Bonjour à tous, voici le dernier (enfin !) chapitre de cette fic, très légèrement décalée. Âmes sensibles s'abstenir, une certaine scène, peut-être même deux, peut choquer les plus sensibles d'entre vous. Mais n'exagérons rien non plus, il y a plus violent que ça.

Chapitre 7

Nous courions tous en direction de la maison des Poissons, comme si nous avions la mort aux trousses. Je savais mes amis aussi surpris que moi du dénouement de la situation. Nous nous étions attendus et préparés à une bataille du Sanctuaire telle que nous l'avions déjà connue. Au lieu de cela, nous trouvions les chevaliers d'or au bord de la mutinerie et tous prêts à nous aider, à l'exception toutefois d'Aiolia. Mais si Jilian avait vu juste - et il avait certainement vu juste - et qu'Aiolos était effectivement le Pope, alors tout s'imbriquait parfaitement.

Dans tous les cas, je n'en revenais pas de la cruauté de cet homme. Qu'avait-il bien pu se passer dans son esprit pour en arriver à de telles extrémités ? A moins qu'il ne soit possédé lui aussi, comme l'avait été Saga, et d'un caractère moins fort que ce dernier pour résister, se soit laissé complètement envahir par la haine. Je ne voulais certes pas juger, j'étais mal placé pour cela, mais j'espérais quand même une explication.

A notre arrivée chez Aphrodite, nous le trouvâmes assez perturbé à la sortie de son temple, le regard fixé sur la maison du Pope. L'escalier qui y menait était entièrement recouvert de roses rouges, celles-là même qui avaient bien failli me coûter la vie à l'époque, sans l'intervention de Marine. Death Mask s'approcha de lui pour lui demander ce qui s'était passé, car à l'évidence un combat venait d'avoir lieu dans la maison.

Il se tourna vers nous et nous regarda attentivement, surpris de voir certains chevaliers en double. Un mince filet de sang coulait de son arcade sourcilière.

- Aiolia du Lion est arrivé comme un fou tout à l'heure. J'ai voulu l'empêcher de passer, et il a voulu se battre.

- Où est-il maintenant ?, m'enquis-je.

- Oh, il doit être en train de mourir asphyxié par le parfum de mes roses démoniaques .

Son regard revint se perdre dans la contemplation du palais.

- A moins que ma rose sanguinaire n'ait eu raison de lui avant…

La froideur de sa réplique me glaça le sang. Le chevalier des poissons n'était pas vraiment connu pour son bon cœur, cette réputation était, apparemment, également vraie dans ce monde. Mais une telle froideur envers l'un de ses frères d'arme me laissait sans voix. Je me tournai vers mes amis pour voir leur réaction. Même s'ils étaient un peu déboussolés, ils semblaient tout de même déterminés à aller jusqu'au bout, surtout maintenant que nous touchions au but.

- Et bien, allons-y alors ! Aphrodite, je crois qu'il serait plus judicieux de passer par l'autre chemin…

Il eut un petit sourire en coin, et répondit sans même m'accorder un regard :

- On vous suit, puisque vous connaissez le chemin !

Le palais du Grand Pope, enfin… j'aurais dû peut être m'y sentir chez moi, mais l'atmosphère qui régnait à l'intérieur était des plus malsaines. Il était pourtant identique à celui que je connaissais bien. Je me dirigeai machinalement vers le bureau, qui était identique aussi, quoi qu'un peu mieux rangé que le mien. Je me dis que le Pope ne devait pas y passer son temps, en tout cas pas autant de temps que moi. Je revins vers le groupe. Certains étaient allés voir dans les pièces voisines, mais comme moi, n'avaient trouvé qu'une pièce vide. Je ne sentais même pas le cosmos d'Athéna, ce qui commençait à m'inquiéter très sérieusement.

- Seiya !, m'appela la grosse voix d'Aldébaran. Regarde un peu qui j'ai trouvé agenouillée devant l'autel d'Athéna !

Il tenait par le bras une jeune fille d'environ 16 ans, apeurée, ou plutôt non, effrayée, les cheveux trempés, elle sanglotait et tremblait comme une feuille, la pauvre enfant. C'était Saori.

- Tu peux la lâcher, fis-je en cachant mon trouble du mieux que je le pus. C'est Athéna.

- Hein ?, tu veux dire…

- Oui, c'est Saori, la réincarnation de la déesse Athéna.

- Qui êtes-vous ?, parvint-elle à articuler. Vous ressemblez à un chevalier de bronze…

- On vous expliquera en temps voulu, lui dis-je. Vous ne craignez rien, vous êtes en sécurité maintenant.

