Bonsoir ou Bonjour à vous!

Je tenais à m'excuser pour ce long moment d'absence, j'ai eu quelques problèmes familiaux et l'écriture n'était pas vraiment ma priorité ce mois ci, ce qui me désole vraiment. Alors encore une fois pardon.

Sinon j'aimerai toutes vous remercier, je n'ai jamais autant de review pour un chapitre et tout ca me prouve que la fiction est lu et est surtout appréciée de plusieurs personnes. Alors un énorme merci à vous toutes, et aussi aux anonymes (désolé je n'ai pas pu répondre à vos review, mais promis je le ferai la prochaine fois). Merci aussi à Milk40 ma superbe bêta, le chapitre est là et ce grâce à sa précieuse aide.

En parlant de prochaine fois, j'ai une mauvaise nouvelle. Je pars en vacances demain, ce qui veut dire que je ne pourrai pas publié de chapitre avant très longtemps. Un mois grand minimum (non, non je n'ai pas dit maximum lol). Je e sais pas si je pourrai avoir accès à internet, mais ce qui est sure c'est que je continuerai d'écrire et la bonne nouvelle c'est que je pourrai m'avancer dans mes chapitres et ainsi en avoir en avance pour pouvoir les poster plus rapidement.

Wouh! J'arrête un peu de parler maintenant et vous laisse lire la suite que vous avez tous attendu avec impatience!

Très bonne lecture, on se retrouve en bas^^

Edward's point of view

Je l'avais fait, j'avais mis de côté mon doute et je l'avais invitée à venir chez moi. Je lui avais proposé de refaire en quelque sorte partie de ma vie. Enfin, c'était une sorte de test au fond. Je me doutais très bien qu'elle trouverait une excuse pour refuser. C'était comme ça depuis toujours, ou du moins auparavant. Aujourd'hui, elle n'avait même pas hésité à me dire non, sans aucun scrupule, aucune gêne, elle s'en foutait royalement de ma famille, qui jadis était la sienne.

J'en avais moi-même rien à faire d'elle, rien à faire de la voir déjeuner avec moi ou encore de lui parler, mais une chose avait changé. J'ignorais d'où me venait ce sentiment étrange qui m'avait presque foudroyé sur place lorsqu'elle m'avait dit non. Elle m'avait dit non et aussitôt, une sorte de regret ou de déception avait enseveli mon esprit.

Forks, elle était partie à Forks. J'aurais pu trouver cela étrange, mais plus maintenant. Parce que Tanya était devenue la personne la plus imprévisible que je connaisse. Elle avait changé, c'était vrai, ce n'était plus la même. À moins qu'elle ne soit une excellente actrice, mais cela serait aussi faux que voir un Emmett danser une valse avec Rose. Elle semblait véritablement peinée de ne pas être présente avec moi, et bien évidemment je ne trouvais plus vraiment cela étrange. Elle voulait une seconde chance, j'étais prêt à la lui donner. J'en avais assez de faire semblant avec elle, de faire comme si je la haïssais vraiment. Parce que malgré les nombreuses monstruosités qu'elle m'avait faites, je ne pouvais la détester. J'avais perdu confiance en elle, je l'avais rejetée, je l'avais trompée, j'avais fait tout un tas de choses aussi affreuses que possible pour la faire souffrir autant qu'elle m'avait fait souffrir, mais bizarrement, je ne pouvais définitivement pas la détester. En tout cas pas ces derniers mois. Tanya était en train de changer, et si ma mère et Alice étaient prêtes à lui refaire confiance, je pourrais à mon tour les suivre.

Un bruit me fit sortir de mes pensées. Alice venait de frapper à ma portière, me priant de revenir sur terre. Je ne m'étais pas rendu compte de tout ce temps passé dans ma voiture, pensant à Tanya ou à la nouvelle Tanya, que j'étais prêt à accepter. Il fallait que j'arrête de me mentir. Ce sentiment que j'avais ressenti lorsqu'elle avait refusé de venir me prouvait bien que je la voulais près de moi et que sa présence m'était devenue supportable, voire plus. Aussi étrange que cela puisse paraître, elle devenait une toute autre Tanya, meilleure que celle que j'avais connue au début, plus drôle qu'elle n'avait jamais été et même plus humaine.

« Edward ? Qu'est-ce que tu fais ? »

La voix d'Alice me sortit encore une fois de mes pensées et j'éteignis le contact de la voiture pour la rejoindre.

« Salut petite sœur, » dis-je en l'étreignant tout en faisant attention à son bras blessé.

« Alors dis-moi ! C'était comment le déjeuner avec Jasper et Tanya ? » S'exclama-t-elle en me prenant par le bras.

« Euh… »

« Et Tanya n'est pas venue ? Edward ! Maman t'a dit de l'inviter…, » lança-t-elle en fronçant les sourcils.

« Je… »

« C'est tout toi ça ! Faudrait vraiment que tu commences à changer pour pouvoir vivre normalement ! »

« Alice… »

« Si tu te voyais ! Elle veut changer ! Et elle change, elle veut recoller les morceaux entre vous deux ! Tu crois qu'on ne voit pas combien tu souffres de la voir si loin de toi ? Et maintenant qu'elle veut se rapprocher de toi, tu gâches… »

« Alice ! » La coupai-je en la prenant fermement par les épaules.

Elle se força à s'arrêter de parler mais ouvrit la bouche pour reprendre son inutile monologue.

« Elle a dit non, » lui dis-je avant qu'elle ne dise quoi que ce soit d'autre.

Ma voix se fit plus déçue que ce à quoi je m'attendais. Visiblement, son refus m'avait fait plus mal qu'autre chose.

« Elle a dit non, » répéta Alice comme pour essayer d'assimiler mes paroles.

J'acquiesçai. À son expression, je vis qu'elle était plus dégoûtée que moi face à la nouvelle.

« Mais attends voir…est-ce qu'elle a dit non parce que tu lui as sorti le discours du "Viens déjeuner à la maison, tu verras, Rose sera là pour t'étriper plus facilement" ou "s'il te plaît j'aimerais beaucoup que tu viennes déjeuner à la maison ?" ».

Je levai les yeux au ciel et pris ma sœur par l'épaule pour la conduire vers la villa de mes parents.

