Merci pour vos reviews ! ça m'a fait très plaisir ! je vous mets la suite !
Et euh si vous avez des suggestions, des personnages que vous voudriez voir apparaître, dites le moi !
Chapitre II
Mensonges et aveu
Kakashi regarda son père baisser les yeux avec la désagréable impression que le pire était encore à venir dans cette journée qui aurait pourtant rendu jaloux n'importe quel dépressif. Son regard d'acier scrutait le visage de son père à la recherche du moindre indice, de la moindre indication quant à ce qui s'était passé.
Les épaules puissantes de Sakumo se mirent à trembler sous le regard inquisiteur de Kakashi. Il ne savait que trop bien qu'il ne pourrait pas cacher la vérité très longtemps à son fils qui, malgré sa jeunesse, n'avait pas son pareil pour détecter le mensonge. Mais il ne pouvait pas… il ne pouvait pas lui dire ce qu'il avait fait ! Depuis la mort de sa femme, il l'avait élevé dans le respect des lois mais il lui avait également appris à faire la part des choses entre obéissance et loyauté. A ne pas privilégier l'accomplissement d'une mission au détriment des amis. Il le lui avait répété si souvent qu'il lui semblait que cette devise faisait partie intégrante de son fils et il avait raison.
Kakashi n'aurait pas songé un seul instant à trahir un de ses amis pour accomplir une bête mission. Et c'était bien cela qui le troublait. Car il voyait des choses qu'il n'aurait jamais cru voir chez celui qu'il respectait autant que l'Hokage. Des sentiments qui ne lui appartenaient pas. Il voyait de la culpabilité dans les yeux de son père. Il voyait du regret. Et il ne parvenait pas à comprendre, à faire le lien. Regret et Sakumo n'allaient pas de paire. Dans l'esprit du garçon, ces deux mots étaient totalement dissociés. Alors pourquoi d'un seul coup voyait-il le chagrin envahir de son ombre froide les prunelles claires de son père ? Il eut peur soudain.
- Papa… ? Que s'est-il passé ?
Mais Sakumo ne répondait toujours pas et gardait obstinément son regard rivé au sol, comme dans l'espoir d'y voir s'y dérouler le spectacle le plus captivant de toute sa vie. Il ne pouvait pas lui dire, au risque de lui faire comprendre que tout ce qu'il lui avait appris, tout ce qu'il lui avait dit, lui-même n'était pas capable de le respecter. Il ne voulait pas trahir Kakashi, ne voulait pas que le garçon ait honte de lui.
- Papa…
Cette fois, la voix s'était faite inquiète, presque suppliante. Et Sakumo sentit la culpabilité peser un peu plus sa lourde main sur son épaule. Car une fois de plus, il oubliait que Kakashi n'avait que sept ans et que comme tous les enfants de son âge, il n'était pas à l'abri de la peur et ne pouvait pas tout comprendre. Il oubliait qu'il était une image rassurante pour son fils et que le voir bouleversé, comme il l'était à cet instant, effrayait Kakashi plus que toute autre chose. Il surestimait son fils. Face à son talent et sa maturité, il faisait une fois de plus l'erreur de le considérer comme un adulte et non comme un enfant, et de croire qu'il pouvait tout comprendre et tout surmonter. Des larmes coulèrent malgré lui le long de ses joues.
Les yeux de Kakashi s'écarquillèrent de peur et de surprise.
- Papa ! Papa, qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi tu pleures ? Tu es blessé ? Tu as mal ?
Sakumo eut un maigre sourire.
- Non, Kakashi. Tout va bien.
Il posa sa large main sur la tête de son fils et la lui tapota avec douceur.
- Ça va. Ne t'inquiète pas.
Le regard brillant du jeune garçon se ternit un instant, comme s'il avait saisit toute l'ampleur du mensonge de son père. Mais il ne dit rien et se contenta d'un sourire soulagé.
Un sourire dont Sakumo ne devina pas la fausseté. Il avait appris à Kakashi à simuler la bonne humeur ou l'indifférence ; un exercice où Kakashi s'était révélé très doué. Les expressions qui apparaissaient sur son doux visage semblaient faites sur commande et frappaient pourtant par leur sincérité. De là à dire que Kakashi était un faux jeton et un hypocrite, il n'y avait pas loin et certains ne s'en privaient pas. Mais ce n'était pas le cas. Le petit garçon était assez mature pour utiliser ses masques uniquement lorsqu'il sentait que c'était nécessaire. Mais il n'aurait jamais pensé pouvoir mentir à son père. Pas plus qu'il n'imaginait le contraire possible.
