Merci pour vos reviews Mesdemoiselles ! Dernier chapitre …

oO Chapitre dédié aux fans de Nounours, un héros pas comme les autres Oo

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17 – Beckett était d'une humeur de chien, ce qui était assez rare mais tombait plutôt mal. Tout son staff frôlait les murs, évitant soigneusement de tomber sous son regard réprobateur.

Merde, merde, merde comme diraient les français ! Ca tombait super mal. Il fallait qu'il approche McKay et là, c'était coton. Déjà, il y avait un garde – le même gamin testostéroné qu'il avait déjà gentiment envoyé au royaume de Morphée la première fois, à croire que ces types ne faisaient confiance qu'à des loosers – et surtout il y avait Beckett, brusquement transformé en Cerbère.

C'était bien sa veine … seulement, il fallait qu'il agisse et vite. La belle Heightmeyer ne lui pardonnerait pas un second échec. Il caressa le petit flacon qu'elle lui avait remis et sourit. Yep, cette fille était dangereuse mais aussi sacrément futée.

Flash back

« Tenez » lui dit-elle en lui remettant un flacon. Il secoua la petite bouteille de verre brun. Pas d'étiquette. Il fronça les sourcils.

Heightmeyer lui sourit. « LSD. Vieux comme le monde mais diablement efficace » précisa t-elle. « Vous vous débrouillez pour en verser dans son eau, sa nourriture. Quelques gouttes lui feront voir des éléphants roses ou des wraiths en tutu. Un tiers du flacon et là c'est la crise délirante. A vous de voir … »

Fin Flash back

Il lui fallait une diversion. Une belle diversion. Et puis, il avait envie de faire une pierre deux coups : se débarrasser de Sheppard serait un bonus. Il allait perdre une belle commission à cause de lui et de McKay. Les savoir morts tous les deux lui remonterait le moral.

Il ouvrit le flacon …

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John était nerveux. Et furieux … encore qu'il n'y pouvait pas grand-chose. Il soupira et reposa sa tête sur son oreiller, sa main droite sous ce dernier, serrée sur son 9mn, ses yeux fixés sur le plafond.

Beckett avait tenu sa promesse. Ils avaient eu leur petit meeting. Dans le plus grand secret. Elisabeth, Zelenka, Carson et lui. Un petit soviet. Une grande décision. La plus stupide et la plus folle qu'il ait jamais été amené à prendre mais ils n'avaient pas franchement le choix et --

« Hey, Colonel, c'est l'heure pour votre petit remontant du soir ! Le chef vous a gâter : poulet-frites et, bah, je sais pas trop ce que c'est mais ça a l'air à peu près comestible» claironna l'aide-soignant en entrant, un plateau repas à la main et le sourire aux lèvres, interrompant les pensées de John.

John lâcha le 9mn toujours caché sous son oreiller, grogna un merci et se planta devant son repas. L'aide soignant lui souhaita bon appétit et sortit en sifflotant. Au moins un que la mauvaise humeur de Carson n'avait pas touché pensa John … Il examina son repas. Poulet-frites en effet. Frites trop grasses et poulet sans chair. Génial. De toute manière, pas question qu'il le mange. Depuis ses dernières mésaventures, et surtout parce qu'ils ignoraient qui étaient le traître parmi eux, John avait décidé qu'il était plus prudent de ne rien manger qu'il n'ait préparé lui-même. Il fixa l'assiette devant lui. Encore que là avec ou sans espion il faudrait le payer pour avaler ça !

Comme à chaque repas depuis qu'il était à l'infirmerie, John délaissa son assiette pour se concentrer sur les aliments emballés : une mousse au chocolat et un yaourt. Il poussa un soupir, prit sa cuiller et commença à manger le yaourt. Au moins c'était un de ses préférés, un Viennois au café, un truc français surmonté de crème chantilly. Kilos superflus garantis … Il dégusta le petit toupet de crème, en léchant soigneusement la cuiller. Un peu de douceur dans ce monde de brute pensa John avant d'attaquer la mousse au chocolat.

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Il observait Sheppard tout en faisant semblant de ranger un peu la salle. Il vit le militaire renifler son assiette et avec une grimace de suspicion, repousser son assiette pour se concentrer sur son yaourt.

Parfait.

Il avait remarqué son petit manège : laisser de côté la nourriture préparée pour ne consommer que l'emballée. Le cher Colonel semblait avoir une prédilection pour les yaourts à base de chantilly ainsi que pour le chocolat. Il aurait été un bien mauvais aide-soignant s'il n'avait pas offert un peu de réconfort à ses malheureux patients en leur offrant leurs mets préférés, non ? Il avait donc posé deux desserts sur le plateau de Sheppard. Ce dernier venait de les engloutir.

