Alors par où commencer? Peut être par des excuses? Je suis sincèrement désolée pour ce petit (long?) retard, ça ne se reproduira plus, enfin je l'éspère. J'ai voulu avoir la correction avant et c'est un peu pour ça que je ne poste que maintenant, pour ça et aussi parce que je n'étais pas en France. Mais maintenant que je suis enfin revenue en, je vais faire mon possible pour poster plus souvent.
J'espèreque vous allez toutes bien, que vos vacances se sont bien passées et que votre rentrée à bien commencer, pour ma part ça va lol. Je suis encore un peu en vacances et je vais en profiter pour m'avancer dans mes autres écrits.
Je n'ai pas eu le temps de répondre à vos commentaires, encore une fois désolée. Mais sachez que je n'ai jamais eu autant de reviews depuis le début de cette fiction et je ne saurai comment toutes vous remercier. Merci et mille mercis!
Je tenais toutefois à réagir face à une review. Certains lecteurs se demandent si cette fiction est une traduction. Et bien la réponse est non, ce n'est en aucun cas une traduction. Tout a été inventé par moi et seulement par moi, Lina ^^.
Voilà, merci aussi à la formidable Milk40, n'oubliez pas d'aller faire un tour sur son profil, elle nous offre de splendides et parfaites fictions!
Je vous laisse maintenant lire la suite de ce chapitre, la suite du baiser tant attendu...
On se retrouve en bas!
Un pas, un second, et me voici soudainement retournée avec force, et avant que je ne puisse esquisser le moindre mouvement, ses lèvres s'écrasèrent violemment sur les miennes. Une puissante sensation ensevelit tout mon être. Cette sensation que j'attendais depuis plus d'un mois était présente…
En la voyant s'en aller, je commençai à paniquer. Je ne savais pas pourquoi mais je ne voulais pas qu'elle s'en aille ainsi. J'avais l'impression que j'allais commettre la plus grosse erreur de ma vie, mais j'avais aussi l'impression que j'allais regretter mon attitude pour le restant de mes jours… Deux choses commençaient à se livrer bataille en moi : mon cœur et mon esprit. L'un la réclamait elle, l'autre me rappelait qui elle était. Et la bataille fut finalement remportée par mon organe vital ; l'envie de la sentir près de moi l'emporta sur tout le reste. Mon esprit était ailleurs, mon corps ici et mes lèvres sur les siennes.
Elle se laissa faire à mon plus grand étonnement et ça, je devais me l'avouer, me fit bizarrement du bien. Je ne sais pas ce qu'il se serait passé si elle m'avait repoussé. Je me serais sans doute rendu compte qu'elle était bel et bien la Tanya que je connaissais, perfide et égocentrique.
Parce qu'aujourd'hui, j'étais sûr et même certain que mon épouse avait changé. Accepter de divorcer était la preuve la plus concrète, et plus encore, accepter de ne pas mentir aux journalistes était ce qui m'avait le plus surpris. Jamais je n'aurais cru qu'un jour tout redeviendrait normal, que j'allais enfin sortir de cet enfer, qu'elle allait pouvoir enfin me laisser vivre. Mais en seulement deux mois, elle avait réussi à me faire douter d'une chose. Une chose qui depuis un an hantait mon esprit. La quitter, m'enfuir, si elle ne voulait vraiment pas me laisser m'en aller, moi ou ma famille. Aujourd'hui, elle acceptait le divorce…aujourd'hui, le doute était encore plus grand…
Je sentis ses mains s'enrouler autour de mon cou, approfondissant le baiser. Un baiser que je n'arrivais pas à stopper de peur de la voir partir, mais aussi parce que je l'appréciais. J'appréciais cette sensation…ses lèvres se mouvant délicatement sur les miennes, sa langue qui avait quémandé l'accès à ma bouche, chose que je n'avais pas pu lui refuser. Un baiser que je n'avais jamais pu ressentir auparavant, ou l'avais-je tout simplement oublié. Dans tout les cas, j'aimais ça et j'étais heureux de ne pas l'avoir vue s'en aller.
Cependant, au bout d'un instant, elle se détacha de moi d'un coup sec, comme si un électrochoc venait de la frapper, comme si elle revenait tout simplement sur terre. Elle s'éloigna d'un bon mètre et me regarda avec une drôle d'expression. Stupeur ? Surprise ? Peur ? Choque ?
Le regret refit surface et j'eus l'impression que j'avais fait la plus grosse erreur de ma vie en cet instant…croire en nous une nouvelle fois.
Elle porta une main à sa bouche, et après m'avoir analysé une bonne minute, elle écarquilla les yeux et recula encore d'un pas, trébuchant par la même occasion.
Ok, là c'était bizarre. Ce n'était qu'un baiser après tout. Elle agissait comme si la lune venait de lui tomber dessus.
« Oh mon Dieu…Edward ? » S'exclama-t-elle en baissant la main qui tenait sa bouche contre son cœur.
Une putain d'erreur ce baiser…
Ses lèvres bougèrent avec acharnement sur les miennes avant de reprendre un rythme plus léger, plus doux, plus délicat. Jamais je n'avais ressenti pareille chose, jamais je n'aurais cru qu'un simple baiser allait me rendre encore plus folle de lui. Il m'embrassait et me montrait enfin une chose : il tenait à moi. Il m'avait demandé de divorcer et m'embrassait ensuite, paradoxal je vous l'accorde, mais tellement lui aussi. Tellement Edward Cullen.
Je voulais le sentir davantage, lui faire comprendre que j'étais sienne, que je l'aimais, que plus jamais il ne souffrirait s'il accordait à ce corps la dernière chance que je voulais avoir. Alors je me rapprochai de lui et, me mettant sur la pointe des pieds, j'entrecroisai mes mains autour de son cou et approfondis le baiser. À ma plus grande joie il se laissa faire et accepta de me laisser goûter à sa langue. À ce moment précis c'était comme si le monde n'existait plus, qu'il n'y avait plus que lui et moi. Notre récente dispute n'avait plus d'importance, le divorce n'avait plus d'importance, tout ce qui comptait c'était l'instant présent, ses lèvres sur les miennes. Le froid du jardin se transforma en quelque chose de bon, de confortable…
Mon cœur qui battait comme jamais ne pouvait que se réjouir de la situation ; mon ventre se tordait à chaque mouvement de sa langue contre la mienne, et soudain mon esprit se voila, mon cœur se contracta, la sensation de ses lèvres se dissipa petit à petit. Et j'essayai de m'accrocher de tout mon être à lui, à son cou, j'avais toujours la sensation de disparaître sous son baiser. Une sensation familière qui allait me réveiller d'un moment à l'autre.
Edward avait disparu, mon bonheur avec lui, se transformant en peur. La peur de voir le cadre spatiotemporel changer subitement, le jardin se métamorphosant en salon, le froid laissant place à cette étrange chaleur et surtout Edward qui avait été remplacé par mon meilleur ami.
C'était quoi ce bordel ? Soit Edward avait souhaité devenir Jake, soit mon cauchemar transformé depuis peu en rêve était fini.