« J'ai été cool avec elle, si c'est ce que tu veux savoir. Elle a juste préféré partir à Forks aujourd'hui plutôt que de se faire incendier par Rose… »

« À Forks, » s'étonna Alice. « C'est là où Jasper habite. »

« Oui je sais, c'est Tanya, je ne cherche plus trop à comprendre de toute façon. »

Lorsqu'elle s'était levée ce matin pour prendre son café avec moi (encore une nouveauté de la part de mon épouse : le café), elle semblait vraiment excitée à l'idée d'aller faire un tour dans cette ville. Pourquoi ? Je n'en avais pas la moindre idée. J'aurais aimé lui demander ce qu'elle allait y faire, mais ce n'était pas dans mon habitude. Autrefois, la voir sortir et partir loin de moi ne me dérangeait vraiment pas, mais aujourd'hui j'avais envie de savoir tout ce qu'elle faisait. Sans doute pour être sûr qu'elle n'allait pas voir d'autres hommes derrière mon dos et surtout pour voir que j'avais raison de baisser ma garde avec elle maintenant.

« Il y a quelque chose d'étrange chez elle…, » marmonna Alice en fixant un point invisible devant elle.

« Je sais. »

« Non…tu ne sais rien Edward ! Je ne pense pas qu'elle ait vraiment changé, c'est juste…, » hésita-t-elle en se mordant la lèvre.

« Juste quoi Alice ? »

« L'autre fois, elle m'a dit qu'elle était Bella. »

Bella ? Ce prénom me disait quelque chose. Je l'avais déjà entendu quelque part, mais où, voilà la question. Je connaissais aussi le nom : Swan ? Bella Swan, voilà. Qui avait parlé d'elle, et surtout qui était-elle ?

« Bella Swan ? » Demandai-je.

« Tu connais une Bella ? »

« Non, pas vraiment, mais j'ai déjà entendu son nom quelque part. »

Bella Swan, j'avais comme l'impression que ce nom allait m'aider à comprendre Tanya. Mais pourquoi elle ?

« T'imagines si elle était malade ? Une tumeur au cerveau ? J'ai lu quelque part que ça pouvait changer le caractère d'une personne. »

« Non, je ne pense pas qu'elle soit malade. Même une tumeur ne supporterait pas Tanya, » plaisantai-je en souriant à Alice.

Elle me donna un coup dans les côtes, assez douloureux fallait le dire, et tourna la tête nonchalamment de droite à gauche.

« Tu vois, c'est toi qui fait ton con avec elle ! »

Je me mis à rire et la suivis enfin pour déjeuner avec ma famille. Tout le monde était présent comme à chaque déjeuner familial. Nous avions l'habitude d'en faire un tous les mardis lorsque Carlisle était encore en vie. Et pour Esmée, nous avions fait en sorte que cette tradition ne cesse pas.

« Bonjour mon chéri, » me salua Esmée une fois que je fus à l'intérieur.

« Bonjour. »

Je la pris dans mes bras et lui embrassai le sommet du crâne. Mon père avait peut-être disparu, mais sans elle nous ne serions rien. Elle avait fait durer notre nom, et si elle venait un jour à nous quitter, que serions-nous ? Probablement rien.

« Tanya n'est pas venue ? »

« Non, elle avait…un entretien, » mentis-je.

Je ne voulais pas blesser Esmée en lui disant qu'elle avait refusé l'invitation. Si tout comme moi la présence de mon épouse lui aurait valu un moment d'espoir, lui dire qu'elle n'avait pas accepté l'aurait sans doute blessée et ça, je ne pouvais le concevoir.

Mais à son mince sourire, je sus que mon mensonge n'avait pas réellement marché.

« Qui veut d'elle ici de toute façon ? » Entendis-je la voix de ma merveilleuse belle-sœur demander.

Je lâchai ma mère pour saluer la magnifique blonde que mon frère avait pour épouse.

« Je suis heureux de te voir sur pied, Rose. »

« Moi aussi je le suis, mais ton frère est en train de me rendre folle. J'ai interdiction de bouger de ma chambre jusqu'à nouvel ordre ! » S'exclama-t-elle en roulant des yeux.

« Voilà pourquoi tu es ici, » lui dis-je en souriant.

« Ton idiot de frangin est allé me chercher des cuisses de poulet, j'en profite donc ! »

Je lui souris et lui pris la main pour la conduire vers le salon. Rosalie Hale n'avait pas toujours été comme ça. Nous n'avions pas été toujours aussi complices qu'aujourd'hui. Lorsque Emmett l'avait amenée pour la première fois à la maison, la seule chose qui m'interpella chez elle était son mètre 75, son décolleté imposant et surtout son envie de toujours dire non à ce qu'Emmett faisait. Au bout d'un certain moment, je n'arrivais plus à la supporter, j'avais l'impression qu'elle se jouait d'Emmett en profitant de lui et de notre famille par la même occasion. Lorsque Emmett décidait de sortir avec ses amis, Rose était là pour lui rappeler qu'elle ne voulait pas être seule. Lorsqu'il rentrait un peu trop tard de son boulot, Rose était là pour lui faire une sacré morale, et lorsqu'il avait enfin décidé de l'amener déjeuner à la villa, Rose était là pour refuser de manger les plats quelque peu caloriques d'Esmée…

Ni Alice, ni moi-même n'avions compris qui elle était et pourquoi Emmett s'accrochait tant à une personne comme elle. Le physique sans doute ? Mais quoi de plus ? Rien.

Puis arriva ce jour où Emmett me pria de venir chez lui vers les quatre heures du matin. Et ce fut lorsque je vis le visage violacé de sa compagne que je sus que quelque chose n'allait pas. Rosalie avait apparemment des problèmes avec son ex et ce dernier ne voulait pas la laisser s'en aller. Je compris ce jour là que Rose s'était forgée une certaine carapace pour se protéger de lui, qu'elle n'avait pas toujours été comme cela et avoir à nouveau confiance en un homme lui était quelque chose de difficile, voilà pourquoi elle n'arrivait pas à laisser Emmett s'épanouir avec elle.

