- Un problème madame Cullen ? Entendis-je une voix dire.
Madame Cullen ? Quoi ? Qu'est-ce...
- Tu te sens bien mon cœur ? Me murmura une voix de velours.
J'ouvris alors les yeux et me retrouvai face à deux pupilles vertes...
Ce regard que je connaissais trop bien, un regard qui n'avait toujours été que fiction pour moi. Un regard tentant, magnifique et surtout ensorcelant.
C'était le sien, celui d'Edward Cullen. Et on m'avait appelée ''Madame Cullen''. Cela ne pouvait être réel. J'étais en train de rêver. Un malheureux rêve qui allait encore finir trop vite…
Je fermai les yeux, priant qu'il ne s'arrête pas… Je voulais en profiter un maximum, je savais qu'à mon réveil je retrouverais cette inlassable routine qui me gâchait entre autre la vie.
« Encore un peu, laissez- moi encore dormir, ne me réveillez pas…je vous en supplie… »
« Chérie ? Tout va bien ? » Entendis-je encore cette séduisante voix me dire.
J'étais folle, oui c'est ça…j'étais devenue folle. Un rêve ne pouvait pas être aussi réel, les vœux ne se réalisaient pas et surtout ma misérable vie ne changerait jamais. Une seule chose à conclure : j'étais folle. Demain, j'irais déposer un dossier dans un hôpital psychiatrique ou j'irais consulter un psy…
C'est alors que je sentis un bras autour de ma taille me tirer vers quelque chose. Un bras, une sensation…dans les rêves on ne sentait pas les choses, c'était scientifiquement impossible.
« Je pense qu'il vaudrait mieux faire entrer votre épouse à l'intérieur, elle ne semble pas bien… »
« Oui…hum…je m'en occupe. »
On m'obligea à bouger les jambes, mais l'effort était surhumain si ça continuait j'allais tomber, mes jambes étant plus molles que du coton, et le pire dans l'histoire c'est qu'on rajoutait à ma torture une paire de talon ayant approximativement la même hauteur que le mont Everest.
« Je peux savoir ce qui te prend ? » Me demanda la voix.
Je n'avais toujours pas osé relever les yeux vers son propriétaire. Je savais qui c'était et j'avais peur de gâcher mon rêve. Avec toute la poisse que j'avais même dans un rêve, Edward Cullen s'enfuirait en me voyant.
« Hey ! Tanya ! Reprends- toi ! Dans moins de dix minutes on devra monter sur scène pour le grand discours ! »
Monter sur scène ? Discours ? Tanya ?
C'était définitivement un rêve tournant au cauchemar.
« Est-ce que tu te sens bien ? Réponds-moi s'il te plait, ou du moins regarde-moi ! » Insista-t-il.
Ok Bella, souffle un bon coup et lève les yeux. De toute façon tu n'as rien à perdre, t'es dans un rêve. Si quelque chose se passe mal, si par malheur tu t'humilies toute seule comme tu sais si bien le faire, tu te réveilleras.
J'inspirai alors profondément et levai enfin les yeux pour le regarder. J'en fus bouche bée, cette fois-ci ce n'était pas que des yeux qui m'enivraient, mais un visage entier. Une mâchoire parfaitement dessinée, un nez parfaitement droit, une peau pâle faisant ressortir ce vert magnifique et une bouche…une bouche attirante, une bouche qui me donnait envie de la goûter. J'étais en train de rêver et j'avais devant moi Edward Cullen, mon plus grand fantasme.
Alors sans prendre le temps de réfléchir, j'approchai mon visage du sien, voulant sentir ses lèvres tentantes contre les miennes, mais lorsqu'il se rendit compte de ce que je m'apprêtais à faire, il me prit par les épaules et me regarda d'un oeil inquiet.
« Tu es sûre que tout va bien ? Tu sembles vraiment bizarre, je te conseille d'aller te rafraîchir quelques instants. D'accord ? »
Eh merde ! Même un rêve me pourrissait l'existence. Je n'avais donc aucun droit sur ce que je faisais ? Et d'ailleurs, je n'avais pas le temps de partir me ''rafraîchir''. Dans je ne sais combien de temps je me réveillerais dans mon lit à Forks… seule, comme toujours.
« Je t'attends dans la grande salle, je dirai à Alice que tu es allée… »
Il se tut et me regarda attentivement, semblant chercher quelque chose en moi. Mais quoi ?
« Laisse tomber, fais vite ok ? »
Avant que je n'aie le temps de faire quoi que ce soit, il me laissa seule, disparaissant derrière une immense porte en bois.
Mon Dieu, tout paressait tellement réel. Tout ce monde, ces photographes, cette demeure, ces fleurs et surtout Edward et son toucher. La sensation qu'il était vraiment là avec moi, que j'étais vraiment Tanya…
« Madame Cullen, venez, suivez- moi ».
Encore une fois, je fus déplacée contre mon gré, les chaussures me faisant trébucher à chaque pas que je faisais. Je me retrouvai devant deux portes, sans doute les toilettes.
La personne qui m'avait accompagnée était un homme blond, portant un smoking tout comme Edward. Il me regardait…ou plutôt m'épiait comme si j'étais une vulgaire chose faite avec des seins et des fesses.
