Imaginez moi débouler sur un beau cheval blanc, dans une robe de princesse, les cheveux bouclés pour l'occasion volant au vent, un précieux document en main, relatant la suite de "You're in my veins". Imaginez vous admirer mon arrivée, hurler mon nom encore et encore, m'acclamer plus fort que vous n'avez jamais acclamé personne d'autre. Et là, alors que je m'apprête à descendre de mon fidèle et majestueux destrier, je me ratatine sur le sol parce qu'il a décidé de se remettre à galoper au même moment. Non mais sérieusement, vous pensiez que j'allais vraiment faire une arrivée aussi nunuche ? Je rêve, vous êtes plus atteint que je ne le pensais. Déjà, j'écris pas dans un dossier, j'utilise la nouvelle technologie moi : l'ordinateur. Donc toute ma petite mise en scène de début tombe à l'eauuuuu ! MOUAHAHAH
Non mais tout ça pour dire que .. Dire quoi déjà ? Ah oui, voici la suite de ma fiction ! J'espère qu'elle vous plaira en tout cas. Et elle répondra aux questions que vous m'avez posé auxquelles je ne voulais pas répondre avant .. MAINTENANT. Sur ce, bonne lecture !
Chap' 9
Son mobile vibra à nouveau, lui indiquant l'arrivée d'un nouveau message. Elle essaya de le lire, tant bien que mal. Mais ses larmes floutaient sa vision, la forçant alors à essuyer constamment ses paupières inondées.
« Je me doute que vous pleurez encore. J'aimerais pouvoir vous serrer dans mes bras, vous faire oublier votre chagrin, mais il est encore trop tôt pour que nous nous voyons. Mais je peux tout de même essayer de vous faire un peu sourire, non ? Alors imaginez que deux bras musclés mains néanmoins musclés sortent de votre écran de téléphone, et vous blottissent contre un torse accueillant. Qu'une tête embrasse vos cheveux, que deux mains caressent votre échine. Bref, imaginez vous dans mes bras. Ou si vous préférez, glissez-vous dans un bon bain chaud. Avec des bulles, de la mousse tout douce. Et votre mobile en main, que je puisse vous tenir compagnie. »
Ces paroles la réconfortaient quelque peu, même si elle ne retrouvait bien sur pas une mine heureuse comme ça, en un claquement de doigts.
Elle fit couler l'eau, ajoutant ce qu'il fallait pour que ce bain la détende. Elle se déshabilla ensuite, sans se presser. Laissant simplement ses vêtements au sol, non loin d'elle. Elle glissa ensuite dans le liquide chaud, qui mouillait délicatement ses cuisses, ses fesses, son buste, ses seins. Cela lui faisait un bien fou, bien plus qu'elle ne l'aurait imaginé. Elle se saisit alors à nouveau de son téléphone, la tête en appui sur le rebord de la baignoire.
« Merci du conseil, ça fait réellement du bien … Je ne sais pas comment vous avez su que ça me détendrait, mais je vous en remercie ... »
« Simple intuition. Un bain détend tout le monde. Maintenant, effacez donc les dernières traces de vos pleurs, laissez vous gagner par un sentiment de béatitude. Oubliez ne serait-ce qu'un instant tout ce qui vous préoccupe. Ne songez à rien d'autre qu'à vous. »
Elle s'exécuta , fermant ses paupières. Elle tenta au mieux de vider son esprit, d'oublier ce qui la faisait souffrir. Et contre toute attente, elle se sentit bien un instant. Certes, il ne dura pas une éternité, juste un instant. Mais au moins, il y était parvenu …
Elle sortit de son bain trente minutes plus tard, avant d'enfiler dans un débardeur et un short pour la nuit. Elle retourna alors dans sa chambre, portable en main et se glissa sous les draps, rapprochant ensuite ses dossiers d'elle pour les remplir en vitesse.
Deux heures et une cinquantaine de messages plus tard, elle eut enfin tout terminé. La fatigue s'emparait alors d'elle, et elle avait de plus en plus de mal à garder les yeux ouverts. Pourtant, elle n'avait pas envie de stopper la communication avec 'Gregory'. Mais le sommeil commençait à avoir raison d'elle, et finalement elle n'eut pas d'autre choix que de lui dire au revoir, à contre-coeur.