Pendant près d'un mois, elle avait été comme morte ; elle ne voulait pas sortir de chez elle, ni parler à qui que ce soit. Puis un jour je lui avais présenté Tanya. Ma future épouse m'avait prié de lui présenter Rose pour voir si elle pouvait l'aider. Et elle y parvint. En seulement une semaine, Tanya devint une amie, voire une sœur pour elle. Tanya et Rose avaient beaucoup en commun. Toutes les deux venaient d'un milieu défavorisé et avaient connu galère sur galère pour arriver à ce qu'elles étaient aujourd'hui. C'est ainsi que se retrouver toutes les deux valaient beaucoup plus qu'une séance chez un psychologue, puisque Tanya avait réussi à faire sortir Rose de son trou et surtout à lui redonner une vie auprès de mon frère. Nous n'avions jamais vu deux personnes s'entendre aussi bien. Et honnêtement, Emmett et moi commencions à en avoir marre de ne plus avoir de femmes, parce que lorsque ces deux là étaient ensemble, et cela arrivait à peu près tous les jours, nous nous retrouvions seuls, presque célibataires.

Un sourire prit place sur mon visage lorsque je me souvins du jour où Emmett avait changé délibérément la serrure de sa porte pour que Tanya ne puisse plus utiliser le double de leur clef et l'empêcher d'être avec sa Rose quand bon lui semblait. La crise que lui avaient faite les deux femmes ce jour là ne pourrait jamais être oubliée.

« Donc dis-moi, » lança la voix de Rose qui encore une fois me sortit de mes pensées, « pourquoi elle n'est pas venue ? »

« Pour ne pas t'énerver, » mentis-je en souriant.

« Au contraire, c'est ce qu'elle aurait adoré faire. »

« Rose… »

« Je ne vous comprends plus Edward ! Depuis quand ta mère, Alice et toi avez-vous décidé de lui pardonner ? » Demanda-t-elle en haussant la voix.

Voilà pourquoi Rose détestait tant Tanya maintenant. Parce qu'aussi proches qu'elles aient été un moment, du jour au lendemain ma femme l'avait littéralement brisée en même temps qu'elle nous avait brisés.

« Nous ne lui avons rien pardonné, Rose. C'est juste qu'elle essaye de…de ne plus être la même. Et si cela aide Esmée à se sentir mieux et Alice à retrouver un semblant de joie et bien je crois que tu devrais prendre sur toi et essayer de ne plus la haïr… »

« Jamais Edward ! Tu m'entends ? Jamais ! Je ne pourrai jamais éprouver une once de sympathie envers la femme qui nous a tués, Emmett et moi ! » S'écria-t-elle pendant que les larmes coulaient de ses yeux.

Un pincement au cœur me contracta la poitrine. Voir Rose pleurer m'avait toujours été insupportable, parce qu'à mes yeux elle redevenait presque la Rosalie qui avait peur de tout ce qui l'entourait. Les larmes qui coulaient de ses yeux caractérisaient bien la souffrance qu'elle éprouvait en se souvenant de ce moment en particulier. Un moment que ni moi, ni ma famille ne pouvions oublier.

« C'était un accident, Rose, » lui dis-je en sachant très bien ce à quoi elle pensait.

« Un accident qui a coûté la vie de notre enfant, » me dit-elle sèchement.

Sur ces paroles, elle me força à la lâcher et tourna les talons, sans doute pour retourner dans l'ancienne chambre d'Emmett.

Malgré le fait qu'elle ait décidé de changer, Tanya serait toujours une source de problème…

Bella's point of view

Mon visage était tiraillé entre la surprise, le choc et la peur. Enfin, je veux dire le visage qui jadis m'appartenait. À l'expression de la Bella qui me faisait face, je sus qu'elle me connaissait, et penser que Tanya possédait réellement mon corps devenait vraiment plausible.

Aucun de nous n'osait ouvrir la bouche, continuant à se fixer sans un mot, sans doute par peur que les mots justement ne révèlent la vérité, aussi incroyable qu'elle puisse sembler, et que notre esprit soit confondu dans un monde surnaturel.

Ce fut cependant la voix de mon meilleur ami qui brisa le silence en premier.

« Bella, nous avons de la visite, » lança-t-il en me pointant du pouce.

Ses yeux continuèrent de me fixer, le choc se faisant moins puissant lorsque je fis un pas dans sa direction pour lui tendre la main.

« Tanya ? » Demandai-je en tentant d'apaiser les tremblements de ma voix.

« C'est impossible…oh mon Dieu ! » Entendis-je enfin de sa part.

« Les filles, le mieux serait de rentrer à l'intérieur et de s'expliquer face à tous ces trucs bizarres, » dit Jacob en pénétrant dans mon ancien chez moi.

Mais ni la Bella qui se trouvait devant moi, ni moi-même ne bougeâmes. J'étais paralysée même si mes jambes voulaient suivre Jake, mon cerveau lui, les empêchait d'esquiver le moindre mouvement. J'allais finalement avoir toutes les réponses que j'attendais depuis que ma vie avait changé. Parce qu'aujourd'hui, j'étais sûre que Tanya possédait à son tour mon corps.

Ce fut cependant elle qui fit le premier pas et me pria de la suivre à l'intérieur.

En pénétrant chez moi, je remarquai que rien n'avait changé. Le fauteuil de Charlie était toujours devant la télé, la table basse comprenait toujours les multiples magazines de pêche de mon défunt père et le même fouillis que j'avais laissé ici en disparaissant pour devenir l'épouse d'Edward. J'avais comme l'impression que je vivais toujours ici et encore plus aujourd'hui. Rien qu'en mettant un pied ici, j'avais encore cette impression que j'étais redevenue moi-même et que tout cela n'était qu'un simple rêve et rien d'autre.

Je suivis donc Jake et "Bella" jusque dans la cuisine pour enfin prendre place en face d'elle à la table. Encore une fois, pendant quelques minutes personne ne parla, seuls les regards jouaient. Je la fixai, cherchant à trouver le moindre indice qui me montrerait que Tanya était là. Et je le trouvai. La fine couche d'eye-liner me montra que ce n'était pas moi et que l'hypothèse qui disait que mon esprit avait été divisé en deux était réfutable. Je me connaissais suffisamment pour savoir que ce genre de produit de rentrerait jamais en contact avec ma peau et encore moins tracé aussi parfaitement que cela.

« Bon, maintenant que le contact visuel c'est proprement fait, je pense qu'il serai judicieux de parler de cette histoire de corps, Bella ? » Me demanda Jacob en me priant de prendre la parole.

« Attends voir tu viens de l'appeler Bella ? » Questionna la brune assise en face de moi.

Mon meilleur ami soupira un bon coup.