« Je vous attends ici, » dit-il.
Puis il se tourna pour regarder les alentours. S'apercevant que nous étions seuls, il approcha sa bouche de mon oreille et murmura d'une voix grave et charnelle :
« Sauf si vous souhaitez m'avoir avec vous à l'intérieur. »
Instinctivement, je reculai et lui lançai un regard noir. N'était-il pas au courant que j'étais mariée à un homme dans ce rêve ? Un homme qui, soit dit en passant, était beaucoup plus distingué que lui.
« Je vous demande pardon ? » M'exclamai-je d'une voix que je ne reconnaissais pas tout en le regardant méchamment.
« Euh… »
Ma question sembla le désarçonner, et il baissa la tête pour s'excuser.
« Navré, je ne sais pas ce qui m'a pris, toutes mes excuses, Madame Cullen, » dit-il sans me regarder.
« Que ça ne se reproduise plus ou bien je me verrai obligée d'en toucher un mot à mon époux ! »
Bah quoi ? J'avais bien le droit d'en rajouter une couche ! À ma place tout le monde aurait fait pareil, ça n'est pas tous les jours que l'on rêvait qu'on était mariée à Edward ! Et d'ailleurs, dans la vraie vie, je n'aurais jamais osé répondre une chose pareille à qui que ce soit. Ce rêve commençait à être totalement jouissif, pensai-je en souriant.
Et pendant que l'autre imbécile me regardait avec de grands yeux, semblant sous le choc, je tournai les talons et entrai à l'intérieur des toilettes pour femmes.
Je me dirigeais vers les lavabos d'un pas indécis, quand sans le faire exprès je me tordis la cheville et tombai par terre comme l'idiote que j'étais !
Une douleur très aigue se fit d'un coup sentir dans mon pied. J'avais l'habitude de la sentir étant donné que je me tordais souvent les chevilles, mais le plus bizarre dans tout ça était tout simplement cette douleur. On ne pouvait pas en sentir lorsqu'on rêvait. C'était tout bonnement impossible. Oui c'était impossible…
Seigneur, dites-moi que je ne suis plus obligée de penser à consulter un psy…Ce n'est qu'un rêve, un simple rêve, je ne suis pas folle, me répétai-je en me relevant difficilement.
Alors je marchai avec difficulté vers les lavabos. Je posai ma main sur le bord en céramique et aperçus ce solitaire surplombé d'une énorme pierre sur mon annulaire. Portant ma main gauche à mon visage, je le regardai attentivement. Il était magnifique…trop voyant, mais magnifique. Tant il avait l'air précieux, je n'osais même pas le toucher, il ne semblait pas m'appartenir et d'ailleurs cette main ne m'appartenait pas. Jamais je n'avais osé me vernir les ongles de cette façon. Jamais je n'avais pris le temps de prendre soin de mes mains de cette façon. Et ce fut seulement lorsque je levai la tête que j'aperçus une femme, une blonde aussi magnifique qu'Edward l'était. Portant un haut chignon, laissant ressortir quelques mèches soyeuses. Son visage d'une finesse et d'une délicatesse infinie reflétait davantage cette beauté irréelle. Ses yeux d'un bleu ciel profond, et ses lèvres tracées d'un rouge sang me bouleversaient littéralement. Pourquoi ? Eh bien parce que j'étais devant Tanya Cullen et celle-ci me regardait avec la même surprise que devait afficher mon propre visage.
Or cette main et ce visage esquivaient les mêmes gestes que moi. Telle une réflexion, nous ne faisions qu'une seule et même personne. Parce que je devais me l'avouer, j'étais Tanya Cullen. Moi Isabella Swan, aussi fou que cela puisse paraître, me retrouvais dans le corps de la splendide Tanya dans mon rêve.
Tout ce qu'il me restait à faire était de profiter un maximum de ce rêve et de rejoindre mon Edward, pensai-je en souriant et en repartant dehors.
L'imbécile d'avant était toujours là, les bras croisés, m'attendant contre un mur. Lorsqu'il me vit, il se précipita vers moi et me proposa son bras. Aussi imbécile soit-il, je ne pouvais pas marcher seule avec ces chaussures.
Il me conduisit devant la même porte qu'avait prit Edward et l'ouvrit avant de me laisser passer devant lui. La salle dans laquelle je me trouvais était immense, le plafond était surplombé de magnifiques lustres en cristal, les fenêtres étaient couvertes par d'épaisses couches de rideaux de soie dorée. Des tables étaient symétriquement installées sur lesquelles se trouvaient divers aliments tout aussi somptueux que la salle. J'étais dans un endroit fantastique et féerique où une douce musique se faisait entendre…Du Vivaldi, Les quatre saisons, une de mes œuvres préférée. Elle égayait parfaitement ce rêve, pensai-je.
Je vis alors une jeune femme se diriger vers moi, les sourcils froncés, semblant contrariée. Malgré sa petite taille et ses cheveux pointant dans tous les sens, elle était vraiment élégante dans une fine robe cintrée bleu marine.
« Tanya, tu daignes enfin te montrer », me dit-elle une fois arrivée à ma hauteur.
