Note :
Bonsoir.
J'espère que vous avez passé un bon Réveillon et que vous avez été gâté par le Père Noël. Pour ma part, il a répondu à mes attentes en ce qui concerne la petite histoire que je vous livre. J'avoue avoir un peu mieux respiré et avoir été assez surprise par votre enthousiasme. Tant mieux.
Je tiens à préciser que le Edward/Bella mettra un peu de temps à se mettre en place - comme vous devez vous en douter, mais je tenais quand même à éclaircir ce point. Parce que, comme vous allez le voir dans ce chapitre, ils vont un peu partir chacun de leur côté, il faudra un évènement particulier pour déclencher une sorte de rapprochement, mais soyez patientes, ça viendra.
Je vous remercie donc de tout cœur de me suivre et vous souhaite une bonne lecture, bisous ! Et très bonne année 2012 !
PS : j'ai coupé le chapitre en deux pour deux raisons : premièrement, ça aurait été à mon sens un tantinet trop long et puis j'ai une ou deux modifications à faire sur la deuxième partie. En espérant ne pas vous décevoir...
Chapitre Quatre : Le Gossip Club (part 1)
Edward's POV
Chanson : How soon is now ? _The Smiths
" ... Je ne sais pas Jake. Franchement, je ne suis pas très convaincu... "
Je tirai inutilement sur la chemise bleu nuit que l'Indien m'avait apportée. La sixième que j'essayai. Et la sixième dans la quelle je n'étais pas à l'aise.
Je n'avais pas l'habitude de ça. Ces tissus qui épousaient trop bien mes muscles et mes formes. Les trois premiers boutons défaits sur mon torse. Les manches relevées sur les coudes.
Les seules fois où je mettais une chemise, c'était pour aller au temple et écouter mon père faire son sermon. Autant dire que je n'avais jamais pris de costume à Princeton. Une grave erreur selon l'Indien : un homme devait toujours en avoir un dans son armoire.
Il ne s'était donc pas étonné que mon dernier rendez-vous avec une fille remontait déjà à mon année de Terminale.
Je ne mettais pas mon sex appeal assez en valeur.
Je n'avais pas envie de « chair fraîche. »
Je n'étais qu'un " étudiant coincé d'une prestigieuse université qui ne pensait qu'à ses notes et qui devait se branler devant des vidéos porno ".
Il était bien parti dans sa description de ma personne... Jusqu'à la chute trop brutale.
" Edward... Je t'autorise à porter tes Converses parce que ça fait classe et décontracté, mais tu me mets cette chemise ! Je ne te l'ai pas montrée en dernier pour que tu rechignes en la voyant mais pour que tu te dises : " Putain ! Jake a raison, comme toujours ! C'est celle-là qu'il me faut ! " Me dit-il depuis le lit vide de mon colocataire qui n'avait toujours pas donné signe de vie.
Je me détournai momentanément du miroir et lui lançai :
" Mais ce... ce n'est pas moi ! Soupirai-je.
_ C'est ton futur toi ! C'est cette apparence qui va vraiment te révéler aux autres et à toi-même. Je t'ai toujours dit que tu avais du potentiel ; ne me dis pas que tu n'as jamais remarqué certains regards que les filles te lancent quand tu es plongé dans tes bouquins à Firestone et que tu n'arrêtes pas de te passer la main dans tes cheveux en te mordillant la lèvre inférieure. Rien qu'en faisant ça, je suis sûr que tu as déjà mis le feu à quelques petites culottes... "
Je marmonnai dans ma barbe, préférant ne rien répliquer sur mon potentiel inexistant à " mettre le feu à quelques petites culottes ".
" D'accord pour la chemise, mais je me rase. Finis-je par céder en passant une main incertaine sur mes joues.
_ Hors de question ! " Dit-il en se levant pour se placer à côté de moi.
Il me dépassait presque d'une tête et dans le reflet du miroir je me rendis compte à quel point nous étions dissemblables : là où il était tout en muscles, moi, je ne devais le ridicule dessin de mes abdominaux qu'au footing quotidien que je faisais et à une alimentation saine et équilibrée, là où il était mate de peau, j'étais pâle comme la Mort, là où il était sûr de lui, j'étais le manque de confiance en soi réincarné... Quand je le regardais dans sa chemise noire et son jean légèrement élimé, une part de moi ne pouvait s'empêcher de l'envier. Pour son assurance, son charisme et l'aura de magnétisme qu'il dégageait.
" Tu es très bien comme ça. Angela va en tomber à la renverse. Sourit-il.