« J'imagine que tu te doutes de la situation…Tanya ? »

« De la situation ? Jacob, je ne comprends plus rien. Tu…tu es Tanya Cullen, n'est ce pas ? » Me demanda-t-elle d'une voix affolée.

« Non, je suis Bella Swan et j'imagine que tu es la vraie Tanya. »

Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais s'en abstint très vite. Elle se prit le visage dans les mains et un gémissement sortit de sa gorge. J'avais comme l'impression qu'elle n'en pouvait déjà plus de notre rencontre, alors que le plus important était encore à venir.

« Hum…Écoute, je sais que tout cela paraît étrange, mais j'ai besoin de savoir : es-tu réellement Tanya Cullen ? »

Elle se lâcha le visage et après avoir observé Jake un bon moment, semblant lui demander une certaine aide, elle soupira en acquiesçant enfin.

Je relâchai ma respiration, remarquant que je la tenais depuis un bon moment déjà, de peur d'avoir une réponse qui me compliquerait la vie plus qu'elle ne l'était déjà.

« Pourquoi ? Pourquoi es-tu là ? » Me demanda-t-elle alors.

« Parce que j'ai besoin de réponse et j'ai surtout besoin d'aide, » avouais-je. « J'ai une belle-famille qui me déteste comme personne, j'ai un psychopathe sur les pieds qui a le pouvoir de tuer des gens simplement par envie et j'ai l'impression de découvrir tous les jours des nouveautés plus monstrueuses que les précédentes »

« Je suis désolée, » s'excusa-t-elle en baissant les yeux.

J'avais eu des échos ou plutôt des comportements de la part des Cullen ou des employés de la maison, qui m'avaient tous montré à quel point Tanya était horrible et sans cœur, mais je ne m'attendais vraiment pas à voir une personne semblant aussi fragile et aussi faible devant moi.

« Tout ce que tu vis est de ma faute. J'ai souhaité ne plus vivre cette vie et tu en as hérité, je suis vraiment désolée. »

« Attends un peu…j'ai aussi souhaité vouloir vivre ta vie, je ne savais pas que tout se passait si mal chez toi, ça n'est vraiment pas de ta faute et crois-moi tout ça n'est que pure coïncidence. »

« J'ai cru que je rêvais, qu'on m'avait enfin écoutée et qu'on m'avait accordé une seconde chance, loin de tout ce que j'ai vécu. Mais je n'ai jamais souhaité qu'une autre personne vive mon enfer. »

« Je te crois, et tout n'est pas qu'enfer dans ta vie. Alice commence à m'apprécier et je suis prête à jurer qu'Edward aussi, » dis-je en tentant de la calmer.

« Tu dois être drôlement forte pour les faire changer d'avis après ce que je leur ai fait, » me dit-elle d'un sourire qui n'atteignait pas ses yeux.

« Wow, wow, wow, un instant les filles, » nous coupa Jake en levant les mains d'un geste affolé. « Vous voulez dire que vous vous croyez, que tout ça c'est vrai ? »

« Jake ! Je pensais que tu me croyais ! » M'exclamai-je.

« À moitié ! » Me répondit-il d'une voix rauque. « Bordel, j'y crois pas, on est où là ? Dans Harry Potter ? J'attendais seulement que toi Bella me dises que cette fille ment et que tu es vraiment Bella ! » Continua-t-il en s'adressant à Tanya. « Et c'est là que je vois que toi-même tu rentres dans son délire ? »

« Jake, arrête un peu de faire l'idiot, je t'ai bien prouvé que j'étais Bella ! Et nous ne sommes pas ici pour te convaincre toi de nous croire ok ? »

« Quoi ? Maintenant que tu sais que tu n'es plus seule dans ton délire de malade mentale, tu me jettes c'est ça ? » S'exclama-t-il en fronçant les sourcils.

« Je ne te jettes pas. Et d'ailleurs si tu ne me crois pas, pourquoi t'adresses-tu à moi, hein ? »

Il se tut en me regardant, puis se leva d'un coup de sa chaise.

« Bien, je vois que ma présence est inutile parmi vous… »

« Jake, tu vas arrêter, qu'est ce qui te prend bon sang ? »

« Il me prend que ma meilleure amie a réellement choisi une autre vie plutôt que de rester à mes côtés, voilà ce qui me prend ! »

« Tu vois que tu me crois, » tentais-je de plaisanter.

Il me lança un regard noir et croisa les bras sur son imposante musculature.

« Jake, s'il te plaît, j'ai pas vraiment besoin que mon meilleur ami se mette contre moi et surtout pas en ce moment, » dis-je d'une voix suppliante

Il continua de me regarder un instant puis décida de reprendre sa place aux côtés de Tanya. Il m'en voulait et je pouvais le comprendre, j'aurai agi de la même façon si j'avais su qu'il m'avait laissé tomber pour vivre une autre vie.

« C'est quoi ton foutu problème, Bella ? Pourquoi t'es revenue exactement? » Me demanda-t-il d'un ton sec.

« Tanya doit forcément le savoir, » dis-je en ignorant le ton de sa voix.

Nous nous tournâmes tous les deux vers Tanya, et à la pâleur de son visage il était évident qu'elle savait de quoi je parlais.

« Aro…, » murmura-t-elle en regardant un point invisible sur la table.

«Oui Aro, » confirmai-je. « Alice a été blessée parce que j'ai refusé de rester dans son manoir. »

« Oh mon Dieu ! Et comment va-t-elle ? » S'inquiéta-t-elle.

Non, elle n'était définitivement pas la Tanya décrite par son entourage.

« Bien, il y a eu plus de peur que de mal. Mais, je veux comprendre Tanya, que se passe-t-il avec ce Volturi ? »

« Je lui dois en quelque sorte ce que je suis devenue. »

« Une femme horrible ? »

Elle se mit à sourire et se mordit la lèvre en tournant la tête de droite à gauche.

« Entre autre, » répondit-elle. « Je ne suis pas née ici. J'ai grandit en Ukraine avec ma famille. Nous ne roulions pas sur l'or, nous essayions de vivre, ou plutôt de survivre grâce au salaire d'ouvrier de mon père. Lorsque j'ai eu 22 ans, j'ai cru que la chance me souriait en rencontrant Aro Volturi. Je sortais de chez moi et il est venu me proposer quelque chose d'irréel. Une nouvelle vie. Il m'a demandé de lui présenter ma famille et très vite le courant est passé entre lui et mes parents. Alors il nous a proposé de le suivre ici, à Seattle. Il nous a obtenu des visas, a payé les frais de scolarité pour mes sœurs et moi-même, et nous avons donc eu la chance de suivre des cours à l'université. Il était pour nous l'ange que nous attendions tous. Puis mon père est tombé gravement malade. Une maladie incurable disait-on. Mais Aro a remué ciel et terre pour pouvoir le sauver et il a réussi, » dit-elle en souriant dans le vide.

