Et moi qui pensais que cette histoire n'avait aucun potentiel ! Vous m'avez motivée à attaquer ce fichu chapitre 7 qui me résiste depuis le début de la semaine. Merci ! =)
Et plus précisément, merci à LouiseMentalist, Sweetylove30, Lily Wolf, Totorsg, seirarah, MarshxMallow, LAurore, Jade212000 et paffi ! =)
MadMouse: Je suis ravie que ça t'ait plu, c'est encouragant. J'espère que la suite ne te décevra guère. :)
janeandteresa62: Malheureusement Garrett est très secondaire. Mais je le ramènerai de temps à autres. ^^ L'attente est finie, la réponse arrive ! Merci. =)
Enjoy: J'ai eu la chanson dans la tête toute la matinée... merci Enjoy! ^^ J'aime beaucoup tes théories, dommage que le chapitre donne déjà une réponse. =) Oh et je suis trop heureuse que tu apprécies June/Rigsby. J'adore écrire sur ces deux-là, et toute l'intrigue côté Rigsby, c'est va-t-il ou non oser demander, tu comprendras pourquoi il hésite bien assez tôt. =) Merci beaucoup pour ta review, comme toujours tu me donnes envie d'écrire toujours plus !
FewTime: Je ne peux guère faire plus de deux chapitres par semaine (j'ai bien -trop- rempli mon emploi du temps...). Je suis contente que Rigsby t'ait plu et tu comprendras plus tard pourquoi il met la bague dans son portefeuille, j'avoue que c'est bizarre pour l'instant. =) J'adore tes oscillations entre réduire Jane en bouillie ou l'accueillir à bras ouverts. ^^ Je ne dis rien pour les raisons de son retour, tu verras au fil de l'histoire. Réponse à la cachotterie dans ce chapitre au fait. Oh, et pour Garrett, il est trèèès secondaire, donc tu le reverras, mais pas beaucoup. Merci pour ta review comme toujours encourageante! =)
Chapitre 2 : Les étoiles
« L'âme n'a point de secret que la conduite ne révèle. »
Proverbe chinois.
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Rigsby gara la voiture dans une banlieue banale, devant une maison blanche sans grande caractéristique. La pelouse verte était à peine entretenue et un rosier poussait comme bon lui semblait contre le mur à droite de la porte. L'endroit n'était pas repoussant, juste… commun.
Jane suivit Rigsby jusqu'à la porte, préférant laisser ses affaires dans la voiture pour l'instant. Il entendit la voix de Lisbon donner un droit d'entrée que Rigsby prit. Jane le talonna dans le petit couloir.
A droite, il discerna une cuisine avec une table encombrée de courses, et des placards à moitié ouverts, sans doute pour ranger les courses susnommées. En face d'eux, un escalier menait à l'étage, alors qu'à leur gauche prenait place un grand salon. Deux canapés et un fauteuil entouraient une table basse au centre de la pièce, une télé trônait sur un meuble rempli de DVDs, quelques étagères contre le mur de gauche se disputaient des livres et des CDs, alors qu'au fond, une table sur tréteaux recouverte de paperasse en tout genre tenait lieu de bureau.
Lisbon était assise sur le canapé, et à la grande surprise de Jane, elle n'était pas seule mais accompagnée d'une petite fille qui lui racontait une histoire avec passion. L'enfant fut cependant distraite par leur entrée et leva ses yeux bleus vers eux. Tout son visage s'illumina alors qu'elle descendait laborieusement du canapé pour trottiner maladroitement jusqu'à Rigsby. Ce dernier la souleva avec une aisance surprenante et l'enfant éclata de rire avant de se blottir contre lui.
Jane parvint à se détacher de l'observation de cette petite fille juste à temps pour voir Lisbon les rejoindre, un léger sourire aux lèvres.
-Vous n'êtes pas assez payée à votre nouveau poste ? lança-t-il non sans avoir cherché sa voix un moment. Vous devez garder des enfants pour renflouer la caisse ?
Lisbon rit en faisant signe que non et prit la petite fille des bras de Rigsby, laquelle nicha automatiquement sa tête dans son cou.
-C'est ma fille, expliqua-t-elle finalement.
