Ailleurs...
Et pourtant ici...
Pensif...
Et pourtant concentré...
Beau...
Et pourtant inaccessible...
Tel que ça,
Il marchait...
Seul.
Unique.
Dans la rue.
Sous le ciel maussade.
Et gris.
Comme son humeur...
Pas de soleil ce jour là.
Pas de sourire ce jour là.
De mauvaises pensées.
Sombres.
Inutiles.
Et pourtant si présentes.
Et rien que d'y penser,
Ca lui fait mal.
A lui.
Alors pourquoi y pense t'il?
Parce qu'il n'a pas d'autre choix.
Parce qu'il a mal,
Et que rien ne changera ce sentiment.
Cette douleur.
Cette peine.
Son jumeau.
Il est...
Il est jaloux de lui.
Et ça se fait pas.
Parce que pourtant,
Ils ont tout en commun.
Tout semblable.
Du physique,
Aux pensées,
En passant par la richesse,
Les possessions.
L'âme.
Le bonheur.
La passion.
Passion qui les habite tous les deux.
Avec la même force,
La même importance.
Le même résultat.
Tout semblables.
Ils sont exactement pareil.
Et pourtant si différent.
Des engueulades de temps en temps.
Mais jamais jusqu'à ce point.
Là, lui, il est démoralisé.
Que faire?
Il en a marre.
De lui.
De sa vie.
Si son jumeau lui en veut à ce point,
C'est qu'il a fait une erreur.
Et alors, c'est de sa faute.
Mais bordel!
Lui, il pensait n'avoir rien fait.
Mais Bill, il peut pas se tromper.
Il peut pas le tromper.
Pas lui.
Pas son jumeau.
Pas Tom.
Parce qu'il se sont fait des promesses.
Et qu'une promesse est une promesse.
Et que Bill, il la tiendra jusqu'à la mort.
Bill, il peut pas avoir mentit.
Bill, c'est un ange.
Bill, il est adorable.
Et Tom, il aime tellement Bill qu'il veut surtout pas comprendre ce qui se passe.
Et Tom, il aime tellement Bill, qu'il se voile la face.
Il ne voit pas la vérité.
Et ne veux pas la voir.
Parce que Bill, c'est son jumeau.
Parce que Bill, c'est sa moitié.
Parce que Bill, c'est son double.
Parce que Bill c'est son frère.
Parce que Bill, c'est lui.
Et Tom, il comprends pas son jumeau.
C'est pas la première fois.
Mais c'est la plus importante.
Parce que Tom et Bill, là, il se sont battus.
Parce que Bill et Tom, ils se sont engueulés.
Parce que Tom à dit à Bill qu'il ne voulait plus le voir.
Et que Bill à dit à Tom qu'il voulait le voir disparaître de sa vie.
Alors Tom, il à disparut de sa vue.
Avant de disparaître de sa vie.
Parce que Tom, il voulait pas dire ce qu'il à dit.
Parce que Tom, il aime son frère.
Parce que Tom, ce que Bill lui à dit, ça lui à fait plus mal que n'importe quel coup donné avec la plus grande des forces.
Parce que Tom, ce que Bill lui reproche, il comprends pas.
Il comprends pas.
Alors pourquoi approuve-t-il?
Il comprends pas.
Alors pourquoi ne se défend-il pas?
Parce qu'il comprends pas justement.
Il comprends pas son jumeau.
Et ça le met mal à l'aise.
Première fois que c'est rendu à ce point.
Et Tom il saigne.
Il pleure.
Mais il pleut maintenant, alors personne ne peut voir ses larmes.
Ou personne n'y fait attention.
De toute façon, il s'en fout des autres.
Ce qui lui importe, c'est son frère.
Son jumeau.
Son âme et sa vie.
Son bonheur.
Bill, c'est tout pour Tom.
Tom, c'est aussi tout pour Bill,
Ça, il le sait.
Alors pourquoi il lui à dit ces choses?
Tom, il se dit que c'est que Bill est différent.