Tttttt, mauvais pour la santé pensa t-il. Très mauvais, comme allait bientôt le découvrir ce pauvre Sheppard.

Pour qui le prenaient-ils donc ? Un amateur ?! La drogue se trouvait sur les couverts pas dans les plats. Il avait juste eu à tremper fourchette, couteau et cuiller dans le petit flacon. Simple et efficace.

Il continuait à regarder Sheppard qui léchait sa cuiller. Excellent ! Il regarda sa montre. Hu, il n'y en avait plus pour longtemps. Il posa les bandages qu'il tenait à la main sur l'étagère la plus proche et se dirigea vers la salle où se trouvait McKay et ses deux gardes chiourmes.

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John avait chaud. Super chaud. Il rejeta brusquement les couvertures sur ses jambes et un léger courant d'air le fit frissonner. Froid. Ok, il avait froid. Il rabattit les couvertures avec un grognement. Il recommença plusieurs fois, son corps semblant incapable de décider s'il avait chaud ou froid. Une infirmière remarqua son petit manège.

« Et bien colonel, que se passe t-il ? » demanda la jeune femme en arrivant près du lit du colonel. La réponse de ce dernier ne fut pas franchement celle qu'elle attendait. Il se tourna vers elle, son P-90 pointé vers son front et se mit à hurler en la fixant.

« WRAITH ! »

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Il entendit le cri de Sheppard et le hurlement de l'infirmière juste au moment où il sortait de la salle principale de l'infirmerie. Il sourit puis se composa un visage de circonstance avant d'entrer dans la petite pièce où se trouvait McKay.

« DOCTEUR ! Venez, vite … » Il feignit l'essoufflement et désigna la salle principale d'une main tremblante. « C'est le colonel Sheppard, il est … je crois … on dirais qu'il est devenu fou ! Il menace Célia avec son arme de service ! »

Carson et le Marine, Mcquelquechose, se précipitèrent vers la salle d'où se faisaient en effet entendre des hurlements, il fit mine de les suivre mais ils ne lui accordèrent aucune attention et il se retrouva seul avec McKay.

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C'était vraiment trop facile, ces gens étaient si confiants et surtout trop gentils, genre « je vole au secours de la veuve et de l'orphelin ». Et cette sacrosainte protection des amis. Cela aurait été une autre en train de hurler en brandissant une arme, pas sûr que le merveilleux docteur Beckett se serait précipités ainsi. Quel dommage, le pauvre allait perdre ses meilleurs amis … et de la même manière. Overdose.

Il sortit le petit flacon et le secoua, laissant un moment les lumières artificielles de la pièce jouer avec le liquide à l'intérieur. LSD … il y avait des manières plus sordides de quitter cette terre, non ? Un simple petit arrêt cardiaque. Ok, pour Sheppard il y aurait d'abord une superbe phase de délire et peut-être même quelques morts – avec un peu de chance il allait tirer sur Beckett et le débarrasserait de ce béni-oui-oui– hey, peut-être même qu'un Marine allait l'abattre avant que tout ne se finisse dans un bain de sang !

Quant à McKay … Après sa petite réaction allergique, il était si faible qu'une petite dose suffirait à l'envoyer dans l'autre monde. Amen mon frère et bon débarras.

Il se pencha vers le scientifique. Ce dernier était toujours relié au respirateur. Il regarda un moment la machine qui respirait pour McKay. Wooooosssclikwwwoooooshclik. Il avait toujours détesté ce bruit. En fait, il détestait tout ce qui ce rapportait de près ou de loin à l'hôpital. C'était bien sa chance …

Il déboucha le flacon et plongea une seringue dedans. Il sortit l'aiguille et pressa le piston pour relâcher l'air. Quelques bulles d'air mélangés de liquides apparurent. Il se tourna vers McKay, se pencha vers lui et lui murmura dans l'oreille.

« Hey Doc', je crois que cette fois, vous allez vraiment faire un long, très long dodo … définitif le dodo. »

Il allait se relever et faire l'injection lorsque quelque chose de froid se posa sur sa nuque. Il s'immobilisa. Une voix avec un fort accent souffla à son tour dans son oreille.

« Si vous ne voulez pas être celui qui va faire un gros dodo définitif, je vous suggère de vous relever très doucement et de poser cette seringue sur le moniteur en face de vous. »

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« Ach Nonde … » Carson jura entre ses dents en voyant le spectacle qu'offrait Sheppard, yeux injectés – et Carson le remarqua immédiatement, pupilles complètement dilatées – menaçant en effet de tuer la pauvre Célia qu'il prenait manifestement pour un wraith.

