Hello ! Désolée de l'autre post, je suis profondément navrée ! =)

J'espère que si vous avez déjà lu vous penserez au fait qu'il y a une scène en plus à la fin désormais ! (Je ne modifie -tristement- rien avant la 1ère scène Rigsby/June.)

Oh, et sondage du jour, vous voulez deux chapitres ou un grand chapitre en guise de fin ? (Oui oui c'est déjà la fin...).

Merci à Sweetylove30, seirarah, MarshxMallow, Totorsg, Jade212000, ShaiArg, AliahMPS, et paffi. =)

helena jane: La suite sera sûrement la fin, tu n'auras pas à avoir peur longtemps comme ça ! :) Merci.

MadMouse: Je suis contente que le précédent t'ait plu,j'avais un peu peur d'en faire un chapitre affreusement pessimiste... (ce qui est un peu le cas avouons!) Mais le réveil t'a fait rire, c'est génial. :) Concernant le chapitre posté ici (je prends de l'avance pour une fois!lol) j'ai été très étonnée par ton enthousiasme, j'ai tellement speedé pour finir à temps...(j'ai peur de ce que je vais découvrir au moment de l'édition!lol). Donc j'suis ravie malgré ma honte que tu ais apprécié. (Ton commentaire sur "l'auteur de cette fiction" m'a bcp fait rire! Précision sur Jeff/Lisbon à la fin de ce chapitre! ;) Merci pour tout ! :)

dawnie: Merci merci merci ! :) Retour de Jeff ici même, à toi de voir comment se présente la suite (et fin d'ailleurs) des évènements. :)

Enjoy: Le moment de la danse a retenu l'attention plus que je m'y attendais, j'en suis ravie. :D Tu as totalement raison (selon moi of course) pour Jeff. :) J'espère garder le niveau que tu me prêtes. Merci ! =)

Anara: Désolée pour la fausse joie ! ^^' Et oui oui, on voit enfin Jeff dans ce chapitre ! Oh et je comprends que tu n'aimes pas June, elle peut être terriblement agaçante. =) (Surtout si tu es Rigspelt, mille pardons, j'ai commencé à un moment où ce couple m'agaçait fortement. ^^') Contente que tu ais aimé le reste ! Merci :)

FewTime: Oh quelle histoire ! ^^ Voyons FewTime, moi, une copieuse ? J'ai bien assez d'histoires idiotes à revendre toute seule. :) Je ne connaissais pas Kit, tu m'as donné envie de lire le livre. :) Contente d'arriver à te surprendre après tout ce temps, c'est un honneur ! :) (T'imagine, ça fait presque un an que tu me supportes !) [parenthèse: I 'heart' Sinatra!] Je ne suis pas sûre que ça soit la bonne fiction pour le fluffy malheureusement... promis c'est bientôt fini! Les pronostics m'ont fait bcp rire, mais je reste sur le c** à cette idée. ^^ Je suis contente que tu aimes malgré tout, merci pour tout ! :)


Chapitre 10 : Romantique né

La maison Lisbon était en ébullition ce week-end. James était passé dans l'espoir de prendre des nouvelles mais était vite ressorti, peu désireux de subir la nervosité de sa sœur. La blessure par balle de Jeff s'était avérée être peu dangereuse et il était attendu d'un moment à un autre. Jane avait bien tenté de calmer Lisbon, mais elle était trop rapide pour lui.

La maison était impeccable puisqu'elle avait passé une bonne partie de ses nerfs dessus. L'excitation d'Alys à l'idée du retour de son papa aurait pu y régner mais la nervosité de Lisbon à l'idée de voir Jeff dans la même pièce que Jane rendait l'atmosphère plutôt lourde.

-Tu veux que j'aille à l'hôtel ? suggéra finalement Jane après l'avoir vue changer un pot de fleurs trois fois de place.

Il eut juste le temps de rattraper le pot de fleur alors qu'elle l'échappait. Elle leva les yeux vers lui comme pour le sonder, puis elle fit signe que non, elle ne voulait pas qu'il aille à l'hôtel.

