Mon Kuro-toutou.
Annonce : J'ai reposté une version plus développée et j'espère moins confuse de « Lovely Neko », je vous invite donc à la lire.
Note : Cette histoire forme une paire avec « Lovely Neko » puisqu'elle utilise le même thème mais avec une intrigue totalement différente, l'ambiance est aussi plus sombre.
Attention : Cette fic contient des clins d'œil à Trèfle (Clover) et donc un spoil sur le souhait de Suh. Il y a aussi plusieurs fragments de chansons d'Oluha qui servent de fil conducteur. Quelques spoils de Tsubasa : des phrases hors contexte et un très léger sur un détail du tome 23.
Quand Fye est écrit en italique c'est qu'il désigne le vrai porteur du nom, jumeau de notre Gros matou Yui/Fye.
Source d'inspiration : Le look de Kuro à Infinity lors des combats : il portera le même collier et les mêmes fringues, mais sans le bandeau, et petit détail supplémentaire : voir cette magnifique illustration des Clamp, que vous trouverez sur Aethereality, rubrique TRC dessin 7168 sur la p6 (remarquez en passant que Kuro a l'air jaloux de la proximité Fye/Sakura, tout comme Shaolan clone).
Décor : Un monde futuriste genre Infinity (qui ressemble assez à celui de Trèfle) donc je garde le nom. Le décor de la serre est le même que celui où Eagle invite Sakura (c'est aussi l'endroit où Suh est prisonnière dans Trèfle). Dans la demeure d'Ashura : le lapin majordome est celui qui arbitre les combats, les servantes automates seront les triplettes de la mairie d'Ôto en habit de soubrettes, et les cyborgs de protection ont la même apparence que les gardes du corps de Tomoyo à Piffle.
Résumé : UA, monde futuriste, Ashura a promis un chien à son fils adoptif pour son seizième anniversaire. Le choix de Fye s'avère des plus surprenants…
Infinity : un monde futuriste et sinistre dont la couleur prédominante est le gris. Un ciel de plomb semble écraser une immense ville aux bâtiments tristes. Dans les rues les gens portent des habits sombres et certains d'entre eux n'ont aucuns éclats de vie dans leurs yeux, ce sont des robots.
A l'intérieur d'une boutique animalière, une radio laissait entendre une femme chantant :
« Alors, emmène-moi
Emmène-moi loin d'ici
Vers un ailleurs certain, loin d'ici
Avec toi, emmène-moi
…
Des oiseaux entonnèrent
Une chanson d'une langue singulière
Et malgré leurs ailes
Ils n'atteignaient pas le ciel
…
Des lieux où l'on ne peut aller serein
… »
Dans une cage, un des pensionnaires émis une sorte de grognement triste, comme s'il comprenait les paroles qui s'appliquaient avec cynisme à sa situation. Et pour cause, en dépit d'oreilles de loup sur le haut du crâne et d'une queue touffue en bas du dos : c'était un jeune humain. Il avait un air sauvage avec sa peau tannée, sa musculature puissante, ses cheveux noirs en bataille et surtout ses yeux couleur de sang remplis de rage. Une rage qui s'adressait au collier à pointes qui enserrait son cou, à la chaîne qui y était reliée et aux barreaux de la cage : toutes ses entraves de bête féroce. Kurogane, c'était son nom, songeait avec désespoir qu'il ne sortirait de cet endroit maudit, que lorsque quelqu'un l'achèterait : une personne à laquelle il serait forcé d'obéir, comme un chien qu'il était devenu. Et ce serait une chose encore plus cruelle pour lui qui avait juré, sur sa vie, sur son vrai nom, qu'il n'aurait jamais qu'un seul maître : la princesse Tomoyo… Sa princesse… si seulement il l'avait écoutée, il n'en serait pas là…
Flash-back
Au pays de Nihon, Kurogane, âgé de 17 ans, était un ninja au service de Tomoyo depuis la destruction de son pays quelques années plutôt. Dés lors il cherchait sans relâche le magicien à l'emblème de chauve-souris qui avait tué sa mère pour voler un objet magique qu'elle avait en sa possession, brisant du même coup le kekkai qui protégeait Suwa.
Des rumeurs faisant état de l'apparition de ce magicien nommé Fei Wan Lead à la frontière nord étaient parvenues à ses oreilles. Il s'était donc rendu sur les Hautes Terres, là où naissaient les monstres, sans tenir compte des mises en garde de sa princesse. Après avoir terrassé de nombreux démons avec son sabre, Ginryu, il vit enfin Fei Wan, mais celui se protégeait dans une dimension parallèle, contemplant la scène à travers une fente.
« C'est vrai que tu es fort pour un guerrier aussi jeune ! Mais tu es très bête si tu crois avoir une chance contre quelqu'un de ma puissance ! »
« D'abord tu vas la fermer, espèce de sale lâche ! Et ensuite tu vas venir ici te battre puisque tu as une épée ! » Rugit Kurogane, hanté par le souvenir de sa mère transpercée.
