entendu voler.

- Pardon ? s'étrangla Zaïe, mais...mais je croyais que vous veniez de faire la paix vous autres, terriens et nourasiens !

- Là n'est pas la question, répondit Don Wei, nous avons effectivement signé le traité de paix. La guerre dont nous vous parlons concerne nos vieux amis... les Crogs.

Le regard d'Aikka s'assombrit alors que celui de la terro-nourasienne passait successivement de Don Wei à l'Avatar qui restait muet, les yeux dans le vague.

- Mais enfin, je croyais cette guerre morte et enterrée ! s'exclama elle, les crogs n'ont ils pas fui de Terre et de Nourasie après la mort de leur général et la nomination du nouvel avatar ?

- Justement non, répondit ce dernier, l'armée Crogs a juste été momentanément stoppée par ces événements. Mais à présent qu'ils ont nommés un nouveau chef militaire à leur tête...

- C'est d'ailleurs un miracle qu'ils aient réussi à trouver un nouveau général sans s'entre-tuer . murmura Stan

- Ils peuvent donc de nouveau reprendre les sentiers de la bataille. Finit dans un souffle Aikka

Le jeune prince se tourna vers Zaïe, tout aussi éberlué qu'elle. Alors qu'ils avaient cru que leur peuple avait enfin retrouvé la paix, voici que celle ci se brisait en mille morceaux dans leurs mains !

- Mais... balbutia la terro-nourasienne, Mais alors ce traité de paix, ce n'était donc pas afin de prévenir une guerre entre la Terre et Nourasie comme on me l'avait dit !

- Comprenez que nous ne pouvions vous révéler ces informations avant qu'elles ne soient tout à fait confirmées... A présent, nous allons les divulguer à la population afin qu'elle s'y prépare.

- Mais au juste, comment l'avez vous appris ? se renseigna Aikka

La délégation Terrienne et les vieux nourasiens se tournèrent vers Jordan qui s'appuya légèrement contre le mur, un peu plus pâle . Zaïe interrogea Rick du regard qui répondit seulement par un haussement d'épaules. Le silence dura quelques instants, bientôt brisé par la voix soudainement las du jeune avatar .

- C'est moi qui ait renseigné le château de Nourasie ainsi que la présidence terrienne il y a quelques mois de cela.

- Pardonnez mon insolence, s'exclama le prince, mais un Avatar n'est il pas censé justement ne pas se mêler des affaires des mortels ?

Jordan regarda Aikka profondément ; il lui semblait que c'était hier qu'il l'avait quitté sur Oban, lui et Eva. A vrai dire, il avait perdu toute notion de temps depuis qu'il avait acquis les pouvoirs de l'avatar, tout comme le droit aux sentiments et à l'humanité. En échange il avait reçu une magie puissante et sans bornes, mais aussi un fardeau immense et une éternelle ombre au cœur...

Le prince frissonna sous le regard inquiet de Zaïe ; son ami ne semblait plus pouvoir se détacher de l'éclat magnétique des prunelles dorées de son ancien adversaire .

- J'en suis conscient Prince. Répondit doucement Jordan , pourtant je me suis mêlé à vos affaires. Je dois beaucoup à mon ancienne équipe de course, à Eva, vous et votre peuple... C'est pour cela que je souhaite que Nourasie et la Terre s'allie afin de faire face aux Crogs qui les avait déja battu individuellement ;La magie et les armes combinées, je crois que vous aurez une grande chance de vaincre une bonne fois pour toute, et d'instaurer définitivement la paix dans vos deux planètes. Prenez cela comme une sorte de cadeau d'adieu, mon dernier acte d'être humain.

Zaïe dodelina de la tête et Aikka acquiesça en silence ; à présent, tous deux attendaient les instructions des jours à venir.

- Tout d'abors, ce que vous venez d'apprendre, et y compris à propos du traité et de J... l'avatar, devra rester confidentiel jusqu'à nouvel ordre, dit Don Wei en fixant Zaïe, surtout en ce qui concerne ma fille .

- Aucun problème, je saurais tenir ma langue.

- Pour une fois !

- Une certaine portion de nos soldats vont être envoyés sur Terre sous peu, continua un général Nourasien jusqu'ici muet, et je suppose que les Terriens en feront de même. Nous ne savons ni ou ni quand les Crogs frapperont, et nous devons nous tenir prêt des deux cotés.