« Carson ! » cria le militaire en voyant Carson entrer dans la salle. « Carson, vite ! Un sédatif. C'est une Reine, nous avons réussi à capturer une Reine ! » Il se tourna à nouveau vers Célia qui était paralysée par la peur et ne quittait pas des yeux le canon de l'arme qui était tournée vers elle. « Et j'ai hâte d'assister à l'autopsie » rajouta Sheppard avec un grognement de satisfaction.

Hu, il était temps d'intervenir et vite, histoire de limiter les dégâts.

« J'ai appeler le docteur Heightmeyer » murmura McGowann qui se tenait juste à côté de lui, sa propre arme dirigée vers Sheppard. Il hocha la tête bien qu'il ne voyait pas très bien ce que la pauvre Kate pourrait faire.

« Colonel, c'est … euh, félicitation, c'est une superbe capture en effet, les … euh, les informations que nous pourrons tirer d'elles nous serons certainement préci--»

« NON ! Pas d'interrogatoire. On la liquide et vous la disséquez. Qu'on voit un peu ce qu'elle a dans le ventre, la petite garce » hurla Sheppard.

Okayyyyyy. Carson oubliait souvent que Sheppard était un militaire, qu'il avait servi dans plusieurs conflits armés. Ses dehors de gigolo et de gars cool et ironique cachaient un homme qui pouvait tuer de sang froid. Carson l'avait déjà vu lors de la tentative d'invasion des Géniis.

« Bien, je crois que vous avez raison, » ces paroles arrachèrent un petit gémissement de détresse de la malheureuse Célia qui envoya un regard qui hurlait « Traître ! » à son supérieur. « Mais si je veux la … l'examiner correctement il ne faut pas que les organes soient trop abîmés ce qui sera fatalement le cas si vous la criblez de balles, vous ne croyez pas ? » Carson vit Sheppard froncer les sourcils comme s'il réfléchissait à ce qu'il venait de lui dire. « Vous savez quoi ? Je vais lui administrer une dose létale de --»

Sheppard réagit immédiatement au mot « létale ». « Oui, oui, faites donc ça ! » le grognement de satisfaction qui accompagna cette petite déclaration fit frissonner Carson.

« Euh, peut-être que je devrais l'attacher … enfin, juste pour plus de prudence, vous ne pensez pas Monsieur ? » demanda McGowann.

Carson qui farfouillait dans l'armoire qui se trouvait le plus près du lit occupé par Sheppard jeta un rapide regard à son infirmière. Célia avait fermé les yeux et marmonnait. Impossible de savoir si elle priait pour que son cauchemar s'arrête ou si elle invectivait son CMO. La connaissant, la seconde solution était la plus vraisemblable. S'ils se sortaient de ce pétrin, la jeune femme allait lui faire payer cher cette petite mascarade.

« Oui, c'est une excellente idée qu'en pensez vous Colonel ? »

Sheppard, les yeux toujours fixés sur sa prise, hocha lentement la tête. Carson en profita pour l'examiner rapidement : de la sueur lui dégoulinait sur les tempes et le cou, sa respiration était de plus en plus saccadée, ils fallaient qu'ils fassent vite. Il choisit un flacon et prépara une seringue. Il prenait un risque terrible, il le savait mais ils n'avaient guère le choix. Il prit une large inspiration, se força à sourire et se tourna vers Sheppard.

« Voilà ! Keith vous pouvez procéder. »

Le jeune Marine hocha la tête et après avoir remis son arme dans son holster se positionna devant Célia et la força à se mettre à genoux. L'infirmière se laissa faire.

Parfait.

C'était l'ouverture que McGowann et Carson attendaient.

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Il se releva lentement, suivant les ordres de l'homme qui le tenait en joue.

« Bien, maintenant vous …. Argh ! »

Amateurs ! Que des amateurs … Il venait d'envoyer un superbe coup de coude dans le nez de son adversaire qu'il envoya à terre. Il se retourna et fut étonné par l'identité de celui-ci.

« Zelenka ? »

Le petit type chevelu qui servait de souffre douleur au grand McKay ! Ca alors … surprise, surprise. Il éclata de rire. Zelenka se tenait le nez à deux mains, du sang coulait entre ses doigts et il poussait de petits gémissements.

Il regarda l'homme par terre et partit à nouveau d'un grand éclat de rire.

