BONNE ANNEE ! Plein de bonnes choses, à toutes et à tous ...

oO Chapitre dédié à Korrigan, pour sa super gentille review du chapitre 7, mici madame !Oo

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8 – Rodney poussa un soupir et referma le dossier qu'il essayait en vain de lire depuis plus d'une heure. Son regard ne cessait de dévier sur la porte qui se trouvait de l'autre côté de l'infirmerie. La porte derrière laquelle se trouvait le colonel Sheppard.

Nouveau soupir.

Comprenant qu'il n'arriverait pas à travailler, il décida de fermer l'ordinateur. Windows XP refusa bien entendu de se fermer – Windows était décidément un sofware aussi sûr que les Géniis l'étaient comme alliés, ce qui n'était pas peu dire ! – et il dut se résoudre à l'éteindre manuellement. Il posa l'ordinateur portable près de lui et s'allongea.

Il avait instruction de ne pas se lever tant que les drogues qui lui avaient été administrées n'avaient pas définitivement quitté son organisme, en raison d'un éventuel « ceci ou cela » … il faut dire qu'il n'avait pas fait très attention à ce que lui avait dit Carson, encore sous le choc de ce qui s'était passé à son réveil.

Refaire surface en ayant l'impression d'avoir fumé la moquette était déjà déplaisant mais se faire secouer dans tous les sens comme un os dans la gueule d'un chien, là ça battait tout !

Et puis Carson lui avait expliqué. Tout.

Sheppard croyait qu'il l'avait tué. Non, il savait qu'il l'avait tué – exécuté par balles, corps jeté dans l'océan, charmant ! – et le voir vivant lui avait tout simplement fait perdre la tête.

Rodney frissonna. Il avait toujours eu peur de ça, des gens qui perdent pied avec la réalité, de ceux qui sombrent dans la folie. Son co-locataire à la fac avait été diagnostiqué schizophrène et il n'avait jamais pu mener à bien ses études. Il avait paru si normal et puis … et puis, il avait changé. Mais il s'agissait d'une pathologie et non d'un effet induit. Pas comme dans le cas de Sheppard : quelqu'un avait voulu lui faire croire qu'il avait tué Rodney.

Son regard se porta à nouveau vers la porte.

Carson lui avait expliqué que le Colonel avait subi l'équivalent Tok'Ra d'un lavage de cerveau et qu'il n'était donc pas responsable de ces actes. Pas responsable … sauf que … Rodney frissonna. Et si au plus profond de lui, c'était ce que Sheppard avait réellement voulu ? Se débarrasser de lui pour de bon, à cause de ce qu'il avait fait sur Doranda. Il avait failli le tuer là-bas, si Sheppard ne l'avait pas empoigné, ils seraient certainement morts tous les deux.

Il avait entendu deux infirmiers discuter entre eux. L'un d'eux soutenait qu'un lavage de cerveau, à l'instar de l'hypnose, ne peut pas conduire à obliger quelqu'un à agir contre ces convictions. Peut-être avait-il raison … peut-être que … Non. C'était ridicule. Sheppard lui en voulait, et il avait sans doute un peu raison mais de là à le supprimer.

Alors qui ? Et pourquoi ? Sheppard était-il le seul visé par ce qui apparaissait clairement être une machination ou bien Rodney était-il lui aussi concerné ? Avait-il été choisi comme victime au hasard ou pas ?

Bon sang, toutes ces questions dignes d'un roman d'Agatha Christie lui donnaient un horrible mal de tête. Rodney aimait les questions de type mathématique, scientifique, faciles à résoudre, pas celles comportant des facteurs humains pour lesquelles il n'avait aucun don.

Voyons, de quoi se rappelait-il ? Ce fichu cocktail, comme aimait à l'appeler Carson, lui avait vidé la tête. Pas moyen qu'il se rappelle la dernière semaine … une semaine, on lui avait volé une semaine de sa vie.

Et il voulait savoir qui et pourquoi.

Il ferma les yeux. Ok, on prend une large inspiration et on se concentre : sur quoi travaillait-il avant d'avoir disparu. Il se souvenait qu'une épidémie avait ravagé les rangs des techniciens et scientifiques d'Atlantis. Une maladie à boutons, un truc que les enfants attrapent, euh, ah oui, la varicelle. Ou bien était-ce la scarlatine ? Quoiqu'il en soit, ils avaient du se partager leurs tâches et il s'était retrouvé à vérifier l'inventaire de la dernière cargaison du Daedalus reparti il y avait une quinzaine de jours et … Rodney se figea.

Le Daedalus, de la technologie Tok'Ra … les deux étaient nécessairement liés : le ou les personnes qui avaient fait ça à Sheppard devaient être arrivées à bord du Daedalus lors de son dernier passage !

Rodney récupéra l'ordinateur et l'ouvrit fiévreusement. Il tenait une piste, il en était certain !

Et il y avait quelqu'un, avec qui il voulait partager cette découverte.

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John fixait le plafond en murmurant …

Rodney est vivant, je n'ai pas tué Rodney, Rodney est vivant, je n'ai pas tué Rodney.

Il ferma les yeux et répéta cette phrase, encore et encore. Peut-être qu'il finirait par y croire s'il le disait suffisamment de fois.

Carson et Heightmeyer lui avaient expliqué ce qui lui était arrivé, Carson avec sa douceur habituelle et Kate avec son côté psy-à-deux-balles plutôt horripilant, mais bon, au moins elle était mignonne. Et blonde, aurait immédiatement ajouté Rodney …

John se mordit les lèvres.

