merci à tous pour les reviews ! je vous soumets le nouveau chapitre, il est triste. Ames sensibles s'abstenir
Sakumo : je vais mourir ?
Moi : ben de toutes façons, oui tu mourras, que ce soit dans ce chap ou pas.
Sakumo (pleure) : ouin ! c'est pas juste
Kakashi (pleure aussi) : papaaaaa !
Moi : c fini je ne verrai plus jamais Kakashi de la même façon


Chapitre VI
Tu avais promis

Le lendemain, quand Kakashi quitta la maison, il ne se doutait pas que cette journée allait virer au cauchemar. A dire vrai, il était dans un tel état de lassitude physique et morale qu'il avait la sensation de ne plus appartenir à ce monde. Il était malheureux et il se sentait seul. Terriblement seul. Son père revenait chaque jour plus abattu de ses missions et ne parlait pratiquement plus. Arashi-sensei était trop occupé pour s'intéresser vraiment à ses problèmes. Quant à Obito et Rin… A ce que lui avait dit son père, ils n'étaient même pas au courant. On n'avait rien dit aux ninjas les plus jeunes. Mais cela ne changeait rien. Car, c'est bien connu, les enfants imitent leurs parents. De fait, Kakashi s'était progressivement retrouvé isolé. Personne à qui parler, personne à qui se confier, personne pour l'écouter. Personne. Il aurait pu dire qu'il s'en moquait, qu'il avait l'habitude et que les autres n'étaient que des idiots ; mais il n'y parvenait pas. Certes la solitude avait toujours fait partie de sa vie, mais pas à ce point là. Et cela lui faisait mal. Très mal.
- J'y vais, Papa, lança-t-il d'une voix forte.
A son grand étonnement, des pas claquèrent sur le plancher et Sakumo émergea de l'escalier. Il semblait épuisé. Ses traits étaient si tirés qu'il paraissait dix ans de plus. De gros cernes soulignaient ses yeux gris. Il avait encore plus mauvaise mine que la veille. Et pourtant, jamais il n'avait posé sur lui un regard aussi grave. Le garçon fronça les sourcils.
- Au revoir, Kakashi, murmura Sakumo d'une voix cassée. Soit fort, d'accord ?
- Euh… bégaya le garçon, décontenancé. Oui, d'accord.
Sakumo sourit. Un sourire triste. Un sourire désabusé. Kakashi se sentit soudain mal à l'aise.
- Papa…
- Oui ?
- Tu… tu es sûr que ça va ?
Silence. Sakumo ferma les yeux et sourit à nouveau, l'air attendri.
- Tout va bien, Kakashi. Ne t'inquiète pas pour moi, mon grand. Va maintenant.
Et il disparut derrière le mur de papier de riz. Perplexe, Kakashi resta un instant sans bouger puis haussa les épaules. A quoi bon essayer de comprendre ? Ça ne servait à rien. Son père était devenue une ombre après laquelle il avait cessé de courir ; une ombre qui s'enfonçait chaque jour un peu plus dans les ténèbres et qu'il n'avait même plus envie de chercher. Il avait certainement bu. Il serait remis à la fin de la journée.
Il sortit de chez lui et descendit la longue rue qui longeait sa maison. Deux enfants passèrent devant lui à toute vitesse en riant, poursuivis par celle qui devait être leur mère. Tout en courant, elle se mit à hurler qu'ils seraient privés de dessert s'ils ne venaient pas dans l'instant prendre leur bain. Le temps que Kakashi se retourne pour voir ce que les enfants avaient décidé, ils avaient tous les trois disparu au coin de la rue. Il soupira tristement. C'était dans ces moments-là qu'il regrettait la mort de sa mère. Il avait Tsunade bien sûr mais ce n'était pas pareil. Et elle était rarement là. Cela faisait même plusieurs semaines qu'il ne l'avait pas vue. Elle lui manquait.
Et tout à coup, il décida d'aller la voir. Il voulait parler à quelqu'un ; à un adulte, et puisque son père et son sensei ne le pouvaient pas dans l'absolu, Tsunade était la seule qui restait. Il se rendit donc directement chez elle, en périphérie du village, près des bains publics. Il marchait vite. Quelle joie ce serait de la revoir après tout ce temps ! Il avait hâte de lui parler. Elle, elle saurait quoi faire. Elle allait tout arranger. Il le savait. Un sourire heureux se dessina sur son jeune visage.
Mais en arrivant devant une maison blanche, un peu plus haute que les autres, il eut un coup au cœur. Un sac sur le dos, Tsunade venait de sortir de chez elle et refermant la porte, elle sortit une clé. Sa main tremblait légèrement. Le sol se déroba sous les pieds de Kakashi. Elle partait. Tsunade partait. La panique l'envahit. Il se précipita vers elle.
- Tsunade-nee-san !