Sakumo savait bien entendu qu'il ne serait bientôt plus capable de détecter quand Kakashi était sincère et quand il ne l'était pas. Et en l'occurrence, s'il y avait fait un peu plus attention, il aurait su que son fils était inquiet. Mais ce sourire l'arrangeait. Il lui laissait un délai. Aussi ne s'en préoccupa-t-il pas plus que ça. Il inspira à fond pour se ressaisir et demanda à Kakashi :
- Quand l'attaque s'est-elle produite ?
Le jeune garçon leva les yeux vers le soleil et le scruta un instant.
- D'après la position du soleil, il y a quatre heures et vingt-deux minutes, répondit-il tel un automate. Kiri a encerclé Konoha et lancé des attaques simultanées aux quatre portes. Répartition des troupes égale à chaque orientation.
- Ingénieux. Combien étaient-ils environ ?
- Je dirais entre trois et quatre cents. Nous étions supérieurs d'un point de vue numérique mais l'effet de surprise jouait contre nous. Nous n'étions absolument pas avertis du départ de Kiri.
La mâchoire de Sakumo se crispa imperceptiblement.
- Et ensuite ?
- Repli forcé, répondit Kakashi de la même voix monocorde. Pour éviter les pertes. Mais nos forces étant mal réparties dans l'enceinte du village, l'alerte n'a pas pu être donnée à temps partout. Le quartier de l'académie notamment est excentré par rapport au centre administratif alors…
- Je vois, marmonna Sakumo cette fois empli d'un profond sentiment de dégoût.
Ça expliquait tous ces enfants massacrés dans la rue. L'académie n'était qu'à quelques minutes.
- Les Chunnins et Jounins qui étaient dans le coin ont essayé de repousser l'ennemi mais ils n'étaient pas assez nombreux, continua Kakashi. Les ANBU sont intervenus très vite. La contre-attaque a suivi peu après. Les ninjas de Kiri étaient préparés. Leur connaissance des lieux était presque parfaite. C'est pour ça qu'il y a eu beaucoup de morts. En plus, la plupart des villageois ont été pris par surprise. Mais nous avons fini par les repousser.
Sakumo hocha la tête. C'était dans ces moments là qu'il était fier de son fils. Fier de voir qu'il était capable de faire un rapport de façon impartiale. Fier de voir qu'il s'en était sorti indemne. Fier de voir que Konoha comptait pour lui.
- Des morts parmi tes amis ?
La question manquait de délicatesse mais Kakashi ne sembla pas s'en formaliser. Ne sembla pas…
- Quatre. Hana, Arashi, Kenji et Milo. Ils étaient dans le quartier de l'académie, je suis arrivé trop tard.
Malgré tous ses efforts, il ne put masquer le tremblement de sa voix tandis qu'il énonçait le nom de ses amis. Plein de compassion, Sakumo le prit par l'épaule et le serra contre lui. Et là, à peine audibles dissimulés dans les plis de la tunique du Jounin, des bruits de sanglots. Les petites omoplates de Kakashi tressautèrent, agitées de violents tremblements. Sakumo ferma les yeux. Jamais il ne s'était autant haï.
- Obito et Rin vont bien alors ?
Kakashi essuya ses yeux d'un revers de main.
- Oui. J'ai vu Rin tout à l'heure avec sa mère. Elle allait bien. Et je crois qu'Obito est retourné chez lui. Il avait du se trouver une bonne cachette, ajouta-t-il avec un sourire. Il n'aime pas se battre.
- Curieuse caractéristique pour un Uchiha mais peu importe. Et ton sensei ?
Les yeux de Kakashi brillèrent à l'évocation de celui qu'il admirait tant. Un sourire sincère éclaira son visage.
- Il a été génial ! Sa voix résonnait à présent comme celle d'un fan parlant avec adoration de son idole. En quelques secondes, il a tué tous ceux qui étaient dans son secteur. Tu le verrais, Papa, il est tellement rapide ! On dirait qu'il est partout à la fois ! Plus tard, je serai comme lui !
