Bêta-lecteurs : Ines V

Disclaimer : Le logo "Harry Potter" et ses personnages appartiennent à J.K Rowling. Les différents logos et personnages créant l'immense cross-over qu'est « L'Union Sacrée » appartiennent à leurs propriétaires légitimes respectifs, dont je fais évidemment partit ! Je ne tire aucun profit monétaire et/ou autre de cette histoire. Si ce n'est la satisfaction personnelle d'avoir réussit à retranscrire par des mots ce qui se passe dans ma tête. ¤ rire ¤


L'Union Sacrée : La Quête des Origines

Harry Potter et L'Héritier de Poudlard


Chapitre 2 : Lever le voile et…

L'ambiance était tendue dans la cuisine des Granger ce matin. Mr et Mrs Granger regardaient leur fille comme si elle était une solution chimique particulièrement instable pouvant provoquer des dégâts cataclysmiques.
Cependant, contrairement à son mari, Mrs Granger avait une lueur dans le regard qu'en temps normal, Hermione aurait tout de suite repéré, car elle était le signe que ça allait barder pour son matricule.

S'il était une chose commune aux membres du Trio d'Or, c'était bien qu'aucun d'eux n'était du matin.
Ajouter à cela une soirée, -thé, apéritif, dîner et digestif compris-, où elle avait dû se coltiner des personnes qu'elle ne portait vraiment pas dans son cœur et d'autres dont elle surveillait tous les faits et gestes comme si d'un battement de cil, ils pouvaient faire apparaître Voldemort et toute sa clique. Une annonce fracassante, -histoire de bien lui pourrir sa digestion-, la découverte que ses parents lui avaient caché héberger Ana et Peter depuis presque un an. Sans oublier la bataille rangée entre les Olsen et les MacFusty –à laquelle elle ne s'était pas gênée pour ajouter quelques grains de sel, et un petit coup de tisonnier de temps en temps, histoire d'entretenir les flammes, - et le départ en fanfare des deux partis.
Concluez le tout par une très mauvaise nuit, et on comprenait pourquoi Hermione n'était plus à prendre avec des pincettes, mais carrément à tenir très loin de soit, si on voulait conserver l'entièreté de son anatomie intacte.

La mine sombre, Hermione avait l'air de vouloir se noyer dans son café au lait.
- « Ma chérie. » appela doucement Mrs Granger.

Hermione leva doucement la tête, et posa un regard morne sur sa mère.
- « Peux-tu m'expliquer ton comportement face à Mr MacFusty et sa fiancée, s'il te plaît ? » lui demanda tranquillement sa mère, une fois sûre d'avoir son attention.
Mrs Granger, ayant vue combien sa fille était perturbée hier soir, avait préféré la laisser se reposer, avant de la questionner sur son attitude.

Elle pouvait comprendre. Non elle comprenait parfaitement ce qui l'avait poussée à agir ainsi avec les Olsen. Elle-même n'en gardait pas de bons souvenirs, et (contrairement à sa fille) s'était retenue de faire quelques remarques bien senties. Si le bien-être -à défaut du bonheur- d'Ana et Peter ne dépendait pas en partie d'eux, elle ne les aurait plus jamais revu de toute sa vie.
Ce que Mrs Granger ne s'expliquait pas par contre, c'était le comportement de sa fille envers les MacFusty. Hermione avait toujours était heureuse de rencontrer de nouvelles personnes, à plus forte raison quand celles-ci étaient de nature magique. Une occasion d'en apprendre plus sur le monde dans lequel elle vivait depuis la réception de sa lettre.

Pourquoi une telle agressivité ?

'Aie !' s'écria immédiatement Hermione, son esprit brutalement réveillé en sentant la menace. L'attitude tranquille de sa mère ne la trompant pas un seul instant.
Bon, ok. Il était fort possible, que, peut être, elle n'eut probablement pas été un modèle de politesse et de savoir vivre hier soir.
Mais franchement à quoi est-ce que s'attendaient ses parents en la mettant ainsi devant le fait accompli ? 'Et même plus qu'accompli !' se dit-elle en se remémorant sa soirée.

Mais la tempête maternelle ne put s'abattre sur Hermione. Ana et Peter venaient de pénétrer dans la cuisine.
Les deux marquèrent un temps d'arrêt à la vue de la préfète. Mais un regard de Marc, le père d'Hermione, les rassura et ils prirent place à la petite table ronde.

