Bonjour à toutes ! J'espère que vous allez bien, malgré ces grosses chaleurs!
Seveya, je te dédie ce chapitre en espérant qu'il saurait gagner ton approbation un peu plus que les précédents.
Je vous remercie de votre fidélité et n'oubliez pas d'aller lire les fics de Newgaïa, c'est le BIEN !
Enjoy !
Montrer la moindre faille en présence d'un opportuniste comme le cancer, c'était signer son arrêt de mort. L'effet était le même que si l'agneau de la fable de La Fontaine avait lancé au loup que sa viande était bien tendre et prête à être consommée. Milo en avait parfaitement conscience et d'ordinaire, il se méfiait du crabe et de ses tendances sadiques. Sado-masochiste, en réalité même. Parce que Deathmask était réputé pour se faire du mal autant qu'il aimait en faire aux autres. Après tout pour lui, le monde, les humains, n'étaient-il pas qu'une vaste gamme de tapisseries murales ? Mais pas d'agressivité ou de folie meurtrière dans le regard de l'Italien.
S'il y avait bien une chose pour laquelle Milo était extrêmement connu, c'était pour son sens aiguisé de la psychologie humaine. Il savait décrypter les moindres signes trahissant les émotions, ce qui lui permettait invariablement d'avoir plusieurs coups d'avance sur son adversaire. Parce que oui, pour Milo, les relations humaines pouvaient se résumer à une partie d'échecs avec ses coups de bluff et ses coups de maître. Si on arrivait à prévoir comment l'ennemi allait penser ou agir, la victoire était assurer. Il y avait toujours des rapports de force dans ses relations avec autrui. Même en amitié ou en amour, c'était une guerre des nerfs permanente pour ne jamais être laissé sur la touche. Milo ne supportait pas de ne pas avoir le dessus psychologiquement parlant. Et ce qu'il lisait dans le regard du cancer n'était pas pour le rassurer. C'était limite s'il n'aurait pas préféré lire des envies violentes et morbides dans les yeux rouges de l'animal. Rien ne faisait plus peur qu'un DM « gentil ». Et pour cause, Milo ne savait absolument pas comment réagir face à cette réaction inattendue et contre-nature.
De toutes façons, il était bien trop fatigué et affecté pour tenter une quelconque levée de bouclier. Du moins, c'était ce qu'il préférait laisser croire à Deathmask. Le bluff était tout ce qu'il lui restait pour contrer l'échec et mat qui lui pendant au nez à la moindre erreur.
« J'ai besoin d'être seul. Je vais renter. » Lança le scorpion en remettant ses vêtements, sans croiser le regard sanglant de son frère d'armes.
Et les protestations vives du cancer ne se firent pas attendre !
« Ah non PUTANA, tu n'iras nulle part sans mon accord, MERDA ! »
Comme pour sceller sa menace, il attrapa Milo fermement par le bras. Bien entendu, le scorpion aurait pu le forcer à le lâcher immédiatement et hausser le ton, mais il n'en fit rien, feignant sa propre faiblesse. Choix qui pouvait sembler risqué dans l'absolu, mais le scorpion était confiant en sa stratégie.
« Pas avant que tu ne m'aies dit ce qui s'est passé hier ! »
Oh c'était donc CA que voulait ce malheureux cancer. Simplement se dédouaner du fait qu'il s'était réveillé avec un autre homme, nu comme un ver, dans son lit ! Milo soupira imperceptiblement. Si prévisible, finalement. A un moment, il avait presque cru le cancer concerné par ses états d'âme vacillants. En réalité, tout ce qu'il souhaitait savoir c'était uniquement s'ils avaient fait l'amour ou non. Quoique « baiser » serait certainement le terme les plus adéquat en l'espèce. Jouer les innocents ou les amnésiques ne serait pas malin. DM semblait relativement énervé tout à coup. C'était compréhensible. Il avait une réputation à tenir et s'être laissé aller la tentation de la chair avec Milo signifierait une défaite cuisante pour celui qui se gardait bien de fréquenter ses semblables. Depuis leur résurrection, Deathmask était le seul chevalier ne faisant aucun effort pour nouer des liens avec les autres. Même Aphrodite semblait avoir fait table rase du passé, mais pour DM impossible, impensable de se mêler à ses pairs ! Ils étaient trop différents. Ils ne pouvaient pas comprendre. Ils le jugeaient perpétuellement. Ils ne l'appréciaient pas. Ils n'avaient pas les mêmes ambitions, ni les mêmes valeurs. Alors bien-sûr, il était tentant de laisser l'italien dans le doute ou encore de lui mentir sur la question, mais Milo préféra ne pas s'attirer ses foudres. Il avait encore besoin de lui et il devait poursuivre ses efforts pour atteindre son objectif.
