Et c'est parti pour le deuxième OS d'Orage Céladon. J'admets que l'idée de cet OS est assez étrange, mais sur le moment je la trouvais plutôt originale…

Disclamer: L'univers de Harry Potter appartient à JKR.


Baguettes perdues.


« Vous n'avez qu'à aller vous promener avec Scorpius dans le jardin, suggéra Astoria. J'irai vous chercher quand on servira la tarte au chocolat.

- Bonne idée, chérie, approuva son père en se levant du canapé de velours.

- Lucius, vas-y avec eux, je suis sûre que Scorpius sera ravi d'avoir ses deux grands-pères avec lui. »

La réponse de Lucius se perdit dans un grognement peu élégant et sa femme lui jeta un regard d'avertissement.

« Allons, Lucius, je sais qu'avoir dû céder votre maison de campagne à Vienne vous a attristé, mais ce n'est pas la fin du monde, déclara Orphée Greengrass.

- Vendre, pas céder, corrigea le descendant d'Abraxas Malefoy.

- Si vous le dites, dit Orphée clairement peu convaincu. Scorpius, on y va ? Ton autre grand-père boude à cause de la vente d'une de ses maisons, allons-y donc tous les deux.

- Pourquoi il a dû la vendre ? interrogea Scorpius en suivant son grand-père maternel.

- Parce qu'il devient aussi pauvre qu'un Weasley… »

La voix de ce dernier se perdit dans le couloir.

« Quoi ? Aussi pauvre qu'un Weasley ? Non mais… s'indigna Lucius en se levant de son fauteuil. Attendez-moi ! »


« Moi pauvre ? On aura tout vu ! Ma fortune dépasse plus de vingt ans de salaire du ministre de la magie ! beugla le père de Drago au beau milieu des haies. Non mais qu'est-ce que vous croyez ?

- Vraiment ? Selon la Gazette, votre fortune est descendue à la… la trente-neuvième ou quarantième place des plus grandes fortunes d'Angleterre ? Attendez, je vous montre l'article de ce matin… »

Orphée Greengrass sortit sa baguette magique des plis de sa robe.

« Fais attention, grand-père, conseilla Scorpius, parrain m'a offert un hibou qui vole les baguettes magiques.

- Peuh ! Une chouette voleuse ? Ce n'est pas ça qui va arriver à faire peur à ton grand-père… »

Et comme pour illustrer ses dires, une ombre plana silencieusement au-dessus de leurs têtes. Elle décrivit de grands cercles et se mit soudainement à foncer en piquet sur le petit groupe.

« Stupefix ! Stupe…hé ! Lâche ça, le pigeon ! »

La baguette en bois de chêne fut arrachée à coups de bec acéré à un Orphée qui tenta de retenir le hibou. Mais tout ce qui lui resta dans les mains fut quelques plumes grises.

« Mais faites quelque chose ! » brailla le sorcier en direction des deux Malefoy immobiles, l'un, les yeux fixés vers le ciel, et l'autre, la bouche au sourire narquois.

Le hibou voleur hulula de contentement et vola à tire d'aile à travers le jardin, suivi de près par Orphée qui le poursuivait, ses bottes en cuir de dragon piétinaient les parterres fleuris et effrayaient les éventuelles créatures magiques présentes qui se terraient aussitôt.

« Je vais t'embrocher, sale oiseau de malheur ! Rends-moi ma baguette ! »

Les deux Malefoy le rejoignirent à grandes foulées vers le poirier devant lequel il insultait le volatile.

« Eh bien, Greengrass, on a des problèmes avec les hiboux ?

- Oh, vous, la ferme ou…

- Ou quoi ? » le nargua Lucius en faisant tourner négligemment sa propre baguette entre ses doigts.

Scorpius ajouta :

« Non, il ne faut pas faire des brochettes avec Thot, parrain il sera pas content ! »


« Petreficus totalus ! Stupefix ! »

Le dernier éclair rouge se contenta de décimer quelques feuilles du poirier.

« Dites, vous étiez vraiment le bras droit de Vous-Savez-Qui ? Parce que là, j'admets avoir de sérieux doutes…

- Vous croyez que c'est facile, peut-être, de viser un stupide hibou qui joue à cache-cache derrière un feuillage ? rétorqua Lucius.

- C'est qui, Vous-Savez-Qui ? intervint Scorpius.

- Mais abattez-le, ce fichu pommier !

- C'est un poirier. Vous étiez vraiment à Serdaigle ? Parce que là, j'avoue avoir de gros doutes… »

Orphée gonfla ses joues qui viraient lentement au cramoisi et commença mentalement à compter jusqu'à dix.

« Alors, c'est qui, Vous-Savez-Qui ? »

Ce fut à ce moment-là que le hibou choisit pour attaquer sa seconde victime.


« Eh bien, camarade, on a égaré sa baguette ?

- Oh, vous, fermez-la, je vous signale qu'on est dans le même chaudron. »

Comme si le hibou écoutait leur échange, ils entendirent un cri qui se rapprochait davantage d'un ricanement que d'un hululement.

« Très bien, déclara Orphée en retroussant ses manches, je vais aller dire deux mots à ce pigeon cleptomane.

- Vous n'y pensez pas.

- Oh que si, répliqua l'ancien Serdaigle en commençant à agripper le tronc rugueux.

- Loin de moi l'idée de m'inquiéter, mais vous savez grimper, vous ? J'ignorais que votre passe-temps était de grimper aux murs du ministère, ce doit être pratique au lieu d'attendre l'ascenseur.