Un malaise se fit aussitôt sentir dans la pièce. Les deux jeunes filles prenaient bien soin de ne pas se regarder. Peter, coincé entre les deux, baladait son regard sur elles en grignotant une tartine. Mr Granger contemplait le tableau en méditant. Et Mrs Granger, continuait de fixer sa fille, implacable.

- « J'attends toujours tes explications, jeune fille. » s'exclama Mrs Granger, indifférente à l'ambiance générale.

Hermione leva lentement les yeux et le regard qu'elle posa sur ses parents leur glaça le sang.

- « Je me demande bien qui doit des explications à qui. » dit-elle, sur un ton aussi dur que du diamant.

Choqués, ses parents se contentèrent de la fixer. Juste une question… comme ça… en passant… C'était bien leur fille ?

- « Mr Weasley vous l'a expliqué non ? » s'enquit-elle, en levant le sourcil à la manière de son cher professeur de Potion. « Voldemort est de retour. » lança-t-elle implacable. « Et vous vous amusez à inviter des sorciers que vous ne connaissez ni d'Eve ni d'Adam ! » fit-elle telle une mère reprochant leur inconscience à ses enfants.
- « Arthur nous a aussi expliqué la paranoïa que… » se reprit Mr Granger.

- « Faut que vous rencontriez Maugrey ! » l'interrompit Hermione, les yeux brillants de passion.
- « Bien ! » intervient Mrs Granger, soufflant un bon coup dans le vain espoir de relâcher la pression. Heureusement qu'elle connaissait bien sa fille, et savait que celle-ci n'aurait pas ce genre d'attitude sans une bonne raison.

'Et il vaut mieux qu'elle soit très bonne…' ajouta-t-elle en dardant sur sa fille un regard aussi acéré que l'épée de Gryffondor.


'La nuit porte conseil ? Mon cul, oui !' râla Ron en cette chaude matinée de juin, alors qu'il descendait prendre son petit déjeuné.

Les yeux pas vraiment en face des trous, il zigzaguait péniblement dans les étroits escaliers du Terrier, essayant laborieusement de rejoindre la cuisine où il entendait toute sa famille s'activer de plus en plus bruyamment au fil des heures.

Depuis son retour à la maison familiale, il s'était terré dans sa chambre, et n'en était ressorti qu'une seule fois pour aller faire un tour aux toilettes, loupant donc le dîner. Ajoutez à cela qu'il ne s'était endormi qu'aux premières lueurs de l'aube, ayant passé toute la nuit à réfléchir sur 'La question', et vous comprendrez que Ronald Weasley était présentement autant à titiller que Voldemort après une confrontation avec le Survivant.

Arrivé dans la cuisine, Ron se dirigea vers la seule place encore libre, entre les jumeaux et Ginny. Avec la force de l'habitude, il évita de se prendre les pieds dans les sceaux contenant la nourriture des poules, esquiva l'étreinte de sa mère, et s'assit lourdement.

Une seconde passa, avant qu'il ne trouve la force de soulever ses paupières d'un millimètre de plus, alors que sa main droite partait déjà à l'aventure sur la table en boit massif pour s'emparer d'une quelconque denrée.

Même avec le cerveau perdu dans le brouillard matinal, ses méninges pédalaient encore à la recherche de la fameuse réponse à la question de sa chère amie.
Ron soupira. Cette fois s'était bon il jetait l'éponge. Il n'avait plus qu'à envoyer un hibou à la préfète pour qu'elle éclaire sa lanterne. S'il continuait comme ça il allait se faire une entorse au cerveau.

Ceci étant réglé, son esprit émergea de la brume et écouta distraitement les conversations matinales de sa famille. Sa mère paraissait très remontée contre les jumeaux, auxquels elle reprochait pour l'énième fois, leurs fuites de Poudlard et l'ouverture de leur magasin.

- « GINEVRA MOLLY WEASLEY ! » hurla brutalement Mrs Weasley, les yeux étincelants. « Mais donc as-tu la tête ? CACHE-MOI CE MEDAILLON SUR LE CHAMP ! »

Ron, comme le reste de sa fratrie, sursauta violemment.
Par réflexe, les frères Weasley plaquèrent leurs mains sur leurs torses, et soufflèrent de soulagement en sentant leurs médaillons sous leurs vêtements. Ils portèrent leurs regards sur leur cadette, moitiés réprobateurs moitiés indulgents.

Mais l'un d'entre eux ne partageait pas le sentiment général. La main serrant fortement son médaillon à travers son t-shirt, le regard vide, Ron semblait frappé par la foudre.


Les vacances de l'héritier des Malfoy commençaient mal. Il avait passé la nuit à se retourner dans son lit, cherchant en vain le sommeil alors que son esprit ne cessait de cogiter sur les derniers événements.

