Avant dernier chapitre ! Suite commencée … yep, je suis irrécupérable. En revanche, j'hésite sur la nature GEN ou SLASH de la dite suite. Un conseil à me donner, hein ?

oOEncore une petite dédicace pour VLU : j'espère que mon Carson te plaira dans ce chapitre …Oo

16 – Keith sentait l'excitation monter. Ce n'était pas tant qu'il avait l'habitude de ce type de maneouvre, il n'avait pas été si souvent que cela sur le terrain, sur Terre, juste quelques opérations de sauvetage, dont une civile après le passage de Katrina sur la Nouvelle Orléans, mais l'excitation était la même. Une petite balle qui monte et redescend de votre estomac à votre gorge, qui vous rend différent, vous donnant un sentiment d'immortalité. Du moins c'était ce que lui ressentait mais il supposait que chaque soldat devait ressentir quelque chose de différent.

Le Major Lorne suivait les instructions silencieuses du Colonel Sheppard alors même que ce dernier ne semblait pas franchement des plus fiables. Longs séjours à l'infirmerie et suspicions, soit de meurtre, soit de folie, ça ne donne pas forcément super confiance, non ? Et pourtant les six hommes qui étaient là étaient bien décidés à suivre sans broncher leur leader. Ca devait être ça le fameux miracle des équipes SG, se dit Keith.

Sheppard examinait son détecteur et se leva, doucement, il fit quelques signes à Lorne qui lui répondit avec un petit sourire et se tourna vers ses hommes qui se mirent en place immédiatement de chaque côté de la porte.

Keith se sentait comme un étranger, un observateur mais c'était après tout quelque chose qu'il avait eu envie de voir depuis son arrivée ici, depuis qu'il avait intégré le SGC en fait. La cohésion et l'amitié. Il sourit.

Sheppard lui fit un petit signe indiquant qu'il voulait qu'il se place à ses côtés. Keith aurait volontiers rougi de plaisir à l'idée que le Colonel lui fasse suffisamment confiance pour ça mais il était avant tout un pro. et il se contenta d'obéir, calant fermement son P-90 contre son épaule.

Sheppard jeta un dernier regard à ses hommes pour vérifier qu'ils étaient tous en place puis il posa sa paume sur le système d'ouverture de la porte.

oOoOo

La première chose que keith remarqua lorsque la porte s'ouvrit, ce fut la chaleur. La pièce où ils avaient trouvé McKay la première fois, Archie et lui, avait été glaciale, mais là, c'était l'étuve ! La différence de température entre la pièce et le couloir produisait des petites volutes de fumées, un peu comme au hammam.

La seconde chose c'était que McKay était une fois encore par terre. Mais cette fois, la vision était un peu plus brutale. La pièce était baigné dans une lumière bleutée et semblait éclairer spécialement ce qui se trouvait en son centre. A première vue, c'était une boîte, en métal, oblongue et terriblement familière …

Un cercueil.

Les militaires formaient un cercle autour du cercueil et, comme si le temps s'était interrompu, fixaient ce qui se trouvait à l'intérieur, paralysés.

Hu, la scène était vraiment bizarre, un peu comme dans un de ces films fantastiques, avec les volutes de fumée et la lumière bleue. Super, super bizarre, pensa Keith. Il fut le premier à réagir et à s'agenouiller près du cercueil. Il posa sa main sur le cou de McKay.

oOoOo

Non, non, non, non … Si. Regarde ce que tu as fait, ce dont tu es responsable.

Si la conscience était une personne, John aurait volontiers étranglée la sienne ….

Tu vois, tu es juste capable de cela ! Des pensées violentes, la soif de tuer, toujours et encore.

Où plutôt, il l'étoufferait avec un oreiller. Un de ceux qu'on lui fournirait dans l'asile où il serait gentiment enfermé s'il ne reprenait pas immédiatement ses esprits ! Entendre des voix est généralement une très, très mauvais chose …

John ferma les yeux. Il aurait aimé secouer la tête mais son corps semblait ne pas vouloir lui obéir. Génial, son corps se rebellait et sa conscience jouait les Jiminy Cricket (9) ! Lorsqu'il rouvrit les yeux, la scène devant lui était toujours la même.

