Disclaimer : Les lieux, les personnages, les termes magiques et l'histoire d'Harry Potter appartiennent à J. K. Rowling et je ne fais que les emprunter en ajoutant quelques détails de mon cru pour, je l'espère, pouvoir divertir les lecteurs. Qui plus est, je ne tire aucun profit de cet emprunt.

Note de l'auteure : Me revoilà :o) Sous l'éboulement de reviews favorables à cette fic (je vous adore!!), je vous reviens avec le deuxième chapitre! Je tiens seulement à vous avertir que je publie cette fic au fur et à mesure que je l'écris, c'est-à-dire que les chapitres ne sont pas écrits d'avance comme pour mes autres fics. Donc, je m'excuse à l'avance des incohérences qui pourraient montrer le bout de leur nez ainsi que pour le temps entre le publipostage de deux chapitres. Pour éviter de vous faire languir trop longtemps, je vais faire des chapitres plus courts que ceux que je fais habituellement. J'espère que vous ne m'en voudrez pas!

Bon, aller, j'arrête mon baratin! Bonne lecture!!


Chapitre 2 : Une décision difficile

- Hum, hum…

Cela devait bien faire cinq minutes que Harry avait raconté toute son histoire à Albus et que ce dernier ne cessait de murmurer pensivement des « hum, hum ». Severus semblait sur le point de perdre patience – une vertu qui n'avait jamais été la sienne, d'ailleurs. Néanmoins, ce fut Harry qui brisa le silence.

- Vous me croyez, n'est-ce pas, monsieur?

Dumbledore émergea alors de sa profonde rêverie et sembla tout à coup réaliser qu'il n'était pas seul.

- Oh, bien sûr, Harry, bien sûr! Je réfléchissais seulement à un moyen de te renvoyer à ton époque, à dire vrai.

- Un Retourneur de Temps ne ferait pas l'affaire? interrogea le jeune sorcier.

- En fait, je cherchais un moyen de te permettre de rentrer chez toi sans modifier le passé, ce qui est déjà en train de se produire, j'en ai bien peur. Tu ne devrais pas être ici et le fait que Severus et moi soyons au courant de la situation est un dommage que j'ose espérer réversible.

- Je pourrais vous lancer un sort d'Oubliette tout juste avant de repartir, non?

Severus émit alors un ricanement moqueur sans joie avant de jeter un regard dédaigneux au Survivant. Mais Harry ne s'en formalisa pas, car il savait que c'était la façon habituelle – quoique peu polie – de Rogue de signifier que son idée était irréalisable. Il lui suffisait juste de comprendre pourquoi, ce qu'Albus devina de suite, comme toujours.

- Ce que Severus veut dire, dit le vieux sorcier, les yeux pétillants de malice, c'est que ce sort ne fonctionnerait malheureusement pas bien longtemps sur nous. Vois-tu, un esprit peu entraîné ou sans expérience serait facilement manipulé de la sorte. Il est évident que Severus et moi avons trop d'antécédents pour être ainsi bernés, malheureusement pour toi.

Harry se massa les tempes, sentant un mal de tête pointer son nez. Sa situation semblait désespérée. Pourquoi avait-il fallu que son Severus fasse une chose aussi stupide! Et s'il avait déjà changé le futur? Comment serait le monde qu'il connaissait, maintenant? Et si Severus et lui ne se rapprochaient jamais? Le Survivant déglutit difficilement à cette pensée. Imaginer sa vie sans Severus lui était désormais impossible, même si cela pouvait sembler impensable lorsque l'on connaissait le caractère asocial du maître des potions. Aussi impensable que l'idée que Dumbledore ne puisse pas l'aider. Harry réalisa alors quelque chose qu'il n'avait pas relevé aux premiers abords.

- Au fait, professeur, lorsque nous sommes arrivés, vous avez dit que vous m'attendiez… comment cela se peut-il?

Le directeur eut un sourire énigmatique qui présageait une longue explication et il jeta un regard tendre à son Phénix.

- Connais-tu la théorie du monde des Idées de Platon, Harry?

- Vaguement, pourquoi?