« Je n'ai pas le temps de jouer avec toi. Plutôt que te tuer simplement, j'ai une idée de punition parfaite pour un petit ninja désobéissant et arrogant ! Ha Ha Ha ! »
Soudain des tentacules ténébreux le happèrent, et il perdit connaissance…
…
Quand il revint à lui, il comprit qu'il avait été transformé en une sorte d'être hybride portant des attributs canins : une paire d'oreilles et une queue. Il était dans une cage, vêtu d'habits étranges (un pantalon et un T-shirt noirs) et dans un monde qui n'était pas le sien pourtant il comprenait parfaitement les deux personnes qui parlaient en face de lui :
« Eagle ! Qu'est ce que cela ? »
« Une nouvelle espèce de chien de garde ! Il est entièrement biologique mais on n'a même pas besoin de le dresser, il est programmé grâce à son collier. C'est un cadeau de Fei Wan en remerciement de quelques services. »
« Mais c'est un être humain, et presque encore un gamin en plus ! »
« On n'enfreint pas la Loi, Géo ! Je suis sûr qu'on va en tirer un bon prix, les gens sont toujours friands de nouveautés et les animaux cyborgs, ça commence à devenir banal ! »
Kurogane voulut protester violement mais à la place, émit une série d'aboiements ridicules : il avait perdu l'usage de la parole ! Et le collier contrôlait ses actions : chaque fois qu'il cherchait à y porter ses mains pour l'arracher ou qu'il voulait se précipiter contre les barreaux de la cage, ses mouvements étaient stoppés.
Fin du Flash-back
Quelques jours s'écoulèrent et il sentait la colère et le désespoir l'envahir de plus en plus. Si seulement il pouvait aboyer férocement ou hurler comme un loup, mais non il pouvait uniquement japper et grogner. C'était ça une vie de chien ! Il allait devenir fou enfermé ainsi, sans bouger sauf quand le dénommé Géo le sortait pour lui dégourdir les pattes dans une cour poussiéreuse.
Des voix résonnèrent soudain dans le magasin :
« Oh ! Mais ils sont tous plus mignons les uns que les autres ! »
« Prends tout ton temps pour faire ton choix Fye »
« Oui Ashura-san »
Encore un gamin (un peu plus âgé celui là) qui venait acheter un chien comme on choisit un jouet. Il en avait vu passer pas mal, leurs parents les arrêtaient devant sa cage, les invitant à se moquer du « Grand méchant toutou qui heureusement est enfermé ». Aucun risque qu'ils le choisissent, il finirait sans doute avec un maître cruel qu'il devrait servir jusqu'à sa mort. Kurogane enfouit sa tête dans ses bras posés sur ses genoux, songeant que même si par miracle quelqu'un le débarrassait de ce maudit collier, il n'avait pas le pouvoir de traverser les dimensions et donc de rejoindre son monde d'origine ! Il ne pouvait rien faire, tout en étant parfaitement conscient de sa situation : Fei Wan lui avait vraiment réservé le sort le plus douloureux et le plus humiliant ! La mort, se demanda t-il, est ce que ce serait sa seule délivrance ? Non, ce n'était pas possible il avait fait un serment à Tomoyo, il le tiendrait quel qu'en soit le prix et il devait finir l'apprentissage de Shaolan afin que celui-ci puisse protéger sa princesse : Sakura. Il concentra ses pensées sur l'amour fraternel qu'il portait à ces trois là et sur les cerisiers de Nihon qui fleuriraient bientôt, pour ne pas sombrer d'avantage.
« Toi aussi tu es prisonnier… toi aussi tu es seul… » Murmura une voix douce.
Il redressa la tête et son regard se noya dans du bleu… des yeux bleus qui le regardaient… sans moquerie… sans jugement… avec sincérité et une tristesse infinie.
Le garçon penché sur la cage, ses mains enserrant les barreaux, devait avoir à peu près son âge, mais il paraissait si lumineux et si beau avec sa peau pâle et ses cheveux d'or, qu'il ne semblait pas appartenir à ce monde terne et laid.
« Mais qu'est ce que c'est ? Un nouveau type de cyborg ? » Demanda un homme à la longue chevelure brune, richement habillé.
« Non, c'est un être biologique. C'est un modèle unique : un prototype qui fait à la fois chien et garde du corps ! Il obéit au doigt et à l'œil grâce à son collier. » Expliqua Eagle.
« Je le prends ! »
« Comment ??? Fye voyons, tu n'es pas sérieux ? »
« Mais Ashura-san vous m'aviez pourtant promis celui que je voudrais ! » dit Fye en faisant la moue comme un gamin gâté. Kurogane avait observé comment il avait instantanément plaqué un masque souriant sur son visage, contrastant avec son expression précédente, quand les deux hommes s'étaient approchés.
« En effet ! C'est juste que je suis surpris, je ne m'attendais pas à ça ! » Répliqua le dénommé Ashura « Il ne présente pas de danger au moins ? » Demanda t-il au vendeur.
« Absolument aucun, c'est beaucoup plus sûr qu'un chien, à condition que vous ne lui retiriez pas son collier car là il vous tuerait sans doute. Mais il n'y a pas de risque qu'il l'enlève ou le perde accidentellement, c'est une création la firme Wan Lead : une référence dans de nombreux mondes ! »
« Bien ! Ce sera donc ton cadeau d'anniversaire Fye ! »
« Youpi ! Merci Ashura-san ! »
« Je vais vous l'initialiser. Comment souhaitez-vous l'appeler ? À la base son nom est Kurogane. » Dit Eagle en sortant Kurogane de la cage.