McKay, allongé, immobile dans un cercueil, son visage baigné d'une lumière bleu pâle. A moins que cela ne soit sa peau qui ne soit … non, pas sa peau, cela voudrait dire qu'ils étaient arrivés trop tard et ça, c'était inacceptable.

John vit McGowann se pencher vers McKay, il vit son doigt se poser sur la carotide du scientifique, il vit le visage du jeune Marine se lever vers lui et il vit son sourire.

« Il est en vie. »

Cette simple phrase agit comme un détonateur sur tous les hommes présents dans la pièce qui se trouvèrent soudain libérés de leur étrange paralysie. Lorne contacta Beckett se retenant à peine de hurler dans son communicateur, pendant que les autres Marines se déployaient dans la pièce.

Seul John était resté à la même place.

« Il est en vie, le pouls est un peu rapide … il y a du sang sur sa manche mais la blessure ne saigne plus … »

John entendait les mots que prononçaient Lorne qui discutait avec Carson mais il ne parvenait pas à réconcilier ce qu'il disait avec ce qu'il voyait.

McKay, mort …

Une main se posa sur son épaule et le fit sursauter.

« Monsieur ? »

… son visage blanc et crayeux …

« Je crois que vous devriez me suivre … »

… ses lèvres bleues, comme cyanosées …

« Venez, on va sortir de là et … »

Et il comprit ce qui se passait.

« Réaction anaphylactique ! »

Lorne, toujours assis près de McKay, leva des yeux écarquillés vers lui.

« Quoi ? »

Avec un grognement, John se jeta sur Lorne, déchirant avec force un des scratch fermant une des multiples poches de sa TackVest. Il en sortit une capsule oblongue qu'il décapsula des dents révélant une longue aiguille. Il plongea celle-ci dans la jambe de McKay. Lorne poussa un juron et se remit à parler, avec encore plus d'animation, à Beckett.

John tenait l'EpiPen dans son poing, toujours fermement plantée dans la cuisse de McKay. Il était incapable de bouger, en fait, le simple fait de respirer lui semblait une tâche digne des douze travaux d'Hercule. Il attendait … un signe, un simple signe. Et il fut récompensé de son attente en voyant les lèvres de McKay changer de couleur pour retrouver une teinte rosée.

« Colonel ? »

Il connaissait cette voix. Cet accent. Ecossais. Duncan McLéod, du clan des McLéod … huuuu, non, on se concentre … ça c'était de la fiction et cette voix était on ne peut plus réelle. La voix de la raison. Sa conscience ?

« Colonel … John ? Tout va bien aller maintenant. Vous lui avez sauvé la vie. Venez … »

Et John décida qu'il était temps de suivre sa conscience cette fois, celle qui lui soufflait qu'il fallait qu'il dorme … Il lâcha la seringue et ferma les yeux.

oOoOo

Lorsqu'il rouvrit les yeux, John se trouvait – O surprise ! – à l'infirmerie. Il avait la bouche pâteuse et se sentait aussi mou que des marshmallows. Verdict : il avait été drogué. Il détestait ça. Ca devait encore être un coup de ce satané éco --

« Ah Colonel ! Quel plaisir de vous voir enfin réveillé. »

John tourna les yeux vers la voix de son Jiminy Cricket.

« Carson ? »

Yep, voix rauque et éraillée. Pas de chanson sous la douche pour aujourd'hui.

« Huhu, un peu d'eau fraîche vous ferait-il plaisir ? »

Oula, voix doucereuse, égale Carson dangereux … Bon, Ok, il avait un peu beaucoup été trèèèèèèèèèèès désagréable lors de son dernier passage pour obliger le pauvre Carson à le libérer. Il n'avait pas menti à Elisabeth à propos des menaces de démission des infirmières …

« Euh, oui, merci Carson. »

Carson lui tapota l'épaule et lui sourit. Il disparut quelques minutes de son champ de vision et en revint avec un verre. En plastique. Avec une paille. Carson posa sa main sous sa nuque et lui releva doucement la tête pour l'aider à boire. Humiliant. Mais John savait quand se battre et quand il était préférable de capituler, quelque chose que Rodney ferait bien d'apprendre, ce fichu canadien ne savait jamais quand s'avouer vain-- OhMonDieu. Rodney !