J'étais soulagé de la voir sauve. J'avais su, rien qu'en la voyant, que ce n'était pas ma Saori, qu'elle était très différente. Comme si Athéna ne possédait pas son corps, qu'elle était juste une adolescente comme les autres, à ceci près qu'elle était au mauvais endroit et au mauvais moment.

Cependant autre chose ne m'allait pas, le Pope n'était même pas là pour nous accueillir ou même nous narguer. Toutes ces choses tournaient à 100 à l'heure dans ma tête quand je m'aperçus que l'un de nous avait disparu.

- Vous savez où est passé Aphrodite ?

Tout le monde se mit à regarder autour de la pièce, comme s'il se dissimulait derrière un poteau.

- Je crois qu'il est parti du côté des thermes, me fit Mu.

- Les thermes ?, demandais-je incrédule. Il pense y trouver le Pope en train de prendre un bain, peut-être ?

Je ne remarquai pas l'expression de Saori à ces mots. Si je l'avais fait, j'aurais peut-être compris tout de suite et j'aurais fait le rapprochement avec ses cheveux mouillés.

- C'est aussi le seul endroit que nous n'avons pas fouillé…, me répondit-il, en regardant vers la Déesse, et comme s'il avait, lui, fait ce rapprochement.

Je restais un peu indécis sur le coup, de moi-même c'était le dernier endroit où j'aurais pensé le trouver.

- Bon, et bien, allons voir… finis-je tout de même par dire.

Puis, me tournant vers Saori :

- Vous devriez aller vous mettre à l'abri dans le bureau du Pope. Nous reviendrons vous chercher plus tard. Allez, n'ayez pas peur…

Je sentais que d'instinct la jeune fille me faisait confiance, mais la pauvre était pétrifiée de peur.

Nous empruntâmes le long couloir qui descendait vers les sous-sols en direction des thermes, que je connaissais fort peu : mes goûts étaient restés simples et je préférais de loin les criques naturelles que nous offrait en abondance le domaine sacré.

Nous n'étions pas moins de 12 chevaliers d'or à nous engouffrer dans ce mince couloir et le bruit de nos pas faisait un vacarme épouvantable. Difficile de passer inaperçus. De la vapeur commençait à apparaître et je distinguai peu à peu la vaste salle des bains.

En entrant je remarquais bien plié sur un banc une robe bleue, que je connaissais bien, puisque je portais la même. Ce qui voulait dire, et à ma grande surprise, que le Pope se baignait bel et bien pendant que nous progressions vers lui ! Etait-ce du sang-froid, de la grande confiance en soi ou de la bêtise pure et simple, jamais je ne le saurais, car pendant que j'examinais la robe avec Kiki, Shiryu nous appela :

- Seiya ! Tu devrais venir par ici !

Je rejoignis les autres, tous attroupés au bord du bassin d'où s'échappait de la vapeur en abondance. On s'écarta pour me laisser le passage et là je le vis : un corps nu sans vie flottait sur le ventre au milieu du bassin et l'eau était teintée de rouge.

- Vous… vous savez qui c'est ?, demandai-je sous le choc.

Déjà Saga avait plongé, et arrivé à la hauteur du corps, il le retourna. Les chevaliers d'or reculèrent sous l'effet de la surprise. Shiryu, Hyoga, Kiki et moi nous regardèrent. Nous ne le connaissions pas vraiment, puisque dans notre réalité il était mort depuis longtemps, mais nous devinâmes qu'il s'agissait d'Aiolos. Mais le plus troublant dans tout ceci, étaient bien les circonstances de sa mort.

- Au moins, nous n'avons pas à nous demander comment il est mort, trouva à ironiser Masque de Mort.

- Et nous savons qui l'a tué, grinça Milo.

- C'est bien une rose sanguinaire, nous confirma Mu qui examinait le corps, que Saga avait sorti du bassin, avec l'aide de Kiki. Et vu l'expression de son visage, il ne devait pas s'y attendre.

- La mort a été assez rapide, compléta Kiki.

- Mais tout ceci reste tout de même incompréhensible !, s'indigna Camus. Qui dirigeait le Sanctuaire ? Lui ou Aphrodite ?

- Retrouvons-le d'abord, nous lui poserons des questions ensuite !, s'emporta Milo qui commençait à ressembler davantage à celui que je connaissais bien.

Nous fîmes donc demi-tour et laissâmes le corps d'Aiolos, recouvert d'une cape, dans les thermes pour retourner vers le palais. Je réfléchis tout haut :

- Mais si Aphrodite est retourné au Palais, nous l'aurions forcément croisé…

Pas forcément, me glissa Shaka qui marchait derrière moi, il y a une autre sortie, de l'autre côté des thermes.