« Ce type croit qu'en vivant ici il trouvera enfin un bon boulot…et est-ce qu'il a pensé à moi un instant ? À Bella ? Bon je te l'accorde Bella vit certainement des trucs bizarres ces temps ci et vit surtout ici mais… »
« Jake… » M'étranglai-je en me rendant compte que ma voix était revenue.
« Non, laisse-moi finir, je sais ce que tu vas dire…que je crève de jalousie parce qu'il a enfin trouvé quelqu'un qui soit dit en passant est beaucoup, mais beaucoup plus belle que lui. Mais sérieusement, Tanya, tu penses vraiment que quitter Forks pour vivre ici est une bonne idée ? Surtout que c'est de Jasper dont il est question… »
Je n'écoutais qu'à moitié les remontrances de mon meilleur ami. J'étais encore sous le choc de voir à quelle vitesse j'avais retrouvé mon corps et quitté Edward sans même dire Amen. J'étais enfin moi-même et bizarrement, moi qui avais souhaité le redevenir depuis que j'avais fait ce vœu, je voulais aujourd'hui rester Tanya, rester cette femme qui commençait à se faire aimer par son époux et avoir enfin la chance d'être avec lui tout simplement. Parce que je l'aimais et aussi parce qu'il méritait une vie où l'amour aurait sa place.
« Jake je… »
« Ok, ok, ok, il s'agit de Jasper et de moi ! Bon sang c'est mon meilleur pote ! Et il est hors de question de le voir s'en aller pour vivre une amourette avec une fille ! Bella est ici, Jasper aussi…et puis quoi encore ? Je devrais aussi emménager ici et laisser le garage à Paul ? » Me coupa-t-il en battant des mains comme une folle hystérique.
« Jake écoute-moi un instant, je… »
« Et puis lorsque Bella et toi allez retrouver vos corps respectifs, il va se passer quoi au juste ? »
« Justement nous… »
« Je retourne à Forks avec Bella et on le laisse ici ? Puis bien évidement il nous invitera à Noël chez les Cullen et on retrouvera Edward et tout le tralala pour continuer à mentir. Mais je le dis sans cesse ça, les mensonges ça craint ! T'imagines un instant s'il s'en va et que Bella reste seule avec moi ? Comment je vais faire pour m'occuper d'elle ? Et tout seul en plus ? »
Sa panique me fit lever les yeux au ciel et j'eus presque envie de le baffer pour l'empêcher de sortir une nouvelle idiotie.
« Tu sais que je suis pas l'ami parfait… »
« Si Jake tu es parfait ! Maintenant si tu veux bien… »
« …non tu dis ça pour me faire plaisir, je commence à te connaître, tu sais ? » Me coupa-t-il en souriant.
« Jaaaake ! » Gémis-je d'impatience.
Bon sang, allait-il s'arrêter de parler ?
« Quoi ? Non mais attends, sérieusement, si Jazz s'en va, chez qui Bella va rester si j'ai un rencart ou autre chose ? »
«Toute seule comme toujours ! Tu vas m'écouter merde ! » M'exclamai-je en élevant la voix pour le couper une bonne fois pour toute.
« Quoi ? »
« Tout est rentré dans l'ordre, » lui dis-je d'une traite sans me contrôler.
« Comment ça tout est rentré dans l'ordre ? Tu veux dire entre Jazz et moi ? »
« Non idiot ! C'est moi ! »
Il fronça les sourcils d'incompréhension et je soupirai d'exaspération.
Je lui pris le visage entre les mains et me rapprochai de lui.
« C'est Bella, Jake, » soufflai-je en essayant de cacher le regret que ma voix laissait transparaître.
Très vite son visage se détendit et il pencha la tête de côté comme pour mieux m'examiner. Au bout d'un certain moment, il écarquilla les yeux et ouvrit la bouche pour parler.
« Bordel Bella, c'est toi ? » S'exclama-t-il en posant ses mains sur les miennes.
J'acquiesçai sans la moindre trace de soulagement et il s'empara de mes mains pour les poser contre son torse.
« Tout est rentré dans l'ordre, » murmura-t-il en ancrant son regard dans le mien. « Mais…mais comment est-ce possible ? Je veux dire, tu étais là en Tanya et maintenant tu… » Il se tut un moment avant de plisser les yeux. Le Jacob suspicieux était de retour…
« Jake, je n'ai pas la force pour te prouver que c'est bel et bien moi cette fois-ci, alors s'il te plaît… »
« Comment avez-vous fait pour retrouver vos corps ? » Me coupa-t-il.
« Je…j'en ai pas la moindre idée. J'étais dans le jardin avec Edward, on s'embrassait et d'un coup j'ai… »
« Wow, wow, wow ! Attends une minute là ! Vous vous embrassiez ? » Questionna-t-il en me lâchant pour se lever et arpenter la pièce. « Embrasser avec les lèvres et tout le truc, genre comme embrasser un mec ? » Demanda-t-il sans s'arrêter de marcher énergiquement.
« C'est une longue histoire, Jake ! Crois-moi je suis aussi étonnée que toi de la façon dont les choses sont en train de tourner… »
« On parle de baiser là, Bella ! » S'écria-t-il en se retournant avec force vers moi. « Tu embrassais ce type ? »
« Oui ! Oui on s'embrassait ! Je peux savoir pourquoi tu en fais tout un plat ? » Tonnai-je en me levant à mon tour.
« Parce qu'on parle d'un type marié, Bella ! Un type qui doit certainement être avec une Tanya qui ne sait foutrement rien de ce qui se passe à présent, » lança-t-il en montrant la fenêtre de sa main.
« Je…je n'y avais pas pensé. Écoute, j'étais dans mon rôle, c'est venu d'un coup, il m'a embrassée parce qu'il pensait que j'étais Tanya. Maintenant le problème n'est plus chez moi, c'est à Tanya de le résoudre, c'est entre elle et Edward, ok ? »
Je tentai tant bien que mal de le calmer, sans même savoir d'où lui venait cet excès de colère. J'avais embrassé Edward, et alors ? De toute façon tout était clairement terminé. C'était comme si rien de tout cela n'avait existé. J'étais enfin Bella Swan et elle Tanya Cullen. C'était à elle de résoudre ses problèmes de couple, plus à moi.
Le raisonnement était bon, tout bon normalement. Mais j'avais toujours cette boule qui obstruait presque mon œsophage, cette douleur qui commençait à naître dans ma poitrine qui allait certainement imploser le jour où je devrais enfin l'oublier et passer à autre chose. Cette souffrance qui commençait ainsi à s'infiltrer dans tous les recoins de mon corps, causée par la perte d'un homme qui ne savait même pas qui j'étais réellement. Ce baiser que j'allais oublier pour pouvoir ensuite l'oublier, lui…
Instinctivement ma main se posa sur mes lèvres et du bout des doigts je caressai l'endroit où jadis j'avais senti ses lèvres.
« Tout est réglé, alors ? » Demanda Jake en me sortant de mes pensées.
« Hum…oui, tout est réglé, Jake. Je vais juste voir Tanya, ok ? »
Il acquiesça sans me quitter du regard.
