Bonjour tout le monde, je sais que cela fait un petit moment que je n'ai rien posté. Souvenez-vous que nos amis s'apprêtaient à partir, et bien voici le départ tant attendu.

J'espère que ce chapitre vous plaira autant que les autres. Bonne Lecture !

Chapitre 4

Shun Shiryu et Hyoga étaient heureux de revoir Kanon, et je ne pouvais m'empêcher de penser que l'inconnu qui nous attendait dans moins de 4 heures dans la maison du bélier, ne semblait pas les affecter plus que ça. Moi, je ne pouvais rien avaler. Je changeais maintes fois de position sur mon siège et ne parvenais à boire qu'une infime quantité d'eau, tellement j'avais mal au cœur. Eux, au contraire, faisaient honneur au repas. Quant à Kanon, je le devinais aussi nerveux que moi et surtout inquiet pour Jilian. Il s'efforçait de paraitre enjoué et de manger de bon appétit, alors qu'en regardant bien, il n'avalait que quelques bouchées. Je me décidais cependant à me lever de table, prétextant une dernière chose urgente avant le grand départ et avant que je ne briffe Shun et Kanon. En un bref coup d'œil, je compris que Kanon me chargeait de savoir où était passé Jilian depuis ce matin. Je lui souris pour le rassurer et pris congés sans trop éveiller les soupçons, sauf peut-être de Shiryu, qui me suivait de ses yeux morts.

Je demandais à mon secrétaire de me convoquer Jilian sur le champ, car je n'avais pas envie de lui courir après. Le plus simple était encore de le faire venir jusqu'à moi. Pendant ce temps là, je regardais les dossiers épineux, pour voir où je pourrais l'envoyer. Je m'intéressais sérieusement à un dossier en particulier quand on l'annonça. Il ne devait pas être parti très loin car il arriva assez vite, peut être même trop vite. Tout ce que j'espérais, c'était qu'il n'avait pas entendu les révélations de Kanon sur sa filiation. Rien ne le laissait supposer, car je ne vis aucune émotion particulière sur son visage quand il entra, mais je le connaissais bon comédien.

- Vous m'avez fait demander ? Demanda-t-il d'une voix neutre.

- Oui, mais relève toi, tiens prends la chaise qui est là.

Je lui montrais la chaise derrière mon bureau. Puis, une fois que je m'assurais que Kanon, sur la terrasse, avait vu son neveu, je fis semblant de changer d'avis.

- Euh, non, pour finir, viens avec moi, allons marcher un peu, nous serons plus tranquilles.

Il haussa les épaules et se dirigea vers la porte. Je pris mon dossier avec moi sous le bras et l'invitais à marcher vers le temple d'Athéna. Il m'offrit son bras, comme à son habitude chaque fois que nous marchions ensemble. Les révélations de Kanon résonnaient encore dans ma tête. Le fils de Saga… Je m'arrêtais soudain, repensant à ce qui s'était passé 20 ans plus tôt. Saga était tombé malade, et c'était la fille du médecin du dispensaire qui venait le soigner… Jilian inquiet me sortit de ma rêverie.

- Majesté, vous allez bien ?

- Euh, oui, ça va, je viens de me rappeler une chose sans importance mais qu'il va falloir que je fasse avant de partir.

- Pourquoi vouliez-vous me voir, au juste ?

Je le regardais, il était aussi impatient que son père ! Je le menais près d'un banc d'où nous avions une vue imprenable sur le Sanctuaire, et lui tendit le dossier que j'avais pris avec moi. Il le prit et commença à le lire, toujours aussi impassible. Il haussa tout de même un sourcil.

- Je vois… quand voulez-vous que je parte ?

- Le plus tôt possible, mon garçon, cet après-midi si tu peux. Je t'envoie quand même à l'autre bout du monde.

- Pourquoi moi ? Vous disiez ce matin que vous regrettiez de m'avoir fait chevalier d'or et maintenant vous me servez une crise importante au Pérou ? Je ne vous suis plus…

Ce garçon, que j'adorais malgré tout, et malgré moi, comme le fils que n'avais pas eu, avait l'art et la manière de me surprendre et de m'énerver. Comment allais-je me sortir de là sans dégâts ?

- Je voulais te faire réagir, ce matin, Jilian, rien de plus. Mais il est vrai que tu es imbuvable, pardonne ma franchise, depuis quelques temps. La vie au Sanctuaire est assez morne pour quelqu'un de ton tempérament. J'avais le même problème avec ton p…

Je m'arrêtais sur le champ. Qu'avais-je dit ? Mais à ma grande surprise il ne releva pas, ce qui me permit d'enchaîner.

_ ...avec ton maître.