« Kuro-toutou ! »
Bip… Bip… Bip… Il sentit le collier intégrer les nouvelles informations : désormais il répondait au nom (ridicule) de Kuro-toutou et son maître était Fye Flowright, âgé de 16 ans et fils adoptif d'Ashura, un homme riche et puissant à Infinity.
« Je vais vous demander de siffler pour le programmer à y obéir ! »
« Hyuuu ! Heu… Désolé je ne sais pas siffler. »
« Ça ira ! L'entretien est plus facile qu'un chien : il s'occupe lui-même de sa toilette et mangera tout ce que vous lui donnerez. Je vous fourni un change de vêtement et voici la laisse. »
« Tu es vraiment très grand Kuro-toutou ! Je me sentirais en sécurité à coté de toi. » Lui déclara Fye avec un immense sourire, en prenant la chaîne accrochée au collier.
« Grumf ! » C'était tout ce que le ninja put répondre. Et pendant qu'Ashura payait une somme conséquente (il ne savait pas si c'était une consolation), il se retrouva dans la situation humiliante de sortir de la boutique tenu en laisse par Fye. Aussitôt quatre personnes identiques les entourèrent : des femmes cyborgs en tailleurs et lunettes noirs. Apparemment Fye ne manquait pas de garde de du corps. Ils montèrent dans un véhicule comme Kurogane n'en avait jamais vu alors, avec deux d'entre elles, tandis qu'Ashura, après avoir dit à Fye qu'il le reverrait le soir, montait dans une autre voiture avec les deux autres.
oOoOo
Pendant le trajet, Kurogane essaya de faire le point sur sa nouvelle situation « ça pourrait être pire » se dit-il, puis se tourna vers Fye assit à coté de lui pour l'observer : il avait abandonné son expression faussement souriante. Indépendamment du fait qu'il était à son service, le brun avait envie de découvrir qui il était vraiment, surtout au regard de ses premières paroles.
« N'aie pas peur Kuro-toutou, je serais très gentil avec toi ! » Promis le blond en voyant qu'il le dévisageait « Ah ! On est arrivé, voici ta nouvelle maison ! »
La demeure en question ressemblait presque à un château, tellement elle était imposante. Ils entrèrent dans un gigantesque hall carrelé de marbre blanc et noir comme un damier. Avec le gris, le blanc et le noir semblaient être les teintes prédominantes de ce monde, on les retrouvait sur les habits des servantes et ceux de Fye (une longue tunique immaculée attachée sur le coté avec un pantalon noir). « Les servantes aussi sont des robots » se dit Kurogane en les voyant toutes identiques, le regard fixe. C'en était presque effrayant : l'impression qui se dégageait de ces lieux était glaciale et impersonnelle.
« Bon retour jeune maître ! » S'écria un humain qui pénétrait à son tour dans le hall. « Nous n'auront pas de leçon aujourd'hui ni demain, mais je voulais vous souhaiter un bon anniversaire… C'est quoi ça ? »
« Merci Kyle-sensei, c'est Kuro-toutou : mon nouveau protecteur ! »
« Mais cet endroit est déjà l'un des plus sûr d'Infinity ! N'auriez vous pas du choisir un animal de compagnie plus mignon à la place ? Il a l'air plutôt effrayant ! »
« Moi il me plait, je ne le trouve pas effrayant ! »
La conversation fut coupée par un lapin automate en habits de dentelles annonçant :
« Jeune maître, tous vos amis vous attendent dans la serre pour votre fête d'anniversaire ! »
oOoOo
L'endroit était agréable, rempli d'une végétation luxuriante, mais malgré la grandeur des lieux, la voûte de verre donnait l'impression d'être en cage. Ce sentiment était renforcé par la présence de nombreux oiseaux mécaniques qui y volaient en chantant.
Fye fut accueilli par des «Joyeux anniversaire ! » et Kurogane par des cris d'étonnement. Après de rapides explications, Fye l'entraîna à l'écart comme un gamin qui ne veut pas partager son nouveau joujou.
« Reste là et soit bien sage Kuro-toutou ! » Lui dit-il en lui tapotant la tête, tandis qu'il s'assoyait en tailleur dans un coin (1).
« Ouaf ! » Cette pose lui était familière puisqu'à Nihon on vivait sur le sol. Il se rappela, avec un pincement au cœur, comment Tomoyo se moquait gentiment de lui quand il montait la garde dans cette position devant ses appartements, lui disant qu'il ressemblait à un chien fidèle. En observant l'assistance, le ninja se dit que si elle et Sakura, n'abusaient jamais de leur statut privilégié (cherchant en permanence à rendre heureux les personnes qui les entouraient), ce n'était pas le cas des adolescents présents ici, qui étaient à classer dans la catégorie « Gosses de riches pourris gâtés ». Le comportement de Fye à leur égard était plus faux que jamais, ce qui était en soi rassurant. A un moment ils l'entourèrent en lui réclamant une chanson, ce qu'il exécuta accompagné en musique par les oiseaux :
« Je veux être heureux
Je cherche mon bonheur
Avec toi, être heureux
Devenir ton bonheur
…
Alors, emmène-moi
Emmène-moi loin d'ici
Vers un ailleurs certain, loin d'ici
Avec toi, emmène-moi »
C'était celle que Kurogane avait déjà entendue dans la boutique et que Fye adaptait au masculin. Il avait une voix mélodieuse et le regardait intensément en chantant : le ninja eut l'impression qu'il s'adressait à lui.