« Je m'occupe de votre petit génie ici et après, je suis à vous Monsieur Zed ! Tsststststs, quel dommage, vous n'auriez pas du vous mêler de ça. » Il se tourna à nouveau vers McKay après avoir donné un coup de pied dans l'arme de Zelenka l'envoyant près de la porte, ainsi qu'un second coup de pied dans les côtes du scientifique tchèque. Cette fois, il avait une bonne raison de gémir pensa t-il.

Il caressa les cheveux de McKay. « Alors docteur, où en étions nous, hein ? Aaaaaah oui, au gros dodo … » Il sifflota tout en donnant une petite pitchenette à la seringue qu'il tenait toujours dans les mains et releva la manche du pyjama de McKay, découvrant son épaule. Il venait d'insérer l'aiguille dans la chair et commençait à presser le piston de la seringue lorsqu'un coup de feu retentit.

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McGowann se jeta sur Célia, la couvrant de son corps pendant que Carson lui s'attaquait à Sheppard, le poignardant littéralement avec la seringue.

Sheppard hurla et essaya de frapper Carson avec la crosse de son arme mais son état qui n'avait cessé d'empirer l'avait rendu trop faible pour que le coup ne porte. Il s'affaissa doucement, jetant un regard de haine intense à Carson et il murmura, dans un dernier souffle.

« Vous, c'est vous qui … le traître … à la solde des wrai --»

Il ne termina pas sa phrase, ses yeux roulèrent dans leur orbite et il perdit connaissance. Carson le rattrapa juste avant que sa tête ne se fracasse au sol. Au même moment un coup de feu se fit entendre, paralysant tous les occupants de l'infirmerie.

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Keith ne prit même pas le temps de relever l'infirmière qu'il avait brutalement plaquée au sol au cas où, pour lui éviter une balle perdue.

McKay ! Ils avaient laissé le scientifique seul !

Il se précipita dans la pièce où se trouvait McKay et stoppa net au spectacle qui s'offrait à lui.

Le Docteur Zelenka, le visage en sang – son nez formait un angle étrange – tenait dans ses bras la psy, Heightmeyer, dont le visage était quant à elle baigné de larmes et qui hurlait hystériquement : « Je l'ai tué ! Je l'ai tué ! »

Keith entra dans la pièce. Près du lit se trouvait en effet le corps d'un homme en uniforme d'aide-soignant. Pas besoin de vérifié s'il respirait encore : la moitié de son crâne avait explosé sous l'impact de la balle, baignant le moniteur, le lit et McKay de morceaux de cervelles, de chair et de sang. Hu, ils avaient intérêt à faire un brin de toilette au scientifique s'il ne voulait pas qu'il leur face une crise lorsqu'il se réveillerait.

Derrière lui, il pouvait entendre le docteur Zelenka parler doucement à Heightmeyer. Un médecin, une femme, entra dans la pièce suivie de deux infirmiers et du Major Lorne. « McGowann ? »

Keith salua son supérieur. « Monsieur ? »

Lorne regarda la scène devant lui et fit une petite grimace. « Vous avez deux heures pour me faire l'exact compte-rendu de ce qui s'est passé ici, compris ? »

Oula, qu'allait-il mettre dans son rapport ? Que les docteurs Weir, Beckett et Zelenka avaient orchestré ce petit piège en utilisant McKay et Sheppard comme appât ? Le tout sans en référer aux militaires ? Oui, bon, techniquement Sheppard était le chef militaire d'Atlantis mais en même temps Keith avait un peu de mal à considérer Sheppard comme tel, en tous les cas, ce type était un vrai rebelle à l'autorité ou à tout ce qui ressemblait de près ou de loin à la hiérarchie et aux ordres. Il soupira, salua le Major et sortit de la pièce.

Dans la salle principale, Beckett travaillait sur Sheppard. Keith pila net. Et si … mais le médecin l'aperçut et lui sourit. Keith poussa un soupir de soulagement. Sheppard allait s'en sortir, McKay était sain et sauf et le méchant était hors d'état de nuire.

Mission accomplie. Il sortit de l'infirmerie en sifflotant.

Fin ! Y manque plus que le petit épilogue …

A l'origine, je voulais raconter cette histoire entièrement du point de vue du soldat Keith McGowann mais le naturel à vite repris le dessus et c'est devenue une histoire centrée sur McKay et Sheppard (comme c'est original …). Je suis quand même contente d'avoir pu y placer Weir, Zelenka et surtout Carson ! Et bien sûr, la méchante Kate … En revanche, je dois avoir un problème avec les aliens : pas de Ronon et pas de Teyla. Hu, il faudra que je fasse un effort pour les mettre dans la suite. Biz à toutes !