_ Jake... Angela n'est pas amoureuse de moi. Grognai-je pour la énième fois.
_ Un jour, il faudra que tu ouvres les yeux sur les véritables intentions de cette fille. L'as-tu déjà vu avec un mec ?
_ Je... Non ! Enfin, je ne sais pas ! Elle dit qu'elle me dit tout, mais ce n'est peut-être pas le cas.
_ L'as-tu déjà entendue parler de quelqu'un d'autre ? Continua-t-il, imperturbable.
_ ... Non.
_ L'as-tu déjà vue saliver sur un autre mec ?
_ ... Non.
_ Cette fille est amoureuse de toi. Elle est là dès que tu l'appelles. Elle rougit quand tu lui souris. Elle bouffe du regard chacun de tes mouvements, chacune de tes paroles.
_ ... On se connaît depuis des années.
_ Et elle t'aime depuis des années. Si c'est pas mignon...
_ Mais... Ben...
_ Ben ? Elle ne sait pas qui c'est, Edward. Ben n'existe pas dans le monde parfait d'Angela Webber. "
Je le regardais quelques secondes à travers le miroir et finis par secouer la tête en me détournant pour aller m'asseoir sur mon lit.
Cette histoire était complètement débile et insensée.
Angela amoureuse de moi… Ca relevait presque de l'inceste.
J'avais connu cette fille au primaire – ses parents faisaient partie des ouailles de mon père – et on avait très vite sympathisé. On était devenus amis et j'avais été dépité quand son père avait lancé un non catégorique à notre demande commune de la mettre avec moi à Ste Prudence. Avec elle, peut-être aurai-je survécu avec moins de dégâts…
On était quand même restés en contact. On se voyait régulièrement. Et elle était devenue ma confidente, celle à qui j'avouais mes craintes, celle qui couvait ma haine pour Swan et ses larbins.
Elle ne m'avait jamais trahi. J'avais toujours pu compter sur elle. Et puis elle m'avait dit au cours du lycée qu'elle ferait tout pour qu'on se retrouve à l'université.
Et ça s'était concrétisé. Même si elle s'était dirigée vers le domaine économique.
Alors penser que cette fille, qui était pour moi comme ma sœur de sang, était amoureuse de moi… Mon cerveau n'acceptait tout simplement pas l'idée.
Et puis même ! Je n'avais jamais remarqué des regards trop appuyés ou le fait qu'elle « bouffe chacun de mes mouvements du regard ».
« Je ne pense pas que Angela soit amoureuse de moi. » Répétai-je au bout d'un long moment de silence.
Il roula ses yeux et sortit son portable de la poche arrière de son jean.
« Un peu plus de 20 h 30. On va y aller maintenant si on doit prendre tes deux boulets en chemin. » Fit-il en se levant.
Une vague d'angoisse immergea mon estomac, et j'avalais ma salive avec un peu de difficulté. Comme une fille à son premier bal de lycée, je me regardai pour la énième fois dans le miroir et passai une main nerveuse dans mes cheveux déjà bien emmêlés.
« Ça va bien se passer. Je suis là. Et si tu repères une fille, je te promets de te filer des tuyaux. » Me dit-il avec un clin d'œil.
J'eus un rire à la fois nerveux et jaune : comme si j'allais taper dans l'œil de quelqu'un ce soir, ou comme si j'allais rencontrer la femme de ma vie… Ridicule.
Je saisis ma veste à capuche gris chiné et me figeai sous le regard désespéré de Jacob, comme si je venais de commettre une faute de goût irréparable.
« Tu crois que je t'ai apporté une veste de costume pour faire joli sur ton lit ?
_ Je croyais que c'était la tienne. Marmonnai-je.
_ Non. J'ai le sang chaud. Au propre comme au figuré, d'ailleurs.
_ Qui te dit qu'elle va m'aller ? Fis-je en la regardant d'un air sceptique.
_ J'ai l'œil pour les fringues. Tu peux me faire confiance. »
Je l'enfilai de mauvaise grâce et fus surpris de la trouver aussi confortable. En effet elle m'allait comme un gant.
« Je te ferai pas la bise, même si tu me supplies. » Marmonnai-je à nouveau.
Il éclata de rire en me donnant une tape dans le dos et nous sortîmes de ma chambre.
Ben et Angela étaient sensés nous attendre devant mon immeuble, et ce fut effectivement là que nous les retrouvâmes quelques minutes plus tard.
Je jetai un rapide coup d'œil à Angela, ne pouvant m'empêcher de me rappeler la conversation que nous avions eu plus tôt avec Jacob.