- Evidemment, répondit Don Wei, nous avons prévenu notre président qui s'y trouve tout disposé. Ils arriveront d'ici quelques jours.

- Super... grommela Stan

- En outre, ajouta le général, l'armée des contrées de l'est se trouve par un heureux hasard présente actuellement au château, et y restera donc en prévision d'une attaque contre le domaine royal.

Cette déclaration anodine parut faire comme l'effet d'un coup de tonnerre sur Zaïe ; celle ci tressaillit violemment et se leva brusquement, manquant de peu d'éborgner Aikka qui la regarda d'un air interrogateur, ne comprenant pas la soudaine réaction de son amie .

- Zaïe qu'est ce...

- Vous-voulez-dire-que-l-armée-de-l-est-est-ici ? demanda elle vivement en pointant son doigt sur la poitrine du duc prétentieux, celui ci souriant sournoisement à son désarroi visible

- En effet mademoiselle, et ceci depuis ce matin ...

La jeune fille jura entre ses dents et se tourna vivement vers son roi, s'inclinant en vitesse ;

- Veuillez m'excuser majesté, mais je me trouve dans l'obligation de quitter votre sympathique réunion...

Faites mademoiselle, répondit posément le père d'Aikka, celle ci touchait de toute façon à sa fin.

Zaïe cligna plusieurs fois des yeux et tourna les talons, sans un regard pour le reste de l'assistance . Son dernier coup d'œil avant de passer brutalement le seuil fut pour Jordan qui lui adressa un sourire douloureux :

- Quant à vous, j'espère vous revoir bientôt et en de meilleures circonstances !

Puis elle claqua la porte.


- Papaaaaaaaa ! C'est moi ! Tonna Eva

Un grand silence lui repondit, à peine troublé par le souffle discret du vent de ce début de soirée ; la jeune fille avait décidée de rendre une petite visite à son père, espérant manger un bout en sa compagnie et ainsi lui parler longuement de toutes ses découvertes nourasiennes qui l'avaient enchantée. Mais la chambre de Don Wei était actuellement inhabitée ; les draps étaient défaits et les papiers noircis d'encre étaient les seuls témoins de vie dans la vaste pièce froide. Le chef de course n'avait visiblement pas eu beaucoup de temps à passer dans sa chambre depuis le début du séjour...

La terrienne haussa les épaules, retira ses chaussures d'un geste nonchalant et s'avança vers la grande fenêtre afin de la fermer. Son geste accomplit, elle baissa son regard vers ses pieds et se rendit soudain compte qu'une feuille rebelle et couverte d'une écriture serrée et irrégulière s'était envolée et gisait à présent au sol. Reconnaissant l'écriture de son père, la jeune fille se pencha afin de récupérer le brouillon dans l'intention de le remettre sur le bureau ; mais quelque chose attira son attention...

Eva n'avait pas pour habitude de s'occuper de la vie privée de son père ; elle respectait son jardin secret comme il respectait (à peu près) le sien, et si ce mot inscrit sur cette feuille blanche n'avait pas été entouré avec autant d'application, Eva l'aurait certainement reposé et aurait quitté la chambre paternelle sans ne plus y penser.

Mais voilà ; au stylo rouge était entouré violemment le mot GUERRE.

Intriguée, la jeune pilote commença à parcourir en diagonales les lignes encombrées, plissant les yeux afin de comprendre les pattes de mouches qu'avait produit le stylo plume de son père (elle lui avait bien conseillée de se mettre à l'informatique, mais pour ses correspondances Don Wei s'en tenait rigoureusement à l'ancienne méthode). Il s'agissait d'un brouillon d'une annonce à l'intention de la presse concernant le traité de paix Terro-nourasien...

Au fur et à mesure qu'avançait sa lecture, les yeux d'Eva s'agrandissaient de stupeur et d'effroi ; dans cette annonce, il était principalement question du retour imminent des Crogs .

- Oh bordel... jura elle

Soudain sa main se crispa violemment, froissant le bout de papier qui se mit à trembler : tout en bas de la feuille, la jeune fille venait de lire une ligne maladroitement barrée, visiblement mise à l'écart pour l'annonce finale. Dans celle ci, il était question d'une réunion que Don Wei avait eu en compagnie de la cour de Nourasie, de la délégation terrienne et de...

- Jordan !