« Tu as sauté des strophes ! » Protesta une fille en minaudant.
« Désolé, celles là je n'arrive pas à les chanter ! »
Il déposa ensuite devant son toutou un plateau avec divers sandwichs choisis au buffet et une boisson (ça avait l'air meilleur que la pâtée servie par Eagle).
« Eh ! Tu devrais lui donner de la bouffe pour chien plutôt ! » S'exclama un des garçons.
« Ce serait marrant si on lui lançait un bâton pour qu'il le rapporte aussi ! » Ajouta un autre.
«Grrr Rrr Grrr » Ces sales gosses ! Si le collier ne le retenait pas, il les aurait mis en pièces.
« Ce n'est pas un jouet ! » Déclara Fye au grand soulagement du brun. Une fois ses invités partis, il se servit une part du gigantesque gâteau au chocolat auquel il n'avait pas encore touché. Puis il vint s'asseoir à coté de son toutou et lui parla tout en mangeant :
« J'ai perdu ma famille à l'âge de 9 ans, depuis Ashura-san m'a adopté et je n'ai jamais manqué de rien mais je suis toujours seul ici. A part Kyle-sensei, mon précepteur, tous les autres sont des automates. Je ne sors que rarement et les seules personnes que j'ai le droit de fréquenter sont ceux que tu viens de voir car ils appartiennent à la haute société, mais je ne suis pas proche d'eux, pas du tout ! » Il resta un moment avec un morceau de gâteau au bout de sa fourchette, indécis, puis au lieu de le mettre dans sa bouche le fourra dans celle de Kurogane… Arf ! Lui qui détestait les trucs sucrés !
« La plupart du temps je reste dans cet endroit à chanter… comme un oiseau dans une cage dorée ! » Il continuait à nourrir son toutou avec le reste du gâteau que celui-ci était obligé d'avaler car ça venait de son maître.
« Mais maintenant tu es avec moi et tu me protégeras, dis ? » Il regarda Kurogane avec un air de chaton sans défense et s'exclama en voyant sa grimace : « Oh Kuro-toutou n'aime pas les sucreries ?! »
« Groaf ! »
oOoOo
« Ce crétin m'a forcé à avaler des cochonneries sucrées… sinon je peux comprendre ce qu'il ressent et du coup qu'il ait éprouvé de l'empathie pour mon sort, mais je ne vois pas quelle protection supplémentaire je pourrais lui apporter : ce lieu est encore plus sécurisé que le château de Shirasagi ! » Pensa Kurogane en suivant Fye dans sa chambre aussi luxueuse et impersonnelle que le reste de la demeure.
« Tu dormira ici cette nuit » Dit Fye en montrant un matelas qui avait été installé à coté du lit à baldaquin. Il sortait de la salle de bain et portait un pyjama de soie gris-bleu dans lequel il ressemblait à un prince.
Toc Toc Toc
« Jeune maître ! Ashura-sama est rentré et il désire vous voir. » Annonça une servante à travers la porte. Fye fit signe à Kurogane de le suivre et ils rejoignirent la chambre d'Ashura au bout d'un long corridor. Ce dernier, enveloppé dans une robe de chambre brodée d'arabesques, faisait penser à un roi.
Et soudain en voyant son regard, Kurogane compris… Ce dont Fye voulait être protégé… C'ETAIT LUI !
« Grrr Rrrrr Grrrr !!! » Gronda notre toutou menaçant, de sorte qu'Ashura comprenne qu'il n'avait surtout pas intérêt à essayer de toucher au blondinet.
« Fye je suis heureux que ton cadeau te plaise, mais la place de cet animal est dans une niche » Dit il irrité.
« Oui Ashura-san, mais cette nuit au moins il dormira dans ma chambre ! Bonsoir »
Fye regagna sa chambre, en courant presque, son toutou sur les talons. Une fois à l'intérieur, il ferma la porte à double tour avant de s'y adosser. Kurogane ne pouvait pas voir l'expression de son visage cachée par ses mèches blondes, mais remarqua qu'il tremblait.
« Merci… Bonne nuit Kuro-toutou ! » souffla t-il et il se jeta à plat ventre sur son lit, fourrant son nez dans l'oreiller.
Ses sens de ninja ayant encore été aiguisés par sa transformation, Kurogane s'endormit sachant que la moindre alerte l'éveillerait.
oOoOo
Au milieu de la nuit, un bruit parvint à sa double paire d'oreilles et il se redressa brusquement :
« Non… Fye… Arrêtez … »
Fye faisait un cauchemard, balbutiant des choses incompréhensibles entre deux sanglots étouffés. Ses mains étaient crispées de chaque cotés de sa tête, toujours enfoncée dans l'oreiller.
Kurogane alluma la lampe de chevet et tendit la patte, secouant doucement Fye pour le réveiller avec un petit aboiement inquiet :
« Wouf… Wouf… »
Quand celui-ci releva vers lui un visage d'ange blessé, trempé de larmes, son cœur manqua un battement. Ce qu'il voulut faire alors c'était tendre la main pour essuyer ces larmes, mais ce qu'il se retrouva à faire : c'est lui donner de grands coups de langue sur les joues à la place (déformation canine oblige).