« Rien. Il ne s'est rien passé entre nous hier soir. »
« Et comment tu peux en être sûr ? J'te signale que t'étais encore plus défoncé que moi ! J'parie que tu n'te rappelles de rien en fait, menteur ! »
« Crois-moi, s'il était arrivé quelque chose entre nous, quoi que ce soit, tu t'en rappellerais encore ... » Susurra suavement Milo à son oreille.
Là, il jouait avec le feu, mais le scorpion n'avait pu s'empêcher de provoquer Deathmask. C'était trop tentant et puis, cela ne menaçait pas directement ses intérêts. Le regard du crabe était toujours aussi rouge, mais de colère cette fois. Enfin un sentiment avec lequel Milo pouvait composer ! Ca ressemblait déjà plus au cancer cette attitude irascible.
Deathmask n'était pas franchement réputé pour sa patience. Un rien l'agaçait rapidement et il avait beaucoup de mal à maîtriser ses pulsions presque animales. Cependant, cette fois, s'il se laissait aller, il savait que cela pourrait faire très mal. Il détestait plus que tout que l'on se paie sa tête. Mais s'il blessait physiquement le scorpion, ce dernier risquait de riposter, mais surtout de se fermer comme une tombe et impossible de connaître le fin mot de cette histoire. Il relâcha alors sa proie. Les menaces, les provocations et la violence n'étaient pas la meilleure solution cette fois. Même lui le comprenait.
« Il ne s'est rien passé. » Lâcha finalement le scorpion, sans même lutter ou tenter de le titiller davantage. Il savait à quel point le cancer pouvait être soupe au lait et ne voulait pas y laisser son dard.
Et comme par magie, le sésame pour la liberté fut obtenu, comme DM lâchait le bras du Grec. Et il ne se fit pas prier pour le chasser comme il en avait le secret.
« Allez, casse-toi. »
Le scorpion s'exécuta sans demander son reste. De toute évidence, le cancer était trop borné et trop énervé pour écouter quoi que ce soit...
Et durant tout l'après-midi, le crabe aux pinces d'or fut perturbé.
Pas moyen de se concentrer à l'entraînement, il était ailleurs, aux abonnés absents. Son esprit était obnubilé par Milo. Ce foutu scorpion parasitait ses pensées. Deathmask n'avait jamais été un expert en matière de relations humaines. C'était d'autant plus vrai qu'il ne s'encombrait pas de l'avis des autres, ni de leur compagnie. Oh, il y avait bien Aphrodite qu'il tolérait dans son espace vital, mais c'était plus par caprice du poisson que par réelle envie du côté de l'italien. Les humains, Deathmask du Cancer les préférait morts. Triste et cruelle mais transcendante vérité.
Et ce ne fut pas la droite dévastatrice de Shura, l'envoyant voler à l'autre bout de l'arène, qui sauva son âme noire. Le crabe mordit la poussière dans tous les sens du terme et le Capricorne se demanda même s'il n'avait pas frappé un peu trop fort. Pourtant, éviter un tel coup aurait du être un jeu d'enfant pour DM. Sans armure, puisqu'ils n'avaient pas le droit de les porter en entraînement, sauf durant les exhibitions devant les apprentis, DM allait morfler. Il ne se releva d'ailleurs pas immédiatement, contemplant juste le ciel, perdu dans ses pensées. Pourquoi ça l'affectait autant ? Son bras tuméfié fouina dans la poche de son pantalon et il en sortit une clope à moitié écrasée. Elle avait aussi peu fière allure que son consommateur, mais bon, elle était encore là malgré le voyage express gracieusement offert par le cornu, alors ce n'était déjà pas si mal.
Aussitôt, le suédois, plus mère poule que poisson, interrompit sa contemplation béate des deux corps masculins qui se donnaient en spectacle devant lui et il bondit hors des gradins pour s'assurer de l'état de santé de son comparse fumeur.
« Merde Shura ! Ca ne va pas de taper aussi fort ? » Le railla Aphrodite en s'approchant de DM.
« Je pensais qu'il éviterait le coup. » Enonça froidement l'espagnol en guise de justification.
« Regarde ce que tu as fait ! Il ne bouge plus, il ne parle plus et il ne s'est même pas rendu compte que sa cigarette n'était pas allumée ! »
Effectivement, le dernier argument fut imparable, même pour Shura qui cligna légèrement des yeux, preuve de son évidente stupéfaction. Et pour que l'inexpressif boucher de Séville daigne sortir de sa réserve naturelle de manière aussi FLAGRANTE, c'est qu'il était sacrément décontenancé ! Il rejoignit le poisson aux premières loges, pour constater les dégâts. Ce dernier l'attendait de pied ferme, mains sur les hanches, prêt à le gronder comme un gosse.