Le tremblement des mains d'Eva gagna tout son corps, et elle s'affaissa lentement contre le mur, cherchant à calmer les battements désordonnés et sourds de son cœur. Elle n'aurait su dire la raison de affolement cardiaque : était-ce la surprise intense de l'annonce d'une prochaine guerre contre les Crogs, du retour de Jordan ou bien...

- Eva ? Qu'est ce que tu fais dans ma chambre ?

...Le fait que son père lui ait caché toutes ses choses ?

- Je...Je te cherchais pour aller dîner. Balbutia Eva qui se redressa vivement

- Qu'est ce que tu as ma chérie, tu es bien pâle... s'inquiéta Don Wei en s'approchant de la jeune fille

Mais au moment ou il allait poser la main sur le front de sa fille, son regard intercepta la feuille que celle tenait toujours dans son poing serré, presque réduite à l'état de charpie . Il fronça les sourcils et toute douceur quitta sa voix :

- Jeune fille, peux tu m'expliquer qu'étais tu en train de faire ?

- Je...Laisse moi t'expliquer ...

- Tu fouinais dans mes affaires privées, voilà ce qui se passe !

- ET ALORS ? TOI TU ME CACHAIS LA VERITE, VOILA CE QUI SE PASSE !

La colère un moment contenue éclata soudainement en Eva, tel un feu qu'on avait essayé vainement de couvrir ; elle s'éloigna de quelques pas de son père interloqué, les yeux plein de fureur .

- Combien de fois faudra il que je te dise que je ne suis plus une enfant ? hurla elle

- Jusqu'au jour ou j'en serais convaincu ! répliqua il

- Tu n'avais pas le droit de me tenir ainsi dans l'ignorance ! Cela me concerne tout autant que toi, voire plus ! Et Zaïe, je suppose qu'elle était au courant, elle !

- Et bien figure toi que non ! Et je te conseille d'employer un autre ton avec moi sinon...

- ET JORDAN ! POURQUOI L'AS TU REVU ET PAS MOI !

Don Wei poussa un long soupir et s'assit sur son lit, paraissant soudainement très fatigué et très vieux.

- Ma chérie, je suis désolé, mais je ne veux pas t'impliquer dans de telles histoires... Tu ne t'imagines pas les ennuis que cela pourraient t'apporter et...

- J'en ai rien à faire Papa, tout ce que je voulais c'était la vérité !

- Mais...

- EN REALITE TU NE M'AS JAMAIS FAIT CONFIANCE !

- Eva ! Reviens ici tout de suite ! Laisse moi au moins...

La jeune fille sortit en trombe de la chambre paternelle, manquant de décrocher la porte de ses gonds dans sa fureur. Quelques domestiques apparurent dans le couloir sombre, inquiet du vacarme qui résidait dans la chambre du terrien ; ils s'enfuirent bien vite à la vue du visage rouge de colère de sa fille.

- t'expliquer... acheva Don Wei dans un souffle.

Mais il n'y avait à présent plus que le silence et le vent à qui confier ses aveux...


Aikka était assis sur un gros rocher sombre, seul dans la nuit paisible qui veillait sur le jardin royal ; le regard perdu dans la pénombre, il laissait la tranquillité de l'endroit peu à peu pénétrer son esprit agité et inquiet. Cela avait été une rude journée, aussi bien physiquement que moralement, et depuis tout petit le jardin sombre était le seule remède à ses maux . Aussi était il très satisfait d'avoir échappé à la garde de son sensei (de toute façon ronflant depuis belle lurette) et d'avoir le loisir d'admirer les étoiles brillantes de mille feux, enveloppé dans un silence reposant, bien loin de ses obligations et des contraintes de sa condition.

Mais soudainement, alors que le prince s'apprêtait à se détendre tout à fait, un bruit de pas précipités troubla sa méditation ; une ride étonnée apparut sur son front juvénile, et son regard scruta l'obscurité, cherchant l'intrus des yeux. Quelques secondes plus tard il le repéra, marchant d'une manière saccadée dans la nuit : l'intrus était une intruse, et pas n'importe laquelle, c'était Eva.

- Eva ? Que fais tu ici à cette heure ?

La jeune terrienne sursauta et vit volte face ; elle n'arrivait pas à discerner les traits de son interlocuteur, mais à sa voix elle comprit que c'était le prince.

- Et...et toi ?

- Eh bien, je crois que comme toi, je me promène !

