Après les péripéties Lucius et Orphée, on retrouve Astoria et Scorpius dans un autre endroit célèbre du monde magique.
Un très grand merci à Motoko Kousei, Elythie, lolia pollina et Ermessende pour leurs reviews.
Bonne lecture :)
Disclamer: L'univers d'Harry Potter appartient à JKR.
Patience coagulante.
Du haut de sa chaise, Scorpius balança sans entrain ses pieds qui ne parvenaient pas à toucher le sol. Sa mère lui avait formellement interdit d'explorer les couloirs de Sainte Mangouste et voilà bien plus de deux longues et interminables heures qu'ils patientaient tous les deux dans la salle d'attente.
Soudain, quelques patients s'aplatirent contre les murs blancs, des guérisseurs se précipitèrent et de nombreux sorciers passèrent à travers la vitrine donnant accès à l'hôpital. Astoria couvrit les yeux de son fils qui protesta. Elle attendit que le flot de blessés solidement accompagné d'un grand nombre de blouses vertes fût évacué pour enlever ses mains de son visage.
L'épouse de Drago eut une infime pensée nostalgique, sept ans auparavant, elle aurait simplement donné son nom et deux ou trois guérisseurs seraient immédiatement apparus. Elle était certaine qu'ils lui auraient même proposé du thé et des petits gâteaux en examinant son fils. Mais ça, c'était avant la guerre, cette fichue guerre.
« Attends-moi ici, trésor, je vais essayer de trouver un guérisseur. Ne bouge pas. »
Une petite fille aux nattes violettes s'était immédiatement installée sur la chaise qu'Astoria venait de quitter. Elle battit des mains et entonna :
« Oh, viens, viens remuer mon chaudron, et si tu t'y prends comme il faut, je te ferai bouillir une grande passiooooooon… Chante avec moi ! »
Sa voix se perdit dans les aigus et elle se mit à cracher des peluches. Un dragon rose fuchsia plein de bave atterrit sur le crâne de Scorpius, peu enchanté.
« Et si j'ai pas envie de remuer ton chaudron, moi, hein ? »
Assise à côté de lui, une vieille sorcière aux longs doigts osseux ressemblant fortement à des serres laissa échapper sa pelote de laine par terre. Elle lui jeta un regard insistant devant son manque de réaction.
« Pourrais-tu ramasser ma pelote, mon garçon ? »
Il la regarda, effaré.
« Maman m'a toujours dit de ne pas ramasser les affaires des inconnus. »
Il fronça ses sourcils blonds, tentant de se rappeler qui était son nouveau voisin plongé dans sa lecture de la Gazette. Il lui semblait que ce sorcier avait travaillé pour sa tante Daphné. A moins que c'était pour grand-père Lucius ? Ou alors pour son parrain. Oui, bien sûr, son parrain ! Le souvenir d'un petit homme maigre accroché au porte-manteau traversa son esprit.
Marcus Belby, un ancien assistant de Blaise.
Il tapota l'épaule de l'homme moustachu avec un grand sourire.
« Monsieur ? »
Dans le hall d'accueil de Sainte Mangouste, un cri strident retentit.
« Salut gamin. »
Il releva la tête vers la personne qui avait pris la place de l'ancien assistant.
« Oncle Théo !
- Théo tout court, a rectifié l'ancien Serpentard.
- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé à la tête ? » demanda Scorpius dont les yeux céladon s'étaient écarquillés.
Le jeune Malefoy désigna du doigt la plaie que Théodore comprimait de sa main à l'aide d'une serviette rougie. Des filets écarlates se méprenant à la confiture de framboise que Scorpius prenait plaisir à barbouiller ses tartines s'échappaient de la blessure et gouttaient sur sa chemise blanche effilochée.
« On a voulu te voler ton porte-monnaie ?
- Un porte-monnaie ? s'indigna le plus âgé. Allons Scorpius, une bourse en peau de dragon, c'est infiniment plus classe.