La jeune femme sursauta et se tourna vers lui. Que faisait-il là ? Il aurait du être avec son équipe à l'heure qu'il était. Elle se redressa et essuya précipitamment ses yeux. Il ne fallait pas qu'il la voie pleurer. Mais elle aurait tout aussi bien pu espérer qu'Orochimaru se teigne en blond : arrivé près d'elle, Kakashi la regardait en effet comme s'il n'avait jamais rien vu de plus déroutant. Le visage de Tsunade était tiré par la fatigue et ses yeux rougis. Plus aucune lueur dans ses prunelles brunes. Plus de sourire. Plus rien. Elle semblait épuisée et surtout, terriblement malheureuse.
- Tsu… Tsunade-nee-san… murmura Kakashi, effrayé. Que… qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien, répondit-elle d'une voix éraillée comme si elle n'avait plus parlé depuis un moment. Il n'y a rien.
- Mais… tu as pleuré ? Pourquoi t'es triste ?
- Je ne suis pas triste ! cria alors Tsunade, son visage se crispant soudain en une grimace furieuse. Tout va bien ! Tout va parfaitement bien !
Effrayé, Kakashi recula. Pourquoi lui criait-elle dessus ? Il n'avait rien fait. Il voulait juste savoir pourquoi elle avait pleuré. Est-ce que c'était mal ? Son menton trembla un peu. Voyant qu'elle avait choqué le petit garçon, Tsunade s'adoucit.
- Excuse-moi, Kakashi-kun. Je suis… je suis un peu fatiguée, c'est tout. Et je suis très occupée, je ne peux pas te parler maintenant.
- Oh…
Kakashi ne parvint pas à dissimuler sa déception. C'était la première fois qu'elle refusait de l'écouter. Elle ne devait vraiment pas aller bien. Son regard se posa sur le sac de la jeune femme.
- Tsunade-nee-san… où est-ce que tu pars ?
Elle hésita, nerveuse. Elle aurait du s'en douter.
- Je… une mission importante. Je pars aujourd'hui.
Si Kakashi avait levé les yeux à ce moment là, il aurait vu qu'elle lui mentait. Mais il ne le fit pas.
- J'aurais voulu… commença-t-il d'une voix tremblante… j'aurais voulu te parler, je… Il se tut un instant puis releva la tête. Est-ce que je pourrai venir te voir après alors ? Quand est-ce que tu rentres ? Demain ?
Tsunade se mordit les lèvres et ferma les yeux. Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Et pourquoi ce petit bout, le seul qui pouvait la faire hésiter ?
- Kakashi-kun… murmura-t-elle, je suis désolée mais… je ne pourrai pas te parler demain. Ni après demain, ni les jours qui viennent… Je quitte Konoha, ajouta-t-elle après un silence.
Pour Kakashi, ce fut probablement le plus gros choc de toute sa vie. Il ne réalisa même pas qu'elle venait d'avouer son mensonge. Et il s'en fichait. Mais cela… cela, il ne pouvait pas le croire. Tsunade… Partir ?
- Mais… bredouilla-t-il des sanglots dans la voix, mais… tu reviendras, hein ? Tu pars… tu pars pas longtemps ?
- Je ne reviendrai pas, Kakashi. Je ne veux plus rester ici. C'est terminé.
La détresse fit flamboyer le regard du petit garçon. Des larmes débordèrent de ses yeux. Jamais il n'avait été aussi malheureux.
- Mais pourquoi ? Sa petite voix se fit suppliante. Tsunade-nee-san… tu avais… tu avais promis ! Tu avais promis de rester avec moi !
Une larme perla à l'œil droit de Tsunade. Elle regarda ailleurs.
- Je sais. Elle baissa la tête. Je suis désolée.
A ces mots, Kakashi sentit la colère remplacer son chagrin. Désolé. Les adultes n'avaient que ce mot à la bouche en ce moment. Désolé. A croire que ça excusait tout. Désolé… Mais en quoi ça l'avançait de savoir qu'elle était désolée ? Elle partait ! Elle l'abandonnait ! Alors qu'il avait besoin d'elle plus que jamais ! Trahison. Un terrible sentiment de trahison l'envahit. Si Tsunade partait, que lui restait-il ?
- Je veux pas être tout seul… gronda-t-il d'une voix où le chagrin et la colère semblaient se déchirer pour savoir lequel des deux s'exprimerait en premier.
- Tu as toujours ton père…
Il explosa. De fureur, de frustration, de déception. Elle se défilait.
- Non ! hurla-t-il. Toi ! Je te veux toi ! Je veux ma mère !
Les yeux de Tsunade s'écarquillèrent. Tétanisée, elle resta sans bouger. Sa mère ? Il… Il la voyait comme sa mère ? L'émotion la submergea et elle pleura à son tour. Cela aussi, elle aurait du le prévoir. Elle voyait Kakashi en fils. Il était donc logique qu'il la voie en mère.
Elle s'agenouilla et le prit dans ses bras. Sans cesser de sangloter, Kakashi se pelotonna contre elle, sa colère laissant la place à sa détresse. Il ne voulait pas la perdre.
- Pars pas, hoqueta-t-il. S'il te plait, pars pas… Maman… ajouta-t-il plus bas mais d'une voix vibrante de chagrin.
Tsunade ferma les yeux. Pour rien au monde elle n'aurait voulu lui faire du mal. Elle l'aimait tellement. Mais ici, elle souffrait trop. Elle revoyait sans cesse son visage pâle, ses yeux vitreux et ses lèvres tordues dans un rictus de douleur tandis que ces derniers mots franchissaient sa bouche avec difficulté.