« Edward, tu… Enfin… Waw… Ça change. » Balbutia-t-elle.
Je lui fis un sourire tremblant et crispé, ne sachant pas trop quoi lui répondre.
Jacob me regarda d'un air « qu'est-ce que je t'avais dit ? » mais se contenta de discuter avec Ben.
« Euh… Merci. Tu… C'est très joli… Ce que tu portes. » Fis-je sur le même ton.
A ma grande honte, je sentis mes joues s'échauffer et me tournai rapidement vers Ben pour lui demander comment s'était passée sa pré-rentrée, étant donné que je n'avais pas eu le temps de le voir depuis.
« Oh, ça va… On va avoir pas mal de boulot avec Angie, mais… ça va. »
Je surpris son regard et son sourire tendres, alors qu'il la dévorait des yeux. Pourquoi ne voyait-elle pas l'évidence ?
« Je n'aurais peut-être pas dû mettre ses talons. Ils me font déjà un mal de chien. » Grogna-t-elle en se dandinant sur place.
Je regardai pour la première fois ce qu'elle portait. Une robe pull noire toute simple avec plusieurs sautoirs rouges et blancs. Elle avait à la main une pochette assortie à ses colliers et ses chaussures à talons la grandissaient d'au moins 7 cm. Elle semblait avoir eu du mal à faire son chignon savament compliqué car quelques mèches folles s'en échappaient. Elle était manifestement mal à l'aise – je n'avais pas le souvenir de l'avoir vue habillée vraiment en « femme » - mais elle était vraiment jolie.
Ben lui, fidèle à lui-même, portait un t-shirt noir où était inscrit en rouge, comme s'il avait voulu être assorti à Angela, The world is mine.
« Mec… Pour notre prochaine sortie, tu viendras dans la piaule d'Edward et je te transformerai en sex symbol pour ta dulcinée. Fit Jake en regardant son t-shirt.
_ Ma dulcinée ? Je ne vois pas de quoi tu parles… » Débita-t-il en lançant un regard angoissé à Angela.
Jacob ricana et Angie passa son bras gauche sous mon bras droit.
« Maintenant que nous sommes tous là, Jacob, tu pourrais nous révéler où tu as l'intention de nous emmener. »
Nous nous tournâmes comme un seul homme vers lui, et il se redressa en nous lançant un regard mystérieux accompagné d'un sourire en coin.
« Je ne me suis pas moqué de vous. Je vous emmène où tout le monde doit être le premier Vendredi d'une année scolaire.
_ A la soirée VIP du Gossip ? » Hallucina Angela.
Ben le regard, éberlué, tandis que mon estomac tombait dans mes talons.
Non… Non, pas ça.
« Je ne viens pas. Fis-je en me détachant d'Angela.
_ Mais… Edward…
_ Ed, je sais que tu ne l'aimes pas, mais… Ça se trouve, on ne la verra même pas, ou très peu. Répliqua Ben.
_ Non mais j'hallucine ! Vous vous entendez tous les deux ? » M'écriai-je.
Ils se jetèrent un regard coupable.
« Swan est tout le contraire de nous ! Swan vit en dehors du monde réel ! Continuai-je.
_ Edward… Ce n'est qu'une soirée. Tempéra Jacob.
_ Toi, tu la fermes ! Ce n'est pas qu'une soirée, et tous, autant que vous êtes, vous le savez parfaitement ! C'est le prolongement de mon calvaire personnel. Et puis, même ! On ne sera jamais acceptés dans son foutu bar de pimbêches et de bodybuildés ! Il faut des entrées, tout le monde sait ça. »
D'un geste théâtral, Jacob sortit quatre ticket en papier glacé noir où était écrit en blanc d'un style fin et ouvragé « Pass VIP Gossip ».
Angie poussa un petit cri étouffé et les prit d'un geste involontaire pour les observer de plus près.
« Comment les as-tu eus ? Souffla-t-elle tandis que Ben se penchait à son tour sur elle.
_ Qui as-tu soudoyé ? Demandai-je en même temps.
_ Je me suis arrangé avec Alec. Répliqua-t-il avec un sourire suffisant.
_ Quoi ? Parce que Alec a l'intention d'y aller aussi ? »
C'était la soirée où tout le monde dévoilait son vrai visage, pas possible.
Jamais au grand jamais je n'aurais cru voir Angie un jour émerveillée par des cartons d'invitation du Gossip, même si elle ne m'avait jamais donné son avis sur Swan et sa clique et qu'elle s'était toujours contentée de m'écouter avec patience et attention.