Jane ne vit pas Rigsby lui jeter un coup d'œil aussi embarrassé qu'inquiet, bien trop secoué pour enregistrer quoi que ce soit d'autre que ces trois mots que Lisbon venait de prononcer. Lisbon avait une… fille ? Il se reprit plus rapidement que la plupart des gens ne l'aurait fait, mais aussitôt, une bonne trentaine de questions lui brula les lèvres. Il commença par la plus simple, la plus neutre aussi.
-Comment s'appelle-t-elle ? parvint-il à articuler malgré sa voix plus grave qu'à l'accoutumée.
-Alys, répondit Lisbon.
-Avec un y-gec ! précisa aussitôt ladite Alys en lui présentant un doigt en guise d'avertissement.
-Rigsby, tu peux t'occuper d'elle un instant ? s'enquit Lisbon en se tournant vers l'agent.
Rigsby accepta et reprit Alys dans ses bras avant de disparaître à l'étage, bien trop heureux d'échapper au reste de la conversation.
-Pourquoi vous ne m'avez rien dit ? demanda Jane aussitôt qu'ils furent hors de portée de voix.
Lisbon haussa les épaules, évitant de répondre. Jane comprit le message, et bien qu'il mourût d'envie d'insister, il sut que Lisbon ne lui répondrait pas la vérité. Il préféra garder cette pensée pour une autre fois, et enchaîna :
-Qui est le père ?
-Il s'appelle Jeff, répondit-elle d'une voix égale, Jeff Valons. Il travaille à Interpol.
D'autres questions s'ajoutèrent à toutes les autres et Lisbon dut le sentir car elle soupira. Elle n'avait pas vraiment prévu d'avoir un jour à expliquer tout ça à Jane, à vrai dire, elle n'avait même pas prévu de le revoir un jour.
-Vous voulez du thé ? suggéra-t-elle en se dirigeant vers la cuisine.
-Je crois que j'ai besoin du remontant, acquiesça-t-il en la suivant.
Lisbon s'affaira à lui préparer une tasse, se servant du café au passage.
-Je suppose que vous voulez toute l'histoire, déplora-t-elle alors qu'il ne la quittait pas du regard.
-J'apprécierai, reconnut-il.
-Je n'avais pas prévu d'avoir Alys, avoua-t-elle tout en lui offrant la tasse de thé.
Elle lui fit signe de la suivre au salon où elle prit place sur l'un des canapés. Jane l'imita à une distance plus que raisonnable, comme s'il se méfiait d'elle.
-Lorsque Jeff l'a appris, il a voulu la garder et comme je n'avais aucune intention d'avorter, le choix a été vite fait. C'est pour cette raison que j'ai été promue. Je suppose que le CBI ne voulait pas perdre la célébrité que je leur apporte avec la fin de John LeRouge, ironisa-t-elle.
-Le bureau est sympa, se contenta de remarquer Jane.
-Vous avez raison, il y a bien plus d'espace, approuva-t-elle dans un sourire. Et les horaires sont plus adaptés pour Alys.
-Où est son père ?
-Quelque part dans le monde sur une mission top secrète, répondit Lisbon en haussant une fois encore les épaules. Il n'est pas souvent dans les parages avec le job qu'il a. La plupart du temps, je me considère comme une mère célibataire.
Jane hocha la tête, toujours songeur. Les informations s'emboitaient dans le puzzle, et soudain il eut l'impression que la place qu'il avait espérée retrouver n'existait plus. Il ressentit le besoin urgent de partir, de s'enfuir sans se retourner. Cette même douleur qui l'avait poussé à partir des années plus tôt venait de réapparaître. Il se sentit horriblement étranger à ce monde qui avait été le sien pendant tant d'années.
-Je suis… désolée de n'avoir rien dit, reprit Lisbon. Mais vous étiez parti, et je ne pensais pas que vous reviendriez un jour…
-Il ne vous est pas venu à l'idée que ce genre d'évènements dans votre vie pouvait m'intéresser ?
-Vous aviez bien trop à penser dans votre propre vie, et comme je l'ai dit, vous étiez parti Jane. Personne ne s'attendait à vous revoir.
-Peut-être que me le dire m'aurait fait revenir, souffla-t-il douloureusement. Peut-être que j'attendais que vous me demandiez de revenir.