Elle me dressait le portrait d'un homme qui était tout sauf le Aro que j'avais cru connaître.

« Puis vint le jour où il m'a présenté Edward, » continua-t-elle pendant que son regard s'illuminait d'une lueur que je ne lui connaissais pas. « Je n'avais jamais vu d'homme aussi fantastique et aussi humble. Nous avons commencé à nous voir, très souvent. Jusqu'au jour où je suis tombée amoureuse de lui, ou peut-être était-ce le premier jour que j'ai croisé son regard. Aujourd'hui je n'en suis plus très sûre. Très vite, je me suis rendue compte que les sentiments d'Edward étaient identiques aux miens et à partir de ce moment là, j'ai commencé à vivre et à respirer. C'était comme si je l'avais toujours attendu et il est arrivé…grâce à Aro. Je n'ai jamais aimé un homme comme j'ai aimé Edward. Je vivais la vie parfaite, Edward, Rose, Carlisle… j'étais acceptée de tous malgré mes origines. Puis je l'ai épousé après seulement deux mois de fréquentations. C'était pour moi une certitude, je me devais d'être avec lui. Il me complétait et je le complétais… »

Tout comme Jacob, j'étais suspendue aux lèvres de Tanya. L'histoire paraissait tellement parfaite et joyeuse, mais j'attendais toujours la chute avec appréhension. Je voyais l'amour qu'elle éprouvait pour son époux, mais je ne voyais pas à quel moment tout cela avait changé.

« Pendant près d'un an, j'ai vécu un rêve éveillé avec Edward. Pas un jour où nous avons été en discordance. Il était génial, parfait, il était tout pour moi. Puis Aro m'a demandée. Il voulait que je travaille avec lui, que je sois une sorte d'associée dans les actions qu'il entreprenait avec diverses sociétés Ukrainiennes. Je n'ai pas pu refuser. D'ailleurs je n'aurais jamais pu refuser quoi que ce soit à Aro. Il était un proche des Cullen, le meilleur ami de Carlisle et m'avait permis de vivre mon rêve, » expliqua-t-elle en fronçant les sourcils.

« Puis Aro a commencé à me donner des missions qui m'envoyaient en Ukraine pendant plus d'un mois, me forçant à me séparer d'Edward. Au début je n'ai rien dit, j'acceptais de me faire marcher sur les pieds jusqu'à ce qu'Edward décide lui-même de parler à Aro pour lui demander de ne plus m'envoyer aussi loin. Aro a mal pris la demande de mon mari, mais il n'a rien laissé voir, du moins au début. À partir de là j'ai commencé à avoir de plus en plus de missions et j'ai été forcée de dire à Edward que je voulais réellement les faire, qu'Aro ne m'obligeait à rien…alors que c'était faux. Je commençais à recevoir menaces sur menaces. La première : virer ma sœur de l'université parce que je n'avais pas accepté d'accompagner Aro en Afrique du Sud le jour de Noël. J'ai dû me rattraper pour qu'elle puisse réintégrer son école. Au fil des semaines, je ne rentrais plus que rarement chez moi et c'est devenu insupportable pour Edward qui a voulu que je démissionne. J'ai dit non, de peur qu'Aro face quelque chose de pire. Alors j'ai mis mon couple en danger et j'ai suivi Aro, quoi qu'il fasse, pendant plus de six mois. Bien sûr devant les Cullen Aro disait qu'il n'était en rien responsable de mon comportement et il disait même qu'il me suppliait d'arrêter de travailler. J'ai donc commencé à m'éloigner des Cullen, sans même le vouloir. Puis un jour, Aro m'a demandé de faire la chose que je n'aurais jamais voulu faire, coucher avec un homme pour gagner un contrat. J'ai été catégorique : j'ai dit non et j'ai démissionné. Je n'en avais rien à faire des conséquences. Tout ça allait trop loin. Je suis donc revenue auprès d'Edward et des Cullen. Il n'a jamais été aussi heureux de me voir démissionner, et il m'a alors proposé de travailler avec lui. Et nous sommes devenus le couple Cullen. Nous étions parfaits invincibles. Aro n'avait rien pu faire, mais il a continué à côtoyer mes parents et les Cullen. Le conte de fée avait repris entre Edward et moi, et je pensais réellement qu'Aro ne tenterait plus rien. Puis je suis tombée enceinte ; c'était le plus beau jour de ma vie et en voyant le regard d'Edward lorsque je lui ai annoncé la nouvelle, j'ai su que plus rien de néfaste ne m'arriverait. Je l'aimais à en mourir. »

«Tu…tu étais enceinte ? Et que s'est-il passé ensuite ? » Demandais-je d'une petite voix.

Très vite, son visage se tordit de douleur. Une larme s'échappa du coin de son œil et elle inspira un bon coup avant de reprendre.

« Il m'a fait perdre le bébé… J'ai été empoisonnée par Aro un soir où il avait organisé une réception en notre honneur à Edward et moi. J'ai compris à ce moment là que rien n'était terminé. Ma vie est redevenue cauchemardesque et j'ai réussi à rendre celle de mon époux aussi affreuse que la mienne. J'ai été forcée de reprendre mes fonctions auprès des Volturi, sous peine de subir quelque chose d'encore plus terrible que la perte d'un bébé. Un an plus tard, je n'étais plus la même femme. J'étais devenue une menteuse, une vraie menteuse pour pouvoir sauver les Cullen. Parce qu'il était question de menaces envers ma famille si je ne me pliais pas aux exigences d'Aro. J'ai été contrainte à détester Edward. Et j'ai commis l'irréparable. J'ai couché avec un autre. J'ai couché avec un autre parce qu'Aro a commencé à s'en prendre à ma meilleure amie. Il avait réussi à la virer de son boulot, et soudainement elle s'est mise à être victime d'une multitude d'accidents. Ça devait cesser. Alors j'ai accepté de coucher avec cet homme, pour prouver à Aro que j'étais à lui et qu'il n'avait pas à faire souffrir les autres pour m'avoir. Tout ce qu'il faisait était pour me détruire. Il avait une dent contre moi mais je n'ai jamais su pourquoi. Puis Edward a appris que je l'avais trompé, les Cullen aussi et j'ai tout perdu : l'amour de mon époux et le respect que sa famille avait pour moi. Je n'avais plus Edward donc aussi bien dire que je n'avais plus de vie. Mais pour le protéger, je n'ai pas accepté de divorcer. Je l'ai menacé de lui enlever tout ce qu'il avait s'il divorçait, le mettant sur la paille lui ainsi que sa famille. J'aurais pu le faire, grâce aux avocats qu'Aro m'aurait trouvés. Et il le savait. Alors il est resté avec moi, sans me parler, m'ignorant, tout comme je le faisais. Je voulais qu'il me déteste. Je préfère le voir me haïr, plutôt que souffrir »