Pop ! A ce son, Draco se redressa dans son lit comme un diable sortit de sa boite. Immédiatement, sa main se saisit de sa baguette d'aubépine planquée sous son oreiller, et ses yeux passèrent le nouveau venu aux cribles.

C'était un elfe de maison. Celui qui l'avait aidé à faire ses baguages.
Plus grand que la moyenne, et habillé d'un petit costume de majordome blanc et noir, la créature l'observait aussi. Les yeux bleus aussi grands qu'une balle de tennis le fixaient calmement, les grandes oreilles de chauve-souris pointées en avant, attentives.

Draco réalisa alors que l'elfe n'était pas plus grand que ses congénères. Non, la différence résidait dans sa posture, son maintient. Contrairement à tous ceux qu'il avait vus jusqu'à présent, cet elfe se tenait bien droit, les épaules dégagées, la tête haute, et non pas voûté ou recroquevillé sur lui-même, dans le vain espoir de prendre moins de place.

- « Miss Cissy vous attend dans la salle des petits déjeuners du premier étage, dans trente minutes. » transmit-il calmement avant de disparaître dans un pop sonore.

Draco écarquilla les yeux alors que sa mâchoire inférieure se trouva en prise avec la gravité.


Fait rare, Lord Voldemort était de très bonne humeur. Après tout pourquoi ne le serait-il pas ? Déambulant dans les couloirs de la sombre demeure lui servant de Q.G, il se remémorait les causes de sa presque jubilation, les yeux brillant et ce qui lui tenait lieu de lèvres plissées en un fin sourire. Tous ses plans se déroulaient sans problèmes. Les attaques qu'il planifiait se passaient sans presque aucune résistance. Ses ennemis se tiraient eux-mêmes dans les pattes. Et cerise sur le gâteau, Dumbledore, en personne, affaiblissait la seule personne qui pouvait le vaincre selon une stupide prophétie. Non vraiment, pourquoi ne serait-il pas de bonne humeur ?

Il est vrai qu'il y avait un revers de médaille. Tous cela devenait beaucoup trop facile…

Enfin, ça lui permettait de passer à la phase deux de son plan. Mais avant, s'assurer que tout était en place…

Arrivé dans le hall d'entrée, Voldemort passa la haute porte de bois noir, marcha tranquillement dans le parc et une fois en dehors des limites des barrières anti-transplanage, disparu sans un bruit.


Beaucoup de choses pouvaient être reprochées à Cornelius Fudge. Mais s'il y a bien une chose que l'on pouvait lui reconnaître, c'était son incroyable instinct de suivi.
Et donc, devant la montagne de rapports lui signalant le nombre de morts, de blessés, de dégâts matériels, et tous les autres dommages causés par Voldemort et ses sbires en une seule nuit et face aux cris de la foule qui l'avait accueillit à sa dernière sortie sur le Chemin de Traverse Cornelius Fudge fit la seule chose sensée à ses yeux. Sans consulter ses conseillers, il mit en route le plan qu'il avait concocté avec eux.

Dans l'heure qui suivit, les médias du monde magique anglais contredirent en une seule annonce tout ce qu'ils avaient clamé durant l'année…


L'ambiance était lourde et agitée au 12 square Grimmaurd. Les membres de l'Ordre du Phénix courraient dans toute la maison, les bras pleins de dossiers et de parchemins, ou d'artefacts mystérieux.

Le Q.G de la société sécrète devait être totalement déménagé à la fin de la semaine.
Et cela n'était pas gagné…
Sans Dumbledore, occupé à Merlin savait quoi, certains sortilèges et enchantements étaient difficiles à enlever. Les membres de l'Ordre en étaient donc réduits à lutter contre leurs propres protections.

Sans parler du ministère, qui, sous la houlette de Fudge, continuait d'enchaîner les bourdes à tel point que cela devenait de l'art.
Laissant le faible pourcentage de la population possédant deux neurones, et au moins une connexion synaptique opérationnelle, pantois.


Loin de toute la frénésie s'abattant sur le monde magique, et sourd aux appels de ses alliés, Albus Dumbledore, enfermé dans son bureau, avait le nez plongé dans un épais grimoire aux pages jaunies par le temps. Ses yeux bleus, derrière ses lunettes en demi-lune, suivaient d'un regard perçant le tracé des runes écrites à l'encre de chine.
Autour de lui, des montagnes de livres, s'élevant jusqu'au plafond, emplissaient la pièce en ne laissant que d'étroits passages permettant un semblant de circulation.
De son perchoir, les plumes légèrement gonflées, le phénix dardait le vieil homme de l'air le plus réprobateur possible. Fumseck n'aimait pas du tout ça.