-L'idée de lui et moi dans la même pièce te terrifie.

-Et c'est plutôt normal, non ? soupira-t-elle sans même chercher à nier.

-Relativement, approuva-t-il. Mais ce n'est pas te mettre dans un état pareil qui changera les choses.

-Et tu veux que je fasse quoi ? Si ce n'est pas toi qui déraille, ça sera lui. Peut-être même que vous pousserez le vice et déraillerez tous les deux.

-Je suis adulte, lui rappela-t-il.

-Ah bon ? ironisa-t-elle.

-La plupart du temps, rectifia-t-il, j'essaie.

-Ça ne me rassure pas, l'informa-t-elle dans un soupir exaspéré.

Il sourit et posa une main apaisante sur son épaule.

-Tout se passera bien… Il me faudra peu de temps pour l'hypnotiser.

Elle lui donna un coup dans le ventre et il se plia en deux en riant, fier de sa bêtise. En croisant ses yeux enjoués, elle ne put retenir un sourire et lui adressa le regard qui signifiait qu'il l'exaspérait mais qu'elle ne pouvait s'empêcher d'apprécier cette humeur légère.

-Viens là, souffla-t-il en l'approchant de lui.

Elle accepta l'étreinte et enlaça sa taille, son visage enfoui contre son épaule.

-Tu n'arranges rien, lui fit-elle remarquer.

-Je sais, sourit-il en déposant ses lèvres contre sa tempe. Si ça peut te rassurer, je compte faire des efforts.

-Parce que tu en fais là ? s'amusa-t-elle.

-Crois-moi, j'en fais, marmotta-t-il sur un ton plus que suggestif.

Elle rit avant de fermer les yeux et d'accepter de lâcher prise quelques secondes. Elle sentit une main de Jane se balader de bas en haut le long de sa colonne vertébrale et l'autre dessiner du bout du pouce de légers cercles sur sa hanche. Elle aurait tellement souhaité se sentir aussi écartelée que quelques minutes auparavant, mais ce n'était plus le cas. Elle savait pertinemment –et tristement– de quel côté son cœur penchait. Ça n'allégeait pas la culpabilité qu'elle ressentait déjà.

-Tu ne me feras rien pour m'aider, hein ? déplora-t-elle.

Elle l'entendit rire, sentit son souffle sur sa nuque.

-Ça ne serait pas dans mon intérêt, lui rappela-t-il.

Elle soupira mais n'amorça pas un geste pour se détacher de lui. Et peut-être qu'après tout, elle était un peu écartelée.

-Est-ce que tu peux…

Elle s'interrompit, elle n'avait pas le droit de lui demander ça, c'était à elle de protéger les autres, non pas l'inverse.

-Tout ira bien, lui promit-il comme s'il avait lu dans son esprit.

-Merci, souffla-t-elle.

Elle frissonna en sentant Jane déposer affectueusement ses lèvres dans son cou. Elle aurait voulu qu'il n'ait plus jamais à partir.


Jane et Alys s'occupaient avec une idée farfelue de Jane lorsque Lisbon fut sortie de son observation songeuse par le bruit d'une voiture familière. Bien malgré elle, elle fut à la porte d'entrée en un temps record, et la vue de Jeff, un sac de voyage sur l'épaule et un sourire aux lèvres, l'apaisa immensément. Elle lui rendit son sourire puis avança jusqu'à lui pour l'enlacer avec soulagement.

Elle fut interrompue par un cri de joie enfantin et eut juste le temps de se décaler pour qu'Alys, véritable boulet de canon, puisse se jeter dans les bras de son père. Jeff éclata de rire et s'accrocha à sa fille comme à une bouée de sauvetage, embrassant ses cheveux, ses joues et son front.

Lisbon ramassa le sac tombé au sol alors que Jeff plaçait Alys sous son bras, la faisant éclater de rire.