« Mais il a souffert malgré tout, et il souffre toujours, » la coupai-je.

« Je sais, Edward est trop bon pour détester quelqu'un. »

Bien sûr qu'Edward était bon, il était même plus que bon. Et voir à quel point Tanya avait pu le faire souffrir me montra une chose : aussi bon fût-il, il était aussi très courageux de rester avec elle pour maintenir une relation aussi fausse que possible pour pouvoir ainsi protéger sa famille, contre son épouse et ses menaces.

Un silence s'installa alors, nous laissant le temps de digérer toutes ces horribles confidences. Je me plaignais d'avoir une vie inconfortable, mais il y avait pire. Aro Volturi me faisait vomir. Il avait réussi à détruire deux familles entières sans le moindre scrupule. Tout cela pour avoir le contrôle et avoir Tanya.

Une chose dans son histoire m'interpella alors.

« Heu…et que s'est-il passé avec Carlisle ? » Demandai-je.

À ma question, elle fut prise de tremblements et éclata en sanglots.

« Je ne voulais pas…je ne voulais pas que tout cela se passe ainsi, » pleura-t-elle. « Je ne pouvais pas faire ça à Emmett… »

« Je ne comprend pas…, » dis-je en fronçant les sourcils.

« Emmett est venu me voir, il voulait comprendre ce qu'il m'arrivait. Il savait qu'au fond ce n'était pas moi et refusait de me croire aussi horrible. Alors il m'a priée de démissionner et de revenir, il avait encore l'espoir que moi-même j'avais rejeté lorsque Aro m'avait reprise sous son contrôle. Aro l'a su, et je ne sais pas…par peur que je parte ou seulement par colère, il m'a demandé de porter plainte contre lui pour agression. »

« Quoi ? »

« Les avocats d'Aro peuvent gagner n'importe quel procès. J'ai donc refusé et j'ai tenté de m'enfuir. Alors il a fait cette chose. Il…il a tué mon beau-père. Il savait que Carlisle était le seul des Cullen à toujours m'apprécier, malgré le fait que je sois devenue cette pourriture. Et il l'a fait, Carlisle est mort chez Aro. Une crise cardiaque. Du moins sur les papiers. Quand j'ai su ce qui s'était réellement passé de la bouche perfide d'Aro, ça m'a brisée, complètement, et je le suis toujours d'ailleurs. J'ai été forcée d'aller faire la fête avec mes sœurs le jour de l'enterrement et de rire au nez d'Esmée lorsqu'elle est venue en pleurs chez nous. Tout ça pour les protéger de la colère d'Aro. Il a fait de moi un monstre malgré moi. »

« Non, tu es tout sauf un monstre. Un monstre se serait enfui et aurait laissé les Cullen mourir un par un, » rectifia Jacob en lui prenant la main.

« J'ai tout foiré Jacob. J'aurais pu lui éviter ça, j'aurais pu refuser de rencontrer Edward…, » sanglota-t-elle.

« Chht…tu n'y es pour rien. Bella, dis-lui, toi, qu'elle n'y est pour rien, » me dicta Jake en ouvrant de grands yeux.

« Pourquoi tu n'es pas allée voir la police ? » Questionnai-je à la place.

Les Cullen avaient vraiment souffert et il y aurait forcément eu un moyen d'éviter tout cela.

« J'étais trop lâche, trop idiote. Et quand je l'ai fait c'était trop tard. J'ai fini par apprendre qu'Aro n'était pas vraiment clean dans ses affaires et que le FBI le suivait depuis bien longtemps. Mais je l'ai su trop tard. »

« Et que fait le FBI s'il sait qu'Aro n'est pas clean comme tu dis ? »

« Ils n'ont aucune preuve, alors ils ont infiltré quelqu'un qui suit Aro tous les jours. »

« Et il y a des résultats ? »

« Pour l'instant rien, » marmonna-t-elle.

« Bien sûr, Aro est trop fort pour se faire coincer. Il faut que tu viennes avec moi Tanya. À nous deux nous trouverons bien un moyen de le détruire ! »

« À nous trois, » me corrigea Jacob.

Je lui souris avec reconnaissance.

« Je te l'ai dit, Edward commence à m'apprécier, Alice et Esmée aussi… »

« Il n'y a pas de quoi en être fière…Si Aro l'apprenait… »

« Je sais, c'est pour ça que tu dois venir, je ne peux plus rester seule, ok ? Et si tu aimes encore Edward, tu dois m'aider. »

« Je ne cesserai jamais de l'aimer, » me dit-elle.

Bizarrement, j'aurais aimé qu'elle dise le contraire. J'avais commencé à me rapprocher d'Edward, et savoir que Tanya l'aimait toujours me fit quelque chose. Quoi ? Je ne saurais dire précisément. Mais j'avais la certitude que je ne pourrais jamais rivaliser avec elle. Je ne pouvais pas rivaliser contre son amour de toujours.

J'avais fait le vœu d'être avec Edward, mais au final ce vœu était pour sauver Edward et sa femme. Comment ? Je n'en avais aucune idée.

« Tu dis qu'il y a un infiltré chez les Volturi ? »

« Oui. James, » affirma-t-elle.

« James ? Oh non ! » M'exclamai-je en portant ma main à ma bouche.

Il était de notre côté. Il n'avait jamais été la pourriture que je croyais qu'il était.

« Il y a un problème ? » Demanda Tanya en haussant un sourcil.