Hermione était sidérée, comme un automate, elle suivit le mouvement jusqu'au salon. Comment ses parents pouvaient-ils être si désinvoltes ! N'avaient-ils aucun instinct de survie ? Qu'est-ce qu'ils n'avaient pas compris ? Le terme 'mage noir' n'était pas assez parlant ?
Et en plus, ils avaient mêlés Ana et Peter à tout ça, réalisa Hermione en croisant brièvement le regard de son ancienne meilleure amie.

- « Bien. » débuta Mr Granger, mal à l'aise, en prenant automatiquement place dans un confortable fauteuil. « Peux-tu nous expliquer le pourquoi de ton attitude ? » demanda-t-il à sa fille qui se lassa tomber dans un autre.

'Par quoi commencer ?' se demandait Hermione en observant son futur auditoire. Sa mère était sur le canapé avec Ana et Peter, son père dans le vieil fauteuil dans lequel elle se serait bien blottie.

Les meubles du salon, un canapé et quatre fauteuils, tous en cuir noir, étaient dans sa famille depuis l'époque de son arrière-grand-père. Seulement ce fauteuil était particulier. Si on regardait attentivement près des plis de l'accoudoir droit, selon la luminosité, on voyait un petit trait noir, qu'Hermione avait fait au marqueur indélébile quand elle avait trois ans. Comme son père, et même son grand-père avant elle, c'était sur ce fauteuil qu'elle avait exercés ses talents d'alpinistes. En l'escaladant pour grimper sur les genoux de son grand-père, puis de son père, afin d'écouter toutes sortes d'histoires, ou un gros câlin quand les railleries des enfants du voisinage devenaient trop lourdes à porter.

- « Hermione ? » appela Marc, ramenant sa fille à l'instant présent.
Celle-ci cilla, et posa un regard brumeux sur son père. Puis se souvenant de la raison de leur réunion, elle soupira.
- « J'arrive pas à croire que j'ai cette conversation avec vous alors que ça fait plus d'un an que l'autre taré est de retour… » souffla-t-elle en se massant les tempes, soudain très lasse.
- « Langage ! » s'exclama Mrs Granger.
- « Qu'est-ce que vous a dit Mr Weasley ? » interrogea-t-elle finalement, ignorant la remarque de sa mère.

Voyant que sa femme était trop remontée pour aborder la chose calmement, Marc Granger prit la parole.

- « Il nous a expliqué que les catastrophes s'étant abattues sur le pays dans les années 70 avaient pratiquement toutes un rapport avec Voldemort. Un mage noir, considéré comme 'le plus grand' de son genre. » dit-il platement, tout cela le laissé légèrement dubitatif. « Il aurait rassemblé des fidèles partageant ses idées, et les aurait envoyés faire plusieurs attaques terroristes dans le but de prendre le pouvoir. Il a brutalement cessé ses activités en 81. » résuma-t-il sobrement.
- « OK. » s'exclama Hermione, ahurie. « Vous a-t-il dit quels étaient les buts de Voldemort en dehors de la domination du monde ? Ses idées ? Ses croyances ? » demanda Hermione, n'arrivant à croire qu'ils en savaient si peu.
- « Un truc de discrimination… » hésita-t-il, essayant de se souvenir. « Un espèce d'Hitler version sorcier quoi. » conclut-il en haussant les épaules.
- « Oh Merlin… » gémit Hermione, en se cachant les yeux de la main droite.

Pas étonnant qu'ils soient aussi détendus ! Ils ne savaient même pas ce qui risquait de leur tomber dessus à tout instant !

Pourquoi ses parents en savaient-ils si peu ? Mr Weasley ne leur avait vraiment appris que ça ? Les membres de l'Ordre venus la chercher l'année dernière ne leur avaient rien dit ? Elle comprenait que l'on ait pas voulu affoler ses parents, mais pour qu'ils soient aussi désinvoltes, elle se demandait vraiment ce qu'on leur avait dit !
Tout cela n'avait aucun sens ! Elle était fille de moldus ! Elle était la meilleure amie d'Harry Potter bon sang de bois !
D'ailleurs les membres de l'Ordre venue la chercher lui avaient dit que c'était pour ça qu'elle était conduite au Q.G. Il fallait la mettre en sécurité.
Hermione fronça les sourcils. La même pensée qu'un an plus tôt revenait la titiller. Pourquoi la mettre elle plutôt qu'Harry ? Pourquoi tellement protéger les proches du Survivant au lieu du principal concerné ?