Mais avant que je ne sorte, je m'approchai de lui, ne sachant pas trop quoi faire, jusqu'à ce qu'il me tire vers lui et me serre dans ses bras. Dans ses bras, j'avais enfin le courage d'admettre que je m'y sentais bien et que même si j'allais souffrir pour oublier Edward, Jake serait toujours là.
Il m'embrassa le sommet du crâne et me relâcha.
« Tu m'as manqué, Bells. »
« Et tu m'as manqué, Jake, » dis-je à mon tour.
Je posai une dernière fois ma main sur sa joue, réalisant encore une fois l'ampleur de ce qui m'arrivait et tournai les talons pour retrouver Tanya, qui devait certainement se demander ce qu'il se passait.
« Au fait, faudrait qu'on ait une petite conversation au sujet de Jazz ! » S'écria Jake dans mon dos avant que je ne sorte.
Je lui fis un mouvement de la main, sans pouvoir m'empêcher de lever une nouvelle fois les yeux au ciel, et sortis de la pièce. Le problème Jasper, si tant est qu'il en soit réellement un, n'était pas l'une de mes priorités pour le moment. Parce qu'apparemment j'avais un gros problème sur le dos. Retrouver mon corps, comme ça, sans vœu, sans magie et surtout pendant un des moments les plus parfaits de mon existence était tout à fait mal tombé.
Des milliers de questions se bousculaient dans mon esprit, des questions qui demeureraient sans doute sans réponses si je ne retrouvais pas cette vieille femme. Mais à quoi bon pousser ma curiosité puisque tout était revenu normal ? Je n'avais plus à m'inquiéter de rien. Plus de maquillage, plus de talons, plus de robes, plus de soirées cocktail, plus de mensonges et plus de Cullen. J'avais fini par avoir ce que je désirais en me rendant compte que je n'étais pas faite pour sa vie…sauf en ce qui concernait une chose : Edward.
Jacob avait raison, il était un homme marié et même s'il demandait le divorce, je n'étais pas Tanya pour savoir si oui ou non elle l'accepterait. Et d'ailleurs, je n'avais pas le droit de retomber dans le piège. La désillusion n'avait plus de place dans ma vie. Je n'appartenais pas à ce monde et ni aux Cullen.
J'arrivai dans le jardin et ce que j'y vis m'assena un coup sec. Une massue tombée sur la tête, un poignard dans le cœur, un étrange revirement de situation. Edward et Tanya étaient toujours là, debout dans le jardin, dans les bras l'un de l'autre. L'image semblait si parfaite, si belle, que j'avais du mal à savoir si oui ou non ils étaient redevenus ce magnifique couple.
J'avais subitement la sensation de ne plus être à ma place. Ils étaient ensemble et je regardais le corps de cette irrésistible blonde devant moi. J'avais l'impression que ce corps ne m'avait jamais appartenu, que ces derniers mois n'avaient été qu'un simple rêve et qu'il venait de se terminer.
Mes lèvres s'étirèrent d'elles-mêmes en un mince sourire en réalisant que j'allais retrouver ma vie simple d'antan et que j'avais au moins réussi à faire une chose : rendre peut-être Edward heureux ; il le méritait, même si c'était avec Tanya. Elle trouverait sûrement une solution face à tous ses problèmes.
Je me souvins alors de James. Lui aussi allait certainement souffrir dans l'histoire en se rendant compte qu'il avait perdu la femme qu'il aimait.
Je me tenais toujours debout à les regarder, voire même à les espionner. Au bout d'un certain temps, Edward s'écarta d'elle et colla son front contre le sien, lui disant des choses que je ne pouvais entendre d'ici. À cette image, je décidai enfin de m'en aller. Mais avant que je fasse le moindre mouvement, la voix de Tanya m'appela.
« Bella ! Attends ! »
Je me retournai en me maudissant de m'être fait attraper en flagrant délit de voyeurisme et lui fis mon sourire le plus naturel. Un sourire qui devait certainement se transformer en rictus en la voyant s'approcher de moi d'une démarche plus que parfaite. Seigneur, comment Edward ne s'était-il rendu compte de rien durant tout ce temps où j'avais occupé le corps de sa femme ?
« Je ne comprends plus rien, » me lança-t-elle une fois parvenue à ma hauteur.
« Moi non plus, mais tout est réglé, Tanya. Retrouver nos corps semble être la meilleure chose qui nous soit arrivée, » dis-je en essayant de paraître le plus honnête possible.
Je m'attendais à ce qu'elle dise que c'était vrai, que j'avais raison, qu'elle était heureuse que tout revienne à la normale, mais au lieu de ça, elle fuyait mon regard, se tordant les mains dans tous les sens, comme si quelque chose la tracassait.
« Tanya, est-ce que tout va bien ? » Demandai-je en voyant Edward prendre la direction de la maison sans même nous accorder la moindre attention.
« C'est juste que…hum…j'espérais que Jake et toi alliez nous aider avec Aro… »
Je n'avais pas pensé au problème Volturi depuis que j'avais recouvré la totalité de mon esprit Swan. Est-ce que j'étais toujours supposée les aider ?
Je ne savais pas vraiment quel était mon rôle dans l'histoire, ni celui de Jacob d'ailleurs. J'avais pourtant promis de les aider, et avec Jake nous avions déjà un rôle dans tout ce foutoir.
Mais est ce que j'avais la force de rester à leurs côtés, à elle, à Edward et aux autres Cullen en sachant que je ne voulais plus leur mentir ?
C'est en voyant l'air hésitant de Tanya que je sus la réponse.
« Je vous aiderai, je ne sais pas comment, mais tu peux compter sur moi, Tanya. »
« Et sur moi ! » Entendis-je derrière mon dos.
Je me retournai et vis Jake avancer vers nous, le sourire aux lèvres.
« Nous t'avons promis de l'aide, et tu l'auras. On est pas enfants de flic pour rien, » ajouta-t-il en me prenant par l'épaule une fois arrivé à notre hauteur.
« Jake, Billy est un vieux chômeur depuis sa naissance ! » Lui rappelai-je en riant.
« Hey ! Charlie a autant été ton père que le mien, maintenant si tu veux bien éviter de te moquer du "non métier" de mon père par substitution, Bells »
C'était tout Jacob ça. Il clamait haut et fort que Charlie était son véritable père et que Billy l'avait seulement élevé de peur que Renée, ma mère, ne se rende compte qu'il l'avait jadis trompée avec une indienne. Billy était donc devenu le père de substitution idéal. Et étant plus jeune, j'avais toujours cru à cette histoire. Charlie ne faisait rien pour la démentir et Billy non plus d'ailleurs.
Je lui pris la main et nous fîmes la promesse que nous aiderions Tanya et les Cullen à se sortir de leur merde.
« Merci beaucoup, pour tout ! Je ne savais pas qu'il existait des gens aussi bons que vous sur cette planète. »
« C'est rien, tu nous remercieras si on réussit à faire tomber Aro, ok ? Maintenant ce que je veux savoir c'est si tu vas rester la Tanya garce, égocentrique et folle que tout le monde connaît ? » Demandai-je en souriant.
« Seulement devant Aro, » grimaça-t-elle.
« Et devant Edward ? » Me surpris-je à demander.
J'évitai de regarder Jake et son propre regard suspicieux.