-Stop papa ! Stooop ! ordonna-t-elle en riant de plus belle.

-Elle va être malade, fais attention, intervint Lisbon.

-Elle a vu pire, s'esclaffa Jeff en installant Alys sur ses épaules.

-T'as vu maman, je suis g'ande !

-J'ai vu, lui sourit Lisbon. Tu peux la reposer Jeff s'il te plaît ? J'ai quelque chose à te dire.

L'intéressé fronça les sourcils, étonné, mais obtempéra.

-Pars devant, intima-t-il doucement à Alys, je te rattrape.

Alys acquiesça fièrement, comme s'il venait de lui donner une grande mission, puis fila en trottinant. Jeff sourit, et son sourire avait la force du soleil. Il reprit cependant un air sérieux lorsqu'il se tourna vers Lisbon.

-Jane est revenu, avoua-t-elle sans préambule.

-Pardon ?

-Patrick Jane est revenu, répéta-t-elle patiemment, et il loge chez nous.

Jeff garda le silence, la dévisageant longuement. Lisbon évita son regard, beaucoup moins à l'aise que quelques minutes auparavant. Jeff, d'habitude si joyeux, si insouciant, était devenu silence. Et elle ne supportait pas de ne pas savoir ce que ça cachait.

-Tu as le droit d'être en colère, hésita-t-elle. Mais je tiens à ce qu'il reste tant qu'il le souhaite.

-Est-ce que je suis encore chez moi ? s'enquit-il comme s'il n'avait pas entendu ce qu'elle avait dit.

-Bien sûr, pourquoi voudrais-tu qu'il en soit autrement ?

-A toi de me le dire, répondit-il en haussant les épaules.

Il y avait de la douleur au fond de ses yeux. Et c'était la première fois que ça faisait si mal. Elle se sentit désarmée, incapable de lui parler d'un choix qu'elle n'avait pas encore fait.

-Je suis contente que tu n'aies rien, dit-elle à mi-voix.

-Il faut plus qu'une bande de flics ripoux pour m'avoir, lui sourit-il.

-Nous étions inquiètes, insista-t-elle. C'est insupportable de ne jamais pouvoir t'appeler.

-C'est pour votre sécurité. Je chasse des criminels de haut vol, certains d'entre eux n'hésiteraient pas à s'en prendre à vous contre l'assurance que je les laisse s'échapper.

-Je dirige la Section des Crimes Majeurs du CBI, lui rappela-t-elle.

-Je sais, sourit-il. Tu es tout sauf une demoiselle en détresse… Mais il y a Alys.

Elle hocha la tête, lui cédant cette bataille.

-Alors Jane est ici, hein ? soupira Jeff en désignant la maison.

-Oui, souffla Lisbon dans un air désolé.

-Je suppose que lui mettre mon poing dans la figure est exclu ?

Elle rit et attrapa sa main.

-Allez viens au lieu de dire n'importe quoi.

Il la suivit non sans avoir soudé ses doigts aux siens, heureux d'être en vie et d'avoir retrouvé sa famille. Le reste n'était que dommage collatéral.


Jane écouta Alys lui parler à toute allure de choses sans queue ni tête, emportée par son enthousiasme. Il ne put s'empêcher de sourire, amusé par son excitation. Il fut cependant refroidi par le son d'une voix masculine dans l'entrée. Il entendit Lisbon répondre en riant à ce qui était dit puis découvrit enfin qui était ce fameux Jeff.

Si Lisbon voulait lui envoyer un message subliminal, il était parfait. Grand, athlétique, brun, un visage fin malgré sa mâchoire carrée, des yeux bleus similaires pigment pour pigment à ceux d'Alys, il portait un costume cravate avec élégance et son sourire dégageait une allégresse douce et sincère. Il accordait à Lisbon qu'à l'époque où elle avait rencontré Jeff, elle le haïssait d'être parti, ça expliquait sûrement pourquoi cet homme était son contraire en bien des points.

