Cette Fic est, pour moi, celle que je préfère. Déjà, je renoue un peu avec les bronzes et surtout Seiya, au lieu de toujours écrire sur mes deux ors favoris, que sont nos jumeaux gémeaux. Mais ne vous inquiétez pas, les ors ne sont plus très loin.

Pour vous expliquer un peu, j'ai eu l'idée de créer une dimension parallèle à la nôtre où la réalité est un peu déformée, et je prends une petite revanche sur Kurumada, mais ça, vous ne le comprendrez qu'à la toute fin, faites-moi confiance.

Je remercie mes deux lectrices très fidèles pour leur review et encouragement.

Bonne lecture !

Chapitre 2

Shun avait pris la décision de ne plus être le chevalier d'Andromède dès la fin de la guerre sainte contre Hadès. Il était retourné au Japon et avait ouvert, en partenariat avec la Fondation Kido, un orphelinat et un centre pour jeunes délinquants. Ce centre était devenu notre principale source de recrutement. Saori en était vraiment très fière, et Shun avait le sentiment de se rendre utile.

Ikki, le frère aîné de Shun, l'avait aidé, et s'était énormément investi. Nous lui devions beaucoup. Lui aussi, nous avait quittés prématurément.

Je m'approchais du grand domaine. Depuis près de 20 ans que je n'étais pas venu, depuis la mort de Ikki en fait, les choses avaient changé. Des arbres avaient été plantés, la maison repeinte et le toit refait apparemment. Ca ne chômait pas. Je m'arrêtais un instant devant la grille, me demandant si Shun serait vraiment content de me revoir. Accepterait-il de me suivre et de ré endosser l'armure d'Andromède ? Mon instinct me disait que non, mais je pouvais me tromper. Shun pouvait être quelqu'un de surprenant.

J'arrivais enfin devant la grande porte de bois. Sur le côté, une plaque dorée portait les inscriptions « Fondation Kido, à la mémoire de Saori Kido et de Ikki ». Shun avait dû le faire rajouter depuis. Je sonnais et fus introduit dans un grand bureau, aux couleurs chaudes, un endroit très agréable. J'eu à peine le temps d'enlever mon manteau que Shun arriva. Il avait coupé ses cheveux et portait un ensemble pantalon et veste en tweed. Il faisait un vieillard très respectable.

- Seiya ! Je suis content de te voir. Tu n'as pas changé !

- Menteur ! J'ai l'air vieux !

- Nous avons tous l'air vieux, corrigea t'il.

Nous nous assîmes dans de grands fauteuils de cuir près du feu. Il avait vraiment changé, ses cheveux avaient blanchis mais ses yeux brillaient d'un feu que je ne lui connaissais pas.

- Que viens-tu faire ici, au juste ?

- Je suis venu te voir, mon ami, tu restes tellement formel dans les rapports que tu m'envoies.

- Ce ne sont que des rapports, Seiya. Si tu me disais la vraie raison de ta visite…à part me voir, bien entendu.

- Ah, Shun ! Je ne sais pas encore comment te dire ça…

- Tu as des ennuis ?

Cette fois, il avait vraiment l'air inquiet. Et moi qui avais peur que notre amitié n'ait pas survécue à l'éloignement et au temps !

- Non ! Enfin, pas vraiment… Tu vas me prendre pour un vieux fou sénile, mais tant pis ! Alors écoute…

Et je me lançais dans mon récit, répété tellement de fois la veille, que j'avais l'impression de réciter un discours appris par cœur. Je lui racontais la visite de l'inconnu, et ce qu'il m'avait dit.

- Tu ne sais pas qui il était ?

- Non, il n'a pas voulu que je vois son visage.

- C'est curieux… et tu as cru à cette histoire ? Qu'est il devenu ?

- C'est ça justement qui m'a fait y croire. Il a disparu ! Envolé, personne ne l'a vu venir et personne ne l'a vu partir.

- Hmm… il fixait des yeux son verre à moitié vide. Il devait me prendre pour un fou. Puis il ajouta : Seiya, tu devrais te reposer, le voyage a été long. Je t'ai fait préparer une chambre, tu es ici chez toi.

Il se leva, me regarda de son air bienveillant puis fit mine de partir.

- Dis moi une chose… je suis le premier que tu es venu voir ?

- Oui…

- Bon, je te donnerai ma réponse demain. Bonne nuit.

Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit. Je me suis retourné 20 fois dans mon lit. J'ai ressassé cette histoire et me suis fait des films sur la réponse de Shun. Je me suis même demandé si je n'allais pas repartir pour le Sanctuaire comme un voleur. Puis, le matin est venu. Les premiers rayons du soleil me redonnèrent espoir. Si Shun me prenait pour un fou, je le remercierai quand même et lui dirai qu'il avait certainement raison.

Je descendis vers la cuisine boire un café pour me réveiller. On aurait dit que la cafetière n'attendait que moi, ce que je prenais pour un bon présage.

- Je vois que tu te souviens du chemin de la cuisine !

- Je me retournais surpris. Je ne l'avais pas entendu venir. Je me faisais vieux !

- Oh, bonjour Shun. Tu fais toujours le meilleur café !

J'essayais vraiment de paraître toujours aussi en train et sûr de moi que quand j'avais 20 ans. Mais il ne fallait pas se leurrer, et Shun n'était pas dupe.

- Ah Seiya… dit-il d'un air las en se laissant tomber sur une chaise. Je crois que tu as aussi mal dormi que moi, non ?

- Je crois bien, oui… avouais-je en m'affalant aussi.

- Tu penses aller voir qui, après ?

- Je ne sais pas… Shiryu peut être bien.

- Hmm…je crois que je vais t'accompagner, juste pour voir sa réaction.

- Tu crois que je devrais lui raconter cette histoire alors ? Tu ne me conseilles pas de rentrer au Sanctuaire et d'oublier tout ça ?

- Je ne crois pas que tu aies inventé cette histoire, si c'est ce que tu veux savoir. Sers- moi un café, tu veux ?

Le lendemain nous prîmes de bonne heure le chemin des Cinq Pics en Chine, là où se trouvait Shiryu, notre ancien compagnon, chevalier de bronze du Dragon, et chevalier d'or de la Balance. Depuis la mort de Dohko, son maître, il avait reçu la charge de veiller sur le sceau sacré d'Athéna. Je me demandais bien quelle apparence il aurait. Shun et moi avions l'air de deux petits vieux, avec nos cheveux blancs. Son apparence était loin d'être ma véritable préoccupation. Après Shun, je me demandais comment lui, allait réagir à mon histoire qui me semblait de plus en plus rocambolesque avec le temps. Je pensais que lui, au moins, aurait le cran de ma traiter de vieil imbécile. Quoi qu'il en fût, j'en aurais le cœur net dans les prochaines heures.

Shiryu était, comme à l'accoutumée, assis au bord de la cascade, là où s'était toujours tenu son maître. Il n'eut aucunement l'air surpris de notre arrivée. A tel point que je me demandais s'il n'avait pas reçu la visite de mon mystérieux visiteur, lui aussi.

- Seiya ! Shun ! Ca fait bien longtemps qu'on ne s'est vus.

Il se releva, vraisemblablement content de nous revoir, et nous entraîna vers une petite maison coquette non loin de là. Nous prîmes place dans la pièce commune, bien contents de nous retrouver à l'abri de la pluie qui s'était subitement mise à tomber. Il était toujours aussi grand, à mon grand soulagement, seuls ses cheveux avaient blanchis.

Il ne demanda pas au premier abord ce qui nous amenait si loin de chez nous, Shun et moi. Nous passâmes la soirée devant un petit repas simple à bavarder du bon vieux temps et de nos amis présents et disparus.

- Bon, et maintenant, si tu me disais pourquoi tu as quitté ta tanière. Dit-il subitement en se levant pour aller fumer sa longue pipe à la fenêtre.

- Tu fumes, toi maintenant ? lui demanda Shun.

- Depuis des années, et de plus en plus.

- Dis-nous un peu comment ça se passe ici, Shiryu ?

Comme Hadès avait été vaincu à Elysion, je savais que la surveillance du sceau était devenue symbolique. J'étais trop content de gagner du temps.

- C'est tranquille comme vous le devez le savoir. La surveillance est purement symbolique puisque nous avons fait ce qu'il fallait à Elysion.

- Et ton disciple ? Il progresse ? Demanda Shun.

- Oui, il a fini par se faire à la vie un peu spéciale d'apprenti chevalier. Mais c'est un bon garçon. Il va se présenter au prochain tournoi galactique.

- Ah oui ! Fis- je surpris. Alors, il va se faire de bons amis là- bas, ajoutais-je avec un clin d'œil.

