Disclaimer : Les lieux, les personnages, les termes magiques et l'histoire d'Harry Potter appartiennent à J. K. Rowling et je ne fais que les emprunter en ajoutant quelques détails de mon cru pour, je l'espère, pouvoir divertir les lecteurs. Qui plus est, je ne tire aucun profit de cet emprunt.

Note de l'auteure : J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle concernant cette fic! Je vais commencer par la mauvaise (avec un peu de chance, vous l'oublierez au moment de lire la bonne... fais une prière...). Mauvaise nouvelle: cette fic promet d'être courte (gomen! j'ai pas de scénario préétabli, j'y avais l'inspiration et ça donne ça... de plus, j'ai une autre idée de fic sur Harry Potter que je veux mettre sur papier... je suis pardonnée dites? ... puppy eyes...). Maiiiis! Bonne nouvelle: J'ai pris de l'avance et cette fic est écrite jusqu'au chapitre 6 (inclusivement), donc vous n'aurez pas à attendre deux siècles pour avoir la suite! Vous m'aimez toujours??


Chapitre 3 : Dans l'antre du serpent

- Salazar?

Une minute de silence suivit cette question.

- De toute évidence, non. Quoi d'autre alors… Potion? Non plus. Cachot?

Le jeune sorcier soupira. Ce petit jeu commençait à l'exaspérer.

- Magie Noir? Dragon? Mal? Impardonnable? Douleur?

- Potter?!

À ce moment précis, le tableau que Harry s'évertuait à ouvrir pivota sur le côté, débouchant sur une ouverture circulaire dans le mur de pierre. Un large sourire étira alors les lèvres du Survivant.

- Alors, comme ça on utilise mon nom comme mot de passe…

- Pas du tout, répliqua Severus, agacé. Ce tableau est ensorcelé pour ne révéler l'entrée de cette pièce qu'au propriétaire de la maison.

- Tu es un piètre menteur, le nargua Harry avant de pénétrer dans la vaste salle.

- En quoi ma bibliothèque personnelle vous intéresse-t-elle de toute façon? interrogea Rogue d'un ton acide en emboîtant le pas au jeune sorcier.

- Je n'ai pas l'intention de m'incruster ici, je veux retourner à mon époque le plus rapidement possible, alors j'ai besoin de tes livres. Comme c'est toi qui as créé le vortex qui m'a amené ici, tu dois donc t'être inspiré d'un de ces ouvrages, conclut Harry en désignant les hautes étagères d'un geste circulaire de la main.

Severus émit alors un ricanement moqueur à peine audible. Si ses épaules n'avaient pas tressauté, personne n'aurait su qu'il se moquait de son antagoniste.

- Je vous souhaite sincèrement bonne chance, monsieur Potter, car cette bibliothèque renferme des milliers de livres.

- C'est pourquoi tu vas m'aider, enchaîna Harry avec un sourire franc.

- Vous croyez cela? se moqua Rogue en se dirigeant vers la porte.

- Bien sûr, à moins que tu désires que j'établisse indéfiniment mes quartiers dans ta chère demeure. Pas que cela m'incommoderait, j'ai l'habitude après plus de huit mois de vie commune, mais est-ce que toi tu le supporterais?

(oO0Oo)

Quelques menaces de mort et deux ou trois jurons plus tard, les deux sorciers étaient installés chacun sur un confortable canapé à feuilleter l'un après l'autre des bouquins poussiéreux regroupés en d'impressionnantes piles. Harry dénicha tout à coup un petit livret encore plus empoussiéré que les autres. Il souffla sur la couverture et passa son pouce sur le titre, des lettres dorées en relief qui formaient le mot « Potter ». Mais pourquoi Severus avait-il calepin qui avait pour sujet sa famille? Mais Harry était plus curieux de voir la réaction de Severus que de savoir ce que carnet contenait. De toute façon, la réaction de son aîné parlerait d'elle-même.

- Qu'est-ce que c'est? demanda le Survivant en agitant le petit livre dans sa main.

- Quelque chose qui ne vous regarde pas, siffla Rogue en retroussant les lèvres, ce qui lui donna une allure carnassière.

- Vraiment? Il y a pourtant mon nom écrit dessus, répliqua Harry en entrouvrant le carnet.

- Accio livre, tonna Severus.

- Retendum livre, lança à son tour Harry avant que le calepin n'ait le temps de s'éloigner de plus d'un mètre de lui.

Et comme le jeune sorcier l'espérait, le livret revint directement se loger dans sa main, ce qui entraîna un haussement de sourcil perplexe de la part du maître des potions.

- Où avez-vous appris ce sort?

- Je l'ai inventé, répondit Harry alors qu'une étrange lueur venait de s'allumer dans son regard. Il me permet de retenir bien des choses près de moi…

- Vous avez donc l'impertinence de croire que ce livre vous appartient.