Ils restèrent pétrifiés face à face : Kurogane à genou par terre, les avant-bras posés de part et d'autre de Fye assit en tailleur sur le lit, qui le dominait légèrement. Puis le blond sourit… son premier vrai sourire !
« Merci mon Kuro-toutou ! » Et il se mit à lui caresser les cheveux et ses oreilles de loup. Sa transformation l'avait elle rendu plus sensible aussi à ça ? Ces mains presque sensuelles lui massant le crâne, provoquaient des frissons le long de sa colonne vertébrale et sa queue le trahissait en remuant (euh… sa queue de chien, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit !). Fye lui caressa ensuite ses oreilles humaines, avant de poser ses mains le long de la puissante mâchoire du ninja… puis lui fit un bisou sur le bout du nez (la truffe)… Kurogane grimpa alors sur le lit à l'invitation du blond et ils s'allongèrent l'un contre l'autre. Le ninja prit bien garde de ne pas blesser Fye avec les pointes de son encombrant collier et lui entoura la taille de son bras. Ce dernier murmura un vague « Kuro-nounours » avant de s'endormir paisiblement.
oOoOo
Toc Toc Toc
« Jeune maître, il est l'heure de vous lever ! Le petit déjeuner vous attend ! »
Fye se leva pour leur ouvrir, tandis que Kurogane sortait brusquement du lit où l'on ne devait pas le surprendre.
« Je n'ai rien fait préparer de particulier pour le chien, jeune maître » déclara le lapin majordome.
« Ce n'est pas nécessaire, vous pouvez nous laisser ! »
Une fois seuls, Kurogane regarda avec suspicion le chariot chargé de nombreux mets : Fye allait il encore le goinfrer de trucs sucrés ? Mais celui-ci lui servit de l'omelette, du bacon et des tartines avec du thé, tandis qu'il gardait la brioche et le chocolat chaud, le tout avec un beau sourire.
Pendant que Fye se lavait, Kurogane ruminait : à cause de l'impossibilité de communiquer, il ne pouvait pas lui demander pourquoi il semblait appeler un Fye cette nuit ? Et puis combien de temps cette situation allait durer ? En ce moment même, Tomoyo, Sakura et Shaolon devaient vraiment s'inquiéter pour lui !
Clic Clac… Quelqu'un qui entrait sans frapper et qui avait la clé… Ashura ! Le guerrier se dressa de toute sa hauteur entre la porte de la salle de bain et l'homme, en montrant les dents.
« Groarrr ! »
« Tu es encore là ! Ton existence est plutôt pathétique, non ? » Ajouta l'autre avec un sourire inquiétant. Et il sortit.
Quand Fye rentra dans la chambre pour prendre ses habits, il semblait ne s'être aperçu de rien, mais il resta figé, soudain gêné. Kurogane détourna la tête… trop tard : l'image de Fye portant juste une petite serviette blanche sur les hanches était imprimée sur ses rétines !
Une autre question à laquelle il ne pouvait avoir de réponse, le taraudait : Ashura lui avait-il déjà fait du mal ?
oOoOo
Ils se promenèrent longuement dans l'immense parc qui entourait la maison. À un moment, Fye s'assit sur un banc, son toutou couché à ses pieds, et se mit à chanter tristement :
« Comme un oiseau enfermé
Un oiseau qui ne vole plus
Un oiseau qui ne pleure plus
Comme un oiseau délaissé
…
Ma dernière pensée
Mon dernier souhait
…
Pour oublier la réalité de ma vie
Et retrouver le rêve de cette nuit »
Le choix de ces strophes alarma Kurogane : ça ressemblait à une intention de suicide ! Fye chantait comme un oiseau qui va mourir… Il fit alors la seule chose qu'il lui paraissait possible : il essaya de chanter et obtint une série d'aboiements parodiant l'air de la chanson… L'effet était tellement comique qu'il atteint son but sans peine : Fye éclata de rire !
A la suite de çà, la tentative de câlin du blondinet fut interrompue par le lapin annonçant que le repas de midi était servit.
oOoOo
« Voici le repas du chien préparé selon les directives d'Ashura-sama ! » Déclara une servante d'une voix impersonnelle, en apportant une gamelle pour chien. Fye la saisit en la congédiant, et une fois la porte refermée, balança le contenu par la fenêtre. Il donna alors sa propre assiette à Kurogane. Ce dernier, en luttant contre le collier car ce n'était pas un mouvement qu'il était sensé faire, poussa le dessert devant le blond, comme pour dire manges au moins ça, espèce d'anorexique !
« Kuro-toutou s'inquiète pour moi, c'est trop gentil ! »
Kurogane savait que s'il pouvait peut être protéger Fye d'Ashura : il ne pourrait pas le protéger de lui-même, le collier l'empêcherait de s'opposer à la volonté de son maître !
« Pardon de te faire attendre, bientôt tu seras libre ! »
Quelle que soit la fin, elle approchait !
oOoOo
Ils ressortirent dans le parc, et après avoir vérifié qu'aucun des nombreux cyborgs de protection ne les voyaient, Fye se dirigeât vers le mur d'enceinte.