« Bravo ! Je ne te félicite pas Alejandro Esteban Camillo de Santa Aroyo ! »
Et pour qu'Aphrodite en vienne à prononcer à toute vitesse son nom COMPLET et sans se tromper, c'était que l'herboriste du Sanctuaire était très énervé. Shura ne faisait pas le fier. Du bout du pied, il titilla les côtes du crabe. Pour vérifier qu'elles étaient en un seul morceau tout d'abord, mais aussi pour le forcer à réagir. Que nenni, le pauvre Deathmask semblait à des années lumières de ses deux compagnons.
« Mais enfin, qu'est-ce qu'il a ? » S'inquiéta légèrement la chèvre.
Chose qu'il regretta aussitôt.
« Il est tout perturbé depuis qu'il s'est réveillé avec Milo à poil dans son lit ! » S'écria Aphrodite à grands renforts de moulinets avec les bras et de petits bonds.
« Qué ? » L'espagnol en parut si surpris qu'il en perdit tout son grec, mais pas son latin !
« Figure-toi que hier, Milo et DM sont sortis en ville boire un verre, mais je crois qu'ils ont plutôt englouti la bouteille et pas qu'une d'ailleurs, AHAHAH ! » Raconta t-il en achevant sa phrase d'un rire tonitruant, avant de reprendre. « Du coup, je ne sais pas trop ce qui s'est passé, mais l'alcool aidant à échauffer les corps et les esprits, ils se sont retrouvés dans le lit de Deathy et vu la mine crevée de notre crustacé, m'est d'avis que l'arachnide n'a pas du trop le laisser dormir hier soir, si tu vois ce que je veux dire, AHAHAH ! »
« No quiero… saber… nada mas... » Articula difficilement Shura, qui avait toutes les peines du monde à empêcher sa mâchoire de se décrocher sous le coup de cette révélation choquante.
Le meilleure épéiste du Sanctuaire ne versait pas dans les gossip habituellement, il les fuyait même comme la peste, même. Là, on pouvait dire qu'il en avait eu sa dose annuelle. Rien que d'imaginer Milo fricoter avec DM… non, rien que de les imaginer dans le même lit, nus ou en parka d'esquimau, c'était déjà trop pour le malheureux caprin ! Bref, en ce qui le concernait, il ne tenait pas à en savoir davantage. Il recula d'abord lentement, tremblant légèrement, puis, une fois à distance raisonnable du poisson, il prit ses jambes à son cou, sans se retourner et manqua de bousculer Camus.
Cette maladresse anodine mit la puce à l'oreille du Verseau qui s'approche des deux seuls chevaliers encore présents dans l'arène. L'échappée belle de Shura n'avait rien d'étonnant vu la réputation terrible de ces deux-là, ils l'avaient certainement poussé à bout. Quoi que d'ordinaire le Capricorne était plutôt courageux. Qu'avaient-ils bien pu lui dire ? Camus décida de mener sa petite enquête et se dirigea d'un pas souverain vers son voisin de pallier.
« Bonjour Aphrodite. »
Avec le poisson, pas la peine de trop en dire ou de demander quoi que ce soit. Il avait la langue si bien pendue qu'il racontait tous ses commérages à qui voulait ou non les entendre. Cette fois ne fit pas exception à la règle, même s'il fallut creuser un peu plus que d'ordinaire. Ce qui était suspect…
« Un problème avec Shura ? Je l'ai croisé et il avait l'air… pressé. » Il appuya bien sur le dernier mot en plantant son regard glacial dans celui d'Aphrodite comme pour percer les secrets les plus honteux de son âme.
« Oh… rien de spécial. » Dit-il en se regardant les ongles.
« Vraiment ? » Le sourcil droit du verseau se leva caractéristiquement en accent circonflexe sur son front et le français croisa les bras, pas prêt à avaler cette couleuvre là.
« Des ragots, rien de grave… » Répondit-il évasivement, sans toutefois oser le regarder cette fois.
« Quel genre de ragots ? » La patience du Verseau était à toute épreuve.
« Le genre Milo et DM ont couché ensemble, ce genre là tu vois… » Souffla t-il en relevant les yeux vers lui, comme pour mieux le poignarder.
Il fallut tout le sang froid (et Athéna sait qu'il en avait !) de Camus pour ne pas faire un meurtre/une crise cardiaque/un malaise (rayez la mention inutile). Restant aussi impassible et stoïque que possible, il sembla faire fi de la bombe lancée par son collègue.
« Oh. Et puis-je savoir sur quelles preuves tu t'appuies ? » Il jeta un regard insensible au cancer, toujours inerte.
« Milo nu dans le lit de DM, ça te va comme preuve ? Et je l'ai vu de mes propres yeux ce matin ! »
Impossible ! C'était le bouquet ! Le Verseau sentait qu'il allait devoir demander quelques explications à son meilleur ami. Il toussa un peu, seul signe de contrariété qu'il laissa filtrer et il fit demi-tour.