- Moi au moins, je peux encore mettre tranquillement les pieds au ministère, ce qui n'est pas le cas de tout le monde, n'est-ce pas ? riposta-t-il. Mais peut-être que vous avez une meilleure idée ?

- Thot habite dans un nid en haut du poirier, grand-père. » intervint l'héritier Malefoy.

Ses deux grands-pères lui jetèrent un regard surpris.

« Tu sais exactement où cet abruti d'oiseau vit ?

- Ce poulet a un nom ? s'étrangla Lucius.

- Ben oui, avec parrain, on va lui rendre visite des fois. »

Les deux hommes échangèrent un regard.

« Il faudra qu'on ait une sérieuse discussion avec ton parrain sur les présents qu'il t'offre. »


« Grands-pères, je suis coincé ! »

Le cri de panique de Scorpius claqua et les deux sorciers entreprirent immédiatement d'escalader tant bien que mal le poirier.

« Vous et vos idées à deux noises… persiffla Lucius tout en attrapant une nouvelle branche.

- Oh ça va, pour votre gouverne, vous n'étiez pas contre.

- Grands-pèèèèèères ! se mit à hurler de nouveau Scorpius.

- Tiens bon mon garçon, on arrive ! » l'encouragea Orphée.

Les deux hommes étaient à présent à environ sept mètres du sol, soit à moins de trois mètres de leur petit-fils.

« Non, ne mettez pas votre pied… »

Trop tard, Lucius écrasa de sa botte noire la main potelée d'Orphée.

« ..là-aïe ! »

Et ce qui devait arriver arriva, ce dernier lâcha la branche tandis que ses pieds perdaient l'équilibre. L'horreur s'ébaucha sur son visage rond et ses yeux s'écarquillèrent. Cependant, sa vie ne défila jamais dans sa tête car il sentit ses doigts se raccrocher désespérément à la première chose solide qu'il put trouver, c'est-à-dire la botte de Lucius. Celui-ci sentit à son tour ses pieds se dérober et ses mains se resserrèrent sur l'écorce grise.

« Mon orteil ! jura l'ancien mangemort.

- Vous n'avez pas intérêt à me lâcher, vous m'entendez ? débita Orphée à toute vitesse. Je n'ai pas encore écrit mon testament, il est hors de question que mon horrible épouse hérite de tous mes biens !

- Oui, oui, c'est ça, vous songerez à votre tendre Asphodèle plus tard, en attendant, attrapez une fichue branche, vous n'avez pas subi un sort de Poids-Plume que je sache ! »


Scorpius avait tenté de dégager son pied pris au piège dans une ramure étroite. Il avait essayé de tourner maintes fois son pied tout en exerçant une pression sur la branche à la hauteur de ses bras.

Puis, à l'instant où il avait finalement réussi à se débarrasser de la branche, il avait senti son corps basculer dans le vide. Il battit des mains, mais elles ne se refermèrent que sur du vide. Alors, la gravité l'attira inexorablement vers une chute mortelle.

Enfin, cette chute aurait certainement pu lui être fatale si Orphée, de sa main libre, ne l'avait pas retenu par un pan du col de sa robe.

« M-M-Merci grand-père, bredouilla un Scorpius terrifié.

- Ce… ce n'est rien, mon garçon.

- Désolé d'interrompre ces touchantes effusions, coupa tout de même Lucius, mais au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, nous avons un sérieux problème.

- Ne t'inquiète pas Scorpius, rassura Orphée, grand-père Lucius va nous remonter et puis, ça ne pourrait pas être pire que maintenant.

- Ah, vous croyez ? répliqua l'ancien Serpentard acerbe. Parce que, j'ai entendu un petit bruit, ça ressemblait presque à, je ne sais pas, à un craquement, sans doute ?

- Un craquement ? répéta le sorcier épouvanté. Oh non… »

Et comme pour donner raison à l'aîné des Malefoy, la branche céda dans un bruit particulièrement sinistre sous poids conjugué des trois sorciers qui dégringolèrent de l'arbre sous une pluie de poires.

Scorpius ferma les yeux en voyant le sol de rapprocher à une vitesse fulgurante.


« Vous avez perdu la raison ? »

La baguette brandie d'une Narcissa passablement énervée crachait des étincelles rouges.

« Chérie, on peut t'expliquer…

- M'expliquer ? M'expliquer quoi ? Le fait que vous jouez aux singes alcooliques dans les arbres ? Tu trouves ça convenable pour un petit garçon comme Scorpius ? »

Lucius se ratatina sur place alors que son petit-fils égratigné se blottissait dans les bras de sa grand-mère.

« Tu vois, grand-mère, ils m'écoutent jamais, je leur avais dit pour Thot, ils ont pas voulu me croire, expliqua Scorpius.

- Tu te rends compte de ce qui se serait passé si je n'étais pas sortie de la maison ?

- ..alors ils m'ont dit de grimper parce que je connaissais l'endroit du nid de Thot.

- Tu as délibérément demandé à ton propre petit-fils de se rompre le cou ?

- Oh, mais je n'étais pas le seul… » tenta Lucius.

Alors que sa grand-mère continuait à passer un très gros savon aux deux fautifs, Scorpius aperçut sa mère se diriger vers eux, probablement alertée par la dispute.

« La tarte est prête ? »


Et vous, les parents d'Astoria, vous les imaginez comment ? :D

Hazelhat.