'Mais un problème à la fois' décida Hermione, remettant une fois de plus cette pensée de côté. Elle devait d'abord tout expliquer à ses parents, ensuite elle s'attaquerait au reste. Notamment contacter Dumbledore sur le fait que des sorciers aient pu approcher à ce point ses parents.

- « Un Hitler version sorcier. » releva Hermione, un sourire sardonique aux lèvres. « Tu ne crois pas si bien dire papa. » dit-elle en voyant l'ironie de la chose. « Voldemort, -Tom Marvolo Riddle de son vrai nom-, et ses sbires, -qui se font appelés Mangemorts-, croient et prônent la pureté du sang. » expliqua-t-elle. « Ils classent les sorciers en différentes catégories : les sangs-purs, les sangs-mêlés et ceux qui sont nés de parents moldus comme vous et moi. » ajouta-t-elle pour Ana et Peter.

Ses parents, très pâles, échangèrent un regard avant de la fixer, sentant qu'ils n'allaient pas aimer les explications de leur fille. Mr Weasley ne leur avait pas exposée la chose ainsi…

- « Pour eux, les Moldus, les personnes sans pouvoirs magiques, » précisa-t-elle à l'adresse d'Ana et Peter, « ont autant de valeur qu'un rat dégoût ou un tas de merde. »
- « Hermione ! » s'exclama sa mère, ne sachant pas elle-même si elle s'offusquée du langage de sa fille ou de ce que cela laissait présager.
- « Certains ont même essayé de faire passer une loi qui classerait les Moldus comme des animaux, et leurs donnerait encore moins de droit. Pour eux, les sorciers nés de parents moldus, comme vous et moi, sont des aberrations de la nature qu'il faut exterminer. » Ils la regardèrent les yeux ronds, blancs comme un linge, choqués par ses paroles. « Ils nous appellent des 'Sang de Bourbe', ce qui est l'une des pires insultes du monde magique, et revient à dire que notre sang est sale. »

Hermione se tut, laissant le temps à ses parents de digérer ses paroles. Elle n'avait peut être pas choisi la meilleure manière de leur exposer la chose, mais au moins, maintenant, ils savaient à quoi s'en tenir.

- « Tu as raison de dire que c'est un Hitler version sorcier papa. » dit Hermione au bout d'un moment. « En dehors de leur obsession pour le sang, tout comme Hitler avait des origines juives, Voldemort est un sang-mêlé. Sa mère était une sorcière, une sang-pur, descendante de Salazar Serpentard, l'un des plus grands sorciers ayant jamais existé, connu pour avoir fondée l'école de sorcellerie la plus célèbre d'Europe. Mais son père était un moldu. »


Trente minutes plus tard, Draco se trouvait dans la salle des petits déjeuners du premier étage. De la porte, il observait sa mère qui lisait La Gazette du Sorcier en plissant le nez, assise à la table que les elfes avaient déjà dressée. Narcissa leva les yeux et les posa sur son fils auquel elle sourit doucement et l'invita à prendre place en face d'elle d'un gracieux signe de tête.

Le visage lisse, il hocha la tête en guise de salut avant de s'exécuter. Il se servit et commença son repas en épiant discrètement sa mère qui s'était replongée dans sa lecture en sirotant tranquillement son thé.

Même s'il n'en montrait rien, et bien que cela ne sciait pas du tout à un Malfoy, Draco était mort de trouille. Quelque chose en lui criait continuellement qu'il se passait un truc de pas normal. Et cette chose hurlait quand une preuve lui sautait aux yeux. Comme à l'instant, d'aussi loin que remontaient ses souvenirs, sa mère ne lui avait jamais sourit.

- « Tes bagages sont-ils prêts ? » s'enquit calmement Mrs Malfoy.

La dame leva gracieusement la main, faisant tinter son bracelet d'argent, et but une gorgée de son thé servit dans une délicate tasse en porcelaine de gobelin.

Draco cilla.

Il promena pensivement son regard sur la table, faisant mine d'hésiter entre plusieurs denrées. Le service de table renforça son anxiété.

Ce service était presque unique au monde. Comme les nains, les gobelins préféraient travailler l'or et les pierres précieuses.
Il y a des siècles de cela, un gobelin de Chine, un hurluberlu aux yeux de son peuple, s'était intéressé à l'un des emblèmes dans lequel était établie la succursale qui l'employait. Si le gobelin ne possédait pas déjà une solide réputation de forgeron, Draco était certain qu'il aurait été répudié par ses semblables.