« Euh… »
Qu'étais-je censée faire à présent ? Je ne connaissais pas cette fille et je ne savais surtout pas ce qu'elle me voulait. Ce rêve était décidément vraiment bizarre.
Elle lança un regard amer à mon imbécile de cavalier et regarda sa montre avant de relever les yeux vers moi.
« Bon suis-moi, Edward est déjà prêt. Quant à toi James, disparais, tu n'as rien à faire ici pour le moment », dit-elle.
Ainsi l'imbécile s'appelait James. Celui-ci me fit un signe de tête avant de disparaître pour de bon alors que la fille me prenait par la main et me tirait vers je ne sais où. Si elle continuait à avancer aussi vite, je ne tiendrais plus si longtemps.
« Est-ce que tu peux ralentir un peu ? » Lui demandai-je.
« Non je ne peux pas ! Il n'y a que toi qui puisse t'amener avec ce psychopathe de James, tu as vraiment de la chance que personne ne t'ait vue avec lui ! » Me lança-t-elle toujours avec cette voix amère.
On se trouvait enfin devant Edward, celui-ci était concentré à lire une feuille et ne sembla pas s'apercevoir de notre arrivée.
« Edward, Tanya est prête, je pense que vous pouvez y aller, » lui dit la jeune femme.
Celui-ci releva enfin le regard sur elle et lui sourit tendrement avant de me regarder.
« Tu te sens mieux ? » Me demanda-t-il tout en pliant la feuille de ses longs doigts.
« Euh…oui beaucoup mieux merci, » lui dis-je en souriant timidement.
Cet homme m'intimidait vraiment. Je ne le connaissais pas et ma timidité prenait le dessus. Même si j'étais dans un rêve, sans savoir pourquoi je n'osais pas me lâcher complètement avec lui.
« Elle était avec James, » rajouta la jeune femme.
Edward fronça les sourcils en me regardant, puis son visage se radoucit, laissant place à un mince sourire.
« Parfait, tu as dû recouvrer tous tes sens maintenant, je pense qu'on peut y aller », dit-il en me tendant le bras.
Je m'avançai vers lui, ne le quittant pas du regard.
« A tout à l'heure Alice, garde-moi une danse, » lança-t-il à la jeune femme qui se prénommait apparemment Alice.
« J'y compte bien, bonne chance !»
Il lui fit un clin d'œil et soupira avant de m'entraîner avec lui vers une autre porte. Aucun de nous ne parlait. Lui était concentré sur un point invisible devant ses yeux et moi je me demandais ce que je m'apprêtais à faire.
« Euh…Edward ?»
Il me regarda enfin en levant les sourcils.
« Où est-ce qu'on va? » Demandai-je timidement.
« Tu plaisantes ? Tanya je ne sais pas ce que James t'a fait, mais dans moins d'une minute on sera devant l'Amérique entière pour l'ouverture du bal, alors reprends-toi ! »
L'Amérique entière ? Alors le contexte du rêve était le discours du grand bal. Bravo Bella, tu ne pouvais rêver mieux. J'avais déjà pu voir à la télévision le grand bal et comment ce couple mythique s'y prenait pour annoncer son ouverture, chacun terminait la phrase de l'autre, montrant encore et encore leur complicité sans faille.
Et là c'est moi qui devrais le faire… Moi Bella Swan, qui n'avais jamais su aligner plus de deux mots dans une même phrase.
Je pris une grande inspiration en voyant la porte s'ouvrir et la musique se faire plus forte dans mes oreilles. Instinctivement je m'accrochai plus fortement au bras d'Edward, d'abord pour ne pas tomber et ensuite pour me calmer un tant soit peu. Mon cœur menaçait d'exploser dans ma poitrine tant il était compressé et mon cerveau était en train de tourner dans tous les sens à la vue de ce monde assis sur des chaises, nous applaudissant.
Sans m'en rendre compte, je me trouvai devant un micro, Edward le bras toujours autour de ma taille. Les flashs me tuaient littéralement les pupilles.
« Allons-y », souffla Edward pour lui-même.
Lorsque la musique s'arrêta, celui-ci s'éclaircit la voix et se tourna vers l'assemblée, qui nous regardait l'air rêveur.
« Bonsoir à tous… mon épouse et moi-même sommes encore une fois très honorés d'être présents pour l'ouverture de ce bal…Ce bal est devenu pour nous le symbole de notre union ainsi que l'avènement d'une nouvelle année, qui sera je l'espère pour chacun d'entre nous aussi merveilleuse que possible… »
Il se tut et se tourna vers moi en souriant.
Pourquoi me sourit-il ? Qu'est-ce qu'il me veut ?
Il veut que tu finisses sa phrase, Bella ! Finis sa phrase !
« Euh.. ».
Dis quelque chose de sensé…ne gâche pas ton rêve ! Dans cet univers tu tiens les rênes.
« …merci de votre présence…c'est vraiment sympa… »
''Sympa '' ? Depuis quand on dit sympa devant l'Amérique entière et surtout vêtue d'une robe hors de prix ?
« Euh…c'est…merci… »
Pire qu'un rêve, un cauchemar ! Tout le monde me regardait la bouche grande ouverte. Ça y est, même dans mes rêves j'étais cataloguée comme étant une moins que rien qui ne savait même pas dire une phrase correctement. En plus de ça, je pus voir Alice me faire des signes de mains, elle semblait excitée, se tortillant sur sa chaise, prête sans aucun doute à me sauter dessus.