- Eh bien, vois-tu Harry, ce cher Platon n'avait pas tort, commença Dumbledore d'une voix douce, témoignant de son respect et de son amour pour les Moldus. Lorsque nous mourrons, seul notre corps trépasse, alors que notre âme retourne dans le monde des Idées. Dans ce monde, tous les concepts abstraits que nous tentons d'explorer et d'expliquer ici-bas sur Terre sont tout à fait clairs. Mais ce que notre ami Platon n'avait pas deviné, c'est que le concept de Temps aussi est limpide dans ce monde de l'esprit. Ainsi, tout est visible, autant ce qui fût, ce qui est et ce qui sera. Cependant, comme Platon l'a prédit, lorsque notre âme se réincarne dans un nouveau corps, le choc est si brutal que nous oublions tout, ce qui nous force à tout réapprendre en grandissant. C'est aussi ce qui cause les réminiscences que certaines personnes ont. Les personnes que l'on considère comme étant des voyants, ceux qui ont des visions, sont seulement des gens plus sensibles à ces réminiscences du concept de Temps.

- Où voulez-vous en venir? s'impatienta Rogue.

- J'y viens, mon cher Severus, j'y viens, sourit le vieux directeur. Cependant, pour certaines créatures magiques très puissantes ou très anciennes, ce choc n'est pas si brutal. Cela est d'autant plus vrai pour un animal comme les Phénix, qui se réincarne toujours dans le même corps. Ainsi, lorsque Fumseck renaît de ses cendres, il se souvient d'absolument tout ce qu'il a vu dans le monde des Idées. Et lorsque l'envie lui prend ou que cela est primordial, il lui arrive de me révéler quelques évènements dont il a été témoin. Il m'avait prévenu de ta venue, Harry, conclut Dumbledore en lui décochant un regard outrageusement sérieux par-dessus ses lunettes en forme de demi-lune.

- Vous discutez avec votre volatile?! s'exclama alors Severus, une mine méprisante peinte sur le visage.

- Bien sûr! répondit Albus comme si c'était l'évidence même.

- Il vous a prévenu juste comme ça ou parce que c'était vraiment important?

Albus eut un sourire presque désolé et soupira avant de répondre.

- Il m'a révélé cette information, car l'avenir du monde repose sur le dénouement de cet évènement. Dans le futur que Fumseck a entrevu, Voldemort gagnait la guerre, car tu n'étais pas là pour l'en empêcher, ce qui est en train de se produire, j'en ai bien peur.

- Quoi! Mais si vous étiez au courant, pourquoi vous n'avez rien fait?

- J'ai tenté d'en dissuader Severus, dans le futur…

- Vous faites trop confiance aux gens! le coupa Harry, en colère.

- Bien sûr, mettez toute la responsabilité de ce problème sur mes épaules! rétorqua Severus. Et pour quelque chose que je n'ai même pas encore fait, qui plus est!

- Si tu n'étais pas aussi émotif, aussi!

- Je vous demande pardon, monsieur Potter?! s'étrangla Rogue.

- Enfin, dans le futur, car pour l'instant tu es encore un vieux grincheux.

Harry tomba tout à coup dans un mutisme profond, comme si on venait de le gifler, alors que Rogue fulminait en marmonnant dans sa barbe inexistante. Le Survivant venait de réaliser quelque chose.

- Et si c'était ça la solution? pensa-t-il à voix haute. Si tu ne changeais jamais? continua-t-il en plongeant son regard émeraude dans la marre d'encre des yeux de Severus. Tu ne serais jamais tenté de me « sauver » stupidement, je pourrais accomplir mon destin et tout ceci ne se produirait jamais.

- Harry, réalises-tu ce que cela implique? intervint Dumbledore.

Les yeux de Harry se remplir de larmes à la seule idée de perdre l'amour de sa vie. Mais ainsi, il pourrait anéantir Voldemort. Severus, Ron, Hermione et tous les autres vivraient et seraient en sécurité. C'était un terrible sacrifice pour lui, mais il n'était pas né pour avoir un destin facile.

- C'est la seule solution, monsieur, répondit finalement Harry la gorge légèrement nouée. Vous devez trouver quelqu'un d'autre pour m'assister lors de mon dix-septième anniversaire.

- Si c'est ce que tu veux, Harry, je le ferai.