Elle ne s'intéressait pas à la mode.
Elle ne s'intéressait pas aux futilités.
Du moins, la Angie que je connaissais ne s'intéressait pas à ces choses-là.
Elle était simple, se souciait à peine de son apparence et c'était comme ça que je l'aimais.
Alec était un ami que j'avais rencontré lors d'une de mes interminables séances à la bibliothèque. Il était étudiant en Histoire de l'art et était fou amoureux d'une fille. Et quand il m'avait présentée Rosalie Hale, la blonde pulpeuse qui accompagnait partout Swan, il était retombé bien bas dans mon estime. Mais je m'étais vite ravisé sur deux points : premièrement, Rosalie n'était pas aussi conne et sadique que Swan. Et deuxièmement, la fille dont me parlait Alec avec tant de passion, n'était pas elle.
Je n'avais jamais osé aborder le sujet avec lui.
Quand il en parlait, c'était pendant des heures, comme s'il se libérait d'un poids.
Il en parlait avec véhémence, presque avec douleur. Et je m'étais demandé… Demandé si cette fille qu'il ne nommait jamais n'était pas la pire de toutes. Parce que, chose troublante, il semblait haïr Swan autant que moi, voire même plus.
« Apparemment, sa chère et tendre l'a convaincu. Me répondit Jake.
_ Il est trop faible.
_ Edward, s'il te plaît… Me souffla Angie.
_ Non ! Et puis, merde ! Qu'est-ce que j'y ferai ? M'énervai-je.
_ Ce que tout le monde fait au Gossip : s'amuser.
_ On pourrait s'amuser ailleurs. Ce n'est pas la seule soirée étudiante du campus, tout de même ?
_ Justement, si. Isabella s'arrange toujours pour être la seule soirée quand elle en organise une. Ça lui fait plus de publicité et donc plus de clientèle et de curieux. Ecoute, Edward. On va faire un deal, tous les deux : on y va, on y reste une petite heure, et si tu ne t'y plais vraiment pas, on rentre. Ok ? »
Angie me regarda d'un air suppliant, comme si j'allais lui faire rater la meilleure soirée de sa vie si je refusais.
Ben, lui, me regardait avec appréhension, comme s'il avait peur que la vision féminine d'Angela se volatilise trop rapidement.
Jake attendait, visiblement sûr de ma réponse.
Je regardais une nouvelle fois mes deux amis et finis par pousser un soupir de résignation qui étira un sourire triomphant sur le visage de l'Indien, alors qu'il dégainait son portable.
°o.o.o°
Bella's POV
Chanson : Toi qui manques à ma vie _ Natasha St Pier
°o.o.o°
Serrée dans une création d'un certain Demetri Volturi, un ami d'Alice qui selon elle allait devenir le prochain Marc Jacobs, et perchée sur des talons aiguilles italiens Casadei noirs – ma marque italienne fétiche -, je vérifiai les derniers détails de la fête d'ouverture du Gossip avant l'ouverture des portes, un calepin et un stylo à la main.
La porte du Gossip Club s'ouvrit sur Alice glissée dans une robe de cocktail jaune canari, chaussures et pochette assortie. A chaque fois que je la voyais mettre sa couleur préférée, je me disais toujours deux choses contradictoires : premièrement, elle avait des goûts douteux, deuxièmement, il n'y avait qu'elle pour la porter avec autant d'élégance.
Elle me regarda avec ravissement, un brin de fierté dans ses yeux noisette, et m'embrassa.
" Sublimes, tes boucles. " Chantonna-t-elle en touchant délicatement mes cheveux qui cascadaient sur mes épaules.
Je grimaçai.
" J'aurais peut-être dû les relever. Mais je n'ai pas eu le temps. James m'a appelée en catastrophe à cause du buffet et... "
Je m'interrompis devant son sourire goguenard et roulai des yeux avant de compulser à nouveau ma liste ; inutile de perdre mon temps en palabres quand elle ne me croyait pas et qu'elle avait raison de ne pas le faire. Il me restait la réserve d'alcool à vérifier.
" Où est Rose ? Me demanda-t-elle en regardant de tous les côtés.
_ Avec son crève la faim, je suppose. Marmonnai-je.
_ Bella...
_ Quoi ? C'est toujours l'impression qu'il me donne quand je le vois.
_ Sois gentille.
_ Je ne lui parlerai pas si c'est de ça dont tu parles. Tu as réussi à distribuer les derniers cartons qu'il te restait ?
_ Oui. Ils sont partis rapidement, comme je te l'avais dit.