Elle ne sut quoi répondre, elle choisit un silence désolé. Il ne put soudain plus contenir la colère et la peine que le sentiment de trahison avait fait naître en lui. Il se leva sans avoir touché à son thé et quitta la maison sans prendre la peine de fermer la porte d'entrée.
Lisbon ne fit rien pour l'en empêcher, elle s'était doutée depuis qu'elle l'avait vu ce matin dans son bureau qu'elle allait avoir cette conversation avec lui, et il avait réagi exactement comme elle s'y était attendue. Après tout, elle ne pouvait décemment pas lui cacher une telle chose pendant des années et penser s'en tirer sans le blesser un peu au passage. Il s'agissait de Jane, et elle savait qu'il tenait assez à elle pour prendre mal qu'elle lui mente à un tel point.
Mais ça avait été plus fort qu'elle. Toutes ces années à lui mentir, c'était nier encore un peu ce qui s'était passé, c'était rester un peu en arrière, dans ce temps où elle était libre de l'attendre. Lui cacher Alys, c'avait été se cacher à elle-même qu'elle avait malgré tout avancé sans lui, étouffant sans le vouloir ce jour gardé secret, ce jour où tout aurait pu basculer… La culpabilité lui arriva de plein fouet, et elle espéra sincèrement que sa décision égoïste ne cause pas un nouveau départ de Jane.
Lorsqu'il revint chez Lisbon, Jane était parvenu à calmer la colère et la frustration, mais la peine était toujours un peu là, l'incompréhension aussi. Il fut arrêté par la vue de la petite Alys debout devant la porte d'entrée. Elle le fixait avec l'air d'une intense réflexion.
Il devait reconnaître qu'elle était jolie. Elle avait hérité des cheveux de sa mère, de son nez aussi, et du peu qu'il avait vu, elle avait également bien des expressions faciales de Lisbon. Ses yeux étaient la seule chose qui ne pouvait guère lui venir de sa mère, ils étaient d'un bleu surprenant, Jane se sentit passer au rayon X.
-T'es le monsieur des étoiles ? s'enquit finalement Alys, la bouche tordue dans sa réflexion.
-Le monsieur des étoiles ? répéta-t-il sans comprendre.
-Quand on regade les étoiles, maman elle me dit des histoi'es sur le monsieur des étoiles. Il voyage dans tous les pays de le monde entier et maman elle dit que les étoiles sont les mêmes pou lui et donc il est avec nous quand on regade les étoiles... Tu es le monsieur des étoiles ?
Jane sentit sa gorge se serrer, Lisbon lui avait caché l'existence d'Alys, mais apparemment, elle avait parlé de lui à la petite fille. Est-ce que ça signifiait qu'elle ne l'avait pas écarté de sa vie ?
-Qu'est-ce qui te fait dire ça ? demanda-t-il en s'acroupissant face à l'enfant.
-Elle m'a monté une photo un jou. Et tu es pa'eil que le monsieur des étoiles.
-Alors c'est sûrement que c'est moi, sourit-il avec douceur. Quel âge as-tu Alys ?
-Trrrois ans ! s'exclama aussitôt la petite en lui montrant trois doigts. Bientôt comme ça ! ajouta-t-elle en essayant de lever un doigt de plus. Tu t'appelles comment ?
D'instinct, Jane faillit répondre son prénom, mais il se souvint de la difficulté apparente d'Alys lorsqu'il s'agissait de prononcer le son « r ».
-Appelle-moi Jane, répondit-il dans un sourire.
-C'est un p'énom de fille ! rit-elle. Tu joue'as avec moi ?
-Si tu m'y invites, accepta-t-il.
-Tu vas 'ester à la maison avec maman ?
-Tu crois que c'est une bonne idée ?
-Oui ! s'enthousiasma-t-elle aussitôt. Maman elle va pas ête seule, pasque elle est un peu tiste sinon.
-Et ton papa ? s'enquit Jane en finissant par s'asseoir sur les marches du perron.
Alys sembla réfléchir un instant puis s'assit à côté de lui, miroitant sa position d'adulte avec toute sa volonté de grande fille.
-Il est en voyage, dit-elle finalement. Tu as une amou'euse ?