Ou qu'il à changé d'avis.
Parce que Bill, il est différent, ça Tom le sait.
Bill, il doit pas aimer Tom au même point que Tom aime Bill.
Et ça, ça fait encore plus mal à Tom.
Il souffre comme un malade ce Tom.
Il souffre, et y a personne pour le soigner.
Personne pour l'aider.
Personne pour le remonter.
Personne pour lui.
Personne.
D'ailleurs, c'est bien simple,
Dans la rue, grise, il voit des couples.
Des amis.
Des amoureux.
Et lui, il est là, seul.
Morne.
Triste.
D'ailleurs c'est bien simple.
Les gens, dans la rue, ils rayonnent de bonheur.
Tom, lui, il suffoque de malheur.
Il se dit qu'il à rien à foutre là.
Au milieux de ces appart miteux.
Et de cette pollution.
Au milieux de ces gens qui même s'ils ne sont pas seul, sont égoïstes.
Et volatiles.
Au milieux de cette flotte.
Froide.
Et inoffensive.
Au milieux de cette vie.
Et de cette hypocrisie ambiante.
Et Tom, il souffre de se sentir différent dans une société ou tout le monde doit être pareil.
Et Tom, il souffre d'être aussi malheureux.
Et Tom, il souffre de n'avoir aucune nouvelle de Bill sur son portable.
Alors Tom, il s'assoit sur un banc.
Marron.
Sale.
Avec des chiures d'oiseaux dessus.
Mais il s'en fout.
Il est plus à ça près.
Il s'assoit.
Il prends sa tête dans les mains,
Et Tom, il pleure.
Flot salé.
Des yeux,
Allant jusqu'à la bouche.
Pour s'écraser sur ses genoux.
Et Tom, il pleure.
Flot salé.
Poussière d'étoiles.
Poussière de malheur.
Poussière de tristesse.
Et Tom, il pleure pleure pleure.
Infiniment.
Il pleure.
Et il prend son portable.
Menu.
Messagerie.
Boite de réception.
Bill.
Bill.
Bill.
Bill.
Andreas.
David.
Andreas.
Andreas.
Andreas.
Gustav.
Georg.
Maman.
Maman.
David.
Bill.
Bill.
Bill.
Georg.
Maman.
Andreas.
Bill.
Bill.
Bill.
Andreas.
Bill.
Andreas.
Andreas.
Bill.
Bill.
Bill.
Bill.
Bill.
Bill.
Bill.
David.
Maman.
Andreas.
David.
David.
David.
Bill.
Bill.
Bill.
Bill.
Andreas.
Maman.
Et il pleure encore plus.
Bill.
Pourquoi il lui à dit ça.
"Vas t'en mourir dans ton coin, ça me dérangera pas."
"Dégage de là."
"Disparaît de ma vie connard."
Tout ça.
Et plus encore.
Tout ça.
Et tout ça,
Ça lui fait mal à Tom.
Couteau enfoncé dans la plaie.
Bill qui le remue.
Et Tom, du coup, il saigne.
Et il pleure.
Il éteint son portable.
Le regarde les yeux vides.
Et le balance par terre.
Débrits.
Morceaux de plastiques.
De verre.
Morceaux de portable.
Carte Sim.
Et Tom, il se sent pas le courage de la balancer à l'eau.
Alors, il la garde.
Dans sa main.
Serrée dedans.
Et Tom, il la met dans son médaillon.
Près du cœur.
Et Tom, il se relève.
Et il avance.
Tom, il marche.
Dans les rues.
On ne le regarde pas.
Les gens sont trop préoccupés par leur propre cas.
Leurs propres malheurs.
Alors un adolescent qui pleure, ça les dérange pas plus que ça.
Et Tom, il marche.
Inconnu.
Et vers une destination inconnue.
Il marche.
Et trouve un autre banc.
Alors, il s'y assoie.
Prends sa tête dans ses mains.
Et pleure.
Pour changer qu'il se dit.
Et il médite.
