Tout d'abord, je tiens à m'excuser concernant la taille de cette suite. Mais j'ai une excuse valide, je vous promets ! Bon okay, valide pour moi, un peu moins pour vous. Vous voulez la connaître ? Le suspense. Je vous en supplie, ne me jetez pas des pierres sur la figure, j'y peux rien moi ! C'était N-E-C-E-S-S-A-I-R- [Clémence, arrête de rire derrière ton ordi, je te vois ! C'est mon TIC, alors tu le laisses en paix, okayyyyyy ?]. Breeeef, tout ça pour vous dire que je m'excuse de la 'petitesse' de ce chapitre, mais que je me rattraperais sans doute sur le prochain ! Et, pendant que j'y suis, j'aimerais vos avis : vous préférez que cette fiction s'achève bientôt et que je me concentre davantage sur "Behind blue eyes" ou bien que je poursuive encore celle-ci, en développant l'après-réveil, et le fait que le couple tienne ou non ? Merci en tout cas pour vos avis à venir, et sur ce, bonne lecture ! A bientôt :)


Chap' 14

- Au moins, vous ne l'avez pas laissé tombé. Vous n'avez pas fuit, vous êtes resté à ses côtés nuits et jours.
- Comment vous le savez ? S'étouffa le médecin.
- Wilson me l'a dit. Tous les jours il m'appelle pour me donner des nouvelles d'elle. Et il m'a aussi demandé de ne pas emmener Rachel ou Julia ici. C'est de sa faute, c'est ça ? C'est à cause de Julia que Lisa est là ?

Gregory ne répondit alors pas, demeurant silencieux. Comment voulez-vous annoncer à une mère que oui, sa cadette a failli tué son aînée ? C'est impossible, bien trop dur à balancer de la sorte. Même pour un homme à priori sans cœur.

- Mais qu'est-ce qui s'est passé bon sang ? S'insurgea Arlène. Pourquoi elle a fait ça ?
- C'était pas Lisa sa cible. C'était moi. Mais elle s'est interposée entre Julia et moi, et la lame est partie. Mais lorsqu'elle s'est effondrée, Julia a réalisé la situation. Elle était atterrée, en larmes. Elle s'en veut je crois.

Cuddy mère laissa alors échapper un soupir. Ça ne ressemblait pas à sa cadette de se comporter de la sorte, mais elle croyait ce que House lui avançait. Pourquoi lui et pas sa propre fille ? Tout simplement parce qu'elle avait bien constaté dans les yeux du médecin la profonde tristesse qui y résidait, elle avait bien remarqué au fil du temps que jamais il ne pourrait faire autant de mal à l'Endocrinologue. Il l'aimait bien trop pour cela.

Sans vraiment s'en rendre compte, elle posa sa main sur l'épaule du médecin. House lui, réagit à peine. Il ne repoussa pas sa belle-mère, contrairement à ce que d'autres auraient pu imaginer. Non, il ne lâcha pas même le visage de sa compagne des yeux. Comme un enfant surveille son goûter face à une horde de gamins affamés, il surveillait son trésor, analysant chaque tressautement ou moindre petit signe d'un possible réveil imminent de la Doyenne.

- Rachel demande sans cesse à la voir, ajouta la retraitée, les yeux perdus dans le vague.
- Il est hors de question qu'elle voit sa mère dans cet état. Elle ne viendra pas tant que Lisa ne se sera pas réveillé, rétorqua-t-il aussitôt, sûr de lui-même. Il en est hors de question.
- House, elle ne demande pas que sa mère. Elle vous demande vous-aussi.

Il se tourna aussitôt vers Arlène, comme surpris de sa réponse. Certes, il savait éperdument que la petite s'était attachée à lui, qu'elle le considérait un peu comme le père qu'elle n'avait pas. Mais entendre de la bouche d'une autre personne que sa compagne ou que son meilleur ami, qui plus est lorsque ces mots passent la barrière des lèvres de votre belle-mère, ce n'était pas la même chose. C'était disons plus .. plus touchant, plus émouvant. Mais fidèle à lui-même, il ne laissa rien transparaître et hocha simplement la tête.

- Rachel a besoin de vous House. Bien que ce soit sa tante qui s'occupe d'elle et pas n'importe qui, elle est perdue. Elle n'a pas ses repères, et personne ne veut lui dire ce qui se passe. Passez du temps avec elle, rassurez-la, montrez lui qu'elle n'est pas toute seule. Soyez tout simplement là pour elle, croyez moi Lisa vous en sera reconnaissante.