« Comme vous pouvez le voir, mon épouse est aussi émue que moi d'être présente ce soir, » coupa Edward en souriant à la foule.
Mon héros, pensai-je, alors que les invités riaient à sa phrase.
Il se tourna encore une fois vers moi, et haussa les sourcils. Il s'attendait encore une fois à ce que je parle. Je devais parler, je devais parler, je devais parler ! Mais pour dire quoi ?
Il veut un discours, Bella. Pense à tes études de littérature, joue la carte de la culture, ça marche toujours ça !
À mon tour, je me tournai vers l'assemblé et leur fis un grand sourire. Cette fois je reprenais le contrôle.
« Un grand poète a dit un jour que ''le rêve est la forme sous laquelle toute créature vivante possède le droit au génie, à ses imaginations bizarres et à ses magnifiques extravagances''. Ainsi, soyez sûrs de rêver tous les jours. Faites de votre vie un rêve et ayez le courage de vivre cette vie pleinement. Mon rêve à moi c'est Edward Cullen…et je vous souhaite à tous de trouver votre rêve… »
J'inspirai un bon coup et me tournai vers Edward qui lui-même me regardait les sourcils froncés. Son regard semblait perdu dans le mien, essayant de lire à travers mon âme. Je fus très vite mal à l'aise face à cela et me tournai vers la salle où encore une fois je vis Alice, me regardant les yeux plissés, les lèvres pincées.
Mais qu'arrivait-il à mes personnages ? Et d'ailleurs, mon discours s'était plutôt bien déroulé, tout le monde semblait conquis !
« Merci mon cœur, » me dit alors Edward en souriant.
C'est alors qu'il s'approcha encore plus de moi, collant ma poitrine à son torse musclé. Je fus très vite happée par son regard qui cherchait le mien, puis à ses lèvres qui s'approchèrent doucement des miennes.
Je fermai les yeux, prête à les rencontrer et à me réveiller aussitôt après, quand je sentis ses lèvres se poser délicatement sur les miennes, y déposant un doux baiser.
Encore une fois mon cœur s'emballa trop vite et mon estomac se tortilla de douleur à la sensation électrisante qui venait de se produire. Je n'avais pas embrassé d'homme depuis je ne sais combien de temps et l'embrasser lui était tout simplement parfait.
Alors que son souffle chaud se faisait sentir sur mon visage, j'ouvris les yeux et le regardai attentivement. Par je ne sais quel miracle, je sus que ce n'était pas un rêve. J'avais eu mal avant en me tordant la cheville et j'avais continué cette théorie du rêve, mais là ce baiser me prouvait que je n'étais pas en train de rêver. Tout était réel, lui, eux, moi…c'était vrai.
J'avais pris possession du corps de Tanya Cullen et de sa vie par la même occasion…
« Que la musique commence…, » lança Edward après s'être éloigné de moi pour me prendre la main.
Sous les applaudissements de la salle, il me conduisit au milieu de la piste et se tourna face à moi. Mon esprit était toujours en mode off, et je ne réagissais pas encore à ce qui venait de se passer. C'était irrationnel, irréel, inconcevable, fou mais en même temps magique…
Ce fut juste lorsque j'entendis du Chopin dans mes tympans et qu'Edward prit une de mes mains dans la sienne, posant l'autre autour de ma taille, que je me réveillai.
Je m'apprêtais à danser la valse…Oh mon Dieu, non s'il vous plait ! Épargnez-moi ça, ou plutôt épargnez les pieds d'Edward !
J'étais toujours immobile alors que la musique avait commencé.
« Tanya, allons-y, on nous regarde ! » Siffla Edward entre ses dents.
Avant que je puisse esquiver le moindre geste, il m'entraîna avec lui dans l'ultime valse…me faisant tourner comme jamais je ne l'avait fait. J'essayai de ne pas regarder mes pieds, mais c'était beaucoup trop difficile, surtout lorsque mes chaussures piétinaient celles de mon compagnon à maintes reprises.
Lorsque la piste fut inondée de couples, Edward me fit ralentir, et ce à mon plus grand bonheur. Il me regarda alors posément jusqu'à ce que les petits pas de danse se soient immobilisés.
Il me prit la main et me conduisit vers une grande table ronde, sur laquelle était installée une magnifique femme aux cheveux blonds, regardant les couples danser.
« Merci beaucoup Tanya, tu as été géniale comme toujours, » me lança Edward en souriant.
Le sourire y était mais la voix semblait plutôt froide…
« Je vais voir si on a besoin de moi… »
Il m'obligea à m'installer près de la jeune femme et s'en alla sans un regard.
Je commençais sérieusement à me sentir mal. Je ne connaissais rien à sa vie, ni à la mienne d'ailleurs, et je me devais de jouer le jeu. Pour l'instant j'avais l'impression de faire gaffe sur gaffe et j'avais même l'impression que si je continuais sur cette lancée, la magnifique personne qu'était Tanya Cullen ne serait plus qu'un souvenir du passé aux yeux du monde. En seulement quelques secondes, j'avais l'impression d'avoir changé cette Tanya en l'idiote et maladroite Isabella.