« J'ai en quelque sorte rejeté James. Je pensais qu'il travaillait pour Aro et que c'était un de tes amants ! » Expliquai-je.

« Ne t'en fais pas, je connais James et il ne dira rien lorsque je lui expliquerai tout ce qui se passe. »

« Tu…tu comptes lui dire ? » Demandai-je en écarquillant les yeux.

« J'ai confiance en lui, il m'a permis d'avoir un semblant de vie, » dit-elle en souriant, ses yeux s'illuminant de la même manière que lorsqu'elle parlait de son époux auparavant.

« Euh…je pensais que tu aimais encore Edward ? » Lui rappelai-je en la voyant sourire comme une écervelée au nom de James.

« Je ne pourrai jamais oublier Edward. Mais au fil des années, nous nous sommes éloignés et j'ai rencontré James, je ne pouvais pas faire autrement. »

« Et si on arrive à mettre de l'ordre dans tout ce foutoir ? »

« Et bien je lui rendrai sa liberté » consentit-elle finalement.

Au final, Edward sera le grand perdant dans cette histoire ; il aura perdu son père, et sa femme. Deux personnes qu'il aimait de tout son coeur.

« On décide quoi alors ? » S'enquit Jake en me regardant.

« Je vous invite chez moi à Seattle ! » Proposai-je en me levant.

Jake bondit sur sa chaise à son tour et frappa dans ses mains.

« Enfin de l'action dans ma vie ! »

Il n'y avait que lui pour se réjouir de la sorte, mais son bonheur me fit plaisir. Au moins il ne m'en voulait pas trop de l'avoir laissé tomber.

[…]

« Ce trésor m'a manqué, » commentai-je en caressant le volant de ma vielle Chevrolet.

« Moi elle me fait plus peur qu'autre chose, » répliqua Tanya en grimaçant.

« Tut, tut, tut, attention à tes mots. Quelle autre voiture digne de ce nom pourrait transporter trois personnes sans souffrir ? »

« Elle souffre peut-être pas, mais nous si ! » Gémit Jake qui était compressé entre Tanya et moi-même.

Je me mis à rire et appuyai sur l'accélérateur. Je n'aurais jamais imaginé qu'un jour je reconduirais cette créature qui avait l'habitude d'avoir son propre chauffeur.

« J'ai une question qui me trotte depuis tout à l'heure, » nous dit Jake. « On a parlé de nous venger de ce Volturi, mais est-ce que vous avez réfléchi à un moyen pour retrouver chacune votre corps respectif ? »

« Euh… pas vraiment, » répondis-je en fronçant les sourcils.

Lorsque tout cela serait terminé, je retrouverais ma petite vie tranquille aux côtés de mon Jacob et Edward m'oublierait, faisant comme si je n'avais jamais existé à ses yeux. Il allait cependant rencontrer très vite le substitut de ma personne, qui s'avérait être son épouse, mais il aurait au moins le visage d'une Bella Swan dans son esprit. J'appréhendais vraiment la rencontre, mais tout se passerait bien avec Jake à mes côtés. Il allait m'aider à affronter la situation d'une manière dont je n'avais pas pu le faire lorsque j'étais toute seule avec les Cullen.

Lorsque nous arrivâmes enfin à Seattle, la nuit était tombée et la maison était éclairée. Il était près de vingt-trois heures et Edward devait sans doute être rentré depuis bien longtemps.

Tanya prit un certain temps avant de descendre de la voiture. Elle murmura des mots incohérents, priant sans doute pour ne pas s'affaler, et d'un pas indécis arriva aux côtés de Jake qui la soutint en lui prenant le bras.

Je frappai plusieurs fois à la porte, m'attendant à ce que Garrett vienne m'ouvrir, mais à mon plus grand étonnement c'est Edward qui se trouva en face de nous une fois la porte ouverte.

Il nous regarda à tour de rôle, et s'attarda un moment sur Tanya, avant de me regarder.

« Bonsoir, euh…J'aimerais te présenter des amis. Jacob Black et Isabella Swan, » lui dis-je en montrant mes compagnons de la main. « Je vous présente Edward, mon époux. »

Un silence pesant s'installa encore une fois, seuls les battements rapides de mon cœur faisant office de son, jusqu'à ce que Jake ne prenne la parole.

« Je suis content de te connaître, » dit-il en tendant une main.

Edward l'accepta et la lui serra amicalement.

« De même…Euh…Je vous laisse entrer, » bafouilla-t-il en reculant pour nous céder le passage.

Je me dépêchai d'enlever mon manteau et mes chaussures pour me mettre confortable et priai mes amis de me suivre dans le séjour. Tanya connaissait évidement la maison, mais jouait le jeu, de peur de brusquer Edward.

On prit place sur le grand canapé. Edward s'arrêta au pas de la porte et croisa les bras, attendant sans doute que je fasse quelque chose.

« J'ai proposé à mes amis de passer quelques temps ici, si cela ne te dérange pas… »

« Pas le moins du monde, je vais demander à Garrett de leur préparer la chambre d'amis, » dit-il en souriant poliment avant de tourner les talons.

Je restai seule avec Jake et Tanya qui semblait tendue comme un fil. Elle n'avait pas ouvert la bouche depuis qu'elle avait mis les pieds dans la maison.

« Tu peux lui parler tu sais, votre jeu du "je t'ignore-moi aussi" est révolu à présent, » fis-je remarquer en souriant.

« Je sais, » soupira-t-elle. « C'est juste que… toute cette situation me fait peur. S'il arrive quoi que ce soit à cette famille, je ne pourrai pas me relever… »

« Tout se passera bien, » la rassurai-je en posant une main sur la sienne.

Au contact de sa peau, je ressentis un choc presque électrisant, m'obligeant à retirer aussitôt ma main. Le millième de seconde où je l'avais touchée eut pour effet de toucher tout mon être. La sensation ressentie à Forks fut dès lors multipliée par mille et je commençai à éprouver ce même sentiment que lorsque j'étais devenue Tanya. Cette impression de légèreté ainsi que l'oubli du présent… C'était fascinant… En seulement un bref touché.

« Tu as senti ça ? » Me demanda Tanya en regardant sa main.

Elle aussi l'avait ressenti, c'était certain.

« Tu crois que… »

« J'en sais rien du tout… »

D'un commun accord, sa main se leva pour se rapprocher de la mienne et refaire l'expérience, mais la voix d'Edward nous empêcha de poursuivre notre geste.