- C'est...c'est bien !

Eva se donna une claque mentale : elle était tout bonnement incapable de prononcer des propos cohérents. Son cerveau encore embué par la colère et ses yeux pleins de larmes, la présence de son ami ne faisait qu'empirer la vitesse de son rythme cardiaque et la chaos qui régnait dans son esprit.

- Eva tu vas bien ? s'inquiéta Aikka au silence de la jeune fille

- Euh... J'en sais trop rien en fait... renifla elle

- Tu...tu pleures ?

Aikka se stoppa brusquement ; sur Nourasie, il était extrêmement impoli de surprendre une femme en train de pleurer. La coutume voulait que l'on pleure loin des regards des autres, afin de cacher sa faiblesse : mais les mots s'étaient échappés de sa bouche avant qu'il n'ait pu se contrôler. Au nouveau silence que lui offrit la terrienne, celui ci craint de l'avoir vexé et il se mordit la lèvre, se rapprochant de son amie, penaud.

- Je te prie d'excuser mon impolitesse, je ne désirais nullement te gêner et...

- Mais de quoi tu parles ? s'étonna Eva, au contraire, je suis contente que tu sois là... Tu es en fait à peu près la seule personne que je voulais voir actuellement.

La jeune fille soupira profondément et inconsciemment leva sa main vers l'ombre chinoise du visage de son ami : elle effleura sa queue de cheval et s'étonna vaguement de la longueur de ses cheveux (néanmoins elle préférait largement le prince avec ses cheveux coiffés ainsi, qui lui donnaient selon elle un air mystérieux et bohème qui lui allait parfaitement) .

Aikka se laissait faire, un beau sourire s'étirait sur ses lèvres, mais dans la nuit encre Eva n'en vu rien. Elle lâcha soudainement les cheveux du prince et marmonna une excuse avant de renifler à nouveau ; le sourire d'Aikka disparut aussitôt, car malgré la nuit sombre qui les enveloppait il devinait la tristesse de son amie.

Il lui prit soudainement la main et se rapprocha de son oreille, son souffle caressant son lobe si étrangement rond : la terrienne sursauta et l'obscurité cacha ses rougeurs .

- Eva, ne soit pas triste je t'en prie, murmura le jeune nourasien, tu es mon hôte et je souhaite que tu ne passes que du bon temps sur ma planète .

- Mais ce n'est absolument pas dû à...

- Chut, je ne veux pas savoir la raison de ta tristesse Eva !

Et sans ajouter un mot de plus, Aikka entraîna son amie dans les dédales vertes du jardin royal, évitant les obstacles de feuilles sans les voir, par habitude : Eva essayait tant bien que mal de suivre la cadence, ses pieds s'empêtrant dans des racines, ses cheveux lui tombant dans les yeux (ce qui ne changeait pas grand chose à la qualité de sa vision, déjà bien réduite à cette heure de la nuit).

- Mais enfin Aikka ou est ce que tu m'emmènes ?

Le prince pila soudainement . Les yeux d'Eva se plissèrent vivement lorsqu'ils rencontrèrent la lumière bleue qui émanait de l'endroit ou ils s'étaient arrêté: on y voyait à présent nettement mieux.

- Voici mon endroit préféré du jardin royal... souffla Aikka

Un sifflement admiratif fut la seule réponse de son amie, l'attention déjà toute accaparée à la contemplation de l'endroit ; c'était une petite clairière (visiblement les deux amis avaient traversés une forêt miniature, mais Eva ne s'en était pas rendue compte) verdoyante, avec au centre un immense champ de fleurs bleues fluorescentes. Leurs pétales semblaient frémir à la caresse d'un vent pourtant inexistant, et une douce chaleur émanait de ses créatures végétales . Il flottait ici une ambiance particulière, un sentiment indéfinissable qui prenait peu à peu le cœur de la terrienne qui avait déjà tout oublié de sa colère, s'abandonnant tout entière à cette beauté surréaliste .

La jeune fille tourna son regard vers Aikka, dont le visage prenait devant les fleurs des teintes bleutées.

- Aikka, c'est magnifique ! Comment appelez vous ces fleurs ?

- Des fleurs bleues .

- Mais je vois bien que se sont des fleurs bleues, mais je veux dire, leur nom ?

- On les appelle simplement les fleurs bleues ! répéta le prince amusé, et elles sont extrêmement importantes pour les nourasiens !