Sakumo ne put retenir un sourire attendri devant tant d'enthousiasme. Il était vrai que l'Eclair Jaune, comme on le surnommait, était adulé par toute une génération. A vingt et un ans, sa réputation n'était déjà plus à faire. Et il avait été entraîné par Jiraya lui-même. Par conséquent, l'admiration de Kakashi à son égard était compréhensible. Sakumo lui-même respectait profondément ce jeune homme si pétillant, si généreux, si intelligent… si parfait. C'en était presque déconcertant. Mais le Jounin n'éprouvait aucune jalousie. Chacun ses capacités après tout. Avec un sensei comme lui, Kakashi ne pouvait que briller.
- Papa… pourquoi tu ne me dis pas ce qui s'est passé ?
Sakumo fut si surpris de réentendre cette question que pendant quelques secondes, il lui sembla que son cœur suspendait ses battements. Pas un son ne sortit de sa bouche. Et ce fut là son erreur car le silence était bien le pire des aveux possibles. Il ne regarda pas Kakashi mais il savait que le garçon n'attendait plus de réponse à présent et qu'il avait détourné les yeux. Son malaise augmenta encore. Soudain, une voix claire retentit.
- Sakumo !
Le Jounin fit volte face. Et en voyant une jeune femme aux longs cheveux blonds et à la poitrine avantageuse avancer vers lui, il ne put s'empêcher de sourire.
- Tsunade. Je suis soulagé de te voir. Tu n'as rien ?
- Bien sûr que non, répliqua la Sannin en rejetant quelques mèches en arrière d'un geste impatient. Et toi ?
- Quelques égratignures mais je m'en sortirai. Je ne savais pas que tu étais rentrée…
- Je suis revenue hier. Et heureusement d'ailleurs. Mais toi, qu'est-ce que tu fais là ? Je croyais que tu…
Elle s'arrêta en sentant la petite main de Kakashi saisir la sienne. Son regard devint tendre. Elle avait toujours ressenti beaucoup d'affection pour ce petit garçon si jeune et déjà si fort. A ses yeux, il était le petit frère qu'elle avait perdu, voire un fils. Elle l'aimait énormément et pour rien au monde elle n'aurait voulu lui faire du mal.
- Tout va bien, Kakashi-kun ? dit-elle d'une voix douce et chaleureuse. Tu n'es pas blessé ?
- Non. Combien d'ennemis as-tu tué, Tsunade-nee-san ? demanda le petit garçon avec un grand sourire. Je t'ai vu faire exploser des tas de murs ! Tu es trop forte !
Tsunade rit doucement.
- Oh, un petit peu. Tu sais, ça demande beaucoup de travail. Si tu veux devenir aussi fort que moi, il faudra bien t'entraîner, ajouta-t-elle avec un clin d'oeil espiègle.
Le sourire de Kakashi s'agrandit. Il aimait beaucoup Tsunade. Il la trouvait parfaite. Forte, gentille, douce, énergique, belle. Elle s'entraînait parfois avec lui et lui enseignait un peu de ce qu'elle savait. Et quand elle venait à la maison, elle lui apportait parfois des cadeaux. Il la voyait en quelques sortes comme une deuxième mère mais il ne l'avait jamais dit à Sakumo.
Celui-ci considérait également la jeune femme avec attention. Avec sa force exceptionnelle et son tempérament autoritaire, elle incarnait la sécurité. Et si elle avait tendance à s'emporter rapidement, elle était aussi capable d'attention et d'amour. Et en plus, elle était magnifique. A trente et un, elle était au zénith de sa beauté. Son visage d'ange assorti d'une impression de sagesse lui donnait une allure noble. Il était content qu'elle soit aussi proche de Kakashi. Elle comblait ainsi l'absence maternelle dont le petit garçon avait toujours souffert. En somme, elle faisait presque partie de la famille.
Finalement, Tsunade cessa de discuter avec Kakashi pour se tourner vers Sakumo. Et là, son regard redevint grave.
- Je voudrais te dire deux mots, fit-elle d'une voix dénuée de toute émotion.
Sakumo hocha la tête. Il savait qu'elle n'était pas venue le voir sans raison et c'était normal vu ce qui s'était passé. Elle voulait des explications. Il se tourna vers son fils.
- Je vais avec Tsunade, d'accord ? Fais ce que tu veux.
- D'accord. Je vais aller voir Rin, répondit Kakashi avec un sourire.