« Hum…je pense que tout est réglé…grâce à toi, il semble être prêt à me pardonner. Maintenant, je ne sais pas comment lui faire comprendre que nous deux c'est réellement fini. Je ne veux pas le faire souffrir davantage. »
«Il veux divorcer, » commentai-je d'une seule voix.
« Oh… »
Oh, c'était tout ce qu'elle trouva à dire. Elle fronça les sourcils un instant, se rappelant de quelque chose que je ne voulais certainement pas entendre à la vue de son regard posé sur moi.
« Vous vous êtes embrassés, » me dit-elle alors.
« Oui, je ne sais pas pourquoi, mais il m'a embrassée, ou plutôt il t'a embrassée »
« Je ne comprends pas. Pourquoi parle-t-il de divorce avant de décider de t'embrasser ? » Questionna-t-elle les sourcils toujours froncés.
J'évitai toujours le regard de mon meilleur ami, qui mourait certainement d'envie de sortir une connerie prête à me culpabiliser et me mordis les lèvres.
« J'en sais rien, Tanya ! J'ai accepté le divorce, puis il m'a embrassée en pensant que c'était toi. Je voulais que tous les deux vous régliez votre affaire, j'ai donc accepté de le laisser faire. Je pense que c'était une sorte d'adieu. D'ailleurs vous sembliez plutôt proches avant que je n'arrive, » récitai-je en essayant de garder mon calme.
Ses questions commençaient réellement à m'énerver. Je n'avais aucun compte à lui rendre ! Je l'avais aidée avec son mariage, elle allait avoir le droit à un divorce honnête avec Edward, et la seule qui allait souffrir ici c'était moi ! Alors mieux valait qu'elle arrête de me questionner sur le pourquoi du comment les lèvres de son époux s'étaient retrouvées sur les miennes, ou plutôt les siennes, parce que je n'en savais foutrement rien !
« Ils ont le droit d'être proches, ils sont mariés, Bells ! » Intervint Jake.
« Je le sais ça ! Tout ce que je dis c'est que je n'ai pas de réponse à donner par rapport au baiser, ok ? »
Tanya s'apprêtait à répondre quand la porte de la maison s'ouvrit pour nous faire voir Emmett, un couteau à pain dans la main.
« Hey ! On attend que vous, le déjeuner est prêt ! » Lança-t-il en pointant le couteau derrière son épaule.
« Oui, on arrive ! » Répondit calmement Tanya.
Emmett entra à l'intérieur et nous restâmes debout dans le froid glacial de ce jardin, à se regarder dans le blanc des yeux. J'avais l'impression que tous les deux se faisaient films sur films à propos de ce baiser.
Je soupirai en voyant Jacob s'apprêter à parler.
« J'espère que le déjeuner vaut le coup, parce que cette situation va mal finir, je le sens. »
« De quelle situation parles-tu, Jake ? » Demandai-je.
« De toi et ce baiser que Cullen voulait apparemment donner à Tanya ! » Répondit-il en la montrant de la main. « De Jazz qui pense vivre ici pour le restant de ses jours, » continua-t-il en montrant cette fois-ci la maison, « et de ce salaud d'Aro qui compte tuer toutes les personnes que Tanya connaît, » termina-t-il en pointant finalement dans la direction de la route.
Je ne trouvai rien à répondre et baissai les yeux. Jacob avait raison sur toute la ligne. Notre vie craignait depuis que j'avais rencontré cette vieille femme.
« Je suis… » Commença Tanya avant de se faire couper par Jake.
« Et ne nous demande surtout pas de laisser tomber notre mission "crevons tous pour le bien des Cullen" parce que ce sera non ! » Assena-t-il avant de tourner les talons et de nous laisser seules.
« Je suis désolée, » m'excusai-je devant elle.
Elle tourna la tête de droite à gauche et me sourit.
« Il a juste peur, ça se comprend. Jake est quelqu'un de bien. Je ne lui en veux pas du tout pour son comportement. »
Je lui souris à mon tour, même si ce sourire était faux. Jake n'était pas énervé parce qu'il avait peur, non, il était énervé pour autre chose. Et Tanya n'y était pour rien, ni même les Cullen…enfin presque.
La table était gigantesque, différents plats y trônaient et je m'étonnai de savoir qu'Esmée était la seule à avoir tout cuisiné. Tout le monde était déjà assis. Esmée en bout de table, et les autres assis de part et d'autre de celle-ci. Il y avait deux chaises libres aux côtés d'Edward et de Jake, l'une pour moi, l'autre pour Tanya. L'autre bout de table restait vide, sans doute la place de Carlisle lorsqu'il était toujours en vie, pensai-je en regardant la dernière place.
Automatiquement, je pris place aux côtés de Jake, et Tanya s'installa aux côtés d'Edward. Le déjeuner commença dans un silence absolu. Personne n'osait parler, pas même Alice qui adorait pourtant le faire d'habitude. Je levai les yeux et croisai le regard de Jasper, se demandant ce qu'il se passait entre Jake et moi. Il avait remarqué son expression mi agacée, mi énervée et se doutait certainement que cela avait un rapport avec moi.
Je haussai les épaules et continuai de manger ma salade de fruits de mer en silence.
« Est-ce que je pourrais avoir le sel ? » Demanda Emmett.
La première phrase qui brisa ce silence.
Alice me le tendit et je le lui passai.
« Tu sais que ce n'est pas en mangeant des plats salés que ton fœtus sera un garçon et non une fille, » commenta Alice par-dessus son verre.
Emmett allait répondre quand Rosalie posa une main sur la sienne pour le calmer.
« Elle plaisante, » lui dit-elle en regardant méchamment Alice.
« J'espère bien, parce que je me demande comment Jasper réagira quand Alice lui avouera qu'elle est enceinte, » rétorqua-t-il avec un demi-sourire narquois.
À ces mots, Jasper s'étouffa avec son vin et Jacob recracha sa nourriture avant de tousser avec force, à croire que la nouvelle lui était adressée. Je fus même étonnée de ne pas en voir sortir par son nez et je me tournai vers Alice avec des yeux ébahis, comme la plupart des personnes assises à la table. Si je n'avais pas vu le comportement de Jazz de mes yeux, j'aurais juré que c'était pour cela qu'il allait vivre ici avec elle, comme Jake en était convaincu. Mais apparemment la nouvelle lui tombait dessus par hasard, comme pour nous.
« Tu…tu es enceinte ? » Demanda-t-il en devenant aussi pâle que la nappe de la table.
« Quoi ? Non ! Emmett, dis-lui que tu mens ! » S'écria-t-elle.
« Je voulais juste te prouver combien ton petit ami serait choqué d'apprendre qu'un bébé pouvait sortir de ce corps minuscule, » répondit-il en mangeant calmement son plat.
Elle n'était pas enceinte, Alice n'était pas enceinte, Jasper n'allait donc pas se jeter d'un pont.
« C'est vraiment très drôle Em, vraiment, » lança ce dernier en fronçant les sourcils.
« Tu ne veux pas d'enfants avec moi ? » Demanda alors Alice en fronçant à son tour les sourcils.
« Pas avant des années ! » S'exclama-t-il d'une voix rauque.