- Vous avez sûrement raison… je m'ennui.

- Je le sais bien. Je sais que tu feras du bon travail là-bas au Pérou. C'est surtout de l'humanitaire, mais c'est important.

Il acquiesça tout en regardant la vue, le dossier ouvert dans ses mains.

- Vous m'aviez promis de me parler de Saga, me dire comment vous l'aviez connu.

Voilà qu'il me surprenait de nouveau.

- C'est vrai, je te l'ai promis. Ecoute, fis-je en lui reprenant le dossier, fais du bon boulot au Pérou, et à ton retour, je te dirai tout ce que tu voudras savoir.

Il se releva et me dit d'accord tout en m'offrant son bras pour redescendre vers la maison du Pope où m'attendaient mes amis, sûrement prêts à partir vu l'heure qu'il était.

Plus l'heure avançait et plus je me sentais nerveux. Je commençais réellement à me demander si je ne m'étais pas emballé trop vite. En plus, comme un fait exprès, Jilian me causait des soucis, et je m'en voulais de partir à l'aventure au lieu de rester m'occuper de lui. Les enfants sont étranges parfois, ils écoutent plus un parfait inconnu que leurs propres parents. Il avait bien semblé m'écouter tout à l'heure sur le banc, mais je me méfiais. Comment n'avait-il pas entendu ma bourde, quand j'ai failli appeler Saga, son père. Il était également possible que je me fasse des idées.

- Seiya !

La voix de Shun me tira de ma rêverie. Nous étions tous au complet dans mon bureau pour un dernier débriefing, Shun, Shiryu, Hyoga, Kiki, Kanon et moi.

- Excusez-moi, mais il se trouve que c'est toujours au moment de partir qu'il nous arrive des imprévus, fis-je en regardant Kanon. Bien, messieurs, il va être temps d'y aller, notre ami Mu nous attend.

J'envoyais Shiryu et Hyoga chercher leurs armures et partir devant avec Kiki, pendant que je restais un petit moment avec Shun et Kanon. Je les mis brièvement au courant des en-cours, puis sur le départ, je prenais Kanon à part.

- Bon, écoute, j'ai envoyé Jilian au Pérou pour une mission humanitaire, mais d'importance tout de même. Il devrait en avoir pour quelques jours, et avec de la chance, je serai rentré avant lui.

- Oui, je sais, il me l'a dit tout à l'heure. Il était très fier. Un grand merci pour tout ce que tu fais pour lui…

Je le stoppais net, car j'allais me mettre à pleurer, et ce n'était vraiment pas le moment.

- Ca va, ne t'en fais pas. Mais il faudra qu'on en reparle à mon retour ! Je sens que cette histoire va me travailler. Quel dommage qu'on ne puisse pas repousser à demain !

- Ne dis donc pas de bêtises ! Tu ne changeras jamais… me gronda Kanon.

Je rejoignis mes amis, l'armure du Sagittaire, que je n'avais pas endossé depuis des années, sur le dos, dans la maison du bélier. L'aide de Kiki et celle de Mu, qui nous attendait de l'autre côté, me rassurait quelque peu.

4 heures moins 5 minutes… c'était terriblement angoissant d'attendre comme ça sans rien faire. L'ambiance commençait à se faire oppressante.

- Kiki, mon ami, fis-je, on ne peut pas y aller maintenant ?

Pour toute réponse, il me sourit, puis quand l'heure fut enfin venue, il dessina un rond et des symboles par terre à l'aide d'une craie. Il se tint à l'intérieur les bras écartés en murmurant des mots incompréhensibles. Soudain, les murs du temple se mirent à bouger, j'avais l'impression étrange qu'ils allaient m'absorber. Kiki nous invita à le rejoindre dans le cercle et une fois à l'intérieur, je me sentis tomber dans un vide immense. Je ne sentais plus mon corps tellement la chute était vertigineuse et je n'avais plus aucun repère. Tout à coup, je sentis un contact brutal avec le sol, le nez sur le dallage froid avec l'impression désagréable d'avoir le corps en mille morceaux. Kiki, à côté de moi semblait dans le même état. Une main secourable s'offrit à moi quand j'essayais de me relever. En levant les yeux, j'aperçus, dans un grand moment de joie, le visage souriant de Mu, le chevalier d'or du bélier, mon ami disparu depuis plusieurs années.

Il m'aida à me relever, mon corps pesait une tonne et j'avais l'impression de ne plus avoir d'articulations.

- Doucement, me dit Mu, vos sensations reviendront dans quelques minutes.