« Bonne nuit Cuddy, dormez bien .. Et n'hésitez pas à me réveiller en m'envoyant un texto demain dès votre réveil ... »
Les jours passèrent, se transformant ensuite en semaines. Ils ne cessaient jamais de parler ensemble, mis à part pour dormir. Même en réunion, elle trouvait le moyen de lui répondre, dissimulant son portable sous la table. Elle avait d'ailleurs tellement pris le coup de main, qu'elle parvenait à présent à écrire plus rapidement, et sans trop regarder l'écran. Comme quoi elle s'améliorait !
Son désir de voir enfin le visage de son ami devenait chaque jour plus grand. Il lui était d'une si précieuse aide au quotidien ! Mais il ne semblait pas encore vraiment décidé à se montrer de sitôt. Ce n'était pas faute d'essayer !
De son côté, Wilson essayait toujours d'obtenir des nouvelles de House. Bien sur, il ne voulait pas alerter la jeune femme lorsqu'il tombait sur de fausses pistes. Car il avait bien remarqué la fragilité de son amie depuis le départ du Diagnosticien. Et puis des pistes valables, il n'en avait pas vraiment. Aucun débit ou ajout d'argent sur le compte bancaire de House, aucun appel ou message émis depuis son portable, bref rien. Aucun moyen de savoir s'il était toujours en vie …
Un soir, alors qu'il venait de terminer son service et qu'il n'était pas de garde, il décida de ne pas rentrer de suite, et de d'abord passer dans un bar. Certes, ça ne lui ressemblait pas trop, mais au fil des années, Greg avait fini par déteindre sur lui. Il pénétra alors dans le premier qu'il vit, et s'installa au comptoir. Il commanda un verre, puis deux, puis trois …
Il ne lui en suffit pas de beaucoup pour être déjà saoul. N'étant pas en état de prendre la voiture, le barman lui prit ses clés. James se sentait miséreux, minable. Il était tombé bien bas …
Perdre House l'avait profondément marqué. Certes, ce n'était pas le meilleur des amis qu'on puisse rêver. Mais au moins, il savait amuser. Avec lui, il était difficile de s'ennuyer. Tel un enfant, il fallait toujours le remettre sur le droit chemin. Un ami comme on n'en trouve nulle part ailleurs.
Il sortit alors du pub, se laissant guider par ses pas. Il n'avait aucune idée d'où il allait, mais peu importe. Il s'en moquait totalement, il ne réfléchissait même pas.
Au détour des rues, des routes éclairées, il s'avéra que ses jambes le menaient droit vers la maison de Cuddy. Mais pas de Lisa non, de sa mère, Arlène. Pourquoi ? Aucune idée. Il la connaissait bien peu d'ailleurs …
Alors qu'il approchait de la maison, il fit une silhouette bien distincte en sortir. Canne à la main, blouson en cuir sur les épaules et sac à dos. Un homme dont le visage semblait porté les marques de la cinquantaine. Cheveux poivre et sel, barbe grisonnante. Le portrait craché de …
Non, ce n'était pas possible. L'oncologue secoua sa tête de gauche à droite. Il devait avoir définitivement trop bu, son cerveau devait lui jouer des tours ! House ne POUVAIT pas être là, ce n'était pas lui ! Il devait être en train d'halluciner, ce n'était pas possible autrement. Il avait du trop boire et puis voilà …
Mais la silhouette monta sur une moto, une grosse cylindrée. Elle démarra le moteur,et s'éloigna de la villa en vrombissant. Par réflexe, James se planqua derrière un buisson, au cas où, bien qu'il soit tout de même persuadé d'être victime d'une hallucination. Tout cela lui semblait si réel, qu'il croyait devenir fou. Et cette envie horrible de vomir qui lui brouillait l'estomac …
Une fois le véhicule hors de vision, il se décida à sortir de sa cachette, et de se mettre en quête d'un taxi. Il ne revenait toujours pas de ce qu'il venait de voir …
Pendant ce temps, Lisa reçut un message. Lorsqu'elle vit qui était l'expéditeur, un sourire se déposa sur ses lèvres.