Il réfléchit.
Nostalgique.
De l'époque où son jumeau l'aimait encore.
De l'époque où ils n'étaient pas célèbres.
De l'époque où ils faisaient les 400 coups.
De l'époque où il voyait sa famille et ses proches tous les jours.
De l'époque où il était encore heureux.
D'une époque désormais révolue.
Bill.
Bill.
Mais pourquoi prononcer ce prénom,
L'entendre,
L'imaginer,
Lui fait aussi mal.
B.
Comme Brillant.
I.
Comme Intelligent.
L.
Comme Lucide.
L.
Comme Lui même.
Bill.
Son jumeau.
Son être.
Son âme et sa moitié.
Bill,
Ça lui fait mal.
Il saigne.
C'est de ta faute à toi.
Ou de tes mots.
Bill.
Ton frère,
Il en peut plus.
Crevé.
Mort.
Et il fera une connerie.
Il la fera si t'es pas la pour le soutenir.
Parce que Tom, il se dit que comme il t'a déçu.
Il n'a plus qu'a mourir.
Et si t'es pas là pour lui,
Le contredire,
Le charrier,
Et l'aider,
Il mettra fin à ses jours.
Tom,
Il en peut plus.
Il pleure.
Bill.
Maman.
Andreas.
Ses amis du collège.
Du lycée.
Les connards qui faisaient chier.
Tout ceux qu'il ne peut plus voir.
Sa maison.
Le lycée.
Le super marché.
Tout ce qu'il ne peut plus voir.
Et Tom,
Il repense à ses mots,
Parce que c'est la première chose qui lui vient en tête.
Et Tom,
Il repense à lui,
Parce que c'est à lui qu'il pense tout le temps.
Et Tom, il a mal.
Parce que la plaie ne veut pas se refermer.
Alors, il se relève.
Parce qu'il vient de remarquer qu'en face de lui, se trouve un kiosque à journaux.
Et que Bill, il est en première page de beaucoup d'entres eux.
Et Tom, il avance.
Il sait pas où,
Mais il marche.
Destination ignorée.
Et Tom, il arrête pas de pleurer.
Et il en a mal aux yeux à force.
Mais les larmes s'arrêtent pas de couler.
Elle filent toutes seules.
Animée de leur propre volonté.
Et Tom, ça le vide.
Il à l'impression qu'à chaque larme versée,
C'est un peu de vie qui sort de lui.
Et il se dit que si ça continue, il va se retrouver inanimé.
Par terre.
Et que ça dérangeras pas plus que ça les passants.
Ni Bill.
Ni lui.
Alors il se dit qu'il aimerait bien tomber maintenant.
Seulement, même s'il est vidé, il continue à avancer.
Ses jambes veulent pas s'arrêter.
D'ailleurs il a mal aux jambes aussi.
Décidément,
Il a mal partout.
Aux yeux,
A force d'essayer de retenir ses larmes.
Aux jambes,
A force de marcher.
A la tête,
A force de trop penser à son jumeau.
Au ventre,
A force de ne rien manger.
Aux mains,
A force de les serrer.
Au visage,
A force de sentir ses larmes couler.
A la bouche,
A force de trop la serrer pour ne pas crier au monde sa peine.
Au cœur,
A force de trop penser aux mots de Bill.
S'il en avait le courage, Tom, il gueulerait dans la rue.
Crie de rage.
De douleur.
De peine.
De tristesse.
De peur.
Peur du lendemain.
Peur de Bill.
Peur des autres.
Peur du monde.
Et surtout peur de lui.
Parce que s'il trouve le futur incertain et que ça lui fait peur,
Parce que s'il pense trop à la réaction de Bill et qu'elle lui fait peur,
Parce que s'il se trouve au milieux d'hypocrites et que ça lui fait peur,
Parce que s'il ne sait pas ce qu'est le monde, et qu'il lui fait peur,
Ce dont il a le plus peur,
C'est de lui.
Des ses larmes.
Ses mots.