-Alors c'est vous le fameux Jane ? s'enquit-il en entrant dans le salon.

Alys se jeta aussitôt dans ses jambes avec adoration et il fut distrait le temps d'adresser un sourire radieux à sa fille.

-Et vous êtes Jeff, les présentations sont faites, lança Jane en acceptant la main qui lui était tendue.

Un silence embarrassant s'éleva alors que les deux hommes se dévisageaient, sondant le regard de l'autre. Bien sûr, Jane avait déjà une idée de qui il était au premier coup d'œil, mais il garda le portait qu'il aurait voulu faire pour lui. Il avait promis à Lisbon de ne pas lancer les hostilités le premier.

-C'est mon p'ince papa ! intervint Alys en désignant Jane du doigt. Et il a une DS ! C'est comme les cheval, mais c'est une voitu'e.

Jeff ne put s'empêcher de sourire et se baissa à la hauteur d'Alys.

-Et si tu me montrais comme ta chambre a changé ? suggéra-t-il.

-Oh oui ! accepta l'enfant avec ferveur. Viens !

Jeff s'excusa distraitement auprès de Lisbon et Jane et disparut à l'étage, aussi enthousiaste que sa fille. Il savait mieux que personne qu'avoir la chance d'entrer dans le monde d'Alys n'avait pas de prix.

-Ce n'était pas si catastrophique, tenta Jane dans un sourire navré à la brunette.

-Ça aurait pu être pire, reconnut-elle. Et ça le sera sans doute, ajouta-t-elle après réflexion.

-Il n'est pas trop tard pour me demander de partir.

-Non.

Jane s'approcha d'elle.

-Pourquoi ?

-Je sais que tu repartiras bientôt, mais je ne suis pas encore prête à recommencer.

-Qui te dit que je vais partir ? s'étonna-t-il.

-Tu n'as jamais parlé de rester, rétorqua-t-elle.

-Peut-être que je pourrai rester cette fois.

-Et pour quelle vie ? Je doute que tu veuilles de la mienne maintenant.

-Au moins, cette fois tu as le choix.

Elle le dévisagea un moment, surprise, puis poussa un profond soupir.

-Je ne peux pas te choisir, souffla-t-elle. Ils sont ma famille.

-Je peux en être, et tu le sais.

-Je refuse que ma fille vive comme ça. Elle mérite mieux.

-Elle mérite de grandir avec une mère qui garde l'alliance d'un autre homme autour du cou ? répondit-il sans se soucier de sa grimace. Je fais déjà partie de sa vie Teresa. J'ai été le monsieur des étoiles auparavant, et je suis son meilleur ami désormais. Qui te dit qu'elle grandirait dans une atmosphère malsaine ? Je ne te parle pas de remplacer Jeff, il est son père, et un bon père de ce que je sais, mais je te parle d'envisager que la vie que tu mènes n'est pas celle que tu voulais.

-Quand comprendras-tu qu'il est trop tard ? s'exaspéra-t-elle.

-Quand comprendras-tu que refuser de voir les choses n'anéantit pas leur réalité ?

-Je te rappelle que c'est toi qui as pris la fuite il y a cinq ans ! s'emporta-t-elle.

Il se pinça les lèvres, agacé mais à court d'arguments contre ce fait désolant.

-Je n'ai plus l'âge des contes de fée Jane, soupira-t-elle. Je suis désolée mais pour moi, une voiture ne s'apparente pas à un cheval et tu n'as rien du prince charmant. Je ne peux pas me permettre de rêver comme Alys, ni comme toi, je ne peux pas me permettre de disparaître pendant des mois puis de réapparaître et d'être pardonnée miraculeusement. Si je l'abandonne de quelque manière que ce soit, elle ne me le pardonnera jamais, je ne me le pardonnerai jamais.

-Et si je repars, tu me le pardonneras peut-être ? rétorqua-t-il.

Elle hésita, puis :

-Probablement pas, reconnut-elle.

