Merci à toutes pour vos reviews, vous êtes des anges ! Vlà une petite suite ...

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6 – Elisabeth entra en courant dans l'infirmerie. Carson l'avait fait appelée et c'était apparemment urgent. Elle l'avisa en grande conversation avec une de ses infirmières.

« Carson ? Un problème ? Rodney ? »

« Oh, non, non Elisabeth. Il semblerait que je n'ai que de bonnes nouvelles à vous annoncer, à commencer par le Colonel Sheppard, enfin, je pense que nous pouvons dire qu'il s'agit d'une bonne nouvelle, parce qu'au moins, maintenant nous savons dans quelle direction regar--»

Elisabeth l'interrompit. Elle aimait beaucoup Carson, vraiment, mais parfois il était juste si, si … impossible ! Son esprit se mettait à vagabonder au milieu d'une explication essentielle et vous vous retrouviez à attendre qu'il termine cette dernière pour avoir le fin mot de l'histoire.

« Carson. A l'essentiel, s'il vous plaît. »

« Oh, oui, bien sûr. » Il se tourna vers l'infirmière avec laquelle il était en train de discuter. « Chiara a trouvé la réponse à notre question : les Tok'Râ. »

Elisabeth fronça les sourcils, manifestement perdue.

« Les Tok'Râ ? Que viennent-ils faire dans cette histoire ? »

Chiara prit la parole.

« J'ai travaillé une dizaine d'années au SGC et la petite cicatrice que le Colonel Sheppard porte sur la tempe gauche correspond exactement à celle avec laquelle sont revenus les membres de SG1 après une de leur mission. Hathor avait utilisé sur eux un appareil qui a pour fonction de stimuler la mémoire d'un individu (2). »

Elisabeth se tourna vers Carson. Ce dernier tapota sur le clavier de l'ordinateur portable qui se trouvait sur la table près de lui.

« Dès que Chiara m'a parlé de cette cicatrice, j'ai fait quelques recherches et, » il pointa son doigt vers l'écran. « Voici un de ces stimulateurs mnémoniques. »

La photographie était celle d'un petit capteur de forme circulaire, gros comme un ongle.

« J'ai rééxaminé le Colonel Sheppard. Le coup qu'il a reçu sur la tête lors de sa chute sur le quai a caché la cicatrice et maintenant que l'hématome se résorbe, elle est bien visible. »

« De la technologie Tok'Râ … mais comment est-ce possible ! » s'exclama Elisabeth, abasourdie par de cette révélation pour le moins surprenante.

« Ca, je n'en ai pas la moindre idée. Par ailleurs, les comptes-rendus du SGC sur cette technologie ne parlent pas d'implantation de fausse mémoire. »

« Donc, nous avons affaire à de la technologie ToK'Râ trafiquée. »

Carson soupira, les yeux fixés sur l'écran de l'ordinateur.

« On le dirait bien oui, ce qui ne va pas nous faciliter la tâche. Lors de la mission dont parle Chiara, la mémoire des membres de SG1 a été manipulée de manière à ce qu'ils ne se rappellent pas l'embuscade dans laquelle ils étaient tombés en passant la Porte des Etoiles, ainsi que le sort de Teal'c, mais après leur retour au SGC, il ne semble pas qu'ils aient un jour retrouvé cette partie de leur mémoire. »

« Ce qui nous laisse où exactement ? » demanda Elisabeth.

« Je l'ignore, mais il se peut que nous ayons besoin de ce stimulateur mnémonique pour rétablir la vraie mémoire du Colonel, ou à tout le moins effacer les faux éléments qui y ont été implantés. En attendant, vous devez comprendre que pour lui, tout est vrai, ce qu'il a vu, fait, ressenti, tout est réel. Il va avoir besoin de notre aide Elisabeth … »

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John s'impatientait. Il avait déjà subi deux assauts de la part de Carson – traduction : examen complet de la tête aux pieds avec tout le grand jeu, scanner, RMI et tout le tralala. Il en avait assez de se les geler sur un lit d'infirmerie et que tout le monde le regarde en souriant niaisement comme s'il allait mourir !

Il soupira. Si seulement, si seulement … il n'avait pas envie de mourir mais il sentait qu'il aurait mourir après ce qu'il avait fait. Oui, il aurait

« Il va bien vous savez … »

John leva les yeux vers le gamin, un certain McGowann, le Marine « pas-si-gamin-que-ça-après-tout » qui le surveillait.

« Qui va bien ? Je ne --»

Le visage de McGowann s'illumina d'un large sourire.

« Oh, mais le docteur McKay bien sûr, Monsieur ! »

John se figea. Ok, il retirait tout ce qu'il avait pu pendant un quart de seconde penser de ce bleu, parce qu'il était manifestement privé d'un organe essentiel pour survivre dans la galaxie de Pégase, ou nulle part ailleurs d'ailleurs : un cerveau.

Rodney ne pouvait pas bien aller, pour la bonne raison que Rodney reposait par quelques centaines de milliers de km de fond. John devrait dire à Carson que ce n'était pas à lui de subir tous ces examens mais à la pauvre chose qui se trouvait au garde à vous devant lui. Avec un peu de chance, Carson retrouverait peut-être le cerveau manquant … Encore qu'il ne croyait pas trop aux miracles en ce moment.