- Et bien, tu les connais mieux que moi…

- J'y allais souvent avant.

Je crus vaguement discerner un sourire sur les lèvres minces de Saga, mais j'étais trop préoccupé pour y prêter vraiment attention ce soir-là.

Pour une surprise, elle était de taille. Aphrodite, chevalier d'or des poissons, était tranquillement assis, les jambes croisées, sur le trône. Il nous attendait, un sourire en coin et une rose blanche fichée entre les dents.

Personnellement, je n'avais rien contre lui, tout ce que je voulais c'était savoir ce qui s'était passé et surtout, remettre la réincarnation d'Athéna sur son trône, et m'en aller d'ici le plus vite possible.

Nous étions tous là, devant lui, certains les poings serrés et attendant la confrontation avec une certaine envie, d'autres, ceux de ma dimension, attendaient qu'il se décide à parler. L'attente ne fut pas bien longue.

- Je ne pensais pas que Mu irait jusqu'au bout quand il avait proposé d'aller chercher les bronzes dans une autre dimension, commença-t'il dans un calme absolu. Et votre détermination m'a poussé à agir en conséquence.

- En tuant Aiolos ?, m'enquis-je. Pourquoi ?

- Il devenait gênant… Il commençait à avoir des idées. Mais ne me dites pas que ce grand benêt vous manque !

- La question n'est pas là, fit Saga en s'avançant l'air menaçant, Shion avait confiance en lui, assez confiance pour lui confier les rênes du Sanctuaire.

Aphrodite se contenta d'éclater de rire. Son flegme était assez impressionnant, il n'avait pas bougé d'un iota.

- Tu peux parler, Saga ! Tu veux me faire croire, à moi, que le choix du vieux te convenait ? Monsieur Bonne Parole, faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ! Tu es peut-être encore plus fourbe que moi. Je sais que tu convoitais sa place !

Les yeux de Saga lançaient des éclairs, je crus pendant un moment qu'il allait le tuer sans ménagement. Mais Shaka posa une main sur son épaule et il sembla reprendre son calme. Je trouvais cela pour le moins inattendu, mais le moment n'en était pas aux questions sur les relations Saga/Shaka.

Shiryu qui ne perdait pas un mot de ce qui se passait lui demanda l'histoire depuis le début. Je dois dire que je l'en remerciais silencieusement et priais aussi, que Milo et les autres, surtout Pégase, le laissent finir avant de le tuer, car il était clair, connaissant les chevaliers et leur code de l'honneur, qu'Aphrodite vivait là ses derniers instants.

EPILOGUE

Nous étions bien sagement assis Shiryu, Hyoga, Kiki, Jilian et moi sur la terrasse attenante à mon bureau, à raconter à Kanon et Shun notre épouvantable et surtout éprouvante journée de la veille. C'était le soir, le soleil se couchait sur la mer, et nous profitions du calme et de la fraîcheur. Nous avions dormi toute la journée, et je ressentais des courbatures pour avoir porté une armure toute la journée.

- Et alors ?, me pressa Shun, que s'est-il passé ensuite ? Que vous a dit Aphrodite ?

- Nous l'avons retrouvé sagement assis sur le trône de la grande salle. Il nous attendait, très sûr de lui. Il n'a même pas daigné se lever quand nous sommes arrivés…

- … Nous lui faisions face, 12 contre un, mais cela ne semblait pas le gêner. Peut être était-il prêt à mourir ? Il nous raconta comment il avait manipulé Aiolos et Aiolia toutes ces années.

- Mais qui avait tué Shion ?, demanda Kanon

- Aiolos, lui répondit Kiki, c'était lui le Pope, avant qu'Aphrodite ne commence à mettre son nez dans les affaires du Sanctuaire. Quand il a vu qu'Aiolos était un faible, il n'avait qu'à le manipuler comme un pantin.

- Mais il manque quelqu'un dans cette histoire !, s'exclama Shun. Et la princesse ? Vous n'en avez pas parlé !

Kiki, Hyoga et Shiryu me regardèrent. Je ne me sentais pas capable d'en parler, aussi, je me suis contenté de baisser les yeux. Ce fut Shiryu, avec son flegme imperturbable et sa pipe dans la bouche qui raconta ce passage.

- Elle était de mèche avec Aiolos, et sa maîtresse apparemment. C'est elle qui a eu l'idée du massacre au tournoi galactique pour se faire enlever et ainsi s'enfuir de la fondation Kido. Mais elle n'avait aucun pouvoir sur Aphrodite. Elle ne l'a pas pleuré quand Milo, Saga et Pégase se sont occupés de lui.

- Ils l'ont tué ?