« Si tu veux bien m'excuser… »
« Mais je t'en prie, Camus ! Tu salueras Milo de ma part, quand tu le verras ! » Sourit sournoisement Aphrodite, dont tout le monde savait qu'il détestait pourtant le Grec.
« Je n'y manquerai pas… »
Ca allait chauffer pour le matricule de Milo ! Ou plutôt refroidir. Aphrodite était assez content de sa petite bassesse et il concentra son attention sur Deathmask, une fois Camus parti. Doucement, il posa les mains sur ses genoux et se pencha au dessus du rital.
« Même si tu n'as pas vraiment forniqué avec Milo, tant que Camus le pense et que ça fout un peu le bordel entre eux, ça me va ! Bien joué mon petit DM ! Je suis fier de toi ! Qui aurait cru que tu serais capable d'un coup de maître pareil ? »
Les paroles du suédois semblèrent tirer le Bel aux sables dormants de sa léthargie.
« Je m'en tape de ce que le glaçon ou toi pouvez penser… »
Le matin même, il avait demandé à Aphrodite de ne surtout rien répéter à Camus. Mais finalement, maintenant que le mal était fait, ça ne le gênait pas plus que ça. Quelque part, c'était amplement mérité vu les emmerdes que ça allait certainement rapporter à Milo.
« Oh ! Ca me blesse, ce que tu dis ! » Déplora Aphrodite en feignant l'indignation. « Mais en vrai toi aussi t'aimerais bien savoir ce qui s'est réellement passé… Je comprends que ça puisse te traumatiser ! »
« Milo dit qu'on ne l'a pas fait. » Soupira t-il.
« Foutaises ! Milo dit ce qu'il veut ! C'est sûr qu'il n'irait pas s'en vanter si vraiment vous aviez baisé ensemble ! Le connaissant, il cacherait plutôt ça comme un honteux secret inavouable ! Ne crois pas ce qu'il te raconte, c'est évident qu'il s'est passé un truc cochon entre vous deux ! Mais ne t'en fais pas, j'ai lavé ton honneur en crachant tout à Camus ! » Fanfaronna le poisson.
Aphrodite avait raison sur deux points. Le premier c'était que même s'il ne voulait pas l'avouer, toute cette histoire l'affectait d'une certaine façon. Et le souci principal était de comprendre pourquoi cela le touchait autant. Il devrait s'en foutre techniquement, non ? Alors comment se faisait-il qu'il n'arrêtait pas d'y penser ? Ca devenait rageant. Il n'aimait pas qu'on le fasse tourner en bourrique, voilà pourquoi. Oui, c'était la seule raison valable… Milo avait certainement envie de s'amuser et c'était tombé sur lui. Ou peut-être que c'était encore un de ses paris à la con avec ses amis pour tromper leur ennui ? Avec le scorpion, tout était possible, ce n'était clairement pas un type fiable. En tous les cas, grâce à Aphrodite, le joli cœur du Sanctuaire allait avoir des emmerdes pharaoniques avec son iceberg.
Et ça, c'était finalement pas si mal comme vengeance.
Ce soir, comme tous les soirs, DM ne tentait pas de conquérir le monde. Non. Simplement de finir sa clope bien méritée. Il était couvert de bleus. Shura ne l'avait pas raté. Enfoiré d'espagnol. Ca faisait mal. Assis sur son muret, il observait la fumée se dissoudre dans l'air. Il aimait être seul et la solitude l'aimait, possessive maîtresse. A un moment, il avait cru… une fraction de seconde seulement, que Milo pouvait réellement s'intéresser à lui. Ne serait-ce même que par amitié. Car finalement, cette soirée avec le scorpion aussi étrange et surprenante fut-elle n'avait pas déplu à Deathmask. C'était difficile de le reconnaître, mais la compagnie du scorpion avait même été… agréable. Avant qu'il ne se mette à déprimer. Il l'avait même embrassé…
C'était rageant de n'être que le spectateur de cette histoire ! De bout en bout, Milo l'avait manipulé et DM évitait soigneusement ses confrères humains justement dans le but d'éviter que ce genre de désagréments ne vienne lui pourrir l'existence… Dans le fond, même s'il était un peu psychopathe et misanthrope sur les bords, DM était un grand sensible qui redoutait d'être blessé. L'espèce humaine le dégoûtait, multipliant ses déceptions. Ils étaient tous faibles, mais pas lui, non pas lui. Il n'en n'avait pas le droit.
