Episode 7 – Parties 2 et 3.
Cela faisait déjà plusieurs dizaines de minutes que les cinq soldats marchaient dans le froid mordant de la planète. Les quelques arbres qui les entourés n'aidaient pas vraiment à couper le fort vent qui agressait leur visage déjà meurtri et sensible dû au froid. La haute et compacte neige qui leur arrivait aux genoux les empêchait d'avancer à une bonne allure et ils avaient tous l'impression de se trainer et de ne pas progresser.
Frédérick regarda sa montre. Ils n'étaient partis que depuis quarante-six minutes. Il avait l'impression que cela faisait déjà deux heures. Et pourtant, il était sur qu'ils n'avaient pas du faire plus d'un kilomètre.
- On avance pas ! cria-t-il à l'attention de ses camarades.
- Je sais, lui répondit Romain, qui était le plus proche de lui. Et c'est galère d'avancer dans cette purée.
- Ouais !
- En plus, moi j'suis gelé, fit Alex Raziel en se retournant et s'arrêtant.
- On fait quoi ? demanda Solaris qui l'avait rejoint.
- Bah, on va continuer. On ne peut pas arrêter maintenant. On a encore plus de trois heures pour trouver quelque chose.
- Pfffu, j'suis sur y'a pas âme qui vive sur cette planète, protesta Vincent.
- Ouais. J'suis assez d'accord. Il doit pas y avoir assez de vie sur ce bloc de glace pour remplir un vaisseau, opina Loïc.
- Qu'est ce que vous en savez, fit Frédérick. Ce n'est pas parce que vous avez un peu froid que personne ne peut vivre ici.
- De toute façon, il faut qu'on continue. On ne peut pas abandonner après trois quart d'heure. C'est ridicule, s'exclama le lieutenant Bahamut.
- Exact, affirma le major de SG-20. Il faut continuer. On va encore faire un bout par là et puis si on ne trouve rien, on rebroussera chemin pour revenir à la Porte et explorer un autre coin.
Alors SG-20 reprit sa marche difficile à travers la neige d'un air déterminé. Ils avaient affrontés des jaffas, des Goa'Uld, combattus dans l'espace contre des vaisseaux de guerre, ce n'était pas de la simple neige qui allait bien pouvoir les arrêter.
Toutefois après une demi-heure de marche supplémentaire, les français se dirent qu'ils n'allaient rien trouver de vivant sur cette planète.
- C'est cette « allée » qui était mauvaise dès le début, fit Solaris en souriant.
- Ouais, c'est ça. Dites tout de suite que j'ai pas d'intuition, fit le major.
- C'est exactement ça !
- Non, mais attendez, regardez, coupa Vincent. La neige à l'air plus poudreuse par ici. Comme si elle avait été retournée il y a peu.
- Tu délires. Moi, je vois rien du tout, fit Raziel.
- Moi non plus, fit Romain.
- C'est pas très clair pour moi non plus, enchaina Loïc qui ne voyait pas vraiment de différence avec la neige qu'il y avait à coté de leurs traces et la neige où se trouvait son camarade.
- A mon avis, c'est possible, commenta Frédérick.
- Vous êtes aveugle. Alors venez dedans. Vous verrez, elle est moins dense. On y bouge avec plus de facilité.
SG-20 suivit le lieutenant Necrona dans la neige et après un temps tous furent convaincus. Cette neige venait tout juste de se déposer. Il y avait donc eu de l'activité. Assez d'activité pour creuser un passage de quelques mètres de large.
- C'est vrai que cette neige est plus poudreuse. Elle a l'air bien moins compact que celle qu'on vient de quitter. Comme si elle venait de s'y déposer contrairement à celle présente sous les arbres qui à l'air d'être là depuis pas mal de temps. Mais d'où viennent les hommes qui sont passés par là ? questionna Romain.
- Alors là… J'en sais rien, fit Solaris.
- On peut pas trop savoir, confirma Frédérick. Mais c'est soit du nord, soit du sud, continua-t-il après avoir jeté un coup d'œil à sa boussole.
- Alors par où on va ? demanda Vincent.
- Moi je suis pour le nord, déclara le major.
- Et moi le sud. Il fait plus chaud ! contra Solaris.
- Pas sur cette planète, plaisanta Romain.
- Bon bah on va continuer notre chemin au nord.
Mais alors que SG-20 se préparait à repartir, un étrange et curieux bruit se fit entendre dans le lointain. Tous les membres se retournèrent. L'inquiétant son provenait du sud. Et il se rapprochait étrangement vite. Pour ajouter au malaise, la neige se mit alors à tomber.
