Quatrième chapitre. Pas très long, non plus, je dois dire, et un peu plat. Mais bon il faut en passer par là, désolé. Maintenant que c'est les vacances et que je suis tranquille, la parution de chapitre sera un peu plus regulière. Voila, enjoy.
Il était allongé sur le dos. Il avait terriblement mal. Il ne savait pas où il était.
Il ouvrit les yeux pour se retrouver dans sa chambre. Pourquoi avait-il si mal?
Que s'était-il passé?
Fye ne parvenait décidemment pas à se souvenir. Il savait que Kurogané l'avait raccompagné en silence, mais comment avait-il fini dans son lit?
Il ne se souvenait de rien. Où était Kurogané?
La porte s'ouvrit et Shaolan entra dans la pièce. Il posa ses yeux sur Fye, l'air étonné, puis sourit.
- Bonjour Fye-san.
Pourquoi avait-il l'air si gêné? Fye avait l'impression qu'on lui cachait quelque chose. Il se leva, la douleur de son dos se faisant plus lancinante. Il grimaça.
- Où…où est Kurogané?
Shaolan baissa les yeux.
- Je ne sais pas. Il est parti après…après…
Alors les souvenirs, comme de bulles d'air remontant à la surface d'une eau trouble, éclatèrent à la surface pour libérer un souffle saturé de poison.
« Merde. Merde.
Ce fut tout d'abord la haine qui me submergea. Sans faire plus attention à la présence de Shaolan à coté de moi, le sourire forcé quitta mes traits. Je comprenais désormais cette douleur aux reins, et cette compréhension soudaine transformait cette douleur déjà lancinante en une pulsion meurtrière.
Mais ce fut ensuite la peur qui me submergea. La peur mélangée de le voir, de le subir à nouveau, la peur qu'il s'approche de moi, la peur qu'il me touche. J'étais assailli par toutes ces peurs sans savoir d'où elles venaient, comment mon esprit les avait créées.
J'avais peur qu'il me viole, je ne voulais pas qu'il me viole, j'avais peur que tout le monde me viole. J'avais peur qu'il me touche, je ne voulais pas qu'il me touche, je ne voulais pas qu'on me touche. J'avais peur qu'il m'effleure, je ne voulais pas qu'il m'effleure, je ne voulais pas qu'on m'effleure. J'avais peur qu'il me regarde, je ne voulais pas qu'il me regarde, je ne voulais pas qu'il pense a moi, je ne voulais pas que son cerveau fantasme sur mon corps qu'il a avait déjà souillé par sa présence, je ne voulais pas, je ne voulais pas, je ne voulais pas…
J'avais peur, j'avais peur, j'avais peur…
Et à ce moment, je me rappelais la présence de Shaolan. L'expression de mon visage devait être étrange il s'approcha de moi.
- Monsieur Fye, vous ne vous sentez pas bien ?
Il approcha sa main de mon épaule. Il allait me toucher. Lui aussi, il allait me salir? Sûrement. Plus aucun sentiment n'était pur en ce monde. Ils étaient tous pareil, ils voulaient tous la même chose. Il ne voulait que me souiller un peu plus, chacun leur tour.
- Ne me touche pas! Hurlais-je en dégageant violement sa main qui s'était approché beaucoup trop près de mon être. Ne me touche pas.
Il ne savait pas quoi faire. Dans son regard se mêlaient la peur et l'incompréhension. Parce que c'est a lui d'avoir peur? Non, cette lueur d'effroi dans ses yeux n'a pas lieu d'être. Il ne sait pas ce que c'est, la peur. Je suis sur qu'il n'a jamais ressenti la peur résonner dans toutes cellules de son corps, dans la moindre parcelle de son esprit. Il n'a pas été…
Je me rendis alors compte que la moindre présence me gênais. Il était encore trop près. Beaucoup trop près. Toujours trop près.
- Sors d'ici. Sors d'ici immédiatement. Sors d'ici !
J'avais hurlé cette dernière phrase. Un hurlement strident, fidèle à toutes ces pensées incohérentes et sans réel fondement qui inondait mon esprit, qui faisait déborder ce pauvre vase fêlé qui me servait de conscience.
- Fye-san, je…
- SORS !
J'attrapais la lampe de chevet et le fracassa sur le sol. A l'image du peu de conscience qu'il me restait, le filament de l'ampoule clignota puis s'éteignit, au milieu des débris de verre qui jonchaient le sol. Shaolan était sorti.
La peur au ventre, je me je tentais de me lever mais la douleur m'en empêcha: je tombais sur le sol. Personne n'y allait donc de main morte. Je n'aurai jamais dû baisser ma garde. Après tout j'avais été stupide de penser que, peut-être un nouvel être pourrai ne pas me tromper. Entre Ashura-Ô et Fei Wang, j'avais été servi…douleurs, promesses futiles et abandons. Tu avais l'air tellement différent, Kurogané. Et c'est moi qu'on accuse de porter un masque? Sous tes airs de guerrier tu caches un coeur pervers. Je m'étais encore fait avoir. A croire que l'amour n'était qu'un subterfuge au désir.