Il frissonna. Des cris résonnaient dans sa tête. Ses cris, malgré le silence de la nuit. Et les coups de fouets secs et répétés sur son dos. Encore aujourd'hui il en portait les séquelles, aussi bien psychologiques que physiques. Les grandes zébrures blanches laissées sur son corps en signe de dominance le lancèrent. Bon sang… il en avait vraiment chié. Il avait failli crever comme un chien à de maintes reprises et personne n'était venu l'aider. Personne. Alors c'était normal qu'il les déteste tous ces putains d'hypocrites d'impuissants. On n'en n'avait que faire de lui. Après tout, il n'était à l'époque qu'un apprenti parmi tant d'autres. Juste un de plus. Même s'il était mort, qui s'en serait soucié ? On l'aurait facilement remplacé, cela n'aurait été une perte pour personne. Personne…
Alors qu'il laissait son esprit divaguer au pays des souvenirs douloureux, il ne se rendit pas vraiment compte qu'un mystérieux assaillant s'était rapproché de lui. Et ce ne fut que lorsqu'il grimpa sur sa main que le crabe le sentit. Malheureusement, il n'eut pas vraiment la bonne réaction. Pris de panique, DM secoua sa main dans tous les sens en beuglant et cela excita vraisemblablement la petite bête qui y était accrochée. Les scorpions n'étaient pas rares en cette saison. Celui-ci avait grimpé sur le muret favori d'un certain chevalier d'or, sans doute pas par hasard. Mais il était tombé sur une autre bête à pinces, pas celle qu'il cherchait, alors pour défendre le territoire de Milo, il passa à l'attaque et planta son dard dans la main de DM, avant de lâcher sa proie et de faire un magnifique vol plané dans la pelouse jaunie.
« Enfoiré de merde ! » Gueula l'italien.
Ca faisait mal ! La douleur était insoutenable, piquante, virulente et la main du malheureux Deathmask gonfla à vue d'oeil, ce qui ne fit qu'augmenter son flot d'insultes. Ses cris de cochon que l'on égorge attirèrent le chevalier qui était justement à sa recherche...
« Putain de scorpion ! »
« Pas étonnant qu'il t'ait piqué, vu comment tu as essayé de t'en débarrasser... »
Cette voix lui était familière, pour autant il ne s'agissait pas de Milo. Inconsciemment, DM était venu là dans l'espoir de le voir et de s'excuser, enfin, du moins de mettre les choses au clair avec lui. Il s'en voulait de l'avoir envoyé balader comme un malpropre ce matin et il se doutait que l'indiscrétion d'Aphrodite avait du lui apporter des problèmes avec son Verseau. Et justement, il ne se serait jamais attendu à croiser Camus ici. Le français s'approcha de lui, arborant toujours ce détestable air distant et hautain.
« Si t'es venu pour te foutre de ma gueule, tu peux dégager ! » Se renfrogna le Cancer en serrant des dents.
« Je suis venu parce que je t'ai entendu hurler comme un chien attaqué par une meute de loups. » Constata Camus avec la neutralité qui le caractérisait.
« Je voudrai bien t'y voir à ma place ! Je déteste ces saloperies de bestioles ! Leurs piqûres font un mal pas possible ! »
« Et sont mortelles. » Précisa t-il.
Le Cancer se sentit pâlir. Quoi ? Qui eût cru qu'un si petit dard allait le terrasser ? Il sentit son cœur palpiter dangereusement.
« Le temps que tu arrives à l'infirmerie pour chercher de l'anti-venin, il sera trop tard pour te sauver. »
« Bordel ! » Cria DM en trépignant de douleur et de peur.
« Si tu veux survivre, il n'y a que moi qui puisse t'aider. » Ajouta t-il toujours aussi insensiblement.
« Quoi ? Comment ? » S'impatienta t-il.
« Je vais geler le poison directement dans tes veines. » Expliqua t-il sommairement en lui saisissant le bras.
Merde ! Et pourquoi le verseau ferait-il cela ? Après tout, Camus ne l'appréciait pas et DM ne l'aimait pas plus. Certes, ils étaient dans le même camp, mais ne devait-il pas être passablement énervé que l'amour de sa vie ait passé la nuit avec lui ? DM n'avait aucune confiance en lui, pourtant sur le coup, il devait bien avouer que Camus était son seul recours ! En réalité, Camus profitait allègrement de l'ignorance de DM en matière de scorpions. Mais DM était bien loin de s'en douter. Crever aussi bêtement serait très peu glorieux pour lui ! Le français enflamma son cosmos glacial et ce fut tout à coup comme si DM avait été expédié au Pôle Nord. Ou Sud. Le plus froid des deux quoi. Cela n'avait rien d'agréable ! S'il était bien vrai que Milo rêvait d'avoir les mains du Seigneur des Glaces posées sur son corps, c'était bien la preuve que ce foutu arachnide était maso ! Personne ne pouvait SERIEUSEMENT aimer qu'un tel glaçon vous tripote ! Pourtant, pour quelqu'un ayant aussi peu l'habitude des contacts physiques, (encore moins que Camus, Monsieur Pudeur, c'était dire !) cela avait quelque chose d'assez érotique. Peau contre peau. Le seul genre de toucher que connaissait l'Italien, c'était celui d'une bonne droite dans la mâchoire. Il se mit à rougir alors que les longs cheveux aigue marine du Verseau se soulevaient doucement en signe d'intense concentration. Et passé le désagrément premier de la température négative et le fait que c'était Camus qui le touchait, DM ferma les yeux et se mit à apprécier cela. Le froid avait quelque chose de rassurant, qu'il connaissait bien.
