Maiseuh, y'en a marre de ffnet tout cassé ! Je ne reçois aucune alerte, encore heureux que je passe régulièrement sur le site, sinon, je n'aurais pas lu vos gentilles reviews. Un autre petit chapitre, ça vous dit ?

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5 – Le bureau de Carson était devenu très silencieux. Elisabeth se leva.

« Ce que vous dites, c'est que quelqu'un à … quoi ? Fait subir un lavage de cerveau au Colonel Sheppard ? »

Elle n'en revenait pas, cela faisait si … si cliché ! Comme dans ces vieux films d'espionnage des années 60, lors de la guerre froide.

« Cela y ressemble fort en effet, » lui répondit Kate. « Je souhaite que Carson le réexamine. La première fois, nous pensions juste avoir affaire à un simple trauma physique. Cette fois, nous avons une autre piste à suivre. Plus complexe mais j'espère que nous trouverons quelque chose, sinon … »

« Sinon ? » demanda Elisabeth.

Kate soupira.

« Je pourrais essayer l'hypnose régressive, cela donne souvent d'excellents résultats. Espérons que l'examen physique nous en apprendra plus. »

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John fixait les murs de l'infirmerie. Il ne comprenait pas ce qu'il faisait là. Carson l'avait examiné le matin même. La fracture se rétablissait bien et les maux de tête avaient pratiquement disparu, alors quoi ?

Il avait été surpris lorsque Lorne était venu le chercher, lui expliquant que Beckett souhaitait faire un check-up complet. Il avait essayé d'argumenter. Bon sang, ce type était encore plus têtu que lui ! Lorne lui avait juste lancé un petit sourire et l'avait confié aux bons soins de deux Marines. Deux gamins … s'il avait voulu, il aurait pu … il aurait pu quoi ? S'échapper ? Leur faire la peau ? Oui. Il avait appris à tuer d'une bonne centaine de manière, avec n'importe quoi, de la cuiller à thé en passant par le bouton de manchette. Il aurait pu tenter quelque chose mais à quoi bon. Il méritait d'être jugé, enfermé et que l'on jette la clé au loin. Qu'on l'oublie. Parce qu'il était dangereux.

Il avait perdu la tête.

Peut-être était-ce dû au stress. Après tout, il n'avait jamais voulu ce poste, jamais souhaité avoir la responsabilité de la vie de près de deux cent personnes, la plupart civiles. Des scientifiques … Non dieu. Il avait tué Rodney !

Il regarda ses mains. Le sang. Il pouvait encore voir le sang. Il s'était lavé les mains avec l'eau de pluie, heureux qu'Atlantica efface la souillure provoquée par le sang de McKay. Il se rappelait de l'immense soulagement qu'il avait ressenti lorsqu'il avait balancé le corps dans l'eau. Il s'était penché pour le voir s'enfoncer et, sa besogne terminée, il avait repris le chemin de la Cité tout en sifflotant.

C'est en rentrant qu'il était tombé. La pluie verglacée avait transformé le quai en véritable patinoire. C'est là que l'équipe de Lorne l'avait retrouvé. Résultat des courses : léger traumatisme crânien et fracture du péroné (1). Un beau plâtre et des béquilles pour la fracture et du Paracétamol pour les maux de têtes. C'était tout …

Il avait tué Rodney et lui, il s'en tirait avec un plâtre en résine rose.

Il avait envie de pleurer, ou de hurler, ou de frapper quelque chose … parfois, les trois à la fois.

« Ah, Colonel. Voyons comment se porte cette tête, hein ? »

Avant qu'il ait eu le temps de dire quoique ce soit, Carson l'aveuglait déjà avec cet affreux petit stylo lampe qu'il affectionnait tant. Dès que la lumière toucha sa rétine, la douleur fut fulgurante. Il battit l'objet devant lui.

« Argh ! Bon sang Carson, qu'est-ce que vous cherchez à faire, me rendre aveugle ! »

« Hum, photosensible … »

Bravo, dix ans d'études pour ça ! Qui ne réagirait pas lorsqu'une source de lumière aveuglante était dirigée directement dans ses yeux.

« Bien, bien, maintenant … »

Et Carson passa en mode Beckett. John trouvait la différence vraiment étonnante : d'un côté, il y avait Carson, l'ami, l'écossais parfois un peu sensible mais loyal et de l'autre, le docteur Beckett, fiable et professionnel.

Et John savait qu'il ne pouvait se confier ni à l'un, ni à l'autre. Carson connaissait Rodney depuis l'Antarctique. Ils étaient -- avaient été amis. Quant au docteur Beckett, il avait vu ce que John avait fait.

John était seul.

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Une fois son examen clinique terminé, Carson confia John à une infirmière. Une mignonne petite rousse criblée de tâches de rousseurs. Son tag disait Chiara Munday. Elle devait faire partie du dernier contingent arrivé sur Atlantis par le Daedalus parce qu'il ne l'avait jamais vue. Il lui adressa un petit sourire. Elle lui prit quelques litres de sang. Rodney avait raison, le staff infirmier de Carson avait tout de vampires … Rodney.

Non, ne pas penser à ça. Il avait commis l'irréparable, maintenant, il devait assumer.

« Vous allez bien Colonel ? » La voix était pleine de compassion et John crut un moment qu'il allait craquer, là, face à une parfaite inconnue. Il secoua la tête. Non, vraiment, il allait super bien, il avait tué de sang-froid son meilleur ami, meilleur ami dont le corps devait se trouver quelque part dans cette foutue infirmerie. Franchement tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, non ?

Chiara se pencha vers lui, il leva la tête vers elle prête à la charmer pour qu'elle le laisse tranquille, il était un spécialiste, lorsqu'il la vit froncer les sourcils. Elle se pencha davantage et posa la main sur sa tempe. Surpris par son geste, il saisit son poignet.

« Hey ! »

« Monsieur, lâchez là. Maintenant. »

John tourna la tête vers le jeune Marine qui se trouvait il y a encore quelques secondes de cela près de la porte et qui maintenant le tenait en joue avec son 9mn. Pas aussi gamin que cela en fin de compte, se dit-il.

« Non, non, tout va bien soldat McGowann. Je crois … »

Chiara avait un large sourire sur les lèvres.

« … Je crois que j'ai une bonne nouvelle pour le docteur Beckett » puis elle se tourna vers John. « Et pour vous aussi Colonel. »

TBC (huhuhu, qu'a donc bien pu découvrir Chiara ? Mystère, mystère … sauf pour Miss Sheppard (damned !))

(1) Rigolo cette fracture, selon les médecins, soit on vous plâtre cinq semaines, soit on vous dit juste de faire attention. Bon, le péroné n'est pas un os porteur ce qui peut expliquer l'absence de plâtre, sauf sans doute lorsque votre fracture se double d'un problème de ligament ou d'une autre fracture genre tibia. Bref … c'était la minute doctissimo !