-Non, avoua-t-il.
-Pou'quoi? s'enquit-elle avec curiosité.
-J'avais une amoureuse, avant.
-Elle est où ?
-Au ciel, répondit-il en se doutant que Lisbon avait fait part de ses croyances à sa fille.
-Elle est avec ta fille alos, en déduisit Alys. Elle est pas toute seule.
Il la dévisagea, surpris, puis il déglutit avant d'assouvir sa curiosité.
-Comment tu le sais ?
-Maman elle me l'a dit, répondit-elle en haussant les épaules. Elles te manquent ?
-Oui, reconnut-il en sentant son cœur se serrer un peu, oui elles me manquent beaucoup.
-Moi aussi mon papa il me manque beaucoup. Mais il est pas au ciel mon papa. Il est où ton papa à toi ?
-Alys, interrompit la voix de Lisbon derrière eux. C'est l'heure de goûter.
La petite fille se leva aussitôt avec enthousiasme.
-Tu veux goûter toi aussi ? s'enquit-elle auprès de Jane.
-Je te rejoins tout de suite, la rassura-t-il.
Alys hocha la tête puis se tourna vers sa mère.
-Maman c'est lui le monsieur des étoiles, il l'a dit !
Jane vit Lisbon passer de la surprise à l'embarras, elle lui adressa un regard navré alors qu'Alys partait en sautillant rejoindre Rigsby qui l'attendait pour la faire goûter.
Lisbon s'assit à côté de Jane sans oser le regarder tandis qu'il la sondait du regard.
-Désolée pour l'image, s'excusa-t-elle finalement. Vos nombreuses cartes postales ont inspiré bien des histoires avant d'aller dormir. Il fallait bien que je lui donne un nom d'auteur.
-Vous avez essayé avec mon nom ? plaisanta-t-il.
-Plus d'une fois, reconnut-elle. Mais elle s'est évertuée à vous associer aux étoiles. Elle est votre plus grande fan.
-Vous lui avez parlé de moi ?
-Disons que je n'avais pas beaucoup d'autres histoires drôles en stock lorsqu'elle pleurait. Avec le temps, c'est devenu une sorte d'habitude je pense.
Jane acquiesça, digérant les dernières informations. Il entendit Lisbon soupirer à côté de lui et se tourna vers elle.
-Je comprendrai si vous m'en voulez, expliqua-t-elle, mais est-ce que vous pourriez tout de même rester encore quelques temps ?
Il réfléchit longuement, hésitant, mais déjà une nouvelle idée pour remplacer celle ratée à son arrivée venait de germer.
-Votre proposition de chambre d'amis tient toujours ? demanda-t-il finalement.
Lisbon lui sourit, ce sourire si rare dénué d'ironie et autres artifices.
-Alys vous attend pour goûter, dit-elle finalement en se levant.
Il la suivit à l'intérieur et fut accueilli par le cookie que lui tendait Alys, comme si elle l'avait attendu tout ce temps. Elle lui offrit un sourire timide lorsqu'il la remercia puis ordonna à Rigsby de lui donner un autre cookie.
-Alys, la politesse, intervint Lisbon en lui faisant les gros yeux.
La petite fille se tassa sur sa chaise rehaussée et offrit ses plus beaux yeux de cocker à Rigsby.
-Tu me donnes le cookie ? chuchota-t-elle alors.
-Alys, qu'est-ce que j'ai dit à propos de chuchoter ?
-S'i te paît mon Wayne ado'é que j'aime plus que tout le monde entier ? céda Alys à voix haute.
Malgré son rôle de maman en pleine réprimande, Lisbon ne put réprimer un sourire alors que Rigsby offrait un autre cookie à la fillette.
-Qu'est-ce qu'on dit ? parvint-elle à articuler plus ou moins sèchement.
Alys fit aller son regard de Rigsby à sa mère, l'innocence même.
-C'est pas grave boss, tenta Rigsby.
-Alys… insista Lisbon.
-Me'ci Wayne que j'aime plus que tout le monde entier, sourit Alys avec enthousiasme en semblant soudain retrouver la mémoire.
Jane eut du mal à ne pas rire bruyamment. Cette petite fille était plus que prometteuse.