Le froid, c'était la mort.
Une chose dont il avait l'habitude au quotidien et qu'il avait toujours connue. Il commença à se détendre et même à aimer cela. Ce qui ne fut visiblement pas du goût de Camus qui avait juste décidé de lui faire peur à départ. Mais pas question que le Cancer prenne son pied. Alors, il força. De la glace dure et cristalline emprisonna le bras de DM. La morsure du froid fut bientôt si douloureuse qu'elle éclipsa complètement la piqûre de l'insecte noir responsable de cette situation. Le cancer ouvrit les yeux en sursaut et constata que la glace opaque gagnait du terrain. Il ne paniqua pas. Il avait l'habitude d'avoir mal. Et puis, Camus avait dit qu'il devait geler le venin directement dans ses veine pour éviter qu'il ne se répande, alors c'était sans doute normal. Il ne se méfia pas assez. Camus qui était un chevalier sans émotion connu pour son sang-froid (dans tous les sens du terme), semblait l'avoir perdu cette fois, mais bien entendu DM ne s'en rendit pas compte. Le gel gagnait du terrain, s'étendant à présent jusqu'à son épaule. A ce moment là, Deathmask du Cancer réalisa quelque chose clochait et il chercha à rompre le contact avec le français. Mais celui-ci le tenait fermement et le froid collait la paume de la main de Deathmask à celle de Camus.
« Putain Camus lâche-moi ! »
C'était d'autant plus effrayant que le Verseau semblait avoir perdu toute la maîtrise qui le caractérisait et était entré dans une sorte de transe inquiétante qui le coupait du monde extérieur. Ce qui n'était au départ qu'un petit jeu destiné à effrayer et punir le Cancer, s'était mué en une dangereuse revanche personnelle. Camus n'avait pas apprécié que Milo se mette à fréquenter ainsi le crabe et il le faisait savoir à sa façon, restant toujours impeccablement digne en refusant de poser des mots sur son malaise. C'était évident pour DM à présent que le français cherchait en réalité à lui faire payer amèrement sa petite incartade avec son scorpion-chou ! Même s'ils n'avaient rien fait en vérité et qu'au départ l'idée lui avait semblée plaisante de faire enrager un peu le Verseau, il le regrettait à présent.
« Camus... » Articula difficilement DM, alors qu'il se sentait faiblir, le corps et l'esprit engourdis par ce froid mortel.
Sauf qu'il n'était pas question de laisser le français commettre l'irréparable. Dans un dernier élan de vie et de désespoir, le crabe d'or concentra sa cosmo-énergie et des bras décharnés jaillirent du sol, attrapant fermement les jambes de Camus. Ce dernier sembla regagner un semblant de conscience quand il sentit ces dizaines de mains avides l'agripper et il lâcha prise. DM en profita pour s'arracher à sa prise et il tomba à la renverse. Il s'en était fallut de peu. Les mains disparurent aussitôt et les deux adversaires restèrent un long moment à se contempler, comme pour être sûrs que toute menace était définitivement écartée et surtout, pour comprendre ce qui s'était passé. Comment en étaient-il arrivés là ? Ils auraient pu s'entretuer ! Mais ce fut le silence qui s'installa entre eux naturellement. Le bloc de gel disparaissait lentement et les halètements de deux hommes étaient le signe de la tension extrême qui régnait encore. Elle était palpable, à fendre au sabre...
Camus s'en voulait terriblement de s'être laissé aller ainsi à montrer une émotion. Quant à DM, il revoyait bien là le petit garçon si mystérieux que tous semblaient fuir comme la peste lors de son arrivée au Sanctuaire. Dès que lui ou Aphrodite martyrisaient un peu trop Milo, le regard glacial de l'enfant alors muet venait les hanter dans leur sommeil. Il était toujours là, caché dans l'ombre de son compagnon grec et il faisait vraiment flipper à son air de psychopathe façon livre de Stephen King ! Il venait enfin de se montrer sous son véritable jour, sa carapace de gel si soigneusement entretenue avait volé en éclat, sous les yeux effrayés du Cancer. Il était LA le véritable monstre du Sanctuaire !
« Camus ? » Cria une voix assez proche.
Reconnaissant sa source, le Verseau préféra quitter les lieux du crime aussi vite que possible. Mais le mal était déjà fait. Milo avait senti le cosmos de son meilleur ami s'embraser alors il s'était dépêché de le rejoindre. Il était rare que le pacifique Camus en fasse usage, alors le scorpion doré avait imaginé le pire. Quelle ne fut pas sa surprise de tomber sur un DM terrorisé et à la fois terriblement excité, assis sur le sol poussiéreux ! Il s'approcha du crabe et l'aida à se relever, puis en l'examinant rapidement, il constata que le bras du malheureux chevalier d'or avait changé de couleur.