« Bravo Tanya, je te tire mon chapeau, tu n'as jamais autant maîtrisé ta voix lors d'un discours, » me dit la somptueuse blonde assise à mes côtés.
Elle me toisait du regard, comme si je n'étais qu'une insignifiante petite personne. Je connaissais très bien ce regard auquel j'avais droit. Je l'avais connu au lycée de Forks, toutes les filles de cet établissement m'ayant regardée avec la même indifférence, mais aussi la même haine. Je ne sais pas pourquoi mais je n'avais jamais fait partie du monde…malgré ma grande gentillesse et mon incroyable invisibilité, je réussissais toujours à me faire haïr…
« Je ne…je ne me sentais pas très bien, » répondis-je en baissant les yeux sur ma main.
« Bien sûr…de toute façon comme toujours tu as fait sensation auprès de l'Amérique entière, je ne serais pas étonnée de voir le président te convier à dîner demain soir…, » cracha-t-elle en me fixant méchamment.
Cette fille me faisait vraiment peur, que lui avais-je fais ? Et pourquoi Edward m'avait-il laissée seule à ses côtés ?
Bon, Bella, joue le jeu de la fille sympa avec tout le monde.
« Euh…tu es vraiment élégante aujourd'hui, » lui dis-je en souriant.
Et élégante était un faible mot, elle aurait pu sortir d'un magasine de mode.
Elle plissa les yeux et se leva en soupirant. Ce fut à ce moment que j'aperçus un beau petit ventre rond pointer sous sa robe de satin rouge.
« Oh…tu attends un bébé, c'est génial ! » M'exclamai-je.
« Ne commence pas ok !» Me lança-t-elle d'un regard noir.
« Pardon? » Demandai-je avec perplexité.
Est-ce moi ou cette femme détestait les compliments ?
« Je peux savoir ce qui se passe ici ? » Entendis-je une forte voix demander.
Je me retournai et vis un grand homme me faire face. Il était énorme, et encore…à côté de lui j'étais un minuscule être humain. Mais malgré sa forte corpulence, son visage semblait doux et des petites rides se creusaient à l'extrémité de ses yeux, montrant sans doute qu'il avait beaucoup ri dans sa vie.
« Tu vas bien Rose ? »
« Oui, t'en fais pas bébé, c'est juste que cette fille m'agace au plus haut point, » répondit la blonde en me regardant toujours méchamment.
Mais que lui avais-je fait, merde ?
« Tanya, je pense que tu devrais rester près d'Edward, rester près de ma femme est une mauvaise idée et nous le savons tous les deux, » me dit-il en fronçant les sourcils.
Et lui, que lui avais-je fait ? Il semblait certes moins hostile que sa femme, mais son regard était tout de même froid.
« Tu as raison, » lui dis-je sans pouvoir m'empêcher de lui sourire gentiment.
Je préférais mettre l'agressivité de ''Rose'' sur le compte des hormones et me mis à chercher Edward des yeux.
Celui-ci était au centre de trois personnes, une coupe de champagne à la main, semblant en grande discussion. Je ne voulais pas le déranger, mais que faire d'autre ? Je ne connaissais rien à ces grandes soirées.
« Hum…, » fis-je pour faire part de ma présence lorsque je fus à leur hauteur.
Edward se tourna vers moi, et me sourit tendrement avant de me prendre par la taille pour me rapprocher de lui.
« Voici la femme ma vie, » dit-il en se tournant vers ses interlocuteurs.
C'étaient deux hommes d'un grand âge et une femme tout aussi âgée qu'eux.
« Oh…madame Cullen, votre discours était magnifique, je ne sais pas d'où vous tenez ce talent ma chère, » me dit la vielle dame.
« Oh…je ne sais pas non plus, ça m'est venu comme ça, » répondis-je en haussant les épaules.
« Et laissez-moi vous dire que ce soir vous êtes vraiment très élégante, » rajouta-t-elle en buvant dans son verre.
« Merci, » dis-je en sentant mes joues virer au rouge.
A l'époque de Bella, autrement dit il y a quelques heures, on ne m'avait encore jamais complimenté de la sorte…et bizarrement ça ne me plaisait pas, enfin si, c'était vraiment gentil de sa part, mais elle me gênait. Bon faut aussi avouer que le compliment ne m'était pas directement destiné, mais plutôt à Tanya, donc je me devais de la remercier, pour Tanya.
Et ce fut ainsi pendant tout le reste de la soirée. Je me baladai de groupe en groupe en compagnie d'Edward qui ne cessait de me présenter comme étant la meilleure chose qui ne lui soit arrivée, me flattant et me faisant rougir à chaque fois.
Vers minuit, la salle commença à se vider et Edward me prit fermement par la main pour me conduire dehors où les nombreux photographes nous attendaient toujours.
Une limousine nous attendait en face, et un homme en cravate nous ouvrit la portière, nous faisant signe de monter à l'intérieur. Edward salua la foule et me fit monter avec galanterie à l'intérieur de la magnifique voiture. Il laissa ensuite passer une autre femme, qui était Alice puis monta lui-même à son tour avant que l'homme en cravate ferme la portière derrière lui.
