Merci pour vos reviews ! Et on continue …

oOoOo

4 – Carson fit asseoir Elisabeth.

« Oui, je sais, ce n'est pas tout à fait ce à quoi nous nous attendions n'est-ce pas ? » Sa voix était fatiguée, comme si toute la tension des dix derniers jours s'était brutalement évaporée, ne laissant derrière elle qu'un organisme épuisé. Mais ce qui frappait avant tout, c'était son ton : soulagé. Et Elisabeth comprenait pourquoi.

Elisabeth hocha la tête.

« Que … Comment est-ce possible ? »

Carson soupira et entra en mode docteur.

« Notre plus gros problème en ce moment, c'est une hypothermie sévère, pas étonnant vu qu'il a du passer plusieurs jours dans la salle où il a été trouvé. Cela aurait pu être pire mais il a eu de la chance, si je puis dire. En ambiance froide, les vêtements, mêmes mouillés, limitent les fuites de chaleur. Son taux de glycémie est un peu bas mais un léger soluté glucosé devrait suffire à le relever. Il a quelques ecchymoses, mais rien de bien sérieux.»

Elisabeth leva les yeux vers Carson.

« Mais … ? »

Carson soupira.

« Lorsque les soldats McGowann et Reilly l'ont retrouvé, Rodney était sous perfusions. Plusieurs perfusions … Nous sommes en train d'analyser ce qui se trouvait dans ces dernières. A première vue, je dirais un petit coktail ... »

« Un … coktail ? »

« Oui, une camisole chimique si vous préférez. Plus efficace que les barreaux d'une prison mais ... » Il s'interrompit, fronçant les sourcils. Elisabeth remarqua sa mâchoire serrée.

« Mais, Carson ? »

Carson soupira.

« Mais cela peut aussi être dangereux si les doses sont trop fortes ou comme dans le cas de Rodney, si la personne est sujette à diverses allergies. Je fais toujours extrêmement attention aux traitements de Rodney. La moindre erreur … » Il secoua tristement la tête.

« Je vois. »

« Je ne peux rien promettre tant que j'ignore ce qu'il y avait exactement dans ces perfusions. »

Elisabeth se tourna à nouveau vers Rodney. Il avait l'air si pâle, si immobile, comme s'il était … Elle tendit la main vers son visage et l'effleura. Chaud. Vivant. Elle soupira. Il dormait c'était tout, seulement voir Rodney comme ça, silencieux, inerte, c'était si étrange. Rodney n'était jamais immobile, il était toujours en mouvement, il communiquait avec son corps : ses mains parlaient, son corps parlaient, son visage … tout son corps s'exprimait. En plus de sa bouche jamais en repos elle non plus. John lui avait souvent raconté que lorsqu'ils passaient la nuit sur une des planètes qu'ils exploraient, c'était lui qui partageait sa tente avec Rodney – à la demande insistante de Teyla et de Ronon, apparemment – et même la nuit, leur petit génie avait du mal à se mettre en mode « dodo » : il marmonnait dans son sommeil, bougeait avec son sac de couchage. John lui avait même raconté qu'un jour … oh Mon Dieu ! John !

« John ! Il doit savoir. J'avais promis de le contacter dès que j'en saurais plus. Quel soulagement cela va être pour lui, je --»

« Non Elisabeth. »

Elisabeth se tourna vers Kate qui venait de parler.

« Pardon ? Pourquoi ? L'idée qu'il ait pu tuer Rodney le rend fou, on ne peut pas --»

« Justement, c'est là le problème. Elisabeth, le Colonel Sheppard a eu l'occasion de raconter ce qui s'est passé à plusieurs personnes : Carson, le Major Lorne, moi et vous et, » Kate secoua la tête, « je n'ai rien soupçonné jusqu'à ce que Carson m'apprenne que Rodney était en vie. » Elle soupira puis reprit « J'ai récupéré toutes les auditions et maintenant, je crois que je sais ce qui se passe. »

Carson posa sa main sur l'épaule d'Elisabeth.

« Je crois que nous devrions continuer cette conversation dans mon bureau. »

oOoOo

Une fois qu'ils se furent tous les trois assis, Elisabeth se tourna vers Kate.

« Bien, expliquez-vous. Qu'est-ce qui ne collait pas, à part bien entendu, cette ridicule histoire de meurtre. Je pense que John a du concocter cette histoire parce qu'il se sent coupable de ne pas avoir pu empêcher ce qui est arrivé à Rodney, non ? »

Oh, oui, il y avait de la culpabilité chez chacun d'eux depuis Doranda. Ce qu'avait fait Rodney les avait tous mis en colère. Elle, John, Radek … ils avaient tous exprimé clairement leur désappointement. Et puis Rodney avait essayé, à sa façon maladroite d'asocial, d'arranger les choses. Elisabeth avait pardonné. Elle avait sa part de responsabilité dans ce qui était arrivé. Elle aurait du stopper tout ça dès la mort de Collins mais comme les autres, elle avait voulu y croire, elle avait voulu croire qu'ils avaient enfin trouver de quoi détruire les wraiths. Et elle avait cru en Rodney : ne les avait-il pas toujours sortis du pétrin ? Il avait sauvé Atlantis, plusieurs fois. Mais elle avait juste oublier que Rodney était humain et donc, faillible. Et il avait échoué. Non, ils avaient tous échoué. Ce qui c'était passé sur Doranda, ils en étaient collectivement responsables. Rodney avait juste été le bouc émissaire idéal.

Elle savait que John en voulait toujours à Rodney. Leurs relations avaient changé. Ils ne se voyaient que lors des briefings et des réunions officielles. Leurs échanges l'avaient toujours fait sourire : piques fraternelles, moqueuses mais marquées du sceau de l'amitié. Même ça, avait disparu, les piques étaient toujours là, mais elles visaient à blesser. Surtout celles de John. John qui en voulait toujours à Rodney … ou qui s'en voulait. Elisabeth soupçonnait que John, en sa qualité de responsable de la sécurité d'Atlantis, se reprochait tout ce qui tournait mal dans celle-ci. Et dieu sait que Doranda avait mal tourné ! La culpabilité le rongeait à petit feu, comme un acide.

Perdue dans ses pensées, Elisabeth sursauta lorsque Kate reprit ses explications.

« Non. C'est pire que ça, j'en ai peur. J'ai réécouté les différentes auditions du Colonel et … »

« Et ? Et bien quoi ? » Le regard d'Elisabeth allait de Carson à Kate, qui avaient l'air tous les deux encore plus inquiets que pour Rodney.

« Elisabeth, ses aveux, ils sont identiques, à chaque fois. Les mêmes descriptions, non seulement de la scène, mais aussi des sentiments qu'il a éprouvés en tirant. Les mêmes images expliquées pratiquement avec les mêmes mots, les mêmes expressions. Redire, dans des circonstances aussi différentes, exactement la même chose est impossible sauf si … »

Elisabeth termina sa phrase pour elle.

« Sauf si on a planté ces images, ces sentiments dans votre cerveau. »

TBC … Ooooh, lavage de cerveau, cool … euh, enfin, non pas cool, pas cool du tout parce que – héhé, vous pensiez que j'allais vous dire pourquoi, hein, bah non, faudra attendre la suite pour ça !

Note pour Charlie (et Cie) : C'est une fic GEN et qui le restera (j'ai eu envie d'une fic friendship et puis c'est franchement moins difficile à écrire )