Merci pour vos reviews ! Voici qui devrait éclaircir les choses ...

oO Ce – très long ! – épilogue est dédié à Alpheratz9 pour son gentil compliment !Oo

Epilogue – Quelques jours plus tard …

Rodney soupira.

Pour la énième fois depuis disons les cinq dernières minutes.

Il en avait assez d'être coincé dans ce fichu lit d'hôpital. Son dos commençait à le faire souffrir. Carson pourrait quand même penser un peu à ses patients ! De toute manière, s'il continuait à faire d'aussi fréquents passages entre les mains de cet écossais en blouse blanche, Rodney allait sérieusement penser à commander un autre matelas orthopédique pour le faire installer sur un des lits de l'infirmerie. Il soupira. Génial. Soupir numéro 726 543.

« Bonchour Rodney ! » claironna une voix déformée.

Rodney leva les yeux vers le nouvel arrivant et réprima un petit frisson. Ca avait du faire mal, non, rectification, ça devait toujours faire mal. Le visage de Zelenka ne ressemblait pas à grand-chose. Un bleu phénoménal le défigurait, dans des teintes noires, violettes et jaunes, un superbe pansement soutenait son nez cassé, les lunettes étaient juste posées sur ledit pansement. Avec ses cheveux ébouriffés et ses yeux rouges, Radek avait tout du monstre sorti de l'imagination d'un Wes Craven sous acide.

« Bonjour Radek, euh, ça va ? »

Radek hocha juste la tête en signe d'assentiment et prit place sur la chaise près du lit. Il se mit à installer les pièces du jeu d'échec qui reposait sur la table. Ils faisaient une partie tous les jours tous les deux.

Rodney jeta un regard noir aux pièces. Il avait perdu chacune des parties qu'ils avaient faites et Carson avait décidé qu'il ne le relâcherait que lorsqu'il en gagnerait une. « Ce sera le meilleur des signes que vous allez mieux » lui avait dit ce fichu Highlander avec un petit sourire.

Stupide ! Le soupir numéro 726 544 lui échappa. Il essayait mais il ne parvenait pas à se concentrer ou bien, plus humiliant encore, il s'endormait au beau milieu d'une partie. Il pensait trop : à ce qui était arrivé, à sa peur panique lorsqu'il s'était réveillé dans ce cercueil en métal, aux voix qui avaient bourdonné autour de lui lorsqu'il avait été à moitié dans les vaps et dont il savait maintenant qu'elles avaient appartenu à son kidnappeur, à la lame que Sheppard avait enfoncé dans son avant-bras, à son sourire froid et satisfait lorsque Rodney avait crié de douleur …

Sheppard.

C'était son plus gros problème.

Rodney avait peur de lui. Il avait beau se dire que le malheureux avait été une victime comme lui, que rien de ce qu'il avait fait n'avait été conscient, ou intentionnel, que jamais Sheppard ne s'amuserait à le torturer ainsi, ni lui, ni aucun autre membre de cette expédition, … oui, Rodney savait tout ça, mais il avait beau aligner toutes ces évidences les unes derrière les autres, il ne parvenait pas à se détacher de ce sentiment de malaise.

Radek lui laissa les blancs et ils commencèrent la partie mais bien vite, les pensées de Rodney quittèrent l'échiquier pour revenir à ce qui c'était passé.

« A vous de chouer Rodney. »

Rodney sursauta à l'appel de son nom et leva les yeux vers Radek. Le pauvre avait quelque difficulté pour parler. Rodney se concentra sur l'échiquier, plissant les yeux puis il avança un pion.

« Ach … Rodney, che n'est pas encore auchourdh'ui que vous chortirez d'ichi … » Radek repoussa ses lunettes sur le dessus de son pansement et joua à son tour. « Echec et Mat » fit-il en reversant sa Reine.