- Vraiment ?

Aikka hocha la tête et s'agenouilla sur l'herbe, invitant Eva à en faire de même.

- Ce sont les seuls choses de notre monde autre qu'un être humain produire de la magie, expliqua le prince en baladant sa main dans le parterre de fleurs, grâce à elles, même un inexpérimenté peut maîtriser, ne serait ce qu'un infime instant, notre magie.

- N'y a il jamais eu des gens mal intentionnés qui ont profité de ces fleurs ?

- Si si, bien sûr, c'est pour cela qu'on ne les laisse pousser qu'ici...

- Je ne les avais jamais remarqué !

- C'est bien normal, sourit le jeune homme, elles ne s'ouvrent que la nuit, lorsque la lune vient leur rendre visite, elles se rechargent et vivent de magie grâce à sa lumière.

Eva ne pipa mots et se contenta de fermer les yeux, pleine d'une félicité dont la raison lui échappait : elle était si bien ici...

- Il y a une légende nourasienne qui explique la naissance de ces fleurs, continua Aikka, c'est l'histoire préférée de ma petite soeur...

- Raconte la moi s'il te plaît .

- Très bien... Il existe dans nos croyances de multiples Dieux, mais il y en a un plus important que les autres, le Dieu de tous les Dieux, et Il s'appelle Kami. Kami était, il y a fort longtemps, tombé amoureux d'une jeune mortelle, qui avait la peau aussi blanche que la plume des édredons, nommée Tsuki. La jeune fille avait la peau si pâle qu'elle ne pouvait sortir le jour, sa peau sensible aux attaques mordantes du soleil ; ses apparitions étaient donc particulièrement rares, et uniquement nocturne. On raconte que cette part de mystère plu particulièrement à Kami et avait alimenté son amour... Mais cette jeune fille avait un grand frère protecteur qui refusait les nombreux prétendants de sa soeur, y compris Kami qui usa tous les stratagèmes possibles et imaginables. Désespéré de ne pouvoir déclarer son amour à sa bien aimée, Kami réalisa soudainement que son seul obstacle était ce frère qui veillait sur leur maison tout le jour : mais la nuit celui ci dormait, d'un sommeil léger certes, mais si l'on était silencieux on avait tout à loisir de contempler la belle éveillée. Alors Kami, usant ses pouvoirs, créa à la force de ses sentiments ces fleurs qu'il planta au pied de la fenêtre de Tsuki ; ainsi elles ne s'ouvraient que la nuit spécialement pour elle, sans que son frère le jour ne s'en aperçoive.

Aikka se tut un instant, attendant un commentaire de son amie qui ne vint pas ; celle ci avait toujours les yeux clos, et un beau sourire aux lèvres. Au loin on entendait le chant des oiseaux noctambules, discourant mélodieusement dans la confidence de la nuit protectrice...

- Ainsi Kami et Tsuki vécurent un amour platonique, puisqu'ils ne pouvaient s'approcher, mais puissant. Et lorsque la jeune fille mourut, très jeune car de santé fragile, Kami la fit se transformer en déesse de la nuit, la grande Tsuki, ou en votre langue la lune.

- Et donc les fleurs sont toujours là pour célébrer l'amour de Tsuki et Kami ?

- C'est ce que nous raconte la légende, en effet.

Eva leva ses paupières, et plongea ses pupilles chocolats dans la clarté de la Lune, ses rayons blancs tombant en cascade sur son visage comme les longs cheveux pâles de la belle et à présent immortelle Tsuki. Le prince se pencha vers le parterre, et de ses longs doigts agiles cueilli délicatement une fleur bleue qui émit une lumière plus vive à son contact ; il la présenta devant ses yeux et la fit tourner sur elle même, l'inspectant consciencieusement.

- Je comprend pourquoi ta soeur aime cette légende. Déclara la terrienne

- Tout le monde aime les histoires d'amour qui finissent bien.

- Surtout lorsque celles ci paraissent impossibles. remarqua Eva dans un soupir

- Tu sais Eva, répondit posément Aikka en se tournant vers son amie, je garde un espoir sans doute naïf qu'en amour, rien n'est impossible...