Ses cris.
Ses mains.
Son cœur.
Parce que Tom, il peut être violent.
Et il se dit qu'il va finir par l'être avec lui même si ça continue.
Il se tapera jusqu'à saigner de partout.
Il se coupera jusqu'à être ouvert de partout.
Il se mordra jusqu'à être couvert d'hématomes.
Il pleurera jusqu'à creuser des sillons le long de ses joues.
Il préfère être violent avec lui même plutôt qu'avec Bill.
Et il re-pleure.
Parce qu'il à pensé à la source de ses meaux.
De ses problèmes.
De ses malheurs.
Et que ça lui fait mal.
Et ce qui lui fait encore plus mal,
C'est de se dire que c'est Bill la source de sa peine.
Alors que Bill, c'est son âme, et qu'il est rempli de gentillesse.
Alors Tom, il saigne, et il pleure.
Milliers de larmes qui coulent le long de son beau visage.
Milliers d'étoiles qui brillent le long des ses joues.
Milliers de poussière de vie qui sort de son corps.
Et le vide de son énergie.
Et il a mal.
Il veut oublier,
Mais le souvenir de son frère lui revient sans cesse à la mémoire.
Le bouffant.
Et il saigne.
A force de trop serrer la bouche, il s'est coupé.
Du sang coule des coins de sa bouche,
Se mêlant aux larmes.
Le sang se retrouve dilué.
Et sur le t-shirt blanc, des taches rouges font leur apparition.
Il ne les remarques pas tout de suite.
Quand enfin, il les voit, il se dit que c'est bel et bien son cœur qui saigne.
Illusion.
Il comprend tout de même qu'il ne s'agit que de sa bouche, pas de son cœur.
Mais il s'en fout.
La douleur qu'il ressent le change.
Et lui fait du bien.
Il oublie un peu son jumeau.
Il saigne, et ça lui fait mal.
De plus, il ressent un tiraillement au niveau du visage.
A force de trop pleurer.
Alors la douleur le force à serrer plus fort encore les poings.
Les ongles s'enfoncent dans sa peau.
Laissant des traces qui ne s'estompent pas.
Dans sa paume, il saigne un peu.
Et il ne s'en était pas rendu compte, mais il ne pleure plus.
Peut être sa réserve est elle épuisée.
Illusion de courte durée puisqu'il se remet à pleurer.
Il a oublié sa douleur un instant, pensé à ses larmes, et par association d'idées, à son frère.
Alors, il repleure.
Et se dit que jamais ça ne finira.
Il est destiné à pleurer éternellement.
Seul.
Sans personne.
Sans bras dans lesquels se réfugier.
Et ça lui fait mal.
De penser à tout ce qu'il n'aura plus le droit de voir.
De penser à tout ceux qu'il ne pourra plus regarder.
S'il fait cette connerie qui lui trotte dans la tête depuis quelques instants.
Il a peur.
Et pourtant, l'envie est forte.
Mais la peur le retient ici.
La peur est encore sa seule amie,
Le seul lien qui le retienne à la vie.
Puisque le fil invisible qui l'unissait à son jumeau à été coupé.
Il a l'impression que si sa main touche la peau devant le cœur,
Elle trouvera un fil,
Rompu.
Alors,
Inconsciemment,
Il tend le bras,
Le passe sous le t-shirt,
Et approche ses doigt de son cœur.
Mais il ne trouve rien.
Ne sens rien.
D'ailleurs, il ne sent même pas son cœur battre,
Sous la peau.
Dans ses veines,
Il se demande si le sang passe encore.
Préoccupation idiote.
Il sait très bien que si le sang ne circulait plus,
Si son cœur ne battait plus la cadence,
Il serait mort.
Mais l'illusion d'être différent le fait perdre un peu de sa raison.
De sa logique
Et de son bon sens.
Il regarde ses mains.
Ces mains qui ont si souvent tenue sa guitare.
Ces mains qui ont si souvent serré Bill.
Ces mains qui pourraient le tuer s'il en avait le courage.