« Donc tu comptes rester avec moi des années ? » Continua-t-elle en lui prenant la main.
Je me mis à sourire en voyant ce beau petit couple, et surtout du fait que c'était Jazz qui était en couple. C'était si mignon à voir.
« À Forks, des années avec toi à Forks, » intervint enfin Jake.
Je me tournai vers lui et posai ma main sur la sienne pour le calmer. Moi qui étais prête à voir notre ami en couple, je réalisais que Jake ne l'était certainement pas, lui.
« Bella, il veut vivre ici ! » Me murmura-t-il pour que personne ne puisse entendre. À croire que c'était une information tenue secrète.
« On en reparlera, ok ? »
Alice nous regarda suspicieusement.
« Alors combien de temps comptes-tu rester, Bella ? » Me demanda-t-elle en insistant sur mon prénom.
« Hum… »
Je me tournai vers Jasper qui avait subitement baissé les yeux sur son assiette et je sus à cet instant qu'il était un homme mort. Ce pauvre débile amoureux lui avait tout dit ! Elle était au courant et j'allais certainement tuer son mec !
« Bella peut rester autant de temps qu'elle le souhaite, » répondit Rosalie à ma place.
Je me tournai vers elle et la regardai en cherchant le piège. Venait-elle enfin de me dire un mot gentil ? D'un côté elle savait que je n'étais pas Tanya. Peut-être était-elle réellement sympa et que son fort caractère ne marchait qu'en compagnie de Tanya.
« Les enfants, on déjeune ! Si vous voulez vous disputer, ce sera après le dessert ! » Sermonna Esmée en lançant un regard noir à Emmett.
C'était si étrange de voir comment une femme aussi douce pouvait faire un tant soit peu preuve d'autorité. Elle tourna ensuite le regard vers moi et Jacob et nous sourit calmement.
« J'espère que mes enfants ne vous importunent pas trop…ils sont toujours comme ça, » s'excusa-t-elle.
« Maman, j'entre dans la trentaine je te signale, et je vais bientôt être père, alors évite de me traiter d'enfant, » se lamenta Emmett en se servant des patates douces.
« Dites-moi, Bella, que faites-vous dans la vie ? » Me demanda-t-elle en ignorant son fils.
« Hum…je…je travaille chez un antiquaire, enfin travaillais, je crois, » hésitai-je en me rappelant que je n'avais pas appelé mon patron depuis plus de deux mois.
« Vraiment, ça doit être intéressant, je veux dire travailler avec de vieux objets et… »
« Bella a un diplôme en littérature, » la coupa Jake.
Il savait que cet emploi était tout sauf intéressant. Esmée avait sans doute voulu engager la conversation et Jake n'aimait pas que l'on me catalogue en tant que vendeuse d'objets pourris mais plutôt en tant que grande littéraire sans emploi.
« En littérature ? »
« Vous ne vous êtes pas connues à l'université, Tanya et toi ? » Demanda alors Edward en souriant par-dessus son verre.
Les mensonges n'allaient pas se finir de sitôt.
Je regardai Tanya qui le regardait, étonnée par une telle question.
« Hum…si si, nous nous sommes connues à l'université, mais je n'étais pas dans la même faculté qu'elle, » mentis-je.
« Effectivement nous n'étions pas dans la même faculté. Economie et littérature sont totalement différents, tu le sais Edward, » expliqua-t-elle.
« Pourtant tu m'as dit que vous vous êtes connues à l'université. »
« Oui, à l'université, mais sur le campus, pas dans les cours. Elle passait par là par hasard. »
« Par hasard… » Marmonna Edward en me regardant.
Derechef, je baissai les yeux de peur qu'il remarque le mensonge dans mon regard.
« Donc Bella, vous disiez que vous avez suivi des cours de littérature, » intervint Esmée.
« Hum…oui, à Seattle. Je voulais enseigner la littérature, mais ça ne s'est pas concrétisé, » dis-je en souriant.
« Oh, c'est dommage, si vous aimiez ça pourquoi ne pas avoir postulé pour un poste d'enseignant ? » S'intéressa-t-elle en me mettant plus que mal à l'aise face à toutes ses questions.
« J'ai…j'ai eu quelques soucis…personnels, » répondis-je en baissant les yeux.
Me rappeler de la mort de Charlie, de mon envie de tout plaquer, me faisait visiblement encore mal, au fond.
« Désolée, j'ai été un peu curieuse, je n'aurais pas dû… »
« Non, non, ce n'est rien, » la coupai-je. « Et vous pouvez me tutoyer, » rajoutai-je en souriant le plus chaleureusement possible.
La dernière chose que je voulais c'était voir Esmée s'excuser pour un rien.
« Bien, encore désolée pour ma curiosité et pour les impolitesses de mes enfants, » dit-elle.
Je tournai la tête de droite à gauche et lui souris.
Le déjeuner terminé, je compris pourquoi c'était un rituel chez les Cullen. Ils se retrouvaient tous une fois par semaine pour passer un agréable moment en famille, avec des disputes entre frères et sœurs et des anecdotes à raconter. Je ne m'étais jamais sentie aussi à l'aise depuis que j'avais mis les pieds dans cette maison. Même Edward entrait dans le jeu et rigolait avec sa famille. C'était si beau à voir, si naturel, que je me rendis compte que battre Aro était fondamental pour que je puisse moi-même vivre tranquillement.
Nous décidâmes de nous en aller tard dans l'après-midi. Je saluai Esmée et la remerciai comme il se devait pour le magnifique déjeuner qu'elle nous avait préparé. Puis arriva Rosalie qui me prit dans ses bras à ma plus grande surprise après m'avoir lancé un 'Reviens quand tu veux'. J'allais avoir une grande conversation avec Tanya et voir ce qu'elle lui avait dit avec mon corps.
Alice et Jasper nous accompagnèrent jusque devant la voiture et j'avais le sentiment que j'allais aussi avoir une conversation avec cette dernière.
« Bon Jazz, on se retrouve demain, ok ? » Lui demanda Jacob pendant qu'Edward et Tanya prenaient place à l'intérieur de la voiture.
« Euh…ouais, je voulais juste vous parler un instant. On peut marcher un peu ? » Demanda-t-il en me regardant.
Je venais de me rappeler qu'il n'était pas au courant de la partie 'récupération de corps'. Je me tournai vers la voiture et regardai à l'intérieur.
« Nous devons parler un instant avec Jasper, est-ce que vous pourriez nous attendre ? » Demandai-je en regardant Tanya.
Mais ce fut Edward qui répondit.
« Bien sûr, prenez tout votre temps. »
Je le remerciai du regard et me tournai vers Jasper. Alice nous suivit jusque devant le portail de la maison, et sa présence me prouva encore une fois qu'elle était au courant de tout.
« Il se passe quoi alors ? » Nous demanda subitement Jasper.
« Je suis de nouveau moi et Tanya, elle, » répondis-je en regardant Alice pour jauger sa réaction.
Celle-ci me regardait en souriant, comme si tout cela était normal.