« Vous désirez toujours me voir, non ? »
« Bien sur ! »
« Alors on va faire quelque chose. J'ai déposé quelque chose devant votre porte. Dans cinq minutes, je passerai devant chez vous. Si cette chose ne vous a pas fait changé d'avis, restez sur votre perron. Si au contraire, vous ne voulez plus me voir, je le comprendrais et je ne m'arrêterais pas même devant votre villa. Ok ? »
« C'est d'accord ... »
« Alors allez voir devant votre porte, et peut-être à tout à l'heure ... »
Un peu appréhensive, elle se rendit sur son perron. Ne sachant pas du tout ce qui pourrait s'y trouver. C'est alors qu'elle aperçut une veste sur le sol. Mais pas n'importe quelle veste. Une qu'elle reconnaîtrait d'entre mille. Elle la prit dans ses mains, la portant vers son nez. Ce n'était pas croyable …
Rester sur le perron, ou rentrer ? La question ne se posait même pas. Elle avait envie de savoir si c'était bien lui... Et bien qu'elle lui en veuille, qu'elle l'ait menacé de l'envoyer en prison s'il l'approchait, elle avait envie de le voir. Tout simplement.
Elle prit alors place sur les trois petites marches devant sa porte, la veste en cuir sur les épaules. Elle regardait autour d'elle, attendant le moment où elle entendrait vrombir une moto ou une voiture. Puis, comme sortant de nulle part, elle aperçut enfin une grosse cylindrée se frayant un chemin dans sa rue. Elle se releva aussitôt, tandis que l'engin motorisé s'arrêtait devant sa villa. L'homme descendit de moto, casque encore sur la tête. Il prit sa canne, et retira son casque qu'il posa sur le guidon. Puis, doucement, il se dirigea vers elle, tête baisée.
- Alors c'était toi « Jersey_Gentlesuperman » … bafouilla-t-elle.
- Depuis le début. Je voulais juste pouvoir continuer à te parler l'air de rien …
Elle courut vers lui, avant de projeter sur son torse une pluie de poings. Il la laissait faire, ne bougeant ou ne se plaignant pas même. Non il ne disait rien, la laissant simplement évacuer sa haine.
- Je te déteste ! Je te hais ! Tu as failli me tuer salaud ! Et tu as disparu comme ça, sans rien nous dire, ni à moi ni à Wilson! Je te hais sombre idiot !
Cette fois, il attrapa ses poignets, et plongea son regard dans le sien.
- Tu crois SERIEUSEMENT que j'ai voulu te tuer ? C'était pas mon intention, je voulais juste te montrer que te voir dans les bras d'un autre homme me faisait horriblement mal. Sinon je n'aurais pas attendu que tu quittes la pièce ce jour-là …
Elle fondit alors en larmes, comme cela lui arrivait de plus en plus souvent. Il relâcha ses poignets, entourant sa taille avec ses bras. Il la nicha tout contre lui, embrassant le sommet de son crâne.
- Je te promet que je ne pensais pas que je te ferai autant souffrir. Je pensais que tu me haïrais, et que de cette façon tu finirais par vite m'oublier. Mais je me suis trompé sur toute la ligne, et je le regrette. Sincèrement.
Il balaya quelques-unes des larmes de la jeune femme, avant de déposer un petit baiser sur sa joue. Il la tenait enfin à nouveau contre lui, il pouvait enfin la serrer dans ses bras.
- Ton prétendant n'a d'ailleurs pas fait long feu à ce que j'ai pu constaté ! Il ne m'arrivait pas à la cheville c'est ça ? Ironisa-t-il, espérant alors voir un sourire, même infime, illuminer ses lèvres.
- On va dire qu'il n'a pas apprécié que je repousse ses baisers, et le fait que Rachel lui en fasse voir de toutes les couleurs …
- Elle me l'a dit oui …
Lisa manqua alors de s'étouffer, et se décolla un instant de lui.
- Alors elle m'a menti, elle t'avait bien vu ! Elle va m'entendre elle !