« McGowann » grogna John, « je ne crois pas que --»

« Je peux vous mener à lui si vous voulez, je ne pense pas que le docteur Beckett y verra à redire maintenant que tout le monde sait la vérité, et puis comme c'est votre ami, c'est normal, non ? Je veux dire, si vous voulez le voir bien sûr, Monsieur. »

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Keith ne comprenait pas bien ces gens.

On lui avait d'abord vanté leur intelligence et il avait découvert Reilly, ensuite, on lui avait rabattu les oreilles des soi-disant sacro-saintes amitiés qui existaient dans les équipes SG, et que justement SGA1 n'avait rien à envier à la fameuse SG1 en la matière : amis, à la vie à la mort, un truc de ce genre. Et qu'est-ce qu'on lui offrait en lieu et place de Colonel O'Neill ? Le Colonel Sheppard qui n'avait même pas pris la peine d'aller voir McKay, un type qui était aux dires de tous, son meilleur pote !

Le docteur Beckett avait pourtant du lui dire qu'il était vivant et qu'il ne l'avait pas tué en fin de compte – même si Keith ne parvenait pas à tout piger de ce côté-là : comment pouvait on croire avoir tué quelqu'un ? – alors, qu'est-ce qu'il attendait l'ami loyal, hein ?

Keith réitéra néanmoins sa proposition.

« Il n'est pas très loin. » Il montra l'alcôve où était McKay de la main. « Je crois qu'il est toujours sous l'effet des drogues que ces salopards lui ont administrées, d'ailleurs c'est sur une saloperie de perfusion que j'ai glissé lorsqu'on l'a retrouvé et --»

Sheppard le regardait comme s'il venait de lui pousser une seconde tête.

Merde ! Il fallait qu'il fasse gaffe à ce qu'il disait et surtout avec qui il le disait. Ce type était son supérieur, un putain de Colonel et pas Reilly.

« Euh, je veux dire, euh, Monsieur. Si vous voulez, enfin, c'est comme vous voulez, Monsieur.»

Génial maintenant il se mettait à bégayer, voilà qui allait certainement arranger ses états de service.

Keith allait laisser Sheppard tranquille – après tout, c'était pas ses affaires tout ça, non ? – lorsque ce dernier finit par se lever. Il récupéra ses béquilles et fit quelques pas hésitants dans l'infirmerie puis se tourna vers Keith.

« Alors soldat, vous me montrer McKay ou pas ? »

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Non, John ne croyait pas aux miracles. En même temps, il avait envie d'y croire … juste une fois.

McGowann avait l'air tellement sûr de lui. Bien sûr, il devait se tromper. Il ne pouvait pas ne pas se tromper. Peut-être parlait-il tout simplement d'un autre patient. McGowann venait d'arriver, il ne devait même pas avoir rencontré McKay. Oui, c'était ça, juste une erreur … mais il y avait autre chose, quelque chose qui lui disait « et si c'était vrai ? Et si c'était Rodney derrière ce rideau, bien vivant ? Et si … ? » et cette petite voix se faisait fichtrement persistante.

Il fallait qu'il sache.

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Elisabeth poussa ce qui devait être son dix millième ,soupirs de la journée.

« Bien, un problème à résoudre à la fois et … Oh, et pour Rodney ? Vous m'avez dit que vous aviez deux bonnes nouvelles. »

Carson tapota une fois encore sur son ordinateur.

« Voilà le résultat des analyses effectuées sur le soluté. Comme je le pensais nous sommes bien face à un joli petit coktail : rohypnol, marijuana et xanax, le tout avec une pointe de curare ! Tout ce qu'il y a de plus terrien. »

Carson fulminait, poing serré, yeux fixés sur l'écran de l'ordinateur. Elisabeth pâlit en écoutant la liste du cocktail.

« Mon Dieu, le Rohypnol, ce n'est pas, une Date Rape Drug (3) ? Carson est-ce que … »

Elle laissa la question en suspens, incapable de la prononcer à voix haute.

« Non, non, il n'a pas été … » Carson soupira. « Non, Elisabeth. Avec ça, ses kidnappeurs s'assuraient juste qu'il reste inconscient ou trop faible et désorienté pour tenter quoique ce soit. Il devrait avoir expulsé tout ça de son système dans une vingtaine d'heures, nous aidons un peu à accélérer le processus avec un soluté salin. Je vais le garder sous moniteur cardiaque, à cause du curare, mais c'est juste une précaution, d'ailleurs je -- »

Un cri l'empêcha de terminer sa phrase.

TBC … Meuh qui c'est qui crie comme ça ?

(2) Saison 2, Après un long sommeil. Cette technologie réapparaît dans les épisodes les flammes de l'enfer (saison 3) et Chimères (saison 7). Félicitation à VLU et Miss Sheppard qui avaient trouvé !

(3) Ce petit « coktail », comme l'appelle Carson, est en effet parfois utilisé dans les crimes sexuels, notamment le viol. Le Rohypnol a comme effet, en plus de plonger la victime dans l'inconscience, d'induire des pertes de mémoire (idem pour la Kétamine). La marijuana (qui est souvent remplacé par de l'alcool) agit comme un désinhibiteur. Les effets anxiolytiques du xanax conduisant à rendre la victime plus malléable (idem avec un myorelaxant). Enfin, le curare, à faible dose, a des propriétés paralysantes. On parle de Date Rape Drug. Le tout est incolore et inodore. En boîte, ne buvez jamais dans un verre que l'on a pas servi devant vous ou que vous avez laissé sans surveillance mesdemoiselles, ok ? Après la minute Doctissimo, c'était la minute Maman veillant sur ses petits !