L'amour…de l'amour? Les phrases de la barmaid me revinrent en mémoire. « Peut-être qu'il t'aime, tout au fond… »
Je fus pris d'un fou rire incontrôlé. Un Ninja comme lui, avec son abjection permanente. Rire mêlé de larmes…
Je me relevais et enfilais mes vêtements de la veille. Ils étaient encore trop près. Shaolan, Sakura. Trop près, trop proches, trop dangereux. Sans un regard en arrière, je me ruais sur la porte d'entrée et sans un regard pour cet appartement, je sortis à vive allure en claquant la porte. »
« Il faut que je m'excuse. Que je lui présente tes excuses.
Bien sur que non. Je ne regrette rien.
Mais il croit que c'est moi qui ai fait tout ça. Il pense que j'ai voulu tout ce que tu as fait.
Ce sera mentir que de dire que tu ne le voulais pas, Kuro-chan.
Non. Il n'y avait que Fye qui avait le droit de me surnommer de cette manière.
Tais toi. Tu n'as pas le droit.
J'ai autant de droits que toi.
Tu n'es pas moi!
Non. Nous sommes toi. Il ne sert à rien que tu t'excuses. Tu vas t'excuser pour l'avoir désiré ? Je n'ai fais que réaliser les fantasmes que tu cachait au fond de toi. Je les ai réalisé…jusqu'à leur paroxysme.
Tu n'as aucune raison de m'en vouloir. De t'en vouloir. Donc de t'excuser.
Je n'ai jamais voulu qu'il me subisse!
Il n'avait qu'à savoir saisir sa chance. Lui aussi te voulait. Tu le savais depuis longtemps. Tu lui as donné ce qu'il voulait, non? C'est un service que tu lui as rendu en quelque sorte.
Tu ne comprends rien. On ne peu pas se jouer des sentiments et des envies des autres.
Je ne vois pas pourquoi. C'est-ce que tout les trois nous voulions. Chacun a eu ce qu'il voulait.
Non. Tu m'as fait perdre le peu de confiance qu'il avait placé en moi pendant ce voyage.
Tu n'as pas besoin de sa confiance pour assouvir nos pulsions.
Mais il n'y a pas que les pulsions qui importent !
Cette conversation avec lui-même troublait et énervait Kurogané. Plongé au plus profond de lui-même, il ne savait comment venir à bout de cette partie de lui-même qui grandissait de jour en jour et qui le ferai bientôt disparaître. Il n'avait pratiquement plus le contrôle de lui-même. Il ne savait pas ce que l'autre lui faisait faire, ce qu'il lui faisait dire. Les seuls moments où il lui arrivait de reprendre conscience au milieu de la mer noire de son esprit étaient pendant le sommeil de cet esprit parasite, et leur discussion ne faisait que l'épuiser encore plus, lui-même.
Il était parti. Kurogané se demandait a chaque fois ce qu'il faisait de son corps, de ces paroles, de se voix. Que faisait-il de ses journées, sans le savoir et sans avoir le contrôle de lui-même?
Les jours -ou les nuits, il n'avait plus vraiment de perception du temps- les plus durs, où il avait l'impression de ne plus être que néant tellement l'autre prenait de la place, il sentait sa place diminuer encore plus, sombrait dans une déprime sans couleur ni nuance où les sourires de Fye se transformaient en rictus qui ne lui laissait aucun répit. Son inconscient se réveillait et, des bribes de souvenirs qu'il avait vecu et qui en même temps lui étaient totalement inconnus refaisaient surface. Une étincelle bleu cobalt, le bruissement d'un tissu froissé, une main qui griffe la chair, des vêtements qui gisent au sol…
Sans savoir si cela signifiait que son esprit reprenait contenance et s'infiltrait dans les souvenirs de l'autre, ou bien si il était tellement faible que ces souvenirs s'infiltrait dans son esprit, il avait vite compris que ces sensations furtives, ces morceau de temps faisait partis de ce qu'Il avait fait subir au magicien blond. Son remord grandissait alors un peu plus, sans que le Ninja parvienne a se faire à l'idée que ce n'était pas vraiment sa faute.
Mais ces souvenirs de Fye au fil du temps, s'étaient mélangés a des fragrances de parfums féminins, de fesses rebondies, des odeurs d'alcool fort, et de chevelures brillantes. Il semblait à Kurogané que son autre prenait du bon temps, à ne plus savoir qu'en faire. Quand ces souvenirs qu'ils trouvaient sales et désobligeant se faisaient trop présents dans son esprit, il se concentrait sur une petite lueur bleue qu'il avait soigneusement emmitouflée dans un coin de sa tête.
Mais, sans savoir ce que cela signifiait, cette lueur bleue symbolisant son lien avec la réalité ternissait toujours un peu plus.
Des réclamations ? En bas, à gauche.
