Cela fait bien trois ans que je travaille avec lui, et pas un jour ne passe sans que je me rende compte de la joie que cela me procure. Je ne laisserai personne me prendre cette précieuse place à ses côtés! Après tout, ce n'est pas de ma faute si mon Willy est aussi sexy!

Grell Sutcliff

Le Soleil perce à travers mes rideaux d'un magnifique rouge, caressant doucement mon visage de poupée pour me réveiller en dou...

-GRELL SUTLCIFF!

ceur. Allons bon, qui est le malotru qui ose me secouer de la sorte... Oh mais c'est mon Willy! Viens me dire bonjour, grand fou!

-Tu comptes te lever avant que la nuit ne tombe ou il faut que je te tire pas la peau du cou?
-Je préfèrerai que tu me prennes par la peau du cu...
-Ah non! Je ne suis pas d'humeur à écouter tes blagues salaces! Je t'avais pourtant prévenu qu'il ne fallait pas être en retard aujourd'hui! Tu es une vrai tête de mule quand tu t'y mets! Pourquoi est-ce que tu...

Ah? Pas de retard permis aujourd'hui? Pour quelle raison déjà?

-...la salle de tir...

Mon tir est mortellement bon, donc c'est pas pour moi, ni pour lui, il est encore meilleur que moi...

-...et ils nous attendent sûrement et par ta faute...

Ils ? Qui c'est ça, ils ?

-Tu sais à quel point le Boss prend en compte l'avis des nouvelles recrues!

AAAAH!

-AAAAH!
-Ah tout de même! C'est bon c'est arrivé au cerveau ? Vraiment... Dépêche-toi de t'habiller, je pars devant.

Pris de panique, je n'ai même pas eu le temps de dire bonjour à Will! Mais bon, si je veux avoir l'occasion de la faire plus tard, j'ai plutôt intérêt à me bouger!
Alors que je passe en coup de vent sous la douche, une chose me passe en tête, me faisant frissonner.

-Fufufu... William T. Spears... tu es mortellement sexy quand tu te mets en colère!

Quelques minutes plus tard, c'est un Grell resplendissant qui ouvre avec fracas la porte de la salle de tir. A l'intérieur, William, une arme à la main, demandait aux trois jeunes hommes devant lui s'ils avaient déjà tiré avant ou pas quand il fut énergiquement interrompu.

-Bien le bonjour à tous! Je me présente, Grell Sutcliff! Je m'excuse pour mon retard, mais voyez-vous, William m'a fait passé une nuit des plus mouvementée!

Les trois recrues passèrent de la silhouette en pleine pose théâtrale de Grell à la mine épuisée de William qui semblait se retenir de sauter à al gorge de son partenaire.

-Si tu avais fait respecter à ces types leur délais, on aurait pas eu à faire une descente.
-Oh, ce genre de nuit là...

Les réactions face à cette réplique furent mitigées. Il y avait d'un côté ceux qui se demandais ce qui avait bien pu passer par la tête de ce gars, à savoir un certain Ronald Knox, et qui étaient affligés, c'est à dire William, et de l'autre côté, les autres qui semblaient dire « oui, nous aussi on pensait à autre chose », les autres étant Eric Slingby et l'autre nouveau, un certain Allan Humphries.
Inutile de dire que William se demandait bien où il était tombé et que l'issu de cette journée l'effrayait un peu.
Ravie de cette réponse, Grell se tortilla jusqu'à Ronald et exprima son affection soudaine pour lui.

-Moi aussi j'aurais préféré avoir passé une nuit torride dans les bras de mon Willy! Mais non...
-Ne perdez pas espoir, monsieur!
-Oh allons, appelle-moi Grell! Et sache que je suis une femme!
-Mais oui Grell, tu es une fille, bien continuons.

Attrapant Grell par le col, William le ramena à ses côtés.

-Bien. Donc comme je vous le demandait précédemment avant que nous soyons importunés...

Il lança un regard de biais à Grell qui examinait ses longues mèches rouges en chantonnant.

-Avez-vous déjà pratiqué le tir?

Les trois têtes approuvèrent.

-Bien, ça fait ça en moins. Nous allons maintenant voir comment vous vous en sortez.

Il montra la table où trônaient trois revolvers dont ils se saisirent.

-Je veux juste vérifier votre maîtrise du tir. Si jamais on se retrouve dans une embuscade, je veux pouvoir compter sur vous.
-Oh mais Willy! Tu m'as déjà moi!

William remonta ses lunettes en soupirant un « Grell » las.

-Veux-tu bien te tenir tranquille un instant? Laissons-les se concentrer.