La jeune fille sentit un long frisson parcourir son échine lorsque le regard de son ami se posa sur le sien, plein de cette tendresse et ce respect qui étaient propre au prince nourasien, et qu'Eva avait tant de mal à soutenir sans rougir, ce qui ne tarda évidemment pas... Le jeune homme sourit, mais sans aucune moquerie, aux rougeurs sur les joues de son amie, et il se releva, lui tendant sa main droite afin qu'elle en fasse de même. De l'autre il lui présenta la fleur magique :

- Elle est... très belle. Murmura Eva dont les yeux étaient encadrés par la lumière bleue

- N'est ce pas.

La main droite de Aikka ne lâchait pas celle de la jeune fille, qui n'en avait de toute façon pas grande envie, et il se rapprocha doucement d'elle, la fleur enveloppant leur deux visages de son étrange luminescence.

- Elle est pour toi. chuchota il dans un souffle

La fleur glissa de ses doigts vers ceux, tremblants, de la terrienne.

- A qui offrir cette fleur autre qu'à une belle fille à la peau pâle ?

Eva resta muette, prenant lentement conscience que le visage de son ami était si prêt qu'il lui aurait suffit de tendre le cou pour atteindre son nez .

Et en son fort intérieur, la jeune fille désirait qu'il le fasse, et même qu'il descende plus bas, jusqu'à ses lèvres. C'était la première fois qu'elle ressentait cette sensation d'envie si forte vis à vis d'un garçon, et cela la laissait à la fois perplexe et rêveuse, baignant dans un épais tumulte de sentiments contradictoires. Elle n'arrivait même pas à comprendre comment avait elle pu être tant en colère une heure plus tôt, tant elle était heureuse ici.

Aikka ne bougeait pas, ses yeux regardant sans pudeur le visage de son amie ; c'était sans doute la première fois qu'il se laissait aller ainsi avec une fille (et une roturière qui plus est !) mais pourtant quelque chose en lui coinçait, il n'arrivait à chasser le poids de son ventre malgré la joie qu'il avait à être en la compagnie de la terrienne. Il soupira profondément et s'écarta à contre coeur de Eva, lui lâchant la main qui tomba mollement le long de son corps :

- Veuillez m'excuser Princesse Eva, mais mon devoir m'appelle, dit il en reprenant son sourire impénétrable

- Tu es tout excusé, ria la jeune fille déconcertée de ce soudain vouvoiement, j'ai été ravie de cette soirée avec toi.

- Moi aussi Eva, moi aussi...

- Merci beaucoup pour...la fleur. Et l'histoire.

- Se fut un plaisir.

Aikka après s'être incliné tourna les talons, laissant Eva derrière lui au beau milieu des fleurs bleues et de ses sentiments.

Et en regardant disparaître son prince dans la nuit, la jeune fille serra sa fleur dans sa main, souriant malgré elle. Elle était pratiquement certaine qu'au dessus d'elle la lune lui souriait, et que le chant des oiseaux leur étaient destinés.

De sa mémoire, jamais Eva ne s'était sentie aussi fleur bleue...


Nouveau chapitre fini et posté !
A présent que je suis en vacances, j'ai un peu plus de temps pour écrire, il se peut donc que le chapitre 7 suive dans pas trop longtemps (je dis ça à chaque fois, je sais XD).

J'ai pas mal galéré pour 'lexplication stratégique de la guerre entre les Crogs et les nourasiens/terriens, et je ne suis pas vraiment sûre que cela soit réaliste, néanmoins j'en suis plutôt satisfaite, ce côté de l'histoire n'étant pas le principal !

Un nouveau personnage fait son apparition, pour l'instant sans nom, mais je suppose que certain l'auront reconnue (ou pas ?) AU prochain chapitre la lumière sera faites sur elle, et sur d'autres points, et de nouveaux persos arriveront (encore !), notamment une qui me fait beaucoup rire et qui va beaucoup beaucoup apprécié ZaÎe, mais je ne vous en dit pas plus

Ce chapitre est dans l'ensemble assez mièvre, avec Hana et Ichirin, mais surtout dans la dernière partie avec Eva et Aikka ! Je n'ai pas cherché à trop cacher ce côté "fleur bleue" (justement), c'est de toute façon une de mes spécialitées... J'espère juste que cela ne vous embête/ennuie pas trop ! Je trouve ça mignon, c'est tout, on ne se change pas hein...

En espérant que vous avez apprécié ce chapitre, les commentaires sont les bienvenus, et à bientôt pour le prochain !