Je veux pas mourir ici…Je… Tsunade…

Mais il était mort et elle n'avait rien pu y faire. Malgré tout son talent, toute sa force, elle n'avait rien pu faire. Elle devait partir ; même si ça signifiait abandonner Kakashi. En faisant cela, elle incarnait l'égoïsme dans toute sa splendeur. Mais tant pis.
- Excuse-moi, Kakashi-kun, chuchota-t-elle.
Elle sentit l'enfant s'agripper plus fort à elle dans un effort désespéré.
- Un jour on se reverra, ajouta-t-elle. En attendant… Elle se dégagea avec douceur mais fermeté et regarda Kakashi dans les yeux. … Deviens un homme bien. Et un excellent ninja pour que je sois fière de toi.
Elle l'embrassa sur le front avec tendresse. Elle s'en voulait terriblement. Mais en bonne égoïste qu'elle était, elle surmonta tout et se redressant, elle partit. Elle disparut si vite que Kakashi n'eut même pas le temps de lui répondre. Longtemps, il resta sans bouger, debout, à fixer le vide comme s'il s'attendait à la voir revenir un grand sourire aux lèvres et disant « Surprise !». Il était assommé. Il ne réalisait pas.
Combien de temps s'écoula tandis qu'il restait devant la porte de Tsunade, il n'aurait su le dire. De toutes façons, il n'avait pas envie de bouger. Le froid, le vent, la pluie, il ne sentait plus rien. Plusieurs heures passèrent. Ce fut finalement Arashi qui le trouva grelottant de froid, assis sous le porche de la maison, les genoux repliés contre sa poitrine.
- Kakashi !
Il courut vers lui et prit ses mains gelées.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu es fou, tu vas attraper froid !
La nuque se souleva doucement, raidie par la température glaciale, et un regard vide se posa sur lui. Arashi déglutit. Jamais Kakashi n'avait eu un tel regard.
- Que… qu'est-ce qu'il y a ?
Il ne répondit pas. Il ne pouvait pas, et le voulait encore moins. Que lui dirait Arashi ? Désolé ? Il retint un ricanement. Il en avait assez des gens désolés. Assez de cette pitié misérable au fond de leurs yeux hypocrites. Assez de tout. Il se contenta donc de renvoyer à son sensei un regard dénué de toute expression, espérant vaguement qu'il ne poserait pas de question. Peine perdue. Le jeune homme fronça les sourcils. Que lui était-il arrivé pour qu'il soit dans un état pareil ?
- Kakashi… Dis-moi.
Rêve.
- Tu peux me faire confiance. Je suis là pour ça.
Mais oui.
- Ça te soulagerait d'en parler.
C'est ça.
- Dis-moi, s'il te plait. Ou au moins…
- Non.
La voix avait jaillie, glacée, dure, violente. Bouleversée. Et Arashi comprit tout de suite qu'il n'apprendrait rien d'autre. Dans ces cas-là – qui commençaient à devenir une habitude chez le garçon – il ne fallait pas insister. Il se leva et tendit la main à son élève.
- Viens. Je te ramène chez toi.
Kakashi leva les yeux vers lui. Ce n'était pas une demande. C'était un ordre. Et on obéissait aux ordres. Il se leva.

Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent devant chez lui. Arashi s'arrêta sur le seuil, attendant peut-être que son élève ne se décide à parler. Mais Kakashi ne lui accorda aucune attention et ouvrant la porte, il entra. Pour s'arrêter aussitôt. La foudre s'abattit sur lui. Sa respiration se bloqua. Son sang cessa de circuler. Ses mains tremblèrent. Car face à lui, près de la rampe d'escalier, se tenait Sakumo. La tête légèrement penchée sur le côté, il le fixait d'un air vide. Ses bras pendaient de chaque côté de son corps. Avec grâce et légèreté, il regarda vers la droite. Puis se retourna vers Kakashi. Vers la gauche. Face à Kakashi. Vers la droite. Face à Kakashi. On aurait dit un ballet. Ses pieds ne touchaient pas le sol.


Sakumo : je me suis pendu ? O-o
Moi : eeeh vi. C'est une façon de mourir très poétique à décrire je trouve
Sakumo : ah ben t la seule alors
Arashi : c'est d'un mauvais gout ! dans l'entrée, sérieux ! ya de quoi traumatiser un gosse...
Moi : justement ! à toi de le dé-choquer, héhé
Arashi : ben voyons ! pourquoi ça tombe tjs sur moi ces trucs là ?
Moi : t'as une tête de bonne poire.
Arashi : et merde.

bon j'espère que ça vous a plu ! encore un chap et je passe au "post mortem Obito"