« Aide-moi Kuro-toutou ! »
Le mur était très haut mais en combinant leurs deux tailles, Kurogane n'eut aucun mal à hisser Fye au sommet.
«Hyuuuu ! Viens » Demanda Fye, perché comme un chat sur le haut du mur, un peu inquiet. Mais grâce à son entraînement de ninja, Kurogane passa de l'autre coté sans peine et de là il réceptionna le blond comme une princesse. Cette situation les fit rougir tous les deux !
Ils s'élancèrent alors dans la forêt de sapins, d'aspect sinistre, qui jouxtait la propriété. Après avoir couru un moment, ils débouchèrent sur ce qui semblait être le but de Fye : un cimetière !
Il s'arrêta devant une tombe, qui n'avait pas été entretenue depuis longtemps, et le ninja sursauta en voyant le nom qui y était gravé : Fye Flowright…Quoi ?!?
« Je suis de retour Fye ! » Et il continua à l'adresse de Kurogane « C'est la tombe de mon frère jumeau, mon nom avant c'était Yui ! » Commença le blondinet « Jusqu'à l'âge de 9 ans, j'ai vécu heureux avec lui et nos parents, mais un jour un oncle, qui avait toujours était un peu bizarre, a été pris d'un coup de folie. Il a débarqué en criant que nous étions des jumeaux maudits et qu'il devait en tuer un ! Il a assassiné nos parents qui voulaient nous défendre et nous a pourchassés dans la maison Fye et moi… Finalement il a tué Fye qui m'avait fait passerderrière lui pour me protéger…Et il s'est suicidé en disant qu'il avait sauvé le monde d'un fléau… Je suis resté seul au milieu des cadavres… »
Kurogane serra les poings, il comprenait trop bien l'horreur vécu par Fye : tout perdre à cause de la folie d'un monstre, au regard de ce qu'il avait lui-même subit. Mais apparemment Fye n'avait pas rencontré les mêmes personnes que lui, par la suite, pour surmonter cela.
« Le fonctionnaire qui a rempli l'acte de décès de mon frère s'est trompé et je me suis retrouvé à porter son nom. Ensuite Ashura m'a recueilli car il n'était pas marié et n'avait pas d'enfant. Mais rapidement il m'a interdit de venir sur cette tombe, disant que cela me faisait du mal et que je devais ne plus y penser. Comme je n'ai pas réussi, j'ai adopté un sourire forcé à la place et ça convenait à tout le monde autour de moi. Mais Ashura ne m'a quand même pas laissé revenir au cimetière ! Au fil du temps, j'avais l'impression qu'il ne savait pas toujours comment se comporter envers moi et que des fois il m'évitait… Il y a deux jours il m'a appelé dans sa chambre pour qu'on parle de mon cadeau d'anniversaire… il m'a regardé étrangement et a dit que je devenais un magnifique jeune homme ! J'ai paniqué et finalement il n'a rien fait, il a juste dit qu'il m'offrirait enfin le chien que je lui avais souvent demandé… ça ressemblait à un odieux marché… » Fye soupira et poursuivit :
« Dans la boutique, je me demandais quel animal j'oserais associer à mon infortune… et je t'ai vu… Hier soir tu m'as protégé d'Ashura, mais ça ne pouvait pas durer : tu as compris bien sûr que la nourriture de la gamelle était empoisonnée ! Jamais je n'accepterais que quelqu'un d'autre meure à cause de moi ! De toute façon, je ne t'ai pas choisis pour te garder avec moi, mais pour que tu puisses m'aider à réaliser mon vœu : revenir sur cette tombe et m'y suicider ! Je voulais juste tu me fasses sortir mais tu as fait beaucoup plus : même si c'était seulement une illusion, pendant la journée qu'on a passé ensemble : tu m'as rendu heureux ! Je crois même… que je suis tombé amoureux de toi … c'est stupide n'est ce pas… car je suis sûr d'être le genre de personne que tu détestes… en plus d'être un garçon… » Fye parlait sans retenue, comme on fait une confession avant de mourir.
« Mais ce n'est pas non plus juste dans un but égoïste que je t'ai pris, c'est aussi pour réaliser ton vœu, Kurogane ! Je vais te libérer et alors tu pourras même me tuer si tu veux, pour t'avoir utilisé comme un chien ! »
Clic… Ses mains défirent le collier… Kurogane perdit aussitôt ses attributs canins (c'était le collier qui maintenait le sort de Fei Wan en place). Il retrouva sa liberté d'action et de parole et mieux : il pouvait parler la langue de ce monde, ça allait lui servir !
« Espèce de crétin !!! Tu croyais quoi ? Qu'en redevenant humain j'allais me comporter comme une bête sauvage ? Que mon attitude envers toi était seulement l'œuvre du collier ? » Hurla t-il furieux en prenant Fye par les épaules et en le secouant.
« Dé…désolé ! » Le blond ouvrait des yeux ronds comme des billes.
« C'est vrai que je déteste les gens qui laissent tomber avant que leur heure ait sonné, mais ton cas est différent ! Pourquoi crois-tu que n'as pas d'autre choix que de mourir ? » Poursuivit il d'une voix plus calme.