- Tu t'es battu avec parrain ?
- Oh non, cet imbécile n'aurait même pas réussi à m'effleurer.
- Mais alors, que s'est-il passé ? continua de questionner l'héritier Malefoy.
- Tu ne lâcheras pas l'affaire, hein ?
- Grand-père Orphée dit que c'est comme embêter grand-père Lucius, on n'arrête jamais.
- Je vois. »
Il eut un bref silence durant lequel on entendait les lointains babillages d'un garçon transformé en canard et Théodore se décida.
« Tu sais, gamin, on a essayé de me tuer. »
Il prononça ces mots d'un ton neutre, comme s'il disait que le temps ne lui convenait pas ou que la cuisine de son elfe ne s'était toujours pas améliorée.
A côté de lui, Scorpius ouvrit grand ses yeux céladon baignés d'incompréhension.
« Ça veut dire quoi, tuer ?
- Tu sais ce que c'est que la mort ?
- Maman m'a dit que c'est lorsqu'on ne respire plus, que le cœur ne bat plus et que la tête ne travaille plus.
- Eh bien tuer, c'est apporter la mort à quelqu'un.
- Quelqu'un a essayé d'arrêter tes poumons, ton cœur et ton cerveau ? »
Théodore opina.
« C'est cela.
- Mais… mais pourquoi ? C'est pas juste, pourquoi est-ce qu'on voudrait te tuer ? s'insurgea un Scorpius à l'air particulièrement outré. Je veux pas qu'on te tue, moi ! »
Un sourire amer s'esquissa sur ses lèvres devant tant d'innocence et de véhémence.
« Parce que... mon père a fait des choses...peu recommandables. »
Devant son regard interrogateur, il tenta de lui expliquer.
« Il a tué des personnes, lui. Et il y a des gens qui sont fâchés parce que ces personnes ne sont plus là, alors ces gens-là veulent tuer mon père. Et moi avec, certainement parce que je suis le fils d'un… son fils, quoi. »
Il haussa les épaules l'air de dire : ce n'est rien voyons, il y a eu beaucoup de fumée pourpre, une explosion de briques et des débris de verres tranchants, mais ce n'est pas grave, je m'en suis sorti, ne t'en fais pas, tu vois ?
« C'est pas de ta faute, oncle Théo.
- Théo tout court, gamin. »
« Par Morgane, je viens d'apprendre pour l'attentat des cheminées piégées ! Tu vas bien ? Tu es entier ? Tu es blessé ? On t'a déjà ausculté ? »
Théodore sursauta devant l'avalanche de question d'une Daphné échevelée au chignon de travers.
« J'ai connu mieux. »
Elle sembla ensuite s'apercevoir de la présence de son neveu.
« Scorpius ? Mais que diable fais-tu ici ?
- Maman m'a dit d'attendre ici à cause de mes boutons verts. » répondit-il en agitant ses mains.
Daphné se tourna à nouveau vers Théodore. Elle regarda droit dans les yeux le sorcier qui lui faisait face et qui lui servait accessoirement de meilleur ami depuis de nombreuses années.
Et elle la vit, cette lueur chancelante qu'elle aurait souhaité ne plus jamais revoir. Cette crainte tapie dans ses prunelles sombres, comme cette nuit noire là, où on leur avait annoncé que le Seigneur des Ténèbres marcherait bientôt sur Poudlard.
Alors elle se rapprocha de lui, le serra simplement dans ses bras sans se soucier du sang qui souillait sa robe à quelques centaines de gallions, ce Théodore un peu tremblant, un peu vacillant, qui chuchota au creux de l'oreille.
« On a essayé de me tuer. »
A côté d'eux, Scorpius avait cessé de balancer ses pieds.
J'ai bien aimé exploiter un Théo-tout-court qui doit faire face à la réputation de son père après la guerre. J'ai lu sur un site que Mr Nott était veuf. Et d'après vous, elle est morte comment, Mrs Nott ?