-Wayne, je peux veni' su' tes genoux ? reprit Alys.
Elle croisa le regard noir de sa mère et ajouta :
-S'i te paît Wayne.
Rigsby fit mine de tousser pour cacher son rire puis attrapa Alys pour qu'elle vienne sur ses genoux.
-T'as vu maman ? J'suis pas petite là, se vanta aussitôt Alys.
-Oh j'ai bien remarqué, sourit doucement Lisbon avant de se tourner vers Jane pour préciser à mi-voix : elle est obsédée par la taille de Rigsby.
-Oh je vois, souffla Jane en souriant.
-Maman ? reprit Alys.
-Hm ?
-Pou'quoi toi t'as le d'oit de chuchoter et puis pas moi ?
Cette fois, Jane ne put s'empêcher de rire franchement, vite imité de Rigsby. Lisbon eut besoin de toute sa volonté de mère pour ne pas les suivre et se dépêtrer de la situation auprès d'Alys.
Jane observa la fillette tenter de discuter les positions de sa mère sans pouvoir retenir l'immense sourire qui illuminait ses traits.
Etrangement, ce fut à cet instant qu'il se sentit à sa place.
Rigsby poussa un immense soupir dès lors qu'il eut tourné le verrou de son appartement. Il déposa ses clefs sur la table à côté de la porte puis se dirigea vers la cuisine tout en annonçant à June qu'il était revenu. Il pestait après le réfrigérateur vide lorsque June le rejoignit. Elle s'assit sur une chaise de bar et s'appuya contre le comptoir en dévisageant non sans malice l'agent dont elle partageait la vie.
-Laisse-moi deviner, soupira Rigsby, c'était le jour des courses.
-Dans le mil cow-boy, s'amusa-t-elle. Mais comme je te connais par cœur, une pizza traverse en ce moment la ville jusqu'à nous…
Le visage de Rigsby s'illumina alors qu'il faisait le tour du bar pour venir la prendre dans ses bras et la faire quitter tout contact avec la terre ferme.
-Je t'aime, certifia-t-il.
Elle rit en prenant appui sur ses épaules, Rigsby lui donnait souvent l'impression d'être aussi légère que de la plume, ils avaient des conversations entières sans qu'elle n'ait à redescendre de ses bras.
-Tu sais Wayne, je trouve plutôt étrange que chacune de tes déclarations soient liées à la nourriture, se moqua-t-elle.
Il sembla songeur un moment puis grimaça.
-C'est pas ce que j'ai fait de plus romantique, constata-t-il.
-Non, je confirme, rit-elle. Ta journée s'est bien passée ?
-Je serai tenté de dire que oui, répondit-il en la déposant finalement pour aller se servir un verre de soda. C'était plutôt étrange en fait. Mais je crois que c'était pire pour Jane, il n'a plus vraiment de repères.
-Lisbon lui a dit pour Alys ?
-Il dort chez elle, alors il n'a pas pu louper ce détail… Mais il s'y est fait plus vite que je l'aurai cru… Enfin, c'est Jane, donc en fait on ne sait jamais vraiment, reconnut-il en haussant les épaules. Mais je crois qu'Alys lui plaît. Quand je suis parti, elle l'avait emmené visiter sa chambre et il a accepté de prendre le thé avec Barbie et compagnie.
-Un bon point pour lui, sourit June. Comment Lisbon a réagi ?
Rigsby se tordit la bouche, en proie à la réflexion, puis il haussa les épaules.
-Un peu comme nous tous, elle était surprise, répondit-il enfin.
-Attends, tu veux dire que Lisbon, ta boss, celle-là même qui a presque fait une dépression quand ce type est parti, a juste été surprise qu'il revienne ?
-Oui, acquiesça Rigsby. Que voudrais-tu de plus ?
-Elle pourrait être contente peut-être ? Ou même mieux, lui mettre sa main dans la figure.
-Pourquoi elle lui mettrait sa main dans la figure ? s'étonna Rigsby.
-Je ne sais pas moi, peut-être parce qu'il est parti comme un lâche ?
Rigsby la regarda des pieds à la tête en fronçant les sourcils, suspicieux.
-T'as croisé Grace combien de fois exactement au café du coin ?
June rougit légèrement.