Il aida les autres à se relever, Kiki qui était groggy sur le sol, Hyoga qui essayait de reprendre ses esprits assis en tailleur, Shiryu qui n'avait pas repris connaissance et… je croyais que mes sens me jouaient un tour ! J'essayais de marcher vers ce corps étendu sur le ventre, non loin de celui de Shiryu, mais la tête me tournait tellement que je finis à 4 pattes. J'avais bien vu, ces cheveux noirs et bouclés, l'armure d'or des gémeaux, c'était bien Jilian !

Sous l'effet de la colère et de la surprise mes esprits me revinrent tout d'un coup et je me chargeais de réveiller ce petit imbécile moi-même en le giflant et en jurant.

Une poigne de fer me retint par le poignet.

- Arrêtez ! Il est réveillé maintenant.

Je n'en croyais pas mes oreilles, le chevalier Aiolia du lion se tenait derrière moi.

- Aiolia ? C'est toi ?

- Oui, Majesté, fit-il gêné, Mu nous a dit que vous viendriez, alors nous sommes venus, par curiosité.

- Nous ?

Je me rendis compte soudain que je tenais toujours Jilian par les cheveux ! Je le lâchais pour l'aider à le remettre sur ses jambes, puis le giflait de nouveau.

- Seiya ! S'indigna Shiryu, arrête maintenant.

- Il m'a désobéit ! Il a osé… puis m'adressant à Jilian qui me regardait de toute sa hauteur, tu ne mérites pas le souci qu'on se fait pour toi, Kanon et moi. Tu es bien comme ton père !

Tout le monde resta interloqué par ce que je venais de dire. Quant à Mu, Aiolia et Aldébaran, ils assistaient à la scène en spectateurs.

- Mon père ?... balbutia Jilian sans me quitter des yeux. Je le savais, j'en étais sûr… Et Kanon ce vieux fou sénile…

Je le giflais de nouveau.

- Un peu de respect, s'il te plait, pour l'homme qui s'est efforcé de t'élever ! Ah, tu m'as bien joué la comédie tout à l'heure, n'est ce pas ? Mais tu ne vas pas t'en tirer comme ça ! Tu voulais que je te parle de Saga ? Tu vas avoir ta réponse dans les prochaines heures !

- Seiya, calme-toi maintenant, me dit Hyoga. On devrait peut être expliquer certaines choses à nos… amis, ici présents.

Je me rendais subitement compte que nous n'étions plus dans « mon » Sanctuaire et que les pauvres Mu, Aldébaran et Aiolia ne comprenaient pas un traitre mot. Je me tournais donc vers eux pour leur expliquer qui nous étions et d'où nous venions.

Aiolia semblait désolé.

- Tu avais raison, Mu, et je ne t'ai pas cru. Si je ne le voyais pas…

Mu s'avança vers Kiki, son cher disciple qui n'était qu'un enfant à son époque et qu'il retrouvait âgé et chevalier. Il lui caressa la joue.

- C'est incroyable ce que tu ressembles à…

Kiki baissa la tête, ému aux larmes, comme nous tous d'ailleurs, sauf Jilian qui restait sans rien dire, en retrait.

- Mu, s'il te plait… commençais-je en faisant un effort sur moi-même pour parler, explique-nous la situation, car nous ne savons que peu de choses… Et où est mon « double » ?

- Ah, vous saviez qui il était ? Il m'avait pourtant assuré qu'il ne vous en avait rien dit.

- J'ai compris tout seul. Mais, s'il te plait, explique-nous.

- La situation ici n'est pas la même que pour vous. Si le vieux maître dit vrai, les chevaliers de bronze ont traversé les douze maisons pour sauver Athéna de la mort ?

- C'est bien cela… fis-je en sombrant dans de lointains et douloureux souvenirs.

- Attendez une minute ! Intervint Aldébaran qui n'avait pas ouvert la bouche depuis tout à l'heure. Comment des chevaliers de bronze auraient-ils pu traverser les 12 maisons et vaincre 12 chevaliers d'or ? C'est impossible !

- Nous l'avons pourtant fait ! Intervint Hyoga. C'est ici que nous nous sommes tous éveillés au septième sens.

- Et vous êtes chevaliers d'or pourtant ? Demanda Aiolia qui cherchait à comprendre. Puis s'adressant à moi : et vous portez l'armure du Sagittaire, celle mon frère !

Je pris une profonde inspiration pour garder mon calme et pour chercher une phrase qui leur expliquerait les choses rapidement.

- Disons qu'après la bataille du Sanctuaire, nous avons déploré de lourdes pertes, parmi les chevaliers d'or… disons pour faire simple que seuls Mu, Aldébaran, toi Aiolia, Shaka et Milo étiez toujours en vie.

- Je n'y crois pas une seule seconde ! C'est impossible !