A mon grand soulagement, ma petite remarque avait détendu l'atmosphère, et me permit de me lancer dans mon récit de manière plus détendue, bien plus détendue que lorsque je l'avais raconté à Shun. Mais tout aux Cinq Pics respirait la tranquillité.

Shiryu m'avait écouté tout en fumant sa pipe, et sans m'interrompre une seule fois. Même quand j'eus fini, il continuait à fumer, tout en me regardant. Du moins, le pensais je, car il était aveugle. Il finit par prendre la parole :

- C'est bien étrange ! As-tu bien réfléchi depuis, tu ne sais toujours pas à qui te faisait penser la voix ?

- Non ! et ça m'énerve ! Mais dis-moi d'abord, tu penses que je débloque ?

- Non, pas du tout, fit-il l'air surpris par ma question.

- Ouf ! Fis-je soulagé, j'avais peur d'être bon pour la camisole.

- Mais, dis-moi, Seiya, reprit Shun, resté un peu en retrait depuis tout à l'heure, avait-il des expressions qui t'étaient familières ? Je veux dire sa façon de parler ?

- Oui, un peu… je me levais précipitamment, complètement abasourdi, et me mis à faire le tour de pièce.

- Seiya ! m'interpellèrent-ils.

- Vous allez croire que je suis devenu fou !

- Alors, laisse-moi deviner, me dit Shiryu, tu penses que c'était toi.

Shun et moi le regardâmes interloqués, mais pour des raisons différentes. Shun parce qu'il croyait que Shiryu avait subitement perdu la tête, et moi, je me demandais simplement comment il avait deviné.

- Je pense que c'était toi, et c'est pour ça qu'il ne t'a pas laissé voir son visage.

- Tu crois à cette histoire, alors ? demanda Shun.

- Oui, bien sûr ! pas vous ?

- Je crois qu'on ne sait pas ce que l'on doit en penser ! s'exclama Shun.

Moi, je ne disais rien, je ne pouvais rien dire. Shiryu me croyait, ou plutôt il croyait à mon histoire, plus que je n'y croyais moi-même. Je sentis une petite larme perler au coin de mon oeil. L'âge me rendait sensible.

- Je vous propose d'aller vous reposer. Demain, nous partons voir Hyoga.

- Tu sais où il est ? demanda Shun surpris.

- Seiya ne te l'a pas dit ?

Je m'endormis comme une souche à peine couché cette nuit là, ou plutôt ce matin là, car nos discussions nous avaient entraînés jusqu'au petit matin.

De plus, je me sentais bien, j'avais l'impression d'avoir retrouvé mes 20 ans à discuter comme ça, autour d'une simple tasse de thé, avec mes vieux amis… Je ne dormis pas longtemps, Shiryu était venu me réveiller à peine quelques heures plus tard. J'étais complètement endormi, alors que lui semblait frais comme une rose. La vie aux Cinq Pics devait mieux préserver que celle de Grand Pope au Sanctuaire. Quant à Shun, il était toujours égal à lui-même. Il avait acquis avec l'âge une sorte de maîtrise de soi assez déconcertante.

Le matin était déjà bien avancé quand nous nous mîmes en route. Shun, qui ne savait toujours pas où nous allions, finit tout de même par me poser la question.

- Alors, tu sais où est Hyoga ?

- Oui, mais nous ne sommes plus en contact depuis des années, alors je ne suis pas sûr qu'il y soit encore.

- Mais où ?

- Au royaume d'Asgard, mon cher !

- Asgard ? Je le croyais tout bonnement resté en Sibérie, ou du moins avec toi, au Sanctuaire. N'est-il pas le gardien du temple du Verseau ?

- Mais oui, il l'est toujours, mais notre ami préfère le grand froid.

- Mais enfin, dis-moi ! Que fait-il là-bas ?

- Tu savais qu'il avait fini par succomber aux beaux yeux de la princesse Flamme ? Et bien maintenant, il a pris la succession de Hilda. Hyoga est presque mon égal maintenant.

- Et ça t'ennuie on dirait ?

- Euh…non…en fait cela ne m'a jamais traversé l'esprit.

Je mentais, ça m'ennuyait prodigieusement, bien entendu, mais comment l'avouer ? Qui a dit que les fonctions de Pope et l'âge rendaient sage ? Certainement pas moi !