Le courage.
Plutôt la lâcheté.
Il sait très bien au fond de lui que tout pourrait s'arranger.
Mais il ne veut pas se rabaisser à ça.
Lâcheté.
Il est lâche.
Et il préfèrerait mourir plutôt que d'avouer ses fautes.
Mais la encore, il est lâche.
Alors il à peur de passer à l'acte.
Il à peur de la réaction de ses proches.
Et puis aussi peur de laisser Bill seul.
Mais surtout peur de ce qu'il se passera après.
Alors, il oublie son idée.
La cache dans un endroit de son cerveau où il pense qu'elle se perdra.
Peine perdue.
La connerie revient et revient.
Il se dit qu'il a perdu les clef de son cerveau.
Que ce qu'il dit, ce qu'il fait,
Ce n'est pas lui qui le choisit.
Et ça le gêne.
Ça lui fait peur et ça le met mal à l'aise de se dire que quelqu'un d'autre,
Ou quelque chose d'autre
Contrôle ses faits et gestes,
Ses paroles,
Ses idées.
Et de se dire qu'il pourrait très bien le pousser à mettre fin à ses jours.
Et voilà que l'idée remonte.
Et revient à la surface.
Il la balaye.
Faisant de grands gestes de la main.
Elle s'en va.
Mais il sait qu'elle reviendra.
Elle le hante,
Et ne le lâchera pas.
Tout comme la vision de son jumeau lui prononçant ces mots,
Tout comme la vision de Bill seul,
Qui lui monte à le tête,
Et le fait pleurer de rage,
De tristesse,
Et d'incompréhension.
Poussières d'étoiles.
Poussières de malheur.
Malheur d'être comme il est.
Malheur d'avoir entendus les mots de Bill.
Malheur d'être aussi paumé qu'il l'est actuellement.
Et il secoue la tête.
Sa capuche est tombée il y a longtemps déjà.
Et il ne l'avait pas remarqué.
Ce qui fait que ses dreads sont trempées.
Il les secoues.
L'eau s'y raccroche.
Autre chose qu'il n'avait pas remarqué.
Il à froid.
Normal.
Maintenant,
Il pleut averse.
Et il y a du vent.
Il se dit que ça serait bien si le vent pouvait balayer toutes ses idées noires.
Mais il sait que ça n'est pas le cas.
Il a froid.
Il grelotte.
Il est en t-shirt, puisque son sweat, il l'a enlevé à un moment, dans sa colère,
Et qu'il a oublié de le reprendre.
Il est en baggy.
Heureusement pas, se dit- il, en caleçon.
Au moins un point positif.
Et lequel!
Bill.
Bill.
Il prononce son nom.
Du bout des lèvres.
En pleurant,
Il imagine son frère.
Et essaye de savoir ce qu'il est en train de faire.
Courir.
Il court.
Où,
Tom, il en sait rien,
Mais son frère court,
Ça il en est sur.
Bill,
Lui aussi doit être trempé.
Son maquillage aura coulé,
Ses fringues lui colleront à la peau.
Et il aura froid.
Parce que Bill, il est frileux, et que d'habitude,
C'est son jumeau qui le protège.
Mais là, pas de Tom.
Alors que fera Bill?
Il pleurera,
Et éternuera.
Et quand il rentrera à l'hôtel,
Parce que Bill,
Il rentre toujours,
Il aura un bon rhume.
C'est tout.
Tom, lui,
Il va errer dans la ville jusqu'à la nuit.
Dormir.
Dans une ruelle.
Faire le vide.
Le point.
C'est déjà ce qu'il à fait.
Et le résultat est plus que négatif.
Il a fait pleurer Bill.
Et ça, ça se pardonne pas.
Il a taper Bill,
Et si bien fait,
Que Bill s'est mis à le taper.
Et ça, c'est pas logique.
parce que Bill, il encaisse les coups,
Il les donne jamais.
Et Tom pleure,
Parce qu'il se dit qu'il à fait du mal à sa moitié.