Les deux adultes hochèrent la tête et, puis échangeant un regard, ils se dirigèrent vers le centre de Konoha. Pendant quelques minutes, ils ne dirent rien, regardant simplement des villageois courir en tous sens au milieu des ruines. Des ninjas aidaient certaines personnes à sortir des décombres ; d'autres en emmenaient à l'hôpital.
- Tu devrais peut-être aller au centre médical, Tsunade, fit Sakumo au bout d'un moment. Tous ces gens…
- Pas avant que tu ne m'aies tout dit.
Elle le regarda un instant puis voyant qu'il ne disait rien :
- Alors ?
- Alors quoi ?
- Oh je t'en prie, fit-elle en levant les yeux au ciel. Ne me fais pas ce coup là, pas à moi. Que s'est-il passé ? Pourquoi es-tu là ? Et seul en plus. Où sont tes hommes ? Vous étiez une trentaine normalement.
Sakumo secoua la tête.
- Une trentaine, oui. Mais nous sommes revenus à quatre. Moi, Uchiha Tashiro, Kurichi Akito et Yuuhi Hanata.
- A quatre ? répéta lentement Tsunade. Seulement vous quatre ?
- Oui.
Il fit une pause pour reprendre son souffle tant son cœur était affolé.
- Tu sais que nous étions en mission près de la frontière…
- Oui.
- Hier, mes équipes ont validé le départ du gros des troupes de Kiri pour Konoha. On devait vous avertir. Le problème, c'était que non seulement l'ennemi nous avait repérés et nous encerclait mais aussi qu'il y avait beaucoup de blessés et de malades.
- Envoi par les airs…
- Impossible. Les conditions climatiques étaient trop mauvaises. On n'avait pas vraiment le choix. Akito, Hanata, Tashiro et moi étions les plus valides. Alors c'est nous qui sommes partis avec le message avant que l'ennemi ne nous tombe dessus.
Tsunade resta un instant silencieuse. Elle commençait à comprendre. A saisir toute l'horreur de la situation.
- Donc les autres…
- Sont morts, oui. On n'avait pas le choix, Tsunade ! s'écria-t-il en voyant son amie détourner les yeux. Si on était restés pour les défendre, on n'aurait pas pu porter le message !
- Un message que vous n'avez pas transmis en définitive puisqu'on a été pris par surprise ! riposta la jeune femme avec colère. Pourquoi ? Pourquoi n'êtes-vous pas arrivés à temps ?
Sakumo regarda ailleurs.
- On s'est faits rattraper. Une équipe de Kiri nous est tombée dessus. Ils ont exigé que je leur donne le message, faute de quoi, Tashiro, Akito et Hanata seraient tués…
Il leva les yeux vers son amie. La bouche contractée en une moue horrifiée, elle le regardait. Elle le regardait comme si elle le voyait pour la première fois. Sakumo sentit son estomac se tordre.
- Tsunade ! Qu'est-ce que je pouvais faire ? Je ne pouvais pas les laisser mourir !
- Sakumo…
- Tashiro est le leader du clan Uchiha et son fils a à peine un an ! Akito vient d'avoir dix-huit ans. Et Hanata a une fille ! Bon Dieu, je ne pouvais pas !
- Donc tu leur as donné le message… Tout en sachant pertinemment que ça condamnait Konoha…
- Tu crois que je l'ai fait sans remord ? Que je n'ai rien ressenti quand je lui ai donné ce maudit message ?
- Je n'ai pas dit ça. Mais est-ce que tu te rends compte de ce que ça veut dire ? ça veut dire que non seulement tu as abandonné tes hommes mais tu as permis que Konoha soit attaquée !
Sakumo devint livide.
- Qu'est-ce que j'aurais du faire d'après toi alors ? cria-t-il. Rester avec mes hommes et donc obéir à mon cœur ? Ou bien porter le message coûte que coûte, laisser mourir Tashiro, Akito et Hanata et ainsi obéir aux ordres ?
- Eh bien l'un des deux au moins ! Parce que avec ta foutue morale, tu as réussi à éviter les deux ! Tu as protégé tes équipiers et leur famille, c'est tout à ton honneur. Mais combien de familles sont maintenant détruites par ta faute ?
Choqué, Sakumo recula. Son cœur venait de se briser. Il avait été sûr que Tsunade comprendrait. Mais de toutes évidences, ce n'était qu'une erreur de plus parmi les innombrables de la journée.
A quelques pas de là, dans l'ombre des ruines, un petit garçon aux cheveux argentés se détourna et s'éloigna, la tête basse
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