Sur ces mots, Cuddy-mère déposa un baiser sur le front de sa fille, adressa une accolade 'amicale' au Diagnosticien et se dirigea vers la sortie. Un dernier coup d'œil vers le couple, puis elle se rendit au niveau des ascenseurs où elle ne tarda pas à disparaître un peu plus tard.

A nouveau, House se retrouvait seul. Seul avec le corps inanimé de la femme qu'il aimait à ses côtés. Seul avec sa douleur, seul avecsa tristesse. Chaque instant était plus tortueux que le précédent, car à chaque seconde sa peur que la Doyenne ne sorte pas rapidement de ce sommeil artificiel le tiraillait. La fatigue laissait ses marques passagères sur le visage de l'homme, mais il n'y pouvait rien. Il ne parvenait pas à dormir tout en sachant que le sort pouvait lui arracher Cuddy d'une minute à l'autre. Mais pour le moment, les constantes vitales de la jeune femme n'avaient rien d'inquiétantes. La seule chose à faire était donc d'attendre le moment où enfin elle s'éveillerait …

A nouveau, la porte vitrée s'ouvrit et se referma peu de temps après, automatiquement. Une silhouette se glissa vers le boiteux, admirant la belle endormie.

- On a un cas.
- Et alors ? C'est pas mon problème, vous n'avez qu'à vous démerder tout seul vous qui rêvez de prendre les rênes du service ! Cracha alors le médecin, assis sur son fauteuil tout près du lit en massant sa jambe meurtrie.
- On a fait tout ce que nous pouvions, mais il nous file quand même entre les doigts. Son état empire House, on a besoin de vous, vous devriez être content du fait qu'on ne puisse pas se passer de votre 'génie'!

Le cinquantenaire leva alors les yeux au plafond et poussa un soupir communicatif et surtout peu discret. Quelle bande d'imbéciles, de bras cassés il avait sous ses ordres !

- J'ai autre chose à penser qu'à votre stupide cas si vous voyez ce que je veux dire ! Démerdez-vous sans moi. Si votre patient clamse, vous n'aurez à vous en prendre qu'à vous et à votre fichu incompétence !

L'employé ferma alors un instant les yeux. Dieu que son Boss était énervant lorsqu'il était de cette humeur massacrante !

- On dirait qu'il vous est strictement impossible de vous mettre à ma place. Vous avez déjà perdu quelqu'un à qui vous teniez énormément ? Pas à ce que je sache. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça fait merde ! Hurla une fois de plus Gregory. Et je ne parle pas de l'époque où votre frère Marcus a été incarcéré, parce que ce n'était pas une vraie perte, vous pouviez le voir lorsque vous le souhaitiez ! Vous ne savez pas ce que c'est de voir quelqu'un à qui vous tenez s'accrocher de toutes ses forces à un fil qui la retient en vie !

A ces mots, Foreman fit profil bas. House avait raison, jamais il n'avait eu à faire face à ce genre de situations. D'une part, parce qu'en dehors des connaissances et 'amitiés' qu'il entretenait à l'hôpital, à l'extérieur il n'avait pas réellement d'amis. D'autre part, parce qu'après Thirteen, il n'avait pas vraiment eu de petites-amies. Autant dire que, comme le Diagnosticien, il n'était pas doué pour entretenir des relations avec les autres. A la différence qu'House lui, avait Cuddy. House lui était amoureux, sincèrement amoureux. Tandis ce que lui, lui, il demeurait tout seul. Se convainquant vainement qu'il n'avait pas besoin de ça pour être heureux.

Penaud, il quitta la chambre sans un bruit, et retourna au service Diagnostiques. Laissant alors une nouvelle fois son Boss seul dans la pièce. Celui-ci fit alors glisser son regard sur les meubles et autres appareils de soin disposés aux alentours. Cela lui paraissait si étrange de demeurer ici en tant que proche de patient, et pas en tant que médecin comme il en avait l'habitude. De voir l'état dans lequel demeurait la jeune femme. De ne pas la voir courir de droite à gauche sans cesse, le visage coloré. Non, sa peau demeurait plus que cristalline, elle était inanimée. Et le fait de la voir ainsi lui faisait mal au cœur. Jamais il n'aurait imaginé qu'il puisse arriver une telle chose à Cuddy …

- Elle va se réveiller, c'est certain. Elle doit certainement être en train de lutter pour sortir du coma en ce moment-même, assura une voix venant de l'entrée de la chambre.
- J'espère bien … Ça fait quand même plus de deux semaines qu'elle est comme ça ! Tout ça par ma faute …
- On ne peut pas prévoir les choses à l'avance House. Ce qui est arrivé est arrivé, mais Cuddy est une battante, elle va s'en sortir, plus forte que jamais.
- Si ça pouvait être vrai …

L'individu se saisit d'une chaise, et prit place aux côtés de l'infirme.