« Parce que c'est le seul moyen d'échapper à Ashura : il n'y a nul endroit dans ce monde où il ne pourrait pas me retrouver ! J'ai décidé de rejoindre Fye, et toi, dépêche toi de rejoindre ceux que tu aimes, les personnes auxquelles je t'ai souvent vu penser. Vite ! L'alerte a peut être déjà été donnée ! » En disant cela il avait attrapé les poignets du ninja et tentait de le repousser.
« Les personnes que j'aime, celles qui me sont aussi chères que l'était Fye pour toi, ne sont pas dans ce monde mais dans une autre dimension : je ne peux pas les rejoindre ! »
« Tu viens d'un autre monde !!! Si… il existe une personne qui pourrait t'aider, c'est la seule qui peut faire changer quelqu'un de dimension ! » Et il l'entraîna vers la route la plus proche, avec une énergie qui contrastait avec la résignation fataliste dont il avait fait preuve jusqu'alors.
« Qui ? »
« La sorcière des dimensions, elle a une boutique en ville où elle exauce les vœux en échange d'un prix ! » Il héla un taxi.
« En ville, le quartier des voyants, vite ! » Ils s'installèrent sur la banquette arrière.
« Quelle adresse ? »
« La boutique de la sorcière des dimensions, mais je ne connais pas l'adresse ! »
« Elle n'en a pas, personne ne sait où se trouve sa boutique. Il parait qu'il faut se balader dans le quartier et que si l'on a un vœu : on se retrouve dedans sans savoir comment. » Expliqua le chauffeur.
Fye s'aperçu alors que Kurogane lui tenait fermement la main. Une main si chaude… depuis que Fye était mort plus personne ne l'avait tenu ainsi. Les événements avaient pris un tour inattendu et le temps était compté. Il n'aurait jamais pensé demander l'aide de cette femme pour lui : fuir seul et sans défense dans un autre monde, cela n'avait aucun sens. Mais il allait tout faire pour sauver Kurogane : c'était son devoir !
La radio du taxi passait :
« Alors, emmène-moi
Je veux être heureuse
Heureuse de n'être qu'avec toi
Heureuse de te voir sourire
Avec toi, je veux partir
…
Une terre promise où une fée
Nous deux seuls, attendrait
_
Alerte : la police recherche un adolescent blond, sans doute accompagné par un être brun aux yeux rouges qui ressemble à un loup… »
Le chauffeur se trouvant soudain physionomiste se retourna et… Bam… pris le poing de Kurogane dans la figure en échange de ses brillantes déductions !
Ils s'éjectèrent de la voiture et se mirent à courir le long de la chaussée en se tenant toujours la main.
« Par là ! » Cria Fye.
« Eh ! Regardez ce n'est pas les deux qui sont recherchés ? »
« Graouuuu ! » Fye éberlué, vit Kurogane mettre au tapis trois personnes qui voulaient les capturer : même humain il se comportait tellement comme un chien !
« Kurogane, je refuse que tu mettes ta vie en danger à cause de moi… »
« Idiot ! Je ne prends d'ordre que de la princesse Tomoyo, mais même avec elle je n'en fait qu'à ma tête ! » Un toutou fidèle mais peu obéissant…
Et soudain alors que d'autres poursuivants arrivaient : ils se retrouvèrent devant une femme aussi belle que mystérieuse…
« Une terre promise où une fée
Nous deux seuls, attendrait »
« Si vous êtes ici, c'est que vous avez un vœu à formuler ! »
« Oui, c'est le renvoyer dans son monde d'origine, je paierais le prix ! » Déclara Fye.
Avant que Kurogane ne puisse en placer une, la sorcière (puisque c'était elle) répondit :
« J'ai déjà reçu le prix… par la princesse Tomoyo. Tu es Kurogane n'est ce pas… Quand Shaolan est revenu des Hautes Terres en ne rapportant que ton katana, la princesse a interrogé ses rêves et a compris que Fei Wan t'avait envoyé dans un autre monde. Elle m'a donc contacté car j'ai une boutique dans toutes les dimensions, mais t'aider directement dépassait mes compétences en matière d'interférence. Elle a donc payé un prix pour ton transfert si tu parvenais jusqu'à moi. »
Kurogane attrapa alors Fye par le bras :
«Fye, viens avec moi dans mon monde ! Je te jure que je ferais tout pour te rendre heureux ! »
Le blondinet acquiesça, trop ébahi pour parler.
« J'ai aussi reçu un prix pour lui »
« Quoi ? »
« La princesse Sakura a vu en rêve que tu le rencontrerais : elle a donc payé la compensation. Et Shaolan en a payé une autre pour que Fye puisse comprendre et parler votre langue. Sinon Kurogane, sache que grâce à un autre magicien, Clow Lead : Fei Wan a été vaincu, ta vengeance n'a plus lieu d'être. Quand à toi Fye, jamais je n'enverrais Ashura à ta poursuite, tu peux donc partir serein. Cet homme, il n'avait aucune mauvaise intention en t'adoptant, mais par la suite son désir pour toi a pris le pas sur sa raison. Alors vous deux, je souhaite qu'ensemble vous puissiez surmonter vos passés si douloureux… Votre rencontre n'était pas le fruit d'un hasard !»