Et son cœur saigne de le savoir blessé.
Et son âme s'agite de penser à Bill.
Tom pleure,
Il a mal.
Il s'assoit sur un banc.
Il remarque qu'il tourne en rond depuis l'après midi.
Parce qu'il voit par terre, devant le banc, des restes de portables.
Son portable.
Et pris d'une soudaine envie,
Il va dans un magasin de téléphonie mobile.
Demande un portable.
L'achète.
Et une fois dehors,
Hésite.
Mettra, mettra pas.
Sa carte sim.
Il hésite,
Puis, là met enfin.
Allume le portable.
Sonnerie.
Sonnerie.
Sonnerie.
Sonnerie.
Sonnerie.
Sonnerie.
Sonnerie.
Sonnerie.
Sonnerie.
Sonnerie.
Sonnerie.
Sonnerie.
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"Tom, c'est Andreas, on m'a prévenu. Ces quoi ces conneries? J'suis là, tu peux m'appeler quand tu veux.".
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"Tom, c'est David. Arrête tes conneries…".
Message supprimé.
Nouveau message, reçu aujourd'hui à 15h50.
"Tom, c'est encore moi, Andreas. J'suis dans l'appart, si tu veux passer, viens…".
Votre message sera sauvegardé pendant 7 jours.
Nouveau message, reçu aujourd'hui à 16h10.
"C'est toujours moi. J'ai pas de nouvelle de Bill, ni de toi, ça m'inquiète. Fais pas de connerie…".
Votre message sera sauvegardé pendant 7 jours.
Nouveau message, reçu aujourd'hui à 16h50.
"S'il te plait, Tom, répond moi. Je m'inquiète vraiment…"
Votre message sera sauvegardé pendant 7 jours."
Fin de l'appel.
Evidemment.
Pas de Bill.
Et Tom, il pleure encore plus, parce qu'il sait pas quoi faire.
Et qu'il sait pas où il en est rendu.
Bbbbbbbbbbbbrrrrrrrrrr.
Bbbbbbbbbbbbrrrrrrrrrr.
Nouvel appel : Andreas.
Ignorer.
…
1 nouveau message vocal.
888.
appel messagerie.
" Bonjour vous avez 1 nouveau message. Et 4 messages sauvegardés.
Pensez à archiver!
Nouveau message, reçu aujourd'hui à 17h30.
"Tom. T'exagère. Répond s'il te plait… bordel! C'est quoi vos …"
Votre message sera sauvegardé pendant 7 jours."
Fin de l'appel.
Tom pleure.
Sans relâche.
Et soudain, il a mal au cœur.
Serrement.
Pincement.
Il suffoque.
Puis, reprends ses esprits.
Il s'est passé quelque chose.
Bill.
"Bill."
Cri.
Inhumain.
Et Tom se met à courir.
Courir aussi vite qu'il le peut.
Il sait pas où.
Mais il suit son instinct.
Il traverse des rues en courant,
Ne regardant pas leur nom.
Il court, court.
Bbbbbbbbbbbbrrrrrrrrrr.
Bbbbbbbbbbbbrrrrrrrrrr.
Nouvel appel : Andreas.
Ignorer.
…
1 nouveau message vocal.
888.
appel messagerie.
" Bonjour vous avez 1 nouveau message. Et 5 messages sauvegardés.
Pensez à archiver!
Nouveau message, reçu aujourd'hui à 17h53.
"Tom, tom, C'est Andreas. Bill, il…"
Votre message sera…"
Fin de l'appel.
Tom, il en était sur.
Et maintenant,
Il pleure,
En plus d'être exténué.
Il pleure,
Pleure,
Et arrive sur la rue principale de Berlin.
Voitures à l'arrêt.
Accident.
Il accélère.
Andreas.
Regard.
Tom,
Paniqué.
Bill.
Par terre.
"Désolé grand frère."
Il est vivant.
Et tes larmes coulent toujours.
Plus et encore plus.