_ On est jamais trop prudents. Je veux que les nouvelles recrues entrent en premier. J'ai vu la dernière il n'y a même pas deux heures, c'est pour ça que j'ai dû me préparer en catastrophe.
_ Tu as parlé avec Rose ? »
Je fis semblant de voir une anomalie sur ma liste et pris tout mon temps pour lui répondre.
« On a reporté.
_ Bella...
_ Elle a compris pourquoi ! On doit se voir dans la semaine. »
Et c'était vrai.
Je l'avais appelée dans l'après-midi et elle m'avait semblé enchantée de la passer avec son crève la faim.
Je me dirigeai vers la réserve située derrière un rideau pourpre et allumai la lumière. Après un rapide décompte des bouteilles, je soufflai de soulagement je n'avais pas engagé James seulement pour sa plastique mais aussi pour son efficacité et son CV.
Tout était enfin prêt.
Je regardai ma montre et allai pour la première fois à l'une des vitres du bar pour voir la file d'attente s'allonger. Parfait il semblait y avoir déjà une trentaine de personnes. Je vérifiai aux alentours s'il n'y avait pas de personnes suspectes, genre des paparazzis, qui avaient toujours eu beaucoup de mal à se fondre dans la foule et ne repérai rien.
Je souris, satisfaite.
J'allais me retourner quand deux bras chauds et puissants s'enroulèrent autour de ma taille, me raidissant un peu.
« James… Non. Soufflai-je quand ses dents vinrent mordiller mon lobe droit.
_ Tu as été parfaite, cet après-midi. » Me répondit-il sur le même ton sans me lâcher.
Je grognai au souvenir de notre étreinte contre la porte d'entrée de mon duplex, sur mon canapé disign et dans ma douche. Malgré moi, mes doigts caressèrent le dessus de sa main qui enserrait ma taille, réveillant dans mon ventre une ondée de papillons.
C'était la dernière fois.
Il fallait que ce soit la dernière fois.
Et il fallait le lui dire…
« Tu ne reviendras plus. » Chuchotai-je en m'obligeant à enlever mes doigts de sa peau.
Je sentis son sourire se former sur mon cou.
« C'est à cause de Tanya ? » Murmura-t-il.
Je m'arrachai de son étreinte et me retournai pour lui lancer un regard noir.
« Qu'est-ce que tu lui trouves ? Sifflai-je.
_ La beauté du Diable. » Sourit-il.
Je m'en voulais encore de ma réaction quand j'avais fait passer son entretien à Tanya Denali la veille et qu'il l'avait dévorée des yeux pendant près de trois quarts d'heure. Elle était arrivée avec dix minutes d'avance mais j'étais déjà en entretien et Rose, derrière moi, pour mon plus grand malheur, l'était aussi.
Elle était parfaite.
Encore plus belle que sur la photo qu'elle avait envoyé.
Vêtue d'une robe noire de ville toute simple agrémentée d'un chale en cachemire bleu roi, de ballerines de la même couleur, d'un sac Hermès noir et d'aviators, les cheveux relevés en un chignon serré parfait – encore plus parfait que le mien… - elle m'avait sourit avec une sorte de candeur juvénile et s'était dirigée avec légèreté vers le bar… où le loup salivait déjà sur l'agnelle.
Il était de suite parti en chasse.
Elle lui avait répondu d'une voix claire et sensuelle, comme une fille qui a l'habitude que les garçons s'intéressent à elle.
Ses yeux avaient été indécents.
Elle n'avait pas semblé y faire attention mais j'avais senti qu'elle n'était pas dupe et qu'elle le laissait volontiers faire.
J'avais explosé intérieurement.
Si bien que la malheureuse Tamara à qui je faisais passer son entretien était partie limite en pleurant et avait fait une belle croix sur son souhait de devenir membre officiel du Gossip.
« Je t'interdis de l'approcher. » L'avertis-je.
Il éclata d'un rire franc et net.
« Jalouse ?
_ Tu n'as pas à sortir avec une des membres de ma confrérie. C'est contre l'éthique.
_ Je n'ai pas à sortir avec la fille de mon patron. Et pourtant je le fais.
_ Tu ne sors pas avec moi.
_ Oh, pardon, mademoiselle la Présidente. Je n'ai pas à coucher avec la fille de mon patron. Et pourtant je le fais. Est-ce mieux ?
_ Arrête avec ton obséquiosité ! M'agaçai-je.
_ Alors arrête avec tes ordres. Bella, je t'ai toujours dit que je faisais ce que je voulais. On s'amuse ensemble, et on aime ça mais ça ne va pas plus loin. Jamais tu ne me feras rencontrer ton père et mes parents sont morts.