« DM... qu'est-ce qui s'est passé ? »
Il avait le choix de ne pas lui dire la vérité, évidemment. Mais ce ne serait pas malin. Milo n'allait jamais le croire et DM était un peu en panne de mauvaises excuses. De plus, le scorpion était connu pour ses dons de psychologue. Il aurait donc tôt fait de démasquer le cancer. Et puis, même s'il était soulagé de le voir, la colère pris le dessus sur DM. Après tout, c'était de la faute de ce putain de Grec tout ça !
« Ta psychopathe de petite amie a essayé de me transformer en esquimau, voilà ce qui s'est passé ! » Beugla t-il énergiquement en repoussant le scorpion d'une seule main.
Il cracha sa cigarette décédée aux pieds du scorpion et tituba, allant s'écrouler quelques mètres plus loin, contre le muret.
« Bordel de merde... » Maugréa t-il de plus belle. Il ne sentait plus du tout son bras. « Je vais lui péter la gueule à ce sale français de mes couilles... »
« Allons allons... on se demande pourquoi tu ne l'as pas fait avant que je n'arrive. » Sourit narquoisement le maître du dard.
« Va te faire fou... » Mais il s'interrompit, pas décidé à tomber dans le panneau. « Tu me provoques, c'est ça ? »
« Oh, tu t'améliores mon brave DM, c'est bien, tu commences à comprendre les rudiments de mon langage. »
« J'ai pas envie de rire... alors si t'es pas venu pour m'achever, dégage... » Lâcha t-il, nerveusement vidé.
Le scorpion s'approcha de lui, les bras croisés sur la poitrine, l'air contrarié, semblant prendre l'ordre pour du vent.
« Allons, on sait tous les deux que si tu avais pu mettre une branlée à Camus, tu ne te serais pas gêné... »
« Qu'est-ce que toi et ton esprit tordu insinuez encore ? »
Oui, il était vraiment crevé...
« Je ne sens rien dans le cosmos de Camus indiquant que tu l'aies blessé. Pourtant, il t'a attaqué et bien que je meurs d'envie de savoir pourquoi, j'ai encore plus envie de connaître la raison qui fait que tu n'aies pas riposté avec la même force... » Exposa t-il, intrigué.
« Putain... y a vraiment que toi pour te poser des questions pareilles... » Souffla t-il faiblement en fermant les yeux.
« Vu que je t'ai répondu ce matin, tu dois faire preuve de la même franchise envers moi. » Exigea t-il en s'agenouillant à sa hauteur.
« Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? T'avoir roulé une pelle est la chose la plus conne que j'ai faite de ma vie et comme si ça ne suffisait pas, c'était aussi la plus dangereuse. Maintenant y a l'iceberg qui veut faire de mon un bonhomme de neige à cause de ça... »
« Techniquement, c'est moi qui t'ai embrassé et je n'ai même pas mis la langue. Mais sans doute aurais-tu préféré que je le fasse, vu le discours que tu tiens. Néanmoins, même si tu n'as pas répondu à ma question, tu as au moins fait la lumière sur l'une de mes interrogation, à savoir le pourquoi de cette petite baston improvisée. » Il posa sa main sur le bras engourdi et froid du rital. « Et ça mérite bien un petit coup de pouce... »
L'ongle du pouce de Milo se mit alors à s'allonger et il le planta dans la chair congelée. Le cancer ne sentit rien.
« Putain, tu ne pouvais pas t'empêcher de faire un jeux de mots à chier... je suis vraiment maudit... J'aurai mieux fait de croiser Rhadamanthe hier au lieu de sortir avec toi... Ca aurait été plus rapide et moins douloureux. »
« Mais t'as oublié que t'es trop malchanceux pour ça. La piqûre que je t'ai faite va permettre à ton sang de circuler à nouveau et de réchauffer ton bras. Tu peux me remercier ! »
« Je l'aurai bien fait si ce n'était pas contre ma religion et si tu n'étais pas la cause principale de ce petit coup de froid. » Protesta le Cancer.
Malgré le traitement qui avait été administré, le scorpion avait gardé sa main sur le bras de Deathmask, qu'il massait à présent nonchalamment.
« Putain de scorpions. Je vous déteste tous. »
« Ca me touche comme déclaration, Grincheux. »
« Si cette saloperie de bestiole ne m'avait pas piqué, Camus n'aurait jamais viré berserk en voulant geler le poison dans mes veines... »
Et à cette révélation, le Grec éclata de rire, ce qui vexa le cancer qui le fusilla du regard.