Elle tendit les bras et ils se sentirent aspirés par un motif étrange apparu sur le sol… Ils l'entendirent encore déclarer sur un ton totalement différent :
« Ahhhh ! Il était trop mignon ce petit couple ! Watanuki ! Du saké… il me faut un remontant ! »
oOoOo
Nihon : Des cerisiers en fleurs sous un ciel radieux, une brise légère fait neiger des pétales... Du palais impérial, sans luxe ostentatoire, se dégage de la sérénité…
À l'atterrissage, Fye qui était de nature anxieuse, paniqua un bref instant à la pensée d'être dans un monde inconnu… mais dès qu'il ouvrit les yeux sur un regard de braise si rassurant, il se calma instantanément. Et quand il regarda autour de lui, il fut éblouit par la beauté des lieux.
« Comme c'est beau !!! »
« Oui, et je trouve que tu es plus assorti au décor ici qu'à Infinity »
Fye devint écarlate sous le compliment, et avant qu'il ne puisse répliquer, trois adolescents les entourèrent, fous de joie. Il leur devait tant qu'il avait l'impression de déjà les connaître… surtout quand Sakura lui sourit de façon si chaleureuse et fraternelle… c'était le même sourire que celui de Fye.
« Kurogane, je suis sûre que ce petit voyage t'a fait le plus grand bien » déclara Tomoyo ravie « Et puis tu n'es pas revenu les mains vides ! hohoho ! Il faut organiser une fête et inviter Yuko-san ! Ah et il faut des habits pour Fye : un kimono bleu avec… »
Fye n'entendit pas la suite car le brun l'entraîna à travers une série de jardins magnifiques. Le blondinet se dit qu'il aurait beaucoup de choses à apprendre sur ce monde. Il ne savait presque rien de Kurogane non plus, même s'il connaissait l'essentiel. Dès qu'il l'avait vu dans l'animalerie, il avait compris toute la douleur qu'il cachait en lui, et dont il refusait qu'elle le submerge, contrairement à lui. Il avait été fasciné et avait voulu le sauver… et au final… ils s'étaient sauvés mutuellement !
Kurogane ouvrit une porte coulissante et fit signe à Fye d'enlever ses chaussures.
« C'est ta chambre Kuro-toutou ? » Demanda-t-il en entrant dans une pièce étrangement vide.
« Je m'appelle Kurogane ! »
Fye l'avait fait exprès, il voulait voir le brun réagir à ses moqueries maintenant que plus rien ne le retenait. Il fuit dans la pièce pour le plaisir d'être attrapé, ce qui arriva très rapidement, il glissa alors sur les tatamis et s'étala, entrainant Kurogane à sa suite. Ce dernier évita de justesse de l'écraser de tout son poids et se retrouva à quatre pattes au dessus de lui.
« Tout va bien, le sol n'est pas dur ! » Dit-il en voyant son air de « toutou fautif qui aurait fait tomber son maître en ne contrôlant pas sa force »
« Es ce que tu vas réussir à me supporter, je crois que je ne pourrais pas m'empêcher de te taquiner ? »
« C'est plutôt moi qui devrais te demander si tu me supporteras toute ta vie ! Je suis du genre fidèle « comme un chien » ! » Et il ajouta, gêné, mais il savait que Fye avait besoin d'entendre ces mots « Je t'aime »
« Oh ça oui et moi aussi je t'aime… Mais tout ça semble tellement irréel : j'ai peur d'être en train de rêver ! »
Kurogane se pencha pour lui mordiller tendrement le lobe de l'oreille droite, avant d'y donner un coup de langue puis d'effleurer ses lèvres avec les siennes.
« Ça rend les choses plus réelles ? » S'enquit-il avec un sourire de prédateur.
« Nan ! Pas encore assez ! » Déclara Fye avec un air de chat malicieux qui l'invitait à le couvrir de baisers, coups de langue et autres mordillements.
Sous les élans affectueux de son toutou préféré, il songeât qu'il pourrait enfin chanter les fameuses strophes :
«Plumes humectées
Doigts entrelacés
Corps emmêlés
Esprits fusionnés
…
Plus que ton passé accompli
C'est ton présent dont j'ai envie »
FIN
Merci de votre lecture, tout avis sera le bienvenu !
Quelques personnes attendaient ce chapitre avec impatience, j'espère ne pas les avoir déçues, car au final cette fic est plus sombre que mon résumé le laissait supposer !
Anecdote : dans la 1ere version du scénario seul le fragment de chanson présent dans Tsubasa apparaissait, mais en relisant Trèfle, j'ai vu que celles du tome 1 et 2 s'intégraient bien dans la trame donc je les ai ajoutées, sauf la strophe sur le baiser que je garde pour la fic suivante (avec le décor du parc féerique).
Pour conserver le mystère autour de Fye, j'ai opté pour un point de vue externe centré sur Kuro, ce n'est que vers la fin qu'on passe sur un point de vue centré sur Fye, j'espère que ça ne fait pas trop bizarre.
Note :
voir p137 tome 5, j'adore cette scène !
A suivre : « l'œil du chat » UA, une sorte de remake de Cat's eye : Au pays de Rekord, Yui, un mystérieux cambrioleur capable de déjouer tout les systèmes de sécurité magique, commet des vols spectaculaires. On le surnomme « le chat » à cause du logo sur les cartes de visite qu'il envoie à la police. La nuit Kurogane se lance à sa poursuite, le jour il rencontre Fye, le séduisant serveur de « l'œil du chat »…