- Il faut juste lui laisser du temps …
- Mais plus elle tardera à s'extirper de ce coma, plus les chances de traumatismes sont importantes. Elle pourrait très bien perdre la marche, la mémoire ou bien la parole … Je ne veux pas qu'elle souffre.
- Tout ira bien …

La paire d'yeux bleus océans glissèrent alors sur son interlocuteur, comme pour essayer d'y trouver une preuve qui permettrait d'affirmer qu'il disait vrai. House en conclut alors assez rapidement qu'il était sincère dans ses paroles.

- Crois moi, elle saura que tu es restée à chaque instant près d'elle. Que tu ne l'as pas lâché. Elle le saura et elle te remerciera, continua la voix.

Le médecin fit alors un bref signe de tête en guise de réponse. Sa main avait glissé sur celle de la Belle à l'Hôpital dormant, et ses doigts s'étaient entremêlés aux siens. Il ne disait plus rien. Il n'avait plus rien à dire de toute façon. Il espérait simplement de tout son cœur que Lisa se réveille. Il ne demandait que ça.

L'homme assis à ses côtés décida alors de se retirer. Il se leva, posa quelques instants une main réconfortante sur l'épaule du médecin, puis se pencha vers la jeune femme, avant de lui murmurer quelque chose. « Zakhor al tichkah. Souviens toi, n'oublie jamais. ». Puis il se redressa, s'apprêtant à quitter la chambre.

- Préviens moi si elle se réveille.
- Ok, ça sera fait.
- Et reposes toi House. Je passerai plus tard et tu viendras à l'appart s'il le faut, mais tu as besoin de repos.
-Hors de question que je la laisse toute seule.

L'homme acquiesça alors avant de tourner le dos pour rejoindre son bureau.

- Wilson ! S'exclama son meilleur ami avant que celui-ci n'ait le temps de disparaître dans le couloir.

L'interpellé reporta alors son attention sur Greg.

- Pourquoi tu lui as murmuré de l'hébreu à l'oreille ?
- Parce que ce sont les mots qu'elle m'a dit lorsque j'ai perdu Amber. Les mots qu'elle m'a murmuré lorsqu'elle m'a pris dans ses bras. Des mots qui m'ont aidé à mieux accepter ce qui m'arrivait, à trouver la force dont j'avais besoin.

Un léger sourire s'afficha alors sur les lèvres de House. Il reconnaissait bien là sa compagne. A peine posa-t-il un instant le regard sur elle, que la seconde d'après Wilson avait disparu. Le Diagnosticien l'en remerciait alors intérieurement de comprendre le besoin qu'il avait de se retrouver seul avec elle.

Les secondes, les minutes, les heures, les jours passèrent. L'état de Cuddy devenait de plus en plus stable, le réveil était de plus en plus envisageable. House ne dormait presque plus, préférant demeurer éveillé au cas où elle sortirait enfin de ce coma qui paraissait interminable pour le médecin. Il était là plus que jamais pour elle, il était bien décidé à ne jamais plus la laisser tomber. Il l'aimait tellement …

Le soleil commençait à peine à pointer le bout de son nez, l'aube se présentait à pas de velours. Les yeux de Gregory étaient clos, mais son sommeil n'était que superficiel. Pas très reposants d'ailleurs, mais il ne pouvait pas faire autrement, il ne parvenait pas à faire autrement. Il ne pourrait pas dormir convenablement tant qu'elle ne serait pas rétablie. Allongé sur le fauteuil mitoyen du lit de la jeune femme, sa poitrine se soulevait au grès de sa respiration calme et posée, les pieds appuyés sur le rebord du lit. Sa barbe de trois jours se laissait distinguer, lui donnant un petit côté sauvage, et ses cheveux tout ébouriffés le rendaient d'autant plus attirant.

Sa main tenait toujours celle de la Doyenne, ne la lâchant pas une seule seconde. Soudain, un doigt tressauta. House ouvrit les yeux sur le champ, comme si un grand fracas l'avait réveillé. Ce n'était pas son doigt à lui qui avait bougé, mais à elle …

TBC ...