- Merci.

- Et je n'ai pas mon mot à dire? demanda Severus d'une voix étrangement rauque.

- Je connais ta situation actuelle, Sev', mais crois-moi, c'est mieux ainsi.

Le maître des potions fronça légèrement les sourcils. Harry sut qu'il avait compris l'allusion aux sentiments qu'il entretenait à son égard.

- Je ne vous permets pas de décider à ma place! se fâcha Rogue.

- Et tu préfères quoi? Que tout recommence, indéfiniment?

- Il y a mille et une façons de changer le futur. Chaque décision, aussi insignifiante soit-elle, peut influencer le destin du monde entier!

- Et si les décisions qu'on allait prendre étaient justement celles qui nous mèneraient à cette catastrophe? On ne peut jamais savoir, le futur est trop incertain pour cela.

Severus étouffa un cri de frustration et quitta précipitamment le bureau de Dumbledore.

- Il a besoin d'un peu de temps pour accepter, Harry… Severus n'apprécie guère d'être mis de côté, il préfère être au centre de l'action, même si cela peut s'avérer terriblement dangereux.

- D'autant plus qu'il croit que je suis un jeunot incapable d'accomplir mon destin sans son aide, répondit Harry avec un sourire triste.

Le Survivant se prit la tête entre les mains. Il n'aimait pas du tout la décision qu'il venait de prendre. Il venait d'écarter Severus de sa vie et ça lui broyait littéralement le cœur. C'était comme s'il venait de perdre une moitié de lui, comme s'il était incomplet. Mais, avec un peu de chance, en retournant à son époque, il n'aurait aucun souvenir de sa relation avec le ténébreux maître des potions. Mais allait-il seulement rentrer chez lui un jour?

- Professeur, comment suis-je censé retourner dans le futur?

- J'ai besoin d'un peu de temps pour y penser, Harry.

- Et d'ici là, que dois-je faire?

- Tu peux faire des recherches de ton côté, bien évidemment. Seulement, il ne faut pas que tu oublies que tu ne dois en aucun cas rencontrer ton double plus jeune. Cela entraînerait une cassure dans l'espace-temps et j'ai bien peur que cela annihilerait ton existence.

- Je vois… Dans ce cas, je ne peux pas demeurer à Poudlard, car c'est ici que je suis supposé venir à la fin du mois pour être accompagné lors du rite de passage.

- Tu as absolument raison, Harry… d'autant plus que personne d'autre ne doit être au courant de la situation, sous peine de compliquer encore un peu plus notre problème actuel.

- Je suis d'accord. Mais, dans ce cas, où dois-je me cacher?

(oO0Oo)

- Non!

- Mais…

- J'ai dit non! C'est catégorique.

- Severus, soyez raisonnable.

- Albus, il est tout à fait hors de question que ce sale môme vienne habiter chez moi simplement parce que cela pourrait l'empêcher de devenir la star incontestée du monde sorcier s'il était vu à Poudlard!

- N'oublie pas que je suis dans cette situation par ta faute, Sev'.

Rogue plissa les paupières jusqu'à ce que ses yeux ne soient plus que deux petites fentes meurtrières.

- Cessez de m'appeler ainsi, Potter, vociféra-t-il.

- Et toi, cesse de ne penser qu'à ta petite personne! Je sais parfaitement que tu refuses parce que tu as peur d'être blessé, tu as peur que je réussisse à t'atteindre. Si ça peut te rassurer, tu n'auras même pas conscience que je serai là, je ne t'adresserai même pas la parole.

Severus fulminait. Un peu plus et Harry aurait pu voir la fumée sortir de ses oreilles. Il avait vu juste, il en était sûr, et le maître des potions ne semblait guère apprécier qu'il lise en lui comme dans un livre ouvert.

- Vous croyez cela, monsieur Potter? Je vais me faire un plaisir de vous prouver le contraire. Venez donc habiter au Manoir et l'on va voir si vous arriverez à me faire craquer aussi facilement que vous le croyez. Mais attention, c'est à vos risques et périls, monsieur Potter…

- Un défi? J'adore les défis, surtout s'ils sont dangereux…


Ça vous plaît toujours??