Rodney émit le soupir numéro 726 545 et se repoussa sur son oreiller. Ouais, si ça continuait comme ça, il resterait à jamais l'invité d'un amateur de panse de brebis farcie. Quel cauchemar …

« Euh, bonjour … »

Les deux scientifiques levèrent les yeux vers le nouvel arrivant. Radek cacha un petit sourire et Rodney se figea sur son lit.

« Nous avons fini pour auchourd'hui de toute manière. Qui aurait dit qu'un chour ch'offichierais comme achichtant médical ! » Lança Radek en se levant. « Che reviendrais un peu plus tard Rodney. » Il serra brièvement l'épaule de Rodney avant de sortir.

oOoOo

John se poussa pour laisser passer Radek puis se tourna vers Rodney, sourcils froncés en signe d'interrogation.

« Assistant médical ? »

Rodney fit un geste vague de la main.

« Une idée stupide de ce non moins stupide écossais : une partie d'Echecs contre ma liberté … et ça se dit médecin, peuh ! Charlatanisme et vaudou, oui !»

John se tut. C'était une remarque sarcastique comme on pouvait s'y attendre de la part de Rodney mais le ton n'y était pas. Il y avait comme un tremblement dans la voix et puis surtout, surtout Rodney ne le regardait pas. Il fixait une petite irrégularité dans le tissu de sa couverture. Il tirebouchonnait le malheureux fil, le tordant dans un sens puis dans un autre, puis essayait de l'aplatir avant de recommencer à le martyriser.

John savait que tout ça était de sa faute. Depuis Doranda … ce n'était pas ce que cette petite ordure leur avait fait subir à tous les deux qui était responsable de ce qu'ils vivaient, sa propre culpabilité, la peur de Rodney. C'était juste sa faute à lui. Ok, peut-être aussi un peu à Rodney mais en même temps, Rodney était Rodney : qui pourrait l'empêcher de vouloir égaler les plus grands esprits que la galaxie ait connu, à savoir ces foutus Anciens ? Et puis en fin de compte qui le voulait vraiment … cette soif de savoir, de tout maîtriser, d'être à la hauteur de ce génie qu'il proclamait être, étaient ce qui faisait de Rodney et bien, Rodney. Pour rien au monde John ne voulait que ce dernier ne change … oui, bon, il aimerait quand même qu'il évite de refaire une bévue du genre « destruction des trois quarts, oups pardon non, cinq sixième d'un système solaire » mais pour le reste, il voulait retrouver le Rodney plein de sarcasme et d'arrogance parce que c'était aussi le Rodney sur lequel il avait toujours pu compter.

Confiance. Le maître mot. Amitié. Le mot du maître … yep, tout à fait l'heure et le moment pour de la philosophie à deux balles !

John soupira.

« 726 546. Bienvenue au club … » marmonna Rodney. Il baissa immédiatement les yeux lorsqu'il vit que John le fixait ne comprenant visiblement pas de quoi il était question. « Laissez tomber, c'est … non, ce n'est rien et … Euh, qu'est-ce que vous faites ? » Demanda Rodney soudainement alarmé par l'approche du militaire.

« Je vais m'asseoir quelques minutes, si vous n'y voyez pas d'inconvénient. Vous n'êtes pas le seul à avoir été l'invité de Carson, vous savez ! » Répliqua John en haussant un peu le ton.

John vit Rodney se décomposer.

« Oh, oui, bien sûr, je veux dire … c'est juste que … euh, la chaise serait certainement plus confortable, non ? »

Ignorant la proposition de Rodney, John s'installa sur le lit de ce dernier. Il voulait savoir comment Rodney allait réagir s'il se trouvait près de lui. Il ne fut pas déçu. Rodney pâlit et se mit à lui lancer de petits regards en biais comme pour s'assurer qu'il ne venait pas plus près encore.

« Rodney ? »

« Oui, oui, vous pouvez rester assis là, bien sûr, pas de problème, c'est -- »

John le coupa en plein babillage.

« Rodney, regardez moi. S'il vous plaît.»

Avec réluctance, Rodney leva les yeux vers lui.