-Alors fais-nous une faveur, retiens-moi cette fois.

Elle allait répondre lorsque des pas dans l'escalier les informèrent qu'Alys et son père revenaient de leur visite. Ils entendirent des rires et Jane vit la vulnérabilité de Lisbon disparaître derrière un sourire pour Alys.

Il venait de perdre sa si fragile place.


Rigsby poussa un soupir en ouvrant le réfrigérateur.

-Je peux savoir pourquoi ce truc est rempli de bouffe pour cheval ? s'enquit-il à l'intention de June qui était installée sur le bar avec le journal pour lequel elle travaillait.

-Ça s'appelle des légumes, s'amusa June sans lever les yeux de sa lecture.

-Tu veux me tuer ou quoi ?

-Non justement, je tiens à ta vie.

-Tu aurais au moins pu me laisser du soda, déplora-t-il. Non mais sérieusement, du jus de papaye ? Dis-moi que tu me trouves énorme et que je dois faire un régime tant que tu y es !

-Ne t'en fais pas, c'est temporaire, céda-t-elle en se détachant finalement de son journal. Je reçois les filles de la rubrique potins demain, elles sont toutes plus ou moins anorexiques.

-Pourquoi tu les reçois ? s'étonna Rigsby.

-Je vais à la pêche à la promotion. Cette rubrique est trois fois plus lucrative que ce truc blasant qu'est l'immobilier à Sacramento.

Rigsby la dévisagea, plus que surpris. Avait-il mal entendu ou June projetait-elle vraiment de monter en grade dans ce job originairement temporaire ?

-Ne fais pas cette tête, rit-elle. Je n'allais pas rester toute ma vie à la même rubrique. Je compte bien gravir les échelons. Et quand j'en aurai marre, je changerai, et ainsi de suite jusqu'à ce que tous les délais de prescriptions soient dépassés.

-Pourquoi jusqu'à la fin des délais de prescription ? s'étonna-t-il.

-J'ai beaucoup réfléchi, et je crois que j'ai envie d'écrire un bouquin sur mes aventures. Je ne sais pas encore si j'en ferai un roman ou une biographie cependant… Mais les gens aiment les escrocs, non ?

-Je serai mal placé pour dire non, rit-il.

Elle lui sourit, soudain radieuse.

-Puisque je compte rester un bout de temps ici, autant trouver de quoi m'occuper.

-Un bout de temps, c'est quoi pour toi ? s'enquit-il l'air de rien, sa poche de jean le brûlant.

-Je ne sais pas, répondit-elle en haussant les épaules. Aussi longtemps que tu voudras de moi je suppose.

-Tu dis ça parce qu'on t'enlève le bracelet bientôt ?

-Non, ça c'est qu'un bonus, rit-elle en jetant un coup d'œil dégoûté audit bracelet autour de sa cheville. Je me plais ici, avec toi, et je ne vois pas les choses autrement. Comme je te l'ai dit, pas même pour un Da Vinci.

-Tveuxm'pouser ? déblatéra-t-il à toute allure, sans réfléchir.

-Pardon ? s'étonna-t-elle, surprise de n'avoir rien compris –elle qui le décodait d'habitude si bien.

Il soupira, il n'avait pas prévu du tout de lui présenter les choses de cette façon, mais il voulait lui poser la question depuis si longtemps… Il était fatigué d'attendre.

-Je te demande si tu veux m'épouser, répéta-t-il d'une voix plus claire bien qu'un peu hésitante.

Elle écarquilla les yeux puis fronça les sourcils.

-Tu as fait un pari avec Cho ? s'enquit-elle.

Il se sentit mourir intérieurement mais sortit son portefeuille. June scruta chacun de ses mouvements, toujours entre la surprise et le scepticisme. Elle faillit se décrocher la mâchoire lorsqu'elle vit la bague que Rigsby lui présenta.

-C'était pas un pari avec Cho, constata-t-elle en attrapant la bague. Mais enfin Wayne tu as dû te ruiner !