- Notre présence vous le prouve, non ? Lui répondit Shiryu qui avait gardé, je ne savais pas comment, tout son calme. Que sont devenus les 5 chevaliers de bronze défenseurs d'Athéna ?

- J'allais y venir, lui répondit Mu. Le Pope les a fait assassiner pendant le tournoi Galactique. Seul Pégase et quelques autres ont survécus. Un vrai massacre, et en plus, il a récupéré l'armure du Sagittaire.

- Et Saori ? Ne pouvais-je m'empêcher de demander. Qu'est-elle devenue ?

- Saori ? Vous voulez dire, la princesse Saori Kido ?

- Oui, Athéna !

Mu et les autres se regardèrent surpris.

- C'est Athéna ? Nous ne savions pas… Le Pope avait des projets spéciaux pour elle, il voulait qu'elle soit capturée vivante.

- Mais où est-elle ? M'exclamais-je à bout de nerf.

- Le Pope la séquestre, dans la maison d'Athéna, d'après ce que j'ai pu savoir. Me répondit Mu.

- Mais qui s'est chargé d'exterminer tout le monde au tournoi ? Demanda Hyoga.

Ce fut Aiolia qui lui répondit :

- Milo du scorpion.

La surprise, cette fois-ci, fut pour nous. Même Jilian était surpris, surtout que son meilleur ami était le nouveau chevalier du scorpion, Orion, promu en même temps que lui. Il s'avança, ayant perdu un peu de sa superbe depuis tout à l'heure, et demanda à Mu :

- Savez-vous ce qu'est devenu Saga ?

Ce fut Aldébaran qui lui répondit :

- Non, mon garçon, nous ne l'avons plus revu depuis… combien de temps ? Demanda-t-il à Mu.

- Nous menons tous une vie en dehors du Sanctuaire, mon garçon. Répondit celui-ci. Mais il doit être au temple des gémeaux à cette heure.

- A moins qu'il ne soit déjà dans la maison du Pope ! Ne pus-je m'empêcher de répliquer.

- Seiya ! S'écrièrent Hyoga et Shiryu. Ce dernier avait un air grave qui semblait me dire de faire attention à ce que je disais, surtout devant Jilian.

- Que voulez-vous dire ? me demanda Mu.

- Rien, je parlais comme ça… Vous savez qui est votre Pope ?

- Arès, mais nous n'avons jamais vu son visage.

- D'accord… je réfléchissais tout haut. Ce qui veut dire que si vous êtes là tous les 3, c'est que vous doutez de lui ?

- Nous ne sommes pas d'accord avec ses…méthodes, me dit Aiolia qui commençait à se détendre et à se sentir en confiance. Nous sommes les seuls à oser le contredire en public. Sans compter le vieux maître !

Shiryu ne put s'empêcher de sourire. Son « vieux maître » lui manquait beaucoup, je le savais. Mu lui demanda :

- Vous êtes le chevalier Dragon, n'est-ce pas, le disciple du vieux maître ?

- En effet. Répondit-il simplement.

Puis ce fut le silence, tout le monde paraissait réfléchir, perdu dans ses propres pensés. Les miennes allaient vers Saori, que Saga retenait captive. S'il était bien le Pope. Et de ça, pour l'instant, je n'en avais aucune preuve. En pensant à cela, sans le vouloir, je regardais Jilian. Quel changement il y avait en lui ! Je voyais le chevalier que Kanon et moi désespérions de voir devenir un jour. Peut-être avait-il bien fait de me désobéir après tout. Il me regarda soudain, le même regard que son père, légèrement triste.

- Si nous y allions ? Proposais-je à l'assemblée. Nous avons du chemin à parcourir jusqu'à la maison du Pope.

Puis, marchant vers Jilian :

- Je suis désolé d'avoir été un peu rude avec toi. Mais je dois te prévenir, ce que tu risques de découvrir sur ton père, ne va pas peut-être pas te plaire.

- C'est moi qui m'excuse, mais je vous avais entendu, vous et Kanon, et je devais vous suivre, coute que coute.

- Sérieusement Jilian, la mission humanitaire au Pérou était urgente…

- Ne vous en faites pas, me coupa-t-il, j'ai demandé à Orion d'y aller à ma place.

- Il va falloir que l'on ait une petite discussion avec tes amis Arès et Orion quand nous serons rentrés…

Il se contenta de sourire.

Nous rattrapâmes la procession qui se dirigeait vers le temple des Gémeaux. Je m'inquiétais, car si, ici, tout était identique que dans notre monde, Saga ne serait pas dans sa maison, et il faudrait expliquer aux autres, et surtout à Jilian, ce que cela voulait dire. D'ailleurs je lisais bien de l'inquiétude sur ses traits, au fur et mesure que nous avancions.