« Rodney, je suis désolé. Pour ce que je vous ai dit après notre retour de Doranda, pour ce que je vous ai fait … » John fixa le bras de Rodney. Il pouvait deviner le bandage qui se trouvait là. Par sa faute ...

Rodney resta un moment silencieux puis exhala un long soupir.

« 726 547 ? » Suggéra John en souriant.

Rodney lui rendit son sourire. « Vous avez deviné juste. » Son sourire disparut et il revint à l'attaque de sa couverture.

Le silence qui s'installa dans la pièce se fit lourd. Très lourd. John se passa la main dans les cheveux. Que faire, que faire …

« Rodney, vous savez que je ne vous ferais jamais de mal, volontairement, n'est-ce pas ? »

« Oui, oui, bien sur que je le sais Colonel ! » s'exclama Rodney, visiblement agacé par la situation. « C'est juste que … » Il se tut et repris d'une voix un peu moins ferme. « … c'est juste que mon subconscient lui n'en est pas tout à fait persuadé. »

« Votre subconscient … » John fixa Rodney un long moment. Il avait une idée. Et il espérait que cela allait marcher. « Peut-être que nous pourrions faire une petite expérience, juste pour voir à quel point votre subconscient est disons, obstiné ? »

Rodney releva la tête.

« Une expérience ? »

« Yep, fondée sur un principe très simple. »

« Vraiment, lequel ? » questionna Rodney sur un ton clairement méfiant.

« La confiance Rodney. La confiance … »

« Oh, ça ! » répondit Rodney en replongeant sur la couverture comme un oiseau de proie sur un malheureux lapin.

John leva les yeux au ciel et étouffa un juron.

« Rodney, j'ai été le dernier des abrutis lorsque je vous ai dit que vous pourriez regagner ma confiance, parce que vous ne l'aviez pas perdu, vous ne l'avez jamais perdu. J'ai confiance en vous. Mais en revanche, j'ai besoin de savoir si vous, vous avez confiance en moi … »

Rodney releva une fois encore les yeux vers lui. Ses lèvres tremblaient.

« Je … je ne sais pas Colonel, je veux dire … J'aimerais vous dire que c'est le cas mais … »

« Votre conscience vous joue des tours ? »

« Oui, je suppose que l'on pourrait dire ça. »

« Rodney ne comprendrais si … si vous ne voulez pas … je veux dire si vous ne voulez plus … euh, faire partie de mon équipe, si je vous »

« NON ! » cria Rodney avant de se reprendre. « Non. C'est juste que … bon sang ! Tout ça est trop … trop … » Il soupira. « 726 548. Et j'en ai vraiment, mais alors vraiment plus qu'assez de tenir ce décompte stupide ! Je veux sortir d'ici, je veux que tout redevienne comme avant … je … je … » Il tourna les yeux vers John. « Cette expérience n'inclut rien du type douleur atrocement inhumaine, n'est-ce pas ? »

John sourit.

« Non, mais je ne peux pas vous garantir que vous la trouverez plaisante, désolé. »

« Oh. » Rodney repiqua la couverture. « Ok, pas plaisant, ça je crois que je peux y survivre. Ok. Ok. Ok. » Il prit une large inspiration et exhala. « Je suis prêt, vous pouvez y aller. »

« Rodney, détendez vous d'accord. Je veux que vous fermiez les yeux. »

« Quoi ? Pour quoi faire ? » S'agita Rodney.

« Rodney, est-ce que vous me faites confiance ? » demanda John.

« Confiance. Oui je vous fais confiance. Ok. D'accord. Fermer les yeux. Facile » et il ferma un œil.

« Rodney … » grogna John.