John faillit s'étrangler et recracha l'eau qu'il venait d'avaler de travers. Carson émit un petit ttttt réprobateur et lui essuya le menton, puis il s'installa sur le haut tabouret près du lit et attendit un moment avant de parler.

« Colonel, vous allez devoir rester parmi nous quelques jours, séjour que vous auriez pu éviter si vous aviez été un peu plus … coopératif. En attendant, Sandra et Célia vont être aux petits pour vous ... »

Euh, il se souvenait vaguement de ces deux prénoms : c'était celui du médecin et de l'infirmière qu'il avait fait tourner en bourrique quelques jours plus tôt. Ce passage à l'infirmerie allait s'avérer long, très long …

« Vous lui avez sauvé la vie vous savez. »

John fronça les sourcils et leva les yeux vers Carson.

« Rodney. Vous lui avez sauvé la vie, dans tous les sens du terme. »

Carson se leva et John le suivit des yeux. Le médecin était allé chercher quelque chose qui se trouvait sur une table près de la porte. Il revint vers John et posa l'objet sur les genoux de celui-ci. John le prit dans ses mains. Il s'agissait d'une TackVest.

« J'ignorais que vous aviez donné l'ordre aux leaders de toutes les équipes SGA de s'équiper d'EpiPen. Ca a sauvé la vie de Rodney, ça et le fait que vous ayez reconnu les symptômes d'un choc anaphylactique. »

John caressa distraitement la poche où s'était trouvée la capsule d'épinéphrine.

« Il va s'en remettre. Son kidnappeur a forcé la dose sur les sédatifs et Rodney nous a fait une petite réaction allergique. Je dois avouer qu'il nous a fait une belle frayeur. Vous aussi d'ailleurs, vous n'étiez pas tout à fait dans votre état normal, refusant de nous laissez accéder à Rodney. Sandra a jugé bon de vous administrer un léger sédatif. »

John hocha juste la tête, son regard toujours fixé sur la TackVest. Celle de Lorne apparemment. Il entendit Carson poussé un soupir suivi de ce qui ressemblait à un juron. En gaélique comme d'habitude.

« Bloody Hell ! » Humpf, pas qu'en gaélique les injures pensa John. « Cessez de vous conduire en victime gémissante Colonel, cela ne vous pas, et franchement nous n'avons pas besoin de ça. Alors je vais vous le redire une seule fois en espérant que cela finisse par entrer une fois pour toute : il va bien, vous allez bien et nous avons besoin de vous deux pour coincer le saligaud qui a fait ça ! Kate pense qu'il ne faut pas vous bousculer pour le moment. RIDICULE ! CA-SUFFIT ! Stop aux récriminations et autres stupides idées d'auto flagellations que je devine dans votre caboche d'américain borné ! »

John leva des yeux grands comme des soucoupes, accompagnés d'une mâchoire fort étonnée elle aussi comme l'indiquait sa bouche grande ouverte. Jamais il n'avait entendu Carson parler comme ça à l'un de ses patients.

« Vous allez me faire le plaisir de vous conduire en adulte responsable. Nous avons un méchant à attraper, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, Rodney a été enlevé, séquestré et malmené deux fois en moins de quinze jours, et je ne parle pas de ce qui vous est arrivé à vous … Il faut arrêter ces malades avant qu'ils ne réussissent, quels que soient leurs plans. Je vais voir si votre dîner est prêt et vous allez le manger, entièrement, après Célia viendra vous border et vous serez charmant avec elle et demain … demain, nous aurons une petite discussion, Elisabeth, Zélenka, vous et moi. A midi, nous aurons un plan d'attaque et j'espère que ces ordures seront sous les verrous pour le souper ! »

John, sa mâchoire toujours pendante, regarda Carson se lever, blouse blanche au vent. Il resta un moment à fixer la porte derrière laquelle le médecin avait disparu.

Woaou. C'était décidé, il ne se mettrait plus jamais à dos l'écossais.

Ce type était vraiment dangereux.

TBC …