Ce service était dans sa famille depuis des générations et malgré la fortune des Malfoy, Draco n'avait jamais osé regarder son acte de propriété, certain qu'il en serait pris de vertige.

Sa famille n'utilisait ce service qu'en de grandes occasions. Le plus souvent pour fêter des naissances…

Bien que née Black, sa mère connaissait toutes les traditions des Malfoy. Qu'elle ait fait sortir le service pour un simple petit déjeuner perturbait Draco au plus haut point.

- « Oui mère. » répondit-il sans rien laissé paraître.
- « Bien. »

Le silence s'abattit dans la salle, seulement perturbé par les bruits de porcelaine et de mastications qui raisonnaient comme des coups de tonnerre.

- « Je dois m'absenter. » indiqua Mrs Malfoy toujours aussi impassible, au bout d'un moment. « A mon retour je veux que tu sois prêt à partir. Demande à Kini de réduire tes baguages s'il ne l'a pas déjà fait. »
- « Oui, mère. »

Quelques instants plus tard, Mrs Malfoy reposa sa tasse de thé vide, puis se leva gracieusement avant de quitter la pièce. Laissant son fils en proie aux questions qui le rongeaient avec de plus en plus de force au fils des heures.

Il savait que si cela arrivait un jour, le retour du Seigneur des Ténèbres changerait pas de mal de choses. Mais il n'avait jamais pensé que cela influencerait à ce point le comportement de sa mère.


Préoccupé, Bill observait attentivement son plus jeune frère. Il faut dire que le départ de Molly Weasley de la cuisine tempêtant tout ce qu'elle savait, avait pas mal marqué les esprits. Aidé de ses frères, il avait réconforté leur petite sœur, très perturbée par son étourderie et les remontrances de leur mère. Voyant que leur action ne marchait pas des masses, il avait relancé la conversation, décidé à distraire la jeune fille. Et maintenant que tout était revenu à la normale, il prenait le temps de siroter tranquillement son café en regardant les interactions entres ses cadets. C'est là, qu'il avait remarqué l'étrange comportement de Ron.

Le teint très pâle, la tête baissée et les yeux fixés sur la table en bois massif, Ron, agité de faibles tremblements, se mordait anxieusement la lèvre inférieure, sa main droite serrant fortement son médaillon à travers son t-shirt.

Il ne l'avait jamais vu ainsi. Et plus les secondes passaient, plus Bill craignait qu'il ne rende les maigres bouchées qu'il avait avalées, verdissant de plus en plus.

- « Ron ? » s'enquit Bill doucement.

Cela alerta le reste de la fratrie, qui se tourna immédiatement vers l'interpellé après un coup d'œil à leur aîné.

- « Ron ? » appela-t-il plus fort, inquiet.

Cette fois il réagit. Mais pas comme ils l'avaient prévu.
Ron sursauta et fixa de suite son aîné, comme une bête traquée. Les yeux brillants de larmes et le regard un peu flou, un peu perdu, fiévreux.

- « Ron. » dit Bill de sa voix la plus douce. « Qu'est-ce qui y a ? Qu'est-ce qui se passe ? »
- « J'essaye… » s'étrangla-t-il, paniqué, des sanglots pleins la gorge.
- « Oui ? » l'encouragea Bill, prévenant.
- « De me souvenir. » fit le cadet, tel un enfant, les yeux de plus en plus brillants, pleins de larmes.

Et incontestablement, c'était ce que Ron faisait depuis la remarque de sa mère.
Il essayait de se souvenir.
Fébrilement, il passait sa mémoire au peigne fin. Passant en revu tous ses souvenirs.
Il essayait vraiment.
Revivant encore et encore les moments de joie comme de peine.
Cherchant désespérément. Revoyant encore et encore les mêmes éclats de rire et crises de larmes. Changeant encore et encore de point de vue pour appréhender les scènes sous tous les angles. Appelant de toutes ses forces le détail qu'il lui avait échappé.

Oui, juste échappé.
Il était là.
Il était forcément là.
Juste là.

Mais c'était où "là" ?

Refusant ce que son esprit lui criait de plus en plus fort, il se repassait inlassablement tous ses souvenirs, comme s'il visionnait un film qu'il rembobinait le mot « fin » à peine apparu à l'écran.
Encore et encore.
Niant de toutes ses forces.
Encore et encore.
Il devait se souvenir !

Fouillant les moindres recoins de sa propre mémoire comme un voleur peu scrupuleux et paniqué. Acculé.