« Je le savais, je l'ai toujours su et j'osais pas le dire à Edward de peur qu'il me prenne pour une folle ! » S'exclama-t-elle. « Et quand Jasper me l'a dit… »
« T'es vraiment mordu pauvre mec, » lança Jake en frappant Jazz à l'arrière du crâne.
« Elle l'avait déjà deviné, puis elle m'en avait parlé et je ne pouvais pas mentir ! » S'expliqua-t-il.
« Ca va Jazz, ce n'est rien. Seulement…Edward ne doit pas le savoir. Jamais, » lui dis-je.
« C'est promis, mais… »
« Alice, » insistai-je.
« Oui ! Je ne dirai rien, promis ! Je suis juste heureuse de savoir que ma théorie était vraie ! Je ne voulais pas croire que Tanya était réellement gentille et quand j'ai commencé à douter, ben je lui ai donné sa chance. »
Je lui souris avec reconnaissance.
« D'ailleurs, ce n'était pas très dur à deviner. Le "Je suis Bella" y est pour quelque chose. »
« Ouais, je suis une piètre menteuse, je sais. »
Elle se mit à rire et je me rendis compte qu'avoir une personne de plus dans l'équipe faisait drôlement du bien. Alice était intelligente et venait de me le prouver, à moins que je ne sois moi-même stupide et qu'à cause de mes gaffes elle ait su la vérité. Dans les deux cas, ça me faisait énormément plaisir.
« Bon, maintenant que tout est réglé, il se passe quoi ? Vous allez vous en aller ? » Demanda-t-elle avec inquiétude. « Il faut réellement qu'on parle Bella. J'aimerais comprendre cette histoire, tu vois. »
Je lançai un coup d'œil à Jacob qui lui-même me regardait.
« Non, pas vraiment, on compte rester ici un peu plus longtemps. D'ailleurs à ce sujet, Jasper, on doit te parler, » dit-il.
« Hey ! Pas de cachotteries maintenant que je fais partie de l'histoire ! » S'indigna Alice en croisant les bras sur sa poitrine.
« Ouais, c'est un peu personnel tu vois, alors si tu veux bien tenir ta copine loin de tout ça… »
« Jacob Black ! Fais bien attention à ce que tu dis si tu ne veux pas finir sans testicules ! » S'écria-t-elle.
« Hey ! C'est pour ton bien que je dis ça, » se justifia-t-il en levant les bras devant lui.
« Sérieusement, il se passe quoi ? » Reprit Jasper en fronçant les sourcils.
« Je t'appelle demain, on doit s'en aller là, » répondit Jake pour clore ce débat.
« Bien, mais… »
« Demain je te dis, » répéta-t-il en insistant.
« Ok, ok. À demain alors ? »
Il acquiesça et salua Alice de la tête. Il ne l'aimait visiblement pas, ça se sentait.
Jasper et sa copine nous suivirent jusqu'à la voiture et nous rentrâmes dans un silence absolu. Même Jake ne voulait pas engager de conversation et je crus comprendre pourquoi. Il n'aimait définitivement pas les Cullen. Entre Alice qui allait lui voler son meilleur ami et Edward qui se jouait de Tanya, les Cullen n'étaient vraiment pas sa tasse de thé.
Une fois arrivés à la villa, nous prîmes tous un chemin différent. Je montai dans la chambre où Jake couchait, Edward se dirigea vers son bureau, Tanya vers le salon et Jake resta dans le jardin.
La première chose que je fis fut d'ouvrir la valise pour voir ce que Tanya m'avait apporté. Elle avait osé me faire porter des talons et depuis que j'avais retrouvé mon corps, la seule chose que je voulais c'était m'en débarrasser. Bien évidemment, toute ma panoplie de Bella Swan avait été changée. Elle n'avait mis dans la valise aucun de mes vêtements utiles. Mes grosses chaussettes en laine, mes longs T-shirts de foot, mes pantalons de survêtements, tout avait été remplacé par des choses futiles, des robes que je n'avais jamais vues, des sous-vêtements que pour ma part je trouvais vulgaires, en bref le goût de Tanya était présent et j'allais certainement devoir emprunter d'autres vêtements à Angela. Une Angela qui méritait une nouvelle présentation.
Je soupirai et me laissai tomber sur le lit. Cette fois-ci je voyais la pièce d'un tout nouvel œil, le mien. Je n'étais plus la propriétaire des lieux, j'étais aujourd'hui une simple invitée.
Tout ce que je voulais c'était en terminer avec tout ça. Même dans mon propre corps j'avais l'impression que ce vœu subsistait et que j'allais toujours et encore devoir jouer un rôle. Le rôle d'une personne que je n'étais pas. J'allais aussi faire mon possible pour oublier que je dormais sous le même toit qu'Edward et que plus jamais je n'allais avoir la chance de m'endormir à ces côtés.
Honnêtement, la seule chose que je me surpris à vouloir en ce moment c'était de crier, de hurler, de faire sortir tout ce que j'avais au fond de moi, parce qu'en seulement une journée, j'avais l'impression que l'implosion n'était pas loin. Je ne comprenais plus rien à ce qu'il m'arrivait et je n'avais pas la force de chercher des réponses à toutes ces questions.
Je m'emparai d'un soutien-gorge qui dépassait de la valise et le regardai avec attention. La dentelle fushia qui dépassait et sa transparence me firent sourire. Tanya avait toujours été l'élégance incarnée et c'est de ça dont Edward était tombé amoureux. Pas d'une fille qui ne savait même pas marcher sur une ligne droite avec des talons hauts, pas d'une fille qui ne savait même pas débiter un simple mensonge. Il méritait mieux que moi.
D'ailleurs pourquoi étais-je en train de songer à cela ? Je n'avais pas le droit de penser que je pouvais avoir une quelconque histoire avec lui. Il ne me connaissait même pas et n'allait certainement pas me connaître de sitôt vu son attitude envers moi. Il n'avait jamais daigné me parler depuis que j'étais ici, pas même lorsque Tanya possédait mon corps.
Bon sang Bella, arrête de penser à lui !
Je jetai le sous-vêtement avec force à sa place et me levai du lit. J'arpentai la pièce des yeux, à la recherche de chaussures plates et je décidai de me rabattre comme toujours sur les chaussures de sport de Tanya. Je m'emparai d'un sweatshirt appartenant à Jake qui était négligemment posé sur une chaise et sortis de cette pièce, m'apprêtant même à sortir de cette maison.
Je descendis le long escalier de marbre et tombai nez à nez avec Jacob.
« Où est-ce que tu vas ? Tu sors courir ? » Me demanda-t-il en fronçant les sourcils tout en regardant mes baskets.
« Hum…non, Tanya n'a pas pris de bonnes chaussures, ça n'est que provisoire. Je sors un instant, j'ai besoin d'air, » dis-je d'un souffle.
« Tout va bien, Bells ? » Demanda-t-il, l'inquiétude s'emparant de ses traits.
Je tournai la tête de droite et gauche et lui pris la main pour le rassurer.
« Je vais très bien, j'ai juste besoin d'un peu d'air. Je crois que le risotto au poulet d'Esmée n'est pas très bien passé, » mentis-je honteusement.