« Hum…votre chambre est prête, j'ai demandé à mettre un sac de couchage au cas où Jacob et toi n'êtes pas…enfin… » Il se gratta les cheveux en signe d'hésitation.

« C'est parfait, merci…Edward, » répondit Tanya en s'éloignant de moi.

Il lui sourit.

« Bien, alors je vous souhaite une bonne nuit. Garrett va vous montrer votre chambre, » conclut-il.

Il me fit un dernier regard et tourna les talons pour monter à l'étage. Garrett arriva directement après et pria nos invités de le suivre à l'étage. Je suivis leur pas et me rendis compte qu'ils allaient s'installer dans la chambre que Tanya avait préparée pour elle, autrement dit, celle dans laquelle Edward avait pour habitude de passer la nuit.

« Bonne nuit Bella, » me dit Tanya en souriant.

« Toi aussi. »

Jacob s'approcha de moi, et sans que je puisse me contrôler, je me jetai dans ses bras.

« Je suis tellement désolée Jake, tu me manques. »

« Tu me manques aussi Bells, mais tout redeviendra normal, je te le promets, » murmura-t-il au creux de mon oreille.

Il m'embrassa le sommet du crâne et s'enferma avec Tanya dans la chambre "d'amis". J'aurais donné n'importe quoi pour ne pas passer la nuit seule et être aux côtés de mon ami.

D'un pas lourd, j'ouvris la porte de ma chambre et je stoppai en voyant Edward en plein milieu de la pièce, torse nu, sa chemise dans la main.

J'avais rarement l'occasion de le voir ainsi et à chaque fois que cela m'arrivait, le rouge me montait aux joues et les battements de mon cœur faisaient le marathon de New York.

« Euh…désolée, je te laisse t'habiller, » lui dis-je en détournant le regard, de peur de fondre ou de me jeter sur lui.

« Tanya ? »

En entendant mon prénom, je m'arrêtai, la main sur la poignée de porte et me retournai tout doucement.

« Reste, » souffla-t-il en me regardant droit dans les yeux. « Toutes les pièces sont prises et si ça ne te dérange pas…euh…tu…je passerai la nuit ici…avec toi »

Explosion. Ma poitrine explosa dans tout mon corps à l'entente de la phrase que j'avais toujours rêvée d'entendre. Un sourire apparut automatiquement sur mon visage et je me tournai complètement vers lui pour lui faire face.

« Bien, » fut tout ce que je trouvai à répondre.

Puis une chose frappa mon regard. Sous ses pectoraux, sa peau laissait voir une longue et fine cicatrice.

« Oh mon Dieu ! » M'exclamai-je en marchant vers lui, « Qu'est ce qu'il t'est arrivé ? »

Il baissa les yeux sur son torse et vit de quoi je parlais.

« Tu ne t'en souviens pas ? » Questionna-t-il avec un sourire dans la voix.

Je n'avais toujours pas osé lever les yeux pour croiser son regard, et je continuais d'observer cette ancienne blessure qui bizarrement n'enlevait rien à la perfection de son torse si magnifiquement sculpté.

Je fis un signe négatif de la tête et me mordis la lèvre.

« Nous avions escaladé la barrière du zoo pour que tu puisses voir les tigres de Tasmanie le soir du nouvel an. Je m'en suis sorti avec cette cicatrice et toi avec la plus grande frayeur de ta vie, » souffla-t-il.

J'osai enfin croiser son regard et quand je vis son sourire en coin et son visage si proche du mien, je ne pus que déglutir bruyamment et tenter d'apaiser les battements de mon coeur.

« Ça a dû te faire mal, » murmurai-je en observant son sourire.

« Pas vraiment. »

Son souffle chaud me caressa délicatement le visage et je fermai les yeux pour ne pas perdre le contrôle.

« Ça n'était rien par rapport à ce que j'ai pu ressentir l'année suivante, » continua-t-il.

Je me mordis la lèvre et baissai encore une fois les yeux vers sa cicatrice pour ne pas voir son regard. Je savais à présent ce qu'il avait pu vivre, et je n'avais pas le courage de voir une certaine souffrance sur son visage d'ange.

« Je suis désolée, » dis-je en levant la main vers son torse.

L'envie de le toucher se fit plus grande et de mon index, je traçai une ligne sur sa cicatrice voulant par la même occasion effacer toute sa douleur. Je le sentis tressaillir au contact de mon doigt, mon touché lui étant sans doute encore difficile à supporter alors je me retirai, mais avant que je n'esquive le moindre mouvement, sa main m'en empêcha en prenant la mienne et en la posant sur son torse, à l'endroit où son cœur battait la chamade.

Je levai les yeux pour croiser son regard, et derechef je me perdis dans la douceur de ses prunelles vertes. Edward Cullen avait fait un énorme pas ce soir là, un pas qui allait changer ma façon de voir, de faire et de poursuivre ma vie. J'étais tombée amoureuse du personnage que je voyais dans les magazines ou à la télé. Mais ce soir là, j'étais encore plus amoureuse de la personne qui était devant moi et qui faisait un effort monstre pour laisser une seconde chance à sa femme.

Edward Cullen était définitivement mieux que toute personne que j'avais rencontrée dans cette invraisemblable aventure.

« Tanya…, » murmura-t-il.

Mais ce n'était pas de moi dont il était amoureux, ce n'était pas à moi que la chance revenait, c'était à son épouse. Ça allait certainement me briser le jour où je retrouverais mon corps, parce que ce soir là, j'avais la certitude que la réponse à mes problèmes se trouvait sous le même toit que moi et que d'ici peu de jours je redeviendrais Bella à part entière. Une Bella qui serait amoureuse d'un homme qui en aime une autre, un homme qui a toujours mérité d'être aimé et de retrouver sa vie d'antan.

« Qui est Bella ? » L'entendis-je me demander.

C'est moi, répondis-je pour moi-même avec une pointe de regret.

Sooo, tell me if you loved it!

Une Bella qui commence à éprouver des sentiments pour un Edward qui veut peut être essayer de reconstruire quelque chose avec sa femme qui n'est d'autre que la pauvre Tanya. Et oui, Tanya n'est pas aussi affreuse que ce qu'elle paraissait être. J'espere que son loooong monologue ne vous pas déçu.

Je veux vos impressions, bonnes ou mauvaises^^

Bisous

Lina