Un lourd silence plana pendant une bonne minute, sentant toujours les flashs contre les vitres de la limousine. Ce fut Alice qui le rompit en premier :
« Je peux savoir ce qui t'a pris Tanya ? »
« Pardon ? »
« Où est-ce que tu étais pendant cette soirée ? Tu as failli tout foutre en l'air avec tes idioties ! » S'écria-t-elle en fronçant les sourcils.
Alors, comme ça elle l'avait remarqué. J'étais dans la merde totale…Si je leur disais que je n'étais pas Tanya, ils m'enverraient dans un hôpital psychiatrique. Même si je suis sûre que j'aurais les meilleurs soins au pays…
« Je ne me sentais pas bien…et puis, mon discours était pas mal, » répondis-je en souriant innocemment.
« Pas mal ? Tu plaisantes ? Tu as obligé Edward à apprendre par cœur ton discours à la noix et toi tu te donnes le droit d'en improviser un autre ! »
J'ouvris la bouche pour répondre, mais aucun son ne sortit. Je ne savais vraiment pas quoi dire d'autre.
« Bon Alice, laisse tomber, l'essentiel c'est que tout le monde ait apprécié Tanya, ok ? » Dit Edward qui avait enfin ouvert la bouche.
Je le remerciai du regard, mais celui-ci tourna très vite le visage vers sa vitre.
À partir de ce moment, le silence retomba, et ce durant tout le trajet. Tout ça commençait réellement à me mettre mal à l'aise, entre Alice qui semblait bouder pour je ne sais quelle raison et Edward qui nous ignorait totalement, je ne savais plus où me mettre. Je n'attendais qu'une simple chose : me retrouver seule avec Edward, j'imagine que tout le monde était sous le stresse à cause du grand bal et je les comprenais…j'avais failli tout gâcher, mais Edward avait été un amour, moi qui enviais Tanya d'avoir un tel époux…à mon plus grand bonheur la chance avait tourné et j'étais à mon tour son épouse.
Au bout d'une vingtaine de minutes la limousine se gara dans un parking au milieu de nulle part. La pénombre ne me permettait pas de distinguer parfaitement les alentours. Alice se tourna alors vers Edward et lui sourit :
« On s'appelle ok ? Et n'oublie pas d'appeler maman, tu la connais…elle disjoncte à chacune de tes sorties, » rajouta-t-elle.
Alors comme ça Alice était sa sœur…intéressant.
« T'inquiète pas Alice, je le ferai demain matin à la première heure, tu l'embrasseras pour moi… »
Elle lui fit un petit bisou sur la joue avant de se tourner vers moi.
« Tanya…, » dit-elle en me saluant d'un signe de la tête.
« Euh…bonne nuit, » répondis-je.
Elle me regarda, l'étonnement sur son visage, puis fronça les sourcils avant de tourner la tête de droite à gauche et de sortir de la voiture, me laissant enfin seul en compagnie de son frère.
Celui-ci me regarda intensément, semblant toujours chercher quelque chose en moi. J'avais peur qu'il découvre la vérité, enfin s'il la découvrait un jour, parce qu'il fallait être fou pour penser à une chose aussi inconcevable que ce qui m'arrivait. Mais d'un côté il connaissait parfaitement bien sa femme, et devait sans doute se douter de quelque chose depuis avant. C'était sans doute pour cela qu'il me regardait bizarrement de temps à autres.
Je voulus parler pour briser ce silence, quand il me coupa dans mon élan en tournant la tête encore une fois vers la vitre. Je soupirai et me résignai donc à garder la bouche fermée. Cette soirée, aussi mémorable fût-elle, était vraiment étrange, pensai-je en me mordant le coin de la lèvre.
~~~0~0~~~
Encore une fois, la voiture s'arrêta et la portière s'ouvrit. Edward passa devant moi et sortit, me tendant la main pour m'aider à sortir par la même occasion. Nous nous retrouvâmes devant une grande propriété. Je pus distinguer dans le noir, des centaines d'arbres et une sorte de château magnifique au loin. C'était la première fois que je voyais pareille demeure. Certes, la nuit ne me permettait pas de trop bien l'observer, mais même dans le noir je sus que c'était la plus belle des maisons qu'il m'ait jamais été donné de voir.
Edward me proposa son bras et me fit marcher le long du chemin de pierre. Mes chaussures s'enfonçaient dans les petits cailloux au fur et à mesure que j'avançais. Si j'avais eu le courage, je lui aurais demandé de me porter, ou bien j'aurais enlevé mes satanées chaussures pour marcher pieds nus, mais j'étais encore une fois trop faible pour ça.
On arriva enfin devant une grande porte de bois qui s'ouvrit toute seule. Du moins c'est ce que je pensais jusqu'à ce qu'un homme semblant être un maître d'hôtel fit son apparition.
« Bonsoir, » le saluai-je en souriant.
Il me regarda en écarquillant les yeux puis me fit un timide signe de tête. Il nous débarrassa ensuite de nos mentaux et ferma la porte derrière lui. Je pus enfin voir l'intérieur de la maison. Le hall était aussi immense que ce à quoi je m'attendais. Des tapis persans jonchaient le sol, et de grands miroirs dorés étaient accrochés au mur, surplombant des petites tables décoratives. Devant moi, deux énormes escaliers en colimaçons tout de marbre s'offraient à mes yeux. J'avais l'impression d'être dans un conte. Et dire que j'allais vivre ici…
« Je monte me changer, » lança Edward en me faisant revenir à la réalité.