« Ce serait plus facile si je savais à l'avance que vous allez faire, vous ne croyez pas ? »

« Rodney, c'est un test de confiance … Vous n'avez besoin de savoir qu'une seule chose : est-ce que vous avez confiance en moi, oui ou non ? »

« Euh, oui. D'accord, d'accord. Fermer les yeux. Voilà. »

« Bien, maintenant, je vais vous toucher et --»

Au mot toucher, Rodney se releva dans son lit telle un diable bondissant de sa boîte. « Toucher ? Toucher quoi ? Pourquoi ? Euh, peut-être qu'en fin de compte, ce n'est pas une si bonne idée que ça et -- »

John l'interrompit.

« Confiance Rodney. Ayez confiance en moi, je ne vais pas vous faire de mal, ok ? »

Rodney se rallongea – non sans avoir poussé le soupir numéro 726 549 – et ferma à nouveau les yeux.

John se pencha vers lui et frôla son avant bras. Rodney se mit à trembler mais garda les yeux fermés et se mit à marmonner. John souleva la manche du pyjama doucement et toucha la cicatrice. Pas de pansement en fin de compte, juste une dizaine d'agrafes. John posa sa main sur la peau. Il pouvait sentir les tremblements de Rodney. Il garda le contact jusqu'à ce que ces derniers diminuent puis disparaissent presque complètement sous ses doigts. Il surprit un œil bleu posé sur lui, ou plus exactement sur sa main. John sourit.

« Alors, ce subconscient ? Rassuré ? »

Surpris en pleine tricherie, Rodney referma immédiatement l'œil rebelle. « Euh, je pense qu'il faudra un peu de temps mais oui, je dirais qu'il y a de l'espoir. » Et il sourit. Un vrai sourire.

John se détendit un peu. Oui, ils allaient y arriver, il faudrait juste un peu de temps c'est tout. Il tapota une dernière fois le bras de Rodney avant de remettre sa manche en place. Il allait se lever lorsqu'il aperçut le jeu d'échec.

« Hey, Rodney, ça vous dirais d'essayer de fausser compagnie à Carson ? »

Rodney rouvrit les yeux. « Essayer ? Essayer ! Je parie que je vous met Mat en moins de dix coups » lança t-il à John.

Oui, se dit John, tout allait bien se passer maintenant.

« Dans vos rêves McKay, dans vos rêves … » et il plaça les pièces sur l'échiquier tout en écoutant Rodney lui expliquer en long et en large, pourquoi il allait, en sa qualité de pauvre militaire en manque de cervelle, inéluctablement perdre cette partie.

Dans les quartiers résidentiels …

Kate soupira.

Elle s'écroula sur son lit, éreintée. Nerveusement du moins … Les derniers jours avaient été hectiques.

Et encore, elle avait eu de la chance. Oui, une sacrée chance en fait. Tout d'abord, la chance d'avoir pu entrer en contact avec le vaisseau de l'Alliance et ensuite, celle d'avoir été au bon moment au bon endroit.

Ces acheteurs potentiels voulaient vraiment McKay en contrepartie, ils acceptaient de se déposséder d'un vaisseau. Un vaisseau unique. Un vaisseau Ancien. Pas en état de naviguer visiblement mais les seules pièces détachées rapporteraient une petite fortune au marché noir. Ou bien l'Alliance garderait le tout pour elle … mais ce n'était pas trop son problème. Non, son problème ç'avait été qu'elle avait donné l'ordre à son homme de main de se débarrasser de McKay alors qu'elle ne fut pas son soulagement lorsque ce militaire, McGowann, lui avait demandé de venir en urgence à l'infirmerie. Le reste avait été d'une facilité affligeante : liquider son complice juste au moment où il allait passer à l'action et faire passer son tir parfait sur le compte de la chance des « premières fois ». Son numéro de femme hystérique lui aurait certainement valu un Oscar.

Et maintenant qu'elle faisait les comptes, elle était plutôt satisfaite : McKay était toujours en vie et elle s'était débarrassée de la seule personne qui aurait pu la trahir.

Elle se déshabilla et passa sous sa douche en chantonnant.

Fin ! J'adore faire soupirer mes perso, hihihihi. Bon aller, je m'en vais bosser sur mes autres fics … Biz !