_ Je te hais ! » Crachai-je en sentant mes yeux s'humidifier.
Il passa une main rassurante et incroyablement chaude sur ma joue droite, accélérant les pulsations de mon cœur, et me sourit comme il aurait souri à une enfant.
« Je sais très bien ce que tu ressens pour moi, Bella. Mais je ne suis pas celui qu'il te faut et quelque part, je sais que tu le sais. »
Après ces mots, il lâcha ma joue et s'éloigna vers les quatre étudiants qu'il avait engagé pour l'occasion, me laissant seule, au bord du gouffre.
Je pris une profonde inspiration et refermai mes doigts sur mon stylo.
Oui… C'était définitivement la dernière fois que je le laissais me toucher.
« Bella ! J'ai Rose au téléphone, elle a oublié son carton et l'un des gorilles de l'entrée l'a refoulée avec Alec, tu… Hey ! Tu vas bien ? »
Elle s'approcha de moi et passa un bras protecteur autour de mes épaules.
« Un jour, je lui exploserai les couilles à ce salaud. » Marmonna-t-elle .
J'esquissai malgré moi un sourire pendant qu'elle me prenait plus étroitement contre elle.
« Il faut que tu le vires de ta vie, Bella. C'est la seule solution. Me dit-elle.
_ Mais… Il faudra que je trouve quelqu'un d'autre. Que j'explique la situation à mon père… Papa ! »
Je m'éloignai d'un coup des bras d'Alice et regardai ma montre. J'avais complètement oublié que je devais appeler mon père ce soir.
J'essayai d'essuyer les larmes qui avaient commencé à se former dans mes yeux et tentai de reprendre le contrôle sur moi-même.
« Prends mon pass, il est sous le bar. S'il ne veut toujours pas la laisser passer, envoie-le moi. Voilà pourquoi j'ai horreur de ne pas travailler avec les même personnes. Et tu peux leur dire que c'est la première et dernière fois que je les engage. Je ferai appel à une autre agence pour notre prochaine soirée. »
Je m'éloignai vers la petite salle destinée à servir de vestiaires pour récupérer mon iPhone et appelai mon père… pour tomber sur la messagerie. Je m'excusai de mon retard et le remerciai pour les 10 000 $ qu'il avait eu la gentillesse de me verser en compensation à mes huit semaines de stage dans son cabinet et lui promettais de le rappeler durant le week-end. J'hésitai un moment à lui parler de James mais décidai qu'il serait plus sage de le faire de vive voix et lui souhaiter de passer une bonne soirée.
De retour dans la salle, Rose et son crève la faim entraient alors que j'entendais crier Alice d'une voix haut perchée sur les gardes du corps de l'entrée.
J'embrassai Rose et me forçai à faire un sourire à Alec, qui comme à son accoutumée, me regarda comme s'il observait quelque chose à travers une fenêtre.
« Tu es superbe. Me complimenta Rose.
_ Pas autant que toi. Souris-je en contemplant son drapé de soie noire asymétrique.
_ Une création de Demetri.
_ Copieuse. La taquinai-je.
_ Il fait vraiment de pures merveilles. Répliqua-t-elle en touchant de ses doigts fins le tombé en voilage de ma robe.
_ Oui. Il faudra que je passe dans son atelier. Vous voulez boire quelque chose ?
_ Volontiers. Je meurs de soif. Mais je vais d'abord mettre mes affaires au vestiaire.
_ Laisse. » Souffla Alec en lui prenant son sac et sa veste.
Elle le remercia d'un sourire attendri puis il s'éloigna.
« Excuse-moi pour le lapin de cet après-midi. Fis-je, une fois seules.
_ Ce n'est rien. On en a profité pour se balader.
_ On peut se voir demain, si tu veux. »
Elle me regarda avec surprise.
« Ça ne va pas ? » me demanda-t-elle.
Je ne pus m'empêcher de regarder en direction du bar où James installait des coupes de Champagne.
« Je t'expliquerai. Répondis-je.
_ Oh… » Souffla-t-elle en suivant mon regard.
Elle posa une main réconfortante sur mon bras.
« Ne t'en fais pas… On va passer une bonne soirée tout de même. » Me dit-elle avec un léger sourire au quel j'eus grand mal à répondre.
°o.o.o°
Edward's POV
Chanson : Somebody to love _ Queen
°o.o.o°
Les mains fermement plongées dans les poches avant de mon jean, je regardai avec de plus en plus d'appréhension les portes de l'antre du Diable se rapprocher inexorablement.