-J'ai volé quelques tableaux de renom à droite à gauche, plaisanta-t-il tant bien que mal.

Il déglutit face au silence de la blonde.

-Alors ? tenta-t-il. Qu'est-ce que tu en dis ?

-Comment ça qu'est-ce que j'en dis ?

-Tu ne veux pas ? articula-t-il avec peine.

-Mais tu es fou ? s'indigna-t-elle en comprenant enfin où il voulait en venir. Bien sûr que je veux ! La question ne devrait même pas se poser, idiot !

Rigsby relâcha enfin le souffle qu'il avait retenu et afficha un immense sourire. June fit aller son regard de la bague à Rigsby puis de Rigsby à la bague, toujours sous le choc. Et en plus, il avait réussi à lui cacher une chose pareille.

-Tu l'as depuis combien de temps ?

-Deux bons mois, avoua-t-il.

-Tu es un crétin Wayne, rit-elle en enfilant finalement le bijou. Mais tu as de la chance, je suis vraiment amoureuse du crétin que tu es, ajouta-t-elle en l'enlaçant.

-C'était une bonne idée alors ? vérifia-t-il.

-Une merveilleuse idée… Bien que le fait que tu ais fait ta proposition dans la cuisine est à discuter.

-Si ça peut te consoler, j'ai le ventre vide, se moqua-t-il.

-Oh merci, ça me console vraiment, rit-elle en se détachant de lui. Tu viens de tuer le romantisme avec cette proposition.

-Je croyais que tu n'aimais pas le romantisme ?

-Tu as raison, je t'aime toi, il faut faire des sacrifices.

-Hey ! protesta-t-il en riant cependant.

Elle l'embrassa pour le faire taire et il accepta d'être soudoyé avec plaisir, la rapprochant plus de lui si possible. Il glissa une main sous le débardeur qu'elle portait et la souleva du sol avant de l'emmener dans leur chambre pour fêter la fin de deux mois d'angoisse et d'hésitation.

-Les filles vont être affreusement jalouses de ce bijou, ricana June alors qu'il les faisait passer la porte. Rappelle-moi d'appeler la moitié de mon répertoire pour les narguer.

-Plus tard, marmotta-t-il en refermant la porte d'un coup de pied.

Cette nuit-là, pour la première fois depuis deux mois, le portefeuille de Rigsby resta dans la cuisine.


Rigsby ouvrit les yeux avec la merveilleuse sensation qu'il était heureux et que rien ne pouvait leur arriver. Ce sentiment ne l'avait pas quitté depuis une semaine, un peu comme l'anneau n'avait pas quitté l'annulaire de June. Il s'étira en baillant bruyamment et posa enfin les yeux sur la forme recroquevillée de June contre lui. Elle lui offrit un sourire endormi alors qu'il attrapait sa main où leur promesse encore récente brillait.

-Je ne me ferai jamais à la vue, sourit-il, radieux.

-Idiot, se moqua-t-elle en embrassant son cou. Bien sûr que si tu t'y feras, il le faudra bien. Tu aurais l'air d'un idiot si devant nos enfants tu continuais à t'émerveiller.

-J'aurai au moins l'air heureux, rétorqua-t-il en riant avant de réaliser : nos enfants ? Tu veux des enfants ?

-Pas toi ? s'étonna-t-elle.

-Je n'y avais pas vraiment pensé, avoua-t-il, les yeux dans le vague. Oui, pourquoi pas ? Je suppose que ça fait partie de notre avenir maintenant.

June rit légèrement et se leva pour aller s'asseoir sur le rebord de la fenêtre.

-On a encore du temps, le rassura-t-elle, consciente que la rapidité n'avait rien à voir avec Rigsby. Lisbon et Jane en revanche...

-Tu as eu des nouvelles ? s'enquit-il en se redressant contre la tête de lit, soudain moins radieux, plus sérieux.

-J'y suis passée hier et j'ai un peu parlé avec Lisbon.

-Et ?