- Massacré serait plus juste, répondit Hyoga. Et Camus s'est même chargé de lui faire un cercueil de glace qu'ils ont placé en trophée dans la grande salle pour l'exemple.

- C'est tout de même un peu macabre… Que s'est-il passé ensuite ?

- Il n'y avait plus grand-chose à faire… repris-je. Athéna n'avait plus rien à craindre et elle avait tout à apprendre de la charge du Sanctuaire.

- Vous avez nommé un Pope ? Demanda Kanon

- Oui, à l'unanimité le choix s'est porté sur Saga. Comme Shion l'avait choisi, avec Aiolos, pour lui succéder, cela semblait aller de soi.

- Que va-t-il se passer maintenant ?, demanda Kanon.

- Saga et Saori sont partis au Japon renouer avec la fondation, présenter de très plates excuses au vieux Kido, histoire de pas perdre leur précieux sponsor après la crise d'adolescence de la jeune Saori.

- Crise d'adolescence !, s'indigna Shun. Elle a provoqué un massacre et tu appelles ça une crise d'adolescence ?

- Les mots me manquent, fis-je en haussant les épaules.

La soirée se termina tard. Mon esprit était encore resté là bas, j'avais beaucoup de mal à revenir à mon époque, même si j'étais bien content d'être enfin rentré chez moi. Le lendemain, une longue journée m'attendait encore, mes amis allaient rentrer chez eux, et j'avais promis de m'occuper de Jilian. Il voulait tout savoir de son père, ce qui était compréhensible. Son ami Orion, le jeune chevalier du scorpion qu'il avait envoyé à sa place au Pérou pour pouvoir nous suivre, devrait rentrer bientôt, et je devrais aussi m'occuper de cela. Je me promis cependant d'envoyer Jilian en mission, il était grand temps qu'il y aille.

Je pensais également à Saori. Sans aucun repère, elle avait dû se laisser séduire par Aiolos et la vie facile qu'elle imaginait avoir au sanctuaire. Comment lui en vouloir ? Je ne sais pas ce que j'avais espéré au juste en allant là-bas.

Epilogue

Le Sanctuaire, deux jours après les évènements qui avaient vu la fin d'Aphrodite, toujours dans son cercueil de glace dans la grande salle du trône. Depuis son retour du Japon, Athéna travaillait d'arrache-pied pour se faire pardonner ses bévues d'adolescente. Les récents évènements l'avaient transformée, et elle restait en liaison constante avec le Japon. Mais chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle revoyait le corps de son cher Aiolos transpercé par la rose alors qu'ils se baignaient tous les deux dans les thermes.

Saga était un bon professeur et un très bon conseiller. Elle devait quand même admettre qu'il faisait un bien meilleur Pope qu'Aiolos. Mais cet après midi, il n'était pas là, il lui avait dit qu'il devait voir quelqu'un.

On avait renouvelé l'eau des thermes depuis la découverte macabre de l'autre jour. Personne n'osait plus y mettre les pieds cependant, enfin, pas tout à fait personne. Cette après midi là, deux jeunes hommes se prélassaient dans l'eau chaude. Des vêtements étaient éparpillés un peu partout par terre, comme abandonnés là, à la hâte, et la salle résonnait de rires joyeux.

Saga avait laissé ses cheveux s'étaler sur le rebord du bassin qui lui servait d'appui-tête. Un sourire de bien-être se dessinait sur ses lèvres. Shaka était assis à côté de lui, la tête posée sur son épaule.

- Tu crois que le vieux Seiya avait compris ?, demanda Shaka

- Hum, je ne sais pas… il n'avait pas les yeux dans sa poche, en tous cas. Mais ne pense plus à ça, ils sont partis…

- Et tu es Pope !

Saga le regarda un peu surpris.

- Et alors ? Tu crois que c'est un cadeau de se coltiner cette cruche de Saori toute la journée ?

- Elle est pourtant bien jolie…

- Pff…

Shaka se lova contre la poitrine de Saga. Il semblait bien loin le temps où Aphrodite dirigeait le Sanctuaire d'une main de fer !

Voilà, c'est fini… J'espère que vous avez aimé cette fic. Moi, elle fait partie de mes préférées. Comme je le disais, c'est ma revanche sur le scénario original. Ben oui pourquoi toujours Saga le méchant, hein ?

Je sais que j'ai mis du temps, mais la vie, vous savez ce que c'est. J'ai 2 fics encore sur le feu, comme on dit, une longue, encore complètement décalée et hyper drôle, même moi je me marre c'est dire, et une autre plus courte, qui est plutôt dans l'humour.

Ce n'est donc qu'un au revoir.

A bientôt dans vos reviews.

Pandora

PS : Merci à Artémisia d'avoir corrigé les fautes!