Mais il dut se rendre à l'évidence.
Rien.
Rien !
Ce qui n'était pas possible !
Totalement absurde !
Parfaitement improbable !
Absolument impossible !

Il devait se souvenir !

- « Ron ! » cria Bill.

Celui-ci sursauta encore. Et Bill commença à avoir peur. L'attitude de son frère l'effrayait. Recroquevillé sur lui-même, il semblait en proie à une forte fièvre tremblant et frissonnant continuellement, les pommettes rouges mais le teint très pâle, les yeux anormalement humides et le regard vitreux.

- « Mais j'y arrive pas. » murmura-t-il, tel un enfant terrifié, obligé d'avouer la plus impardonnable des fautes. « J'essaye. Mais j'y arrive pas. Et c'est pas normal. C'est pas possible. » Son ton se fit plus pressant, sa voix transmettant son sentiment d'urgence.


Pansy Parkinson arpentait d'un pas énergique les couloirs du manoir familial. Arrivée à une intersection, elle tourna à droite et accéléra la cadence.

Il était absolument hors de question que cela se produise ! Elle vivante, jamais cela n'arriverait !

Mais il lui manquait des informations pour mener son plan à bien…

Elle voulait des réponses et elle les aurait !


L'Aigle d'Argent était un restaurant très prisé du monde sorcier londonien.
Situé sur le Chemin de Traverse, entre la banque de Gringotts et la boutique de Madame Guipure, le restaurant bénéficiait d'un emplacement de choix. La qualité de ses plats, le professionnalisme et la discrétion de son personnel, lui attiraient les bonnes grâces des hauts fonctionnaires du Ministère et des riches familles de Sang-Pur.

C'est dans une alcôve privée du restaurant, à l'abri des oreilles indiscrètes, que déjeunaient la Directrice du Département de la Justice Magique et sa nièce.

- « Que peux-tu me dire sur lui ? » demanda Amelia.
- « Sur quel plan ? » rétorqua Susan avec malice.
- « Tous. »

Susan haussa les sourcils. La demande de sa tante était pour le moins saugrenue. Bien que totalement légitime en tenant compte du fait que TOUS les médias du monde magique ne parlaient que de lui.

- « Et qui me demande ça ? » s'enquit Susan.
- « C'est-à-dire ? » répondit sa tante en souriant tendrement, une lueur de fierté dans les yeux.
- « Et bien, il est tout à fait légitime que la réponse puisse variée selon le point de vue… » Susan prit sa serviette de table, la déplia précautionneusement et l'étendit sur ses genoux. « Après tout, je ne m'adresse pas de la même manière à ma Tante Amy, qu'à mon soleil ou au Chef du Département de la Justice Magique… »
- « Très bien Susan ! » approuva chaudement Amelia, avant de s'assombrir. « Mais la situation est plus compliquée qu'il n'y parait. Tellement compliquée que je pense qu'il va falloir que tu t'adresses à un mélange des trois. »
Susan fronça les sourcils.
- « Mais je peux te promettre que la Chef du Département de la Justice Magique n'entendra que les éléments pouvant l'aider dans son travail et que quoique tu puisses me confier, Monsieur Potter et aucun de ses propres n'en sera inquiété. »

Susan fixa longuement sa tante. Finalement elle soupira de défaite. Elle avait raison. Dans la situation actuelle, elle devra s'en contenter.
Susan prit le verre en cristal remplit de Bièraubeurre et plongea son regard dans celui de la Chef du Département de la Justice Magique.