-Deux ou trois fois, mentit-elle honteusement.
-Il n'y a qu'une seule façon pour que tu sois informée à un tel point sur les relations de Lisbon et Jane, et c'est Grace. Lisbon ne t'aurait jamais parlé de lui.
-Oh, quitte un peu ton costard d'enquêteur, tu veux ? bougonna sa petite amie, vexée d'être découverte. Elle m'a raconté l'histoire oui, alors j'avoue, je suis curieuse de savoir comment il peut se pointer ici après tout ce temps et ne provoquer que de la surprise chez elle.
-Quelle histoire ?
-Oh tu sais bien, râla-t-elle. Il paraît que la rumeur a envahi le CBI à l'époque et que Jane a détalé en partie à cause de ça, parce qu'il n'assumait pas.
Rigsby sembla enfin comprendre de quoi elle parlait et ne put s'empêcher de soupirer de soulagement.
-C'étaient des rumeurs débiles June, il venait de tuer le meurtrier de sa famille et il se remettait à peine de l'idée, comment aurais-tu voulu qu'il…
Rigsby n'eut pas l'occasion de finir sa phrase, interrompu par le livreur de pizza. June retrouva son sourire et lui indiqua la porte d'un signe de tête.
-C'est toi qui a oublié les courses, c'est toi qui payes, annonça-t-elle sous son regard exaspéré.
Lorsque Rigsby revint avec la pizza, ils s'installèrent sur le canapé et Rigsby eut vite fait de passer aux oubliettes le sujet de conversation précédent pour faire semblant de s'intéresser à l'article de June. Ils restèrent parler longtemps après avoir fini de manger.
L'avantage avec June, c'était qu'il n'avait pas besoin de faire la conversation, elle la faisait facilement à elle seule. Bien sûr, jamais elle ne choisissait des sujets importants à ses yeux, ceux-là, elle les gardait jalousement, pour se protéger. La première fois qu'elle lui avait raconté une anecdote vraiment personnelle, Rigsby s'était senti exceptionnel. Désormais elle parlait plus facilement de ces choses-là, mais il devait encore creuser un peu pour avoir la vérité entière. Et lorsqu'elle se mit à parler de la sortie qu'elle avait fait jusqu'au marchand de journaux, il sut que ce soir, il allait devoir creuser.
-June, l'arrêta-t-il, qu'est-ce que tu évites comme ça ?
Elle soupira et rangea au placard la panoplie des jours avec, laissant place aux jours sans.
-Ton père a appelé, avoua-t-elle à mi-voix.
-Tu as décroché je suppose ? déplora Rigsby.
Elle ne répondit d'abord pas, visiblement embarrassée.
-J'étais un peu curieuse, finit-elle par souffler sans oser le regarder dans les yeux.
-Crois-moi, il n'y a rien d'intéressant chez mon père, marmotta Rigsby. Qu'est-ce qu'il a dit ?
-Des choses grossières… Et aussi qu'il voulait te voir pour une histoire de cigarettes ou je ne sais quoi.
Rigsby soupira en s'enfonçant un peu plus dans le canapé.
-Je suis désolée, s'excusa June. Tu m'en veux ?
Il ne répondit pas, plongé dans ses pensées.
-Wayne, l'appela-t-elle.
Il secoua la tête pour chasser son père, le repousser encore de cette bulle qu'il avait créé autour de June, pour June. Il sentit son portefeuille le gêner dans sa poche, lui rappelant que l'une des raisons pour laquelle la bague était toujours dedans était son père. Epouser June, c'était faire face à sa famille, et il n'avait aucune envie de plonger la jolie blonde dans ce monde-là.
-Wayne, insista June en attrapant l'une de ses mains.
-Je suis là, souffla-t-il en liant leurs doigts. T'inquiète pas, je vais nulle part sans toi.
-C'est dans ton intérêt.
Il sourit doucement alors qu'elle collait son front contre sa tempe. Il ferma les yeux brièvement, profitant du contact pour éloigner un peu plus les démons qui menaçaient leur paix.
Il parvint finalement à se reprendre et embrassa les phalanges de la main de June, toujours liée à la sienne.
-Et si on allait dormir ? suggéra-t-elle avec douceur.
