Merci pour vos reviews Mesdemoiselles, voici une toute petite suite pour les impatientes …

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11 – Keith n'en revenait pas de sa malchance. Il devait être la victime d'une malédiction. Mais pourquoi avait-il accepté de rejoindre le SGC, hein, pourquoi ?

Dire qu'il aurait pu être gentiment stationné dans une base américaine, peut-être en Europe. Il avait toujours rêvé de voyager, c'était d'ailleurs une des raisons pour lesquelles il avait choisi une carrière militaire. Et ça pour voyager, il avait voyagé ! Il n'avait pas changé de continent, non, juste de galaxie … une galaxie de fous !

Il soupira. Au moins, le docteur Beckett l'avait laissé sortir. Keith n'avait jamais pris de somnifère et maintenant qu'il y avait – bien involontairement – goûté, il se demandait comment les gens faisaient pour prendre ces trucs. Il avait l'impression d'être dans le potage, quelque chose de pas frais avait élu domicile dans sa bouche et son cerveau devait ressembler à celui de Archie. Bref, que du plaisir …

Il allait prendre la douche la plus longue de toute son existence, se mettre un vieux DVD – Casablanca avec Bogart et Bergman ferait parfaitement l'affaire – et essayer d'oublier il était, juste pendant quelques heures et --

Un gémissement provenant du couloir devant lui, interrompit ses pensées. Il porta immédiatement la main à son holster et avança prudemment vers l'origine des plaintes. Ce qu'il vit le stoppa net. Après quelques secondes de surprise, il reprit ses esprits et leva son arme vers l'homme qui se tenait là.

« Lâchez ce couteau. »

L'homme ne réagit pas.

« LACHEZ. CE. COUTEAU. »

L'homme tourna la tête vers lui et le fixa comme s'il venait de découvrir sa présence.

Keith redoutait ce qui allait se passer s'il n'obéissait pas. Il n'aurait pas d'autre choix que de tirer … Mais l'homme, comme un automate, se baissa et posa son arme par terre.

« Bien, maintenant, mettez vos mains derrière votre nuque. Sans geste brusque. »

L'homme s'agenouilla et s'exécuta mais il s'immobilisa soudainement, les yeux fixés sur ses mains.

Des mains pleines de sang.

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Le sang coulait …

Ses vêtements en étaient saturés. Carson leur avait tous donné des cours de secourisme, Rodney aurait pu faire quelque chose pour stopper l'hémorragie, utiliser ce qui restait de sa robe de chambre pour en faire un bandage.

Le sang coulait …

Sur les bords de la blessure courrant sur toute la longueur de son avant bras, le sang commençait à coaguler, mais ses gestes, désordonnées et désespérés, déchiraient sans cesse les croûtes qui se formaient là.

Le sang coulait …

Il ne s'agissait pas d'une éraflure, ou d'une simple estafilade, non. La lame avait touché l'os. Il l'avait sentie. Et il avait hurlé de douleur.

Le sang coulait mais Rodney ne sentait pas le fluide, chaud et visqueux, sur son bras, ses mains, ses vêtements, pas plus qu'il ne sentait la douleur de la blessure que Sheppard lui avait infligée. Les pensées, chaotiques, se bousculaient dans sa tête.

S'échapper, sortir de là, si noir, trop chaud, plus d'oxygène, je suffoque, non ! si étroit, si sombre … sortir de là, sortir de là, sortir ….

Rodney, toujours sous l'emprise de la drogue qui lui avait été administrée, n'avait même pas bougé lorsque Sheppard avait agrippé son bras. Le militaire avait remonté sa manche, doucement, s'amusant de l'effet produit par ce geste sur Rodney qui s'était mis à trembler en débitant un chapelet de « non ! » aussi pathétique qu'inefficace. Il avait appliqué la lame sur la peau, juste comme une caresse et puis, il avait trouvé la cicatrice. Celle laissée là par une autre lame, un an plus tôt … et il avait enfoncé le couteau, retraçant la blessure à l'identique.

Mais la torture ne s'était pas arrêtée là. Non, le pire ç'avait été ce qui s'était passé après.

Sheppard avait appuyé sur la blessure, et Rodney avait regardé, fasciné, le sang, son sang, se répandre sur les mains de Sheppard, jusqu'à ce qu'elles soient rouges, comme s'il s'était lavé avec. Rodney avait juste poussé des gémissements, incapable de vocaliser sa terreur et son dégoût.

Et puis, Sheppard l'avait enfermé ici.

Tout s'était passé si vite ! Il l'avait poussé vers un des coins de la pièce et ils s'étaient retrouvés devant ce qui ressemblait à une sorte d'armoire. Sheppard avait tapoté sur le petit clavier qui se trouvait sur un pan de celle-ci et la porte s'était ouverte. Le cerveau de Rodney avait juste eu le temps d'enregistrer que c'était la seule pièce de mobilier qui paraissait neuve, avant que Sheppard ne le pousse dedans et ne referme la porte. Rodney avait entendu le clic-clic des touches du clavier, puis un clonk sonore. Et il s'était retrouvé seul.

Enfermé.

Dans le noir.

Il était resté un moment à fixer la porte devant lui, ou du moins, il savait que la porte devait se trouver devant lui parce qu'il était plongé dans une obscurité totale. Il avait posé sa paume sur le métal. Il avait imploré Sheppard de le laisser sortir mais tout ce qu'il avait entendu ç'avait été son rire. Le rire d'un dément …

Et maintenant encore, Rodney continuait de frapper les parois, hurlant pour que Sheppard le délivre. Les coups répétés avaient provoqué des fractures, ses mains étaient boursouflées, couvertes d'ecchymoses, ses ongles étaient en sang mais il ne ressentait rien.

Les parois … elles se rapprochaient, menaçant de l'écraser et l'air … il porta la main à sa gorge, ouvrant et fermant la bouche, incapable d'inspirer … l'air commençait à manquer … il se mit à hyperventiler et tomba lourdement à genoux.

Il continuait à frapper, encore et encore, ses coups de plus en plus faibles, sa respiration de plus en plus difficile, jusqu'à ce que l'obscurité et la panique aient enfin raison de lui.

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John était resté devant le caisson, immobile, les bras le long du corps, le couteau ensanglanté toujours dans les mains. Il avait écouté McKay l'implorer de le relâcher. Et puis les coups avaient commencé. Ses plaintes s'étaient muées en hurlements, sa voix de plus en plus rauque, jusqu'à ce qu'un lourd silence s'installe. Il avait alors hoché la tête.

Sa mission était accomplie.

Il avait essuyé le couteau sur son pantalon et était retourné au transporteur. Lorsqu'il en était sorti, il s'était retrouvé nez à nez avec un 9mn, les mains en sang, la tête au bord de l'explosion …

Et incapable de se souvenir de ce qui s'était passé.

TBC … retour à la case départ ? Je vous avais dit que ce serait pire, non ? Mais pas d'inquiétude, ça va aller mieux … bientôt !