« Bien, tu veux que je t'accompagne ? »
Je secouai encore la tête et lui lâchai la main. Je n'avais surtout pas besoin qu'il m'accompagne, surtout pas Jake. Il découvrirait très vite ce pourquoi j'avais besoin de réfléchir et ça finirait mal entre nous. Je le contournai et me dirigeai vers la porte.
« Non, ça va aller, je ne serai pas longue, » dis-je par-dessus mes épaules.
Je posais une main sur la poignée de porte quand Angela apparut, sortant de la pièce d'à côté.
À elle aussi je devais une explication. Angela était la seule amie que j'avais dans ce nouveau monde, et je ne voulais pas la perdre aussi.
« Mademoiselle Swan, le dîner est servi, » me dit-elle en souriant.
« Bella, appelle-moi Bella, » lui souris-je.
Elle me regarda un instant, le doute s'exprimant sur son visage, et je dus lutter pour ne pas lui dire la vérité tant c'était ce que je voulais.
« Bien, hum…le dîner est servi…Bella. »
« Oui, euh…je n'ai pas très faim, par contre mon ami Jacob est affamé. »
Je me tournai vers Jake et me surpris à le voir regarder Angela, un sourire idiot collé sur son visage. Je sus à ce moment là que le Jacob Black que je connaissais était de retour, et ça aussi c'était la dernière chose que je voulais. Angela ne méritait pas un homme comme Jake. Il était certes mon meilleur ami, je l'adorais vraiment, mais c'était le pire petit ami qu'une fille pouvait trouver.
« Jacob Black, » sourit-il en lui tendant la main.
« Oh…euh…je suis Angela, le…le dîner est… »
«…Servi, oui je sais, » la coupa-t-il, toujours avec ce sourire d'idiot collé au visage.
Le plus surprenant dans l'histoire, c'était qu'Angela le regardait avec le même air que lui, les rougeurs en plus sur son visage. Coup de foudre à Seattle reprenait de plus belle, pensai-je en levant les yeux au plafond.
« Je vous laisse, à toute à l'heure. »
Je leur fis un dernier sourire et sortis précipitamment dehors.
Encore et toujours ce froid auquel je commençais à m'habituer. Le souffle glacial de l'air se propagea dans chaque recoin de mon corps, me permettant de me détendre, de mieux respirer. J'avais réellement besoin d'air et surtout de réfléchir.
Je pris soin de marcher autour de la propriété, faisant attention à ne pas trébucher sur le gravier au sol. Au bout d'un moment de marche, je remarquai un banc. Posé seul devant un lac. Je me rendis compte qu'à ce jour je n'avais toujours pas pris le temps de visiter proprement la propriété. Tout ce que j'avais fait depuis que j'étais ici, c'était lutter contre Edward et son attitude lunatique, contre Aro et sa démence, et peut-être aussi contre moi-même.
Je m'assis sur le banc et croisai mes bras sur ma poitrine pour essayer d'empêcher le vent de me faire frissonner. J'avais le regard perdu vers l'horizon, tout semblait paisible, calme ; seul le bruit du mouvement de l'eau du lac brisait le silence nocturne auquel j'avais droit. Et ça me faisait un bien fou.
Soudain, j'entendis du bruit. Ce n'était pas le lac, ni le vent, c'était un bruit de pas. Quelqu'un se dirigeait vers moi, et ce quelqu'un ne devait être que Jacob.
« Tu n'as pas froid comme ça ? » Demanda une voix que je commençais à connaître par cœur.
C'était lui. Edward venait de me rejoindre et il prit place à mes côtés sur le banc. Je ne répondis pas à sa question, je n'avais pas la force de faire quoi que ce soit en ce moment.
« Tu as découvert mon endroit caché, » continua-t-il.
Je me mis à sourire malgré moi.
« Bien caché derrière la maison, c'est vrai, » plaisantai-je.
« Tanya n'y a jamais mis les pieds, » murmura-t-il dans un souffle.
Allions nous avoir une conversation sur Tanya ? Je n'en avais vraiment pas envie, mais apparemment elle semblait être un bon sujet de conversation pour lui.
« Tu devrais lui montrer, c'est ta femme après tout, » lui dis-je.
« J'ai demandé le divorce. »
Je me risquai enfin à tourner la tête pour le regarder et je vis qu'il était concentré sur un point à l'horizon, fixant le lac calmement. Il portait sa veste et une écharpe de laine. Visiblement, sortir était dans ses projets. Il se tourna enfin vers moi et ancra son regard dans le mien. Un regard que je ne pouvais soutenir plus longtemps sans vouloir me jeter sur lui et l'embrasser. Alors je baissai les yeux sur mes mains.
« Et elle a accepté, » murmura-t-il si bas que je n'étais pas sûre de l'avoir entendu.
« C'est…c'est bien, non ? » Hésitai-je.
« Je crois oui, c'est ce que je voulais mais… » Commença-t-il d'une voix grave.
« Mais… » L'encourageai-je en essayant de cacher la peur que transportait ma voix.
S'il commençait à hésiter, c'était vraiment mal, mais très mal. Tanya voulait divorcer aussi et si lui ne le voulait plus, c'est que forcément il voulait encore d'elle et souffrirait le jour où il saurait qu'elle ne voulait plus de lui.
« Mais, j'en sais rien. Tu es son amie, non ? »
« Hum…oui, » répondis-je en me tournant vers lui, perplexe.
«Tu penses que divorcer serait une solution ? »
« Une solution à quoi ? »
« À ne plus la détester, » me dit-il finalement.
Je me tus, ne sachant quoi répondre. Il détestait toujours sa femme, même lorsque j'étais dans son corps. Je ne savais pas si je devais le frapper ou le comprendre. Parce que, depuis que le jour où j'avais possédé le corps de sa femme, j'agissais de telle sorte à lui faire oublier sa colère envers elle et là, je me rendais compte que j'avais lamentablement échoué.
« Dans ce cas là pourquoi l'as-tu embrassée ? » Demandai-je sans me contrôler.
Il me regarda intensément en fronçant les sourcils, avant de soupirer longuement, laissant son souffle chaud caresser mon visage.
« J'aurais aimé avoir une réponse à te donner…Bella, » me dit-il dans un murmure.
Je détournai une nouvelle fois le regard et me mordis la lèvre pour ne pas dire une chose que j'allais regretter : que j'étais la personne qu'il avait embrassée.
« Tanya est quelqu'un de bien, » dis-je au bout d'un moment.
Je l'entendis sourire en expirant bruyamment du nez et me tournai vers lui. Il croisa mon regard et me lança d'un air narquois, « Soit elle t'a payée pour dire ça, soit tu es une véritable amie. »
« Elle ne m'a pas payée, non, » souris-je à mon tour.
Il me regarda encore et encore avec son incroyable sourire en coin. Rien qu'en le dévisageant, mon cœur se mit à battre plus vite que la normale. Et la peur de le voir s'en rendre compte me percuta aussitôt.
« Littérature, hein ? » Me lança-t-il toujours avec son sourire.
« Littérature, oui, » acquiesçai-je.
« Quel est ton livre préféré ? »
Son intérêt me surprit.
« Tu veux la version officielle ou officieuse ? » Souris-je.
« Officielle bien sûr. »
« Harry Potter, » admis-je en me mordant la lèvre.