-C'est la guerre froide entre Jeff et Jane, elle n'en peut plus, déplora June dans une grimace peinée. Jane passe la plupart de ses journées hors de la maison et quand il est là, il reste à l'écart.

-C'était prévisible, répondit Rigsby en haussant les épaules.

-Ils ne peuvent pas rester comme ça, il faut qu'ils parlent, qu'ils mettent les choses au point. Si ça continue, Jane va partir et on aura droit à un remake désastreux.

-Tu ne peux rien y faire June, c'est leur histoire, à eux de décider.

-Mais tu oublies Alys, elle serait si triste si tout ça tournait mal...

Rigsby soupira lourdement, à cours d'arguments.

-Je peux peut-être essayer de parler à Jane ? suggéra-t-il.

-Comme si tu pouvais raisonner cette tête de mule, rouspéta June.

-Tu veux qu'on fasse quoi alors ? s'exaspéra Rigsby. On a les mains liées sur ce coup-là.

-Ce sont nos amis, on ne peut pas les laisser se faire autant de mal, s'indigna June. Je refuse de les regarder se déchirer sans rien tenter !

Rigsby sortit du lit pour venir l'enlacer avec douceur, embrassant sa tempe pour la calmer.

-Tu ne peux pas sauver tout le monde June, souffla-t-il. Tu as l'âme d'une héroïne mais tu n'en es pas une. Tout ce qu'on peut fait, c'est être là pour ramasser les morceaux. Tu ne serais pas à ta place si tu intervenais maintenant.

-Au moment où t'as eu un coup de téléphone de cet enquiquineur pour aller le chercher à l'aéroport, j'ai su que c'était une mauvaise nouvelle, gémit-elle. Si seulement il était resté loin d'ici...

-Tu ne le penses pas, sourit doucement Rigsby. Tu sais tout comme moi que ça a fait du bien à Lisbon de le revoir et de pouvoir un peu vider son sac.

-Ça fera du bien à Jeff aussi s'il a l'occasion de casser la figure à Jane, ironisa June.

Rigsby grimaça puis rit légèrement.

-Jane est habitué.

-Jeff est entraîné, rétorqua sa fiancée.

-Bah, Jane l'aura pas totalement volé... Arrête de t'en faire, tout ira bien.

La jeune femme acquiesça dans un soupir peu convaincu puis se blottit contre lui.

-Redis-le, murmura-t-elle.

-Tout ira bien, promit-il encore.

Et dans le fond, il priait lui aussi.


Lisbon regarda les rideaux se lever au gré du vent de la nuit qui s'infiltrait par la fenêtre entrouverte. Elle frissonna lorsque le courant d'air parvint jusqu'à elle et se recroquevilla sous la couverture. La sensation de froid ne la quittait plus depuis des jours. Elle se sentait vide, comme en automatique. Parce que d'un côté il y avait Jeff, soleil réconfortant, rassurant, et de l'autre il y avait Jane, tellement plus effrayant... Tellement plus attrayant. Son coeur penchait, il n'avait jamais cessé, n'avait jamais trouvé l'équilibre entre raison et sentiments, entre vie et rêve. Elle s'était exilée cinq ans plus tôt, elle avait quitté la simplicité, quitté tout ce qui avait toujours guidé sa vie. Et peut-être qu'au final, elle était plus partie que ne l'avait fait Jane. Peut-être qu'au final son coeur avait décollé avec lui, entier. Peut-être qu'au final toutes ces nuits passées dans cette fichue DS bleutée à espérer s'accrocher aux fragments avaient essayé de lui dire bien plus tôt qu'elle n'aurait jamais droit au chemin facile.

Peut-être qu'être raisonnable n'avait jamais fait partie de ses plans.