-Surtout pas, s'il-te-plait. C'est moi qui le lui ait demandé. C'était trop tôt pour qu'elle te dévoile que je n'étais pas parti …
- Mais il y avait ma mère pour la garder ! Ne me dis pas que tu es passé par la fenêtre de ma fille pour pénétrer dans la maison sans te faire repérer !
- Non, par la porte.
- Tu as drogué ma mère ? S'insurgea-t-elle aussitôt.
- Non, elle savait que je viendrais.
- Tu veux dire que … Toi et ma mère … Vous …
- On s'est allié pour te faire aller mieux. Quand tu l'as appelé pour qu'elle garde Rachel le jour où j'ai fait cette fichue connerie, elle m'a contacté aussitôt après. Elle avait compris pourquoi j'avais fait ça, bien que ce soit bougrement idiot. Et elle a décidé de m'aider.
Un sourire se dessina alors sur ses lèvres. Il prit le pendentif qu'elle portait autour du cou entre ses doigts, heureux de le voir autour de son cou.
-Il est bien de toi alors ce cadeau … souffla-t-elle.
- Bien sur, c'est moi même qui l'ais planqué là où tu l'as trouvé, parce que je savais que tu mettrais rapidement la main dessus …
Il laissa l'un de ses doigts se promener sur les lèvres charnues de la jeune femme, tout doucement.
- Et je suppose que tu ne l'as pas retourné pour voir ce que j'ai fait graver derrière …
Elle l'interrogea du regard, et il détacha la chaîne pour lui montrer l'autre côté du pendentif, où il avait fait inscrire dans l'or « Honey-bun, ILOBEYOU ».
Le regard de la Doyenne se mit à briller d'autant plus, et elle se risqua à poser sa main sur celle de House. Elle se rapprocha à nouveau de lui, se risquant alors à apposer ses lèvres aux siennes. Cette caresse lui avait tant manqué ! Le goût acidulé de ces deux petits bouts de chair rose, la sensation de leurs langues se mariant passionnément mais tout en douceur. Depuis qu'il s'était avancé vers elle, elle avait eu envie de lui sauter dessus et de l'embrasser. Mais elle avait d'abord préféré voir sa haine prendre le dessus, surpassant son amour. Mais elle ne pouvait s'empêcher plus longtemps …
-Je t'aime Lisa, et je te demande pardon … Je sais que tu m'en veux encore, mais je te promet de ne plus être aussi con qu'avant …
Elle sentait bien dans l'intonation de sa voix qu'il était sincère. Qu'il pensait réellement ce qu'il venait de dire …
- Tu accepterais de me reprendre alors ? Tu serais d'accord pour que … Que je te tienne compagnie cette nuit ?
Elle replongea ses yeux bleus-gris dans les siens, avant de déposer un baiser à l'orée de ses lèvres.
- Tu me promets de ne plus retoucher à la Vicodin alors ? De ne te sauver sans me donner de nouvelles, de ne plus m'abandonner comme ça ?
Il promena ses doigts dans la chevelure ébène de la jeune femme, fermant alors les yeux pour en apprécier d'autant plus la finesse et les effluves qui s'en dégageaient.
- Promis Lisa, promis.
Elle commença à frissonner un peu, la veste ayant glissé de ses épaules. Il la lui remit alors en place, et la prit dans ses bras, après avoir passé un bras sous ses épaules et l'autre sous ses jambes. Il boita ensuite jusqu'à l'intérieur de la villa, les bras de la jeune femme autour de son cou.
Il se dirigeait alors vers la cuisine, sans qu'elle n'en comprenne la raison. Là, il la déposa en douceur sur le comptoir, sortit une boîte de comprimés de sa poche, et la jeta dans le broyeur. Elle le regardait faire, sourire aux lèvres.
- J'ai le droit à un bisou au moins en dédommagement ? Parce que c'était ma dernière boîte et que j'ai besoin de mon anti-douleur naturel pour ne pas avoir trop mal …
Il se rapprocha alors d'elle, se plaçant entre ses jambes. Elle posa ses mains sur son torse, et ses lèvres sur les siennes. Tout doucement, tendrement. Une douce caresse comme elle n'en avait pas eu depuis des lustres à ce qu'il lui semblait...
TBC ...