***
A mesure que le bruit se rapprochait, plus il était facile pour les français de le discerner. Ils purent alors aisément l'identifier. Cela provenait d'un moteur. Et même plus précisément de celui d'un tracteur. Mais les membres de SG-20 étaient gênés par le vent qui propulsait la neige par rafales, réduisant leur visibilité. Néanmoins, une sombre et imposante silhouette se dessinait dans le lointain. Et lorsqu'ils purent voir à quoi ils avaient à faire avec exactitude, ils comprirent que ce n'était pas un tracteur qui venait vers eux, mais un puissant chasse-neige.
La machine se rapprocha en propulsant la neige sur le coté. SG-20 eut le temps d'observer son arrivée avec des jumelles. Les occupants étaient bien des humains et il n'y avait aucun signe de Jaffas. L'équipe française décida donc de rester en vue. Lorsque le chasse neige se trouva à quelques mètres des terriens, il s'arrêta.
La porte de l'habitacle s'ouvrit et un homme, bien emmitouflé dans un épais manteau, en descendit en sautant dans la poudre blanche. Il rejoignit SG-20 et engagea la conversation :
- Salut à vous. Qui êtes vous et que faites-vous là au milieu de nulle part ?
Le major Raziel s'avança en expliquant :
- Nous sommes des explorateurs et nous cherchions de la vie sur cette planète.
- Hé ben on peut dire que vous en avait trouvé, déclara l'autochtone avec logique, en souriant.
- Effectivement.
- Et si vous me racontiez tout cela au chaud une fois arrivé au village ? proposa l'inconnu en montrant son imposant chasse neige. Il devrait y avoir assez de place pour tous en se serrant un petit peu.
- Nous serions ravis.
- Bien. Suivez-moi, fit l'homme en se dirigeant vers la machine.
Tous montèrent à son bord et l'énorme engin reprit sa route.
Il faisait déjà bien meilleur à l'intérieur de l'habitacle. L'homme qui avait parlé à SG-20 retira sa capuche en se présentant :
- Moi, c'est Eric Doherty. Le conducteur, c'est Pete Dufresnes et voici Cynthia Kyligan, fit-il en montrant d'un geste une femme d'assez forte corpulence assise sur un des strapontins présents dans l'habitacle assez luxueux du chasse-neige.
Les membres de SG-20 les saluèrent de la tête.
- Asseyez-vous donc, proposa Cynthia. Le voyage jusqu'à Miravex est encore assez long.
Les français se trouvèrent alors chacun une place. Le chasse-neige était assez spacieux, et il y faisait chaud, mais en fait les militaires se rendirent vite compte que voyager dans ce type d'engin était assez inconfortable. La cabine tremblait énormément et surtout le véhicule se déplaçait horriblement lentement.
- Alors comme ça vous êtes des explorateurs ? fit Eric, en regardant les terriens. Et vous venez d'où ? De Jicaz ? Ca me paraît bien éloigné quand même pour que vous ayez fait le chemin à pieds. Ou alors vous êtes tombés en panne ?
- Non. Ce n'est pas vraiment ça, commença le major.
- Ah ?
- En fait, nous venons d'une autre planète.
- Quoi ? s'étonna Cynthia, d'un air ahuri.
- Nous venons de la planète Terre. Nous sommes arrivé grâce à un moyen de transport très perfectionné, appelé la Porte des Etoiles. C'est un grand anneau de métal situé en plein milieu de la forêt.
- J'ai déjà entendu parler de cet anneau, lâcha le pilote en se retournant quelque peu. D'après des écrits assez anciens c'est par cet anneau que les démons et esprits maléfiques arrivaient.
- Vraiment ? demanda Frédérick.
- Oui. Mais j'ai toujours pris ça pour des contes pour enfants. La preuve, vous n'êtes pas des démons à ce que je sache, continua Pete Dufresnes.
- Non. Nous sommes de simples humains, confirma Vincent.
- En tout cas, c'est surprenant, convint Eric. Je n'aurais jamais cru que le voyage interplanétaire était possible. Mais, pourquoi êtes-vous venu sur cette planète ?
- Nous explorons toutes les planètes viables pour établir le contact avec des populations civilisées lorsque nous nous en trouvons, expliqua Alex Raziel.
- Quelle noble tache, dit alors Cynthia. Et combien en avez-vous trouvé ?
- Oh. Des dizaines, voir des centaines.
- Tant que ça ?
- Oui. Il y a beaucoup de mondes colonisés.
- Je vois, fit Eric. Nous n'allons plus tarder à arriver. Je vais vous présenter au maire du village et nous bavarderons. Vous devez avoir soif et faim. Nous vous offrirons aussi le repas.
- Merci beaucoup, fit poliment Raziel.
- C'est naturel. Vous avez fait un long voyage.
***