Rodney est vivant, vivant, vivant …

Il prit une large inspiration.

Lavage de cerveau, fausse mémoire, ToK'Ra … Bienvenue dans le monde de SG version John Le Carré. L'espion qui venait du froid n'avait plus qu'à se rhabiller devant l'espion qui venait d'une autre galaxie.

Espion … Elisabeth était sûre d'elle, il y avait un ennemi parmi eux, quelqu'un qui s'était infiltré dans leur rang et qui leur avait fait ça.

Rodney est vivant, je ne l'ai pas tué, vivant, il est vivant …

Et John comptait bien le retrouver et lui faire payer cher son petit jeu.

Carson et Heightmeyer avaient été on ne peut plus clair : sa petite réaction de ce matin était la preuve que la petite manipulation dont il avait été l'objet ne s'effacerait pas si facilement. Il savait que Rodney était en vie, il l'avait vu de ses yeux et pourtant son cerveau criait « non, c'est faux, je l'ai tué ! ». Et il avait une sacrée voix de ténor …

John poussa un soupir. Heightmeyer lui avait dit qu'en attendant d'en savoir un peu plus sur les stimulateurs mnémoniques, ils allaient travailler ensemble sur la « reconstruction » des évènements, en remplaçant le faux par le vrai. D'où les exercices : répéter la vérité, des dizaines, des centaines de fois, comme un écolier puni.

Toc, Toc.

John fronça les sourcils. Et poussa un énième soupir. Ce devait être Chiara qui venait demander son petit litre de sang quotidien. Elle repartait généralement avec une demi douzaine de petits tubes.

« Euh, Colonel ? Vous êtes réveillé ? » fit une voix masculine, une voix qu'il connaissait bien, une voix qui appartenait à un mor-- non.

Rodney est en vie, en vie, en vie …

… Et il était manifestement devant la porte de sa chambre.

John s'immobilisa dans son lit, le sang qui affluait dans ses tempes lui donnait mal à la tête, et son cœur s'affolait. Il ferma les yeux.

« McK-- » sa voix flancha. Ok, il pouvait le faire, parce qu'il n'y avait aucun problème, aucun problème du tout. Il parlait à un ami, un ami vivant. « McKay ? »

« Oh, vous êtes réveillé ! » s'exclama Rodney. « Parfait, je crois que j'ai trouvé quelque chose ! »

Oui, c'était bien la voix de McKay, vibrante, excitée par la découv--

John cria une fois encore son nom : « MCKAY ! MCKAY ! » Le vent et la pluie couvraient ses appels. Ce n'était pas un vrai problème, il savait que McKay ne se montrerait pas. Il savait qu'il lui faudrait aller le chercher là où il se terrait comme le lâche qu'il était. Il sourit. Il se sentait l'âme d'un chasseur …

John poussa un gémissement et porta ses mains à sa tête. Il entendit la voix inquiète de McKay l'appeler.

« Colonel ! Vous allez bien ! Colonel ! »

John reprit doucement sa respiration. Le flash-back avait été intense. Ok, il lui faudrait peut-être un peu plus que la récitation de mantras pour se convaincre que les images qu'il avait dans la tête avaient été fabriquées, que tout était faux.

« Colonel ? »

Rodney tambourinait à la porte.

« Oui, oui. Ca va. »

« Oh, bien, bien. J'ai cru que … » John entendit le soupir que poussa Rodney malgré l'épaisseur de la porte. « Ce n'était pas une très bonne idée, hein ? »

John débattit un moment avec lui-même, devait-il mentir ou dire la vérité, avant d'opter pour la vérité. Au point où il en était …

« Non. Pas vraiment. »

Silence, suivi d'un autre soupir toujours étouffé par la porte.

« Je … je vais vous laisser. »

John formula sa réponse en grinçant des dents.

« Oui, c'est ça. »

« Je reviendrais un peu plus tard … »

Cette fois, John ne répondit pas. Le simple fait d'avoir échangé ces quelques mots avec un homme qu'il était persuadé, non, qu'il savait avoir tué, lui donnait le vertige. Il se sentait malade.

Comment allait-il faire pour se sortir de ce merdier s'il ne pouvait même pas faire face à la réalité ?

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L'homme aurait bien volontiers éclaté de rire s'il ne s'était trouvé entouré de personnes présentement peu enclines à s'amuser. La plupart étaient des amis des pauuuuuvres Colonel Sheppard et Docteur McKay. Ah, l'amitié, quelle chose merveilleuse, non ?

Il gloussa. Ses collègues se tournèrent vers lui et il dut se retenir d'exploser franchement.

C'était tout simplement plus fort que lui. McKay avait voulu se confier à son meilleur ami et ce faisant, il n'avait fait qu'augmenter le pouvoir de la suggestion qu'il avait si gentiment implantée avec les stimulateurs mnémoniques.

L'homme se leva, et sortit de la pièce. Arrivé dans leur petit « coin cuisine », il prit une des tasses de café qui se trouvaient sur l'évier et se versa un café bien chaud.

Ses clients allaient être contents, il avait décidé d'accélérer un peu les choses. Il leur livrerait la marchandise après demain, mais pour cela … Il vida sa tasse et se dirigea vers son casier. Il farfouilla quelques minutes dedans et en ressortit un petit étui noir. Il l'ouvrit et caressa les deux stimulateurs mnémoniques qui reposaient gentiment dedans.

Yep, il était temps de mettre fin à cette mission.

Dommage pour le Colonel Sheppard, non ?

TBC … meuh, keskilvafaire celui-là ! L'une d'entre vous l'a déjà à moitié deviné …