Il acquiesça alors qu'elle se levait enfin, mais il l'empêcha de partir en retenant sa main. Elle l'interrogea du regard, surprise.
-Je t'aime, June.
June lui sourit, puis tourna sur elle-même, l'air de chercher quelque chose.
-Quoi ? s'étonna-t-il.
-Je cherche la nourriture, rit-elle.
Il ne put que rire avec elle.
Les murs de la chambre d'ami n'étaient pas très épais, aussi Jane put-il entendre l'histoire que Lisbon raconta à Alys depuis la chambre où il rangeait son sac. Lisbon avait mis l'armoire à sa disposition. Il entendit parler d'une princesse et d'un dragon et ne put s'empêcher de sourire, Lisbon avait opté pour les classiques ce soir, ce qui ne pouvait vouloir dire qu'une chose : elle était consciente de l'épaisseur des murs. Il se doutait qu'elle éviterait les histoires sur le "monsieur des étoiles" en sa présence, elle trouverait ça sans doute bien trop embarrassant maintenant qu'elle hébergeait ledit monsieur sous son toit.
Il entendit Alys le réclamer pour lui dire bonne nuit et sourit avant de se diriger vers la chambre de la petite fille. Alys l'accueillit avec un sourire timide, il resta sur le pas de la porte. Elle lui souhaita bonne nuit en agitant sa main et il en fit de même, souriant. Il eut ensuite le privilège d'entendre la grande déclaration d'amour qu'elle fit à Lisbon tout en l'enlaçant.
-Combien de jou' ? demanda-t-elle lorsque sa mère se releva pour partir.
-Encore quelques semaines, répondit Lisbon dans un pâle sourire.
Alys acquiesça puis se tourna dans son lit, signifiant qu'elle était prête à dormir. Lisbon referma la porte et soupira sans retenue.
-Elle me demande tous les soirs, avoua-t-elle finalement. Tous les soirs, elle me pose la question pour savoir dans combien de jours son père va rentrer. Et lorsqu'il est là, elle me pose la même question, pour savoir quand il repart.
-Il n'a pas un métier facile, lança Jane à tout hasard, un peu embarrassé par cette confession spontanée de la part de la brunette.
-Il pouvait y réfléchir avant de s'engager auprès d'Alys à être son père, rétorqua Lisbon non sans agacement.
Elle resta un moment à intérioriser sa colère et Jane se sentit plutôt inutile. Il ne connaissait pas la vie qu'elle menait, il n'avait aucune idée de ce qui aurait pu l'aider. Dire que quelques heures plus tôt, il pensait encore la connaître...
-Excusez-moi, je vous parle de choses qui ne vous concernent pas, se reprit-elle. J'aurai bien veillé avec vous, mais je suis un peu fatiguée, vous ne m'en voulez pas si…
-Non, allez-y, la coupa-t-il dans un sourire poli. Je ne sais pas encore combien de temps je reste, mais on aura sans doute le temps de parler.
Elle acquiesça, le remerciant à mi-voix, puis se dirigea vers sa chambre. Jane l'imita en retrouvant le chemin de la sienne.
-Jane, le rappela-t-elle.
-Hm ?
-Juste… Ne partez pas trop vite, d'accord ?
-D'accord, accepta-t-il en lui offrant un sourire rassurant.
Elle le remercia une fois encore à mi-voix, puis disparut dans sa chambre. Jane en fit de même et resta un moment immobile contre la porte fermée.
Il se donnait deux mois pour trouver des raisons de rester.
Vous avez été plusieurs à voter pour et comme personne n'est contre, je reprends le système des extraits ! =) Voici donc un aperçu du chapitre 3:
"-Bonjour, lança Jane, curieux.
-Euh… hésita l'homme. J'ignorai que ma sœur avait un amant. Elle ne m'a pas prévenu.
-Ami suffira, rectifia aussitôt Jane dans un sourire embarrassé.
-Oh, ça rend les choses beaucoup moins gênantes."
Alors, selon vous, lequel des frères de Lisbon est de la partie ? ^^ Et puis bien sûr les mêmes questions: pourquoi Jane est parti ? Pourquoi est-il revenu ? Si vous avez des théories, lâchez-vous...
A mardi ? =)