Il attrapa son partenaire par le bras et le conduisit de l'autre côté de la pièce alors que les cibles commençaient à avancer après qu'il ait pressé le bouton.
Déjà épuisé par tout ce remue-ménage, William s'assit sur une chaise, remontant encore ses lunettes.

-Alors! Tu en penses quoi des nouveaux?

Disant cela, Grell s'assit sur les genoux de son partenaire qui ne broncha même pas. La force de l'habitude sûrement.

-Ils viennent d'arriver Grell, je n'en sais rien. Et à cause de ton retard, je n'ai pas pu leur poser trop de questions.
-Je suis vraaaaiment désolé pour ce matin! Tu m'en veux beaucoup?

Will lui lança un regard qui voulait dire « tu mens vraiment trop mal ».

-Je ne t'en veux pas. Fais juste attention la prochaine fois, c'est tout.
-Oh mon Willy! Tu es si magnanime aujourd'hui! Et cet air fatigué te va à ravir!
-Bien sûr, j'en doute pas... il faudra que tu me dises ce qui te permet d'être toujours aussi frais le matin, même après une nuit aussi courte.
-Oh mais c'est simple! C'est tout bonnement le fait de me dire que je vais passer la journée avec toi, Willy!

Disant cela, le roux enserra la taille de son collègue avec force tout en frottant sa joue contre sa tempe.

-C'est un vrai bonheur de passer mes journées avec toi tu sais.
-Tant que ça?
-Oh bien plus que tu ne peux le penser!

A ce moment, les tirs cessèrent et Grell se leva, se faisant dépasser par Will qui retournait auprès des nouveaux pour inspecter le travail.
Grell ne se gêna pas pour observer à loisir le dos si attirant de Will. Son dos, et puis ses fesses aussi.

Oh mon Willy! Ton petit derch est à croquer! Une chance pour toi que je sois timide quand même, si nous avions été seuls je t'aurai sauté dessus, libérant le pur sang arabe qui est en moi! Heu je veux dire, libérant la frêle colombe qui est en moi...

Heureusement pour lui, ni William ni les autres n'avaient entendu son petit monologue interne.
Il s'approcha du petit groupe en sautillant.

-Et bien...
-Pas mal hein! Commença Ronald Knox. On s'était vachement entraînés avant de venir ici! Eric était même dans un autre gang qui a été dissolu avant!

Observant les cibles par dessus l'épaule de son camarade, Grell ricana.

-Pourquoi riez-vous?

Allan semblait inquiet du résultat. Et il y avait de quoi.

-Parce que c'est mauvais. Pas vrai Willy?
-Oui... pas bon du tout même.

Les trois ne dirent rien sous le choc. Remarquant l'incompréhension dans leurs yeux, William daigna s'expliquer.

Vous aviez chacun un chargeur de 12. Je vois 11 impacts sur la cible d'Allan, 10 sur la votre Eric et 9 enfin sur la cible de Ronald.

-Et bien quoi? S'enquit Eric. C'est bien non! En plus elles sont pas trop mal placées!
-Sachez simplement que vous n'assurerait ni protection ni descente jusqu'à ce que les douze balles perforent une même cible. De plus, vous visez à côtés des points importants, soyez plus précis, juste de quelques millimètres, mais c'est ça qui fait la différence.

Ils étaient tous les trois entre la déception et la colère.

-Bref, ma conclusion : vous n'êtes qu'une bande de femmelettes, mais envers et contre tout, je saurai faire de vrais hommes de vous. Vous n'êtes pas les premiers à arriver dans ces conditions. Et sachez que personne placé sous ma tutelle n'a eu à repartir d'ici... Est-ce que je me suis bien fait comprendre?
-Oui chef!
-Bien.

Il remonta ses lunettes puis leur offrit une chose rare: un beau sourire honnête.

-Vous ferez de très bon éléments, allez donc vous relaxer en ville, nous commencerons l'entraînement physique ce soir. Soyez là à 18h au dojo.

Ils saluèrent William et Grell puis sortirent, le coeur un peu plus léger. Ils avaient eut vraiment peur sur le coup.
Aussitôt furent-ils sortis que Grell entourait le cou de Will de ses bras.

-Ils ne sont pas trop mal!
-Hum.

Le roux ricana et s'approcha doucement des lèvres de son ami.

-Tu sais que t'es mortellement sex' quand tu fais la leçon aux p'tits nouveaux? Ça me rend toute chose.
-Ah Grell, vraiment...
-Oui je sais, je suis un irrécupérable pervers. Mais que veux tu...

Leurs lèvres se collèrent doucement.

-Je suis accroc a toi to the death!