- « Harry n'est pas du tout comme on le croit. » attaqua Susan. « Tout ce qui est paru dans les journaux n'est que de la bouse de dragon ! Il déteste l'attention. En dehors des matchs de Quidditch, il devient encore plus rouge que la bannière des Gryffondors quand il remarque qu'on le regarde. » Susan but une gorgée de Bièraubeurre. « Très franchement, s'il n'était pas le Garçon Qui A Survécu, il passerait totalement inaperçu la plus part du temps. »
- « Comment ça ? » demanda Amelia, très intriguée par les propos de sa nièce.
Susan fronça les sourcils et son regard pensif tomba dans les reflets caramels de sa boisson.
- « C'est difficile à expliquer. » commença-t-elle, incertaine. « Harry est très populaire, c'est vrai. Mais… » Susan plissa les lèvres. « D'un point de vue scolaire, Harry est un élève lambada. A part en DFCM et au Quidditch où il est exceptionnellement doué, on ne parle pas de lui. Enfin, sauf en Potions. Mais là, c'est plus le fait de Snape que le sien si tu veux mon avis. »
Susan haussa les épaules, le regard toujours lointain.
- « Et sur ses amis ? Ses fréquentations ? » la réorienta Amelia.
- « De notoriété publique, ses meilleurs amis sont Hermione Granger et Ronald Weasley et on voit très rarement l'un sans les deux autres. Sinon, il a l'air bien intégré dans sa maison. » Susan haussa une épaule.
Amelia sembla hésiter entre hausser et froncer les sourcils.
- « Tu veux dire qu'il ne fréquente que ses deux meilleurs amis ? »
- « Non, je veux dire qu'il est très difficile de dire qui sont ses amis en dehors d'eux. Toi aussi tu as été élève à Poudlard. Tu sais comment ça fonctionne. Poudlard est un monde magique à moindre échelle. Nous sommes tous forcés de fréquenter les autres. Elèves, professeurs, fantômes, portraits, armures… Ils font partis de ce monde. Ce monde dans lequel nous vivons. Tous. Nous devons les côtoyer, être en contact, direct ou indirect, avec eux, à un moment ou à un autre. »
Susan prit une gorgée de sa Bièraubeurre.
- « Continue. » l'encouragea Amelia, agréablement surprise de la perspicacité et de la capacité d'analyse de sa nièce. Un petit sourire courba les lèvres d'Amelia.
Ne jamais sous-estimé un Poufsouffle.
- « Cette proximité constante rend difficile l'évaluation du niveau d'affinité, d'amitié entre les gens. A cause de son statut, Harry est très entouré. J'ai souvent vu des élèves se rapprocher du Trio pour faire croire aux autres qu'ils faisaient partis de la bande. Sans compter qu'Harry est assez sociable. Mais… »
- « Mais ? » répéta Amelia, intriguée par son soudain silence.

Susan se mordit la lèvre inférieure, hésitante. Finalement, elle prit une décision. Résolument, elle planta un regard déterminé dans celui de sa tante.

- « Il y a une chose dont je voulais te parler depuis longtemps, mais ce n'était jamais le bon moment. Ce n'est qu'une impression, je n'ai jamais pu en discuter avec Harry, mais j'ai même entendu les Serpentards s'étonnaient de ça tu sais. » ajouta-t-elle rapidement.

- « Tu m'inquiètes. » déclara Amelia, n'appréciant pas la tournure de la conversation.

- « Si j'ai raison, il faudra plus que s'inquiéter. » répliqua sombrement Susan.

- « Je t'écoute. »

- « Si tu veux que je continue, il faut que tu me donnes ta parole d'Haran qu'à partir de cet instant, la Directrice du Département de la Justice Magique est totalement sourde ! »

Amelia fronça les sourcils.
- « Je t'ai déjà dit que la situation… »
- « Je sais quelle est la situation. C'est la guerre ! Mais ce que je vais te dire ne concerne pas le Ministère ! En fait, ce dernier ne doit surtout pas être au courant. Ça nous mettrait tous en danger. »
- « Tu veux dire que… ? »
La mine grave, Susan hocha la tête.


Les lèvres pincées, Narcissa Malfoy regarda le carré de pelouse laissé à l'abandon dans lequel elle venait de transplaner. Elle se trouvait dans une petite place, à côté d'un parc d'enfant moldu tout aussi délabré. Les façades des maisons environnantes étaient crasseuses. La plupart avaient des fenêtres et des volets cassés et certains perrons étaient couverts d'immondices.
Cet endroit était encore plus pitoyable que dans son souvenir. Que la branche principale de sa famille fut forcée de s'établir dans un quel quartier lui faisait bouillir le sang.

Serrant les dents, elle traversa la route et longea le trottoir. Faisant de son mieux pour occulter son environnement, elle allongea le pas. Arrivée à hauteur du numéro 11, elle fixa avec fureur l'endroit où aurait dû se trouvait la maison de sa famille.
La maison était . Elle le sentait. Son sang réagissait. Non pas à la maison elle-même, mais au passage qu'elle contenait.
Narcissa tremblait de rage. Un sortilège Fidelitas ! Il n'y avait que ça pour empêcher le 12 square Grimmaurd de réagir à son sang ! Dumbledore avait osé ! Narcissia était prête à se jeter elle-même un Feudeymon ! Il n'y avait que lui pour commettre une telle infamie ! Et Sirius avait cautionné ça !
Jamais de sa vie Narcissa n'avait éprouvé une telle fureur ! N'ayant d'autres choix, elle transplana.


A suivre ….