Depuis que nous avions quitté ma résidence, je n'avais pas décroché les mâchoires, même quand Jared, le secrétaire de notre doyen et accessoirement un des amis les plus proches de Jacob qui semblait partager avec lui sa passion obsédante pour Swan, nous avait rejoint.
Je cherchais frénétiquement un moyen ou une excuse pour m'éclipser avant que nous arrivions.
Mais rien ne venait.
Je ne trouvais rien.
« Et une de plus. Ria Jared.
_ Il va lever une nana ce soir. Et ça sera grâce à moi. » Se rengorgea Jake.
Je les regardai sans comprendre, m'arrachant à mes profondes réflexions.
« A 1 heure. » Me fit Jared avec un clin d'œil.
Jake me fit un « oui » de la tête confiant et par réflexe, je me retournai.
Je croisai le regard d'une rousse à la chevelure sauvage qui portait une robe noire à fine bretelles près du corps, très simple. Qui me sourit. D'un sourire à la fois charmeur et… énigmatique.
Je sentis mes joues s'échauffer et détournai mes yeux, mal à l'aise.
« Pas mal. Fit Jacob.
_ Et encore. T'as pas vu la blonde qui est avec elle. Canon. » Répliqua Jared.
Une fois n'est pas coutume, Ben et Angie semblaient plongés dans une grande conversation, coupés du monde. Angela agitait ses mains, signe qu'elle n'était pas d'accord avec ce que lui disait notre ami.
Je me détournai et passai une main dans mes cheveux : si cette soirée avait pour résultat un rapprochement certain entre ces deux-là, elle n'aurait pas été raté jusqu'au bout.
« Ed ! Ta future approche. » Me murmura rapidement Jacob.
Je me tournai rapidement pour me retrouver presque nez à nez avec la rousse qui m'avait regardé quelques secondes plus tôt.
« Salut. Ma copine te demande si tu ne voudrais pas prendre un verre avec nous à l'intérieur. Tu peux amener tes amis, aussi. » Me dit-elle d'une voix légèrement rauque.
Je l'observai un instant sans réagir, pas très sûr d'avoir compris l'information.
« Il accepte. Répliqua à ma place Jacob.
_ Plutôt deux fois qu'une. » Renchérit Jared avec un sourire charmeur.
La rousse cependant, se tourna vers moi et attendit ma réponse.
« Euh… Oui. » Bégayai-je.
Elle eut un léger sourire en coin.
« C'est la blonde avec le dos nu noir et l'étoile en argent en dessous des omoplates. » M'indiqua-t-elle.
Je suivis son indication et vis en effet à quelques mètres devant une blonde, les cheveux relevés en un chignon compliqué en pleine discussion avec trois autres filles.
« Elle s'appelle Tanya. M'apprit-elle.
_ Et toi ? Demanda habilement Jacob.
_ Victoria. Mais tu peux m'appeler Vic, si tu veux. Répliqua-t-elle avant de s'éloigner pour rejoindre ses copines.
_ Belle plante. Fit Jared.
_ Pas mal du tout, ouais. Edward, tu vas faire un carton ce soir. »
Je haussai des épaules, regardant toujours la fille mystérieuse qui m'avait invité ou prétendument invité et la vis quelques secondes plus tard sortir des rangs avec ses copines.
« Elle passe devant. A mon avis, c'est une nouvelle recrue de Queen Swan. » Dit Jared.
Je grimaçai au surnom qu'il lui donnait.
Jake et son ami entamèrent une conversation sur la voiture de ce dernier et me fichèrent la paix jusqu'à ce que nous arrivions devant deux hommes d'au moins deux mètres et trois fois plus larges que moi, une liste dans les mains de celui qui se trouvait à ma gauche.
« Noms et pass. » Grogna-t-il.
Jacob s'empressa de lui répondre et de lui donner cérémonieusement les cartons d'invitation.
« Black. Cinq personnes, c'est bien ça ? Demanda-t-il, les yeux fixés sur sa feuille.
_ Exact. Répondit l'Indien.
_ Allez-y. »
Puis, le second garde du corps nous ouvrit la porte d'entrée des Enfers.
Plus d'une cinquantaine de personnes se trouvaient déjà à l'intérieur, buvant, riant ou s'interpelant.
Je les regardai comme un explorateur dans un monde nouveau, sur ses gardes et pas très sûr de lui, extrêmement mal à l'aise.
Alors c'était ça l'ambiance du Gossip Club.