Jane était revenu depuis bientôt deux mois, il avait tout chamboulé: croyances, vie, habitudes, sécurité... tristesse. Le chantier avait été douloureux, mais le résultat était bien plus risqué. Elle savait très bien pourquoi il était revenu. Elle s'en était doutée à l'instant même où elle l'avait vu sortir de son bureau le premier jour. Il était revenu pour l'arracher à sa vie, il était revenu avec l'espoir qu'elle parte avec lui. Il était revenu parce qu'il n'avait plus le courage d'affronter la vie de solitaire qu'il avait espéré, il était revenu parce qu'elle lui avait manqué bien plus que prévu. Il était revenu parce qu'il l'avait aimée, et parce qu'il voulait pouvoir continuer...

Dieu ce qu'elle avait froid.

-La réponse n'a pas changé, hein Rees ? souffla la voix douce de Jeff à côté d'elle.

Au moins elle n'était pas la seule à ne pas pouvoir fermer l'oeil.

Elle fit signe que non, la réponse n'avait pas changé, pas une seule fois en cinq ans. Elle sentit la main de Jeff accrocher la sienne et elle lui rendit une douce pression avant de se tourner vers lui. Elle ferma les yeux lorsqu'il remit une mèche de cheveux en place et lorsqu'elle lui fit face, elle vit la douleur qu'elle avait encore provoqué.

-Je suis désolée, murmura-t-elle, la voix plus brisée que prévu.

-Ne t'excuse pas, souffla-t-il dans un léger sourire. Je savais à quoi je m'engageais, tu ne crois pas ? Tu as été plutôt claire, tu ne m'as jamais laissé m'emballer.

-Beaucoup pourrait se demander pourquoi tu es resté.

-Alys et toi êtes tout ce que j'ai, vous êtes ma famille, malgré ta décision.

-Tu ne regrettes pas d'avoir choisi cette vie ?

-Pour rien au monde, avoua-t-il. Alys vaut tous les combats, et si ça veut dire ne jamais t'avoir pour moi, je peux vivre avec.

-Pour toujours ? demanda-t-elle en retenant à grand peine les larmes qui menaçaient de couler.

Il acquiesça en se redressant pour embrasser son front.

-Ca fait combien d'années qu'on se l'est dit Rees ? Peu importe ce qui arrivera, on est une famille. Ce n'est pas parce qu'on est ce qui se fait de mieux en matière de couple raté qu'on ne vaut rien comme parents, non ?

Elle hocha la tête et déposa son front contre son épaule.

-Parfois, j'aimerai que tu sois tellement plus que le père d'Alys, soupira-t-elle en fermant les yeux.

-Et moi donc, rit-il doucement. L'abstinence ne me réussit pas.

-Je ne t'empêche pas d'aller voir ailleurs, lui rappela-t-elle en souriant malgré elle.

-Ne change pas de sujet, s'amusa-t-il.

Elle soupira et se détacha de lui pour contempler le plafond.

-On peut dire qu'on a vraiment raté nos vies, hein ? suggéra-t-il en tournant la tête vers elle.

Elle ne put s'empêcher de rire et tourna la tête vers lui à son tour. Elle l'observa longuement, gravant son sourire dans sa mémoire. Elle fut submergée par la tendresse qu'elle éprouvait pour lui à cet instant. Il était toujours resté, il ne s'était jamais plaint, ils n'avaient jamais su s'accorder, ils n'avaient jamais su s'aimer.

-Et maintenant ? reprit-il à mi-voix, comme s'il avait peur de cette nouvelle question. Qu'est-ce que tu vas faire ?

Elle ne quitta pas son regard un instant, ce même regard qui l'avait rassurée et consolée pendant plus de quatre ans.

-Rester, répondit-elle dans un souffle. Je vais rester.


... Des avis ? Des menaces ? Lâchez-vous! :D N'oubliez pas de me dire si vous voulez la suite et fin en deux chapitres ou un seul. =)

Ps: "The One that got away" de Katy Perry m'a fait penser à cette histoire (pas le clip, rassurez-vous...), j'aurai bien mis un extrait en citation mais je n'ai plus le temps...

Prochain post samedi soir au plus tard ! =)