Le royaume d'Asgard… je n'y étais pas revenu depuis les terribles évènements qui nous avaient forcé mes amis et moi à nous battre contre les Guerriers Divins. Je me souviens encore du goût amer de nos victoires, quel prodigieux gâchis cela avait été. C'est en repensant à toutes ces vies perdues inutilement, que je me rendis compte que Hyoga, de part ses fonctions, commandait aux Guerriers Divins, lui, un chevalier d'Athéna !

Nous arrivâmes au château sans encombre, le contraire aurait quand même été étonnant. Quand je dis aux gardes que j'étais le Grand Pope du Sanctuaire d'Athéna, toutes les portes s'ouvrirent comme par magie. Même si je détestais ce titre ronflant qui était le mien, force m'était donné de constater, qu'il avait bien des avantages !

- Ce n'est pas possible ! Ai-je bien entendu ? Le Grand Pope ?

Nous avions bien reconnu, Shun, Shiryu et moi, la voix de notre ancien compagnon Hyoga. Il avait toujours cette même chevelure blonde qu'autrefois, et ce même regard bienveillant, avec toutefois quelques rides supplémentaires.

Il parut assez surpris de nous voir, mais à son expression, la surprise était bonne. Les retrouvailles furent donc chaleureuses.

Nous terminâmes la journée dans un grand salon au coin du feu, à nous raconter encore « le bon vieux temps » et ce qu'étaient devenues nos existences depuis. Je décidais tout de même de garder pour moi cette question qui me brûlait les lèvres depuis notre arrivée : « Maintenant que tu as l'armure divine d'Odin, que penses-tu faire de celle du Verseau ? ». C'eut été déplacé !

Nous n'abordâmes le sujet principal de notre venue qu'au petit matin, encore une fois. Nous allions encore y passer la nuit.

Hyoga écouta mon récit l'œil brillant d'excitation. Lui, ne se posait pas la question de savoir si ce que je disais était le fruit de l'imagination d'un vieux fou. Au contraire, il trouvait ça passionnant :

- C'est super tout ça ! Comment on y va ?

- Attends un peu ! dit Shun, levant la main comme pour l'arrêter. Tu ne te poses même pas la question de savoir si c'est crédible ?

- Shun a raison, avouais-je, moi-même ne suis pas très convaincu.

- Et c'est un tort, dit Shiryu qui fumait à l'autre bout de la pièce. Tu aurais du demander son avis à Kiki, et je suis sûr que tu ne trouverais pas ça aussi ridicule.

- Mais enfin, Shiryu, Hyoga, je vous parle d'un monde parallèle ! Et vous prenez ça comme si je vous parlais de mes crampes !

- Et alors ? Tu n'as pas envie de jouer le jeu ? Tu n'as pas envie de revoir ceux qui sont morts ? Questionna Hyoga.

Je voyais bien où il voulait en venir. Il pensait à son cher maître disparu, Camus, l'ancien chevalier du Verseau. Cette réponse que venait de faire Hyoga, comme un cri du cœur, mit tout le monde mal à l'aise. Bien sûr que tout le monde ici, dans cette pièce, rêvait de revoir, au moins une fois et un court instant, ceux qui étaient partis.

- Hyoga, fis-je au bout d'un moment en essayant de ravaler mes larmes, je comprends, nous comprenons tous ce que tu ressens, mais si nous décidons de le faire, ça ne doit pas être dans un but personnel.

- Sans compter que nous ne savons pas réellement ce que nous allons trouver là bas, ajouta Shun. Vous vous sentez, à vos âges, capables de refaire une bataille du sanctuaire ? Parce que c'est ce qui nous attend, retraverser les douze maisons pour atteindre le Pope. Nous ne savons même pas si nous avons les mêmes alliés que la dernière fois. Et puis, je vous rappelle que j'ai raccroché, et très franchement, je ne me vois pas à mon âge, remettre l'armure d'Andromède…

Shun venait de marquer un point, et tout le monde replongea dans ses rêveries. Ce fut Hyoga qui nous en tira :

- La nuit porte conseil. Reposez vous aussi longtemps que vous le souhaitez. Nous en en reparlerons ce soir. Bonne nuit !

Nous le regardâmes partir. Nous savions qu'il était déçu, mais ce n'était pas une décision à prendre à la légère. Nous nous séparâmes pour rejoindre nos chambres respectives.

Au prochain chapitre, je vous réserve encore une surprise, ben oui, cette fic en est pleine, je vous avais prévenus.