Enfin ''réalité'' était vite dit.
Je le suivis alors au pas, même s'il me regarda encore une fois avec étonnement. J'avais l'impression que tout ce que je faisais était faux et mauvais.
Mais tant pis, si je ne le suivais pas, je ne trouverai sans doute jamais notre chambre. Parce que oui, ce soir j'allais partager la chambre d'un homme. C'était effrayant et excitant à la fois.
Je me retrouvai alors dans une pièce qui s'avérait être notre chambre. Le grand lit à baldaquin qui trônait au milieu de la pièce ainsi que les tables de nuit, et la merveilleuse coiffeuse sur laquelle divers produits de beauté se trouvaient me transportaient encore dans un rêve. C'était…je n'avais même pas les mots pour qualifier une telle pièce. Une seule chose pouvait clocher ici, c'était le manque de personnalité. Cette pièce avait été décorée par un décorateur ça se voyait, mais rien ne montrait à qui elle pouvait appartenir. C'était d'autant plus frustrant. J'avais vraiment peur de foutre le bordel ici si je touchais à quelque chose.
Lorsque je vis Edward sortir torse nu d'une salle de bain qui se trouvait apparemment dans la chambre, je ne pus m'empêcher d'ouvrir grand la bouche.
Je ne l'avais jamais vu ainsi, aucun magazine ne l'avait montré torse nu et je me régalais totalement à cette vision. Il était splendide. Son torse ni trop ni trop peu musclé l'était tout autant.
« Hum…, » fit-il pour me faire remarquer sa présence.
Je fermai les yeux en me mordant le coin intérieur de la lèvre et en me maudissant intérieurement. Quelle conne, j'étais en train de le mater depuis je ne sais combien de temps et il l'avait remarqué !
« J'imagine que tu ne vas pas rester dans cette robe, » me dit-il en me la montrant d'un signe de tête.
« Euh…non, je…je vais l'enlever, » dis-je en lui montrant la salle de bain.
« Tanya, ton dressing est dans l'autre chambre, alors à moins que tu ne veuilles dormir dans un de mes T-shirt, tu devrais aller te changer à côté ,» me dit-il en souriant d'un sourire en coin à damner le plus grand des saints.
Très vite, la pensée de m'endormir dans un de ses T-shirt me rendit à moitié folle. Ce que j'étais certainement à présent.
« Euh…oui, j'y vais, » lui dis-je en souriant bêtement.
Il me suivit du regard et je sortis de la chambre, me retrouvant dans cet immense couloir.
Bon où est l'autre chambre, où est ce putain de dressing ? Je vais tout foutre en l'air, je le sens !
Je vis alors le maître d'hôtel s'avancer vers moi, un plateau à la main.
« Euh…salut…, » lui dis-je lorsqu'il arriva à ma hauteur.
« Oui ? »
« Où est mon dressing ? » Demandai-je en me mordant la lèvre.
Je devais vraiment penser à me débarrasser de ce tic de merde ! Ma lèvre allait certainement tripler de volume si je continuais.
« Dans votre chambre, » me dit-il, étonné.
« Ma chambre ? Laquelle ? »
« Eh bien, la seconde, celle que vous venez d'installer… »
En plus d'avoir un château comme maison, j'avais deux chambres, dans quel monde je vivais ?
« Oui, la seconde…bien sûr, » dis-je en souriant. « Et…est-ce que vous pouvez m'y conduire ? Pour m'ouvrir la porte… »
Bah quoi ? C'est bien le travail d'un maître d'hôtel, non ? Il me regarda d'un air triste, puis baissa les yeux sur le plateau qu'il tenait en main.
« Je dois amener son thé à Mr Cullen ».
« Eh bien, laissez, je le ferai, » lui dis-je en lui prenant le plateau des mains. « Accompagnez-moi maintenant à ma chambre…S'il vous plaît. »
Il me regarda en écarquillant les yeux et m'ouvrit la porte se trouvant à mes côtés. Quelle idiote, la seconde chambre était juste en face de la première.
« Allez-y, je vous en prie, » me dit-il.
« Merci…rappelez-moi votre nom… »
« Garett, » me dit-il en levant les yeux au ciel.
« Eh bien, merci Garett. Vous pouvez disposer ».
Je jubilais de l'intérieur, j'avais toujours rêvé dire cette phrase à un vrai maître d'hôtel et aujourd'hui je la sortais à MON maître d'hôtel !
Il regarda le plateau que je tenais en main, et hésita à dire quelque chose avant de s'en aller.
Bizarre, cet homme, pensai-je en pénétrant dans la chambre.
Encore une fois, cette chambre n'avait aucune personnalité. Elle était jumelée à la précédente, seuls les coussins avaient une couleur différente.