« Que tu es naïf mon pauvre DM... les scorpions de Grèce ne sont pas mortels. J'admets que leur piqûre peut faire un peu mal aux chochottes, mais je pensais qu'un grand gaillard comme toi était immunisé et surtout... au courant. La prochaine fois que ça arrive, vient me voir, je te soulagerai avec mon dard, sans mauvais jeu de mots. »
En entendant cela, DM bondit d'un seul coup et tapa du pied furieusement.
« L'enfoiré, si je le choppe, il va passer un sale quart d'heure ! »
Le scorpion gloussa encore un peu et il se releva.
« Oh allez, il s'est un peu moqué de toi pour se venger de m'avoir embrassé, il n'y a pas de quoi en faire un drame. »
« Tu te fous de ma gueule ? Ca ne va pas en rester là ! »
« Tu comptes aller tout raconter à Shion ? J'ai hâte de voir ça ! »
Evidemment, il ne pouvait pas faire cela. C'était ridicule. Et s'il réglait son compte à Camus, Shion risquait d'en avoir vent tôt ou tard, si ce n'était pas déjà fait.
« Tu sais, je suis flatté que vous vous soyez battus pour moi, je t'assure. »
« Tu rêves là... »
Mais le petit air provocateur de Milo commençait à lui taper que les nerfs. Que voulait-il à la fin ? DM n'était pas aussi doué que son confrère avec les sentiments humains. Il ne comprenait pas. Il n'arrivait pas à voir clair dans son jeu. Il était dépassé par cela et épuisé par ce cache-cache incessant. Pourtant, pour n'importe qui extérieur à la situation, il semblait clair que lui et Camus s'étaient disputés les faveurs de Milo, avec la finesse de deux taureaux en rut. Alors que ce n'était pas du tout le cas, pas vrai ? Milo était en couple avec Camus et il n'avait rien à venir faire entre eux. Attend une minute, non, ils n'étaient pas véritablement en couple... oh et puis, il s'en foutait complètement ! Merde... il ne savait plus ! Tout ça à cause de ce putain d'arachnide qui se s'était senti obligé d'aller promener son dard jusqu'à son lit. Il se portait très bien seul jusque là ! Il avait fallu que Milo s'intéresse à lieu Athéna sait pour quelle obscure raison et tout avait basculé. Il s'était retrouvé à se battre contre le chevalier le plus froid et distant du Sanctuaire, il fallait le faire ! Quelles auraient été leurs chances d'en arriver aux mains dans un contexte standard ? Aucunes.
Putain, il n'arrivait pas à croire qu'ils avaient agi aussi puérilement. Ca ne leur ressemblait ni à l'un, ni à l'autre, qui évitaient soigneusement la compagnie de leurs congénères justement dans le but d'esquiver ce genre d'emmerdes !
« Allez t'énerve pas... » Supplia à moitié Milo. « De toutes façons, je vais quitter le Sanctuaire quelques temps, comme je te l'ai dit. »
« Bon débarras ! Casse-toi dès que possible ! Ce Sanctuaire devient fou à cause de tes conneries ! »
« Tu dis ça, mais je sais que tu n'en penses rien. En tous cas, ton sens de la dramatisation me manquera. Je m'en vais demain matin, j'ai un avion qui décolle d'Athènes pour Tokyo. Mais ce ne sera que pour une petite semaine, alors profite bien de mon absence pour remettre un peu d'ordre dans tes idées. »
« Dommage que tu ne partes pas plus longtemps ! Si tu pouvais y rester, ce serait bien mieux pour tout le monde... »
« Arrête DM... ça ne prend pas avec moi. »
« Quoi ? Tu n'arrives pas à concevoir que quelqu'un te résiste ? Ton chéri a failli me buter, alors je te conseille de rester loin de moi dorénavant si vous ne voulez pas finir la gueule au dessus de mon lit... La prochaine fois, je ne serai pas aussi gentil ! »
« J'ai compris. » Assura Milo, alors que son regard s'assombrissait.
DM avait peut-être raison. Il lui lâcha le bras et se releva avant de s'éloigner, rentrant tout penaud à son temple. Il savait mieux que personne que Camus n'était pas de nature violente et à l'heure qu'il était, c'était un véritable petit miracle que DM ne lui ai pas fait de mal. Et le pourquoi de ce geste n'était pas assez important pour qu'il risque de pousser le cancer dans ses derniers retranchements. Les conséquences pourraient en être gravissimes, connaissant les penchants sadiques de celui qui se faisait appeler Deathmask. Cela peinait Milo de devoir renoncer ainsi, mais ce petit jeu devenait trop dangereux pour qu'il puisse en assumer les revers.
Le fossé entre eux semblait encore plus grand qu'entre lui et Camus.
Et au lieu de le dissuader de tenter de le traverser, cela excitait encore plus son désir d'interdit.
Désir qu'il allait devoir apprendre à dompter s'il tenait à la vie...
Aimé ou détesté, vous savez comment vous exprimer !