- Jusqu'à ce que je l'aie parcouru jusqu'à la dernière page, oui.

- Croyez-vous sincèrement être le seul Potter au monde? soupira Severus en levant les yeux au ciel.

- Non, il y a aussi mes parents…, se moqua Harry.

- Ce que vous pouvez être nombriliste.

- Merci, répliqua Harry, tout sourire. Maintenant, tais-toi, j'ai de la lecture.

- Si ce livre vous intéresse tant que cela, je vous le laisse. D'ailleurs, je vous laisse tous les autres bouquins, monsieur Potter. Bonne chance dans votre recherche, conclut Rogue d'un ton sarcastique où pointait une note de colère, avant de quitter rapidement la pièce dans un tourbillon de tissu noir.

De toute évidence, le maître des potions n'appréciait guère de se faire donner des ordres par un gamin. Harry soupira. S'il avait été en face de son Severus, cela n'aurait été qu'une querelle amicale qui se serait sans doute soldée par une réplique du genre « eh bien, fais-moi taire, si tu y tiens tant » de la part de son ancien professeur et, inévitablement, par une séance en règle sous la couette. Mais Harry devait se faire à cette idée : cette complicité, il l'avait perdue à jamais, il l'avait rayée de sa vie volontairement. Pour éviter d'y penser, le jeune sorcier se plongea dans la lecture du petit livret qui avait déclenché cette joute verbale.

(oO0Oo)

- Alors, avez-vous trouvé votre lecture intéressante?

Harry leva le nez de son assiette, surpris. Depuis l'incident à la bibliothèque le matin même, Severus ne lui avait pas adressé la parole une seule fois, bien qu'ils se soient croisés à plusieurs reprises. Le Manoir était vaste, mais pas assez pour les empêcher de s'attirer comme des aimants, de toute évidence.

- Tiens, alors maintenant tu me parles?

Pour toute réponse, Rogue grogna, ce que Harry interpréta comme un « j'essaie de faire un effort, sale mioche! ».

- De plus, j'étais censé passer inaperçu, alors je ne t'importunerai plus. Content?

- Plus que vous ne le croyez.

Le Survivant hocha la tête et replongea le nez dans son assiette, bien décidé à faire tout en son pouvoir pour éviter Severus à partir de maintenant. Puisqu'ils n'avaient plus aucun avenir ensemble, autant mettre le plus de distance possible entre eux dès maintenant. Moins il côtoierait Severus, moins il souffrirait et plus il avait de chances que le maître des potions continue de le considérer comme une malédiction, ce qui évitait de possibles rapprochements futurs. Bref, c'était la meilleure solution! Mais ô combien douloureuse pour lui! Il lui fallait impérativement retourner chez lui… et oublier.

C'est pourquoi, sans un mot pour son hôte, Harry se leva et quitta la vaste salle à manger pour retourner à la bibliothèque. Il avait encore des centaines d'ouvrages à consulter et si Dumbledore ne trouvait pas un moyen de le ramener à son époque, les livres de Severus étaient sans doute sa seule option.

Arrivé devant le tableau cachant l'entrée circulaire, Harry sourit en pensant qu'il était grand temps de tester son hypothèse.

- Potter.

Et comme il l'espérait, le tableau pivota. Le Survivant secoua la tête en soupirant.

- J'espère que tes sentiments pour moi n'entraîneront pas notre perte à tous les deux, Sev', murmura le jeune sorcier pour lui-même.

En effet, si Harry avait décidé d'empêcher un rapprochement entre eux, cela ne signifiait pas nécessairement que Severus ne ferait pas quelque chose de stupide. Après tout, son ancien professeur entretenait déjà des sentiments à son égard avant même qu'ils ne développent une relation amoureuse. Et si Albus trouvait une solution satisfaisante, cela signifiait que Severus et le vieux directeur ne se souviendraient pas de son passage dans le passé, donc ils ne seraient pas avertis de l'acte inconsidéré que Severus allait commettre par amour pour lui.

Tout à coup, Harry réalisa qu'elle était là, la vraie solution. Il fallait qu'il fasse part de ses conclusions à Dumbledore! Si le directeur était d'accord avec lui, alors un simple Retourneur de Temps ferait l'affaire et il pourrait retourner rapidement évaluer les dégâts qu'avait causés son saut dans le passé.

Excité comme un enfant le jour de Noël, Harry se dirigea sans attendre vers la cheminée située entre deux hautes étagères. Le jeune sorcier allait lancer une poignée de Poudre de Cheminette dans le feu lorsqu'il entendit au loin des claquements de sabot sur la pierre. Harry se figea : une calèche arrivait. Et une seule personne, à sa connaissance, se déplaçait encore ainsi. Instantanément, la colère se propagea en lui comme un courant électrique et le Survivant s'élança vers la porte de la bibliothèque.