Je déposai le plateau que j'apporterais tout à l'heure à Edward sur un meuble et enlevai la robe, en galérant un petit peu. Me retrouvant en sous-vêtements, je découvris enfin ce nouveau corps sous tous les angles. Il était aussi parfait que le visage de Tanya. Je comprenais comment Edward pouvait être amoureux d'une femme telle que Tanya Cullen. Je me dirigeai ensuite vers ce qui semblait être une salle de bain et pris une douche assez rapide. Encore une fois, l'eau chaude qui coulait sur mon corps me montrait que je ne rêvais pas.
Après avoir terminé de me doucher, je me séchai d'une serviette et partis prendre un pyjama dans ce fameux dressing. Mais le problème c'était que mis à part les multiples nuisettes transparentes, il n'y avait aucun pyjama, ni même de T-shirt troué. Je commençais à me demander si prendre un T-shirt à Edward n'était pas finalement une bonne idée.
Après un moment d'hésitation, je me mis en survêtement. Certes il était neuf, mais je ne pouvais pas dormir avec si peu de tissus sur moi. Comme quoi ce n'est pas le corps qui parle, mais l'esprit.
Je me coiffai ensuite rapidement les cheveux d'un chignon lâché et pris le plateau avec moi pour rejoindre Edward. Celui-ci lisait un livre sur le petit fauteuil qui se trouvait près de la fenêtre et semblait avoir retrouvé un T-shirt. Lorsqu'il me vit arriver, il me regarda de haut en bas, s'attardant sur mon pantalon.
« Tu sors courir ? » Me demanda-t-il perplexe.
« Oh…euh…non, j'aime bien ce survêtement, il est doux, » lui répondis-je en souriant.
Il fronça les sourcils, puis acquiesça.
« Heu…tiens, ton thé. »
« Garett ne pouvait pas l'apporter lui-même ? »
« Je lui ai dit de disposer, » dis-je, fière de moi tout en déposant le plateau devant lui.
Edward continua à me regarder. Il savait que j'agissais bizarrement, mais ce n'était pas de ma faute, la Bella que j'étais était bizarre.
Puis sans me répondre, il replongea dans sa lecture, m'ignorant par la même occasion. Mais que se passait-il avec leur famille bordel !
« Qu'es-tu en train de lire ? » Demandai-je pour briser ce silence insoutenable.
Encore une fois, il s'arrêta de lire et me jugea du regard.
« Maupassant ? » Questionnai-je en montrant le livre de la tête.
« Tu m'excuses, mais je dois voir Garett un instant, » me dit-il en fermant son livre et en me contournant pour sortir.
Je soupirai et partis me jeter sur le lit. Leur comportement était vraiment bizarre. Si cela continuait, j'allais me faire repérer et on m'enverrait certainement dans un asile. J'ignorais comment Tanya se comportait avec eux, mais une chose est sûre, elle n'avait rien à voir avec moi. Tout le monde semblait gêné de mon comportement. Pourtant j'essayais d'avoir un comportement plus que normal.
Lorsque je fus sous les draps, mon oreiller contre mon visage, j'inspirai profondément cette odeur enivrante. C'était la sienne, j'avais l'impression de dormir dans ses bras, même s'il n'était pas encore là.
En fermant les yeux, je me promis une chose : profiter de ce moment, car j'en avais le droit. J'en avais bavé dans ma vie et aujourd'hui un talisman avait changé mon destin.
Merci, murmurai-je en pensant à la rencontre d'il y a quelques heures.
Au bout d'une demi-heure, j'entendis la porte s'ouvrir, laissant apparaître Edward. Il me regarda en soupirant.
« Tu comptes dormir ? » Me demanda-t-il.
« Euh…oui, » dis-je en rougissant.
Il sourit et se dirigea vers son dressing pour prendre une veste.
« Où est ce que tu vas ? » Demandai-je en me relevant.
Il s'arrêta en posant sa main sur la poignée de la porte puis se tourna vers moi.
« Je peux savoir ce qui se passe aujourd'hui Tanya ? Je ne te reconnais plus, à quoi tu joues ? »
Et merde, il l'avait aussi remarqué.
« Euh…à rien, c'est juste qu'il se fait tard et je me demandais ce que tu allais faire dehors! » Contre-attaquai-je.
Il voulut répondre, mais s'en abstint en souriant.
« Peu importe…bonne nuit Tanya, » me dit-il avant de s'en aller.
Je passai mes mains sur mon visage et soupirai. Je n'étais pas étrange, ils l'étaient tous ! Mon époux sortait à je ne sais quelle heure et trouvait ça bizarre que je lui demande où est-ce qu'il allait ! Bien sûr c'est moi la bizarroïde dans l'histoire !
Je retombai alors sur mon oreiller et fermai les yeux. Demain serait un nouveau jour pour moi. Au sens propre et figuré.
Comme vous pouvez le voir, je reviens en force avec un nouveau chapitre assez long ! S'il est trop long faites le moi savoir et promis je lésinerai sur les mots ^^.
Le fait de reposter sur fanfiction me fait énormément plaisir, surtout lorsque je vois combien de personnes ont mis ma fiction en alerte ou dans leur favoris alors merci.
Laissez-moi vos hypothèses sur le comportement étrange d'Edward et sa famille… Ne vous inquiétez pas je ne vous tiendrai pas aussi longtemps en haleine, le prochain chapitre arrive bientôt. Mais avant toutes choses, je veux des review !
Bises,
Lina.