Il se mit soudainement à rire et se tourna vers moi.
« Harry Potter ? Vraiment littéraire comme livre, » se moqua-t-il.
« Voilà pourquoi il existe une version officieuse. Et là je t'aurais répondu Mansfield Park de Jane Austen »
Il arqua un sourcil face à ma réponse.
« Es-tu sûre d'avoir fait des études en lettres, ou bien toutes tes versions sont un peu… »
« Un peu… »
« Un peu simple. Jane Austen : romancière pour vieilles filles en manque d'amour et Harry Potter… » Grimaça-t-il.
« Hey ! On ne se moque pas ! » Le sermonnai-je « Ce n'est pas parce que tu es fou de littérature française que tout le monde doit l'être. Bel ami? Il faut savoir apprécier les histoires où les hommes veulent avoir le pouvoir en profitant de nous pauvres femmes sans défense ! »
Il fronça les sourcils en me regardant et ouvrit la bouche pour répondre. À cet instant je sus sur quel problème je venais de tomber. Je n'étais pas supposée savoir que son roman du moment était Bel Ami.
Avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, je le coupai et m'expliquai.
« Je…j'ai trouvé Bel Ami dans votre chambre à Tanya et toi en allant lui emprunter une brosse à cheveux. Connaissant Tanya, je me doutais que ce livre ne lui appartenait pas. »
Il ne répondit pas et garda la même expression que tout à l'heure, mi surprise, mi suspicieuse.
« Je…je crois que je devrais rentrer à l'intérieur, Jacob doit certainement être en train de m'attendre pour dîner. »
« Tu…tu peux rester si tu veux, enfin si tu n'as pas trop froid. Je crois avoir vu Jacob manger en compagnie de Tanya, » me dit-il en regardant attentivement mes lèvres qui se faisaient martyriser depuis un bon moment par les morsures constantes de mes dents.
J'acquiesçai et brisai la connexion de nos regards pour me focaliser sur le lac.
J'expirai discrètement, me rendant compte que j'avais retenu tout l'air dans mes poumons depuis qu'il m'avait adressé la parole pour me retenir. Parce que cette fois ci c'était moi qu'il avait retenue et non Tanya. Il voulait rester en ma compagnie et ne me connaissait même pas. Il appréciait donc ma présence. Je souris face à cette idée.
« Pourquoi ne pas être devenue enseignante ? Tes élèves auraient adoré avoir un cours sur Harry Potter, » me lança-t-il, un sourire dans la voix.
Je souris à mon tour et le regardai.
« Je savais que je n'aurais jamais dû te donner la version officielle. »
« Plus sérieusement, Jacob semble être certain que tu es faite pour ce métier mais… »
« Mon père est mort… » Le coupai-je d'un coup.
Il se tut, la bouche à moitié ouverte et finit par baisser la tête en se grattant les cheveux avec gêne.
« Je suis désolé, je crois avoir été plus curieux que ma mère… je m'en excuse. »
« Non, ce n'est rien…C'est juste que parfois ça m'est difficile d'en parler. J'ai en quelque sorte touché le fond cette dernière année. Charlie…mon père, était toujours présent, et quand il est mort je n'avais plus rien…sauf Jacob et Jasper. »
« Et ta mère ? »
« Morte aussi, » avouai-je amèrement. « Accident de voiture. J'avais onze ans, elle a brûlé un feu sans le voir et un camion nous a percutées. Elle est morte sur le coup, moi je suis toujours là. »
« Et depuis tu as peur en voiture, » me dit-il dans un murmure.
Je me tournai vers lui et le fixai. Il avait déjà surpris mes nombreuses crises en voiture, mais ne pouvait se douter que c'était moi, pas aussi facilement.
« J'ai une voiture, » lui dis-je en guise de réponse.
Il continua de me regarder quelques instants avant de se concentrer sur l'horizon. La nuit était tombée et il nous était déjà difficile de distinguer quoi que ce soit devant nous.
« Mon père aussi est mort, une crise cardiaque. Et parfois je me dis que s'il était toujours là, avec nous, je ne vivrais pas ainsi. Je n'aurais pas une vie que je déteste et avec une femme qui se joue de moi à longueur de journée. Crois-moi, s'il était encore là, je ne serais pas ici à me demander si oui ou non le divorce est une solution, si je dois continuer ce boulot merdique qui commence à m'épuiser comme jamais. »
Je ne parlai pas, je ne savais définitivement pas quoi dire. J'avais peur qu'il ait mal à cause de Tanya, mais je n'aurais pas dû, parce que le mal était déjà là. Il souffrait autant que moi de la perte d'un membre de sa famille, de sa vie aussi. J'aurais aimé lui dire que tout irait bien, que tout s'arrangerait pour eux et que même si Tanya avait été un être abjecte avec lui et sa famille c'était parce qu'elle les aimait qu'elle l'avait fait. Mais ça, je ne pouvais pas le faire. Mes lèvres faisaient barrière pour ne pas laisser la vérité s'installer entre nous.
Sans même me connaître, il venait de m'ouvrir son cœur, et m'avait littéralement brisé le mien.
La dernière chose que je voulais c'était de le voir souffrir. Surtout en sachant que la cause de ses problèmes n'était qu'Aro Volturi.
« Mais en sachant ce que toi tu as dû vivre, ma vie semble être plus joyeuse…je pense. »
« Non…non je ne pense pas qu'elle ait été plus joyeuse. Perdre quelqu'un n'a rien de joyeux, Edward. »
« J'imagine qu'on est un peu pareil. À la seule différence que tu es une bonne amie de ma femme et moi un mauvais mari, » résuma-t-il en souriant.
Peut-être avait-il raison, peut-être que non. Mais une chose était sûre, lui était quelqu'un de bien.
« Je crois qu'il est temps de rentrer, à moins que tu ne veuilles rester ici encore un moment ? » Lui dis-je en me levant.
Il tourna la tête de droite à gauche et se leva à son tour.
« Je te suis. »
Je me mis à marcher, lui à mes côtés, et on prit la direction de la maison dans un silence absolu.
« Jolies chaussures, » me dit-il au bout d'un certain moment, un sourire dans la voix.
Je m'arrêtai, surprise par sa remarque, et le regardai de dos. Seigneur, même sa démarche était magnifique.
Il se retourna un instant et me regarda toujours en souriant narquoisement. Je tournai la tête de droite à gauche et lui emboîtai le pas, sans pour autant lui répondre.
Vivre en tant que Bella Swan était tout bonnement fantastique…
Il est court ce chapitre je vous l'accorde, j'ai commencé à faire des trames pour les dix prochains chapitres et parfois les chapitres sont plus longs que d'autres.
Sinon, vous l'avez tous lu, Bella est enfin de retour et dans son corps! Jake à eu un petit coup de foudre pour Angela, Jasper est fou de son Alice et veut rester à Seattle, Rosalie apprecie Bella et puis Edward détèste toujours Tanya. J'essaye à tout prix de faire naître les personnages et de leur donner à chacun le propres caractères, j'éspère que c'est reussi...
La suite très vite, promis. En attendant je ne demande qu'une chose: votre avis.
Bisous les filles!