Des banquettes en cuir rouge et noir, un gros néon rouge indiquant « Gossip Club » d'une écriture finement ouvragée au dessus du bar, l'alcool qui coulait à flot, un étage plus discret dont l'escalier était toujours éclairé de néons rouges entrelacés aux barreaux de fer, de petites tables et une ambiance feutrée et jazzy.
Un endroit que je n'aurais jamais associé à Swan.
« Vous voulez boire quoi ? Nous demanda Jacob.
_ Une Vintage n°1. Répondit aussitôt Jared.
_ Ils en ont ? Hallucina Ben.
_ Isabella ne lésine jamais sur la qualité. Répliqua le secrétaire.
_ Mais c'est la bière la plus chère du monde et elle vient du Danemark !
_ Papa a les moyens. » Fis-je. « Tu me prends une bière aussi. Mais une pression simple.
_ Et c'est… gratuit ? Hésita Ben.
_ Du moment où on a payé l'entrée… Dit Jake en haussant des épaules.
_ On a rien payé du tout. Répliqua Angela.
_ Vous inquiétez pas. Je les ai eues gratuitement. Enchaîna-t-il en nous faisant un clin d'œil.
_ Waw… Euh… Une Tequila Sunrise. »
Je me tournai vers elle, et la regardai, presque sous le choc.
« Euh… Angie… Tu ne bois jamais d'alcool… Hasardai-je.
_ T'inquiètes. C'est deux verres d'alcool par personne maximum. On te composte ton carton dès que tu prends un verre au bar. Les soirées du Gossip Club sont connues pour ça Isabella tient à ce que la conduite de ses invités soit irréprochable et limite au maximum tout débordement.
_ On est à Princeton, Edward. L'une des plus grandes universités de la planète. Et on a survécu sans trop de dommages jusqu'à notre quatrième année. Je pense que ça a le mérite d'être arrosé. Me répliqua mon amie.
_ Donc, une Vintage n°1, une pression, une Tequila Sunrise et… Résuma Jacob en se tournant vers Ben.
_ Ben… Si on peut prendre ce qu'on veut… Je veux bien goûter la Vintage n°1.
_ Pas de soucis. Edward, si tu veux trouver ta copine, il faut monter à l'étage. Je vous rejoins quand j'ai passé la commande. »
Après un tour rapide dans les vestiaires, nous prîmes la direction de l'escalier en bois qui menait à l'étage.
Je me sentis de suite beaucoup mieux qu'en bas il y avait trois fois moins de monde.
Quelques regards curieux se tournèrent vers nous quand je repérai la rousse qui m'avait parlé quelques minutes plus tôt, un verre à la main, en train de discuter avec Rosalie Hale.
Mon estomac se tordit en voyant l'espèce de carré VIP où se trouvait ma mystérieuse inconnue, ses amies, Rosalie Hale, Alec et… Swan. Cette dernière était en pleine conversation avec la blonde qui m'avait invité. Celle-ci était toujours dos à moi, de telle sorte que je ne pouvais distinguer ses traits. Mais rien que le fait de la voir avec Swan me fit freiner des quatre fers.
« Oh, putain. Elle est avec Queen Swan. » Murmura Jared avec excitation.
Il me poussa en avant pour que je me dirige vers la table, et dans son élan, je trébuchai presque sur mes pieds. Ce fut à ce moment-là que je croisai le regard impénétrable de Swan qui se figea dans sa phrase avant de la poursuivre.
« Hey ! » me fit alors la rousse qui nous avait dit s'appeler Victoria.
Puis, la blonde se retourna et je crus que le monde allait s'écrouler sous mes pieds.
Un léger sourire étira ses lèvres pleines lorsque nos regards se rencontrèrent et mon estomac se noua instantanément.
Elle n'était pas belle, non. Elle était… Parfaite.
Des traits et des sourcils fins, un nez aquilin, une peau légèrement bronzée, des lèvres rouges et un regard, qui de là où je me trouvais, me sembla clair. Du bleu. Ou peut-être du gris.
Est-ce qu'on pouvait tomber amoureux au premier regard ?
Etre sûr d'avoir rencontré la femme de sa vie au moment même où elle entrait dans notre champ de vision ?
La réponse à ces deux questions me semblait tout à coup évidant, alors que je n'arrivai toujours pas à détacher mes yeux des siens : oui.
Plus rien n'existait, désormais.
De la pièce où nous nous trouvions, aux personnes présentes.
Il ne restait que nous.
Nous, les battements de mon cœur et cette vieille chanson qui commença à raisonner dans ma tête : Somebody to love du groupe mythique britannique Queen…
